Bonjour ! Après un long moment d'absence me revoilà avec un nouveau chapitre qui j'espère vous plaira !

xYuuri, Grazi-chan, Adire mile adar, lili974WOLF, Kuro-nyan, Nakata, Angeshekil, merci pour vos reviews! Ca m'encourage à écrire la suite ! Je suis contente que plusieurs d'entre vous apprécient Kazuki :-)

Ce chapitre n'a pas été corrigé donc soyez indulgent avec les fautes que vous trouverez en lisant.

-Cet amour que je ne voulais pas-

Chapitre 7

J'ouvrai les yeux et découvris l'obscurité qui m'entourait. Cependant, au milieu du noir, je pouvais voir mes mains, mes bras, mes jambes, mon corps… J'étais presque luminescent.

Soudain, des petites bulles luisantes apparurent de nulle part et tel des lucioles, elles virevoltaient autour de moi. Il y en avait d'abord très peu, puis une grosse masse se forma. Comme une vague elle m'engouffra et je me protégeai avec mes bras. Incapable de me mesurer à la force de la masse lumineuse, je me laissai porter par son flot.

Comme si je m'étais échoué sur une rive inconnue, je sentis que mon corps ne flottait plus, non, j'étais allongé sur un sol rigide.

J'ouvrai les yeux à nouveau et je découvris un lieu d'un bleu noble dont je ne pu voir ni le début, ni la fin. J'avais l'impression d'être perdu au milieu d'un vaste univers.

Sur mes côtés apparurent de grandes fresques animés et lorsque je reconnu des instants de ma vie y défiler, une grande nostalgie m'envahie. Les souvenirs jaillissaient en mon esprit tout comme l'eau coulait abondamment de sa source.

J'avais eu une enfance heureuse. Certes, je n'avais pas connu mon père, mais je n'avais jamais vraiment senti le manque car malgré la position de ma mère dans la société, elle passait le temps qu'elle pouvait avec moi. Lorsqu'elle n'était pas là, Gwendal et Conrad étaient toujours là pour moi. Je les adorais, je les aimais, je les aimais tellement... Ils étaient des repères dans ma vie...

Ce fut pourquoi mon monde perdit brutalement ses couleurs lorsque j'appris pour l'héritage humain de Conrad. Mon frère que j'adorais, qui m'avait appris le maniement de l'épée et qui passait le plus clair de son temps avec moi allait mourir bien avant moi.

A quoi cela servait-il d'aimer si ça rendait malheureux? Ma mère avait pleuré si longtemps sa séparation avec Dan Hiri Weller. A quoi cela servait-il de donner le pouvoir à quelqu'un de nous faire souffrir?

A ce jeune âge, j'avais tiré trois conclusions que je me promis de suivre. D'une part, je ne devais pas me mélanger aux humains car nous étions trop différents d'eux, trop de choses nous séparaient et l'histoire de ma mère ainsi que les conséquences de son union avec l'un d'eux m'avait servi d'exemple. D'autre part, je devais tirer un trait sur mon amour pour Conrad car je l'aimais trop pour supporter sa mort. Il était préférable pour moi de l'ignorer ou même le détester. Et enfin, je ne devais en aucun cas tomber amoureux de qui que ce soit pour ne laisser à personne la chance de me faire souffrir.

J'avais réussi à vivre en me protégeant ainsi pendant plus de soixante ans, mais l'arrivée de Yuuri avait bouleversé ma vie. J'avais un cœur dur, j'étais têtu, entêté, fier, arrogant, mais l'innocence, la gentillesse et la justice dans les yeux de Yuuri avaient réussi à attendrir mon cœur. En quelques années, il avait réussit à mettre bas à mes résolutions que j'avais nourri pendant tant d'année. Sans le vouloir, je lui avais ouvert mon cœur et avant que je ne m'en rende compte, j'étais déjà prisonnier des toiles d'un amour à sens unique. Yuuri... Je me souvenais enfin de son importance dans ma vie... Il était ma lumière... La lumière qui avait redonné des couleurs à ma vie... Une lumière que je ne pouvais qu'admirer...

J'ouvris mes yeux que j'avais fermés en retrouvant une partie de ma mémoire puis les levai pour regarder droit devant moi. Au milieu des fresques se dressait un trône à sculptures compliquées. Un jeune homme aux cheveux blond et aux yeux émeraude y était assis. Il tenait une boite carré, translucide qui me permit de voir la boule de lumière qu'elle enfermait. Ce jeune homme était la projection de moi-même. Ne comprenant pas la situation, je me renfrognai.

« Que se passe-t-il ? Où suis-je ? » Demandai-je avec autorité.

Il me regarda d'un air hautain, les jambes croisé et la joue appuyé sur le dos de sa main. Son autre main tenait précieusement, la boite et cela attira mon attention.

« Ceci est le temple de ton âme. »

Je fis un pas en arrière, mon cœur serré. « Comment cela peut-être possible ? Est-ce que je suis mort ? »

« Tu n'es pas mort, mais tu as perdu connaissance. Nous nous sommes fait une promesse Wolfram et si tu es ici, c'est parce qu'elle a failli être brisé. »

« Une promesse ? »

« Je vois que tu es intéressé par ce que je tiens dans la main. Tu n'as cessé de fixer cette boite depuis que tu as ouvert les yeux. » Dit-il en tendant ladite boite. Il ferma les yeux. « Elle enferme une partie de ta mémoire, celle que tu désires oublier, celle qui est liée à notre promesse. »

Je fronçai des sourcils en incompréhension. « Je ne me souviens pas de cette promesse. »

Mon double se détourna en pointant son nez vers le haut. « Il est évident que tu ne t'en souviennes pas. Sinon, cette promesse n'aurais pas de but, elle n'aurait pas lieu d'être. » Il se tourna vers moi. « Mais ne t'inquiètes pas, je ne l'ai pas oublié et je la protègerai tant que je le pourrai car si je ne le faisais pas, personne ne le ferai pour nous. »

« Je trouve que c'est insensé de faire une promesse et de ne pas s'en souvenir. »

« Très juste… Mais si tu t'en souvenais, tu te souviendrais aussi de sa raison et alors, nous redeviendrons vulnérables. » Il me regarda droit dans les yeux et je fut dérouté de regarder dans mes propres prunelles.

« De nos quatre vingt six années d'existence, nous avons appris une chose… Nous ne pouvons faire confiance à personne sauf à nous même. Alors ne t'inquiète pas, je nous protègerai. »

« C'est faux. Si nous sommes bien les mêmes, tu devrais savoir que j'ai toujours vécu entièrement, j'ai accepté ma vie et les épreuves qui l'accompagnent… Je pense que je n'ai jamais réellement souhaité perdre une partie de ma mémoire, du moins, pas volontairement. Si c'était volontaire, alors la seule raison qui m'aurait poussé à le faire aurait été pour protéger Yuuri. » Dis-je sincèrement et à travers la boite, je vis la boule de lumière scintiller avec plus de force lorsque je prononçai le nom de mon roi.

« Pourtant, du plus profond de notre cœur nous avons souhaité cette promesse. Je sais que tu aimerais t'en souvenir et c'est une des raisons pour lesquelles tu es ici." Il se leva, et se dirigea vers moi. Très vite, nous étions si proches que nos fronts se touchèrent. La boîte, elle, était entre nous. "Lorsque j'ouvrirai cette boîte, tu retourneras à la réalité. Tes souvenirs ne te reviendrons pas mais ils sommeilleront en toi, attendant de refaire surface par des évènements de la vie, des lieux ou même des sentiments." Nous nous regardâmes comme si nous regardions notre reflet dans un miroir. Il me sourit tristement.

"Il y a une chose que nous voulons protéger plus que nous-mêmes, plus que notre amour, plus que notre fierté. C'est pour cette raison que nous avons fait cette promesse..." Son regard était si triste... Je connaissais cette douleur, ce sentiment.

Sans que je m'y attende, il ouvrit la boîte et je fus ébloui par la lumière…

Je retrouvais petit à petit mes sens. J'étais confortablement installé dans un lit douillé et j'appréciai la douce odeur fleurie des draps propres. Des mes lèvres s'échappèrent un gémissement. J'ouvris un œil puis l'autre et découvris que la pièce était éclairée de la lumière d'une bougie.

"Wolfram?"

Je me tournai vers ma droite, d'où venait la voix. Kazuki était assis sur une chaise à mon chevet et me regardait avec inquiétude.

"Ne fait pas cette tête, idiot..." Dis-je d'une voix encore endormie.

Il me donna une chiquenaude alors que ses sourcils étaient froncés en désapprobation. "Tu nous as fait peur, tu sais. Tu as dormi presque vingt quatre heures après avoir perdu connaissance, alors ne me traite pas d'idiot."

Ce fut à mon tour de me renfrogner. Maintenant que j'avais l'esprit plus clair, je me souvenais que nous étions au bal et que fatigué par la foule, j'étais sorti prendre un peu l'air sur une terrasse. De là, je regardais sa majesté Yuuri dans la distance... Il semblait chercher quelqu'un puis Kazuki me rejoint. Nous avons discuté... Mais de quoi au juste?

"Que s'est-il passé?" Demandai-je.

"Tu as perdu connaissance le soir du bal."

Je posai le dos de ma main droite sur le front, regardant au plafond en essayant désespérément de me souvenir des évènements de la veille...

"Tu dois avoir faim, non? Je vais demander à ce qu'on t'amène une collation." Dit-il en me coupant dans mes réflexions.

"Non... Je n'ai pas faim." Je fixai le prince héritier droit dans les yeux. "Dis-moi plutôt de quoi nous étions en train de discuter ce soir là..." Il me servit néanmoins un verre d'eau que j'acceptai.

"Tu me disais que tu n'aimais pas les bals..."

Des images me revinrent... J'observais sa majesté Yuuri... Je le regardais parce que... Parce que Greta n'avais pas pu me répondre dans la matinée... Je lui avais demandé qu'est-ce qui me liait à sa majesté Yuuri...

Son regard... Son sourire... Des images de sa majesté Yuuri dans son adolescence me revenaient... J'avais fait un rêve chargé de souvenirs et de sentiments que je ne me pensais pas capable de ressentir. Non... Ce n'était pas un rêve, je me souvenais que j'étais dans le temple de mon âme et grâce à cela, j'avais retrouvé les souvenirs de notre rencontre mais aussi de mon amour à sens unique... Une douleur empoigna mon cœur lorsque je réalisai que Kazuki en était la preuve vivante... Yuuri l'avait conçu avec la femme qu'il aimait et un mal me saisit le crane à cette pensée.
Je pris de grandes inspirations puis lorsque la douleur se dissipa, je me levai. J'avais besoin de prendre l'air, de me vider l'esprit.

"Que fais-tu?" Me demanda Kazuki alors que je me dirigeais vers mon armoire.

Je ne répondis pas. A la place, j'enlevai ma chemise de nuit, au diable ma pudeur, et enfila une chemise et un pantalon. Il se détourna pour me laisser un peu d'intimité.

"Je vais prendre l'air." Dis-je en marchant vers la porte et il me suivit.

Mes pas me guidèrent vers le toit du château. Maintenant à l'extérieur, je pouvais sentir l'air frais et agréable des nuits d'été de Shin Makoku. Sans tarder, je m'installai sur les tuiles et Kazuki en panique m'attrapa par le bras.

« Qu- Que fais-tu Wolfram ? Reviens ! » S'écria-t-il.

Je savais très bien ce qu'il pensait alors je me tournai vers lui avec un air blasé.

"Ne me rabaisse pas en pensant que je veux me donner la mort." Dis-je en retirant mon bras de son emprise.

Je m'allongeai pour contempler la grandeur du ciel étoilé. Kazuki s'installa à côté de moi et nous restâmes dans un silence confortable pendant un moment.

"De regarder le ciel comme ça me rappelle la période pendant laquelle tu dormais encore dans la tour de l'aile Est du château... Lorsque je ne pouvais pas entrer pour te voir, il m'arrivait de monter au sommet. Je restais là des heures... C'était mon endroit secret où j'aimais me retirer pour réfléchir." Dit-il.

« Alors c'est là-bas qu'on te trouvera si un jour tu disparais ? » Dis-je avec sarcasme.

« Ca ne sert à rien car tu n'y es plus. » Répondit-il sincèrement.

Il y avait quelque chose de particulier chez lui. J'avais l'impression qu'il me parlait avec la même sincérité et franchise qu'un enfant, comme s'il était incapable de me mentir.

Je sentis mon visage chauffer lorsque je saisis le sens de ces mots et à cause de mon teint clair, je savais que mon visage avait pris des couleurs. Heureusement que nous étions dans l'obscurité.

« Ne dit pas de bêtises, idiot ! » Dis-je, gêné.

Il se tourna en ma direction et je senti son regard sur moi. « Je suis sérieux Wolfram ! Au départ, j'y allais simplement pour te rendre visite avec mon père mais au fil du temps, je ne me souviens plus à partir de quand, j'ai commencé à te raconter ma vie… Je savais bien que tu ne pouvais pas m'entendre mais je me sentais bien après t'avoir parlé… Maintenant que tu es là, je n'ai plus besoin d'y aller. Je me sens bien quand je suis avec toi. »

C'était la toute première fois qu'on me disait une chose pareille. J'avais beau chercher en ma mémoire, on ne m'avait encore jamais dit qu'on se sentait bien avec moi. En général, les gens avaient plutôt tendance à me traiter de gamin égoïste, de tête de mule et comme j'avais trop de fierté pour faire le premier pas vers les autres, j'ai souvent été seul…

Je sentis ma poitrine se remplir d'une chaleur agréable comme si j'avais été touché par ses mots.

« Puisque je n'ai pas pu entendre ce que tu m'as raconté depuis l'enfance… Je serai disponible pour écouter ce que tu souhaiteras me dire… » Je le regardai du coin de l'œil. « Sauf si bien sûr ce que tu as à me dire est complètement dénué d'intérêt. » Fini-je.

Il me fit un petit sourire malin. « Merci… Je ne tiendrais pas en compte ta dernière phrase. »

« Humph ! » Je me détournai sur le côté. « Arrogant ! »

Il rigola puis je me redressai. Ce petit moment m'avait fait du bien et je pouvais à présent aller me reposer calmement.

Il se redressa aussi et nous étions assis côté à côte. « Si je peux te parler de tout et de rien, sache que l'inverse est valable. Viens me parler quand tu veux, Wolfram. J'ai beaucoup de choses à rattraper et j'ai envie de te connaître. »

Je restai bouche bée face à ce qu'il venait de me dire. Décidemment, il était fort pour m'embarrasser. Quand il disait des choses pareilles, je ne savais pas comment réagir car c'était mes premières expériences. Je n'étais vraiment qu'un pauvre solitaire, complètement désarmé lorsqu'on essayait de m'approcher. J'avais pour seule amie Elisabeth et lorsque Yuuri arriva, il était bien plus intéressé par Conrad que par moi. Il n'avait des yeux que pour lui. Oui, je me souvenais de ça… J'étais celui qui lui courait après et qui voulais tout savoir de lui… Yuuri n'avait jamais fait l'effort d'essayer de me connaître et n'avait jamais cherché ma compagnie, mais avec Kazuki c'était différent.

« Tu pourrais trouver une manière plus subtile pour dire les choses. » Dis-je sur le ton d'un reproche.

« Je n'en vois pas l'intérêt. Pourquoi passer par quatre chemins alors qu'il est tellement plus simple d'aller droit au but ? » Il se pencha vers moi pour me regarder de plus près. « Je t'ai embarrassé ? »

Je me sentis rougir alors je poussai son visage sur le côté en posant ma main sur sa joue pour ne pas qu'il me regarde.

« Tu vois, tu recommences ! Tu manques de finesse et c'est un problème pour toi qui est le prince héritier. »

Je me levai en posant une main sur ma hanche. Ma mère me disait souvent que j'avais l'air arrogant lorsque je prenais cette pose.

« Je retourne à l'intérieur. Bonne nuit, prince Kazuki. » Dis-je en me dirigeant vers la porte puis le regarda par-dessus mon épaule lorsqu'il me dit : « Kazuki, appelles-moi juste Kazuki. »

C'était un trait qui ressemblait à son père et cela me fit soupirer. « Mais pour toi ce sera Lieutenant Wolfram. » Dis-je pour le contrarier.

Son visage porta une déception semblable à celle d'un enfant que l'on venait de priver de dessert. Cela m'attendris et me fit sourire. « Je plaisante. »

Je vis ses yeux s'agrandir puis il me répondit par un sourire qui atteignit ses yeux. « Je suis content Wolfram… C'est la première fois que tu me souris comme ça. »

Je fus à mon tour d'être surpris et comme je ne savais pas comment lui répondre, je luis dit simplement « A demain. »

En fermant la porte derrière moi, je laissai s'échapper un long soupir que je retenais. Kazuki avait vraiment le chic pour m'embarrasser.

Kazuki… Le fils de sa majesté Yuuri à qui j'avais été fiancé et que j'avais aimé… C'était une situation étrange… Je n'avais pas envie d'y penser car cela ravivait en moi une sorte d'amertume que je n'avais pas envie de ressentir.

Mes souvenirs avec sa majesté Yuuri étaient encore flous. Je n'avais pas retrouvé toute ma mémoire, beaucoup de choses étaient restées dans l'ombre mais cela ne me dérangeait pas.

Lorsque j'arrivai dans ma chambre, je me changeai, me couchai puis somnolai jusqu'à ce que le léger clac de la porte me réveille. J'entendis les pas léger de l'intrus se diriger jusque moi. Je ne sentais pas d'animosité dans sa présence mais je ne pouvais empêcher mon cœur de battre à toute allure car je ne savais pas à quoi m'attendre. La personne s'agenouilla au pied de mon lit, saisit ma main puis la porta précieusement jusqu'à ses lèvres pour y déposer un baiser.

« Il semblerait que la seule chose dont je suis capable est de te faire souffrir… Pourtant… Je suis si heureux que tu te sois réveillé… »

Je connaissais cette voix, elle appartenait à celui que j'avais aimé. Mon cœur battait la chamade et était prêt à exploser dans ma poitrine.

« Est-ce qu'un jour nos cœur pourront enfin se rejoindre ? » Souffla-t-il d'une voix fatiguée puis il glissa ses doigts sur ma joue en une caresse pour ensuite tracer tendrement mes lèvres.

J'en fus si surpris que j'en eu un léger sursaut. Il retira immédiatement sa main de peur de m'avoir réveillé. N'ayant aucune envie d'entamer une discussion, je jouai la comédie, imitant la respiration d'une personne profondément endormie.

Après un moment, il déposa un baiser sur ma joue avant de me souhaiter la bonne nuit. « Fais de beau rêve, Wolfram. »

Après son départ, j'agrippai ma poitrine. Mon cœur battait à toute allure et avait peine à ralentir. J'essayai de trouver le sommeil mais n'y parvint pas. Sa visite inattendue m'avait complètement retourné et je n'aimais pas ça.

Xxx

J'eu l'impression de fermer les yeux qu'un instant avant de sentir quelqu'un sauter sur mon lit. Je gémis de mécontentement puis entendis un rire d'enfant en réponse. Un petit corps se glissa sous mes draps et se blottit contre moi.

« Papa Wolfram. » Souffla la petite voix. Mes lèvres se courbèrent en un léger sourire. Tomoe était tellement mignonne qu'il était difficile de lui résister. Les yeux fermé, je tendis un bras en sa direction pour la serrer contre moi afin de nous rendormir ensemble.

Je ne su combien de temps passa jusqu'à ce que je me réveille à nouveau. Les petites mains de Tomoe caressaient mes cheveux et je devais avouer que c'était agréable.

« Il est temps d'arrêter de jouer avec mes cheveux jeune fille, sinon, je vais dévorer tes mains. » Dis-je d'une voix encore endormi. J'ouvrai un œil et elle retira ses mains, me regardant avec amusement de ses grand yeux noisette.

« Bonjour papa Wolfram ! »

« Tu sais que ce n'est pas bien de se glisser dans le lit d'une autre personne sans avoir demandé la permission ? » Lui reprochai-je tout en la gardant près de moi.

« Je suis d'accord avec Wolfram. » Intervint la voix de sa majesté Yuuri. Je sursautai avant de me tourner en sa direction. Il était assis sur une chaise à mon chevet.

« C- C'est valable pour vous aussi ! On n'entre pas dans la chambre de quelqu'un sans permission ! » Répliquai-je. « De… Depuis quand êtes-vous là ? »

Depuis quand balbutiai-je ? Et pourquoi étais-je en train de rougir ? Sans doute à cause de sa visite nocturne qui était encore fraiche dans ma mémoire ?

« J'ai appris que tu t'étais réveillé la nuit dernière alors je suis venu ici dès que j'ai appris la nouvelle, il y a quelques minutes. » Répondit-il.

« Humph ! » Je me détournais.

« Tomoe, nous ferions mieux de laisser Wolfram se préparer. Plus vite il sera levé, plus vite il pourra nous rejoindre pour le petit déjeuner. »

« Mm… D'accord. » Elle alla dans les bras de son père puis se tourna vers moi. « Tu me le promets papa Wolfram ? Tu viendras au petit déjeuner et puis nous irons dans le jardin de dame Celi ? »

J'acquiesçai. « Je te le promets, princesse. »

Mon regard croisa celui de sa majesté Yuuri et je vis du regret dans ses yeux. « Je suis désolé pour ce qui s'est passé le soir du bal. Je n'aurai pas dû te pousser à bout. » S'excusa-t-il.

« Vous n'avez pas à vous excuser, vous avez simplement répondu à mes questions. »

« Alors ça ne t'as pas aidé, tu ne te souviens toujours pas de moi… De nous ? » Me demanda-t-il et mon cœur se crispa. Il n'y avait jamais eu de 'nous'… Du moins, pas pour lui.

« Si, je me souviens de certaines choses… Assez pour savoir ce que vous représentiez pour moi. »

« Mais alors pourquoi me vouvoies-tu à nouveau ? » Il fronçait des sourcils en incompréhension.

Je détournai mon visage car il y avait quelque chose chez lui qui m'affaiblissait et je détestais ça.

« Wolfram ? » M'appela-t-il lorsque je restai silencieux.

Je serrai mes poings dans mes draps. Pourquoi tout semblait si compliqué lorsqu'il était concerné ? Pourquoi j'avais à la fois envie de me livrer à lui et de l'ignorer ? Mon impulsion prit le dessus et je lui répondis d'un ton sec : « C'est simple… Je veux garder mes distances avec vous. Maintenant, si vous voulez bien me laisser, j'aimerai me préparer. »

« Mais enfin pourquoi, Wolfram ? Je ne comprends pas ! » Répliqua-t-il avec désarroi.

« Vous ne m'avez jamais compris de toute manière… Et puis, je ne pense pas que le moment soit bien choisi pour discuter de tout ça… » Dis-je avec sarcasme tout en me levant.

Son regard tomba sur Tomoe et d'un air résigné il répondit : «Très bien… Mais cette discussion n'est pas terminée, Wolfram. »

Xxx

Mon cœur fit un bond dans ma poitrine lorsque mon regard croisa par hasard celui de sa majesté Yuuri qui semblait me fixer depuis déjà un moment. Même lorsque je me détournai, il continua à me regarder durant tout le petit déjeuner sans se soucier du reste du monde. Cela se poursuivit au déjeuner, dans le jardin de ma mère, à divers moments de la journée puis au diner. Dès que nous étions dans la même pièce ou que je me trouvais dans un endroit à la portée de son regard, je savais qu'il m'observait. Etait-ce son moyen de pression sur moi ? Voulait-il m'intimider ? Me déstabiliser ? Je ne me souvenais pas que Yuuri puisse agir ainsi, mais après tout, des années s'étaient écoulées et il avait dû changer avec le temps.

Il me regardait avec tellement d'intensité que cela me mettait mal à l'aise. Le pire dans tout ça était les palpitations de mon cœur à chaque fois que nos regards se croisaient. Mes émotions trahissaient ma raison mais je ne devais surtout pas me laisser aller… Me rapprocher de lui… Je n'avais pas tant de souvenirs, cependant, je savais que j'avais trop souffert. Je lui avais donné mon cœur mais lui ne m'avait jamais aimé. La preuve était qu'il avait fait deux magnifiques enfants avec sa défunte épouse. Il m'avait lui-même dit qu'il ne pouvait pas se remarier car personne ne pouvait mieux le comprendre qu'elle.

Et puis, s'il était disposé à ressentir de l'attirance ou avoir de l'intérêt pour un homme, je savais que l'élu de son cœur serait Conrad. Tous deux étaient proche l'un de l'autre et partageaient indéniablement un lien indestructible que j'avais jadis envié.

Alors pourquoi cherchait-il à attirer mon attention ? Je ne le comprenais pas… Vraiment pas.

A présent dans ma chambre, à l'abri de son regard, je pris le livre de Greta afin de lire quelques pages.

A travers les peintures qu'elle avait fait pour illustrer des passages clés, je pouvais voir tous les efforts et l'amour qu'elle avait mis dans la conception de ce chef-d'œuvre. Greta… La petite fille que Yuuri avait adopté et que j'avais adopté par la même occasion parce que nous étions fiancés…

Je réalisai que je m'étais endormi en lisant lorsqu'on me prit le livre des mains pour le poser sur mon chevet. A demi conscient, j'étais prêt à me rendormir quand la personne éteignit la bougie. Cependant, mes sens revinrent en alerte lorsqu'elle s'agenouilla près de moi et j'eu une impression de déjà-vu. Comme la veille, elle prit ma main et la guida vers ses lèvres.

« Tu es toujours aussi difficile, Wolfram. » Me dit la personne dont je redoutais la présence, le regard. « Mais tu ne serais pas Wolfram si tu ne l'étais pas. » Continua Yuuri.

Dans l'obscurité de la pièce, il glissa sa main sur mon visage. « Je ne pourrai jamais accepter que tu prennes tes distances sans en connaître la cause. »

Il s'approcha de moi et je sentis son souffle sur mon oreille. Un courant électrique se répandit en moi. J'étais dégouté mais mon corps réagissait d'une autre manière. « Tout ces moments que nous avons partagé, les épreuves que nous avons surmonté et cet amour que tu m'a porté… Ce sont des trésors que rien ni personne ne pourra me prendre. »

Comme s'il avait raté ma joue, son baiser toucha le coin de mes lèvres et je cru que mon cœur allait exploser tellement mon choc était grand. Mon corps entier se chauffa laissant des fourmis le parcourir derrière une vague de chaleur. Avait-il fait exprès ? Les bougies étaient éteintes mais les rideaux étaient ouvert, il pouvait voir dans la pièce…

« Fait de beau rêve, Wolfram. » Souhaita-t-il.

J'avais chaud. Mon cœur palpitait… Comme avant, Yuuri Shibuya avait le pouvoir de me mettre dans tous mes états. Il me rendait vulnérable et je me sentais misérable.

Encore étourdi par ce qui venait de se passer, je n'en pouvais plus. Comme si j'avais perdu le contrôle de mon corps, je me redressai avec impulsion, le regardant dans l'obscurité avec défiance et irritation.

« Comment veux-tu que je fasse de beau rêve après ça, hein ? Idiot ! » M'emportai-je.

« Wolfram ? » Dit-il, surpris.

« Tu m'énerves ! Tu m'énerves tellement, Yuuri ! J'en ai marre… Qu'est-ce que tu veux à la fin ? Qu'est-ce qui te prend ? Je ne te comprends pas ! Avant, tu me fuyais et à vrai dire, je ne sais même pas si tu me comptais parmi tes amis ! Conrad ! Il n'y a toujours eut que Conrad à tes yeux alors ne me fait pas croire que je suis important pour toi. »

« Wolfram… »

« Pourquoi tu n'irais pas le voir plutôt que de perdre ton temps ici ? Ne te sens pas obligé de me rendre visite juste parce que tu te sens coupable de ce qui s'est passé avec ta femme. Je n'ai pas besoin de ta pitié… Je n'ai pas besoin de toi tout court ! » Dis-je d'un ton sec.

Je fis l'erreur de le regarder du coin de l'œil. Planté devant moi, il me regardait d'un air blessé et cela me fit mal au cœur. Incapable de rester davantage en sa présence, je me dirigeai vers la porte.

« Où vas-tu ? » Me demanda-t-il tout en attrapant mon bras, mais je ne me retournai pas. Je ne voulais pas voir son expression.

« N'importe où, sauf près de toi. »

Je dégageai mon bras d'un geste brusque puis sorti de la chambre en claquant la porte derrière moi. Je couru dans les couloirs sans savoir où j'allais... Je le fuyais. La simple présence de Yuuri éveillait en moi un sentiment que je ne voulais pas… Un amour que je ne voulais pas.

TBC

Comme d'habitude, les reviews sont les bienvenues! :)