Bonsoir tout le monde. Je vous souhaite d'ores et déjà à tous une excellente année.
Allez tout de suite les RAR :
Electra97 : Voilà la suite, bonne lecture. Bisous.
Kelidril : Rien que trois reviews rien que moi, je suis gâtée dis-moi. En tout les cas merci énormément pour ces reviews-cadeaux. Je serais curieuse de savoir ce qui te fait pensé que la personne qui l'espionne est le père de Sarah. Je pense que tu vas m'adorer, car ton souhait va être exaucé pour les pouvoirs. Je t'en dis pas plus, je te laisse découvrir par toi-même, lol. Je te confirme que le gamin c'est Minwë.Nilwë c'est son cheval. Allez bisous.
Elwïn : Voilà le nouveau chap. J'espère qu'il répondra à tes attentes. Tu sais moi aussi je continue à travailler ta parure pour le bal. Elle sera selon moi EX-TRA-OR-DI-NAI-RE !!! Crois moi je sais de quoi je parle. Allez je te laisse avec le nouveau chap. Bisous ma chtite Elwïn que j'adore.
Itarïlë : écoutes-moi petit ordinateur d'Itarïlë, arrête de faire des tiennes. Comment veux-tu qu'elle puisse venir lire mes merveilleuses fics si de ton côté tu fais des tiennes, lol. Un petit indice pour découvrir cet être mystérieux ? Non, je ne peux pas t'en donner parce qu'ils sont déjà dissimulés dans le chap précédent, dans celui-ci et aussi dans des prochains chap. Mais si tu lis bien, tu devrais les trouver. Bonne chasse, lol. Bonne lecture, et gros bisous ma sauveuse préférée, lol.
Louise : Pour le mystérieux épieur quelques indices supplémentaires dans ce chap et dans d'autres à venir, patience, lol. Je crois que tu vas être très heureuse car je vais réaliser ton souhait. Le retour du grand de l'unique Haldir. Eh oui, il réapparaît dans ce chap. Je te souhaite aussi de bonnes fêtes avec je l'avoue un peu de retard. Bonne lecture, bisous.
Et maintenant sans plus attendre voilà le nouveau chap !!!!!!!!!
Alors laissez-moi vous souhaiter une excellente lecture !!!!
Et vous savez ce qu'il vous restera à faire à la fin du chap, pleins de reviews pour moi.
Une sorcière en Terre du Milieu
Chap7: Nouveau pouvoir
Sarah se leva comme à son habitude ce matin-là. Cela faisait maintenant une semaine qu'avaient débutés ses cours. Si elle faisait de spectaculaires progrès en langues, et en équitation, ça n'était pas le cas pour ce qui concernait le maniement des armes. En effet, en une semaine, elle avait eu droit à sept professeurs différents. Ces sept professeurs avaient tous déclarés forfait dès la fin du premier cours. À chaque fois, une catastrophe avait mit fin au cours, à chaque fois son professeur du jour s'enfuyait en courant. Niveau pratique elle était toujours au même point: au point de départ. Elle ne savait toujours pas se servir d'un arc.
La « catastrophe » en question était toujours provoquée par Sarah. Elle était toujours sure d'entendre du bruit dans la forêt. Persuadée que quelqu'un passait son temps à l'épier, elle était toujours mal à l'aise. À chaque fois qu'elle tentait d'expliquer la raison de sa catastrophe à son professeur du jour, celui-ci n'essayait même pas de la comprendre. Il s'enfuyait à toute jambe, s'il n'avait pas été projeté dans le lac par Sarah.
Pour ce qui était de la présence dans la forêt, Sarah était plus que persuadée qu'une personne était tapie dans l'ombre des arbres, à l'observer. De plus, cette présence l'attirait. Plusieurs fois, elle avait eu très envie d'avancer malgré elle dans la direction d'où semblait se tapir la présence. Elle résistait mais avait énormément de mal, tant ce qui l'attirait été doté d'une forte puissance.
Il s'en voulait à chaque fois de lui faire peur, mettant ainsi son équilibre en difficulté, et surtout par son geste faisait fuir le professeur.
À chaque fois qu'il venait à son poste d'observation, elle se trouvait en compagnie d'une personne qui se disait être son maître d'arme. À chaque fois, « ce maître d'arme » ne lui convenait pas. Il savait pertinemment qu'une seule personne pourrait lui enseigner cette discipline. Il ne désespérait pas de voir « cette » personne se présenter d'ici peu pour enseigner à « sa Sarah » le maniement des armes.
Elle était comme lui. A travers elle il se reconnaissait très bien. Il était d'ailleurs étonné que personne n'ait encore fait le rapprochement entre elle et lui. Il était fier d'elle, seulement il ne pouvait pas le lui dire pour l'instant. Un jour viendra où il pourra clairement le lui dire.
Ce qu'il craignait le plus c'était l'influence et la puissance qui émanait de lui. Il avait du mal à la contrôler. Sarah s'en était rendue pour avoir été bien malgré elle attirée par la puissance. Néanmoins le moment n'était pas encore arrivé. Ces pouvoirs n'étaient pas encore tous là. C'est seulement quand tous ses pouvoirs se seront enfin manifestés qu'elle aura le droit de le voir, de savoir, et qui sait d'être enfin heureuse.
Pour l'heure, il savait qu'elle n'allait pas tarder à arriver, Sarah était toujours la ponctualité même. Pourtant, il était partagé entre un cruel choix: rester ou partir. Son cœur lui soufflait de rester pour la protéger mais sa raison lui dictait de partir pour la laisser évoluer et se défendre par elle-même. Aujourd'hui rien de désagréable ne pourrait lui arriver, ayant vu que son nouveau prof était « la » personne qu'il avait espéré pour Sarah. Ayant pratiquement le même caractère, ces deux-là ne pouvaient que s'entendre.
Un sourire s'insinua sur ses lèvres alors qu'il optait pour la seconde solution: partir.
C'est d'ailleurs ce qu'il fit. Sautant souplement sur une branche, il passa de branches en branches puis d'arbres en arbres. Il appréciait beaucoup cette apparence actuelle. Elle lui permettait de faire beaucoup de choses qu'un simple humain ne pouvait faire.
Sarah se prépara tranquillement passant un jean et une chemise de soie crème. Elle enfilait ses bottes quand tout à coup, dehors se fit entendre la voix chaude qu'elle désespérait d'entendre de nouveau.
Abandonnant aussitôt toute activité, elle courut sur le balcon, cherchant à apercevoir l'homme qui chantait.
Elle ne vit rien, si ce n'est que dans un coin sombre du balcon d'en face, caché par des branches d'arbres, elle perçut une présence. C'est d'ailleurs de cet endroit que venait la voix. Les branches bougeaient très légèrement. Elle s'était également aperçut que dès qu'elle avait pénétré sur le balcon, la voix s'était tue. Ne se souvenant plus très bien des paroles, elle n'osa chanter mais fredonna tout de même l'air de la mélodie pendant quelques instants avant de prendre la parole:
-Bonjour!
Une sorte de sifflement lui répondit. Cela l'encourageât à poursuivre.
-Dites donc vous vous faites rare ses temps-ci! Cela fait une semaine que j'attendais de vous entendre à nouveau. Ça vous ennuierez de chanter pour moi?
Comme Sarah s'y attendait le silence lui répondit avant que la voix de son mystérieux interlocuteur ne s'élève. Il fredonnait un air doux. Sa voix qui pourtant ne semblait que murmure, semblait se répandre à travers toute la cité. Sarah était fascinée par cette voix qui se faisait tantôt douce, tantôt grave. Son esprit voyageait au rythme de la voix de l'inconnu.
En fin observateur, Haldir n'avait cessé de l'observer durant le temps de sa chanson. Cela ne faisait qu'une semaine qu'elle était arrivée, pourtant il n'avait pu s'empêcher de remarquer à quel point elle avait changée. À la voir, elle était moins froide. Son visage s'était détendu, aujourd'hui il paraissait heureux, alors qu'à son arrivée la méfiance dominait.
Sa façon de se tenir l'intriguait beaucoup, il fallait bien l'avouer. Elle était bien que maladroite, en tout point identique à celle de son peuple. Pourtant, elle ne faisait pas le moindre effort pour se tenir de telle ou telle façon. Cela semblait tout à fait naturel chez elle, presque comme si c'était inné. Cela l'étonnait beaucoup plus qu'il ne voulait se l'avouer. Du plus loin qu'il se souvienne, il n'avait jamais eu vent d'elfes ayant quittés la Terre du Milieu pour un autre monde. Le très peu de passage qu'il existait n'était connu que de très peu de personnes. Lui-même en avait découvert un, seulement lorsque sa Dame était venue lui demander ce service si spéciale qu'elle désirait qu'il lui rende. De toute façon, les habitants de la Terre du milieu, ignoraient pour la plupart l'existence possible de passages menant à d'autres mondes. Il en vint à se demander si chez elle non plus, il n'y avait pas un peuple qui serait proche des elfes, dont elle ferait partie, ce qui expliquerait sa façon de se tenir avec cette sorte de grâce naissante.
Même appuyée négligemment contre la rambarde, comme en cet instant, une certaine prestance se dégageait d'elle.
C'était étrange, très étrange.
Toutes ces interrogations dont la plupart restaient sans réponses, l'avaient interrompu dans son chant. Si lui ne s'en aperçu pas immédiatement, il n'en fut pas de même pour Sarah.
N'entendant plus sa voix, Sarah commença à s'inquiéter. Elle brisa le silence qui venait de s'installer pour demander :
- Pourquoi vous arrêtez-vous en plein milieu de se si magnifique chant? Bien que je n'en comprenne pas la signification, je le devine très beau a la façon que vous le chanter, si je puis m'exprimer ainsi. Reprenez s'il vous plait, l'implora-t-elle.
C'est seulement lorsque Sarah avait brisé le silence pour lui parler qu'Haldir se rendit compte qu'il s'était interrompu. Souriant bien malgré lui, il reprit son chant là ou il s'était arrêté, puis poursuivit jusqu'à la dernière note.
-Merci beaucoup pour cet instant magique. Toutefois j'espère que vous me ferez l'honneur de vous manifester plus tôt ma prochaine fois. Une semaine c'est long vous savez. Malheureusement, je ne peux poursuivre cet instant en votre compagnie, bien que je ne sache pas qui vous êtes. Des obligations m'obligent à partir maintenant, dit-elle en faisant une moue mimique lorsqu'elle prononça la dernière phrase.
Haldir la regarda rentrer chez elle, tout en se demandant, quelle pouvait bien être le motif de sa convocation si matinale chez ses Seigneurs.
D'après le message qu'on lui avait fait parvenir la veille, c'était très urgent.
Connaissant ses Seigneurs comme il les connaissait, s'ils disaient que c'était urgent, c'est que ça l'était. Personne n'avait été jusqu'à présent capable de lui fournir plus amples informations, cela l'intrigua beaucoup, dans la mesure ou habituellement lorsqu'il y avait une convocation, la quasi-totalité des habitants était au courant, parfois même avant la principale personne concernée.
Rapidement il se prépara, puis se rendit à la demeure royale, dans la salle du trône plus exactement, où l'attendaient les Seigneurs de Lorien.
-Mes Seigneurs, peut-être pourriez-vous m'éclairé sur l'étrangeté du message qui m'est parvenu hier soir? Qu'y a-t-il de si urgent pour que ma présence auprès de vous soit requise?
Il s'interrompit ensuite pour observer attentivement ses Seigneurs. Ces derniers l'air grave le regardait d'une étrange façon. Un regret se lisait dans leurs yeux. Il y avait également une sorte de détresse.
C'est Galadriel qui prit la parole la première:
-Haldir, gardien des Bois d'Or, c'est en désespoir de cause que mon époux et moi-même nous tournons vers vous. C'est au sujet de Sarah Ancalimë.
Il aurait pourtant du s'en douter. Qui d'autre à part elle était capable de se créer autant de problèmes en si peu de temps?
-Sarah?! Et qu'a-t-elle encore fait cette fois? demanda-t-il d'un ton dur.
-Ne lui en veuillez pas. Ce n'est pas tout à fait de sa faute. Son entraînement au maniement des armes ne se passe pas du tout tel que nous l'avions espéré.
-Pour faire bref, nous sommes tous les deux d'accord pour dire que c'est une catastrophe, dit Celeborn.
Le visage impassible, Haldir ne laissait rien paraître de ses sentiments. Quand il prit la parole, son ton était comme à l'accoutumé quand on lui parlait de Sarah: dur et froid.
-Que voulez-vous que j'y fasse? Je ne suis pas son maître d'ame.
- C'est justement là que nous voulions en venir. Nous aimerions que justement vous acceptiez de reprendre en main sa formation au maniement des armes.
-Moi? Mais pourquoi moi?
-C'est assez simple à expliquer à vrai dire. En une semaine Sarah a eu sept maîtres d'armes différents. Tous ont déclaré forfaits à la fin du cours. Par ce fait, elle a terrorisé la moitié des elfes susceptibles de lui servir de maître d'armes. Quant à l'autre moitié, ils refusent catégoriquement d'avoir affaire de près ou de loin à ce qui se nomme Sarah Ancalimë.
- Dans ce cas, supprimez lui ce cours!
-Malheureusement c'est impossible. Pour ce qu'elle est bientôt destinée à entreprendre, il est crucial pour elle de savoir manier à la perfection les armes, quelles qu'elles puissent être.
-Mais pourquoi moi!
-Haldir, commença Celeborn. Nous connaissons tous les trois votre façon d'agir, de former de nouveaux gardiens. à part Galadriel et moi-même vous êtes le seul qui sachiez vous faire obéir et respecter. Nous pensons également que Sarah à besoin de discipline que vous êtes le seul à pouvoir lui imposer. Vous êtes également le seul à lui avoir tenu tête aussi longtemps l'autre fois dans les maisons de guérison. C'est pour ces différentes raisons entre autres, que nous en somme arrivé à la conclusion que vous devez être son maître d'arme. Avec vous, nous avons un espoir.
Haldir émit un imperceptible soupir de mécontentement avant de demander:
-Ais-je vraiment le choix de la décision à prendre?
-Bien sûr que vous avez le choix. Il est toute fois important que vous sachiez que si nous avions pu faire autrement nous l'aurions fait. Je sais que vous prendrez la bonne décision Haldir. Je vous fais confiance.
Devant la véritable détresse des souverains, Haldir ne pouvait décemment pas leur adresser un refus. Pourtant il n'était guère enthousiaste à l'idée de devoir de nouveau côtoyer Sarah.
-Je ne vous promets pas de miracle, mais j'accepte de vous venir en aide.
-Nous sommes très heureux de savoir que vous avez prit la bonne décision Haldir. Suivez-moi, lui dit Galadriel. Je dois vous remettre quelque chose qui vous sera fort utile lors de vos séances d'entraînement. Il s'agit du collier que je portais lors de votre affrontement avec Sarah. Il contient dans sa pierre une onde de la magie de Sarah. Si vous portez ce collier en sa présence, sa magie se révèlera inefficace contre vous. Cette pierre constitue un bouclier entre vous et la magie de Sarah.
Haldir se vit donc remettre le collier en forme de larme blanche en mithril. Une fois passé autour de son cou, la forme reposait sous la base de son cou, la ou commençait la poitrine musclée du gardien de Lorien.
Sarah une fois prête, prit comme à son habitude le chemin qui ma mènerait à la clairière ou devait se dérouler son entraînement au maniement des armes. La question qui ne cessait de la tarauder depuis son lever du matin, était de savoir qui aujourd'hui se considérera être son maître d'arme? Etant donné qu'elle était persuadée qu'encore une fois, l'elfe déclarerait forfait à la fin de la séance.
Arrivée à la clairière, elle la trouva déserte de toute présence. Elle ne ressentit pas ce qu'elle pensait être quelqu'un qui l'observait depuis la forêt environnante. La clairière était extrêmement silencieuse.
En attendant l'arrivée de son futur ex-maître d'arme, elle prit place sur sa racine favorite, s'appuyant ainsi sur le tronc de l'arbre. Fermant les yeux, elle se laissa submerger par les sons et odeurs qui se dégageaient de la forêt. Elle forçait son ouie à entendre des sons qui provenaient de plus loin que ce que son oreille pouvait entendre.
Malgré tout, elle n'entendit pas son maître d'arme pénétrer dans la clairière, se diriger d'un pas énergétique et silencieux à la fois vers elle. Elle ne l'entendit pas non plus s'approcher d'elle jusqu'à s'arrêter à quelques pas d'elle. Sarah ne se rendit compte d'une présence seulement lorsque celle-ci ne fut plus qu'à quelques centimètres d'elle.
Si elle s'en rendit compte c'est parce qu'il constituait une barrière entre elle et les rayons du soleil qui encore quelques instants la réchauffait. Elle crut tout d'abord à un nuage, mais s'étonna tout de même car un nuage ne pouvait pas dégager ces effluves boisés si particulières aux elfes ayant l'habitude de passer la majeur partie de leurs temps dans les bois.
C'est ce qui la fit ouvrir les yeux. Elle du cependant les refermer aussitôt étant aveuglée par la lumière du soleil. Sarah les rouvrit donc une seconde fois, lentement le temps de laisser ses yeux s'accoutumer à la lumière du soleil.
Le regard de Sarah se posa en premier lieu sur une paire de jambe, moulée dans un pantalon noir, et dont les bottes portées par cette personne lui arrivaient aux genoux. Il fallait tout de même avouer que cette personne avait des jambes musclées à souhait. Remontant lentement vers le haut, Sarah remarqua une tunique verte avec des liserés le long des manches et le long du col. Des mèches de cheveux blonds retombaient le long de la poitrine de l'inconnu. Un bijoux représentant une larme reposait sur la base du coup, alors qu'une seconde chaîne se perdait sous la tunique.
Remontant alors jusqu'au visage, Sarah lâcha un cri d'étonnement où l'on pouvait aisément discerner une légère crainte en reconnaissant la personne qui lui faisait face.
-Vous! Ce n'est pas possible, je rêve! Je vais bientôt me réveiller
-Vous ne rêvez pas chère amie, c'est bien moi.
- Qu'est ce que vous me voulez encore? Est-ce qu'un jour vous consentirez à me foutre la paix?
-Pour répondre à votre question aimablement posée, sachez que non je n'ai pas l'intention de "foutre la paix".
-Super! ironisa-t-elle. On est pas sorti de l'auberge, marmonna-t-elle ensuite.
- Qu'ais je bien pu faire pour mériter ce mépris de votre part?
-Vous voulez vraiment le savoir?
-Dites-moi donc.
Haldir ne la comprenait pas du tout. Le matin même il l'aurait mise dans la catégorie des gens sociables, il aurait pu la considérer comme son amie si elle consentait à lui accorder son amitié. à présent la seule catégorie qui lui venait à l'esprit était celle de l'ennemi.
De plus il ne comprenait vraiment pas ses souverains qui lui avaient pourtant affirmé qu'elle était douce, attendrissante, aimable. Elle avait plutôt l'air d'une dragonne en furie, qui était tout sauf aimable.
-Je vais vous le dire, puisque vous tenez tant à le savoir. Je ne vous aime pas et je ne vous fais absolument pas confiance. Vous êtes content?!!
-Et bien, au moins nous sommes fixés. Sachez Sarah Ancalimë que moi non plus je ne vous apprécie pas plus que ça pour rester modeste.
Cette déclaration pour les moins inattendue de la part du gardien des forêts de Lorien coupa toute envie à Sarah de répliquer quoi que se soit de désagréable à son interlocuteur. Elle se renferma quelques instant dans un mutisme.
-Que se passe-t-il Sarah Ancalimë? Ironisa-t-il à son tour. Auriez-vous perdu l'usage de la parole?
Sarah s'enfonça encore plus dans son mutisme afin d'éviter de lui répondre.Si elle répondait, elle allait encore s'emporter à un tel point que la magie prendrait le dessus comme la dernière fois. Elle n'avait vraiment pas besoin de ce genre de complication en ce moment.
Elle ne sorti de son mutisme que lorsqu'elle s'estima calme, capable de se contrôler.
-Vous êtes content, vous avez eu ce que vous vouliez. Vous allez pouvoir me laisser en paix maintenant. Si vous n'avez rien à faire de vos journées, ce n'est pas le cas de tout le monde!
-Qui vous a dit que je n'avais rien à faire de mes journées? Personne me semble-t-il. Alors avant d'énoncer des faits complètement faux, renseignez-vous!
De nouveau la colère envahissait Haldir. Il était étonnée de voir avec quelle rapidité, mais surtout quelle facilité, elle était capable de le mettre dans cet état. "Contrôle-toi" s'ordonna-t-il silencieusement.
-Vous avez fini? lui demanda-t-elle les poings serrés le long du corps.
-Oui! répliqua-t-il les yeux étincelant de rage.
-Parfais, de cette façon vous allez pouvoir retourner à vos activités et me laisser tranquille. Car au cas où vous ne l'auriez pas remarqué j'attends mon maître d'arme qui ne devrait plus tarder à arriver, bien qu'il soit en retard.
Alors qu'elle disait cela, Haldir eu un sourire moqueur qui ne fit qu'attiser la colère de la jeune sorcière.
-Quoi encore?
-Rien de bien intéressant si ce n'est que votre maître d'arme n'est pas en retard.
-Ah oui. Il n'est pas en retard, mais qu'en savez-vous d'abord? On vous l'a peut-être dit vous qui connaissez tout le monde. Vous le voyez quelque part vous? Parce que moi je ne vois rien, hurla-t-elle.
-Bien sûr que je le vois.
-Ah ah!! C'est facile quand on a une vue perçante. Allez-y montrez le moi.
-Il se trouve juste devant vous!
-Désolé mais je ne vois rien. Eh une petite minute. Comment ça juste devant vous? Vous voulez dire que…c'est vous…qui…c'est vous le…maître d'arme?
-Exactement. Pourquoi vous voyez quelqu'un d'autre? lui demanda-t-il ironiquement.
-Oh mon dieu, c'est pas possible. C'est plus un rêve mais un cauchemar bien vivant. Tu vas te réveiller Sarah pour voir que tu avais rêvé. Lui mon maître d'arme, c'est à la cata qu'on cours, dit-elle plus pour elle même que pour lui.
-Pour la seconde fois vous ne rêvez pas. à partir d'aujourd'hui c'est moi qui sera vôtre maître d'armes. Ce n'est pas par gaieté de cœur que j'ai accepté de rendre ce service aux souverains.
-Magnifique, marmonna-t-elle. Vous pouvez de ce pas retourner auprès de vos Seigneurs. Le cours est annulé. Libre à vous de prétexté n'importe quelle excuse?
-Pourrait-on savoir pour quelle raison?
-Tout simplement parce que je refuse d'avoir affaire à vous. Je pensais pourtant que vous l'aviez comprit la dernière fois.
Le visage d'Haldir se ferma instantanément. Un certain mécontentement se lisait sur les traits qui semblaient figés. Ses lèvres étaient serrées comme s'il se retenait à grande peine de ne pas lui répondre.
Sarah essayait de le pousser à bout tellement elle ne lui faisait pas confiance. Profitant du fait qu'il accusait en silence ses paroles, elle s'était levée d'un bond et passait rapidement à ses côtés pour s'enfuir.
Seulement voilà, elle était loin d'avoir la rapidité des elfes. Elle venait juste de le dépasser, s'apprêtant à courir quand quelqu'un qui n'était autre qu'Haldir l'agrippa par le bras, la forçant de cette façon à lui faire face.
L'expression de son visage la glaça sur place tellement il était menaçant. Un instant elle crut qu'il allait lever la main sur elle. Son ancienne peur qu'elle avait cru avoir surmontée dans le passé se manifesta par de violents tremblements. Les larmes lui montèrent aux yeux mais ne coulèrent pas.
Son changement d'attitude fut perçu par Haldir qui ne le prit pas au sérieux sur le moment, pensant qu'elle jouait la comédie. Plongeant son regard acier dans les yeux verts de Sarah, il lui dit d'une voix sévère qui n'admettait pas de réplique:
On m'a chargé de vous enseigner cette discipline bien que je n'étais pas complètement d'accord. à partir de maintenant, je suis votre maître d'arme et vais vous apprendre tous ce que vous devez savoir sur cette discipline. Vous allez donc obéir aux ordres que je pourrais vous donner. On est d'accord là dessus. J'attends donc de vous Sarah Ancalimë une parfaite écoute ainsi qu'une aprfaite application de ce que vous apprendrez! D'accord?
Sarah qui était maintenant terrorisée hocha timidement la tête en signe d'affirmation. Elle n'osait le regarder dans les yeux de peur de sa réaction.
Le fait de l'avoir agrippée avait réveillé en elle une terrible peur des hommes causée par son demi-frère. Elle revoyait la scène comme si elle venait juste d'avoir lieur:
Début du flash black
Sarah devait avoir 14-15 ans. C'était un soir, il devait être aux alentours de 18h. Elle rentrait de l'école à pied, puisque sa belle-mère ne se déplaçait jamais pour aller la chercher. C'était l'un de ces soirs d'hiver particulièrement froid.
Le col de son manteau relevé, Sarah avançait dans le froid de l'hiver à proximité d'un parc habituellement fréquenté par des gens peu recommandables, lorsqu'elle avait entendu quelqu'un marcher derrière elle. Elle ne s'était pas retournée, elle avait seulement accéléré le pas.
Elle pouvait entendre les pas des personnes qui la suivaient accélérer également. Prenant peur, elle avait cherché un endroit où se cacher. C'est à ce moment qu'elle s'était sentie agrippée par le bras, puis retournée de force pour faire face à son agresseur qui n'était autre que son demi-frère. C'était déjà un voyou à l'époque. Ce soir-là, il était accompagné par l'un de ses potes.
Il l'avait entraînée de force dans le parc, avant de la pousser contre un arbre. Le choc avait été particulièrement rude. à demie assommée, l'expression du visage de David l'avait terrifiée sur place tellement il était mauvais. C'est surtout cet éclat dans ses yeux qui lui avait fait le plus peur. Cet éclat n'annonçait rien de bon. Après avoir adressé un ricanement ironique à son ami, il l'avait embrassé de force. Le coup qu'elle avait reçu à la tête lui avait empêché de réalisé immédiatement ce qui se passait. Et comme s'il ne l'avait pas assez humilié, il avait commencé à lui déchiré ces vêtements. C'est en vain qu'elle avait essayé de se défendre, ne faisant pas le poids contre ses deux agresseurs, sans oublier que ses mouvements étaient aux ralenti tant elle était encore sonnée.
Il s'en était fallu de peu pour qu'il ne la viole. C'est ce qu'il aurait fait, si cet homme sorti de nul part n'était pas intervenu à cet instant.
Vêtu de façon étrange, il avait menacé David et son ami avec une longue épée.
Les deux voyous ayant vite détalés, il s'était approché de la jeune femme pour s'assurer qu'elle allait bien. Il utilisa son prénom en parlant une langue mélodieuse, qu'elle avait l'impression de connaître. Cette dernière prenant peur, avait tenté de s'enfuir également. Manque de chance pour elle, après avoir fait deux pas, elle s'était littéralement étalée de tout son long sur le sol terreux.
L'inconnu aux cheveux sombres lui tombant sur les épaules s'était précipité à son secours en l'aidant de nouveau à se relever.
Il avait été mécontent en constatant l'état des vêtements de la jeune fille. D'un geste dur, il avait enlevé son propre manteau en cuir sombre qu'il portait et l'avait posé d'autorité sur les frêles épaules de Sarah. C'était le premier geste réconfortant de quelqu'un envers elle. à force de paroles rassurantes et réconfortantes, Sarah lui avait en quelque sorte accordée une confiance aveugle. Ce fut la seule fois où elle accorda aussi facilement sa confiance à quelqu'un.
Il lui proposa alors de partir avec lui dans un endroit magnifique, où il pourrait la protéger, où elle serait parfaitement en sécurité avec des gens qui ne lui voudraient aucun mal mais elle refusa catégoriquement persuadée qu'il avait de mauvaises intentions à son égard.
Il lui avait finalement souhaité bonne chance avec cette phrase qui pendant des années résonna étrangement à ses oreilles:
"à bientôt jeune damoiselle car vous verrez nous nous rencontrerons de nouveau. Cette fois j'espère que cela sera dans de meilleures dispositions."
Sarah était ensuite partie, ne sachant ce qui était advenu de son mystérieux sauveur.
Malgré tout, elle avait espéré le revoir, pour le remercier. Cependant elle ne l'avait jamais vu, à croire qu'il n'appartenait pas à son monde.
Fin du flash back
Depuis ce jour, elle ne faisait pas confiance à tous ce qui avait un rapport avec la gente masculine. Elle adoptait une attitude de méfiance à leur encontre. Le fait de leur parler comme elle le faisait avec Haldir était le seul moyen trouvé pour les maintenir à distance, c'était en quelque sorte sa protection.
-Bien, maintenant que nous sommes d'accord sur ce point, approchez Sarah le cours commence.
Toujours aussi craintivement, ayant réussi à calmer ses tremblements, Sarah suivit Haldir quelques mètres plus loin. Sur le sol se trouvait deux arcs, deux carquois remplis de flèches ainsi qu'une sorte de mannequin qui devait sûrement être la cible.
Sarah se vit remettre un arc couleur or d'une extrême beauté.
-Que pouvez-vous me dire sur cet arc? De quoi est-il constitué?
-Euh…il s'agit d'un arc de guerrier, tenta-t-elle. Mais elle s'interrompit brusquement tellement ses connaissance sur le sujet étaient nulles.
-Je vois en clair vous ne savez rien.
- C'est cela même, répondit timidement Sarah en regardant attentivement ses pieds soudains plus intéressants que le reste.
-Je me demande vraiment ce que vous avez pu apprendre en une semaine.
-Une chose très intéressante, répliqua-t-elle piquée au vif. La plupart des habitants me craignent et donc se méfient de moi. C'est une excellente chose vous ne trouvez pas? De cette façon, ils me foutent la paix et en échange je fais de même.
- La question que je me posais concernais le maniement des armes!
-Oh!
Sarah rougit violemment de sa stupidité
Haldir marmonna quelque chose qui ressemblait vaguement à un juron avant de reprendre sérieusement la parole:
-Vu votre complète ignorance en la matière, nous allons tout reprendre depuis le début. Considérons qu'il s'agit de votre toute première leçon. Oubliez tout ce qu'on a pu vous dire auparavant. Ouvrez bien grand vos oreilles car je ne me répéterais pas. Je vous conseille également de bien écouter tout ce que je vous dirais.
Sarah prit une pose digne des militaires pour répondre d'une voix forte et solennelle.
-Oui mon général!
Cela lui valut un regard noir de la part d'Haldir.
"Fais toi oublier Sarah si tu ne veux pas d'autres problèmes. Fais toi oublier jusqu'à ce qu'il te libère" lui ordonna sa conscience.
L'heure suivante fut aux explications quant à l'utilisation d'un arc. Pour que Sarah comprenne ses explications sur le façon sont on devait se servir d'un arc, Haldir eu la bonne idée de lui en faire des démonstrations.
Malgré elle, Sarah fut impressionnée par l'adresse d'Haldir. Il maniait son arc avec une telle dextérité que pendant un court instant elle envia son adresse et son savoir.
Le jour même Sarah eu droit à sa première tentative de tir à l'arc. Elle en fut la première étonnée lorsqu'Haldir lui demanda de se mettre en position de tir.
Pendant que Sarah se remettait de sa surprise, Haldir avait positionné sa cible à distance respectable pour son premier tir.
Sarah prit une position qui lui sembla la bonne. Elle éleva son arc puis encocha sa flèche. Elle tira la corde cers l'arrière, de manière à ce que sa main qui tendait la corde se trouva au niveau de son oreille.
Trop occupée à essayer d'appliquer correctement la méthode, Sarah ne se rendit pas compte qu'Haldir était passé derrière elle.
C'est seulement lorsqu'il posa fermement ses mains sur ses hanches, qu'elle s'en rendit compte.
Sa réaction fut immédiate: sa peur la submergea pour la seconde fois de la matinée. Les images de cette fameuse nuit défilèrent à toute vitesse devant ses yeux. Elle se mit à trembler tellement fort que l'arc et la flèche lui échappèrent des mains. Ils tombèrent au sol dans un bruit sourd.
Haldir ne comprit pas tout de suite ce qui se passait, sinon qu'au moment où il l'avait prise par les hanches afin de rectifier sa position son comportement avait changé. Il la sentait trembler tellement fort. Il ne comprenait pas du tout ce qui se passait.
La peur de Sarah laissa place à la colère qui elle-même laissa maintenant place à la rage. Sans se retourner, elle attrapa l'une des deux mains toujours posées sur ses hanches. Avec une force qu'elle était loin de s'imaginer, elle l'envoya valser loin d'elle.
Haldir se releva et s'approcha d'elle. Sa raison lui disait de fuir, pourtant quelque chose d'autre, il ne saurait dire quoi l'implorait de venir en aide à Sarah. C'est ce qu'il fit.
Sarah le vit approcher. Automatiquement dans son esprit une alarme retentit. Danger! Ennemi en vue.
Ne sachant pas se battre, elle opta pour ses pouvoirs.
Sa main balaya l'air, le carquois aux côtés d'Haldir fut projeté sur plusieurs mètres, mais en ce qui concerne Haldir, il ne bougeât pas d'un pouce. Le fluide magique qui aurait pourtant du balayer Haldir fut aspiré par la larme que ce dernier portait autour du cou.
- Votre magie n'a pas d'effets sur moi Sarah. Sarah, Sarah vous m'entendez?
-Ne vous approchez pas, hurla-t-elle.
Passant outre son avertissement, il continua son avancée pour finalement se jeter sur elle, l'entraînant dans sa chute. La jeune femme gesticulait dans tous les sens pour tenter de lui échapper, mais il la tenait fermement au sol.
-LACHEZ-MOI!! MAIS LACHEZ-MOI!! JE VOUS INTERDIT DE ME TOUCHER!
-Calmez-vous Sarah
La fureur de Sarah s'estompa sous cet ordre. La peur qui était toujours bien présente ressurgit alors.
Elle n'avait aucun moyen de s'enfuir. Tout allait recommencer, pensa-t-elle. Sa peur ne fit qu'augmenter. C'est finalement d'une toute petite voix qu'elle parla:
S'il vous plait, ne me faites pas de mal. Je vous en prie. Je ferais tout ce que vous voudrez, mais pas ça. Pitié ne me touchez pas.
Ses larmes s'étaient mises à couler.
Haldir perdit aussitôt toute colère envers son élève. Elle était terrorisé par lui. Elle semblait tellement fragile, qu'elle avait rien à voir avec l'insolente élève qu'il l'avait une fois de plus fait sortir de ses gonds dès son arrivé dans la clairière. Il eu soudainement un horrible pressentiment par rapport à ce qu'elle lui suppliait. Il se fit finalement protecteur en essayant de la rassurer.
-Mais enfin Sarah. Je n'ai pas du tout l'intention de vous faire du mal. Loin de moi cette idée. Sarah, c'est fini maintenant. Personne ne vous veux de mal.
Tout doucement Haldir s'assit dans l'herbe, en prenant Sarah contre lui. Tendrement il se mit à la bercer pour chasser cette peur qui la hantait. Ce pressentiment était toujours présent. Il devait en avoir le cœur net.
-Sarah, qu'est-ce qui vous effraye à ce point?
L'intéressée ne répondit rien. Elle se laissait bercer en tentant de reprendre le contrôle de ses réactions, de ses émotions mais surtout reprendre le contrôle d'elle-même.
- S'il vous plait, lâchez-moi, l'implora-t-elle.
-Si vous me dites ce qui vous fait peur!
- Je vous en prie Haldir, lâchez-moi.
-Vous êtes terrorisée par quelque chose. Quelque chose vous fait peur, je veux savoir ce que c'est. Je ne vous lâcherai pas tant que je ne saurais pas ce que c'est.
-Je ne peux pas vous le dire, j'ai trop honte. Si vous saviez, vous ne vous conduiriez sûrement pas de cette façon avec moi. S'il vous plait lâchez-moi maintenant. Je…je dois me rendre à mon prochain cours, mentit-elle.
-Très bien, je vais vous lâcher. Mais j'aimerais que lorsque vous vous sentirez prête, vous me parliez de ce qui vous effraye à ce point. D'accord?
- D'accord, c'est promis.
Tout aussi tendrement qu'il l'avait prise dans ses bras pour la calmer, il la relâcha. Sarah bondit sur ses pieds, échappant ainsi à son emprise. Elle courut en direction de la forêt sans un regard en arrière. Elle entendit cependant la voix d'Haldir qui lui cria dans son dos:
-Rendez-vous demain matin à l'aube. Et ne soyez pas en retard.
Haldir avait une petite idée sur ce qui effrayait tant la jeune femme. Il espérait profondément se tromper. Il n'y avait qu'une seule solution à son problème. Il devait aller voir la seule personne susceptible de le renseigner: Dame Galadriel. Elle seule pouvait confirmer ou au contraire réfuter ce à quoi il pensait. Rassemblant les armes, il se dirigeât d'un pas rapide en direction de la salle du trône.
Sarah courut, pour ne s'arrêter que lorsqu'elle arriva dans la clairière d'Alassë. Celle-ci était vide, alors que depuis une semaine qu'elle la fréquentait, Alassë l'attendait toujours près de l'enclos des chevaux. Aujourd'hui rien. Nelwë broutait paisiblement en compagnie du cheval d'Alassë qui semblait assez nerveux.
Nelwë hénnit joyeusement en voyant sa maîtresse se diriger vers lui.
Arrivée à la clôture, Sarah tendit la main. En réponse à son geste, l'étalon vint s'y frotter avec plaisir, ce qui fit sourire la jeune sorcière. étant complètement calmée, Sarah s'inquiéta de ne pas voir son maître d'équitation.
-Dis-moi mon grand, t'aurais pas vu Alassë ce matin?
Comme s'il la comprenait, Nelwë secoua sa crinière noire dans ce qui semblait être un signe de négation.
Tu sais que sans lui, on ne pourra rien faire!
Le cheval cette fois ci sembla hocher la tête en signe d'affirmation. Sarah se tourna vers la maison dans l'arbre qu'elle scruta attentivement cherchant à y détecter la moindre trace de vie de son professeur d'équitation.
Rien, tout était désespérément vide et calme. Le silence régnait en maître sur les lieux.
-Alassë, cria-t-elle
Personne ne répondit à son appel.
-Y'a quelqu'un? cria-t-elle de nouveau.
Encore une fois, personne ne répondit à son appel.
-Eh oh, Alassë vous êtes là? hurla-t-elle au bout de cinq minutes.
Pour la troisième fois, le silence lui répondit. Cependant à travers ce silence elle cru percevoir une voix appelant au secours. Le cheval d'Alssë s'agita alors plus nerveusement. Même Nelwë était bizarre, il frappa le sol en secouant la tête. Les paroles qu'il lui avait alors dites un jour à propos de l'amitié entre un cheval et son cavalier lui revinrent à ce moment en mémoire:
"Lorsqu'une amitié se créée entre un cheval et une personne, cette amitié perdure quelles que soient les situations. Si son maître est en danger, l'animal le sentira le premier. L'animal sera très agité. C'est sa façon à lui d'avertir les gens du danger qu'encourre son maître."
Son simple coup d'œil au cheval lui confirma ses doutes.
-Un cheval très agité, au point de rendre nerveux son compagnon, un silence inhabituel, personne ne répond à mes appels. Oh mon dieu, Alassë a des problèmes.
Sarah courut jusqu'au pied de l'arbre ne s'arrêtant que quelques secondes devant les escaliers pour reprendre son souffle. Tout en commençant son ascension, elle cria à l'intention d'Alassë dont elle était persuadée qu'il se trouvait à l'intérieur:
- J'arrive Alassë. Ne vous inquiétez pas, je serais bientôt là.
En réponse, on entendit dans la maison divers bruits d'objets tombant.
Sans prendre la peine de s'arrêter en haut des escaliers, elle pénétra en trombe dans la maisonnée. Elle s'arrêta net en voyant le désordre qui régnait dans ce qui ressemblait à une cuisine. Toutes sortes d'objets jonchaient le sol, la même chose sur ce qui semblait être le plan de travail.
-Alassë, vous êtes là?
-Par ici, dans la chambre, lui répondit faiblement une voix.
Suivant la direction de la voix, Sarah atterrit dans une chambre. Elle trouva Alassë allongé en travers sur le lit, les vêtements à moitiés déchirés. Ce n'étaient plus que des loques maintenant. Il était vraiment dans un sale état. Il se tenait la poitrine. On y voyait une grande trace rouge. Il saignait abondamment. Cela ressemblait à une griffure d'animal sauvage.
-Sarah,…aidez-moi s'il vous plait!
-Oh mon dieu Alassë, que s'est-il passé?
-Des loups…sauvages…frontières ouest…prévenir…gardiens…et seigneurs.
-Il faut vous soigner auparavant, décréta-t-elle fermement. Dites-moi ce que je dois faire.
-Prévenir seigneurs…loups sauvages.
-Oui j'ai comprit il y a des loups aux frontières ouest. Je vais prévenir les seigneurs. Mais avant il faut vous soigner. Les loups ne vont pas s'en aller, vous par contre excusez moi mais vous êtes vraiment dans un sale état.
-Dans…cuisine, feuilles…athelas.
Sarah courut dans la cuisine, cherchant quelque chose qui s'appelait feuilles d'athelas.
-Feuilles d'athelas, feuilles d'athelas, mais qu'est-ce que c'est des feuilles d'athelas?
Alors qu'elle parcourait des yeux la cuisine, son regard s'arrêta sur une sorte de panier, dans lequel reposaient des feuilles fraîchement cueillies.
-C'est quoi ça?
Aucune étiquette n'indiquait ce que ça pouvait être.
Une voix résonna alors dans sa tête, la voix de son père lorsqu'il avait commencé son apprentissage de la magie:
"Si tu cherches quelque chose que tu ne connaisses pas, sers-toi de tes pouvoirs. Ils te seront d'un grand secours!"
-Mais que suis-je bête. Mes pouvoirs bien sûr.
Sarah tendit légèrement ses mains devant elle, les paumes vers le ciel et dit:
-Feuilles d'athelas!
Le panier qu'elle avait regardé quelques minutes plus tôt disparu silencieusement pour réapparaître dans ses mains. Elle retourna ensuite dans la chambre.
-Je l'ai et maintenant?
-Prendre…Nilwë…aller…aller chercher…aide…et…prévenir…seigneurs! s'essouflat-il.
-Vous êtes sûr?!
-Oui…maintenant!
-Je reviens le plus vite possible.
Sarah ressortit en trombe de la maisonnée, redescendit en un temps records.
Elle pénétra dans l'enclos, s'avançant vers Nilwë qui la regardait faire sans bouger.
Une nouvelle communication s'était installée entre l'animal et sa maîtresse. Cette communication passait par le regard. L'animal juste en regardant sa maîtresse dans les yeux comprit son message.
Il s'abaissa un peu pour lui permettre de le monter.
-Mon grand, il va falloir m'aider. Emmène-moi à la salle du trône maintenant!
Nilwë se redressa d'un coup, obligeant la sorcière à s'agripper du mieux qu'elle le pouvait à sa crinière n'ayant pas prit la peine de le seller. Au pas, le cheval se dirigeât vers l'arrière de l'enclos puis se retourna vers la clairière.
Ce n'est qu'à se moment que Sarah se rendit compte que pendant son empressement à aller chercher du secours, elle n'avait pas prit la peine d'ouvrir la barrière de l'enclos.
Pourtant ce détails ne semblait pas avoir d'importance pour l'animal qui déjà chargeait prêt à partir au galop.
-Non Nilwë, on a un méga sérieux problème. On ne pourra jamais passer la barrière. J'ai oublié de l'ouvrir.
L'animal hennît dans une attitude voulant dire 'pour qui tu me prends?' puis prit son élan et partit au galop approchant inexorablement de la barrière, qui se rapprochait, qui se rapprochait encore.
-Nilwë NON!!!!!! Ahhhhh!!
Ils n'étaient plus qu'à quelques mètres de la barrière. Le cheval continuait toujours sa course. Plus que quelques centimètres avant le choc. Pour ne pas voir le choc, la jeune femme ferma les yeux.
Mais là contre toute attente, il n'y eu aucun choc, seulement une secousse.
Rouvrant les yeux, Sarah vit les pattes avant du cheval s'élever dans les airs. Puis tout le corps du cheval suivit. Le cheval atterrit tranquillement quelques secondes plus tard de l'autre côté de la barrière.
-T'es l'meilleur mon grand, j'le savais.
Ne s'arrêtant pas pour autant, le cheval repartit au triple galop en direction de la forêt. Sarah s'accrocha pleinement à la crinière du cheval, qui filait comme une flèche à travers les arbres, sur les sentiers menant à la cité.
Quelques minutes plus tard, ladite cité était déjà en vue. C'est toujours au triple galop qu'elle s'y engouffra.
Elle s'efforça de prévenir les habitants su mieux qu'elle le pu, afin qu'ils dégagent le passage.
-Poussez-vous, mais POUSSEZ-VOUS BON SANG!!!hurla-t-elle
Les habitants n'eurent d'autres choix que d'obéir à cet ordre s'ils ne voulaient pas se faire piétiner par un cheval lancé au triple galop par une maîtresse qui frisait presque l'hystérie.
Nilwë n'interrompit sa course que devant l'arbre dans lequel se trouvait la salle du trône.
Sarah sauta du cheval, retombant avec légèreté sur ses deux jambes. Sans perdre de temps, elle monta ou plutôt courut dans les escaliers dotée d'une rapidité qu'elle ne se serait jamais imaginée.
C'est tel un boulet de canon qu'elle fit son entrée dans la salle du trône. Elle ne vit que Galadriel car elle ne preta pas la moindre attention à la personne qui lui tournait le dos en ce moment. Elle s'avança jusqu'au trône tout en débitant:
-Dame Galadriel, où se trouve le Seigneur Celeborn?
-Il se repose à côté dans ses appartements, pourquoi une telle question mon enfant?
-CELEBORN!! SEIGNEUR CELEBORN!! hurla-t-elle.
Ce dernier fit son apparition dans la salle quelques secondes plus tard, lui lançant à l'occasion un regard tellement noir qu'en tant ordinaire, elle se serait sûrement confondu mille fois en excuse. Elle même était parvenue aux côtés de l'homme.
-Eh bah c'est pas trop tôt, vous en avez mit du temps pour rappliquer. Bon c'est pas tout mais on a besoin de vous. Il faut faire vite. C'est Alassë il a de gros problèmes. Il m'a demandé de venir vous chercher. Il va très mal. Il a parlé de loup aux frontières ouest. Il a aussi parlé de prévenir les gardiens!! Mais c'est pas possible, dépêchez-vous un peu, commença-t-elle à s'impatienter en le tirant de force par la manche.
-Sarah clamez-vous. Nous ne comprenons rien. Expliquez-nous plus calmement.
-Vous êtes sourds ou quoi? ALASSE VA TRES MAL. D'après ce que j'ai compris il s'est fait attaquer par des loups sauvages aux frontières ouest du royaume.
Sarah ne le lâcha pas pour autant. Elle continuait de le tirer vers la sortie. Ils réalisèrent très vite ce qu'elle venait de leur dire. Déjà Celeborn appelait des gardiens pour les envoyer aux frontières ouest, leur demandant au passage de faire seller deux chevaux. Ce n'est seulement lorsqu'il s'adressa à l'homme que Sarah le reconnut.
-Haldir, vous nous accompagnez chez Alassë!
Sarah perdit un instant tous ses moyens devant le regard scrutateur d'Haldir. Elle s'empourpra violemment en repensant aux événements de la matinée. Elle se reprit néanmoins très vite, les précédant lorsqu'enfin ils sortirent.
Dehors deux chevaux l'un blanc et l'autre couleur caramel les attendaient aux côtés de la monture de Sarah.
Chacun enfourcha son cheval, Sarah prit la tête de la petite troupe.
-Vas-y mon beau. On rentre. Il faut y parvenir le plus rapidement possible. Montre leur de quoi tu es capable.
Nilwë libéra instantanément toute sa puissance, distançant de suite les deux autres cavaliers qui n'arrivaient pas du tout à le rattraper. Bien entendu elle arriva la première dans la clairière. Abandonnant son cheval au pied de la maison, elle monta quatre à quatre les marches. C'est seulement parvenue en haut de la plate-forme qu'elle vit les deux autres cavaliers pénétrer à leur tour dans la clairière. Ne les attendant nullement, elle pénétra dans la maisonnée et alla directement à la chambre.
Alassë était toujours là sur le lit, gémissant de douleur. Des feuilles d'athelas étaient posées sur sa poitrine par-dessus la blessure.
C'est de cette façon qu'Haldir et Celeborn le découvrir.
-Alassë que vous est-il arrivé?
-Des …loups sauvages…front…frontières ouest.
-Des hommes sont en route, lui répondit Celeborn.
-Merci Sarah.
-Il faut le soigner, vite! leur ordonna-t-elle.
Déjà elle s'approcha du blessé, retirant une à une les feuilles d'athelas couvertes de sang. Elle allait retirer la dernière, quand elle se sentit parcourue par un étrange fluide magique.
-Restez avec nous Alassë, vous savez, je vous aime bien. C'est rare que je dise cela à une personne mais je suis sincère. Je vous aime bien alors je vous interdit de partir, vous m'entendez?!!
à ces mots, ses mains qui se trouvaient au dessus de la blessure s'illuminèrent faiblement. La faible intensité que dégageait ses mains se transforma en l'espace de quelques secondes en une très forte intensité.
-Oh mon dieu, qu'est-ce qui m'arrive? C'est quoi ça?
-Sarah que faites-vous? demanda Haldir.
La jeune femme sentait la vie entre ses mains. Sur la blessure de son ami des centaines de petites lueurs bleues apparurent. Et alors le sang qui continuait à couler reprit son chemin mais en sens inverse cette fois. La blessure se refermait d'elle-même. Moins de trente secondes plus tard, il n'y avait plus aucune trace de blessure. Comme si elle n'avait jamais existée !
Les mains de Sarah cessèrent toute illumination. Alassë ne bougeait plus. Qu'avait-elle fait?
-Oh mon dieu!! Je l'ai…tué?
-Qu'avez vous fait Sarah! Lui reprocha Celeborn
-Je ne sais pas, répondit-elle ses larmes commençant à couler. Je l'ai tuer!!
Alors elle quitta la pièce en courant, redescendit l'escalier et courut droit devant elle, sans regarder la direction qu'elle avait prise. Elle courut encore et encore sans se retourner, indifférente aux voix qui l'appelaient.
Elle l'avait tuer! En cet instant elle se maudit.
Elle ne s'arrêta que très longtemps plus tard, fatiguée par da course. Elle s'assit contre le tronc d'un arbre, ramena ses genoux devant elle, avant de les entourer de ses bras et d'y poser la tête.
Elle pleura encore et encore. Elle pleura tellement qu'elle finit par d'endormir, le cœur gonflé par le chagrin.
à suivre...
