Voilà le chapitre 7 de "Je pense à toi" :D Perso je l'aime bien et vous? :) aller j'me casse j'suis en retard à un rendez-vous au moment où j'écrit! xD Bonne lecture bande de lapin drogué au LSD
-Bonjour, comment tu t'appelles ?
Quand j'étais petite, j'étais toujours seule. Ça a toujours été comme ça, quelque chose chez moi repoussait naturellement les autres. Je me souviens des longues journées, seule dans la cour de récréation. Je me souviens que je m'asseyais toujours sur le même banc, replié sur moi-même. Je sentais les regards des autres pesé sur moi. Parfois j'entendais des mots, désagréables généralement. Je faisais comme si de rien n'était mais ça faisait mal. À l'époque je me souciais déjà de l'absence de père dans ma vie. Je regardais mes petites chaussures bleues, ma mère m'habillait toujours en bleu. Qu'est-ce que les gens ont à vouloir m'habiller en bleu ?! J'étais encore plus petite à l'époque, petite et faible. Comme toujours. Si petite par rapport à l'immensité de la cour qui me faisait face…
Et puis un jour il est arrivé. Comme sortie de nulle part. Je ne l'attendais pas du tout. Mais il est venu. Il s'est planté devant moi qui étais assise sur mon banc comme d'habitude, recroquevillé. Je me souviens qu'il était presque aussi petit que moi à, ses cheveux étaient très court et ses yeux noisette étaient grands et clairs, avec reflet doré autour de la pupille. Il m'avait posé cette question avec tellement de naturelle et un petit sourire un peu timide. J'étais resté là comme une idiote à le fixer alors qu'il attendait ma réponse. Je ne l'avais jamais vu avant et pourtant j'ai une très bonne mémoire des visages. On se fixait directement dans les yeux, mes saphirs dans ses noisettes. Il a tout de même dû patienter une ou deux minutes avant que des mots ne finissent par traverser mes lèvres.
-Roxane… Pourquoi tu me demandes ça ?
-Et bien tu es toute seule et moi aussi alors je me disais qu'on se tiendra compagnie ! Je suis nouveau !
Sans même réfléchir une seconde, il s'assit à côté de moi avec un grand sourire. Je me souviens encore de ses allures de casse-cou. Il avait un pansement sur le front et d'autres sur les coudes et les genoux. On aurait dit qu'il était tombé à vélo. Il avait quelques bleus partout aussi. Je m'interrogeais. Pourquoi ne me fuyait-il pas comme les autres ? Est-ce qu'il était trop stupide pour capter que quelque chose clochait chez moi ? Même si je ne savais pas trop ce que c'était moi-même… Bref, je le fixais alors qu'il balançait ses jambes avec énergie en souriant bêtement, du moins c'est ce que je pensais à l'époque. Il ne me regardait pas vraiment, c'est ce que je trouvais le plus bizarre. Il s'était contenté de s'asseoir. Puis le lendemain aussi, puis le surlendemain, etc… Et puis un jour…
-Pourquoi tu t'assois là ?
-hm ?
Je le regardais, les sourcils légèrement froncer, j'en avais assez qu'il vienne là sans rien dire et sans aucune raison. C'était trop bizarre et idiot à mes yeux. Il tourna la tête vers moi l'air étonné.
-J'ai besoin d'une raison ?
Il me regardait avec des grands yeux parfaitement innocents. Moi, je m'attendais à toutes les réponses, sauf celle-là. Je ne sais pas pourquoi mon premier reflex fut de lui tourner le dos. J'étais en pleine réflexion. Comment devais-je me comporter avec un autre être humain ? C'était peut-être l'occasion de me faire un « ami ». Lui se contentait de me regarder turlupiner. Ne sachant quoi dire, j'ai claqué la première chose qui m'est venu à l'esprit.
-Je t'aime !
Je devais être rouge tomate, je n'avais pas l'habitude d'avoir de l'affection pour une personne. Car oui je n'avais pas connaissance de l'ampleur de ce que je venais de dire. Le garçon, lui, était rouge tomate et me regardait avec de grands yeux. En relevant les yeux je ne comprenais pas son expression. Mon expression gênée se changea en interrogative. Je penchais légèrement la tête d'un air innocent, ne comprenant pas l'air gêné du garçon.
-Et bien en fait, ça tombe bien parce que moi aussi…
- C-C'est vrai ? On est amis ?
-Hein ?
La gêne du garçon l'abandonna pour laissa place à une expression impossible à décrire, je crois qu'il redoutait et qu'il s'interrogeait sur la suite de la discussion.
- C'est la première fois que je parle à quelqu'un comme ça. Désolé je ne suis pas très à l'aise.
- Ah… Je vois…
Il baissa la tête violemment face contre terre en signe de désespoir alors que je le regardais innocemment.
À partir de ce jour, lui et moi ne nous sommes jamais quittés. Je me souviens des nombreuses fois où il s'est battu contre ceux qui me maltraitaient et moi j'essayais de l'en empêcher. De ces fois où il me demandait de l'aider pour ses devoirs mais il était plus concentré sur moi que sur ses leçons. Ce qui lui valait de se prendre ses coups de règle sur le crâne. Je me souviens du jour où une fille est venu nous parler et ne nous a plus quitté non plus. Je devais avoir 7 ans que j'ai rencontré ce garçon et 9 quand j'ai rencontré la fille. On formait un trio inséparable. Mais je me souviendrais toujours que c'est grâce à ce garçon que je n'ai pas fini seule pour toujours…
-Roxane…
Je sentais une main sur ma joue qui me caressait doucement mais dans le but certes de me réveiller. J'ouvris doucement les yeux pour me retrouver face à ce visage dont j'avais rêvé. Je pouvais voir mon propre reflet dans ces yeux noisette et dorer alors que ma main avait, par réflexe, plongé dans la tignasse châtaine de celui qui se trouvait en face de moi. Je le voyais rougir un peu avec un regard tendre et visiblement inquiet.
-Chris ?
-Roxane, qu'est-ce qu'il s'est passé ? J'ai vu un type bizarre sortir de chez toi.
Il m'aida à me redresser un peu et il prit position assise à côté de moi sur le lit. Il me tenait toujours comme une petite chose fragile, ce qui n'était pas pour être déplaisant. Son bras entourait mes épaules. Je sentais sa chaleur contre mon corps gelée. Nous étions tellement proches l'un de l'autre que je pouvais entendre les battements de son cœur. C'était apaisant. J'avais la tête posée sur son épaule alors qui embrassait mes cheveux. Chris savait comment me réconforté. Je ne sais pas comment il faisait pour toujours savoir comment faire avec moi, c'est comme cela depuis le début… même si le petit garçon casse-cou avait laissé place à un grand homme tendre et timide. Au bout de quelques minutes, je sentais que mon corps entier était détendu et réchauffé, et lui aussi le sentit et c'est pour ça qu'il me reposa sa question.
-Tu peux me dire ce qui s'est passé maintenant ?
J'acquiesçais avant de reposer ma tête sur son épaule. Je lui ai tout raconté mis à part les raisons pour laquelle cet homme était venu demander ça à moi, c'est-à-dire le fait que j'étais la fille du Patron. Hélas ça laissait un trou dans mon histoire et ça, ça ne passait pas entre les mailles du filet Chris.
-Tu ne sais pas pourquoi il est venu te demandé ça ?
-N-Non…
Chris me regardait d'un air fâché, ça ne passait vraiment pas. Je n'arrivais pas à le regarder dans les yeux en même temps. Je n'ai jamais été très douée pour mentir. Je ne sais pas si c'est un défaut ou une qualité… Je baissais les yeux pour ne plus voir le regard de Chris sur moi mais je le sentais. C'était un regard désagréable mais protecteur. Finalement il finit par prendre ma main et la relever pour en embrasser le dos. Cette action eut pour effet de me faire immédiatement rougir. Mais lui avait toujours ce regard sévère.
-S'il te plait Roxane…
- Oui… ?
-Laisse-moi continuer de te protéger.
Je le regardais l'air perdu. Il avait les paupières baissées, cachant ces iris qui m'obstinaient. Il dévia ma main pour la poser sur sa propre joue. Quand il ouvrit les yeux, j'avais l'impression qu'il allait pleurer. Il avait cet air profondément blessé qui m'empêchait de dévier mon regard. J'avais un horrible pincement au cœur. C'est vrai que tout comme avec ma mère, je n'avais jamais menti à Chris. C'était les deux seules personnes en qui j'avais une confiance aveugle. Oui désolé Diam… Je voyais son regard brillant qui me suppliait de tout lui dire. Etrangement je fus la première dont les larmes coulèrent. Je n'avais aucune idée du pourquoi du comment. La douleur qui broyait mon cœur était plus forte que celle que j'avais ressentie quelques heures plus tôt. Finalement j'ai sauté sur Chris pour m'agripper à son T-shirt. J'avais envie de hurler, mais je me retenais. Lui, m'enlaça gentiment pour me calmer. Mais je ne pouvais m'empêcher de pleurer. J'avais besoin de me libérer. C'est pour cela que la vérité sortie d'entre mes lèvres sans même que je m'en rende compte. J'avais peur de sa réaction. Chris était quelqu'un de très à cheval sur la justice, sûrement à cause de son père qui est le chef de la police. Alors ce genre de personnage comme le Patron il ne les supportait pas.
- Roxane, lâche-moi…
-Hein ?
Chris avait retiré mes mains et m'avait légèrement repoussé, il avait le visage crispé. Je me contentais de l'observer sans rien dire… J'avais un pincement au cœur. Sa réaction ne me plaisait pas du tout. Il lança un regard triste avant de se lever du lit et à commencer à sortir.
-Non attend Chris ! Ne me laisse pas !
- Je dois réfléchir…
-CHRIS !
Chris avait quitté la chambre en me laissant, seule dans le noir. Je sentais mon corps m'abandonné à nouveau. La douleur que j'avais au cœur était pire, bien pire que celle que j'avais eu physiquement quelques heures plus tôt. Mais après quelques secondes de réflexion je me suis dit que je ne devais pas le perdre. Pas lui. J'ai donc pris sur moi et me suis levés pour courir après lui. En arrivant dans la rue, je suis allé chez Chris qui habitait juste à côté de chez moi. J'ai commencé à sonner mais pas de réponses. Etant certaine qu'il pouvait m'entendre j'ai commencé à frapper à la porte.
-Chris ouvre, je t'en pris !
-Un problème, gamine ?
« Oh non pas maintenant ! » J'ai arrêté de frapper la porte pour tourner mon intention vers la personne qui se tenait à deux mètres de moi. Le Patron. La seule et unique personne que je n'avais pas envie de voir maintenant. Je sentais mes doigts qui me démangeaient et des courants électriques parcourir mes bras. Rien que de le voir me faisait bouillir intérieurement. J'ai laissé mes bras tombés le long de mon corps et j'ai baissé la tête. Je sentais les larmes remonter à nouveau et je serais les dents. Mais finalement je ne pouvais pas me retenir, je perdais totalement et j'ai couru vers La Patron pour tenter de le frapper. Ce qui fut bien sûr un échec.
-Hey Gamine, on peut savoir ce qui te prend ?!
-TOUT EST DE TA FAUTE !
J'avais les yeux en larmes et les dents serrer. Je pouvais voir le Patron écarquillé légèrement les yeux derrière ses lunettes sombres. Je tentais de le faire lâcher mon bras mais il le tenait fermement.
-Qu'est-ce que tu…
- Lâche-moi ! JE NE VEUX PLUS JAMAIS TE REVOIR ! J'VAIS BIEN MIEUX SANS TOI !
Je sentais à travers la paume de sa main que son cœur avait comme rater un battement. Mais je maintenais mon regard, je n'étais plus moi-même de toute façon. Mon cœur battait à cent à l'heure, des chocs électriques parcouraient tout mon corps, les larmes coulaient toutes seules sur mes joues et je serrais les dents comme si j'avais envie de mordre. C'est bien la première fois que je ressentais ça. C'est donc ça la haine ?
à suivre...
