Petit mot de l'autatrice: Voilà enfin le prochain chapitre avant la rentrée. Je vais essayer de la finir avant la rentrée car après j'aurais moins de temps vu que j'entre au lycée et il est à 30 kilomètres de chez moi. Donc voilà.
Petit mot à Fan-de-Jacob-Black: Tu sais, y'a pleins d'autres radiateurs en magasin ; ).
Bonne lecture!!
- Nous ne devons plus être très loin. Dit il en coupant la radio.
En effet, je reconnais peu à peu les paysages des alentours de ma maison. Cela fait maintenant trois jours que nous avions laissé Billy pour nous enfuir dans le Nevada. J'étais un peu fatiguée par la route et me félicitais d'avoir pour chauffeur un Loup-garou qui n'hésitait pas à appuyer sur le champignon pour aller plus vite. On s'arrêtait à présent toutes les cinq heures pour se dégourdir les jambes, et pour que Jake dorme un peu. Les souvenirs de ces semaines passées sur les routes afin de me cacher me revenait parfois, mais sans me submerger complètement. Jacob trouvait à chaque fois un sujet de conversation quelconque dès qu'il voyait une larme couler sur mes joues. Je lui ai parlé de mon lycée et le fait que j'aurais dû continuer d'étudier les Beaux Arts dans une école plus performante cette année. Il m'a aussi arraché la promesse de lui montrer de quoi j'étais capable, un de ces jours. Oh, je vais arranger ça avec quelques verres d'alcool et tout sera oublié. Tout d'un coup, la route me parut familère; les quelques maisons, les trottoirs abîmés, le réverbère… Je lui hurlais de se garer immédiatement puis me ruais à l'emplacement de mes souvenirs. Plus rien pour rallumer une mèche de ma tristesse, la route était comme neuve.
- Viens! Ordonnais-je à Jake avant de le traîner par la main.
Je savais où aller. Mes pieds se rappelaient encore du chemin que, ce soir où tout a basculé, mes petons, endoloris et fatigués, ont du emprunter presque en volant. On s'arrêta devant une maison défraichie, vide, abandonnée. La pelouse laissait à désirer, les mauvaises herbes squattaient les graviers. Certaines vitres étaient brisées, les rideaux volants au vent.
- C'est ici.
Ni une ni deux, Jacob me hissa au dessus du mur. Pas besoin de forcer la porte pour entrer, quelqu'un devait dormir ici, la nuit, en clochard. L'intérieur était humide et poussiéreux, les morceaux de verres des fenêtres jonchaient le sol. Je montais instinctivement au premier étage, deuxième porte à gauche. C'était la seule pièce encre intacte, la chambre de ma petite sœur. Un lit à barreaux mauve, un coffret de bois couvert de peluches, un tapis vert pommes, et un rocking chair. Comme ci rien avait changé. Je me surpris à regarder au dessus du lit, comme ci je m'attendais à voir jaillir de sous la couette le visage farceur de Jade. Je pris sa peluche favorite et me laissait tomber dans le rocking chair un instant, ce vieux rocking chair où je la balançais lorsque je la gardais pendant les vacances. Je me levais au bout de quelques minutes, réveillant un Jacob plus que décontenancé, puis je traversais le couloir pour me rendre dans ma chambre. L'armoire était encore ouverte, suite à cette nuit où j'ai tout pris en vrac pour partir. Les draps de satin bleu nuit étaient à peine froissés, ma robe de soirée abandonnée sur le sol.
- Voilà Jacob, j'y ai passé les 16 premièrs années de ma vie.
- Tu veux emporter quelques trucs?
- Des breloques sans importance.
Ma boîte à bijoux, la peluche, des photos. Jake tenait à tout prix que j'emporte quelques robes de soirée qu'il avait pré-sélectionné. Nous partions aussi vite que nous sommes entrés, tels des voleurs. Les voisins ne diront rien, pour sûr, ils ne viennent ici qu'en été. Je pensais me réveiller d'un moment à l'autre, mais tout était bien réel. Pour le cimetière, nous n'eûmes besoin de chercher; il n'y en avait qu'un. Nous passâmes juste chez la fleuriste de Tom's Avenue pour prendre des roses. On poussa doucement la grande grille de fer forgé noire. Ce cimetière donnait sur toute la ville, un paysage merveilleux seulement contemplé par les morts et les personnes endeuillées. Comme ma ville est un endroit presque entièrement résidentiel, il n'y avait que quelques tombes; vingt, tout au plus. Dont trois au bord de la corniche. Je m'avançais. Les Lewis. Tous au complet. Ah non, il en manque une à l'appel, mais pas pour longtemps, il y aura bientôt une nouvelle tombe alignée à celle-ci. Peut-être deux. Je frissonnais à l'idée de voir Jacob se tuer. Ce n'était pourtant pas dans ses habitudes de penser ça. Je déposai religieusement une fleur sur chaque pierre, serrais la peluche aussi fort que je le pouvais contre ma poitrine. Pas besoin d'enlever les fleurs fanées, il n'y en a pas. C'était comme ci je m'y rendais le lendemain de l'enterrement, les tombes brillantes comme si elles étaient encore neuves.
- Monsieur et Madame Lewis, petite Jade… Salua Jake. Je suis Jacob, et mon père et moi avons recueilli votre fille. Hayley est belle, courageuse, quoiqu'elle a un peu peur du noir. Pour vous épargner une description de votre fille, je vais faire court. Je l'aime et compte la demander en mariage dès que nous aurons l'âge. Je vous fais serment de la protéger du moment que je suis encore en vie.
- Jacob… Chuchotais-je en sanglotant
- Pleure pas Hayley, tout va bien.
D'un pas léger et lent à la fois, nous revînmes sur nos pas et ouvrirent les portières de la voiture garée un peu plus loin dans l'allée. Mon petit ami ouvrit la boîte à gant et en sortit une boite en forme de cœur rouge drapé de soie.
- Sais tu quel jour nous sommes?
- Non, je n'ai pas fait attention.
- Bonne St Valentin, Hayley. Veux-tu être ma Valentine?
- Je suis si… Oui, mon Valentin.
Il esquissa un demi sourire et m'embrassa tendrement. Je n'arrivais pas à croire que j'ai pu oublier un jour si mémorable pour les amoureux. J'étais tellement obsédée par ma famille, l'idée de mourir et de laisser Jake seul que j'ai complètement passée à coté. On se gara devant un petit hotel. Oh, il a sûrement préparé quelque chose en traitre, enfin, je suis certaine qu'il a dû aborder le sujet en voiture sans que je ne l'écoute. La chambre est modeste, d'allure et de meublement simple, mais a dû couter quand même cher. Jacob me tendit ma robe bleue nuit qu'il avait choisi dans mes anciens vêtements. Hors de question, ce n'est pas noir. Il insista. J'attrapais la robe et allais dans la salle de bain. Je pouvais bien faire un effort, une fois par an, pour lui. Mais qu'avait il prévu? Lorsque je sortis pour mettre mes talons, il était en costume. Chose qui n'arrivait que pour la première fois. Sûrement un restaurant chic. Eh bien non. Un champ humide aux hautes herbes qui vous chatouillent le nez. Le ciel était noir depuis quelques heures déjà, et Jacob avançait devant moi avec une vieille lanterne. Moi, je pataugeais un peu avec mes talons. Mon petit ami étala un plaid polaire au sol et me fis signe de m'installer. Les étoiles brillaient comme jamais, c'était merveilleux. Je me suis dis à ce moment là que ma vie ne pouvait être plus parfaite. J'avais un petit ami idéal, un père plus que gentil, et un endroit stable ou vivre. Je posais ma tête sur son épaule musclée, et continuais de regarder les étoiles. Ah, je ne vais pas pouvoir m'en lasser, c'est carrément impossible.
- Il y a encore un truc de loup garou dont je ne t'ai pas encore parlé. Dit Jacob en essayant d'attirer mon attention.
- Vas y, cette soirée ne sera merveilleuse que s'il y a des contes fantastiques.
- Il arrive parfois qu'un loup garou rencontre une fille; dans la rue, au cinéma ect… Et c'est un peu comme le coup de foudre. C'est l'imprégnation, et ce jour là le loup garou ne peut vivre sans sa moitié.
- Et.. Tu t'es déjà..
- Cela n'est pas encore arrivé.
- Oh.
J'étais déçue et soulagée. Déçue, parce que ce n'était pas moi, sa moitié, et soulagée parce qu'il n'y avait pas d'autre fille dont j'aurai à me méfier. Franchement, cette histoire d'imprégnation m'enlevait une épine du pied.
- Mais, je te dis ça alors que je ne suis pas sûr si c'est déjà arrivé. Et si un jour je m'imprègne d'une autre fille que toi, tu resteras toujours celle que j'aime de mon cœur d'homme.
- Tu as donc deux cœurs?
- Selon moi, un cœur de loup garou et un d'homme. Mais c'est bien trop compliqué pour que tu comprennes.
Nous restâmes longtemps à regarder les étoiles, collés l'un à l'autre, dans les hautes herbes d'un champ du Nevada. J'avais presque envie d'y rester dormir, mais Jacob avait réservé dans un hotel qui plus est très cher. Je ne pouvais pas me permettre de gaspiller leur argent. Nous rentrâmes donc dans les alentours de minuit, avec un bonsoir du gardien de porte. La télé resta éteinte, nous voulions dormir un peu, et j'en avais franchement besoin, et Jake aussi je pense. Comme ce soir était la St Valentin, je me permettais de dormir à ses cotés en sous vêtements au lieu de casser l'ambiance en me ramenant avec mon vieux sweat tout troué. Il me regarda étonnement, puis me fit une place à coté de lui. Un grand silence prit place avant que nous ne sombrâmes dans un sommeil léthargique.
