Chapitre 6: Aveu
Cela faisait un mois maintenant que j'avais déménagé à Seattle, et depuis ma petite virée à Tacoma il y a trois semaines, je n'avais plus rien trouvé concernant Caleb. J'étais retournée fouiller la maison de fond en comble sans plus de succès que la dernière fois, si ce n'est quelques numéros de téléphone que j'avais donné à Owen, mais aucun d'entre eux ne menait à une piste utile. Le propriétaire de la maison avait disparu, ainsi que le corps de la jeune femme. Je commençais à désespéré de retrouver Caleb un jour et pourtant, je ne renoncerai pas.
Nous étions lundi et le premier cours de la journée, littérature, avait été annulé pour cause de prof absent. Après réflexion, je décidai de ne pas rester avec le groupe habituel, mis à part Angela, qui aurait pu devenir une très bonne amie dans d'autres circonstances, je ne supportais les autres qu'à petite dose.
Je rencontrais Edward, qui arrivait, alors que je me rendais sur le parking pour passer le temps dans ma voiture. Je pensais qu'il ne viendrait pas aujourd'hui, ce n'était pas son style d'arriver en retard, j'avais pu le remarquer ces dernières semaines. Des absences répétées ça oui, surtout par beau temps, mais jamais de retard. On était devenu plus proches tous les deux, peut-être pas encore tout à fait des amis mais pas loin.
J'avais finalement décidé de ne pas le tenir à distance de moi. Je l'appréciai vraiment beaucoup. Un peu trop peut-être et si je me faisais avoir ou si je venais à être déçue par lui, et bien tant pis, ce ne serait pas la première fois. Je voulais lui faire confiance.
Au lycée, on passait beaucoup de temps ensemble. Nous avions huit heures de cours en commun, je le retrouvai souvent traîner près de ma classe pendant les intercours et à la cafette, nous mangions – ou plutôt je mangeais – à la même table. Pourtant, on ne se voyait pas en dehors du lycée sauf lorsque l'on se rencontrait par hasard en ville.
- Tu es venu pour rien, lui dis-je. Le prof est absent.
- Ah bon?
Il n'avait pas l'air spécialement surpris. En fait, on avait l'impression qu'il savait toujours tout à l'avance, j'avais déjà pu remarquer ça
- Tu viens faire un tour? Me demanda-t-il.
- Un tour? Où ça?
- Tu m'as bien dis que tu voulais refaire ta collection de CDs l'autre fois, non?
J'hésitais un peu, sécher les cours pour partir avec un garçon n'était pas précisément ce que j'étais venue faire à Seattle et qui sait ce qui pourrait se passer. En même temps, je connaissais le cursus scolaire par cœur depuis le temps ...
- Alors? Je ne vais pas te manger, tu sais.
Je ne pu m'empêcher de sourire en l'entendant dire ça. Et lui non plus.
- D'accord. Mais je te préviens, continuai-je en levant en doigt devant moi comme si j'essayais de lui faire peur. Si tu me fais un coup comme ta sœur, je rentre direct chez moi.
Il rigola de ma remarque.
- J'essayerai de me contenir, promis, fit-il en m'ouvrant la portière de sa Volvo.
Edward conduisait aussi vite que moi, voir plus, et nous arrivâmes au magasin en un rien de temps. Il se trouvait non loin de la série de magasin où Alice m'avait emmenée la première semaine de la rentré, je grimaçai en me remémorant cette fameuse après-midi, je chassai ce souvenir de mes pensées aussi vite qu'il y était venu, la journée s'annonçait plus agréable cette fois-ci, peut-être Edward y était-il pour quelque chose. À vrai dire, j'en étais même certaine.
La boutique était vraiment géniale. On y retrouvait de tout, aussi bien les grands classiques que les toutes dernières nouveautés. C'était une vraie mine d'or et je trouvais bien vite quelques achats à faire. Edward ne regardais pas pour lui, il se contentait de me suivre, en me félicitant ou en se moquant parfois de mes goûts musicaux. C'était agréable car je n'aimais pas devoir me dépêcher et faire vite, j'aimais flâner, regarder chaque Cds un par un, ... Edward était patient avec moi et il ne se plaignait pas. J'appris qu'il jouait du piano et qu'il composait même des mélodies. Je lui fis promettre de m'en faire écouter une un jour. Après une heure à tourner dans le magasin, nous nous dirigeâmes vers les caisses.
En sortant, je remarquai qu'Edward s'était arrêté un petit moment, je compris pourquoi en regardant dehors: le soleil était sortit de sa cachette pour y revenir aussitôt. Edward en profita pour regagner aussi vite que possible sa Volvo. Je me demandai alors si je ne devrais pas lui faciliter un peu les choses. Je n'avais presque plus aucun doute sur le fait qu'il soit un vampire alors pourquoi ne pas l'aider un peu ? On verrait bien ce que ça donnerait. Je pris le prétexte le plus bête que j'aie pu trouver sur le moment.
- J'ai envie d'une glace, on va au parc?
Il regarda le ciel, les nuages étaient toujours bien là masquant le soleil. Pour le moment.
- Euh ... Tu es sûre?
- Oui!
Je tournai les talons immédiatement et partit en direction du parc, pour ne pas lui laisser le temps de trouver une quelconque raison de refuser de m'accompagner.
Je restais silencieuse au début, mangeant ma glace. Je voulais aborder le sujet mais à vrai dire, je ne savais pas vraiment par où commencer. Finalement, je décidai de ne pas y aller par quatre chemins. Après avoir vérifié que personne ne s'intéressait à nous, je me lançai.
- Je sais ce que tu es. Ce que vous êtes, toi et ta famille.
Il s'arrêta net, il n'avait pas prévu ça. Je me sentis bête tout à coup, ils ne voulaient pas que leur véritable identité soit découverte et moi je lui balançais à la figure que je savais. Mais après tout, je l'avais découvert toute seule, il n'avait rien à se reprocher. Et de mon côté, je ne comptais pas aller le dire à qui que ce soit. De toute façon, maintenant c'était trop tard pour reculer.
- Et que sommes-nous d'après toi?
Je soupirais.
- Des vampires.
Il se mit à rire nerveusement.
- Où vas-tu chercher tout ça Bella?
- Tu ne manges rien, tu ne vas pas au soleil, ta peau est très pâle, je continue?
- ...
-Mais je ne dirais rien! Je voulais juste que tu saches que je suis au courant, c'est tout. C'est juste histoire de te faciliter la tâche puisque on passe pas mal de temps ensemble. J'ai bien vu que tu t'étais arrêté, tout à l'heure, en sortant du magasin, à cause du soleil. En fait, j'ai déjà rencontré un vampire dans le passé, c'est comme ça que j'ai deviné. Bien que je me sois posée pas mal de question, à cause de vos yeux. Les vôtres sont topazes alors que les siens étaient rubis.
- On est végétariens.
- Pardon?
- On ne se nourrit que de sang d'animaux, dit-il. C'est pour ça que nos yeux ne sont pas rouges.
- Oh!
Je ne m'attendais pas vraiment à ça. J'ignorais qu'il existait des vampires végétariens.
- Tu n'as pas peur? Demanda-t-il, prudent.
- Et bien, si tu avais voulu me tuer ce serait fait, maintenant, non? Tu m'en veux?
- Quoi? Bien sur que non. Je ne te ferai jamais de mal, Bella. Je suis juste un peu surpris. Est-ce que tu sympathises avec tous les vampires que tu rencontres?
- Non, bien sur, rigolais-je.
On ne pouvait être plus près de la vérité.
- Tu ne crains pas le danger hein?
- Pas vraiment non, admettais-je.
On restait là à parler de tout et de rien. Je le sentais plus libre, comme si en lui apprenant ce que je savais, il avait été libérer d'un poids. Au bout d'un moment, il recommença même à me poser des questions sur moi, signe que tout allait bien entre nous. Le soleil commençait déjà sa descente et la lune était bien visible, bien qu'il ne fasse pas encore tout à fait noir.
- Je te ramène?
- Hum ... Ce n'est pas une ruse au moins?
Il leva les yeux au ciel, son petit sourire en coin en bonus. Il avait compris que je plaisantais.
- Comme tu l'as dit, j'aurais déjà pu te tuer.
Je n'en étais pas aussi sûre que lui mais je ne dis rien, évidement. Il n'avait pas eu la réaction que j'attendais, j'avais cru qu'il ne voudrait plus que je m'approche ou qu'il aurait essayé de me tuer, après tout pourquoi pas? Un vampire reste un vampire. J'en savais quelque chose. Mais non il avait juste l'air de penser que j'étais complètement folle d'accepter de monter dans la voiture d'un vampire, végétarien ou non. Je me demandais bien pourquoi d'ailleurs.
Dans la voiture, il m'expliqua qu'il avait un don: celui de lire dans les pensées. Je me figeais.
- Quoi? Avais-je réussi à articuler.
- Je peux lire dans les pensées de tout le monde. Sauf dans les tiennes.
Je senti tout mon corps se relâcher et mon cœur du se remettre à battre à ce moment-là.
- Comment ça se fait?
- Aucune idée.
- Et le reste de ta famille? Ils ont des dons aussi?
- Seulement Jasper et Alice. Jasper peut contrôler les émotions des gens et Alice a la capacité de voir dans le futur.
Elle voit le futur, tiens donc! J'aurais du m'en douter. Certaines caractéristiques sont développées lorsque ... et bien, lorsque l'on passe d'état d'humain à celui de vampire. Il m'expliqua un peu plus en détails comment fonctionnait son don. Pour qu'elle nous voie dans ses visions, il fallait que nous ayons pris une décision. J'allais devoir me montrer très prudente à l'avenir.
On arrivait déjà chez moi. Edward avait à peine garé sa Volvo dans l'allée, qu'il se retrouva hors de la voiture, de mon coté et m'ouvrit la portière.
- Tu sais, fis-je en sortant à mon tour de la voiture. J'ai des voisins. Et ils ne sont pas aveugles.
Il m'accompagna jusqu'à la porte d'entrée.
- Heureusement pour moi qu'il fasse nuit noire, alors.
C'est vrai. N'ayant aucun problème pour voir dans le noir, j'avais tendance à oublier que ce n'était pas le cas de tout le monde.
Nous restâmes quelques secondes sans savoir quoi dire. Je n'avais pas envie qu'il s'en aille tout de suite.
- Désolé de t'avoir fais sécher les cours.
- C'est pas grave. J'ai passé une bonne journée.
- Moi aussi.
Un frisson me parcouru. Il crut que c'était à cause du froid car il s'excusa de m'empêcher rentrer me réchauffer et décida qu'il était temps de rentrer.
- On se voit demain? Lui demandais-je.
- Bien sur. Bonne nuit, Bella.
- Bonne nuit, Edward.
Edward repartit avec sa voiture, toujours d'une vitesse affolante. Une fois chez moi, je racontais à Owen comment s'était déroulée ma journée. Lorsque j'arrivai au chapitre vampire, il se tut mais je voyais bien qu'il n'en pensait pas moins ...
