Peace or love.

Auteur : Mahaud

Disclaimer : les persos ne m'appartiennent pas, gnagnagna… mais je les emprunte quand même.

Couple : Duo et Trowa…pour la dernière fois.

note de l'auteur: merci pour les reviews, ça fait un bien fou.

en ce qui concerne l'ami Maxwell, je m'excuse de la lenteur de l'update, mais update il y aura... je ne laisse pas tomber.

Chapitre moins drôle que les précédents, mais qui apporte bien des réponses.

Chapitre 7 : Le sacrifice..

Le lendemain, 13h, appartement du Commandant Maxwell :

Trowa observait d'un œil distrait la rue.

Le français avait toujours été fasciné par le caractère pittoresque et animé de ce quartier commerçant où son amant avait élu domicile.

Loin du confort de certains appartements de fonction eux-mêmes plus proches du quartier général, Duo avait insisté pour obtenir ce petit T2, ancien lieu d'observation des Preventers dans une affaire de terrorisme.

L'américain, séduit par la vue imprenable qu'offrait le balcon, avait expressément négocié le lieu en échange de son affectation à la garde rapprochée de la princesse.

Trowa aimait cet endroit « Tellement bruyant, tellement vivant, tellement …Duo ».

Il entendit la porte d'entrée s'ouvrir, mais ne bougea pas d'un pouce.

Des affaires furent posées à l'entrée et une silhouette s'approcha doucement.

Puis des bras accueillants vinrent entourer sa taille.

- Tu es en avance…

Un baiser venait d'effleurer l'oreille du français qui ronronna de l'attention.

- hummmm…je me suis permis d'entrer avec ma clef.

- Tu as bien fait.

Un autre baiser, dans le cou cette fois-ci, le fit se retourner.

Trowa enlaça à son tour son doux tortionnaire et l'embrassa avec passion.

- Ca va toi ?

- Un peu crevé… rappelle-moi de démissionner avant la prochaine cérémonie.

- Faut dire que tu prends ton travail très à cœur… les parties de jambes en l'air avec ta patronne, c'est compris dans les heures sup ?

Duo prit un air contrit et riposta mollement :

- Haha ha…bon d'accord, je la mérite celle-là.

Amusé de la mine pathétique de son ami, Trowa l'embrassa de nouveau, comme pour le consoler.

- Toi, tu as besoin d'un câlin.

- Oh oui…et de vacances aussi.

Le français enlaça son ami, et le berça tendrement.

Il n'avait jamais comprit pourquoi, mais le personnage de Duo l'avait toujours ému, lui que rien d'autre n'atteignait vraiment.

Peut-être parce qu'il n'avait pas lui non plus de vrai identité, Duo Maxwell n'étant qu'un nom factice, inventé de toute pièce par les aléas de sa misérable vie.

Trowa Barton, lui non plus, n'existait pas réellement, un nom d'emprunt, mais sans véritable valeur à ses yeux.

Ou alors, était-ce cette constante mélancolie qu'il avait perçu des le premier jour dans le regard de l'américain qui l'avait irrémédiablement attendri?

Ses nombreuses, et trop souvent dissimulées qualités, qu'il avait percé à jour,et qui forçaient l'admiration?

Il ne sut jamais ce qui l'avait poussé à prendre son cadet sous son aile, mais il appréciait leur tendre complicité.

Ils restèrent ainsi quelques instants avant que le Français ne rompit le silence installé.

- Tu m'expliques alors ?

- … oh non, pas maintenant… gros câlin d'abord !

Le ton du Duo était suppliant, … irrésistible.

- Ca me va. Mais au fait, ça ne risque rien ta blessure ?

- Non…pas si c'est moi qui mène la danse.

- Pff…c'est facile, ça ! Toujours à vouloir le beau rôle !

- T'adore ça !

- Pff…Et en plus t'as raison…

Les deux hommes se dirigèrent vers la chambre de l'américain, tout en abandonnant ça et là quelques habits devenus gênants.

Plus tard….

Deux corps en sueur, tendrement enlacés, reprenaient peu à peu leurs esprits.

Le français fut le premier à rompre le silence complice qui régnait entre eux.

- Je ne m'en lasserai jamais… Pourquoi c'est toujours comme ça entre nous ?

- Parce que je suis un dieu ?

Les deux amants pouffèrent de concert.

- Je ne sais pas si tu en es un, mais en tout cas, tu n'as rien d'un chérubin, ça je peux te l'assurer… si seulement les mecs étaient tous comme toi…

- Quoi, il n'est pas bien ton acrobate ?

- Oh si, il est souple comme une liane…mais il en a le cerveau aussi.

- Oui, mais comme dirait un certain personnage de film, « ce n'est pas la cervelle qu'on suce ! »

De nouveau, un rire éclata entre eux.

- Tu vois, c'est pour ça que tu m'as manqué !

- Eh bien, …je vais croire que tu es love de moi ?

- Moi, love, jamais !…l'amour, c'est mal !... mais je dois avouer que de tous mes amants, tu restes mon préféré… je crois même que s'il n'y avait pas Heero, …heu…enfin…tu vois quoi ?

L'évocation du japonais jeta un froid dans l'atmosphère si détendue jusqu'alors.

Trowa s'en voulu d'avoir été si direct… mais il n'était pas mécontent d'avoir lâcher la bombe « Heero » dans la conversation.

Duo, se bouina contre le torse de son amant, jouant distraitement avec une ses mèches de cheveux, comme perdu dans ses pensées… ou bien essayait-il tout simplement de taire le sujet sensible.

- A quoi penses-tu, Duo?

Ce dernier sortit de sa torpeur et caressa un peu plus la nuque du français.

- …Tu sais que ça te va bien les cheveux longs ?

- Merci…en tout cas, ça a l'air de te plaire… Mais ce n'était pas ma vraie question.

- Je sais….

L'américain embrassa tendrement Trowa qui lui rendit immédiatement ses attentions.

Puis il se repositionna sur sa poitrine et reprit d'une voix résignée.

- Je sais… mais par quoi commencer…

- Par le début… Pourquoi Réléna ?

- Tu n'as pas l'impression que c'est plutôt la fin, là ?

- La fin des haricots, c'est sûr !

- Pfff… t'es dur !...

- Allez, raconte ! je n'en peux plus de savoir.

- Réléna…Ben…Je travaille pour elle, on est quasiment toujours ensemble…forcément ça crée des liens…

- C'est quoi ce mélo que tu me fais là…Attends, j'ai travaillé plusieurs années 24h sur 24 avec Quatre, et je me le suis pas tapé pour autant !

- Parce qu'il est hétéro, parce que dans l'autre catégorie, entre Heero et moi, tu as fait carton plein !

- Ok, je te l'accorde… moi je suis un obsédé, tout le monde le sait…mais toi, TOI et La Hyène !

- Ne l'appelle pas comme ça… s'il te plait…

- Mais enfin, tu la détestais ! Je n'ai même pas encore compris comment tu as accepté ce job !

- J'avais mes raisons…et les gens changent…elle a changé.

- Non mais je rêve !… Et …Et Heero dans tout ça ? Non, parce qu'il me semblait bien que c'était de lui l'amour de ta vie…

- Il l'est toujours…

Duo avait prononcé sa dernière phrase avec une pointe de mélancolie.

Le français saisit le menton de son ami pour l'obliger à lui faire face. Mais ce dernier détourna le regard.

- …Mais c'est compliqué.

Trowa se sentit un peu brutal dans son questionnement. L'américain était en train de se soustraire à son interrogatoire, probablement blessé par le ton accusateur qu'il venait d'employer.

Il préféra reprendre d'une voix plus douce, tout en caressant le dos de son ami.

- Allez, Duo, tu sais très bien que tu peux tout me dire… Je croyais qu'on n'avait pas de secrets…mais là, je reste perplexe… Tu largues Heero parce qu'il est avec Réléna… Tu refuses de le reprendre quand tu apprends qu'il n'est plus avec , en prétextant que tu m'aimes…non pas que je ne sois pas flatté, mais nous savons tous les deux que ce n'est pas le cas, …. Et maintenant tu sors avec elle… je suis complètement largué…

- Ah…tu es au courant de ça…

- Oui, nous avons un peu parlé pendant la cérémonie… c'est fou comme te voir rouler une pelle à la princesse peut inspirer comme conversation.

- … Je ne sais plus où j'en suis, Tro… Je…croyais faire pour le mieux… Mais je… ne sais plus quoi faire.

- Si tu commençais par tout m'expliquer, tu ne crois pas ? Histoire que je ne me tape pas la tête contre les murs. Comme, par exemple, la raison pour laquelle tu m'as fait croire que Heero t'avait planté.

- Je n'ai jamais rien dit de tel…mais vous sembliez tous si convaincus après l'histoire de mon … accident.

- Accident ? … Tu as essayé de te foutre en l'air, Duo ! L'accident, c'est que j'ai pu in extremis t'éviter cette connerie.

- … Oui, d'accord… Bon pour faire simple…

L'américain prit quelques instants avant de poursuivre :

- … Lorsque je les ai vus ensemble, j'ai vu rouge, c'est vrai… J'ai vraiment été mortifié d'apprendre qu'il ne m'avait pas attendu, alors que je lui avais promis de quitter Hilde… Et pire, qu'il n'avait rien dit à Réléna à propos de nous… Je pensais qu'il m'avait raconté des mensonges, que notre histoire, c'était du flan… Moi qui comptais les jours qui me séparaient de lui…Tu sais, ce n'était pas rien pour moi que d'accepter mon amour pour lui, ça représentait tellement de choses, de prise de risques, de peur enfouie… j'avais enfin accepter d'aimer à nouveau…et je le surprend au pieux avec une autre… j'étais très en colère, et blessé,… surtout blessé.

- Et c'est pour cela que…

- Non… en fait, je suis allé trouver Heero pour lui dire ma façon de penser, voire accessoirement lui péter la tronche ou le laisser me dire qu'il regrettait et que c'était juste une erreur… bref… tirer les choses au clair.

- D'après ce que Heero m'a dit, vous n'avez jamais eu cette conversation.

- Effectivement. Car je suis tombé sur Réléna avant…

Falsh back :

Trois ans plus tôt, palais de Sank :

Le lieutenant Maxwell venait d'être annoncé à l'entrée du palais.

Conformément aux ordres de la souveraine, celle-ci fut immédiatement avertie et intercepta le visiteur avant qu'il n'atteigne le bureau d'Heero.

- Bonjour Duo, puis-je savoir la raison de ta présence ?

- Je dois parler à Heero…

- Il est occupé.

- Et bien, il va faire une pause.

- Non.

- Pardon ?

Duo était indigné.

Depuis quand lui interdisait-on une visite à son ami ?

Et, tout bien réfléchi…était-ce bien le jour de venir lui prendre la tête ?

- Je sais très bien pourquoi tu es ici. Tu nous as vu hier, je t'ai aperçu qui nous observais… et tu n'avais pas l'air ravi, n'est-ce pas ?

- C'est le moins qu'on puisse dire… mais ce n'est pas à toi que je veux en parler, alors…

La jeune fille le retint par le bras et le fixa dans les yeux.

- Je sais ce qu'il y a entre vous…

- Et bien raison de plus pour que tu me lâches avant que je ne devienne désagréable.

- Pas avant d'avoir entendu ce que j'ai à te dire.

Le ton sans appel de la jeune souverain intrigua l'américain.

- Très bien, parle, mais fais vite.

Réléna marqua une pause, puis se lança :

- Tu aimes Heero… moi aussi. Quand à lui, je pense qu'il nous aime tous les deux. Peut-être même t'aime-t-il plus que moi… mais au final, c'est vers moi qu'il s'est tourné.

L'américain la fixa durement et émis un sourire mauvais.

- Rien n'est définitif.

- Certes. Peut-être te choisira t-il ? C'est même probable… c'est pourquoi je ne courrai pas ce risque.

- Ah, et tu comptes t'y prendre comment ? Dois-je y voir une menace ?

Duo défiait ouvertement sa rivale. Mais cette dernière n'en paru nullement touchée.

- Non. Une proposition… le genre que tu ne saurais refuser.

- Je ne comprends rien à tes inepties… laisse moi passer.

- Je te propose un marché, et je te conseille de l'écouter… après, je te laisserai parler à Heero, si tel est ton désir.

L'exaspération se lisait clairement sur le visage du jeune homme, mais il consentit à patienter encore quelques instants.

- Ok. Mais n'abuse pas trop de mon temps… je ne suis vraiment pas d'humeur.

- Suis-moi.

Réléna désigna un endroit plus reculé, à l'abri des oreilles indiscrètes.

Elle invita l'américain à s'asseoir sur une des fauteuils, et s'installa sur le sofa d'en face.

- Bien, j'essayerais d'être concise, mais je te serais grée de ne pas m'interrompre.

- Je t'écoute.

- Heero est très confus en ce moment. Il est perturbé par les sentiments qu'il a pour toi, alors qu'un avenir brillant à mes côtés s'offre à lui. Oui, je sais, il n'est pas opportuniste. Mais la paix des colonies reste une priorité pour lui, et l'avenir des colonies… c'est moi. Or moi, j'ai besoin de lui. J'ai besoin de lui pour ma sécurité, mais aussi pour partager ma vie. Je l'aime profondément, et je sais pertinemment que des hommes comme lui, il n'en existe que trop peu pour les laisser partir…

Devant l'air de mécontentement de son vis-à-vis, la jeune fille anticipa une quelconque interruption.

- Egoïste, oui je le suis. Mais je suis la souveraine du système, je m'en octrois le droit. Crois-tu qu'il soit facile pour moi d'assumer la lourde charge qui est mienne à mon age ? J'ai 18 ans, Duo, 18 ans. Je risque ma vie à chaque instant et je n'ai que lui pour me soutenir. Le seul en qui je puisse avoir confiance, le seul sur lequel je puisse compter… Tu n'as pas le droit de me prendre ma seule raison de tenir, de ne pas craquer… je sais que tu comprends, car toi aussi tu te bats pour le même idéal. Je pense même savoir que tu es le plus idéaliste d'entre nous.

Duo ne put se taire plus longtemps.

- Mais que fais tu de ses sentiments ? Et des miens ? Enfin… te rends tu comptes de ce que tu me demandes ? Tu ne peux pas croire que je vais rentrer dans ton jeu ?

- D'où ma proposition : L'avenir de L2, contre ton amour pour lui.

- C'est une blague ? … Et puis d'abord, que vient faire ma colonie dans cette histoire ?

- Non, c'est une promesse. Tu t'effaces de sa vie, tu le laisses à mes côtés… Et moi je m'engage à relever L2 de sa situation misérable. Du sais-je en perdre la vie, car tu sais comme moi que cette action risque de créer bon nombre d'ennemis, je me battrai auprès du conseil pour que ta colonie revive. Je m'y engage.

Elle devait plaisanter.

Oui, c'était sûrement une plaisanterie.

Elle n'était quand même pas en train de lui proposer une telle chose.

L2…la colonie la plus pauvre du système… un peuple entier qui vivait dans la famine, la prostitution et les maladies… rejetés de tous… La colonie oubliée par excellence dans tous les projets, budgets, et autres investissements…

Le jeune homme repensa à sa dernière visite sur sa colonie, lors de sa rupture avec Hilde : tout était pire qu'avant la guerre… tellement pire.

Il prit conscience de l'ampleur de l'enjeu.

Il connaissait assez bien Réléna pour savoir qu'elle était sérieuse.

Que sa parole était sans faille.

Il l'avait toujours respectée pour cela.

Mais elle ne pouvait quand même pas imaginer que Heero soit monnayé de la sorte.

- Je … je n'ose croire ce que j'entends. Tu es folle…. Tu utilises Heero comme une vulgaire marchandise… et tu prétends l'aimer…

La jeune fille comprit immédiatement que la partie était gagnée.

Depuis toujours, elle connaissait le combat que menait le lieutenant Maxwell pour sauver sa patrie du chaos.

- C'est ma vie que je mets en jeu, Duo, pour lui, et parce que je pense que c'est aussi le mieux pour lui, et pour nous tous. Tu sais comme moi que la corruption gangrène tout le système, et que les ambitions démesurées de certains nouveaux dirigeants des colonies peuvent nous faire revivre une nouvelle guerre. ET tu sais aussi que je suis la seule à pouvoir empêcher cela… et que je suis prête à tout pour maintenir la paix…. Mais seule, je n'y arriverais jamais.

- Tu es cruelle.

- Je le concède volontiers. Mais tu sais que j'ai raison… et que je n'ai qu'une parole.

- Tu as bien prémédité ton coup, Rel… tu … tu sais que je ferai tous les sacrifices pour ma colonie… Tu connais tout de ma vie… tu sais à quel point je me battrai pour que L2 sorte de la misère…

- Alors accepte, Duo, Accepte…. Pour qu'il n'y ait plus de nouveau Duo maxwell sur L2… pour qu'il n'y ait plus d'enfants affamés dans les rues… Pour que le combat de toute ta vie prenne enfin un sens.

- Je … je ne peux pas lui mentir… ne me demande pas ça.

- Alors vas-t-en d'ici Duo. Nous partons ce soir même sur ta colonie… et je compte tenir mon engagement dès aujourd'hui… Laisse moi te prouver à quel point ton sacrifice sera bénéfique.

- Tu ne peux pas le contraindre à t'aimer, t'en rends-tu compte ?

- J'en suis bien consciente. Je te demande juste une chance de le garder auprès de moi, rien de plus. Mais pour cela, j'ai besoin de ton aide Duo, car si tu restes présent dans sa vie, il me quittera.

Fin du flash back

Trowa restait interdit face au récit de son amant.

- Et … Tu es parti ?

- Oui.

- Mais c'est ignoble… comment a-elle pu te faire un tel chantage ? Et comment as-tu pu accepter…

Le français s'interrompit lorsqu'il vit les larmes couler sur les joues de Duo.

Il comprit alors, la portée de ses paroles, l'ampleur de cette révélation…

Le sacrifice de son ami.

Le redressement spectaculaire d'une colonie pourtant au bord du chaos à la fin du conflit… Une colonie qui avait tour à tour vu naître, orphelinats, hôpitaux, usines, écoles… qui était maintenant citée en exemple…

Et qu'une souveraine soutenait sans faillir depuis le début… envers et contre tous.

Tout en maintenant avec force la paix dans le système.

- … Bien sur que tu l'as fait… parce que cela en valait la peine… hein Duo ?

- …

- Je comprends… et tout me parait plus clair à présent…. Tout…

- …

- La tentative de suicide…

- Co … Comment je pouvais vivre après ça… je l'avais vendu comme un vulgaire objet…

- Ton soit disant retour avec Hilde… ton amour pour moi…

- Je … Je ne pouvais plus faire marche arrière… je n'ai pas cessé de lui mentir… je me déteste, si tu savais. Si tu n'avais pas été là, je crois que j'aurais vraiment fini par me suicider… mais ce que je n'avais pas prévu, c'est…

- Qu'il parte… C'est donc pour cela que tu as repris son poste ?

- Oui. Je l'ai demandé immédiatement à Une. Elle en fut bien surprise, connaissant notre inimitié, mais elle n'avait pas de meilleure option.

- Et donc, tu as repris le rôle d'Heero, jusqu'au point d'être son amant.

- Non, ce n'était pas le plan.

- Et pourtant.

- Je voulais juste garantir sa sécurité. Une fois dans sa garde rapprochée, j'ai saisi la véracité de ces propos… les pressions, les menaces, la désarroi d'une femme seule contre tous, une femme si fragile…je l'ai vu sous un nouveau jour… Je suis devenu son confident, son conseiller, son ami…Heero nous manquait tant, qu'il nous a rapproché… Ces trois derniers mois, nous avons échappé à trois attentats… l'avant- dernier fut très éprouvant pour elle… j'étais là pour la réconforter… tu connais la suite.

Le ton compatissant de Duo fit sortir le Français de ses gonds.

il se redressa sur ses coudes et rétorqua.

- Je rêve... je dois faire un cauchemard... Non parce que là, je t'écoute compatir pour cette pétasse qui t'a fait chanter tout ce temps, qui a détruit ta vie et celle d'Heero, ...j'hallucine grave, il y avait de la drogue dans ton lubrifiant, ou je dois acheter d'urgence un sonotone? DUO... Tu défends un monstre! REVEILLE-TOI! VIRE CETTE GRELUCHE DE TA VIE!... Et HEERO DANS TOUT CA? ... IL VA TENIR LA CHANDELLE? TU COMPTES LUI DEMANDER D'ETRE TON GARCON D'HONNEUR PEUT-ETRE?

L'américain fusilla Trowa du regard...mais ne répondit rien.

Il quitta le lit pour se perdre dans la contemplation de la rue, au travers de la fenêtre.

Puis il se mit à parler sans émotion, comme éteint.

- Parce que tu crois que je le vis bien peut-être? Tu crois qu'il ne se passe un seul instant de ma misérable existence sans que je ne pense à lui... à ce que je lui ai fait...à ce que j'ai perdu...

Trowa regrettait déjà son emportement.

Il connaissait trop bien le natté pour ne pas comprendre que ses dernières paroles l'avaient terriblement blessé... et il ressentait la souffrance qui ponctuait chacune des phrases que Duo articulait péniblement.

- Duo, excuse-moi...

Mais Duo ne semblait pas l'écouter, il continuait à parler les yeux dans le vague.

- Toi qui me connais si bien...que crois-tu que je puisse ressentir en ce moment?

- Duo...

- J'EN CREVE!

- ...

- Mais c'est comme ça! J'ai cherché tout ce qui m'arrive, d'une manière ou d'une autre... alors je n'ai d'autre choix que de l'assumer aujourd'hui!

- Ne dis pas ça...

- J'ai tout sacrifié pour ma colonie, et tu crois que je vais tout laisser tomber maintenant?...Non! Parce que sinon, mon sacrifice n'aurait aucun sens! Oui, Réléna a mal agit, mais moi aussi, j'ai mal agit! ... Et depuis le départ d'Heero, elle n'a pas cessé de payer sa dette envers moi, elle a continué son combat pour ma colonie, en rédemption de ces méfaits... Elle s'est excusée des dizaines de fois, elle m'a même suppliée à genoux de la pardonner pour ses actes...

- Et tu lui as pardonné, alors c'est vrai... tu ne lui en veux pas de ce qu'elle a fait?

- Elle n'a rien fait de plus que d'essayer de survivre dans ce monde de merde! A sa façon, avec ses armes...Que celui qui n'a jamais rien fait de dégueulasse pendant cette putain de guerre lui jette la première pierre...

- Tu as raison ... sur ce point. Mais Duo, de là à être son amant...c'est pousser le pardon un peu loin, non?

- Elle m'aime, Trowa... Aussi pathétique que cela puisse paraître, Réléna est tombée réellement amoureuse de moi...Et malgré tout ce qui c'est passé... j'ai beaucoup d'affection pour elle... parce qu'elle a donné un sens à ma vie.

- Tu n'en es pas plus heureux pour autant... elle doit bien le ressentir, non?

- Tu la crois dupe de mes sentiments à son égard? Elle sait que je ne l'aimerais jamais comme j'aime Heero, elle sait pourquoi je reste à ses côtés... elle sait même que j'ai des amants, et que je suis avec l'un deux en ce , Trowa... tu me crois victime, mais la vraie victime, c 'est elle... Parce elle qui est tombée amoureuse d'un homme qui ne reste avec elle que par intéret, par pitié... C 'est peut-être ça, sa manière d'expier... je sais bien qu'elle ne dort plus depuis le retour d'Heero parce qu'elle tremble à l'idée que je puisse revenir vers lui... Et le pire, dans tout ça, c 'est que je sais qu'elle me laisserait partir, juste par amour.

- Alors fais-le! Retourne auprès d'Heero.

- Je pourrais la quitter et le rejoindre, le supplier de me pardonner, même si je ne mérite en aucune façon son pardon, mais sans moi, elle ne tiendra pas deux semaines... parce que je suis le seul à pouvoir l'aider dans son combat...parce qu'elle a besoin de moi. Et qui pourrait gouverner à sa place, dis-moi?

- ...

- ...Alors dis-moi, Trowa, qu'est-ce que je dois faire?

- Tu dois dire la vérité à sais qu'il va vouloir des réponses…

- Et je lui donnerais…je le lui dois…je ne veux plus lui mentir…

- Il peut ne jamais te pardonner.

- Qui pourrait le lui reprocher ?

- Mais s'il te pardonne…

Le ton du français se fit insistant, voulant signifier à Duo qu'Heero n'abandonnerait pas la partie aussi facilement.

L'américain saisit le message... il se massa douloureusement les tempes et répondit d'un ton résigné.

- …Je ne peux pas la quitter.

Mais Trowa enfonça le clou:

- Tu te vois affirmer ça à Heero ?

- Non…

Trowa se permit un sourire triomphant dans le dos de son ami... Alors, rien n'était perdu... Bien décidé à extirper le natté des griffes de la souveraine, il reprit son interrogatoire.

- Que vas-tu faire ?

- Je crois que je vais attendre de lui avoir tout avoué…Le reste viendra tout seul, quelque soit l'issue de la conversation…je ne te cache pas que je redoutais sa présence lors de la cérémonie. J'ai été si heureux de le revoir, mais aussi si paniqué…Mais il faut bien que la vérité soit dite un jour où l'autre…je…je crois que je n'aurais pas pu attendre plus longtemps.

- Eh bien, vivement demain… je sens qu'on va passer un super week-end !

Le ton enjoué de Trowa eut le mérite de faire se retourner l'américain.

Il croisa le regard de son homologue et sourit à son tour.

- oui... Sacré week-end en perspective. N'en parle à personne d'ici là, s'il te plait.

- Ca va être très compliqué…je connais certaines personnes qui m'attendent de pied ferme pour me soutirer des infos…des personnes expertes en matière de torture en tous genre…je ne te promets rien.

- Essaye au moins de faire dans le soft.

- Promis… je peux me permettre un conseil ?

- Vas-y, c'est le bon moment je crois… Mais si c'est pour me dire qu'il faut que je mette un gilet pare-balles avant de parler à Heero, sache que j'y ai déjà pensé.

- Non, quoique l'idée soit excellente, …je voulais juste te dire que tu dois t'attendre à ce qu'Heero ne lâche pas le morceau. D'après ce que j'ai vu et entendu hier, il t'aime comme un fou, et il n'acceptera pas de te perdre à nouveau, quelques en soient les raisons. Et j'espère qu'il en sera de même pour toi…La vie est trop courte pour souffrir comme vous souffrez tous les deux, Duo… Je pense que tu as largement payé ta dette envers L2 et Réléna… Et je pense aussi…

- Mais dis-donc, tu penses beaucoup toi en ce moment.

- Oui tu as vu, je me surpasse ! Je disais donc, je PENSE que le moment venu, tu trouveras une solution pour Réléna, quitte à lui trouver un nouvel amant.... Je PENSE, enfin, pour finir, parce que penser trop, ça use...que je vais perdre mon meilleur coup...que nos batailles sous la couette vont beaucoup me manquer... mais que même pour toi, mon ami, mon frère, je postulerais pas pour le poste de remplaçant en question.

- Crevure, et dire que j'y ai cru pendant un seconde...

La discussion était close, il n'y avait plus rien à rajouter.

Chacun savait quelle conclusion tirer de cette conversation.

A suivre.

Merci de m'avoir lue.