Chapitre 7 :
Dans la salle d'interrogatoire, je vis le visage de Julia s'éclairer à mon entrée. Sa réaction me réchauffait le cœur… au moins une personne était heureuse de me voir. De cette deuxième chance qu'elle m'accordait sans le vouloir, j'allais lui montrer que j'en étais digne…. Il fallait que j'assure les conséquences de mes actes et comme l'avait annoncé Alex quelques instants plus tôt, il fallait que je répare les dégâts que j'avais causés. Je m'adressais sans détour aux Assistantes Sociales :
- « On vous demande toutes les deux de l'autre côté… » et je leur montrais d'un signe de tête le miroir fumé.
J'allais procéder à l'interview selon ma méthode, comme je l'entendais. Je l'imposais par la force s'il le fallait. Je n'avais pas besoin de deux coincées étrangères au service pour obtenir des réponses.
Il fallait que j'obtienne des résultats, je savais que j'étais sur la sellette et très surveillée, que la moindre erreur me serait … et lui serait fatale. J'allais jouer franc jeu, droit au but…
Mon instinct professionnel reprit le pas sur mon caractère et mes sentiments. Je me montrais plus sûre de moi, plus confiante, je savais où j'allais, je savais comment m'y prendre.
- « Tu vois … on est entre nous maintenant » lui fis-je avec un clin d'œil complice. « Ca ira mieux, tu verras. » Je marquais une pose pour qu'elle puisse se reprendre et se détendre. « Toutes les personnes qui sont ici veulent t'aider, ne pensent qu'à ton bien. Elles sont toutes ici pour toi … Rien que pour toi. Elles s'inquiètent pour toi et voudraient essayer de te soulager. Tu as ton Docteur qui s'est libérée de tous ses rendez-vous pour ne pas te quitter, il y a moi que tu connais aussi un peu … et tu sais que je suis là pour toi … Et là bas, la jeune femme, c'est Alexandra. C'est mon amie, tu verras elle est très sympa. C'est elle qui te défendra comme elle le peut. … Moi j'arrête les méchants et elle les met en prison pour qu'ils ne fassent plus de mal à personne…. Tu comprends ? »
Elle inclinait la tête en signe de compréhension …
- « Elle est très jolie » murmura-t-elle d'une voix à peine audible.
Alex s'approcha, prit une chaise et s'assit à côté de la petite fille : « Merci, c'est très gentil ».
- « Bon » repris-je rapidement, parce que je ne voulais pas tomber dans le piège de ses mots et d'être distraire en la contemplant « tu sais pourquoi nous sommes là ? »
Elle acquiesça.
- « D'accord. Ça sera un moment très long et très difficile pour toi, à vivre, tu sais. Mais nous sommes là … rappelle toi que c'est toujours pour t'aider, pour comprendre … que si tu as besoin de quelque chose, tu ne dois pas hésiter à le demander … Si tu veux qu'on fasse une pause, si tu veux manger ou boire … Dis nous … N'hésite pas un instant … On avancera à ton rythme, c'est toi qui commandes…
Julia, j'insiste, … ce sera très pénible mais on n'a vraiment besoin de passer par là ! Ca va ?
- Mm hmm. »
J'inspirais un bon coup et me lançais …
- Il y a quelques temps, on t'a emmenée à l'hôpital… Tu te souviens … Et c'est là que nous avons fait connaissance… Est-ce que tu sais pourquoi tu as été envoyée là-bas … Pourquoi, je suis venue ?
- Oui » Elle parlait si faiblement que j'avais du mal à entendre. Alexandra devait se pencher pour bien tout comprendre.
- Quand je suis rentrée pour la première fois dans ta chambre, tu étais couverte de bleus, tu avais du mal à te déplacer et à respirer… Maintenant ça va un peu mieux, je vois … Tu as encore mal, je suppose … surtout sur les côtés.
- Oui ça fait encore très beaucoup mal…
- Je sais ma puce, on te donne des petits médicaments pour que tu ne souffres pas trop et que tu guérisses vite. Mais … Ce que je voulais savoir,… ce qu'on voudrait savoir c'est … Qu'est ce qu'il s'est passé ? … Tu peux nous le dire ???
Julia baissa les yeux et regardait ses genoux.
- J'ai été méchante … alors on m'a punie… » répondit-elle doucement.
- « Ecoute ma chérie » Alexandra reprit la parole « Personne n'a le droit de faire du mal à un enfant, quoiqu'il ait fait, même s'il a été très méchant. Tu n'as pas mérité ça … tu ne dois pas avoir peur de parler …
- Si, si … j'ai été très méchante … je n'ai pas voulu obéir … je n'ai pas voulu … » Elle commençait à pleurer « je ne voulais pas … il voulait me faire faire des choses horribles … et je n'ai pas voulu … j'ai été vilaine… il m'a punie…
- Tu le connaissais, le monsieur ?
- Non … il est venu me chercher à l'école … il a dit que ma maman ne viendrait pas, qu'elle était très occupée, qu'il devait me ramener à la maison.
- Il t'a dit comment il s'appelait ?
- Oncle Bill. Il a dit qu'il était de ma famille … mais je ne l'avais jamais vu… Il connaissait le nom de ma maman, de mon petit frère … Il savait que je n'avais plus de papa… Je l'ai cru.
- D'accord, continue ma puce … c'est très bien … tu te débrouilles très bien », je la félicitais pour l'encourager à poursuivre son récit, qu'elle sente qu'on le soutenait.
- « Dans la voiture, il a changé … Il était très gentil devant l'école, il m'a donné des bonbons piquants … les citrons rouges … C'est très fort, ça pique et puis après on a la langue toute rouge … Puis après, il est devenu très très méchant…
Il m'a dit que je ne devais pas bouger, que je devais rester sage … que j'avais été une vilaine petite fille … que ma maman se débarrassait de moi parce qu'elle en avait marre de moi… Que j'étais difficile,… que je ne travaillais pas bien à l'école … et que ma maman préférait mon petit frère et qu'elle voulait le garder lui tout seul… » elle renifla, tentant de retenir ses sanglots. « Il me disait plein de choses méchantes, je voulais pas le croire … Mais il n'arrêtait pas … Il savait tout …
Alors j'ai pleuré et j'ai crié … Et il m'a donné une grosse baffe… si fort que je me suis cognée à la vitre. …J'ai eu très mal ... il m'a dit que je devais me taire … qu'il allait me frapper plus fort encore si je continuais… » Elle était secouée de soubresauts, ses mains se crispaient sur ses genoux, froissant son pantalon, elle le serrait très fort, à en blanchir les jointures de ses doigts. Des larmes s'échappaient de ses yeux.
- « Ca a recommencé … mon autre famille m'a abandonnée … de la même façon … mais j'avais tout fait pour qu'elle me garde … tout, j'ai été très gentille … toujours … j'ai aidé ma maman pour faire à manger, pour la vaisselle … je m'occupais tout le temps de mon petit frère… J'ai tout fait pour qu'elle me garde … Pourquoi … encore … je suis si vilaine ??? Pourquoi ils m'abandonnent toujours ??? »
Ses larmes ne s'arrêtaient plus de couler, elles dessinaient des traces sur ses joues gonflées de chagrin. Elle essuyait de temps en temps ses yeux rougis… Le docteur s'avança et lui tendit un mouchoir. Avec un autre, elle l'aidait à essuyer son visage…
- « Ca va aller, ça va aller, on va s'occuper de toi … tu es dans de bonnes mains … » lui dit-elle en me regardant.
Pauvre gamine enlevée deux fois et avec le même modus opurendi. La vie pouvait être si cruelle parfois ! Vivre deux fois cette situation terrible, ressentir deux rejets, deux abandons…
- « Il t'a menti, ma puce, tu es très gentille. Tu es douce, tu aides ta maman, ton petit frère, tu fais la cuisine, tu sais faire plein de choses … Il t'a dit toutes ces choses pour que tu ne cries pas et que tu fasses tout ce qu'il voulait … il voulait te faire croire que c'était toi la méchante … pour te faire croire que tu méritais une punition et que tu lui obéisses… Tu n'y es pour rien … vraiment rien, … », j'essayais de la consoler … mais mes mots étaient vains face à tant de blessures profondes. Il fallait qu'on continue sur notre lancée … elle parlait, elle nous racontait tout, il fallait qu'on en sache davantage.
Je devais malheureusement profiter de son besoin de réconfort et de confiance pour qu'elle vide son sac, qu'elle nous explique tout ce qu'elle savait … afin qu'on ait une chance de poursuivre l'enquête, de récolter des indices et d'arrêter le violeur.
- « Si je te montre une photo, tu pourrais le reconnaître ?
Tu peux me le décrire, Tu peux me dire comment il est ?
On va commencer par sa taille … alors dis moi, il est grand comment ? Regarde nous on se lève… il est plus grand ou à la même taille que l'une de nous ?
- Plus grand encore …
- Ecoute Julia, j'ai un ami, de l'autre côté. Il est très gentil, il est papa de 4 enfants, tu sais, je t'avais parlé de sa famille à notre première rencontre. Il s'appelle Elliot… Je vais avoir besoin de lui … Est-ce qu'il peut rentrer ici quelques secondes, … que tu le vois et que tu me dises s'il est plus grand ou plus petit que l'autre monsieur. »
Bien qu'elle s'enfonçait dans son siège et dans les bras de la doctoresse, elle fit un signe de tête. Elle était vraiment courageuse.
Je me tournais vers la vitre et entendis du mouvement. Quelques instants plus tard, quelqu'un frappa à la porte.
- « Tu es prête ? »
Elle me fit signe que oui. Je me dirigeai vers la porte et l'ouvris, je sortis la tête et souris à mon collègue, qui ne me le rendit pas. Il avait retiré sa veste, gardé sa chemise, baissé ses manches pour cacher ses tatouages et ne pas effrayer la petite. Il entra :
- « Salut », lui dit-il de sa voix la plus douce. Il lui fit un signe de main et lui souriait aimablement. Un sourire franc et gentil qui mettait en confiance. Souvent, dans certaines affaires, les enfants se tournent plus volontiers vers Elliot. Il possède un charme qui agit déjà sur les plus jeunes. Il sait les écouter, se montrer attentif. Il est d'un naturel si doux, si protecteur. Ils se jettent souvent dans ses bras à la recherche d'un peu de réconfort. Elliot me fait penser parfois, à un énorme nounours, fort, costaud et tendre à la fois. Et je crois que c'est comme ça qu'ils le voient.
Il était vêtu d'une chemise bleu ciel, boutonnée jusqu'au cou. Il avait renoué sa cravate pour faire bonne impression, déplié ses manches de chemise afin de cacher ses tatouages… Il avait pensé à tout pour ne pas apeurer Julia.
Mais elle était effrayée par habitude, elle se colla davantage contre le docteur Miguel et hocha la tête. Alexandra s'approcha et demanda :
- « Ils ont la même taille, tu crois ?
- … Oui … mais l'Oncle Bill n'est pas aussi fort que lui… il est … euh … un peu plus mince que lui … moins de muscles … là. » Et elle montra ses propres biceps.
C'était étrange de l'entendre encore le nommer avec un terme aussi familier après tout ce qu'il lui a fait.
- « Merci Elliot », lui dis-je.
- « Non attends, … Julia … les cheveux ? les yeux ? les vêtements … tout ça … tu peux encore t'en rappeler ? »
Elle acquiesça, il rajouta :
- « On commence par les cheveux, tu veux ? » Elliot prenait les choses en mains, il voulait imposer sa présence pour je ne savais quelle raison … « Tu attends 2 secondes, je reviens » et il sortit.
J'interrogeai Alex du regard, peut être y comprenait-elle quelque chose mais à son air perplexe, elle se posait autant de questions que moi.
On refrappa à la porte et sans attendre de réponse, Elliot rentra avec les bras chargés d'un énorme carton.
- « Voilà, j'ai pris ce qu'il faut … je peux déposer ceci sur la table ? … Tu vois, j'ai un peu mal au dos … Dickie m'a sauté dessus ce matin et … je l'ai mal réceptionné » lui dit-il en riant.
- « D'accord » Elle semblait plus intriguée par ce que contenait le carton plutôt que pas l'Inspecteur. Sa curiosité avait pris le pas sur sa peur.
- « Bon, on continue alors … Est-ce qu'il avait les cheveux comme ça … » Et il sortit de sa boite une perruque avec de longues tresses jamaïcaines sur laquelle était cousu un petit bonnet reggae. Puis il s'affubla de ce couvre chef. A le regarder en chemise cravate, sérieux, poser avec un air snob et porter une telle coiffe, il y avait de quoi mourir de rire … Et on n'attendit pas longtemps, justement, le rire de la petite Julia.
- « Ha ha ha ha ha … non … non … ha ha ha … pas comme ça …. Ha ha ha ha. Il avait les cheveux plus courts, beaucoup plus courts, au-dessus des oreilles.
- Haaaaa OK, je crois que j'ai ce qu'il faut … »
Il rangea les tresses et sortit une autre petite boite bleue. Pendant un moment, j'ai cru que ce qu'il en retirait était un énorme Poisson Lune gonflé séché. Il posa cette chose immonde sur la tête et je reconnus aussitôt les caractéristiques du punk et de ses piques noires et argentées.
Julia ne put se retenir, elle pouffa et faillit s'étrangler.
C'était incroyable de voir le charme d'Elliot agir même dans les situations les plus critiques.
Il essaya d'autres perruques plus ridicules les unes que les autres : des crêtes rouges, des queues de cheval, des bonnets, des chapeaux …
- « Non … nooon … plus plats ses cheveux, gris …. Et blancs … avec une ligne sur le côté aussi…
- D'accord… Je vais revenir avec un ordinateur portable … Il y a un programme avec tous les types de coiffure… la couleur des yeux ... Est-ce qu'il portait une moustache, une barbe, des lunettes peut être ? »
Elle fit un signe négatif de la tête.
- « Très bien, tu te débrouilles comme une vraie petite championne … Si on pouvait s'entretenir avec des témoins comme toi tous les jours, on travaillerait nettement plus vite… »
Et pour la 2ème fois en une heure, il ressortit. Je me retournai vers Julia.
- « Tu veux quelque chose à boire ou tu veux manger quelque chose ?
- Oui, un coca … s'il vous plait …
Il est gentil Elliot ! » me confia-t-elle spontanément. « Il est très gentil et très drôle ».
Elliot revint, avec sous le bras gauche, un PC portable et sous l'autre bras, une bouteille de coca fraîche et dans la main des verres.
- « J'ai aussi une barre de chocolat au lait dans la pochette de ma chemise … Tu veux bien me la prendre avant qu'elle ne fonde ? »
Il allait beaucoup trop vite. Je commençais à comprendre son manège : il essayait de d'habituer la petite fille à la présence d'un homme.
Mais j'avais peur qu'avec le retour positif de ces dernières minutes, il ne grille les étapes et qu'il ne l'effraie.
Elliot se pencha un peu plus à la hauteur de Julia, elle se releva lentement de sa chaise et avança prudemment vers le policier. Elle prit délicatement le chocolat puis retourna s'asseoir. Elle déchira l'emballage et croqua une grosse bouchée.
- « Ch'est bong … Merchi … » dit-elle la bouche pleine.
- « Je suis content que ça te plaise » Il s'approcha de la table innocemment, déposa la bouteille et versa la boisson dans cinq verres. Il remit cérémonieusement les verres à chacune de nous, en ponctuant d'un joyeux « Madame ».
Il n'y avait pas que Julia sous le charme d'Elliot, Alexandra et Anna ne le quittaient pas des yeux et souriaient constamment. Il savait y faire. Il avait détendu l'atmosphère, il avait apporté un brin d'ait frais et gai en un rien de temps. Mais son attitude face aux autres, sa façon de gérer cette enquête et le fait qu'il continuait à m'ignorer, tout me pesait. J'étouffais parce qu'il maîtrisait mieux que moi la situation, qu'il obtenait des résultats positifs et qu'en plus, il se permettait de me donner une leçon sur mon terrain.
Comme si de rien n'était, avec un naturel confiant, il s'installa à notre table, déposa l'écran portable et alluma le programme.
- « Ca ne prendra que quelques secondes…. Voilà … » Il fit glisser la souris, ouvrit un fichier et s'approcha un peu de la petite.
- « Regarde … Là tu as toutes les formes du visage … des carrés, des triangulaires, des ovales, des peaux foncées, plus claires, plus pigmentées … On va commencer par ça ; par lui donner une forme et une couleur. D'accord ?...
- Il a visage comme lui là, rond … il est comme nous ; blanc.
- Ok, j'entre les données … les cheveux maintenant … Avec ce que tu m'as dit tout à l'heure, ça doit être comme ça, non ? Tu trouves que ça y ressemble ?
- Non … plus plats, … non … plus courts encore … Comme lui mais plus de cheveux et plus … plus clairs.
- Moui …. Hmm mm … Ses yeux maintenant … tu te souviens de la couleur de ses yeux ?
- … Euh …. Noirs, très noirs.
- Noirs … attends je vais voir s'il y a quelque chose qui correspond à ça … Ca doit être brun foncé… mais avec beaucoup de sourcils certainement … ça obscurcit… je vais les épaissir … voilà.
- Oui ! Il lui ressemble … mais ses yeux sont plus petits … comme ceux d'une taupe … ils sont comme enfoncés dans leur trou…
- Des petits yeux …ok …
- Son nez est plus gros … le même que M. Patate … là celui-là.
- Dis donc il ressemble à Clinton ton bonhomme-là…
- Qui ?
- L'ancien président … Ce n'est pas grave …
Sinon, tu peux me dire si tu te rappelles s'il est tatoué, s'il a des cicatrices ou des piercings ? Quelque chose de plus ou de pas habituel. »
Julia ferma les yeux, essayant de se remémorer ses souvenirs, des détails qui pouvaient lui remonter en mémoire. Elle se concentra assez fort, vu ses doigts qui se crispaient de plus en plus.
- Ecoute, ce n'est pas important … tu …
- Sur le haut de son épaule, le coin, juste là » et elle toucha le muscle d'Elliot... « Il avait un cinq et un deux écrits en chiffres comme une calculatrice ... puis au dessus la tête d'un chat ... un chat mauve ... avec de loooongues moustaches.
- Excellent … C'est tout ? Tu peux me dire autre chose encore ???
- Non, plus rien …
- T'es un Amour … Tu as été formidable. » Et Elliot lui ébouriffa ses cheveux. Elle riait. « Je vais te laisser ma puce, j'ai beaucoup de travail maintenant, avec tout ce que tu m'as donné… Mais grâce à toi, ça ira beaucoup plus vite, je sais où aller. Merci beaucoup, tu as fait tout ce qu'il fallait. »
Elle lui sourit, elle se sentit grandie. Il la considérait comme une adulte et ça lui plaisait énormément. Elle se maintenait plus droite sur sa chaise pour se donner plus d'importance. Elle était vraiment mignonne.
Elliot repartit comme il était venu, discrètement.
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