Chapitre 6

Les aveux

Je rêvais à des milliards d'images simultanées sans pour autant se fixer à l'une d'entre elles jusqu'à ce que je sente un filament frais et descendre le long de ma joue. Je m'éveillais et le vis qui me regardait, tendu, de ses yeux noirs.

-Il faut que je parte Aria, mais ne t'inquiète pas, je reviendrai rapidement. Je crois que je t'ai fait peur et te promet de tout t'expliquer en revenant.

-Mais, mais… où vas-tu? Lui demandais-je.

-Pas très loin ne t'en fais pas. Dit-il en m'embrassant le front de sa bouche glacé.

Je restais étendu sur le canapé, me remémorant tout ce dont j'avais été témoin. La façon dont il avait disparu, la fraîcheur de sa peu, sa beauté, ses yeux.

-Ses yeux! M'écriais-je en recouvrant ma bouche d'une main tremblante.

Ils étaient noirs à présent, aussi noir qu'une nuit sans lune, cernés d'une auréole rouge vive. Que lui arrivait-il? Je m'assieds aussitôt en scrutant dans la pénombre, la lisière de la forêt dans laquelle William s'était à nouveau engouffré. Mon cœur battait à se rompre dans ma poitrine, la respiration rapide, je commençais à hyperventiler. J'essaie tant bien que mal de me calmer, mais je n'y arrivais pas. La seule chose que je parvins à dire c'est : « Debussy ». Le lecteur le compris et démarra ma puce préféré. Cela eu l'effet escompté. Je me calmais. Je ne voulais plus penser à William, il avait promit qu'il reviendrait. Je me rendis à la cuisine pour y manger quelque chose, je n'avais rien avalé depuis l'heure du déjeuner. En revenant dans le salon charger d'un morceau de poulet et d'une purée de légume, je m'emparai de mon livre et repris ma place sur le canapé. Ironiquement, j'eu l'image d'il y a environ une semaine et demie plus tôt, me revoyant assise à la même place avec le même livre quelques minutes avant que je fasse la connaissance de William.

Il était environ minuit quand la porte d'entré se rouvrit. Je savais que c'était lui, qui d'autre pouvait entrer ici sans frapper sinon lui. Je me retournais et le vit calme et serein. Aussitôt, et bien malgré moi, je le fixais. C'est yeux avaient perdu toute trace de douleur, de rougeur et surtout cette noirceur qui le rendait presque effrayant. À la place, j'y vis le premier regard intense qu'il m'avait offert la première fois, mais maintenant je pouvais y lire l'émotion qui en émanait, de la détermination.

-Bonsoir Aria, me dit-il l'air penaud. Désolé de t'avoir laissée comme ça tout à l'heure. Mais il le fallait, je ne pouvais plus attendre.

-Je comprends, enfin, je comprends que tu puisses avoir des choses importantes à faire, mais… je m'arrêtais un peu pour réfléchir à ce que j'allais dire. Je voulais trouver les bons mots, pour qu'il s'ouvre à moi et me fasse confiance. Tu sais que tu peux me faire confiance, et je te le demanderai qu'une seule fois, Tu veux bien m'expliquer? Le quémandais-je.

Il se tourna pour ne plus me faire face, et pris un moment pour réfléchir. Il regardait à l'extérieur, mais il ne regardait rien en particulier, je voyais dans son reflet qu'il était perdu dans ses pensées.

-Écoute William, je sais que c'est sans doute difficile pour toi de tout me raconter, mais j'aimerais l'essentiel s'il te plaît, peu importe ce que tu auras à me dire, je doute que je ne sois pas assez forte pour l'accepter, lui dis-je pour briser ce silence qui devenait trop lourd.

-Je ne doute pas de toi Aria, je sais que tu m'as fait confiance en m'accueillant ici, mais… j'ai peur, et j'ai surtout peur que tu me demande de partir, répondit-il.

Je le laissai encore réfléchir sans rien dire. Je ne voulais pas qu'il parte, peu m'importait qui il était. Je savais pertinemment après ce que je venais de voir, qu'il gardait un lourd secret. Cela pris un moment avant qu'un autre mot ne soit prononcé, mais il commença son récit. Contrevenant à mon habitude, je le laissai ventiler son flot d'émotion sans intervenir, je me concentrai sur sa voix mélodieuse. Sans se retourné, en continuant de fixé le vide au travers de la fenêtre, il entama son histoire.

-Je ne sais pas vraiment par quoi commencer, mais voilà déjà longtemps, je vivais à Seattle. Une grande ville pas très loin d'ici. Il y eu à une époque, une série d'agression sordide qui emporta plusieurs personnes. Une femme était à la tête d'un gang, pas très fréquentable disons le. Victoria de son prénom. Un soir lorsque je sortais d'une soirée entre amis, je suis tombé sur l'un de ses alliés, Félix, je crois. Cela remonte à bien longtemps. Ces gens n'étaient pas comme tout le monde, il ne vivait pas de ce que nous vivions. Ils étaient des êtres de la nuit et s'attaquaient aux gens seuls et sans défense, comme moi, ce soir là, j'avais 17 ans. J'ai essayé de m'enfuir, en vain. Puis ca c'est produit, la douleur que j'ai ressentis à ce moment n'est comparable en rien à ce qu'une personne est capable d'endurer. On aurait dit qu'un millier de poignard s'enfonçaient à l'intérieur de moi simultanément et à répétition. Cela a duré pendant 3 jours complets sans que je sois capable de me relever. Lorsque la douleur fini par me quitter, je savais que je ne serais plus jamais le même. D'abord la colère s'empara de moi, ensuite la souffrance, puis vint la soif. Jamais de ma vie je n'aurais cru quelqu'un capable d'avoir autant soif que moi à ce moment là. Tous les jours je devenais de plus en plus fort, et de plus en plus en colère. J'en voulais à ceux qui m'avaient infligés cet état. On m'apprit à me battre et à utilisé ce dont on m'avait offert. Un cadeau disait-il, une sorte de but à atteindre. On m'offrait l'éternité sans que je l'aille demander. La bande s'agrandissait de plus en plus et le jour J était arrivé. Nous devions partir pour accomplir notre mission. Je n'avais jamais rien connu d'autre que ce que l'on m'avait appris durant un mois. Je me sentais en sécurité avec ces gens. Et vu mon état il n'était pas question de retourné auprès des miens alors je décidai de les suivre et de les aider à faire ce qu'il devait faire. On nous avait apporté des vêtements ainsi que des accessoires de toilettes afin que nous humions l'odeur d'une personne. Nous devions la retrouver et mettre fin à ses jours. Une sorte de vengeance que cette Victoria désirait plus que tout au monde. Alors je suis parti avec eux, pour nous battre contre cette personne, une femme vraisemblablement puisque les effets personnels qu'on nous avait remis étaient destiné à une femme. Arrivé à notre but, à l'endroit précis, nous découvrîmes que la fille n'était pas comme nous sauf qu'elle était protégée par des gens comme nous. Nous n'étions pas préparés à combattre contre des gens expérimentés. Nous nous battions entre nous tel des bébés avides de violence. Plusieurs d'entre nous prirent la fuite sans avoir combattu, mais moi je restais. Je me sentais guerrier et fort. Sauf qu'en voyant mon adversaire détruire mes « amis » en un claquement de doigt, je compris rapidement que ma vie en dépendait. Étais-je prêt à mourir pour la vengeance d'une autre personne? Non, de plus, cette Victoria était ignoble avec tout le monde, elle ne méritait pas que je me sacrifie pour elle. Alors je pris la fuite comme plusieurs autres, cependant, une bête, un loup, gros comme un ours m'a rattrapé, et la bataille éclata. Il me griffa au torse ce qui ne laissa aucune marque, ensuite, avec ma force herculéenne, que j'avais reçu à ma transformation, je le pris dans mes bras et le projetai sur un gros rocher, alors qu'un crie sourd et aigue nous parvînmes, la bête se retourna et s'enfuis en direction du hurlement. J'étais sauvé. Je me suis réfugié dans les montagnes et y resta environ quatre années consécutives. Je n'en pouvais plus de resté seul et j'avais besoin de compagnie. C'est alors que je me suis souvenu de cette famille qui avait protégé cette fille, cette famille était comme moi et je savais que je pouvais leur faire confiance. Mais devrais-je leur révélé qui j'étais ? Bien sur, la franchise surmonte tout, un dicton appris de mes parents. Alors je descendis vers le sud pour les rejoindre. Je me rappelai approximativement de l'endroit ou la bataille avait eu lieu. En arrivant devant cette maison, un homme blond aux yeux dorés est sorti à ma rencontre, M. Cullen. Un homme charmant, docteur de surcroît. Je ne comprenais pas comme il pouvait arriver à vivre de cette manière, mais il m'apprit. Je fus aussi bon étudiant que sa belle-fille Bella. Il me disait que ma capacité à me contrôler était étonnante. Ils acceptèrent tous de me prendre dans leur famille. Depuis, je vis avec eux en Alaska. Emmett, Jasper et Edward son mes frères à présent. Alice, Rosalie, Bella sont mes sœurs, Carlisle mon père et Esmée ma mère. Il y a aussi Renesmée l'enfant de Bella et d'Edward. Cette dernière n'est pas comme nous par contre, elle est un peu ce qu'était Bella et ce qu'est Edward. Maintenant, je t'ai tout dis sur mon passé, sauf la vrai raison de ma présence ici. Cette maison, ici, dans laquelle tu vis était notre maison à l'époque. J'ai reçu la mission de venir voir Charlie, le vrai père de Bella pour le mettre au courant d'une affaire de la plus haute importance. Tu comprendras que j'étais sous le choc de voir que la maison était habitée et que j'ai du trouver une excuse à ma présence, je ne voulais pas te mentir, mais je le devais.

Il baissa les yeux et regarda le plancher en attendant une réaction de ma part. Je le fixai stupéfaite sans être capable de prononcer le moindre mot. Je ne savais plus qu'elle sentiment exprimer, de la peur, du soulagement, de l'angoisse ou de la joie. Une part de moi me disait qu'il fallait que je parte en vitesse et l'autre me disait le contraire, que s'il était ce qu'il disait être, qu'il aurait pu me faire du mal bien avant. Hors il ne m'avait pas touché du tout bien qu'il en aurait eu largement l'occasion de le faire. Je me suis levée et me suis dirigée vers lui. Je lui pris la main et resta avec lui devant la fenêtre à regarder la lune. Nous étions tous les deux debout côtes à côte, nous étions calme et serein qu'il n'y ait plus de secret maintenant.

-As-tu déduis ce que j'étais sans que je l'ai prononcé formellement? Me demanda-t-il?

Je lui répondis, ce qui me surpris, le plus paisiblement et naturellement qui soit,

-Un vampire.