Chapitre 7 : L'interrogatoire

Je ne sais pas ce qui m'a possédé hier.

Ce dont je suis sûr, par contre, c'est que c'était une erreur monumentale.

Non mais qu'est-ce qu'elle peut bien me trouver de toute façon ?

Je n'ai absolument rien à lui offrir et cette petite expérience avec la pensine le prouvera bien assez tôt.

Elle se rendra compte d'elle-même, qu'elle a fait une erreur de jugement.

Que je ne suis pas du tout celui qu'elle croit.

Et ensuite elle partira.

Et ce sera mieux pour elle.

Alors pourquoi suis-je inquiet ?

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« Severus ! » s'exclame Hermione en me sautant au cou.

« Hermione. » dis-je d'un ton formel en la reposant par terre.

« J'en étais sûre, tu as réfléchi. » dit-elle d'un ton accusateur.

Je la regarde les yeux ronds.

« Et c'est mal ? » je me renseigne.

« Oui… Embrasse-moi » m'ordonne-t-elle.

« Absolument pas » dis-je, choqué.

« Embrasse-moi, je vais tout oublier de toi dans deux minutes de toute façon. »

« Je ne pense pas que ce soit une très bonne idée. »

« Bla bla bla » dit-elle en ceinturant ses bras autour de moi.

Avant de m'embrasser d'une façon tellement douce que je sens mes résolutions fondrent comme la neige au soleil.

Lorsqu'elle décide m'avoir suffisamment torturé, elle murmure à mon oreille : « Ce n'était pas si terrible que ça, si ? »

En guise de réponse je me contente de soupirer de désespoir.

Elle sourit et secoue la tête.

« Allons-y. » dit-elle en sortant plusieurs objets de sa poche. « Engorgio. »

Apparaissent alors un stylo, un bloc-note, une fiole et une pensine.

« Veritaserum. » dit-elle en me tendant la fiole. « Prend-en une goutte, maintenant. »

La confiance règne, me dis-je, en m'exécutant.

« Severus, est-ce que tu regrettes ce qui s'est passé entre nous, hier ? » demande-t-elle pernicieusement.

« Non. » je réponds, bien malgré moi.

« Je constate que cela fonctionne très bien ! » dit-elle avec un grand sourire.

Je lève les yeux au ciel.

« Bye, Severus…Tu vas me manquer. »

« Toi aussi. » dis-je, sans pouvoir m'arrêter.

Merlin ! Mais tais-toi !

Hermione sourit et m'embrasse sur la joue avant de placer sa baguette contre sa tempe.

« Accio souvenirs concernant Severus Snape. » murmure-t-elle.

Elle effectue ensuite des cercles avec sa baguette pour placer le long filament argenté dans la pensine.

Puis elle regarde autour d'elle, pose son regard sur moi et me lance, intriguée : « Je suis désolée mais je ne suis plus très sûre de ce que je suis sensée faire ici… »

Je soupire.

Que la torture commence !

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« Est-ce que tu… vous… savez où vous êtes ? » je demande, prudemment.

« Une cellule… Azkaban, peut-être ? » répond t-elle en contemplant les environs.

« Oui. »

« Je suis un peu confuse. J'ai l'impression que ma cervelle est pleine de trous. »

« Vous venez de déposer une partie de vos souvenirs dans cette pensine. »

« Pourquoi ? »

« Je suis emprisonné ici depuis deux ans. Vous êtes venu me voir et m'avez proposé que je vous raconte ma vie pour déterminer si oui ou non, il est juste que je passe le reste de ma vie en prison. »

« J'ai fait QUOI !!? » s'exclame-t-elle, effarée.

« Exactement… » je réponds, légèrement amusé. « Tu… Vous m'avez proposé cela car nous n'arrivions pas à nous mettre d'accord. Comme vous me connaissez et que vous avez une idée de moi assez… arrêtée. J'ai rétorquée que vous n'étiez pas neutre me concernant… »

« D'où la pensine, je suppose… »

« Oui, vous avez déposé tous les souvenirs me concernant pour être impartiale. Puis vous m'avez fait prendre une goutte de veritaserum car vous aviez peur que je vous manipule à mes fins. »

« Et quelles sont-elles ? » demande-t-elle, intriguée.

« Je crois qu'il est mieux que vous ne le sachiez pas… Est-ce que vous êtes d'accord de le faire ? »

« Je suppose puisque je l'ai proposé et vous ? »

« Oui, je suis d'accord. »

« Très bien. » dit-elle en s'emparant du bloc-notes et du stylo. « Je vous écoute. »

« Je ne sais pas très bien par où commencer. » dis-je, légèrement embarrassé.

Elle sourit.

« Vous pourriez peut-être commencer par me dire votre nom. »

Diable ! Que c'est déconcertant !

« Severus Snape. »

« Est-ce qu'il serait plus facile pour vous que je vous pose des questions Monsieur Snape ? » demande-t-elle, compatissante.

« Oui. » je réponds, soulagé.

« Quel âge avez-vous ? »

« 39 ans. »

« Je suppose que vous êtes un sorcier, de sang-pur, peut-être ? »

« Non, je suis de sang-mêlé. Mon père Tobias Snape était un moldu et ma mère Eileen Prince était une sorcière. »

« Etes-vous fils unique ? »

« Oui. Je ne pense pas que même ma naissance ait été désirée, à vrai dire. »

« Vraiment, pourquoi ? »

« Je considère que le mariage de mes parents était une grossière erreur. Ils venaient de deux mondes totalement différents et n'ont jamais réussi à se comprendre, ni à s'entendre, d'ailleurs. Et moi je suppose que je n'étais qu'une erreur de plus dans l'équation. »

« Ils se disputaient souvent ? »

« Constamment… Violemment. »

« Violemment ? »

Je soupire.

« Mon père, n'était pas ce qu'on peut appeler un homme agréable. Et quand il s'énervait, il devenait plutôt agressif. »

« Est-ce qu'il lui arrivait de frapper votre mère ? »

« Oui. »

« Et vous ? »

« Moi ? Personne ne faisait vraiment attention à moi. »

« Est-ce qu'il lui ai arrivé de vous frapper ? » insiste-t-elle.

« Il préférait généralement s'en prendre à ma mère, mais certaines fois… Pourrions-nous changer de sujet, s'il vous plaît ? » je demande, extrêmement mal à l'aise.

« Oui, bien sûr… »

« Aviez-vous des amis ? »

« J'étais plutôt solitaire. Ma seule amie, une jeune fille prénommée Lily habitait près de chez moi. C'était une sorcière née moldue. Elle ne savait donc rien du monde des sorciers. Je lui expliquais souvent ce qui nous attendrait à Poudlard. »

« Je suppose que vous aviez hâte de vous y rendre et par la même occasion de quitter vos parents. »

« Je comptais les jours et ceci depuis mes huit ans. »

« Dans quelle maison avez-vous été placé ? »

« Serpentard. »

« Et Lily ? »

« Gryffondor ? »

« Est-ce que nous sommes en train de parler de Lily Potter ? »

« 'Evans', à l'époque. »

« Je vois… Etiez-vous déçu qu'elle ne soit pas dans la même maison que vous ? »

« Extrêmement. »

« Pourquoi ? »

« Je voulais la garder près de moi. »

« Vous l'aimiez ? »

« Oui. »

« Et elle ? »

« Non. »

« Etes-vous resté amis, malgré votre répartition ? »

« Au début, oui, à la grande stupéfaction de tous. »

« Au début ? Et ensuite ? »

« Nous avions des désaccord, elle trouvait mes fréquentations mauvaises. »

« Est-ce qu'elles l'étaient ? »

« Oui. »

« Qui fréquentiez-vous. ? »

« Une sorte de club ayant pour objet la pratique de la magie noire. »

« Etiez-vous attiré par la magie noire ? »

« Extrêmement. »

« Pourquoi ? »

« La magie noire m'offrait le pouvoir. Je pensais à l'époque que le pouvoir était la chose la plus importante au monde. »

« Vous ne le pensez plus aujourd'hui ? »

« Non. »

« Revenons à Lily. Elle n'aimait pas vos fréquentations, est-ce cela qui a provoqué la fin de votre amitié. »

« Non. Notre amitié s'est terminée car je l'ai traité de 'sang de bourbe'. »

« Vous le pensiez ? »

« Non ! »

« Alors pourquoi ? »

« J'étais la cible favorite d'un groupe de quatre Gryffondor… »

« Qui étaient-ils ? »

« James Potter, Sirius Black, Remus Lupin, Peter Pettigrew. »

« Continuez. »

« Lily m'a trouvé dans une situation extrêmement humiliante et est venue à mon secours. Ma fierté s'en est trouvée complètement meurtrie. Alors je l'ai insultée. Le soir, je l'ai suppliée de me pardonner, mais elle était persuadée que je pensais ce que j'ai dis. »

« Pourquoi ? »

« Le 'club' auquel j'appartenait était persuadé de la supériorité des 'sang-purs'. »

« Que pensiez-vous de cette idée ? »

« Je la trouvais ridicule. Mais je me gardais bien de le dire.»

« Pourquoi faisiez-vous parti de ce groupe, alors ? »

« Parce que c'était le seul endroit où je me sentais un peu intégré. »

« Et ce groupe, qu'est-il devenu ? »

« La plupart des gens de ce groupe sont devenus des mangemorts. »

« Et vous ? »

« J'ai pris la marque à 18 ans. »

« Pourquoi ? »

« J'étais influençable et faible psychologiquement, je voyais les mangemorts comme quelque chose d'impressionnant qui m'apporterait pouvoir et reconnaissance. »

« Cela vous a-t-il apporté pouvoir et reconnaissance ? »

« Non, ni l'un, ni l'autre. »

« Regrettez-vous votre choix ? »

« Tous les jours. »

« Combien d'année êtes vous resté au service de Voldemort ? »

« Trois ans. »

« Pendant ces trois ans qu'avez-vous fait ? »

« J'ai fait tout ce qu'on m'a demandé de faire sans poser de questions. Ceux qui posaient des questions… mourraient. »

« Qu'est-ce qu'on vous a demandé de faire ? »

« J'étais doué en potion, Voldemort a donc décidé d'user de mes capacités. »

« Quel genre de potions ? »

« Des poisons en général, quelques fois, il voulait que ses poisons tuent le plus rapidement possible et d'autres fois, au contraire, très lentement et dans d'atroces souffrances. »

« Saviez-vous ce qu'il faisait de vos potions ? »

« Je supposais, mais je ne voyais jamais le résultat, ni la victime. »

« Aviez-vous des remords ? »

« J'évitais de trop réfléchir à l'époque. J'étais devenu une sorte d'automate sans la moindre notion du bien et du mal. »

« Pourquoi n'avez-vous pas essayé de vous enfuir ? »

« Regulus Black a tenté de s'enfuir. Ce fut le seul, l'exemple. Après lui, personne n'a plus jamais essayé. »

« Pendant ses trois ans vous faisiez uniquement des potions ? »

« Non. »

« Que faisiez-vous d'autre ? »

« Je maîtrisais la légilimancie, il me demandait d'interroger ses ennemis les plus résistants avec du Veritaserum et ensuite d'entrer dans leur esprit et de les rendre… inutiles. »

« En les rendant fous ? »

« Débile... Ensuite, il les ramenait où il les avait trouvés, il pensait que c'était une excellente plaisanterie. »

« Et vous ? »

« Je préférais de loin les potions. »

« Pourquoi ? »

« Parce que je n'avais pas l'impression d'appuyer sur la gâchette. »

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« Que s'est-il passé, après ses trois ans ? »

« Vous avez entendu parlé de la prophétie concernant Harry Potter, sans doute ? »

« Oui. »

« C'est moi qui est rapporté cette prophétie à Voldemort. »

« Est-ce que vous saviez qui vous visiez ? »

« Non. Quand je l'ai appris, cela m'a sorti de ma stupeur, j'ai supplié Voldemort d'épargner Lily. »

« Vous l'aimiez toujours ? »

« Oui. »

« Et ensuite ? »

« Je ne faisais plus confiance à Voldemort depuis longtemps, j'étais persuadé qu'il allait la tuer tout de même. Alors je me suis rendu à Dumbledore. Je lui ai tout avoué et je l'ai supplié de protéger Lily. En échange, je lui ai promis que je ferais tout ce qu'il voudrait. »

« Vous auriez fait n'importe quoi ? »

« Oui. »

« Que vous a-t-il demandé ? »

« Il m'a demandé d'espionner Voldemort pour son compte et de l'informer de tous ses faits et gestes. Il m'a dit qu'il m'apprendrait l'occlumencie. J'ai accepté. »

« Mais Lily est morte tout de même. »

« Oui, je n'ai pas pu la sauver au bout du compte. La seule personne qui m'avait accordé de l'attention, la seule personne que j'aimais est morte par ma faute. »

« Vous vous en voulez encore ? »

« Oui. »

« Qu'est-il arrivé ensuite ? »

« Voldemort a disparu. Dumbledore m'a offert une place de professeur à Poudlard et m'a fait promettre de protéger le fils de Lily. J'ai accepté. »

« Qu'est-ce que vous enseigniez ? »

« Les potions. »

« Comment cela se passait-il ? »

« Au début, mal, j'étais extrêmement jeune, à peine plus âgé que mes élèves. »

« Vous aviez du mal à vous faire respecter ? »

« Au début, oui. Ensuite, je n'ai plus eu de problème. »

« Pourquoi ? »

« J'ai évolué, je suis devenu impassible et intransigeant. Puis, des rumeurs ont circulées sur mon passé et mes élèves ont commencés à me craindre. »

« Vous préfériez cela ? »

« Oui. »

« Est-ce que vous aimiez enseigner ? »

« Non, pas du tout, je considérais tous mes élèves comme des idiots. Et ceux qui n'en étaient pas… m'agaçaient de toute façon. »

« Personne ne trouvait grâce à vos yeux ? »

« Non, vous avez raison. »

« Vous considériez-vous comme un bon professeur ? »

« Disons, que je faisais de mon mieux étant donné mon peu de tolérance pour mes élèves. »

« Comment votre 'peu de tolérance' se manifestait-il ? »

« Je martyrisais mes élèves et leur déduisait un nombre astronomique de points. »

« Je suppose qu'ils ne vous appréciaient pas beaucoup ? »

« J'étais directeur de Serpentard, je ne peux pas dire si les élèves de ma maison m'appréciaient vraiment ou cherchaient seulement à me plaire. Les autres, par contre, j'étais sûr de leur sentiment à mon égard. »

« Cela ne vous gênait pas ? »

« Non, je ne cherchait plus à plaire à personne. »

« Pourquoi ? »

« Je préférais la solitude, je voulais qu'on me laisse tranquille. »

« Pourquoi n'avez-vous pas démissionné ? »

« Je n'avais pas le choix. J'avais promis à Dumbledore. Je devais payer mes dettes. »

« Vos dettes ? Vous ne parlez pas d'argent, n'est-ce pas ? »

« Non je parle de mon âme. »

« Comment faisiez-vous pour payer vos dettes ? »

« Je protégeais Harry Potter et je fournissais des informations à l'Ordre du Phénix. »

« Quels étaient vos sentiments envers le fils de Lily ? »

« Je le haïssais à un point qu'il m'était même difficile de le regarder. »

« Pourquoi ? »

« Tout en lui me rappelait James Potter. »

« Mais vous avez tenu votre promesse ? »

« Oui, j'ai essayé de garder un œil sur lui, mais il avait le chic pour se mettre dans des situations périlleuses. Pas une année ne s'est passée sans que quelqu'un essaie de le tuer. »

« Mais il est sain et sauf aujourd'hui ? »

« Miraculeusement, oui. »

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« Comment vous entendiez-vous avec les membres de l'ordre. »

« Il n'était pas question de s'entendre. Je débitais les informations que j'avais apprises et ensuite je m'en allais. Je suppose que personne n'aurait été à l'aise que je reste, de toute façon. »

« Pourquoi ? »

« La plupart de l'Ordre se méfiaient de moi au départ. »

« Et ensuite ? »

« J'étais extrêmement efficace, je suis venu à bout de leur résistance. Sauf Moody, lui, ne m'a jamais fait confiance.»

« Et Remus et Sirius ? »

« Nos rapport étaient plus que tendus. »

« Pensez-vous que vos informations ont sauvés des vies ? »

« Sans doute. »

« Pensez-vous que vous êtes parvenu à rembourser vos dettes ? »

« Non. Rien ne rachètera la mort de Lily. A part, peut-être, ma propre mort. »

« Vous n'étiez pas heureux d'avoir survécu à cette guerre, n'est-ce pas ? »

« Non, je voulais mourir. »

« Et aujourd'hui ? »

« Je ne suis plus sûr de rien. »

« Pourquoi ? »

« Je ne préfère pas répondre à cette question. »

« Pourquoi êtes-vous ici ? »

« J'ai été accusé du meurtre d'Albus Dumbledore ? »

« A raison ? »

« Oui. »

« Pourquoi ? »

« Il me l'a demandé. »

« Avez-vous protesté ? »

« Oui. Je préférais mourir à sa place. Il n'a rien voulu entendre. »

« Expliquez-moi. »

« Pour prouver ma loyauté à Voldemort, j'ai fait avec Narcissa Malefoy, un serment inviolable lui promettant de protéger son fils et de mener à bien sa mission si celui-ci n'y arrivait pas. »

« Quelle était sa mission ? »

« Assassiner Dumbledore. »

« Saviez-vous ce que vous promettiez ? »

« Non, je ne l'ai appris que plus tard. »

« Continuez. »

« Dumbledore était mourant mais personne ne le savait. Un sort très puissant le rongeait de l'intérieur. »

« Mais vous, vous le saviez ? »

« Oui, car je l'ai aidé à retarder l'inévitable. »

« Pourquoi vous a-t-il demandé de l'achever ? »

« Il se doutait de la mission de Drago, il ne voulait pas que celui-ci souille son âme par un meurtre. Et il savait le serment que j'avais fait, il ne voulait pas que je meure. »

« Vous auriez préféré qu'il vous laisse mourir ? »

« Oui. Mais j'ai cédé, j'ai suivi ses ordres… Plus personne ne me faisait désormais confiance sauf, ironiquement, Voldemort et Dumbeldore. Voldemort était si satisfait de moi, qu'il m'a nommé directeur de Poudlard, ce qui m'a permis, ironiquement toujours, d'avoir des contacts avec le portrait de Dumbledore. »

« Vous étiez toujours sous ses ordres ? »

« Toujours. Je devais protéger les élèves de mon mieux sans me trahir. Mes anciens collègues ne me facilitaient pas la tache et me mettaient des bâtons dans les roues. »

« Vous étiez seul contre tous, en quelque sorte ? »

« J'avais l'habitude, mais je dois avouer que cette année a été particulièrement difficile pour moi. »

« J'imagine… Avez-vous continué d'aider Harry ? »

« Oui. J'ai fait en sorte qu'il trouve l'épée de Godric Gryffondor pour qu'il puisse détruire les Horcruxes. Je devais aussi le trouver et lui confier certains de mes souvenirs, mais je n'ai jamais eu l'occasion. Il a vaincu Voldemort de toute manière donc je suppose que tout et pour le mieux. »

« Et vous, que vous est-il arrivé ? »

« Voldemort a voulu se débarrasser de moi en utilisant son serpent. »

« Mais vous avez survécu. »

« Cette année-là, j'avais tellement d'ennemi que j'étais devenu paranoïaque et que je prenais chaque matin de l'anti-venin et de l'anti-poison de ma fabrication. C'est ce qui m'a sauvé la vie. »

« Comment vous êtes vous retrouvé ici ? »

« Le venin de Nagini était tout de même très puissant, si bien que j'ai quand même failli y passer. Quelqu'un a fini par me trouver, à moitié mort, et m'a amené à St-Mangouste. Là-bas, on m'a soigné dans le seul but que je finisse ma vie en prison. »

« Vous n'avez pas eu droit à un jugement !? »

« Non. »

« Pourquoi !!? »

« Tout le monde étaient persuadés de ma culpabilité. Je suppose donc qu'ils ne sont pas pressés de me juger. »

« C'est la chose la plus abominable que j'ai jamais entendue !»

Je souris : « Oui, il paraît… »

Hermione secoue la tête, perplexe.

« J'ai encore un point que je voudrais éclaircir. Votre relation avec Dumbledore. Etiez-vous reconnaissant envers lui ? »

« Oui, il m'a donné une deuxième chance. »

« Est-ce que vous le considériez comme un ami ? »

« Non, ça aurait été naïf de ma part, il avait trop de pouvoir sur moi. Je le considérais comme mon deuxième maître. »

« Le premier étant Voldemort ? »

« Oui. »

« Lequel de vos maître préfériez-vous ? »

« Dumbledore. Il était moins tyrannique et me laissait une certaine liberté de mouvement. Et j'avais l'impression en travaillant pour lui de racheter mes erreurs. »

« Pensez-vous qu'il vous en a trop demandé, au bout du compte ? »

« A la fin, oui, lorsqu'il m'a demandé de le tuer. »

« Est-il juste de dire que vous n'avez jamais été libre de votre vie ? »

« Oui ce serait juste. »

« Alors pourquoi, puisque vous pourriez en avoir l'occasion aujourd'hui, voulez-vous passer le reste de votre vie en prison ? »

« Je n'ai jamais dit… »

« Je sais. » m'interrompt-elle. « Je l'ai deviné, tout ton être exulte la culpabilité. »

« Pour ma défense, je ne suis pas aussi transparent d'habitude. » dis-je, ironique en désignant la fiole de Veritaserum.

« J'imagine… » dit-elle en souriant. « Et je suppose donc, puisque nous étions en désaccord, que je suis une fervente partisante en faveur de ta liberté. »

« Tu n'avais pas tous les faits. »

« Mais maintenant, je les ai. »

« Alors quel est ton verdict ? »

« J'ai besoin de réfléchir. Laisse-moi revenir demain, pour te dire ma réponse. »

Je hoche la tête.

« Merci, Severus. »