Chapitre 7

- *Soupire*

Inutile de dire que rester coincé dans un plâtre est inutilement ennuyant. Cela fait déjà une semaine depuis l'incident, papa est devenu une mère poule envers moi. J'ai eu quelques jours de repos, puis je suis retournée au lycée accompagné de Jasper et d'Alice. Je leur ai dit mainte et mainte fois que ça allait, mais têtu comme ils sont, ils m'ont trainé avec eux. C'est peut-être moi qui suis têtue ? Bref, j'ai pu prendre en note les cours vus que je suis droitière.

Après l'hôpital, j'ai toujours une impression de fatigue. Comme s'il y a un petit décalage entre la réalité et mon cerveau. Je pense et réagis plus longtemps et j'ai de nombreuses migraines. Et comme si ça ne suffisait pas, j'ai eu une putain de fièvre les 3 premiers jours. Impossible de dormir ou de manger correctement.

Le Dr. Cullen s'est inquiété, il a remis la perfusion. J'étais bien évidement contre et je n'étais pas facile avec eux pendant mon hospitalisation. Plus tard, mon père est venu me chercher et je suis dorénavant suivi médicalement par Carliste. Non pas que ça me déplaise, mais... Je ne sais pas, je n'arrive pas à enlever ce malaise.


Quelques mois se sont passés. Beaucoup de choses sont arrivés à part l'accident précédent. Bella et Edward se sont officiellement mis ensemble, pour mon plus grand bonheur... Le bal des premières et terminales est passé, étant en seconde je n'y suis pas allée. Je me suis liée d'amitié avec Alice, la sœur de Jasper. J'ai pu aussi rencontrer sa famille, malgré ma réticence Jasper à réussit à me convaincre. J'ai apprécié Esme sa mère, une personne très douce et compatissante. Ensuite son autre frère Emmet, très comique et qui a une carrure d'un gros ours en peluche. Et enfin Rosalie sa dernière sœur, elle m'a d'ailleurs bien envoyée des regards d'avertissements au départ, mais j'ai réussi à blaguer un peu avec elle sur Emmet. J'ai eu peur de les rencontrer vu mon niveau social, mais Jasper est toujours resté à côté de moi. Et bizarrement, je me sentais toujours calme et sereine avec lui. Il doit dégager autour de lui une aura naturellement calme, il y a des gens qui inspirent la confiance, pourquoi pas le calme ?

Sinon peu après l'accident, chaque nuit je rêve d'un homme aux yeux rouge qui veut me manger. Cauchemars de petite fille... A chaque fois, je me réveille en sueur en entendant les cris imaginaires de ma sœur. Je ne sais pas pourquoi, mais j'ai l'impression de rater quelque chose. Quelques fois j'ai des flashs, comme des petits souvenirs dont la douleur, une voix menaçante ou encore des yeux rouges. Je me dis que je dois devenir folle. Je n'en ai parlé à personne, mais Jasper se doute de quelque chose, il me regarde inquiet et me colle un peu plus. Il me raccompagne chez moi et viens me chercher le matin, il reste près de moi avant, pendant et après les cours. Il prend ma défense pour chaque petit détail. Je lui ai demandé pourquoi il était si préoccupé, enfin je n'ai pas réussi à trouver le bon mot, il m'a répondu qu'il se souciait vraiment et qu'il devait me protéger. Devait ? Il a le « devoir » de me protéger ? Décidément, ce Jasper est un mystère à lui tout seul.

Demain est l'anniversaire à Bella et Alice m'a attrapée pendant la pause déjeunée pour planifier une fête surprise. C'est vrai que je voulais faire une surprise pour elle, mais je n'avais pas encore trouvé d'idée. J'accepte avec plaisir d'aider Alice. C'est ainsi que nous nous retrouvons moi, Jasper et sa famille en attente de Bella et d'Edward. J'étais un peu excitée de voir sa tête, sachant qu'elle déteste fêter son anniversaire. Je suis peut- être un peu sadique sur les bords ? Qu'importe ! Je sentais une main froide prendre la mienne, je tourne la tête et remarque Jasper qui me sourit. Je lui souris en retour et me retourne en entendant Bella arrivée. En nous voyant elle soupire et sourit, ouais on ne t'a pas oublié ! Ils descendent les escaliers et Esme lui fait un câlin. En voyant cette famille, j'étais surprise de voir à quel point ils étaient liés à Bella. Enfin, tous sauf Rosalie, même si je pouvais voir ces efforts. Alice prend des photos d'eux et s'amuse comme une petite folle. Jasper me serre la main et je me retourne vers lui.

- Ça va ? Je chuchote. Ses yeux sont rivés sur ma sœur.

- J'ai un peu... Mal au cœur... Me répond-il.

- On peut aller dehors si tu veux ?

- Ah... Je tourne la tête vers Bella. Je me suis coupée... Dit-elle. Sans me rendre compte, j'atterris contre le mur et fracasse un vase au passage. Ma tête tourne un peu et je ne distingue pas les voix autour. Je sens une douleur à mon bras gauche et je remarque une entaille.

- Merde. Je souffle. Comme par habitude, je saisis mon foulard pour en faire un garrot et appui fermement sur la plaie. Ça va passer...

- Elisabeth ? Je relève la tête et Carliste se tient accroupi devant moi.

- Ouais ce n'est rien...

- Tu es sûr ? Laisse-moi voir. J'enlève ma main et resserre le garrot. Je peux te soigner à mon cabinet. Dit-il.

- Ce n'est pas la peine. Je me redresse et un grand vertige me prend. Carliste me saisit doucement par les épaules. Je crois... Que je me suis cogné la tête. J'ajoute en me tenant le front.

- Viens avec moi. Edward va parler à Jasper, il doit s'en vouloir. Jasper ? Je relève la tête, c'est vrai, qu'est-ce qui s'est passé en fait ? Le docteur me dirige vers une autre pièce. Assis toi. Je m'exécute encore un peu sonnée.

- Qu'est-ce qui s'est passé ? Je demande. Il ne répond pas et commence à nettoyer la plaie.

- Je vais enlever les morceaux de verre, cela peut être douloureux. Dit-il gentiment.

- Vous ne m'avez pas répondu. Je sens qu'il retire gentiment un morceau et une douleur me parvient, mais je reste calme et le regarde dans les yeux. Carliste... Je répète. Il lève ses yeux ambrés sur moi, une pointe de tristesse peut se voir.

- Je suis navré de l'action de Jasper. Il peut être violent à certain moment lorsqu'il... Un petit silence s'installe et il essaye de trouver le mot exact.

- Lorsqu'il a « mal au cœur » ? Je demande. Hum... J'imagine qu'il doit souffrir... Mais c'est étrange. Carliste retire toujours les morceaux en restant à l'écoute.

- T'as-il parlé de quelque chose ? Me demande-il.

- Non, mais j'ai remarqué quelque truc... Je traine ma phrase.

- C'est-à-dire ?

- Eh bien... La première chose qui m'a troublée c'était sa capacité à savoir quand j'étais stressée, ou en difficulté. Pourtant je ne laisse rien paraître, mais il semble sentir mon humeur.

- Il a toujours été très empathique. Quelque chose que vous êtes aussi m'a-t-il dit.

- Quoi ? Non je... Je rougis un peu. Je ne vois pas de quoi il parle... Je marmonne à moi-même. Je m'éclaire la gorge. J'ai aussi remarqué qu'il ne déjeunait pas le midi, il m'a dit que c'est à cause d'un régime spécial. Je regarde toujours la tête de Carliste pour trouver la moindre réaction révélatrice. A première vue il a l'air bien physiquement, mais s'il suit un régime, il doit avoir quelque chose. Je ne sais pas si c'est une maladie et je ne veux pas pousser s'il ne veut pas que ça se sache... Je traine encore ma phrase en cherchant la suite. J'étais en train de rassembler à voix haute mes idées. Mais je dois avouer que je suis un peu curieuse et préoccupée. Je le vois sourire doucement.

- Préoccupée ?

- Enfin... Je reprends vite. Je veux dire...

- Inquiète ? Dit-il d'un ton taquin.

- Non... Plutôt... Curieuse c'est tout ! Dis-je en rougissant. Il rigole doucement.

- Ce n'est pas vraiment une maladie, mais plutôt un problème qui unit notre famille.

- Vous avez aussi « mal au cœur » ? Il sourit.

- Oui.

- Et les autres aussi ?

- C'est exact.

- Mais vous n'êtes pas liés par le sang, donc c'est quelque chose qui provient de l'extérieur ? Son sourire s'agrandit.

- On peut dire cela.

- Est-ce que ça avoir avec vos yeux ? J'ai remarqué la même couleur chez les autres, mais ceux de Jasper sont plus foncés.

- C'est une des conséquences.

- Hm... C'est très flou. Mais... Merci quand même. J'imagine que c'est un secret familial et c'est tout à fait légitime que vous le gardiez pour vous. Je lui souris.

- Il avait raison.

- Hm… ?

- Tu es très gentille et attentionnée à ton entourage, il faut seulement réussir à t'approcher pour le savoir. Je rougis et baisse la tête. Tu devrais être plus ouverte aux autres, nombreux apprécieraient une amie comme toi.

- Je... Je ne préfère pas... Je murmure. Il fronce les sourcils.

- Pourquoi ? Je soupire.

- Il vaut mieux être seule que mal accompagnée. Je murmure. Mais je ne parlais pas pour moi, mais pour les autres... Carliste ne cherche pas plus et se dirige vers ses ustensiles. Il prend une pince et une aiguille. Qu'est-ce que vous faites ? Mes yeux s'agrandissent en voyant l'aiguille.

- Je vais te recoudre, cela va faire un peu mal mais...

- NON ! Non ça ira merci ! Je prends mon gilet, mais Carliste pose ses mains sur mes épaules.

- Elisabeth soit raisonnable, tu ne peux pas rester comme ça.

- Oh mais si je le peux.

- Cela pourrait s'infecter et la plaie pourrait empirer.

- J'ai déjà eu pire. Dis-je sans me rendre compte. Il me regarde un instant et soupire vaincu.

- Laisse-moi au moins te bander le bras. Je hoche la tête et le laisse faire. Il relève la tête. Comment va ta tête ?

- Un peu sonnée, sinon ça va. Il inspecte un peu et tourne ma tête. Lorsque ses doigts froids me touchent, un frisson me parcourt et je ferme les yeux pour me contrôler. Non seulement il me touche la tête où je suis sensible, mais en plus il est froid. Ses doigts masse un peu à chaque touche et mon mal de tête commence à disparaître. Je laisse une petite soupire m'échapper et réouvre les yeux.

- Rien de grave, il va seulement laisser une petite bosse. As-tu mal à la tête ?

- Plus maintenant... Je souffle. En réalisant ce que je viens de dire, mes joues chauffent. Hm... Merci.

- Pas de quoi. Nous avons une séance la semaine prochaine.

- Encore ?

- Oui je voudrais m'assurer que tout va bien depuis l'accident. Après un moment de silence où Carliste nettoie son matériel, je décide de me lever et remettre mon gilet maintenant déchiré.

- Je vais aller voir Jasper.

- Il voudrait mieux le laisser un peu se reprendre. Allons rejoindre les autres dans le salon.

- Ok... Je baisse la tête. Il met sa main sur mon épaule et me dirige hors de la salle.

Dans le salon se trouve seulement Emmet et Rosalie. Elle n'oublie pas de me lancer un regard de mort, mais je l'ignore. Même en ayant visitée peu de fois Jasper, j'ai appris que Rosalie n'aime pas les personnes qui s'approchent d'elle ou de sa famille. Bella reçoit le même traitement, donc j'en déduis que pour une fois ce n'est pas de ma faute. Je la comprends d'un certain côté de se montrer dure envers ceux qu'elle ne connait pas, comme moi elle ne veut pas se faire tromper. Carliste me demande silencieusement de m'assoir et Emmet ne s'empêche pas de faire une remarque.

- Alors on a peur des petites aiguilles. Il rit. Je fronce les sourcils.

- Pas peur, dérangée... Je marmonne en regardant mes mains. Il rit encore plus fort. Je regarde autour, mais n'aperçois toujours pas Bella.

- On se fait une partie ? Demande Emmet qui me tend une manette.

- Pourquoi pas. Je souris en coin.

- Alors... Jeu de combat ça ira ? Ou tu veux un truc plus simple ? Dit-il en se moquant.

- Combat. Je dis sans ombrage en lui lançant un regard de défi.

- Ça j'aime. Il sourit. Il sort plusieurs jeux et je flash pour mon favori.

- Celui-là. Je pointe le boitier.

- Ah... Bon choix, on aime la violence, Hm... ?

- Pas étrangère. Je murmure. Mais ça me plait... Je dis plus fort avec un petit sourire. Je le vois rire, il s'installe à côté de moi en face de l'écran.

- Prête à en découdre ? Dit-il tout bas et je le regarde dans les yeux.

- Toujours. Il me regarde un instant, puis tourne la tête en souriant.

Ce jeu est un de mes préféré en termes de combat, c'est mortal kombat. Inutile de dire que c'est gore, et les graphismes sont un peu... Non très osé. Mais c'est ce qui fait son charme. J'y ai souvent joué à Phoenix, j'espère que je ne suis pas trop rouillée. Le menu des personnages s'affiche et je ne réfléchis même pas, je prends directement ma favorite. J'entends glousser Emmet, ouais rigole mec, je vais te défoncer ! Le chargement fini, j'entends « Kratos V.S Kitana » et le combat commence.


- Quoi ?! Mais c'est quoi ça ? C'est cette putain de manette aussi ! Je ris en écoutant Emmet se plaindre. Le premier combat était déclaré forfait, mais ensuite je l'ai démontée. Mon ventre commence à faire mal, même avec un fou rire j'ai réussi à le vaincre à cette dernière partie. Rigole pas ! En plus tu n'as même pas changé de personnages, moi j'étais joueur en changeant un peu ! Mon rire s'intensifie.

- *Rire* Mauvais joueur... !

- Quoi moi mauvais joueur ?! C'est toi aussi qui... Je ne l'entends même plus, je tombe du canapé en me tenant le ventre, j'essaye de respirer.

- Elle a raison, tu cherches des excuses. Dit soudain Rosalie.

- Mais... Commence Emmet.

- Laisse, tu es nul. Elle ajoute. Je vois la tête d'Emmet et c'est la goutte d'eau de plus, je roule par terre. J'essaye de m'arrêter, mais la scène me tue. Le pauvre... Avec sa tête de chien battu. J'entends un petit rire et m'aperçois que c'est Rosalie. Je me calme et on se regarde toute les deux. Elle me sourit et je ne sens presque plus d'hostilité. Je me relève en m'excusant à Emmet, il boude toujours et rumine dans son coin. Je regarde dehors et remarque qu'il est bien tard.

- Peut-être qu'il est temps que j'y aille. Hum... Vous savez où est Bella ?

- Edward l'a raccompagnée.

- Quoi ?! Je me tourne brusquement vers elle. Elle m'a oubliée ? *Soupire* Je vais y aller alors.

- A pied et toute seule dans les bois ? Demande Emmet d'une voix moqueuse. Ah... Il s'est déjà remis ?

- Ce ne serait pas la première fois... Je marmonne à moi-même en sortant dehors.

- Attends Elisabeth ! J'entends Carliste derrière moi. Sans même me retourner je cris en arrière.

- Je connais le chemin merci et dites à Jasper que je lui en veux pas ! Je dis amicalement. Non, je ne lui en veux pas. Pour moi ce fût un accident, même si c'était étrange comme situation.

L'air froid frappe mon visage, mais je n'y fais pas attention. Je voulais rentrer, ce n'est pas que je n'aime pas la famille de Jasper, mais je ne peux pas arrêter de me sentir mal à l'aise. Un pressentiment bizarre, pourtant ils sont normaux en dehors de leur problème familial. Je respire en profondeur et me dirige dans les bois. J'ai passée beaucoup de temps dans ma jeunesse pour la connaître assez. Vingt minutes plus tard je me rends compte que le soleil commence à se coucher et qu'il me reste facilement plus d'une heure de marche.

Au fur et à mesure que j'avance, un sentiment familier me parcours et il n'est pas de bon augure. Je marche plus vite et mon cœur s'emballe, comme si je savais ce qu'il allait se passer.