Voili la suite ! Un énorme bisous à mon Archangeounette pour sa pub excellente et à ma deuxième revieweuse fanatique Arsinoe.romana (moi aussi je suis un fana italienne, le plus beau pays du monde! Forza Italia ! Malheureusement les noms n'auraient pas parlé à tout le monde !)! Merci à vous deux, ça me fait plaisir de voir que vous prenez plaisir à lire cette fic que je prends énormément plaisir à écrire !
Dans ce chapitre(long!), la scène mythique du balcon ! Avec de vraies citations ! ;) A vous de les retrouver ! N'hésitez pas à laisser de reviews, lecteurs timides :p
Bonne lecture !
7. Qu'est-ce qu'un nom ?
Roméo se précipita dans la pièce, à bout de souffle, suivis par Benvolio et Mercutio qui claqua violemment la porte. Ils restèrent un instant en silence, essayant de reprendre leur souffle, se laissant tomber sur le sol. Leurs vêtements étaient en lambeaux à cause de leur transformation hâtive. Benvolio secoua la tête, les oreilles braquées sur son ami effondré un peu plus loin. Mercutio quant à lui n'eut pas la délicatesse de se taire. Montrant les crocs, il s'approcha à grands pas de Roméo qui avait repris forme humaine et baissait la tête.
-Juliette Capulet, hein ? grogna-t-il. On dirait que tu as bien choisi cette fois…
-Mercutio… commença doucement Benvolio en s'avançant.
-Arrête de le protéger tout le temps ! rugit le loup noir, ses yeux miel lançant des éclairs. Il a commis une faute irréparable par aveuglement ! C'était un piège et nous avons failli nous faire tuer !
Il pointa le doigt vers son ami au sol :
-Pire ! Tu as failli te faire tuer ! Et tu sais que si jamais ça arrive, le rêve de centaines de personnes s'évanouira !
Roméo ne répondit rien et plongea son visage dans ses bras, les genoux repliés contre lui. Las et énervé, Mercutio poussa un juron avant de se laisser tomber sur son lit un peu plus loin. Benvolio quant à lui se contenta de s'asseoir sur le rebord de la fenêtre, son profil reprenant doucement forme humaine.
Roméo restait immobile. Elle…Une Capulet…Fille unique du Lord…ça, on pouvait dire qu'il l'avait bien cachée…Elle lui avait donc menti, tout comme il lui avait menti…Elle n'était pas si pure que ça en fin de compte, souillée du sang du clan Montaigu, elle aussi devait payer. C'était ce que Roméo avait décidé depuis le jour où son père avait été expulsé du royaume. Il n'avait alors que quatre ans…mais déjà la haine bouillait dans son petit cœur. Et il s'était juré de détruire les Capulets, tous, eux et leur méprisable famille de traîtres.
Mais comment faire ? Comment entreprendre cela à présent ?
La tuer ?...Elle ?...Impossible. Il ne s'en sentait pas capable. Non, il n'était pas assez fort pour ça. Pour la première fois de sa vie, il avait cru que le vent avait tourné, que la chance lui souriait. Durant une petite heure, il avait vécu dans un monde différent, un monde où la souffrance et la haine étaient derrière lui, et où elle occupait tout l'espace, rayonnant de douceur et de tendresse.
Mais ce monde là n'était pas pour lui. Roméo Montaigu était né pour venger sa famille et pour plonger ses griffes dans le cœur de Lord Capulet. Comment pourrait-elle aimer un homme qui souhaite la mort de son père ?
L'avait-elle seulement aimé ?...Rien qu'un instant ?...
Un piège. Cette seule parole de Mercutio lui avait percé le cœur et son sang se répandait dans sa poitrine. Retenant un gémissement de douleur, le jeune homme se recroquevilla un peu plus sur lui-même, ses bras ne le protégeant pas du froid qui l'assaillait.
Elle n'avait pas compris tout d'abord. Elle avait senti presque étonnée des gouttes salées poindre à ses yeux et couler sur ses joues. Depuis, le flot demeurait intarissable. Enfermée dans la pénombre de son lit à baldaquins, rideaux tirés, Juliette pleurait depuis des heures. Elle maudissait le monde qui l'entourait et toutes les personnes qui y vivaient. Elle maudissait les hommes et les femmes, les dieux et les démons, cette saleté de catin nommée destin qui s'amusait à la torturer et à lui arracher les derniers lambeaux d'espoir qu'elle avait précieusement conservé.
Montaigu. Ce nom seul lui donnait jusqu'alors envie de vomir.
Roméo Montaigu. Un nom auquel elle aurait dit oui devant l'autel sans même réfléchir. Elle se rendait compte combien tout cela était stupide. Car qu'est-ce qu'un nom après tout ? Ce n'est ni une main, ni un pied, ni un bras, si un visage, ni rien qui fasse partie d'un homme...
Mais inutile de se voiler la face. Jamais fils de rebelle ne baisserait les armes. Il continuerait, encore et encore, et elle, elle…Césario serait toujours là pour l'arrêter.
Les sanglots s'étouffèrent dans sa gorge. Elle n'avait pas voulu ça et ne voulait pas ça. Sans le savoir, elle l'avait amené au milieu d'une meute affamée qui ne souhaitait que sa mort. Tous la félicitaient, Tybalt, son père en premier, d'avoir fait une si belle prise. Tous pensaient qu'elle avait vu sous la carapace du beau Cardenio que se dissimulait le fils du traître. Mais non…Elle, elle n'avait rien vu d'autre que lui. Qui il était ? Elle s'en fichait. S'il lui jurait simplement de l'aimer, elle ne serait même plus une Capulet.
La porte de sa chambre s'ouvrit doucement et des pas légers s'approchèrent du lit. Juliette demeura immobile alors que le silence régnait sur la pièce.
- Juliette…appela doucement sa nourrice depuis l'autre côté de la lourde tenture, la voix angoissée. Juliette, ne veux-tu pas sortir ?...Le jour va bientôt se lever et…Ton père voudra te voir…Il faudrait manger un peu et te préparer…Juliette ?...
La jeune fille plongea la tête dans son oreiller pour ne plus rien entendre, son cœur broyé en miettes dans sa poitrine la faisant souffrir le martyr. Après un silence, les pas s'éloignèrent et la porte se referma.
Le jour qui venait aurait du être le plus beau de sa vie. A cause de tout cela, son père l'avait présentée aux yeux de tous et elle pouvait renaître en tant que Juliette, cesser d'être un soldat et de supporter les coups. Mais quel intérêt d'être une femme si l'homme qu'on aime ne veut même plus vous voir? S'il pense que vous l'avez trahi, à quoi sert de se lever et de s'ouvrir au monde ?... S'il vous hait, à quoi bon même respirer ?...
Tapi dans l'ombre des rosiers, Roméo gardait tous ses sens en alerte, malgré l'angoisse qui lui pesait plus lourd qu'un âne mort sur la poitrine. Bientôt le soleil inonderait les jardins royaux et il serait rapidement découvert. Encore une heure devant lui…Il fallait qu'il fasse vite.
Il leva le foulard crème qu'il avait attaché à son poignet devant son faciès de bête et en respira doucement l'odeur. Pas de lourd parfum irritant, juste une légère flagrance, suave et enivrante. Il leva la truffe pour humer l'air. Vers la gauche, rien qu'une odeur forte de sueur et de tanin. A droite, des effluves plus douces provenant certainement des appartements nobles. Roméo avança avec précaution à quatre pattes, se glissant comme un chat sous les bancs et contournant les fontaines en restant dans l'obscurité totale. Toutes les fenêtres étaient sombres car les nobles n'avaient pas à se lever pour travailler. Le désespoir l'envahit alors qu'il se redressait pour humer de nouveau l'air. Il y avait trop d'odeurs écœurantes qui recouvraient la sienne. Impossible de savoir où elle était. Trop de fenêtres. Trop de chambres. Et si peu de temps.
Ce fut alors qu'il perçut un mouvement un peu plus loin et il se tassa vivement dans un fourré. Quelque peu retirée du reste du château, une sorte de grande tour se dressait, décorée des armoiries des Capulet. Et là, une faible lueur régnait dans une pièce du premier étage. Attiré comme un papillon par la flamme, le jeune homme se glissa hors de sa cachette et se dirigea, légèrement hagard, jusqu'au mur de pierre. Sans même s'en rendre compte, il avait repris forme humaine et ses mains sans griffes peinaient à trouver des prises dans le mur. Un léger frottement se fit entendre sur le balcon au dessus de lui et il se retira vivement doucement, se plaquant contre la roche dans l'obscurité.
Il resta là de longues secondes de silence qui lui parurent interminables jusqu'à ce qu'un soupir brise les bruits de la nuit. Un soupir et un léger sanglot. Avec lenteur, il recula tout en restant dans l'ombre et sortit de sous le balcon pour voir qui s'y trouvait. Celle qu'il espérait. Les coudes appuyés sur la balustrade de marbre, le menton dans le creux de ses mains jointent qui reposaient sur ses joues, l'ange blessé regardait le ciel encore noir de la nuit. Ses yeux brillaient plus que les étoiles alors qu'une goutte de crystal perla sur sa joue satinée. Même la lune semblait pâle à côté d'elle tant elle illuminait à elle seule ce lieu. Toujours vêtue de sa robe de bal immaculée, qui avait visiblement était malmenée sous le coup du désespoir et qui ressemblait à plus des lambeaux à présent, elle était telle une sculpture angélique des églises. Belle et respirant la souffrance.
-Roméo…
Le jeune homme cessa de respirer. Etait-ce bien son nom que cet ange venait de prononcer ? Etait-il donc si doux à entendre, son nom ?...Jamais encore il ne s'en était rendu compte…Qu'elle le dise…Qu'elle le dise encore…
-Roméo…Montaigu…
Le cœur du jeune homme se serra. Un nom qu'il haïssait à cet instant même, puisqu'il faisait de lui son ennemi. S'il avait été écrit là, il en déchirerait les lettres.
-Je ne serai plus ni l'un ni l'autre, si tu détestes l'un et l'autre, souffla-t-il en sortant de l'ombre.
Il la vit sursauter et lorsque les yeux roses se posèrent sur lui, il se sentit revivre. Elle ? Lui tendre un piège ? Impossible. Il voyait dans ses yeux la même douleur que dans les siens. Et il ne pouvait qu'y lire la même chose.
-Toi ici ? fit-elle à voix basse en se rapprochant de la balustrade du côté où il se trouvait. Comment as-tu fait ? Et pourquoi ? Si jamais tu es découvert, tu seras tué, tu le sais ça ?!
-Je devais te voir…Je le devais.
Il vit la tendresse se dessiner sur le joli visage encore baigné de larmes et il sut que sa colère n'était que de l'inquiétude pour lui. Et quand un sourire apparut sur les lèvres pâles, il ne put y résister. S'accrochant aux pierres ébréchées, il entreprit de grimper le mur lisse. Elle le regarda faire, les yeux écarquillés par la stupeur d'abord, par l'inquiétude ensuite. Alors qu'il atteignait le balcon, il manqua de glisser mais elle lui attrapa vivement le poignet avec cette force insolite qu'elle possédait. Il finit par se hisser sur la balustrade où il demeura appuyé, à bout de souffle, les yeux baissés sur la main fine qui le tenait toujours. Il la sentait trembler.
-Pourquoi es-tu là ? souffla-t-elle, la voix cassée alors qu'il levait son regard vers elle. Si quelqu'un te voit, les soldats arriveront aussitôt.
-Il y a plus de péril pour moi dans ton regard que dans vingt de leurs épées, répondit-il doucement en prenant la petite main dans la sienne pour en embrasser la paume. Je ne les crains pas.
Il la regarda de nouveau. Elle semblait perdue, apeurée. Par lui ? Ou par crainte pour lui ?
Comment le savoir ?...
-D'ailleurs, si tu ne m'aimes pas, qu'ils me trouvent ici ! dit-il plus fort, le cœur lourd. Je préfère ma vie finie par leur haine que ma mort différée sans ton amour.
-Je ne voudrais pas pour le monde entier qu'ils te vissent ici, répondit-elle vivement. Et je t'en supplie, parle plus bas.
-Je ne parle plus, souffla-t-il avec un sourire.
Et il l'attira doucement vers lui pour l'embrasser. Elle ne résista pas. Même pas une toute petite seconde. Cela suffit à Roméo pour avoir sa réponse. Sentir ce corps chaud et tendre et presser contre le sien, se laisser aller dans ses bras lui suffisait à replonger dans le monde merveilleux qu'il croyait avoir perdu à jamais. Peut-être n'était-ce qu'un rêve, un délicieux rêve qui s'évanouirait une fois le jour venu ?...Qu'importe. Il était bien trop beau pour être gâché par de si sombres pensées.
Ce baiser n'avait pas le goût de celui du bal. Il était plus dur, plus désespéré. Elle pouvait sentir la douleur, la souffrance, la peur…Les grands bras qui l'entouraient semblaient vouloir la tenir à l'écart du monde, ne jamais la relâcher…Et elle aurait aimé y demeurer éternellement.
Pourtant, au loin, le traître soleil dardait déjà ses rayons ocres et elle se détacha doucement du jeune homme pour le dévisager. Il ne la haïssait pas. Il était auprès d'elle malgré le fait qu'ils soient ennemis. Un monde d'obscurité pouvait comprendre cela. Mais quand le soleil baignerait les visages de ses rayons, alors tous se transformeraient en affreux rictus et crieraient « A mort, à mort les Montaigus ! ». Une bouffée d'angoisse la saisit et elle plongea son visage contre son torse alors qu'il resserrait ses bras autour d'elle, posant son front sur les cheveux blancs. Dans le jardin, un petit oiseau chanta.
-Je vais devoir y aller, souffla-t-il.
-Ne reviens pas, répondit-elle en crispant ses doigts sur la chemise du jeune homme.
Il le sentit tressaillir et releva vivement les yeux vers lui :
-Je ne veux pas que tu te fasses prendre, dit-elle rapidement voyant le visage mat se détendre après cette incompréhension. C'est trop dangereux…
-Je ne les crains pas, répéta-t-il avec un sourire en posant son front contre le sien.
-Oh si, crains-les, fit-elle en levant la main pour caresser du bout des doigts le tatouage qui courait le long de la tempe pour finir dans la gorge brune. Ils sont moins bêtes que tu ne le crois…Mon cousin est…le plus intelligent de tous. Il comprendra vite que…
Elle ne finit pas sa phrase, se mordant la lèvre inférieure, sentant de nouveau les larmes lui monter aux yeux. Elle avait si peur…Si peur pour lui…Mais pas pour elle. Le ciel aurait pu la foudroyer sur place que ce n'était rien du moment que pas un des cheveux noirs ne soit brûlé.
Elle sentit qu'il lui prenait doucement le visage et l'obligea à le regarder dans les yeux. Elle y lut une joie intense qui la décontenança. Ne ressentait-il pas la gravité de la situation ?
-Que quoi ? fit-il avec un sourire.
-Que je n'ai pas voulu te vendre, répondit-elle gravement en posant ses mains sur les poignets mats.
-Et pourquoi ? insista-t-elle.
Elle se sentit rosir sous l'intensité de ce regard plus vert que l'agate.
-Tu le sais bien, l'accusa-t-elle sourdement en essayant de détourner les yeux.
-Dis le moi, supplia-t-il, les yeux brillants.
Juliette le dévisagea un instant. Le visage du jeune homme semblait ravagé par la détresse, l'insécurité, le doute…Il avait besoin de l'entendre…Et elle avait tant envie de les lui dire…mais c'est que jamais…Jamais elle n'avait prononcé ses mots…Ils lui faisaient presque peur…
-Dis le…répéta-t-il dans un souffle.
Elle caressa doucement la peau brune de ses doigts fins et lui sourit tendrement :
-Parce que je t'aime.
Il sembla pousser un énorme soupir de soulagement intérieur. Et il attira doucement son visage vers lui pour l'embrasser de nouveau, bien plus passionnément que précédemment. Quand il la relâcha, un merveilleux sourire éclairait son visage :
-Peu m'importe si je meurs désormais ! fit-il d'un ton enjoué. Je ne crains plus rien ! Je suis invincible, que dis-je, immortel ! Et je reviendrai toutes les nuits railler leurs armes de papier !
-Non ! souffla-t-elle en agrippant sa chemise. Tu n'as donc rien écouté ?!
-Oh que si, bel ange, déclara-t-il en la prenant par la taille. Mais rester loin de toi m'est impossible. Une journée et je meurs…
Juliette était paniquée. Elle savait, elle comprenait ce qu'il disait. Il en était de même pour elle. Mais…
-Retrouvons-nous au lac plutôt, proposa-t-elle alors qu'il haussait un sourcil. Nous serons en sécurité là bas.
-Ton père ne te laissera plus sortir maintenant qu'il a dévoilé ton identité, accusa-t-il sourdement. Il va te conserver comme le plus précieux des trésors…pour que personne ne mette ses sales pattes dessus. Et c'est bien la seule chose pour laquelle je lui suis reconnaissant, ajouta-t-il avec un sourire.
-Je n'ai pas besoin de lui demander, répliqua-t-elle avec un sourire. Et bien assez grande pour repousser seule ceux qui veulent poser leurs sales pattes sur moi.
-Je ne serai rassuré que lorsque je pourrais te défendre moi-même, souffla-t-il.
Elle lui sourit et passa ses bras autour de son cou pour l'embrasser. Tout ce qui lui arrivait était horriblement beau. Et terriblement injuste en même temps. Rêve cruel ou délicieux cauchemar ?...
La porte de la chambre s'ouvrit derrière eux et ils sursautèrent en entendant la voix de la nourrice appeler la jeune fille.
-File, vite ! fit-elle en le poussant rapidement.
Il enjamba la rambarde et commença à descendre, avant de remonter vivement et de lui piquer un dernier baiser sur les lèvres alors qu'elle s'était penchée pour le voir s'échapper.
-Je t'attendrai, murmura-t-il avec un sourire.
-Je viendrai, répondit-elle sur le même ton. Maintenant je t'en conjure, pars !
Il lui fit un dernier sourire et se laissa glisser au sol, avant de se fondre dans les fourrés. Juliette essaya de la suivre du regard mais du s'avouer, avec soulagement, qu'il était invisible.
-Juliette ! fit sa nourrice en s'approchant vivement d'elle. A qui parlais-tu ?
-Au fils unique Montaigu, lâcha la jeune femme en quittant le balcon.
-Cela n'a rien de drôle, réplique la petite femme en fronçant un sourcil.
Juliette haussa les épaules. Elle aurait beau le lui répéter cent fois, le chanter, le danser, sa nourrice ne la croirait pas. Elle la prenait toujours pour une petite fille…
-Que veux-tu ? demanda-t-elle en s'asseyant sur son lit.
-Ton père désire te voir, ainsi que ton cousin Tybalt.
Elle glissa plus bas :
-Il souhaite te confier une mission concernant les Montaigus.
Le cœur de Juliette se serra. Elle n'aimait pas ça. Elle ne voulait plus être soldat. Elle préférait fermer les yeux et demeurer la jeune fille fluette et douillette qu'elle était sensée être. Mais jamais son père ne la laisserait faire. Après tout, il avait formé un excellent guerrier. Il n'avait certainement pas l'intention de se débarrasser de Césario.
La mort dans l'âme, elle revêtit ses atours de soldat et se dirigea vers le cabinet de son père. Comme l'avait dit sa nourrice, Tybalt se tenait debout face au Lord. Et il sourit légèrement en la voyant entrer.
-My Lord, fit-elle en saluant, poing sur le cœur, de son timbre masculin.
-Avance.
Juliette vint se placer aux côtés de son cousin, heaume en main. Elle sentit le regard ambré de ce dernier sur elle mais refusa de lui jeter un coup d'oeil. Elle se sentait mal à l'aise en sa présence. Cet homme qu'elle chérissait plus que tout au monde avant ces derniers, et même ces dernières heures, était devenu extrêmement dangereux pour son aimé. Et cette situation la rendait folle. Quoiqu'elle fasse, elle trahissait quelqu'un. Alors elle préférait se taire et être la plus neutre possible.
Lord Capulet leva les yeux du papier qu'il lisait à son entrée. Elle réprima un frisson. Elle n'aimait guère le regard de son père. Il semblait la traverser de part en part, comme celui de Tybalt. Un regard perçant, inquisiteur, mais tellement, tellement différent de celui de Roméo. Sans tendresse, ni attention. Sans amour. Glacé.
-En récompense de ton travail admirable et de ton initiative, le Capitaine Tybalt et moi-même avons décidé de te faire une faveur, lâcha l'homme en bougeant doucement ses immenses ailes d'argent.
Juliette attendit la suite, son estomac se tordant douloureusement. Elle avait peur de ses prochains mots. Que la fortune lui soit clémente…
Mais ce n'est guère l'envie de la fortune qui d'être bonne. Surtout avec la fille unique du Lord Capulet.
-Nous avons trouvé le repère de ces chiens, fit son père avec un sourire cruel. Je te laisse le soin d'en faire de la charpie. Dès demain.
A suivre…
MOUHAHAHA ! Qu'est-ce que je suis cruelle ! j'adore être cruelle ! Pour la suite, un petit duel Loup bleu/Césario qui ne savent toujours pas qui est qui…(nyahahaha !)
