Il étaitunefois

Chapitre 7: Won't Go Home Without You

- Sirius -

Demy King n'est pas une fille comme les autres. Elle met des jupes trop courtes, des décolletés trop profonds, des talons trop hauts ; mais ce n'est pas pour draguer, c'est pour provoquer. Ses yeux sont trop grands, ses lèvres trop fines, ses cheveux trop noirs, ses ongles trop courts, ses seins trop petits ; mais chez elle c'est magnifique. Elle est l'allégorie de la douleur, de la colère, de l'indiscipline, de l'indépendance, de la rébellion, du désir. Elle est comme la rose du Petit Prince, rouge et impétueuse, brandissant fièrement ses épines devant l'adversité, tellement inconsciente de sa fragilité. Elle n'est pas gentille, elle n'est pas condescendante, elle n'est pas altruiste, elle n'est pas brillante, elle n'est pas drôle, elle n'est pas raisonnable. Je l'aime comme un fou.

-Vous êtes re-ensemble ? Avec Demy ?

C'est James qui a posé cette question. Étrangement, je ne sais pas quoi lui répondre. Ça dépend de ce qu'il appelle « être ensemble ».

-Probablement.

Mon meilleur ami fronça les sourcils, irrité par mon apparente distance.

-Quoi, probablement ? Ça veut rien dire, ça ! Et puis c'est quoi ce regard ? Qu'est-ce qui t'arrives, merde !

J'allais répondre lorsqu'une main se glissa dans la mienne et une voix chuchota à mon oreille :

-Johnny et ta brune sont dans le bureau de Dumbledore. Je crois qu'ils vont être renvoyés.

Je passai mon bras autour de sa taille. J'avais eu tellement de mal à lui faire avouer les noms de ceux qui l'avaient attaquée – elle n'avait pas voulu me dire ce qui s'était passé -, que c'était déjà une petite victoire sur nos ennemis. Nos ennemis. Je lui avais promis de combattre avec elle. Si c'était ça être ensemble, la soutenir, l'aimer, la protéger, alors bien sûr que nous étions ensemble. Si c'était pouvoir la mettre dans mon lit quand je voulais, alors nous n'étions pas ensemble.

James, Remus et Peter la regardaient d'un air soupçonneux. C'est normal, ils voulaient me protéger. Mais j'étais allé bien trop loin pour être encore en sécurité. J'ai senti qu'elle allait s'énerver alors je suis intervenu :

-Les mecs, vous nous laissez une minute ?

Ils acquiescèrent à contrecœur et nous laissèrent seuls dans le dortoir. Demy enleva sa main de la mienne et alla s'allonger sur mon lit, les yeux fixés sur le plafond, sourcils froncés.

-C'est normal qu'ils te fassent pas confiance… commençai-je en m'appuyant au baldaquin. T'es tellement secrète.

Elle se redresse et me lance, agressive :

-Ah, parce que tu crois que si je leur montre la marque des ténèbres sur mon bras ils me feront plus confiance ?!

-Mais merde, tu sais bien que c'est pas c'que j'veux dire, mais si tu leur montrait…

-Leur montrer quoi, Sirius ?! hurle-t-elle.

Elle déboutonne sa chemise à toute vitesse et l'arrache à son corps, dévoilant son torse pâle et son soutien-gorge blanc. Elle descend du lit et vient se planter devant moi.

-Leur montrer quoi ? La marque de Voldemort ? Non, alors quoi ? Mes cicatrices ? Tu préfères celles de Rosier ou celles de mon oncle ?!

-Arrête !!

Je la prends par les épaules et la plaque brutalement contre le baldaquin. J'écrase mes lèvres contre les siennes, ma langue s'insinue violemment dans sa bouche. Le baiser ne dure que quelques secondes.

-Je déteste ces marques. Je veux pas que tu leur montres. Ce que je veux que tu leur montres, c'est que tu te bats contre Voldemort, et Rosier, et ton oncle. Que tu te bats pour nous.

-J'ai rien à leur prouver.

-Alors prouve-le moi, fais-le pour moi. Dis-moi que tu te bats pour nous.

Elle baissa les yeux. Je relevai doucement son menton.

-J'en ai besoin, Demy.

Elle déposa doucement ses lèvres sur les miennes. Mes cheveux se hérissèrent sur ma nuque lorsque nos langues s'effleurèrent. Je me sentis fondre, tomber, je me raccrochai au baldaquin. La sensation de nos deux corps plaqués l'un contre l'autre nous arracha à tous deux un gémissement d'extase. Sa bouche bougeait contre la mienne et j'avais l'impression que ma vie s'était arrêtée à cet instant, que plus rien ne comptait pourvu que Demy restât dans mes bras. Notre baiser était doux et triste, empreint de désespoir et de passion, nous nous accrochions l'un à l'autre pour ne pas tomber dans le précipice.

-S'il te plaît, dis-je tout bas pour que ma voix ne se brise pas, dis-moi que notre « nous » existe encore…

J'enfouis ma tête dans son cou, je respire le parfum de ses cheveux mêlé à celui de sa peau, un parfum un peu acide, enivrant, qui me fait tourner la tête et dont je voudrais remplir mes poumons tout entiers. Elle embrasse le coin de mes lèvres, m'attire vers mon lit. Je n'ai que la force de la serrer contre moi, de m'enivrer de son odeur, de l'aimer à perdre la raison.

C'est le courant d'air sur mon corps nu qui me réveille. J'allume la lumière, sans faire de bruit parce que je n'ai pas besoin de regarder le réveil pour savoir qu'on est au milieu de la nuit.

-Je veux pas que tu y ailles, dis-je dans le noir.

La voix de Demy me répond, proche :

-Tu sais que ce sera pire si je n'y vais pas.

Je me lève, toujours nu comme un vers, je m'approche d'elle.

-Alors je viens.

-Non !

La panique a pointé dans sa voix.

-Il va te tuer si tu viens, il saura tout, il voudra te tuer…

-J'm'en fous, je nous défendrai. Je veux pas que tu sois blessée, que tu souffres, je ne veux pas d'autres marques sur ta peau.

-Ça ne sert à rien ! Sirius, je t'en prie, il n'y a rien d'autre à faire pour l'instant… Laisse-moi y aller. Pour nous. Laisse-moi me battre pour nous.

Je la prends dans mes bras.

-C'est pas une bataille, c'est un sacrifice…

-Un jour on pourra riposter, un jour on aura les armes…

Elle m'échappe, disparaît. Je frissonne dans le courant d'air. Les yeux de James me fixent dans le noir, brillant comme ceux d'un chat.

-Appel de Mangemort… je murmure à son intention.

L'impuissance va m'empêcher de dormir toute la nuit. Mais je sais que Demy ne sera pas de retour avant l'aube, et l'attente est la seule chose à faire.

- Demy -

J'ai pensé à me suicider. Hier soir. Lorsque la douleur m'avait fait perdre l'esprit, lorsque je ne me sentais plus que l'instrument du mal. Je me suis dit que c'était peut-être le meilleur moyen de se battre. Mais j'avais dit à Sirius que je me battrais pour nous, alors je n'ai rien fait. J'ai rampé sur le sol de Pré-au-Lard, aux pieds d'Evan Rosier et sous ses ricanements. J'ai claudiqué jusqu'au château et j'ai dû éviter les filles de mon dortoir en entrant dans la salle de bain. Les yeux de Sirius étaient rongés par l'inquiétude lorsque je l'ai rejoint dans la Grande Salle. Je n'ai rien pu avaler, je n'ai pas pu le consoler, parce que je savais que je ne supporterai plus ça très longtemps. Or, le seul moyen d'arrêter les rendez-vous avec Rosier, c'était d'accomplir ma mission. La mission que Lord Voldemort m'avait confiée.

Le professeur McGonagall s'avança vers nous, comme toujours tirée à quatre épingles. Elle tenait un long parchemin dans ses mains.

-En tant que directrice de votre maison, annonça-t-elle, je vais vous annoncer si vous êtes acceptés en septième année ou si vous êtes recalés. Un frisson parcourut la table.

-Bardem John : recalé en potions et en métamorphose. Vous allez devoir repiquer John, désolée. Bardem Julie : acceptée. Black Sirius : accepté.

Un grand sourire étira les lèvres de Sirius.

-Bisbee Amanda : acceptée. Doo Fanny : acceptée. Dory Paul: accepté. Evans Lily : acceptée.

La liste s'étira infiniment jusqu'à :

-Kanders Edward : accepté. King Demenda : recalée en défense contre les forces du mal.

Je poussai un gros soupir et baissai les yeux.

-Cependant, ajouta McGonagall, votre professeur part en retraite et le nouveau titulaire, le professeur Quantus, a accepté de vous prendre dans son cours de septième année si vous rattrapiez votre retard pendant les vacances.

Sirius sauta de joie :

-C'est génial !! Je vais te donner des cours et tout ira bien !

Il m'embrassa tendrement et McGo eut presque un sourire alors qu'elle corrigeait sa liste.

-Très bien, donc Miss King : acceptée. Kreutzer William : recalé dans toutes les matières. J'espère que vous avez d'autres projets monsieur Kreutzer. Lupin Remus : accepté.

Le visage de Remus s'éclaira et ses amis lui envoyèrent des bourrades dans les épaules.

- De Nemours Orion : accepté. Ontario Camille : recalée en histoire de la magie. Pettigrew Peter : accepté de justesse. Peter, faites attention l'année prochaine. Pettyfer Alex : recalé en potions. Potter James : accepté.

Les maraudeurs s'échangèrent des bourrades amicales en riant. Ils passaient en septième année, ils étaient en vacances. Sirius me serra fort dans ses bras.

Il est très tôt et pourtant des rais de lumière illuminent déjà l'horizon. Assise sur le rebord de la fenêtre, je laisse l'air tiède de l'aube caresser ma peau à travers le fin tissu de ma chemise de nuit. Je sais que dans quelques heures je fais ma valise et je transplane pour le manoir des King pour deux mois à passer entre mon oncle et le seigneur des ténèbres. Je fixe le soleil levant, qui annonce une belle journée et qui me donne envie de sauter par la fenêtre.

-Je t'interdis d'y aller.

-On a déjà eu cette discussion, je réponds sans même tourner la tête.

Si je ne voulais pas qu'il remarque mon angoisse, c'est raté. J'ai la gorge tellement nouée que je peux à peine parler et mon cœur cogne à réveiller tout le dortoir.

-Si tu crois que je vais laisser tu-sais-qui te torturer pendant deux mois…

J'ouvre la bouche, je voudrais lui expliquer pour la millionième fois que s'il vient avec moi au manoir, Voldy va se servir de sa vie pour me faire chanter, que c'est lui offrir un moyen de pression gratis puisque de toutes façons il ne pourra pas me protéger ; mais je ne peux exhaler qu'un souffle tremblant et détourner le regard.

-J'ai peur…

Je ne peux plus mentir à Sirius. Je ne peux plus faire comme si tout allait bien, parce que tout va tellement mal. J'ai peur de le perdre, peur de ne pas survivre à l'été, peur de ne plus trouver la force de me battre, peur de devenir un pantin maléfique et un instrument de mort. Avant Sirius, la rage m'aurait maintenue en vie ; mais il a brisé mes défenses et maintenant je n'ai plus de colère pour remplacer la peur. Et je ne sais pas si son amour peut me protéger aussi bien que ma rage le faisait avant. Je me sens faible, nue, désarmée. Il n'y a que lui qui puisse me redonner de la force lorsqu'il se tient à mes côtés.

Sirius me fait pivoter et insère son corps entre mes cuisses entrouvertes ; ses mains viennent effleurer mes hanches à travers ma chemise de nuit. Je me sens en sécurité.

-On va survivre à cet été. Tous les deux, ensemble. Je te jure que dans deux mois on s'assiéra ici même et qu'on regardera le soleil se lever comme aujourd'hui.

Je ferme les yeux. Ses lèvres se déposent sur ma bouche, ses mains se pressent de chaque côté de mon visage ; je m'abandonne à lui.

Sirius ne pourra plus jamais bouger ses doigts tant je les serre fort. Mais il ne m'en voudra pas, je sais que lui non plus n'en mène pas large devant les sept tours du manoir des King qui se dresse jusqu'aux nuages.

-Des tours qui montent jusqu'au ciel ? murmure-t-il.

-Ma chambre est tout en haut de la septième, comme dans les contes de fées.

Je devine son sourire aguicheur lorsqu'il me souffle dans l'oreille :

-J'ai hâte de t'emmener au septième ciel alors…

Je ne peux m'empêcher de rougir lorsque des images de Sirius me faisant l'amour dans ma chambre – la plus haute chambre de la plus haute tour – défilent devant mes yeux. Mais notre rêvasserie est interrompue par une voix grave.

-Demenda.

Mon oncle se dresse de toute sa hauteur devant les portes de son manoir ; son regard est plus sombre et menaçant que jamais lorsqu'il se pose sur Sirius.

Ah non ne me lynchez pas chers lecteurs je sais que ce chapitre est court et frustrant…

Dans le prochain il se passera quelque chose, promis !

(C'est la faute du bac)

Bon au fait la chanson de ce chapitre est de Maroon 5.

Voilà chers lecteurs, à bientôt pour de nouvelles aventures en direct du manoir des King !!