Disclaimer : Encore merci à JKR d'avoir créé de tels personnages…
Et surtout merci à tous mes reviewers, les fidèles et les anonymes : vous êtes extrêmement importants pour moi, merci mille fois…
Avertissement : l'histoire est un slash !!
Mood : Love is a Battlefield, de P. Benatar
7. Love is a Battlefield
Soudain, ils entendirent des craquements près d'eux. Malefoy se releva rapidement. Après l'orgasme qui venait de le ravager, Harry fut moins prompt. Il se rhabilla difficilement et essaya de se redresser, encore à moitié entortillé à l'arbre.
Face à eux arrivaient Crabbe et Goyle, essoufflés. Ils vacillaient légèrement, hilares. Visiblement, ils avaient bu quelques bièraubeurres de trop.
« Alors, Drago, qu'est ce que tu fous ? On t'attend et on se les caille.»
Voyant Harry se relever, ils s'esclaffèrent : « Ben dis donc, qu'est ce que tu lui as fait ? On peut s'amuser, nous aussi ? ».
Ils commencèrent à tourner autour de lui, le poussant de l'un à l'autre, s'amusant avec lui comme avec un punching-ball.
Harry grogna : « Laissez-moi, salopards. Foutez le camp. »
« Dis donc, Potter, on va t'apprendre la politesse… » répliqua Goyle en lui flanquant un coup de poing sur la bouche, qui éclata sa lèvre supérieure. Fou de rage, Harry se précipita sur lui et le fit tomber lourdement à terre. Ils commencèrent à se battre.
Crabbe sortit sa baguette et cria :
« Arrête Potter !! Lâche le ou tu vas le regretter ». Harry obéit, à contrecœur.
Goyle se releva rapidement et sortit également sa baguette : « Tu vas voir, tu ne perds rien pour attendre…qu'est ce que tu dirais d'un petit sort impardonnable ? Lequel tu préfères ? »
Harry, affolé, regarda Malefoy. Celui-ci n'avait pas bronché depuis le début de l'altercation. Blême, le visage fermé, il détourna les yeux.
Crabbe reprit : « Qu'est ce que t'en penses, Drago ? Quel sort tu verrais pour lui ? »
Malefoy hésita, et ne répondit pas. Il posa à nouveau ses yeux sur Harry, avec une moue dégoûtée, et Crabbe rugit :
« Endoloris ! »
Harry fut saisi par une douleur intense, insupportable. Il se tortillait par terre, serrant les dents. Il avait l'impression que tous ses organes étaient déchirés de l'intérieur. C'était intolérable, il aurait préféré mourir sur place, pour que çà s'arrête.
Sur un ordre rapide de Malefoy, Crabbe interrompit le sort et Goyle en profita pour s'avancer vers Harry et le roua de coups de pied.
Dans un brouillard de sang Harry regarda à nouveau Malefoy, le suppliant du regard. Ce dernier l'observait, sourcils froncés, puis tourna la tête vers ses complices et annonça froidement :
« Bon, Messieurs, je crois qu'on s'est suffisamment divertis. Si on l'esquinte trop on va avoir des ennuis. Rentrons maintenant. »
Raide, il ajouta à l'attention d'Harry : « Je te conseille de vite oublier ce qui s'est passé ce soir, Potter. D'ailleurs, il ne s'est rien passé, n'est-ce pas ? » ajouta-t-il avec un rictus.
Il se retourna et s'éloigna tranquillement, suivi par ses acolytes.
Harry essaya de se redresser, mais sa tête tournait trop et il s'évanouit.
Au bout d'un temps indéterminé, il se sentit soulevé. C'était Ron et Neville, qui le transportaient à travers les bois. Ron maudissait ceux qui avaient fait çà, promettant de leur faire payer au centuple ce qu'ils avaient fait subir à Harry. Ce dernier avait l'impression d'être enfermé dans du coton, incapable d'entendre les bruits et de voir correctement. Il ne souffrait pas vraiment, il se sentait comme anesthésié, hors de la réalité.
Parfois il entrevoyait une branche, ou un morceau de ciel obscur. Des étoiles. Il avait mal partout. Sa tête explosait, et son cœur lui paraissait lourd comme une pierre.
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Lorsqu'il se réveilla le lendemain matin à l'infirmerie, il avait l'impression d'avoir été roué de coups. D'ailleurs, songea-t-il amèrement, ce n'était pas une impression : il avait été roué de coups.
Son bras était entouré d'un bandage, et immobilisé. Son genou le faisait également souffrir, sans qu'il puisse dire s'il était capable de le plier ou non.
Il passa une main sur son visage et grimaça : sa bouche était tuméfiée, et son nez n'était pas en meilleur état. Il avait mal partout.
« Voyons comment çà va, ce matin, Harry » dit Mme Pomfresh en s'approchant de lui. Elle lui sourit et s'assit au bord de son lit. Elle prit sa température, et lui donna une potion amère à boire. Elle tapota doucement son épaule et lui dit, d'un ton un peu triste :
« Je ne pensais pas vous revoir si vite, Harry. », avec une nuance de reproche.
Harry ne répondit pas. Tout s'était enchaîné si vite qu'il avait l'impression que ses visites nocturnes à Malefoy s'étaient déroulées dans une autre vie, quelques années lumières plus tôt.
Avant que, pour quelque raison obscure, il s'inquiète pour son ennemi. Avant qu'il rêve d'un appel. Quand ses splendides certitudes avaient commencé à s'écrouler.
Elle vérifia son bandage et soigna avec délicatesse son visage tuméfié. Harry observait les arbres, par la fenêtre. Il ne fallait pas qu'il s'appesantisse sur sa douleur. Tout cela n'avait pas d'importance, fondamentalement. Ce n'était qu'une péripétie de plus dans sa lutte contre les Mangemorts. Il en avait vu d'autres.
Puis elle sortit, promettant de revenir bientôt.
Resté seul, Harry crispa ses doigts sur sa couverture en repensant à ce qui s'était passé. La douleur s'atténuait, et les souvenirs lui revenaient, en force. Il avait été battu à plates coutures par ces idiots. Si seulement il avait pu attraper sa baguette avant eux…ces deux-là étaient incapables de se battre correctement, d'habitude.
Merlin, il détestait ces deux imbéciles.
Deux ? Il repensa à l'attitude de Malefoy et son cœur se serra. Comment avait-il pu rester impassible après ce qui s'était passé entre eux, quelques minutes avant ? Ils avaient été si proches…
Il chassa vite ce souvenir gênant de sa mémoire. Il était révolté d'avoir été abusé de la sorte. Décidément, ce serpent était encore plus malfaisant qu'il ne le soupçonnait.
Il sentait la colère l'envahir ; cette fois, il lui ferait payer, et peu importait les conséquences…Il avait envie de le frapper, encore et encore, de pulvériser cet air indifférent, cette prestance énervante…il rêvait de le voir gémir, à terre, tandis qu'il lui flanquerait des coups de pied.
Sa rage le faisait trembler et lui faisait presque monter les larmes aux yeux.
Soudain, la porte s'ouvrit et Ron et Hermione entrèrent d'un pas vif. Hermione se précipita pour lui passer les bras autour du cou, mais elle interrompit son geste en voyant qu'Harry amorçait un mouvement de recul. Elle s'assit à côté de lui :
- « Oh Harry ! On a eu tellement peur…qu'est ce qui s'est passé ? »
Harry hésita : « C'est Crabbe et Goyle…ils m'ont.. .tabassé.» Il parlait difficilement.
- Pourquoi tu ne t'es pas défendu ? demanda Ron.
- Je ne les ai pas vu arriver, ils étaient déjà sur moi quand j'ai essayé de me défendre.
- Les salauds !! mais pourquoi ils ont fait çà ?
- Réfléchis, Ron !! s'exclama Hermione, c'est à cause du sort qu'Harry a lancé à Malefoy. Il a de la chance d'avoir une garde rapprochée pour le défendre !! Il ne s'est même pas sali les mains dans cette histoire, je parie. Est-ce qu'il était là aussi ?
- Non, mentit Harry en rougissant.
- On pourrait en faire autant !! Attends, on va s'occuper de ces dégénérés ! gronda Ron.
Ron, tu crois vraiment que c'est la bonne solution ? Oeil pou œil, dent pour dent, c'est pas de la justice, c'est de la basse vengeance. C'est idiot. Il faut immédiatement tout raconter au professeur Dumbledore. Il saura punir ces vermines, conclut Hermione.
Elle serra doucement la main d'Harry : « Harry, repose-toi. On s'occupe de tout. » Ron acquiesça vivement.
Lorsqu'ils disparurent, il s'interrogea : Avait-il eu raison de mentir ? Pourquoi avait-il fait çà ? Etait-il à ce point sous son emprise ?
En fait, la vérité lui apparut beaucoup plus simple : comment justifier que le Serpentard et lui avaient passé un long moment seuls, avant le retour de Crabbe et Goyle ? Comment répondre aux éventuelles questions à ce sujet ? Il pria pour que ces imbéciles n'aillent pas le contredire. Il ne voulait pas ajouter cette honte supplémentaire à ses ennuis.
D'ailleurs, en y réfléchissant, Malefoy ne l'avait pas frappé, à aucun moment. Ce n'était même pas lui qui l'avait attaché à l'arbre, au début.
Il n'avait tout simplement rien fait pour le défendre. Harry revoyait son visage froid et inexpressif et sentit une lame glacée transpercer son coeur.
Il n'avait rien fait, rien dit.
Il renifla bruyamment et essuya ses yeux d'un revers de manche. Une fois de plus il se trouvait ridicule. Beaucoup trop naïf. Qu'avait-il donc imaginé, depuis le début ?
En vérité il était déçu plus qu'il ne voulait se l'avouer. Il se sentait trahi.
Quand Mme Pomfresh entra à nouveau dans l'infirmerie et le vit dans cet état, elle pensa qu'il souffrait énormément de ses blessures et alla rapidement chercher une fiole. Elle en mit sept gouttes dans un verre et ordonna à Harry de tout boire.
Il sombra rapidement dans un sommeil profond.
Dans ses rêves il se battait avec quelqu'un, sous le regard goguenard de Rogue et de tous les professeurs. Les coups qu'ils échangeaient semblaient brutaux mais en fait ils étaient presque indolores pour Harry. C'était un soulagement de combattre, comme une délivrance. Il n'attendait que çà. Depuis longtemps.
Etait-ce un jeu, une simulation ? Il ne comprenait pas les règles de cet affrontement, alors il était obligé de continuer à combattre, encore et encore. Il savait qu'il ne pourrait pas s'arrêter tant qu'il n'aurait pas compris. Il soupçonnait l'autre de connaître la vérité, mais de la lui cacher soigneusement.
Ce qui le troublait le plus c'était qu'il ne voyait pas le visage de son adversaire car il portait un masque. D'ailleurs il n'était même pas sûr que ce fût toujours la même personne.
Quel était le but du jeu ?
A chaque fois qu'il se réveillait, fiévreux, il avait l'impression de toucher au but. Il était sur le point de comprendre, mais il se rendormait avant.
Des bribes de conversation lui revenaient : « il paraît que c'est très douloureux, quand les plaies se referment – c'est trop tard, beaucoup trop tard – laisse-moi faire, c'est bientôt fini – moi non plus, je ne voulais pas – il ne s'est rien passé », sans qu'il sache très bien qui avait dit quoi, et pourquoi. Tout s'emmêlait. La solution était là, quelque part, derrière les mots. Les gestes ne voulaient rien dire.
Il faisait presque nuit à son réveil. Il eut un coup au cœur en apercevant une silhouette à la fenêtre, près de son lit.
A suivre…
Merci de m'avoir lue, et d'avance merci de me donner de votre temps pour une petite review….
