Finalement, la nouvelle de mon hospitalisation s'était répandue plus vite que je ne l'aurais souhaitée. Mon père avait été demandé à la secrétaire pour que quelqu'un ramène mes cours, et bien évidemment grosse gourde comme elle est, elle a jugé bon d'informer l'entièreté du lycée pour de l'aide. Aujourd'hui est mon second jour à l'hôpital, et c'est au moins la 15ième personne que je ne connais pas, qui vient me donner des chocolats ou des fleurs. Pas que je n'aime pas le chocolat, mais l'attention qui se cache derrière ne me plais guère.

« Ah, tu te souviens de moi ? Je t'ai donné des chocolats quand tu étais à l'hosto, maintenant, tu es forcée à être mon amie ! »

Je soupirais bruyamment lorsque l'inconnu ressortit de la chambre, mais pourquoi fallait-il que mes jambes me trahissent pareillement ? Comment pourrais-je endurer toute une semaine avec ces lycéens à mes trousses ?

Je n'eus même pas le temps de dire « ouf » que le prochain entrait déjà, mais cette fois-ci, son visage ne m'était pas inconnu, c'était le blond qui m'avait aidé. J'ai déjà oublié son nom, et derrière lui suivait la blonde, Jessica, le garçon ennuyant, Eric, et la calme Angela. Etaient-ils tous amis ? Serait-ce « pot de colle & compagnie » ? J'essayais de redresser mes coussins quand quatre mains vinrent à ma rescousse. Oh, super…

-Bella, tu vas mieux ? demanda le garçon aux cheveux bruns

-Hmmm…

-Je t'ai apporté ton cours, dit Mike

Je le remerciais avant de me jeter dessus. Les cours ! Voici mon seul échappatoire. Je n'y avais pas pensée, un grand sourire colorait mon visage sans le savoir.

Les quatre lycéens rigolèrent en s'asseyant sur les chaises à mon chevet.

-Alors ? On se sent mieux ? demanda Jessica, qui n'arrêtait pas de jeter des coups d'œil à Mike.

Elle était d'ailleurs sûrement venue, pour que je ne sois pas toute seule avec lui. Mais ne t'inquiète pas, blondinette, je n'en ai rien à faire de ton pot de colle !! Mais, en sentant quatre paires d'yeux posés sur moi, j'eus la conviction qu'il ne me lâcherait pas si facilement.

-Ce sont juste mes jambes, dis-je, un muscle s'est déchirer, je vais pouvoir sortir dans quelques jours.

-Mais comment t'es-tu fait ça ? Demanda Jessica, pas prête d'abandonner elle non plus.

-C'est…

Je plissais les yeux, en lâchant mon cours. Le souvenir de ma mère morte dans son cercueil traversa ma mémoire. Toutes les larmes versées ce jour-là dansaient devant mes prunelles, et l'envie d'en verser à mon tour s'imposa dans mes sentiments… Je fronçais les sourcils, devant l'air ahuri de mes compagnons.

Du coin de l'œil, je vis Angela donner un coup de coude aux garçons. Et Eric s'empressa de changer le sujet, vraiment cette Angela me plaisait, elle avait du tact. J'étais sûre qu'elle comprenait mes sentiments, elle. Je la fixais, faisant passer toute ma reconnaissance dans mes yeux. Elle, se contenta de sourire.

Après quelques minutes de conversation à laquelle je ne participais pas bien sûr, Carlisle entrait dans la salle, pour examiner mes jambes. C'est pourquoi, il congédia mes « amis » et les envoya gentiment balader un peu plus loin.

-Alors, tu as des admirateurs ? demanda-t-il en voyant toutes mes boîtes de chocolat.

-Je suis plutôt, la nouvelle attraction du zoo, oui.

Ceci fit rire le docteur. Apparemment, mes jambes se rétablissaient bien, et je devrais pouvoir sortir comme prévu dans 5 jours. Au moins, il me restait encore du répit, l'après-midi.

« N'y a-t-il pas moyen, d'interdire les visites ?» Pensais-je au bord de la déprime.

Je n'étais ici, que depuis deux jours et déjà, je me sens oppressée. Toutes ces visites m'empêchaient de réviser correctement. Je sortis mes cahiers et relus pour la énième fois mon cours d'histoire.

Les jours se déroulèrent lentement, mais je ne me lassais jamais d'étudier. Mike vînt m'apporter mes cours régulièrement, et m'expliquait les choses que je ne comprenais pas vraiment en mathématique. Au bout du 4ième jour, un test de mathématique surprise avait piégé les élèves. Comme je n'avais pas pu le faire, je me sentais un peu mise à l'écart.

Mais bon, je n'irais pas me plaindre pour des mathématiques Malgré la gentillesse du prof, les math et moi, ça ne collait toujours pas. Sur ce point, rien n'avait changé…Au pire, je demanderais au professeur de me faire faire l'interrogation.

-Eh bien, tes jambes m'ont l'air en ordre, tu pourras quitter ton lit demain.

Ca par contre, ce n'était pas une bonne nouvelle. Je voyais déjà mon pauvre corps se faire écrasé par la masse d'élèves. Non, il me fallait un plan d'évasion. Comme j'étais en béquille, je ne pouvais pas marcher rapidement. Rien qu'à l'idée de repartir à l'école, j'avais des frissons. Mais peut-être, si je partais comme le Cullen, avant tout le monde de la classe ? Et si je ne partais pas à la cafétéria, mais plutôt dehors ou dans ma salle de classe ? Oui, ça pourrait être fonctionné.

Et c'est avec cette dernière pensée, que je me sentais prête à affronter mon retour dans le champ de batailles.