Hello les puppies!
J'ai enfin le dernier chapitre de cette histoire. Qui en sonne également sa fin. Elle aura mit le temps à arrivé et je m'en excuse. Je voulais vraiment vous faire quelque chose qui ne serait pas à demi éborgné pour dire que je finis.
Donc voilà! Vos long mois d'attente n'auront pas été vaincs. Et promis la prochaine fois je veillerais à ce que tout sois parfaitement en ordre avant de me décider à le publier (Oui ça va faire beaucoup de paramètre avant de publier mais il faut être honnête, c'est pas très très agréable de devoir attendre des mois pour une suite donc j'essaierais de faire au mieux la prochaine fois)
Ce chapitre à été vu et corriger par Zephire, Amalko et Calliope que je remercie pour leur travail et leurs bienveillance
Merci infiniment à vous tous pour votre patience et pour être ici, à lire mes folies.
Sur ce, Bonne lecture!
De cœurs en chœurs à trois tu meurs, ma douleur
Il était face à la grande surface vitrée de son bureau quand son téléphone retentit pour la dixième fois en l'espace de trente minutes. Il se retourna, excédé et décrocha le combiné brusquement.
_ Mr Hale, je suis vraiment désolée, mais votre sœur insiste vraiment pour vous avoir au téléphone.
Derek soupira, se pinça l'arête du nez, puis se laissa retomber sur son siège en cuir, fatigué.
_ Très bien Marta, passez-la-moi.
Il y eut un silence pesant pendant quelques secondes alors que Laura était bien en communication avec lui. Il s'apprêtait à raccrocher quand il l'entendit inspirer pour prendre enfin la parole.
_ Ils l'ont trouvé, souffla Laura de but en blanc.
Son sang tambourinait, il sentait son flux violent et précipité picoter ses mains ses gestes lui semblaient bien plus lourds. Il eut presque du mal à ouvrir la bouche pour articuler :
_ Où ?
_ A ton avis... sur le lieu de l'accident.
_ Merde ! Il n'a rien de grave ?
_ Non, rien, mais il a bien failli en provoquer un autre. C'est plus possible, Derek, on ne peut pas continuer comme ça. Il ne se met pas seulement en danger, il met aussi les autres en danger. Et je ne peux pas toujours être là pour le soutenir.
_ Je sais bien. Et je ne te reproche rien... Qu'est-ce que tu veux faire exactement ?
Sa voix était la plus douce et complaisante possible malgré la fatigue et le stress des derniers jours. Il ne voulait pas que Laura fasse machine arrière maintenant.
_ Il est à l'hôpital pour l'instant, en observation. Il était sous héroïne, déshydraté et dénutri. On ne sait pas exactement depuis combien de temps il se fait souffrir comme ça. Dans trois jours, il sera sorti, j'aimerais... je veux...putain ! Je déteste ça !
_ Laura. Écoute-moi. Tu as fait tout ce que tu pouvais. C'est rien. Ce n'est pas de ta faute, ce qui est en train de se produire.
_ J'ai trouvé une bonne structure du côté de Pasadena. Ils sont très humains et très soucieux de leurs patients.
_ Je ne doute pas une seule seconde que tu as remué ciel et terre pour lui trouver le meilleur institut.
_ J'aurais voulu ne pas avoir à lui faire ça, gémit-elle, fatiguée et d'une voix lourde de culpabilité.
_ On ne peut pas aider quelqu'un qui ne veut pas être aidé, c'est toi-même qui me l'as dit.
_ Et s'il voulait que je l'aide ? Et si je ne savais pas lire entre les lignes ? Si je ne comprenais tout simplement pas. Qu'est-ce que je fais si je me trompe sur toute la ligne ?
_ Il sait que tu l'aimes et que tu fais tout ce que tu peux pour lui.
_ C'est loin d'être certain, c'est de Peter dont nous sommes en train de parler.
_ Arrête ça. Laisse-moi m'occuper du reste, tu en as déjà bien assez fait. Il ne peut pas toujours pleurnicher après toi et il le sait, s'agaça-t-il.
Il entendit sa sœur soupirer à travers l'appareil. Il savait qu'elle arrêterait de se flageller. Au moins jusqu'à ce qu'elle ait de nouveau Peter au téléphone.
_ Tu as probablement raison. Je t'envoie un mail avec toutes les informations dont tu auras besoin. Ne sois pas en retard pour le récupérer à l'hôpital, il est capable de s'enfuir, tu le sais.
_ Une fois m'a servi de leçon, je ne compte pas faire la même erreur.
Ils restèrent encore un moment au téléphone. Parlant de tout et de rien, partant dans une conversation plus légère pour oublier, l'espace d'un instant, qu'ils allaient devoir interner leur oncle une fois encore. Il ne se rendit pas vraiment compte du temps qu'il passa avec sa sœur et ce fut au moment où Marta frappa à la porte de son bureau qu'il remarqua alors qu'ils avaient tous fini leur journée. Habituellement, il serait resté pour rattraper son retard et oublier ses mésaventures mais il avait besoin d'aller courir. Il envoya un message rapide à Scott pour le prévenir qu'il ne rentrerait pas dans l'immédiat et il partit chercher ses affaires de sport qu'il avait toujours dans un des placards de son bureau. Il lui arrivait souvent de partir courir après une longue et harassante journée de travail. Aujourd'hui ne faisait pas exception.
Il courut plusieurs kilomètres dans les vallées escarpées de L.A à proximité des studios hollywoodiens. Il s'arrêta dans un petit parc pour s'étirer et boire et ses yeux tombèrent sur deux jeunes femmes en train de manger, des plats chinois, dans des cartons de nourriture à emporter, sur un banc. Elles riaient en échangeant des anecdotes dans l'insouciance la plus totale et Derek trouva l'idée si fabuleuse qu'il partit avec pour nouvel objectif de dénicher un quelconque bouiboui qui vendrait de la nourriture à emporter. Stiles allait sauter au plafond. Bien qu'il ne comprendrait jamais sa passion débordante pour les cheeseburgers et les frites bouclées, il adorait par-dessus tout voir ses yeux pétiller de bonheur quand il en avait dans les mains.
C'est donc les bras chargés de malbouffe qu'il arriva devant la porte, le courrier entre les lèvres et les clés encore coincées sur son majeur. Il fut surpris du manque d'activité qui l'accueillit quand il entra dans le salon alors que la télévision projetait encore les images d'une série quelconque dont Derek ne connaissait absolument pas le titre. Dans un coin de la pièce se trouvait le carton de Stiles avec quelques objets au sol. Quelques revues de baseball, un vieux livre usé et taché, des crayons à dessin, des croquis jetés aléatoirement jusqu'au canapé où il trouva ses deux amants adorablement enlacés l'un contre l'autre. Leurs bras et leurs mains étaient étroitement emmêlés. Alors que Stiles avait la tête contre la poitrine de Scott, le visage de ce dernier était enfoui dans les cheveux bruns du plus jeune.
Il sortit son téléphone pour immortaliser l'instant et s'approcha des deux endormis.
Il aurait vraiment aimé les laisser dormir de cette façon indéfiniment et les regarder sans jamais se lasser mais la nourriture allait refroidir. Il caressa tendrement le bras de Scott, pourtant, ce fut Stiles qui se réveilla en premier.
_ Derek ? Le jeune homme soupira et renfonça sa tête dans le creux du bras de Scott. Il est quelle heure ? souffla-t-il en frottant son nez contre la peau du dessinateur.
_ L'heure de manger, répondit Derek alors que son mari commençait tout juste à émerger de sa sieste improvisée.
Stiles embrassa Scott tout doucement pour l'aider à se réveiller plus facilement. Il lui caressa la joue et se détacha de ses bras pour le laisser se lever. Scott se redressa lentement et difficilement pour s'accrocher au cou de Derek. Il y respira son parfum un moment avant de venir réclamer un baiser et de se laisser retomber sur le divan.
_ Qu'est-ce qu'on mange ? demanda-t-il d'une voix rauque de sommeil.
_ Cheeseburgers et curly fries, annonça Derek en se coulant contre son mari pour lui attraper les bras et le mettre définitivement sur ses pieds.
_ Curly fries ? répéta alors Stiles avec des yeux brillants. Où ça ?
Le jeune homme se redressa si vite que son pied glissa contre un croquis et il retomba aussi sec sur le canapé.
_ Euh, je... je vais ranger les dessins de ma mère avant, bafouilla-t-il en se courbant au sol pour les rassembler.
Derek ramassa lui aussi quelques esquisses pour aider son amant, déterminé à les avoir assis à table le plus rapidement possible. Il déposa les feuilles dans la petite boîte cartonnée sans pour autant oser regarder à l'intérieur, comme s'il allait violer l'intimité de Stiles en le faisant.
_ Elle dessine bien, hein ? lança Stiles qui était maintenant à côté de lui avec le reste des croquis. Scott les adore, mais je suis à peu près sûr qu'il me dit ça pour me faire plaisir.
_ Pas du tout. Elle avait vraiment un bon coup de crayon.
_ C'est vrai. Oh ! Est-ce que tu veux que je te montre les médailles de mon père ?
_ J'en serais ravi... Une fois qu'on aura mangé, Stiles, le réprimanda-t-il alors que le jeune homme s'apprêtait à les sortir de leur cachette.
_ OUI ! CURLY FRIES ! cria Stiles, fonçant vers la table où Scott faisait la grimace en sortant chaque sandwich et cornet de pommes de terre frites du sac en papier.
Scott claqua la main du jeune homme quand ce dernier tenta d'en attraper une en catimini et Stiles le regardait maintenant avec une expression choquée qui valait tout l'or du monde. A les voir ainsi, Derek se sentait bien mieux qu'après des heures de course pour se vider l'esprit.
Il inspira profondément, souriant, heureux, et vint s'asseoir aux côtés de ses deux amants.
Il voulait vraiment que cette idylle ne prenne jamais fin.
OoO
Peter n'avait même pas cherché à discuter quand il était arrivé à l'hôpital. Il l'avait simplement suivi jusqu'à la voiture sans un mot, sa valise à la main. C'est dans un silence pesant qu'il démarra la Camaro pour entamer les quarante minutes de route.
_ C'est où cette fois ? finit par demander son oncle alors qu'ils approchaient doucement de la sortie de Los Angeles.
_ Sequoia Convalescent Care. C'est à Pasadena, je viendrai te voir régulièrement. Laura a dit que c'était un bon centre psychiatrique.
Peter renifla dans la voiture, un sourire désagréable accroché au visage et Derek ne put s'empêcher de le scruter à travers son rétroviseur.
_ Quoi ?
_ Tu t'es bien gardé de la dissuader.
_ Ne commence pas.
_ C'est seulement une constatation, rien de plus.
_ Non. Ce n'est pas une simple constatation, je sais ce que tu essaies de faire mais cette fois, ça ne fonctionnera pas. J'en ai fini de culpabiliser avec ce que tu peux bien dire.
_ Je t'envie vraiment. C'est formidable de pouvoir dormir la nuit quand on a détruit tous ses proches.
Derek avait les mâchoires contractées et préférait regarder la route. Il savait qu'il ne devait pas se laisser prendre au petit jeu de manipulation de son oncle.
_ Scott est déjà complètement bousillé alors, tu peux encore te rassurer en te disant que tu es normal, mais est-ce que ta nouvelle petite chose fragile sait à quel point tu vas détruire sa vie ?
_ Laisse Stiles en dehors de ça.
_ Au contraire, je m'inquiète pour ce petit, tu sais ?
_ Inquiète-toi plutôt de toi et pense un peu plus à Laura, tu vas la rendre cardiaque à force.
_ S'il m'arrive quelque chose, ce n'est pas toi qui vas me regretter, c'est certain.
_ Non, en effet. J'ai compris depuis longtemps que tu ne serais jamais satisfait. Tu es prêt à faire payer à tout le monde la mort de Savana, Malia et Nolan. Ça n'aura jamais de fin. Tu ne veux pas te reconstruire.
_ C'est vrai que pour toi, ça a été une véritable réussite. Dommage que tu aies laissé ce pauvre Isaac passer sous une voiture. Tu étais pourtant sur la bonne voie. Je ne suis pas le seul Hale à attirer le chaos autour de lui.
Derek pila d'un coup sec. Heureusement pour eux, aucun automobiliste ne se trouvait derrière la Camaro. Il se tourna vers son passager, le visage tendu et froid.
_ Voilà comment le reste du voyage va se dérouler : tu la fermes, je conduis. Point. Si tu dis encore le moindre mot, je te jure que je me débrouille pour que tu ne sortes jamais de ce centre.
_ Très biiien. Ce que tu peux être susceptible, c'est fou !
Le reste du voyage se passa dans un silence quasi-religieux et Peter respecta à la lettre, l'ordre de garder le silence. Tout laissait à penser qu'être enfermé ne le blasait pas autant qu'il aimait le faire croire.
Pour le reste, Derek était tellement à cran et remonté contre son oncle qu'il se débrouilla pour que les formalités administratives de l'admission soient bouclées le plus rapidement possible. Il avait donné la valise de Peter au personnel pour qu'il la contrôle avant de lui attribuer sa chambre.
Derek fit le trajet du retour, éclairé par les luminaires de la ville. Il essayait de ne pas repenser à la dernière conversation qu'ils avaient eue dans la voiture alors que les paroles insidieuses de Peter résonnaient encore dans ses oreilles. Il ne voulait pas laisser cette victoire à son oncle malade et effrayant, le faire culpabiliser avec ses fausses accusations. Peut-être parce qu'il y avait déjà trop pensé des années auparavant, peut-être parce qu'il avait déjà détruit une fois son couple à cause de cela et qu'il ne voulait pas réitérer son erreur. Il frappa rageusement contre son volant alors qu'il était arrêté à un carrefour et les piétons qui traversaient se figèrent quelques secondes au bruit du klaxon. Ils lui lancèrent une drôle d'œillade et reprirent leur chemin mais Derek n'en avait que faire. Il prit une grande inspiration et accéléra au feu vert, bien déterminé à se sortir Peter une bonne fois pour toutes de la tête.
Sans vraiment savoir pourquoi, quand il arriva devant le rideau de lierre qui bordait l'allée du garage son cœur s'emporta et il devint fébrile à l'idée de remettre les pieds dans la maison. Cette maison qui avait tant de souvenirs, qui avait accueilli Isaac. Qui l'avait vu grandir.
Il secoua la tête et sortit du véhicule.
Il n'était pas responsable.
Il n'était pas responsable.
Il n'était pas...
Le choc en entrant dans les lieux le prit au dépourvu. Cette obscurité, ce silence... Stiles et Scott devaient probablement être en train de dormir. Il avait négligemment jeté son manteau contre la rambarde. Il ne réfléchit même pas avant d'ouvrir la boîte à clés et d'en sortir cette petite clé rouillée et patinée par le temps qui n'avait plus servi depuis plus de cinq ans. Celle que Scott avait cachée dans le double fond de leur petite boîte blanche. Il s'était retrouvé devant cette porte bleue, cette pièce dans laquelle il n'était plus rentré depuis si longtemps. Il avait besoin d'y entrer. Il avait besoin de... La lumière argentée de la nuit filtrait doucement à l'intérieur, donnant un aspect évanescent aux fines particules de poussière qui flottaient dans l'air, seulement troublées par ses mouvements.
Il s'approcha lentement de la grande étagère blanche sur laquelle était posée la photo de Scott et Isaac qu'il avait prise il y avait des années de cela. Ils étaient partis à la plage. Il était allongé sur leur grande serviette de plage, l'appareil photo juste à côté de lui quand Isaac lui avait sauté dans les bras avec son rire plein de malice à peine déguisée, ponctué de cris enjoués. Scott avait attrapé le petit blond par la taille pour libérer Derek qui en avait profité pour prendre l'appareil et saisir sur papier glacé, dans une immortalité colorée, leur bonheur pleinement affiché. Scott était à contre-jour mais l'instant était magique. Isaac gesticulait comme un beau diable dans les bras de son mari et bientôt il eut tôt fait de se libérer, le bougre. Obligés de lui courir après, sous ses faux cris affolés et joueurs.
Derek ferma les yeux, les paupières plissées par l'émotion du souvenir encore trop vif et sa mémoire le ramena fatalement au jour du drame. Les rires confondus et cristallins de la marmaille s'amusant comme des petits fous, les mères avec leur poussette en train de parler économies et cuisine, futures élections et jardinage, qui refaisaient le monde, passant d'un sujet à l'autre. Scott était parti chercher deux glaces à la vanille et une au chocolat. Il regardait Isaac grimper la petite échelle rouge pour faire un douzième tour de toboggan. A croire que ce gosse ne se lassait jamais du même jouet. Ressuscitant par le même geste sans cesse répété l'émerveillement de la découverte. Ses yeux bleus pétillaient d'innocence et d'insouciance, ce qui n'avait pas toujours été le cas. Et lui, à le voir là, courir sur ses petites jambes malingres pour foncer une fois de plus vers l'échelle rouge, se surprenait à apprécier la couleur des jeunes pousses en haut des arbres et l'ombre qu'elles apportaient. A apprécier l'effervescence des enfants pleins de vie, accompagnée des chants heureux des jeunes oiseaux fraîchement revenus de leur migration. A apprécier l'odeur de l'herbe coupée et de la terre chaude martelée par tous ces petits pieds. A apprécier le contact rugueux du vieux banc en bois peint sur lequel il était assis. Et il inspira profondément, profitant de la douce lumière de cette fin de matinée. Il avait tourné la tête parce qu'une jeune femme brune venait de s'asseoir à ses côtés. Elle l'avait salué avec un sourire resplendissant, avait engagé la conversation. Il s'était senti d'humeur à répondre, avait échangé quelques banalités d'usage avant de reporter son attention sur le toboggan.
Isaac avait disparu.
Il s'était levé d'un bond, tout bonheur brusquement évanoui et s'était précipité vers l'aire de jeux. Il n'entendait plus rien d'autre que le martèlement de son coeur et les saccades de son souffle et peu importe où se posaient ses yeux, aucune des petites têtes blondes aux alentours n'était Isaac. Il se souvenait encore avec une précision folle du bruit des freins sur le bitume, du choc, et des cris stridents qui avaient plongé tout Shane's Inspiration dans un silence de plomb.
_ A quoi tu penses ?
Derek avait un peu sursauté et s'était tourné vers Scott qui était encore appuyé sur le chambranle de la porte avant de rentrer doucement à son tour. Il regarda son mari approcher et il détourna le regard quand il se retrouva à quelques centimètres de lui. Scott, pourtant, ne se découragea pas et fit glisser ses mains le long de ses joues pour en essuyer les larmes qui coulaient.
_ Je suis désolé, murmura Derek.
_ Ce n'est pas ta faute, souffla Scott contre ses lèvres.
_ Je suis tellement désolé, insista l'architecte en refermant ses bras sur son mari.
Depuis combien de temps ?
Depuis combien de temps n'avaient-ils plus pleuré ensemble ?
La culpabilité était si forte. Il se sentait tellement minable. Tellement minable d'avoir soutiré à Scott, même le droit fondamental de se préparer au deuil, de dire au revoir une dernière fois à Isaac. Lui… Il avait l'habitude, ce n'était pas si important, son malheur. Il le méritait. Il s'en voulait. Tellement, tellement, tellement...
_ Je sais, gémit Scott en lui rendant son étreinte, heureux d'avoir pu enfin l'atteindre.
Enfin.
_ Je t'aime… Je t'aime, soufflait Scott et Derek pencha un peu la tête de son mari pour fourrager son nez dans ses cheveux bruns.
OoO
Il éteignit le feu et décida d'attendre que sa préparation tiédisse un peu. Il regardait par la fenêtre et observait Scott arroser les parterres à l'avant de la résidence. Sa peau avait des aspects de caramel au soleil et c'était, depuis toujours, quelque chose qui séduisait Derek. Il se souvenait avoir passé des heures entières à le contempler pendant des heures au lycée, que ce soit en cours ou sur le terrain de Lacrosse. Il avait toujours eu une obsession presque maladive pour lui. Fatalement, il repensa à Peter. Il se demanda l'espace d'un instant s'il serait devenu comme lui si, en un coup du destin, il avait perdu tous les êtres qu'il chérissait. Il se demanda si, indépendamment du fait de perdre ses parents et sa sœur, être séparé de l'être aimé et de sa descendance était un traumatisme plus violent encore ou non. Il aimait à penser qu'il était fondamentalement différent de son oncle et d'autres fois, il ne pouvait pas se soustraire à l'idée qu'ils avaient le même sang, que Peter avait raison. Trop, parfois peut-être. S'il devait détruire leur dernière lueur d'espoir, s'il en venait à briser Stiles plus que de raison ? Que se passerait-il alors ? Son regard se reporta sur le vieux livre de cuisine de Claudia. Aurait-elle approuvé leur histoire ? L'auraient-ils seulement vécu si Stiles ne s'était pas retrouvé orphelin du jour au lendemain ? Peter était bien plus dans le vrai qu'il ne voulait bien se l'avouer. Il en avait bien peur.
Il sursauta en entendant son téléphone vibrer et sourit en regardant le message de Scott : « Arrête de penser à Peter, ce mec est une bite ! » Il releva les yeux sur son mari qui lui faisait un petit sourire inquiet et qui était certainement très fier de l'avoir amusé avec son message idiot. Il se ressaisit et allait prendre un flacon d'épices quand il sentit le parfum de Stiles dans la pièce. Il s'apprêtait à lui poser des questions sur sa journée mais un grand fracas sur la table le fit se tendre de surprise.
Il était à peu près sûr que si le gamin était aussi maladroit, c'est qu'il avait gambergé, depuis un moment, à toutes sortes de problèmes qui s'étaient agités dans son cerveau, cerveau qui devait à présent mouliner à cent à l'heure. Il reposa calmement le flacon en verre qui contenait encore cinq noix de muscade et se tourna doucement vers son amant pour ne pas le braquer davantage, peu importe ce qui le tourmentait.
Stiles était à moitié affalé sur la table en train de rassembler une montagne de documents et il dut sentir le regard insistant de Derek sur lui parce qu'il se redressa, l'air contrit et confus, les joues rosées et le regard un peu trop agité. Le trentenaire s'approcha et décida de prendre place sur une chaise alors que l'hyperactif se débattait deux fois plus pour remettre de l'ordre dans tout ce capharnaüm. Derek n'arrivait pas à détourner son regard des grands doigts graciles et pâles qui tremblaient contre les feuillets noircis alors que Stiles tentait de s'excuser en bégayant, et en mâchonnant la moitié de ses informations. Derek était attendri par cette vision. Derrière son air impassible et patient, personne n'aurait pu deviner que Derek était juste en train de fondre à la vue des oreilles rougissantes du jeune homme devant lui. Sa peau se clairsemait de plus en plus de rose et de rouge à mesure que le trentenaire l'observait et ce dernier se faisait véritablement violence pour garder sa maîtrise de lui-même et ne pas renverser son amant sur la table pour lui faire toutes sortes de choses qui l'auraient fait gémir et supplier. Derek avait toujours pensé que Scott avait la première place dans la catégorie "ignorant de son propre charme". L'Hispanique était complètement inconscient de la puissance de son magnétisme animal et de la chaleur envoûtante qu'un seul de ses regards pouvait provoquer. Il suffisait pourtant de voir comment il parvenait à manipuler et subjuguer Stiles en un claquement de doigt pour s'en rendre compte. Scott était un diable déguisé en innocente brebis mais si Derek voulait se montrer honnête avec lui-même, il vous dirait sans détour que c'était lui qui avait perverti l'âme pure de son mari.
Derek était le pire. Et il l'assumait complètement.
Pourtant, cette idée avait changé depuis qu'il avait rencontré Stiles… avec ses yeux bordés d'un long rideau de cils… Et sa maladresse juste parfaitement attendrissante. Il n'y avait vraiment pas de mot pour dire à quel point ce gosse n'avait pas conscience de ce qu'il dégageait à la vue de tout un chacun. Derek en était à la fois offensé et rassuré. Mais c'est ce qui faisait que Stiles était toujours là, à se confondre en atermoiements inutiles, le rendant juste parfait pour son besoin de dorloter et torturer de la plus délicieuse des façons une pauvre âme innocente. Il adorait cette manière qu'avait le môme de toujours lutter du mieux qu'il pouvait contre son désir de se lover entre ses deux amants au point d'en pleurer et miauler. Comme lorsqu'il gémissait sous ses mains, hébété et honteux quand il le...
Derek fronça les sourcils, sortit de ses pensées licencieuses, gêné par le reflet du soleil couchant sur les alliances que Stiles avait autour du cou, celles de ses parents. Derek ne comprenait que trop ce besoin chez Stiles d'avoir un bout de ses parents toujours avec lui, sans pour autant l'accepter. De tous les objets que le carton contenait, ces deux petites choses étaient sans doute les pires aux yeux du trentenaire. Il aurait été le dernier des salauds s'il avait refusé à Stiles de se rendre dans une bijouterie pour acheter une chaîne ou même encore de lui interdire de les porter, mais lui, il avait toujours l'impression d'avoir les yeux réprobateurs des deux fantômes posés sur lui dès qu'il caressait la peau diaphane de leur fils. Il avait même subrepticement l'impression de ne plus être autorisé à penser au jeune homme de cette façon, comme maintenant. Et il grogna, puéril et boudeur, rageant contre des chimères et probablement davantage contre sa conscience que contre des gens qui n'étaient plus de ce monde.
_ Derek ?
_ Mmh ?
_ J'ai quelque chose à demander mais je veux pas que vous pensiez que je… je… D'accord. D'accord. Non, je vous fuis pas. Je vous quitte pas. Vous allez me manquer atrocement mais il faut que je le fasse ! débita Stiles, sur un ton piqué et aigu, alors que tout son stress était probablement vomi dans ce grand n'importe quoi de dialogue.
_ De quoi tu parles ? demanda l'architecte sur la défensive. Les mots fuir et quitter ne lui avaient pas plu du tout.
_ Je...
Stiles ne finit pas sa phrase, surpris par l'arrivée soudaine de Scott qui retirait ses chaussures précipitamment dans l'entrée et s'avançait vers eux en frottant ses mains contre son jean.
_ Qu'est-ce qu'il vous arrive encore ? les taquina-t-il en s'approchant de Derek pour l'embrasser tendrement et lui souffler un « Tout va bien ? »
Derek hocha la tête alors que Scott passait ses doigts dans ses cheveux cherchant son regard pour s'assurer qu'il ne lui mentait et il ne put s'empêcher de sourire à cette constatation. Il passa ses bras autour du dessinateur et le tourna lentement vers Stiles qui semblait encore danser d'un pied sur l'autre.
_ Il s'apprêtait à me le dire, souffla Derek en embrassant le cou et l'épaule de son mari, toujours lové contre lui.
_ Je... Je voudrais que Derek m'aide, qu'il m'aide pour euh... remplir ce dossier pour reprendre mes études…. A Berkeley.
Et alors que Stiles ressemblait à un chiot prêt à se faire punir, craignant sans doute une mauvaise réaction de la part de son amant, Derek ne put au contraire qu'être vraiment ravi par le désir de Stiles de reprendre sa vie en main. Scott lui, était beaucoup moins sur la défensive que lui et rompit brusquement son étreinte pour se pencher au-dessus de la table, les jointures de ses doigts presque blanches autour de la chaise à cause de l'excitation.
_ Tu es sérieux, tu veux vraiment reprendre tes études ? demanda-t-il un grand sourire sur ses lèvres avec l'envie évidente de faire sa danse de la victoire... et quelle danse de la victoire ! Il valait mieux éviter ça maintenant, auquel cas Derek ne pourrait plus se concentrer sur le dossier de Stiles et ce n'était pas le but recherché.
_ Montre-moi ça, demanda-t-il d'une voix douce et rassurante, interpellant alors son jeune amant.
_ Tu es d'accord ?
_ Stiles… C'est ton avenir que tu construis, bien sûr que je suis d'accord. C'est important pour toi, et puis… ce n'est pas comme si on ne pouvait pas acheter un appartement le temps que tu finisses tes études.
_ Oh oui ! C'est une bonne idée ! s'exclama Scott en se tournant vers Derek, les yeux plein de joie et d'amour.
_ Hein ?
_ Ce, ce n'est qu'une éventualité, on aura tout le temps d'étudier nos options, pense juste à toi, ok ? renchérit le dessinateur à la réaction de Stiles.
_ On aimerait beaucoup te garder à proximité, et si tu pars, ça veut dire partir avec toi, avec nos métiers, ce n'est pas impossible, mais c'est toi qui décides, confirma Derek en s'approchant de Scott.
Bien sûr, Derek ne lui dirait pas à quel point l'avenir resterait toujours incertain. Stiles était déjà suffisamment inquiet de tout, tout le temps, pour ne pas qu'il l'enfonce un peu plus dans ses névroses. Alors il préférait juste lui offrir la version de l'histoire la plus rassurante, en attendant qu'il décide de lui-même de ce qu'il voulait pour son avenir. Avec ou sans eux.
Il essayait de ne pas y penser. De ne pas penser au fait qu'un jour Stiles puisse partir, ressentir le besoin de vivre d'autres histoires, loin d'eux, que Scott aurait mal, que lui-même en sortirait blessé. Mais c'est aussi ça aimer, non ?
Accepter la possibilité que l'autre puisse s'envoler.
Le vouloir heureux même si c'était sans eux, même s'il préférait qu'il en soit autrement.
Mais si Derek faisait le point sur l'année qui s'était écoulée, Stiles avait très certainement été le pansement le plus incroyable et surprenant qui puisse être pour les accompagner sur la voie de la guérison alors… peu importait la réponse à cette question. Peu importait l'incertitude de leur avenir, il était prêt… prêt à l'affronter.
Réponse aux reviews:
Akane: Coucou fanfiction génial vraiment agréable a lire et découvrire
Je suis vraiment très heureuse de savoir que cette fic te plais à ce point. Et je te remercie chaudement pour ta review adorable
Elendil: Ahahaha Derek qui entre dans une crise de jalousie à cause d'un mec de 15 ans et Scott qui soutien à 100% son mari, ils me font sourire :) pauvre Stiles qui croit que Scott est sur le point de mourir comme son père, ils passent par toutes les situations ces trois là ;) J'ai hâte de lire la suite :)
Je suis contente de savoir que ce passage t'a fait rire, je me suis vraiment amusée à l'écrire celui là. Et pour Stiles qui a peur c'était une bonne façon de montrer que rien n'est encore tout rose et tout arranger ;) Je suis horrible avec eux, je le sais. J'espère que la suite te plaira toujours autant. Et merci pour toutes tes belles reviews, merci d'avoir suivi cette histoire, ça me touche beaucoup.
UneAnonyme: j'ai vraiment hate de lire la suite! j'adore ton histoire! vraiment! tu as du talent!
Merci pour le compliment, je ne sais pas si je le mérite mais c'est touchant. Ravie de savoir que tu aimes cette histoire et j'espère qu'il en sera de même pour ce chapitre. Merci pour cette review toute mignonne!
Voilà les puppies, la fin de cette histoire. Le point finale de finale.
J'espère que la fin n'aura pas trahie le reste de l'histoire et que vous l'avez aimez. J'ai ms le temps mais promis... il y a tout mon petit cœur dedans.
Comme d'habitude n'hésitez pas à me dire ce que vous en avez pensé, c'est toujours un plaisir.
A bientôt pour de nouvelles aventures!
