Aujourd'hui, petit coucou spécial à Lunenoire, qui a reviewé d'une traite les 25 chapitres de 'What have I done?'.

Dites, vous savez ce que m'a raconté ma boite mail après mon dernier chapitre? Non? Normal, ça prouve que mon firewall marche. Donc elle m'a guillerettementy annoncé '41 nouveaux message', dont 39 reviews. Dingue non? Enfin, merci à tous quoi, j'en suis restée bouche bée!

Petites nouvelles aussi: d'ici quelques jours, une de mes traductions sera publié sur le compte des Patacitrouilles Yaoistes (disponible dans mes favoris), pour ceux qui voudraient lire, ça s'appelle 'Dear Ginny'. Par ailleursla publication de 'Reluctance commence demain, et se poursuivra au rythme d'un chapitre chaque lundi. Pas très rapide, je sais, mais il faut bien que je continue à écrire aussi, hein.

Voilà, bonne lecture à tous et à toutes!

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Chapitre 7: Peinture aux doigts et petit coucou

Théodore Lupin, quatre ans, adorait la peinture aux doigts. Sévérus Rogue, quarante-deux ans, adorait sa robe noire de travail, si bien qu'il la portait même à la maison. Or il se trouve que la peinture aux doigts ressort très bien sur le noir, et ça Teddy l'avait compris très vite.

Sévérus était donc assis par terre devant une grande feuille blanche et essayait d'expliquer à Teddy pourquoi il ne pouvait pas dessiner une porte sur le toit d'une maison, pendant que ledit Teddy profitait sans vergogne de sa distraction pour lui étaler de la peinture jaune dans le dos. Harry, qui les avait laissé pour aller préparer le dîner, le regardait faire depuis l'encadrement de la porte, mais il s'amusait beaucoup trop pour l'en empêcher. Et puis son mari à quatre pattes par terre, les doigts pleins de peinture, expliquant de sa plus belle voix professorale les règles de la perspective à un enfant de quatre ans sans s'apercevoir qu'il n'en écoutait pas un mot, c'était une vision qu'il chérirait longtemps.

Au bout d'un quart d'heure il jugea son mari suffisamment redécoré et annonça le dîner. Alors commença la lutte.

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« Allez, ouvre la bouche! Aaaaah! »

« Nan! » s'exclama Teddy de sa voix flûtée avant d'éclater de rire.

« De toute évidence tu ne t'en sors pas mieux que moi. » dit Sévérus d'une voix amusée, le visage légèrement de côté posé dans sa main, le coude sur la table. Il aurait probablement moins ri s'il s'était rendu compte qu'il avait toujours des morceaux de carotte accrochés dans les cheveux. Teddy, lui, continuait à rire tout en s'arrangeant pour faire voler des minuscules morceaux de steack haché découpés avec amour à travers la pièce grâce à sa cuillère.

« Il faut bien que j'essaye, il veut pas manger tout seul- » PLATCH!

Une rondelle de carotte vint s'écraser gracieusement sur le verre gauche de ses lunettes. Harry reposa la fourchette sur la table un peu trop brusquement en s'efforçant de respirer bien à fond. « Tu ne veux vraiment pas manger? »

« Nan! »

« Un yaourt peut-être? »

« Nan! »

« Bien, dans ce cas on a fini alors. »

Harry était trop fatigué et trop prompt à perdre patience pour résister plus longtemps. Il voulait juste aller se coucher et laisser Sév se débrouiller du reste. Il fit descendre Teddy de sa chaise et lui demanda d'aller se préparer pour son bain. Il se tourna vers Sévérus et lui dit d'une voix qui ne cachait pas son épuisement:

« J'en peux plus, je vais aller dormir tout de suite, » Il ajouta ensuite, comme une arrière-pensée, « Je suis toujours crevé en ce moment, c'est dingue... » Sév déposa un baiser sur son front.

« Va te reposer. Je le lave, je le mets au lit et ensuite je te rejoins. » Harry hocha la tête avec un sourire.

« Amuse-toi bien. »

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« Et le petit hyppogriffe lui dit 'Oh merci, Niffleur doré, maintenant je sais que tu es mon ami-' »

« Pourquoi? »

Sévérus retint un cri de frustration. Ce cirque durait depuis le début de l'histoire, à savoir depuis une heure. Il tenta son fameux regard noir breveté, mais Teddy continua de le regarder avec de grands yeux. Et en plus il avait le toupet d'être mignon. Seigneur, les maraudeurs lui pourrissaient la vie jusque dans leur descendance. L'idée lui vint alors que lui-même était marié avec l'un des incriminés et père d'un autre. Cette pensée était assez perturbante. Il la mit de côté pour plus tard, pour le moment il devait persuader l'enfant du démon de dormir s'il voulait aller se coucher un jour.

« C'est son ami parce qu'il l'a aidé à traverser la rivière. » dit-il avec plus de patience qu'il n'en ressentait. Rappelle-toi, il n'a que quatre ans, c'est normal qu'il pose des question, c'est énervant, agaçant et insupportable, mais c'est NORMAL.

« Pourquoi? » Non mais il avait écouté l'histoire au moins?!

« Parce qu'il ne pouvait pas le faire tout seul. » Respire, le petit train, tchouuu, tchouuu, voilààà, du calme...

« Pourquoi? »

Aaaargh! Cette fois je me le fais! Je suis maître des potions, je peux le faire sans laisser de trace... Non, non, non, je ne peux pas tuer le filleul de Harry, c'est mal. Oui, mais... Non, c'est mal.

« Parce que les hyppogriffes ne savent pas nager. » Bieeeen, voilà, ça c'est du contrôle.

« Oh, d'accord. » Mini cri de triomphe dans l'esprit de Sév, puis... « Pourquoi? »

Niaaaaah! Je veux aller me coucheeeer! Je te jure, dès qu'il est assez vieux pour suivre mes cours je lui fais payer. Mon sommeil a de la valeur, non mais.

Si jamais le bébé deviens comme ça je le revends.

« Parce que leur anatomie les empêche de- , » non cette version prendrait trop de temps et d'explications. « Euuuh, parce qu'il n'ont pas envie d'apprendre. Allez, au lit maintenant. »

Teddy se tortilla un peu pour se mettre à l'aise sous sa couette, se cala fermement le pouce dans la bouche, et marmonna sans prendre la peine de le retirer: « 'Onne nuit, tonton Sévi. »

Sévérus lui souhaita bonne nuit en se demandant d'où venait un surnom aussi ridicule. Il espérait fortement que personne dans l'école n'entendrait jamais ça. Puis une voix flûtée à moitié endormie le rappela.

« Tonton Sévi? » dit Teddy avec une timidité singulière.

« Oui? »

« Tu me fais mon bisou du soir? »

Sévérus le fixa avec l'expression d'une poule confrontée à un problème d'algèbre. Il finit par réussir à se secouer et se pencha pour déposer un baiser sur le front du petit garçon. C'était étrange, il sentait quelque chose de tout chaud au creux de son estomac. Il n'aurait pas cru que la peau des enfants étaient aussi douce. Il décida qu'en fin de compte il ne ruinerait pas sa scolarité. Peut-être. Il quitta la pièce en laissant la porte ouverte et la lumière du couloir allumée, et se rendit à sa chambre.

Harry dormait déjà à poings fermés. Apparamment il n'avait pas jugé utile de mettre un pyjama. Il proclamait qu'ils irritaient sa peau hyper-sensible et avait décidé que dormir en boxer était bien suffisant. Il avait repoussé les draps dans son sommeil, dévoilant ainsi son torse et son ventre nouvellement arrondi. Sévérus s'assit sur le bord du lit et posa doucement sa main sur le réceptacle de son enfant. Il ne pouvait pas encore le sentir bouger, mais Harry avait promis de le prévenir à la seconde où il se manifesterait. Il caressa lentement la petite rondeur, veillant à ne pas réveiller Harry. La peau était douce et lisse, tendue sous l'intrusion de son fils ou de sa fille.

Il se sentait fasciné par la façon dont le corps de son mari se transformait chaque jour, et un peu jaloux aussi, mais ça il serait mort avant de l'avouer. Il avait observé son ventre chaque jour depuis des mois, guettant l'apparition du fruit de leur amour, et lorsqu'il était finalement arrivé, il s'était surpris à y penser jour et nuit, à vouloir le toucher, le sentir sous ses doigts, vérifier que ce n'était pas un rêve. Ce devait être un rêve, après tout il ne méritait pas ce qu'il lui arrivait. Il se pencha et embrassa doucement l'abdomen de Harry, presque comme il l'aurait fait avec une relique.

Harry remua légèrement dans son sommeil, avant de commencer à ronfler doucement. Sévérus eut ce petit sourire qu'il ne se permettait que lorsqu'il était seul, avant de se figer. Là sous sa main, quelque chose avait bougé. C'était minuscule, presque imperceptible comme une aile de papillon qui aurait frôlé sa paume. Il attendit en retenant son souffle pour voir s'il n'avait pas pris ses désirs pour des réalités. Au bout de quelques minutes il commençait à avoir des crampes dans le bras. Après tout c'était probablement un gargouillement de digestion ou quelque chose comme ça. Il commença à retirer ses doigts lentement pour ne pas alerter Harry lorsqu'il le sentit de nouveau. Cette fois il en était sûr, le bébé avait remué sous sa main.

Il ressentit une bouffée de plaisir égoïste à la pensée que c'était à lui que le bébé avait dit coucou en premier, mais la repoussa bien vite pour s'allonger aux côtés de son mari. Il passa un bras autour de son torse et s'endormit rapidement. La journée avait été longue.

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Ce qui parut un temps beaucoup trop court à Sévérus plus tard, le lit se mit à remuer dangereusement et une petite voix s'exclama « Allez, c'est le matin! Deeeebouuuuuut! ». Teddy s'était réveillé et avait décidé que rester tout seul, c'était pas marrant. Il avait donc pris l'initiative de venir sauter dans le lit histoire de bien faire comprendre que la grasse mâtinée, ce serait pour une autre fois.

Harry acceuillit l'assaut avec un grognement et essaya de se retourner pour dormir quelques heures de plus. C'était sans compter sur l'opiniâtreté dont est capable un enfant de quatre ans. Teddy se jeta littéralement sur lui et essaya de le chatouiller tout en ne cessant de glousser. Les petits doigts agiles combinés à une peau sursensibilisée par la grossesse amenèrent bientôt Harry à se tortiller sur le lit tout en s'étouffant de rire.

Sévérus se contenta de regarder. Il souriait sans même s'en rendre compte. Ca arrivait avec une fréquence alarmante ces derniers temps...