Zombie~Extermination~Project

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C'était relativement violent cette odeur de désinfectant mélangé à du white-spirit. Une odeur pour dire même insupportable. Cela faisait un bien longtemps qu'il n'en avait pas senti de telle, lui faisant revenir à mémoire vive des souvenirs d'hospitalisations. Et bizarrement, ça ne lui manquait pas. Lovino reprenait peu à peu conscience autant qu'il retrouvait ses sens par la même occasion. Ses membres se matérialisaient dans son esprit, n'étant plus l'esprit sans corps qu'il croyait être. Pour s'assurer de la mobilité de son corps, il fit bouger ses doigts de pied. En parfait état de marche. Puis il s'aperçut peu à peu, qu'une chaleur résidait au creux de sa main droite mais ressentait également une présence bien particulière et surtout familière. Il n'arriva cependant pas à identifier le propriétaire, il n'y pensait même pas. Il referma lentement mais durement ses doigts autour de celle-ci et distingua au toucher qu'elle était une main. Une main toute aussi grande que la sienne mais dont les doigts étaient bien plus fins et le contact de cette peau si douce, le fit frissonner de son corps tout entier.

Il était bel et bien vivant. Malgré la senteur étouffante des environs, il se sentait incroyablement bien mais surtout en sécurité. Il était propre -même trop-, son corps nu était recouvert de soyeux draps alors que ses blessures étaient emmitouflées sous des bandages ajustés à la taille parfaite. Il se sentait incroyablement bien. Vraiment.

Mais son esprit ne resta pas en paix très longtemps, soudainement bombardé de questions, une en apportant une autre et ainsi de suite. L'angoisse, la peur et la tristesse lui arrachaient les tripes en mordant sa chair à violents coups de dents sauvages et sans pitié. Un vrai cerbère, dont les trois têtes vous attaqueraient sans relâche jusqu'à vous brisez jusqu'à la moelle. C'était cruel mais peut être était-ce là, la punition de sa vie?Peut être.

D'autres attaques sournoises s'attaquèrent à son esprit tourmenté telles des questions comme: Pourquoi était-il dans un lit?Où était-il?Pourquoi ses draps, pourquoi ses bandages ou encore cette odeur?Mais surtout…à qui appartenait cette main emboitée dans la sienne qui le faisait se sentir si bien?

Son sang ne fit qu'un tour, tant il pensa immédiatement à…:

-"ANTONIO!" hurla t-il de toutes ses forces en un cri de désespérance ultime alors que ses yeux, grands ouverts mais aussi exorbités fixait le fameux.

Mais la réalité fut d'autre. Cette chose n'avait rien de l'espagnol. Son regard se posa sur une partie de ce visage à l'aspect horrifique. Car la peau qu'il observait, -si on pourrait encore appelé ça une peau- était cramoisie, brulée et dont les brûlures étaient surmontées de cloques remplies du liquide jaunâtre répugnant. Romano avait définitivement envie de vomir. Sans parler de cette cave où devait normalement résider un oeil, où fils de chair se battaient en duel d'une extrémité à une autre pour avoir un peu de place et tenter de reconstituer une peau correcte. Mais rien. Que cette horreur. Si il avait pu, il aurait crié à pleins poumons mais rien ne lui venait. Il était horrifié par cette vision qui s'offrait à lui.

Ses membres paralysés, la voix coupée, ses yeux à la pupille élargie, le regard bloqué sur cette immondice qui le pétrifiait sur place. Il était impuissant. Cette créature aurait pu se jeter sur lui et le manger ou lui arracher les membres vivant, il n'aurait probablement rien fait. Oui, cette chose n'avait rien avoir avec Tonio. A travers ses lèvres injectées de sang, retentit une voix enjouée qu'il ne connaissait que trop bien:

-"Fratello~ Tu es enfin réveillé!"

Son frère. Pourquoi lui. Pourquoi cet état si désastreux. Comment…?

-"Je-…Feli…?C'est toi…?" bégaya t-il, ne voulant pas croire que cette horreur était son petit frère. Pas lui. Son corps tout entier fut alors pris de légers tremblements alors que sa main s'avançait instinctivement vers cet épiderme pourri, mort, qui lui donnait des hauts de coeur. Peut être que tout ça n'était qu'une hallucination. Oui c'est ça, il devenait fou. Pas étonnant après tout ce qu'il venait de vivre. Puis le bout de ses doigts atteignirent enfin leur objectif. Il frissonna et ferma les yeux. Non. C'était même bien trop vrai.

-"Feliciano…Ton visage…" tenta t-il d'articuler entre un vomissement qu'il tenta de contenir désespérément.

Son coeur battait à une vitesse folle. Il devait cauchemarder, et il allait se réveiller, très bientôt aux côtés de son espagnol dans leur maison provinciale en Sardaigne, alors que le soleil allait caresser leur peaux collées ensemble. Sans rien à se soucier. Et là il lui raconterait ce rêve fou qu'il avait fait. Avec toute cette histoire de zombie, le fait qu'il soit mort, et que Feli soit défiguré et c'est sur ce qu'ils s'embrasseraient langoureusement alors qu'il allait l'insulter, probablement de "bastardo" ou bien "d'idiota". Au choix. Comme au bon vieux temps, où la niaiserie et l'euphorie des belles soirées d'été au bord d'un lac, s'entrelaçant au bord d'un lac était au rendez-vous. Il aurait tellement voulu mais le contact de sa main avec celle de Feliciano le réveilla de ses utopies rose bonbon. Il prit sa main et l'amena jusqu'à l'autre partie de son visage, elle valide et lui souriait de cette façon si adorable qu'il ornait tout le temps. Cette partie plus rassurante et agréable à voir que Lovino n'avait pu observer trop absorber par l'horreur de l'autre. Aussi soudainement que maladroitement, il entoura son frère de ses bras et le ramena contre lui en une forte étreinte. Il prit un peu du tissu du pull du plus jeune des deux entre ses poings et grinça des dents pour retenir ses larmes.

-"Putain de merde, Feli, qu'est-ce qui est entrain de se passer…Je comprends plus rien…

-Shhhhh, fratello, shhh…Tout va bien se passer maintenant, tu es en sécurité~" lui murmura t-il d'une façon rassurante en leur langue natale, ses délicates mains lui caressant son dos tout entier de bas en haut, parfois en faisant des mouvements circulaires qui calmaient très visiblement son ainé.

-"Qu'est-ce qui se passe, bordel…Je veux mourir, Feli, tue-moi, s'il te plait, tue-moi, maintenant…" le supplia t-il doucement.

Le corps tout entier de Feli se figea à ces paroles. Il avait l'air bien trop sérieux pour que ce soit de l'ironie. Il avait entendu de la bouche de l'italien toutes les horreurs possibles mais jamais ça. Jamais il n'avait désiré sa mort ou du moins jamais ne l'avait-il encore supplié de le tuer. Il n'avait définitivement plus envie de vivre. C'était ça. Il venait juste de le retrouver, alors c'était hors de question. Et ça définitivement. C'était peut être un peu égoïste mais, il ne voulait pas perdre son frère, pas comme ça, pas maintenant. Tout deux resserrèrent leur étreinte en une plus forte poigne encore, autant qu'ils sentaient leur coeurs battre à la chamade. Rien de charnelle entre eux, juste un lien fraternel fort, trop fort pour que l'un ne se sépare de l'autre par le biais de la mort.

Ce fut Lovi qui dû forcer un peu par la force de ses bras à repousser son jumeau, pour plonger son regard jaune orangé éteint, sans vie dans le seul et l'ultime oeil de son frère, louchant presque, mais son air n'en restait pas moi sérieux et fatal:

-"Feli, je suis sérieux, tue-m-….

-No." le coupa sèchement son frère, bien décidé à barrer la route de toutes possibilités de suicide. "Tu resteras en vie, au-aussi longtemps que j-je l'aurais décidé…!" tenta t-il de continuer sur un ton cette fois-ci beaucoup moins assuré.

Le regard noir rempli de haine que lui jeta son vis-à-vis le glaça littéralement sur place. Il recula les épaules, se remettant inévitablement dans une position plus droite, le dos droit. Il savait qu'il ne pouvait pas longtemps faire face à son frère qui même déprimé, gardant ce sens du répondant franc -parfois trop- qui le faisait trembler de peur. Il allait encore pleurer, certainement pleurer, oui, encore. Et cette fois-ci plus que les autres fois. Il était terriblement triste que son frère ne comprenne pas qu'il faisait ça parce qu'il l'aimait, qu'il tenait à lui, qu'il se tuait de l'intérieur à imaginer sa vie sans lui, sans son frère qui avait toujours été là pour lui, même dans les moments difficiles mine de rien. Une violente poigne s'agrippa à son col alors que les yeux aussi perçants qu'un lion enragé le bouffait du regard, le réduisait à une simple proie, victime sans défense face à cette puissance qu'il ne détenait pas. Ses lèvres crispées commençaient à s'ouvrir. Ca allait commencer.

-Feliciano Vargas. Regarde-moi dans les yeux, petite tapette de merde. Tu vas m'écouter et faire ce que je te dis. Putain. C'est pas compliqué, si?Tu préfères que je le fasse moi-même c'est ça?Qu'est-ce que tu espères, hein?Que c'est avec ton petit sourire d'angelot que tout va revenir comme avant?Qu'on va se serrer les coudes et que tout va redevenir aussi beau et mignon qu'avant?Qu'est-ce que tu es niais, putain, Feli. Tu me fais pitié. Je sais même pas pourquoi tu es encore en vie…Et puis ça sert à quoi de rester en vie au juste…?Notre monde est détruit, on vit dans la peur constante de mourir et toi, tu t'obstines à vouloir rester en vie…?

-L-lovi, arrête…

-LA FERME!

-D-d'accord Lovi, d'ac-accord…

-C'est quoi ta vie?Bouffé des pâtes en ennuyant tout le monde avec ta voix de crécelle et en te faisant parfois prendre par le cul, à servir de suce bite à ton allemand de merde. Et encore, si il veut bien d'un monstre comme toi. Regarde ton visage, regarde-toi. Un monstre, Feli, un monstre. Ah ouais, ça en jette ta vie, Feli, vraiment, tu as toujours envie de vivre après ça? Wow.

-J'ai compris…" murmura t-il presque à lui-même mais assez fort pour que son frère l'entende.

C'est sous l'oeil d'aigle de son frère, qu'il se leva très lentement de la chaise qui était placée de façon à se trouver aux côtés de son frère et se dirigea vers la porte, silencieux. Cette fois-ci, il n'avait pas pleuré. Il était resté bien droit et surtout fort. Pour son frère et tout l'amour qu'il lui portait.

-"Tu es malade, Lovino. Malade, fou. Je sais pas ce qui t'est arrivé mais on va te soigner, ne t'inquiète pas, fratello, je te lâcherai pas."

Il se retourna pour jeter un regard aimant à son frère accompagné de cet éternel sourire et appuya de sa main sur la poignée de porte et sortit, tout simplement. L'ex comateux était complètement abasourdi par la réaction de son frère mais cela ne fit que remplir son âme d'un peu plus de haine et de colère. Tellement de questions restaient encore sans réponse. Mais son esprit était bien trop brumé par la colère mélangée à de la tristesse. Il se leva d'un bond, encore nu, et donna un violent coup de pied dans la chaise qu'il envoyait valser contre la porte fermée à clé en un vacarme pas possible.

-"MERDA!"

Il était incompris et prit pour un fou.

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Voila, voila le nouveau chapitre~ En espérant qu'il vous aura plu!Vous allez vraiment vous dire que je fais que des choses tristes mais c'est pas vraaai, je le jure. C'est parce qu'on est sur une fiction post-apocalyptique, c'est pour ça...Yep /o

Sinon, je sais que j'avais dit que j'attendrais de finir celle-là avant d'en commencer une autre mais j'ai vraiment d'essayer de commencer une autre fiction qui celle-là serait certainement beaucoup plus joyeuse!

Qu'est ce que vous pensez qu'il va se passer pour notre pauvre petit Lovino?Quels autres personnages vont faire les interventions?Antonio est-il vraiment mort?On se retrouve au prochain chapitre et n'oubliez pas les bébés reviews~