Auteur : Ukiwi
Titre : You know I'm no good
Genre : Romance, Drame (et beaucoup d'autres choses huhuhu)
Longueur : Inconnue pour le moment (en fait ca va etre long)
Disclaimer : J.K. Rowling
Résumé : Harry Potter vit paisiblement, dans un pensionnat en Autriche. Jusqu'au jour où un élève - qui est différent de lui dans bien des domaines - fait irruption dans son quotidien... et change beaucoup de choses. Fanfic UA sur fond de guitares et de HPDM !
Résumé du chapitre 6 : Chapitre concentré sur Théodore, colocataire de Harry et membre du groupe de Malfoy. On y assiste notamment à la noyade de Dean Thomas causée par Malfoy. Tout ces évènements se passent dans l'attente de la fete de Marcus Flint, le mercredi soir.
Note inutile de l'auteur : Bonjour les gens ! Ca fait longtemps (en meme temps c'est vraiment de ma faute la...) Quand je pense que le chapitre 6 datait de mai, j'ai envie de me frapper pour tant de lenteur. Cela dit il y a eut (comme d'habitude) beaucoup de circonstances atténuantes (les vacances d'été, le bac, la flemme, la reprise des cours etc)
Bon bref tout ca on s'en fout. J'espère que le chapitre 7 vous plaira, j'ai fait exprès qu'il soit vraiment mais alors vraiment long !
NOTE IMPORTANTE : l'histoire sera désormais divisée en deux parties :
- La première (celle la en fait) concerne l'année de première de Harry et Draco, qui ira du mois d'octobre à juin.
- La deuxième concernera leur année de terminale.
Forcément, inutile de le préciser, ce découpage n'est pas uniquement en fonction de leurs années scolaires mais plutot au niveau de leur relation et de leur changement respectif de mentalité.
Donc pour le moment Harry reste un garcon soumis au terrifiant Malfoy. Mais la donne changera mes amis, n'ayez crainte !
Remerciements : à tous les lecteurs ! et plus particulièrement à yuna, loveful, Cleo McPhee, sati san, Daelys, amachanx3, littlemischief, LN et ma fidèle BadComp !!! :D
Bonne lecture à tous !!
CHAPITRE 7 : Chez Marcus Flint. (POV Harry)
« - Plus qu'une semaine !
- Déjà ? »
J'observe mon colocataire s'étirer lascivement, un énorme sourire aux lèvres.
« - Ca sera la soirée du mois Harry !
- ... Mouais !
- Quand je pense que j'ai réussi à t'obtenir une invitation, tu devrais me témoigner quand même un peu plus de reconnaissance... ! »
- Je voulais juste te demander si tu étais suffisamment proche de Potter pour savoir s'il venait à la fête de mercredi…
- C'est tout ?
- Pour le moment. »
J'aimerais avoir la force de lui mentir, d'affirmer à voix haute que je ne l'ai jamais invité. Mon regard se fait fuyant, il l'a remarqué, c'est sûr. Après quelques secondes de débat intérieur, je capitule, mortifié par ma lâcheté :
« Oui. »
Malgré ma honte, je lève les yeux. Comment décrire Malfoy en position de triomphe ?
Tout d'abord, son visage témoigne de l'événement : ses paupières se closent avec délectation, gravant le moment dans son esprit, ses narines sont un peu dilatées, comme un drogué en pleine jouissance, puis une seconde plus tard, tout change, au profit d'un rictus arrogant.
- Merci ! Au revoir !
On sort d'un grand centre commercial, des sacs pleins les mains, nos portefeuilles respectifs bien allégés. Le soleil rayonne sur l'une des plus grande rue commerçante de Vienne.
Hermione me sourit. Je lui souris en retour, même si mon regard se porte ailleurs, juste derrière en fait. Elle n'est pas dupe – cette fille ne supporte pas de ne pas avoir l'entière attention de son interlocuteur - alors elle se retourne : Théo marchant dans la rue.
Il ne porte pas son uniforme, il se balade comme ça, après les cours. Le sourcil de ma meilleure amie se fait interrogateur, mais une lueur de compréhension la traverse lorsque Théo s'écarte vers la droite, laissant apparaître Malfoy.
« - Sois honnête Harry.
- Quoi ?
- Qu'est-ce qui t'arrive ?
- Moi ? Euh rien… »
Je fais mine de fouiller dans un sac et en sort une chemise bleue aux rayures blanches. Changer de sujet, vite.
« - Wow ! Au moins je sais quoi mettre demain soir !
- Tu sors ce mercredi soir ?! » s'exclame-t-elle
Je marmonne un ridicule « - Euh…
- Mais Harry ! On est en semaine ! On a cours le lendemain !
- Ca ira, je rentrerais pas tard. »
En tentant de rassurer mon amie un peu trop maternelle, je réalise que je suis en train de lui mentir.
« - Et tu m'avais même pas prévenue…
- Désolé, c'est juste une fête où Théo m'a supplié de l'accompagner.
- Une fête… Avec Théo ? Mais vous avez aucun ami en commun !
- C'est pas grave, je rencontrerais de nouvelles personnes !
- Mais c'est nous tes amis ! Et on avait organisé une soirée DVD avec Ron…
- Bof, j'ai pas envie de tenir encore une fois la chandelle.
- Tu pourrais inviter Cho… Ron m'a raconté qu'elle est intéressée par toi.
- Était intéressée. Et le truc c'est que ce n'est justement pas réciproque. »
Elle commence à bouder, vexée que je l'abandonne.
« - Tu vas pas y aller quand même !
- Bah si…
- Sois réaliste, y'aura tous les soi-disant « populaires » du lycée… Plutôt mourir que de mettre les pieds là-bas.
- De toute façon, t'es pas invitée. »
Hermione reste silencieuse face à ma pique. Je le reconnais, j'ai été un peu trop méchant. Mais elle m'a cherché aussi ! Contrairement à elle, j'ai envie de fréquenter d'autres personnes et pas de toujours rester avec les mêmes !
Minute… C'est pas moi ça... C'est pas du tout mon genre d'agir comme ça avec mes amis ! Je tente de m'excuser :
« - Désolé Hermione, je suis un peu sur les nerfs récemment. Je le pensais pas.
- Si tu le dis…
- Je suis vraiment désolé. Je te jure que j'adorerais venir mercredi soir, mais Théo parle de ça depuis des semaines, je peux pas le laisser tomber.
- Bon ça va alors… »
Je l'étreins, embarrassé par ce qu'il vient d'arriver. Malfoy a vraiment une mauvaise influence sur moi.
Ah, justement, il me fixe, narquois, de l'autre côté de la rue. Théo a l'air gêné à côté. Je le défie du regard de m'approcher.
Mauvaise idée, sa maxime préférée reste en effet « faire toujours le contraire de ce qu'on attend de vous ». Il nous rejoint rapidement.
« Bonjour ! »
Sa voix est étrangement chaleureuse, il s'adresse à nous avec un plaisir non contenu. Je l'observe, interdit : son visage est totalement rayonnant, un effet sans doute dû à ses pupilles d'un gris pétillant et ses joues colorées. L'humain en face de moi est vivant, et même pire, heureux de l'être.
Bien sûr, tout cela n'est que comédie, mais ça reste impressionnant : Malfoy s'applique. Il ne veut plus faire peur ou intimider ses victimes, il veut les rassurer pour mieux les détruire.
Hermione finit par balbutier une réponse.
« Veuillez m'excuser de mon impolitesse, je ne me suis pas encore présenté : je m'appelle Draco Malfoy. »
Il lui adresse un sourire ravageur, plein de charme et de confiance, auquel mon amie n'est pas insensible.
« - Et moi… je suis Her…
- mione Granger. Je le savais déjà. »
Il a du répété son texte, c'est pas possible. Lui, l'égocentrique mégalomane qui a mit deux ans pour retenir mon prénom, connaît celui de ma meilleure amie. Et pire, il s'en vante. Je rêve…
« Alors Harry – sourire suave – que fais tu ici ? »
Je suis surpris, je n'ai pas l'habitude d'être appelé autrement que par des sobriquets de sa part. Pris au dépourvu, je réplique :
« Je fais du tourisme, ça se voit pas ? »
Un rire bref fait écho à mon ironie.
« - Bien sûr, bien sûr ! En réalité, je dois avouer que je suis venu te parler par intérêt.
- Mais encore ?
- J'aimerais vous inviter ce weekend.
- Moi aussi ? – bredouille Hermione –
- Évidemment : les amis d'Harry sont aussi mes amis. »
Quelle performance ! Il a même soigné son costume : un cachemire vert élégant, qui sied à merveille à sa chemise de marque, lui donnant l'air d'un riche héritier bienveillant.
« - Et nous inviter où ? – je réponds, méfiant –
- Disons ce samedi soir à l'opéra, dans la loge familiale des Malfoy, ça vous intéresserait ?
- Oh mon dieu Harry ! Il y a Don Giovanni au « Stadtsoper » ce soir là ! Cela fait des mois que c'est complet ! On doit absolument y aller ! »
Elle me supplie, complément envoutée par l'être démoniaque en face de nous. Théo fait juste office de témoin, passif. Tout dépend de moi. Ils attendent tous que je prenne une décision.
« - C'est d'accord…
- Parfait ! »
La maison en est une de ces typiques du dix-huitième arrondissement : spacieuse, somptueuse, indécemment luxueuse, qui en met plein la vue. Dans le quartier de Grinzing, qui se situe un peu à la périphérie de Vienne, ce genre de propriété est banal, ça regorge de partout.
Cependant, ce soir la villa de Marcus Flint diffère des autres. Comme un monstre qui viendrait de s'animer, les murs tremblent en rythme avec les pulsations, de nombreux faisceaux lumineux se propagent partout et un fond sonore ponctue le tableau.
Assis sur le bord du trottoir, juste en face, Théo sort de son sac une bouteille, enveloppée dans un tissu rouge flamboyant. Il en boit plusieurs gorgées, d'un air dégouté, et me la tend.
« Allez, ça donne du courage… Même si c'est vraiment dégueulasse. »
Finalement sa justification ne m'étonne pas… Après tout, quel autre moyen que l'alcool pourrait aider Théo à s'intégrer dans une fête ? Il déteste parler aux inconnus et se renferme habituellement dans sa carapace de mec arrogant-et-super-détestable avec tout ceux qu'il ne connaît pas.
Bien sûr, si l'on est proche de lui comme je le suis, on comprend qu'il est complètement apeuré dès qu'on aborde d'autres sujets que la bourse ou les investissements immobiliers.
Je bois tout ce qu'il reste, cul sec. J'ai promis à Malfoy que le jeu avait commencé, et bien il va découvrir un nouvel Harry Potter ce soir ! Le goût amer du liquide me fait tourner la tête. Je me dirige vers l'entrée de la demeure d'un pas maladroit.
Le temps passe. Je me sens un peu seul, comme ça, abandonné au milieu du salon de Marcus Flint. D'habitude quand je vais à une soirée, l'ambiance est bonne enfant, les invités se socialisent, plaisantent, boivent même ensemble. Ici, c'est chacun pour soi, on attrape son plaisir à la volée, comme on peut, en solitaire ou parfois même aux dépens des autres.
Personne ne m'adresse la parole, ils sont tous trop occupés. Ils sont sans doute à la poursuite de ce fameux bonheur artificiel, où tout nous fait rire et où séduire devient beaucoup plus facile.
Ce n'est sûrement pas un hasard si Théo a bu et m'a fait boire, l'alcool est l'une des clefs qui ouvrent la porte de la débauche. Le maître mot ? Tout oublier, faute de pouvoir donner un sens à sa vie, on se sent exister l'espace d'un instant.
Dans une jungle de corps, je me fraye un passage, cherchant un visage connu tout en sachant pertinemment que c'est inutile. Je vois défiler des silhouettes en train de danser, des formes effondrées par terre, en couple dans les recoins, dans une atmosphère si obscène que mon regard n'ose pas s'attarder sur eux par pure bienséance.
Alors c'est comme ça une soirée dans leur milieu de privilégiés ?
Les adolescents trop riches de notre lycée sont connus parmi nous pour avoir un point de vue qui se veut désabusé sur le monde : après tout si on a qu'une vie, autant en profiter, et cette recherche effrénée d'expériences fortes résulte tout simplement de cette philosophie.
J'ai très bien compris mon identité ici : je suis un intrus, mais déjà l'alcool ingurgité se diffuse dans mon sang, et je sombre ainsi de l'autre côté.
Là, ça devient rapidement plus jouissif. Je les rejoins, mes mouvements sont encore plus gauches que d'habitude. Mais étrangement ça ne me perturbe pas, la musique trouve un certain sens, je ressens un rythme particulier, infiniment subjectif, et je me laisse porter.
Je danse au milieu de la foule pour moi-même, persuadé que personne ne peut me comprendre et pourtant nous sommes tous connectés ce soir, relégués au même statut de transe.
Un mec passe devant moi, me donne des shots de vodka, que je m'enfile avec plaisir. Le liquide âpre brûle ma gorge, je secoue ma tête pour oublier tout ça et me remet à danser de plus belle. La musique résonne en moi, je ne pense plus à rien d'autre. Ma tête se vide : j'oublie tout, qui je suis et où je suis n'ont plus aucune importance, même ma vie perd de sa crédibilité, tout se dédramatise. Je me sens bien. J'en veux encore plus.
Je cherche la cuisine, j'ai besoin de plus d'alcool. Vite. J'ouvre les placards à la va-vite, brutalement, la précision n'est plus d'usage à ce stade.
Au même moment, la porte s'ouvre d'un grand coup, laissant apparaître une Pansy Parkinson bien plus ivre que moi, qui m'interrompt en plein pillage :
« - Mais ! C'est Harry Potter qui se ramène !
- J'ai été invité - je rétorque du tac au tac, prêt à me défendre. -
- Non ça me dérange pas, t'as mal compris ! J'ai juste une mission à accomplir !
- Une mission ? »
Elle me fait un clin d'œil, plutôt effrayant que séduisant.
« Je peux pas en dire plus, mais tu dois me suivre jeune homme. »
Son ton est sans appel, et je me laisse entraîner facilement par Pansy à travers la maison, bien que j'en ai très moyennement envie. On traverse diverses pièces, plongées dans cette pénombre mystérieuse, éclairées par quelques spots.
Comme tout à l'heure, je contemple le décor et ses personnages avec l'ébahissement propre aux personnes ivres. La seule chose qui me rattache à une certaine réalité reste la main menue de Pansy dans la mienne, qui me tire en avant, toujours plus intransigeante.
Malgré la présence omniprésente de la musique, je parviens à percevoir ce qu'elle cherche à me communiquer. Quelqu'un est supposé m'attendre dans cette pièce. Elle m'encourage du regard d'ouvrir la porte : je m'exécute.
Des adolescents sont allongés par terres, certains dans des positions fœtales, d'autres appelant aux fantasmes, tous en état avancé d'ébriété. A côté d'eux, des déchets jonchent le sol, accompagnés de bouteilles d'alcools et de sachets plastiques.
Au centre, le seul assis sur un fauteuil est Zabini. Une blonde, affalée sur lui, l'embrasse à pleine bouche. Il se laisse dévorer avec désinvolture, la caressant sans entrain. Il la repousse dès qu'il me reconnaît.
« - Harry !
- Bonsoir Blaise.
- Ta présence ici ce soir n'est absolument pas compatible avec l'application du conseil que je t'ai donné.
- En plus clair ?
- Tu m'as pas écouté, tu t'es rapproché de Malfoy, tu t'en mordras les doigts. » La sentence est prononcée avec un petit sourire très agaçant, qui dévoile encore une fois ses belles dents blanches.
Je hausse les épaules avec nonchalance : « Je crois que je suis capable de choisir mes propres fréquentations. »
D'autres adolescents pénètrent dans la pièce, également amenés par Pansy. Je reconnais Millicent Bulstrode et Marcus Flint, l'air étonnamment calme pour une personne dont la maison est en train de se faire saccager. Ils nous rejoignent, saluent Zabini, m'ignorant stratégiquement du regard.
Après un instant qui s'apparente à une éternité, Millicent daigne s'intéresse à moi en me détaillant de haut en bas, avec une petite moue supérieure.
« - Tu t'appelles comment déjà ?
- Harry Potter, et toi ? – je demande en retour, ivre et donc amnésique -
- Quoi ? Tu plaisantes ? Tout le monde me connaît : je suis Millicent Bulstrode !
- Et moi, Marcus Flint » intervient l'autre avec un sourire, qui dévoile quant à lui d'importants problèmes dentaires.
« - Merci de m'avoir laissé venir chez toi au fait.
- Oh c'est rien, ça me fait plaisir, puis t'inquiètes pas y'a pleins de gens qui se sont incrustés.
- Ah ouais ?
- Y'en a vraiment qui ont un culot incroyable de se ramener ici – soupire Millicent.
- Après tout ce qu'il a fait, j'en reviens pas qu'il ait osé… » enchaîne Blaise.
J'hésite à les interrompre pour comprendre de quoi ils parlent.
« - Ce pauvre Théodore, il doit être vraiment désespéré pour faire comme si il s'était rien passé.
- Quoi ?! Qu'est-ce qu'il a fait Théo ?
- T'es pas encore au courant Potter ?
- Euh non… ?
- Y a une rumeur qui circule comme quoi il aurait forcé Dean Thomas à se noyer !
- Pas possible… Il serait incapable de faire du mal à une mouche !
- Nous aussi en tant qu'amis on pensait ça, mais on a trouvé un enregistrement vidéo sur son portable. »
Mon cerveau se stoppe.
Quoi ? Mon gentil Théo qui ferait ça ? Non ! Ca serait plus le genre de Malfoy !
Peut-être que c'est l'alcool qui me rend un peu paranoïaque, mais j'ai l'impression qu'ils me fixent tous pendant que je digère la nouvelle :
Mon colocataire est un psychopathe. Certes.
Brutalement, l'incrédulité me fait éclater de rire : « C'est drôle, je trouve ça complètement absurde. »
Ils me rejoignent tous dans mon fou rire.
Nous sommes interrompus par l'arrivée de Malfoy en personne, qui impose un certain silence tout en suscitant l'excitation dans la pièce. Les filles se relèvent toutes, s'arrangent les cheveux, remettent leurs tenues en place et certaines passent même leurs doigts sous les yeux pour effacer le noir qui aurait pu couler. Et lui, il fait abstraction de ces hommages pour venir me voir :
« - Harry ! Tu es venu !
- En effet…
- Je vois que tu as déjà rencontré tout le monde.
- Seulement Millicent, Marcus, Blaise et Pansy, en fait.
- C'est bien ce que je disais, tout le monde. » me coupe-t-il, catégorique.
On prend position sur les canapés de designers qui meublent l'endroit. Quelques filles viennent nous rejoindre, se pressant contre Malfoy. Deux d'entre elles prennent place dans ses épaules. « Tout le monde » les ignore. Leur conversation est composée d'un mélange de choses futiles et graves, toutes exprimées avec la même lassitude.
Seule ma présence semble les enthousiasmer.
« Alors monsieur Harry Potter c'est quoi le travail de tes parents ? » m'interroge Pansy avec interêt.
Malfoy répond à ma place :
« Ce n'est plus dans leurs cordes d'exercer un métier. »
Il n'y a que moi qui comprend l'ignoble sous entendu. Il s'amuse à faire allusion aux décès de mes parents tout en casant une référence au monde musical. Cependant l'alcool atténue mon indignation. Après tout la pique m'est uniquement destinée.
Aux yeux des autres, c'est juste une déclaration de possessivité : « je le connais mieux que personne ».
Le petit jeu perdure : les questions s'enchaînent, et pour confirmer son état de domination, il continue à y répondre à ma place sans que les autres s'en formalisent pas plus que ça.
« - Couleurs préférées ?
- Rouge et or. »
Comment le sait-il ?!
« - Alcool préféré ?
- Ah ! Celle là je confonds toujours… La tequila ? Non, réflexion faite, c'est le whisky, n'est-ce pas Harry ? »
Je hoche la tête avec stupeur. Il a vraiment l'air ennuyé d'avoir pu se tromper. Cette soirée est décidément absurde, il n'y a aucune logique propre.
Sitôt le test terminé, des débats prennent place. Ils veulent connaître mon point de vue sur la crise économique, mon avis sur les dernières élections en Autriche et mon choix entre deux groupes de musique. Ils m'écoutent religieusement, sans m'interrompre, à moins que cela soit pour m'implorer des détails. Mon opinion les passionne, c'est assez décalé je trouve.
Et Malfoy, lui, me mange des yeux, d'un air absent. Je devine qu'il n'écoute rien de la conversation. Il doit sans doute réfléchir à quelque chose de précis qui me concerne.
Je passe une excellente soirée, le groupe de Malfoy est vraiment de bonne compagnie. J'avais peur de finir comme les gens de la maison, mais mon exil dans cette petite pièce a eu du bon : j'ai rempli mes objectifs. J'ai rencontré de nouvelles personnes, peut-être même de futurs amis, qui sait ?
L'effervecence autour de moi s'atténue progressivement et l'ambiance redevient progressivement habituelle : après m'avoir laissé –plus ou moins- m'exprimer, Malfoy ne peut pas s'empêcher d'être le centre d'attention. C'est lui qui a toujours le dernier mot.
Je me lève pour aller aux toilettes, il se propose pour m'accompagner puisque je titube, stoppant ainsi leur discussion. Il m'amène au bout du couloir, désignant une porte.
Il sort rapidement un sachet de sa poche. Je n'ai pas le temps d'en voir plus, juste un flash coloré passant de son pantalon à sa main en un quart de seconde.
« Vas y, je t'attends ici, j'ai à faire. »
J'hausse les épaules : encore un mystère supplémentaire qui s'ajoute dans le dossier Mafoy, c'est pas comme si ça changeait quelque chose…
Dans les cabinets, je m'asperge le visage d'eau. À chaque jet dans la gueule, j'ai l'impression d'entrevoir un sursaut de lucidité. Mais aussitôt les gouttes dégoulinent, et je redeviens à la fois ivre et maladroit.
Lorsque je reviens, je m'aperçois que Malfoy s'est laissé glisser contre le mur, en m'attendant. Je l'interpelle, il ne réagit même pas, il est complètement inerte.
« Hey est-ce que ça va ? »
Je l'entends pousser un gémissement rauque.
« Mieux que jamais. »
Sa respiration se fait complètement saccadée, son torse se soulève et s'abaisse à un rythme affolant. Je saisis son bras, inquiet de le voir perdre contrôle à ce point. Ca me permet de sentir que lui, il est saisi de légères convulsions, d'infimes tremblements qui secouent son corps frêle, comme pour l'achever.
Paradoxalement, son visage exprime tout à fait autre chose. Il se mordille la lèvre de plaisir alors qu'il est pris de spasmes de plus en plus violent.
Il doit sans doute remarquer mon trouble puisqu'il tente faiblement de s'expliquer :
« - La dose était un peu forte...
- Je vois ça…
- Essaye.
- Je prends pas ce genre de merde.
- Je croyais que tu voulais changer.
- Y'a une différence entre changer et être inconscient. »
Sa moue me fait clairement comprendre sa réponse : « Tu t'astreins toujours à trop d'obstacles. Ouvre ton esprit à de nouvelles expériences. », qu'il est visiblement incapable de formuler à ce moment là.
Il paraît à des milliers de kilomètres de ce pauvre couloir. Il est en train de ressentir des choses que je ne vivrais jamais, je le réalise très bien. Malgré la proximité physique qui prend place entre nous, nous sommes si éloignés. Malfoy est en pleine exploration de son propre monde artificiel, où règne sa propre jouissance, en souveraine absolue.
Je reste comme ça, à côté de lui pendant des heures, pendant qu'il savoure les conséquences de ses actes. Je le tiens contre moi, je ressens tous les états physiques qu'il traverse et j'aime ça. Je me délecte de vivre cette expérience à travers un corps étranger.
Au fur et à mesure, je sens l'alcool s'évaporer progressivement, se faisant remplacer par cette douce folie qui possède Malfoy.
Il finit par se lever : « - Je veux danser.
- D'accord. »
On pénètre sur le dance floor, et Malfoy paraît tout sauf normal. Il bouge avec difficulté, mais vu son visage c'est comme si l'effort décuplait le plaisir par centaine.
La fumée se dilue en une sorte de nuage, qui envahi l'espace tout en enchevêtrant mon esprit, déjà embrumé d'alcool. Totalement à la masse, je danse comme dans une bulle.
Tout à coup, la chanson change, laissant place à une autre.
Je connais ces premiers accords.
Je connais cette voix, ce doux murmure.
Je connais ce rythme qui prend place.
Je connais cette mélodie, légèrement torturée.
Ils sont gravés dans ma mémoire.
Cependant, je ne reconnais pas cette foutue chanson.
Putain !
J'ai la conviction qu'elle s'apparente à quelque chose de précis.
Ca me perturbe. Je suis sur que c'est important.
Un souvenir, que j'aurais oublié… J'essaye de me concentrer… Mais…
Mais la vision de Malfoy dansant me permet d'enterrer encore une fois cette mélodie dans les profondeurs de ma mémoire. Tant pis, ça sera pour une prochaine fois.
De toute façon, demain, j'aurais tout oublié.
Jeudi matin, lendemain de la fête, cours de maths.
Je hais Snape et en particulier avec une bonne grosse gueule de bois.
Le moindre bruit résonne aussi agréablement qu'un marteau piqueur dans les méandres de mon pauvre cerveau. Hermione m'a fixé toute la matinée avec inquiétude, ce qui a eu le don de m'irriter encore plus. Et pour couronner le tout, interro surprise. Comme quoi, la situation peut toujours s'aggraver, demandez à Snape de s'en occuper, il le fera avec plaisir.
J'ai beau me triturer les méninges, pas moyen de me rappeler des formules dont j'ai besoin… J'aurais bien besoin de cours de soutien en maths moi…
Surtout maintenant.
Quand je pense que je suis courageusement allé en cours alors que j'aurais pu sécher et dormir toute la matinée. La vie est injuste.
Surtout pour moi.
La sonnerie finit par retentir, j'hésite à dire trop tôt puisque ma feuille est toujours vierge mais, dans tous les cas, trop tard pour me sauver. Je rend ma copie, la mort dans l'âme.
Ron joue des coudes pour me rejoindre, slalomant entre les élèves de la classe et en poussant même certains :
« Harry ! Attends moi ! »
Ce que je fais, en me calant juste à côté de la sortie.
« - Alors ta soirée d'hier ? – entame-t-il avec bonne humeur –
- Sympa.
- Sans plus ?
- Sans plus.
- Hermione m'a dit qu'elle a rencontré ton nouvel ami.
- Hein ?
- Mais si ! Après votre shopping d'hier ! Même qu'il vous a invité à l'opéra…
- Ah oui… Elle a fait connaissance avec Malfoy… »
Il me tire par le bras, désignant une cage d'escalier peu fréquentée.
« - Suis moi, il faut que je te parle sérieusement.
- Ron tu soûles ! C'est la cantine là, j'ai faim moi !
- Tais toi, c'est très sérieux. Voilà, j'aimerais savoir ce qu'il se passe… ?
- Plait-il ?
- Fais pas le con Harry, tu sais très bien de quoi je parle. On t'avait déjà demandé avec Seamus et tu voulais pas répondre, mais maintenant tu vas tout me dire.
- Qu'est-ce que tu veux savoir ? – Je soupire –
- Premièrement, d'où et depuis combien de temps tu connais ce mec ? Puis d'où tu vas à ce genre de fêtes ?! Et putain d'où il se permet d'inviter ma copine à l'opéra ?! Elle l'aime bien en plus !
- Facile. Je le connais du lycée, on s'est adressés la parole une fois comme ça y'a quelques semaines, on a sympathisé depuis. C'est quelqu'un de très bien.
- Tu mens comme tu respires.
- Bon d'accord, il a beaucoup de défauts mais… Il est étrangement captivant. Pour la fête, c'est Théo qui a insisté pour que je vienne. Je regrette pas cela dit… J'ai rencontré des gens.
- Quels genres de personnes ?
- Le groupe d'amis de Malfoy. Étonnamment sympathiques. Sinon pour l'opéra, aucune idée, je crois qu'il voulait pas exclure Hermione au moment où il m'a invité. C'est tout. Rassuré Sherlock Holmes ?
- À moitié. J'ai jamais pu sentir ce mec.
- Je reconnais qu'il est très spécial. Bon je peux y aller ?
- Oui, tu es libéré. »
Il se force à rire, ça me serre le coeur.
« - Dernière chose !
- Oui ?
- Ca change rien entre nous pas vrai ? On est toujours meilleurs amis ?
- Bien sûr crétin ! Allez viens on va manger ! »
Ron accepte avec plaisir, j'ai l'impression que - à la seconde même - ses épaules se font moins voûtées, comme si un grand poids avait disparu.
On pénètre tous les deux dans le réfectoire, faisant la queue, parlant de tout et n'importe quoi. J'évite soigneusement le sujet de la fête. Je crois pas qu'il serait enthousiasmé par les problèmes de drogues de Malfoy et sa manie de me dominer en groupe.
Aujourd'hui c'est Lasagnes, mon plat préféré. Peut-être que la journée va s'améliorer finalement… ? Alors que j'hésite encore entre deux yaourts, Ron part rejoindre Seamus et Neville, un mec de mon dortoir. Je suis sur le point de les rejoindre quand…
À l'autre bout du réfectoire, une jolie main manucurée me fait signe. Le geste est autoritaire et la signification simple : j'ai le privilège de manger à la « table du fond », celle des populaires du lycée, celle du groupe de Malfoy.
Je ne peux pas refuser, j'en ai d'ailleurs même pas envie. Je laisse mes pieds me guider jusqu'à mon couronnement public, sous les yeux ébahis de tous mes amis, en particulier Ron. Je les abandonne sans un seul remord.
À chaque pas, je me sens plus important, plus maître de moi même. Je m'assois parmi eux, tandis qu'ils me saluent tous chaleureusement :
« Potter ! Potter ! Comment ça va ? Tu te remets d'hier ? »
Le groupe reste globalement le même : Millicent, Marcus, Zabini, Pansy et Malfoy. Oui je sais, c'est étrange mais je n'arrive pas à l'appeler par son prénom. Le nom de famille instaure plus de distance, je trouve…
L'absence de Théo se fait cruellement ressentir. J'ai bien l'impression que je suis son successeur dans la fratrie.
Je participe à la conversation, assez fier d'être des leurs. J'essaye toutefois d'être le plus à l'aise possible, se montrer nonchalant en leur compagnie relève du prodige.
Malfoy me fixe encore, il n'a rien touché à son plat, comme d'habitude.
« - C'est ton plat préféré les lasagnes ?
- Quoi ? Ah euh oui, comment tu sais ?
- C'est la sixième fois que tu en prends depuis le début du mois.
- J'en mange tant que ça ? Étonnant.
- Oui, même si tu apprécies également le saumon fumé. N'est-ce pas ? »
Ce mec me fait froid dans le dos. Il a pris en compte chacun de mes déjeuners ici, les as additionnés puis comparés.
« Sans doute. »
Satisfait de ma réponse qui conclue sa petite analyse gastronomique, il sort son téléphone portable, correspondant avec l'Inconnu.
Après cette brève intervention, les autres reprennent leur conversation, qui se porte sur des potins concernant les mondains. Rien de très intéressant.
Il n'a toujours pas touché à son assiette, la laissant en pâture au reste de la meute, qui picore dedans avec retenue.
La sonnerie sonne, la pause est déjà finie.
« - Tu as Art là n'est-ce pas ? Quelle salle ? Pas l'habituelle 7B non ?
- Oui Malfoy, mais je vois pas pourquoi tu me demandes ça. Tu ne suis pas cette option…»
Le cours d'Art commence, aussi prometteur que d'ordinaire. Ron est exceptionnellement à côté de Hermione pendant cette matière, ce qui fait que je change régulièrement de voisin. J'ai abandonné Neville récemment, me faire recouvrir de colle ou de peinture à chaque fois, c'était plus mon délire.
Au bout de vingt minutes environ, la porte s'entrouvre sur un surveillant, avec Malfoy sur ses talons.
C'est pas possible ! C'est pas croyable ! Il s'incruste dans mon cours d'Art ! Je proteste !
La professeur, une vieille folle du nom de Trelawney, s'exclame :
« Vous voilà enfin ! Monsieur Draco Malfoy ! »
TAlors, vos avis ? Vos pronostics ? Que va t'il se passer pour Théo ? Est ce que Harry va réussir a s'intégrer dans leur groupe ou il restera le jouet de Malfoy ? Et surtout que prépare Malfoy comme mauvais coup ? :D
