Précédemment :
C'est pour ça que quelques heures plus tard, ils se retrouvèrent dans un avion privé pour Londres. Jane pensait qu'ils n'étaient pas prêts de rentrer au château, parce qu'ils n'avaient qu'une ancienne adresse de cabinet dentaire. De plus, ils cherchaient une sorcière se cachant dans son monde, un monde qui, selon ce qu'ils en avaient compris, était impossible à trouver. Jane n'allait pas aimer devoir écumer toutes les rues de la ville. Elle risquait de laisser une traînée de cadavres derrière elle et le roi aussi parce qu'il n'était pas d'une patience exemplaire. Il aurait mieux fait d'emmener son frère, lui savait rester calme…
OoO
- Maître, il faudrait peut-être changer d'endroit, il n'y a rien ici, suggéra Jane.
Le blond tourna brusquement la tête dans sa direction, ayant presque oublié que la jeune femme se trouvait à ses côtés. Jane soupira en voyant que le roi n'avait pas l'intention de bouger de devant l'ancienne maison des Granger. Cela faisait deux jours qu'ils surveillaient la maison inhabitée. Ils savaient tous les deux que personne n'était venu ici depuis des mois, non seulement grâce aux odeurs, mais aussi à la poussière que l'on pouvait voir à travers les carreaux. Mais c'était la seule piste qu'ils avaient. En visitant l'ancien cabinet dentaire, ils avaient obtenu cette adresse, mais n'avaient pas trouvé la moindre information sur Hermione. Les personnes des alentours savaient seulement qu'elle était partie dans une école privée quand elle était très jeune.
- Nous commençons à attirer l'attention des gens.
Caïus gronda, mais consentit à bouger et à s'éloigner de la maison. Lorsqu'ils atteignirent une ruelle plus sombre, ils entendirent un bruit que le roi reconnut, et deux nouvelles odeurs leur parvinrent au nez.
- Qui que vous soyez, vampires, partez.
- Je croyais que les vampires et les sorciers ne devaient pas s'approcher, murmura le roi pour que seule Jane l'entende.
- Ils ne sont peut-être pas au courant. Voulez-vous que…
- Non. Ne bouge pas.
Le roi observa les deux sorciers habillés de la même façon. Ils en repérèrent aussi quatre autres sur les toits, leurs baguettes pointées dans leur direction. Ils ne pouvaient pas distinguer les visages des quatre en hauteur, mais cinq d'entre eux avaient le coeur qui battait plus vide que la normale. Le dernier était calme, comme s'il avait l'habitude de ce genre de situation.
- Juste six sorciers, cela est vexant, murmura Jane.
- Méfions-nous, dit Caïus, se souvenant d'Hermione le mettant la tête à l'envers.
- Que faites-vous ici ? s'impatiente l'un des sorciers.
- Nous sommes à la recherche de quelqu'un, expliqua le roi.
- Mais qu'a-t-elle fait ? murmura un autre sorcier entre ses dents.
Caïus leva la tête pour voir qui avait parlé, mais il était caché par sa capuche et par le mur. D'ailleurs, il n'était pas sûr que lui-même pouvait les voir correctement.
- Partez.
- Pas sans avoir mes renseignements, gronda-t-il.
Les sorciers se mirent en garde.
- Partez.
- Non, de plus, si mes souvenirs sont bons, vous n'avez pas à intervenir dans nos affaires.
- L'inverse est aussi vrai, répondit un des sorciers. Et vous vous trouvez devant la maison de l'une des nôtres.
- Vous surveillez toutes les maisons ? ricana Jane.
- Non, juste celle de nos héros nationaux, répondit le sorcier avec fierté.
Se rendant compte de sa bêtise, il baissa aussitôt les yeux. Les deux vampires furent étonnés de ce fait. La compagne de Caïus était un héros ? Le roi se demanda ce qu'elle avait pu faire pour le devenir. Dès qu'il lui mettra la main dessus, il lui demandera.
- Nous ne voulons pas d'incident, continua celui qui semblait être le chef des sorciers. Vous n'aurez aucun renseignement. En guise de bonne foi, nous allons partir les premiers. Suivez dans la minute, sinon, nous serons obligés de revenir.
- J'espère que je ne fais pas une erreur, murmura encore l'autre sorcier.
Quelques secondes plus tard, cinq d'entre eux transplanèrent, le sixième - celui que Caïus trouvait différent - partit légèrement après eux.
- Ces sorciers ne me mettent pas à l'aise, frissonna Jane. Ils ont quelque chose de bizarre.
Jane regarda autour d'eux dans le but de trouver un indice. Caïus, lui, fixait un morceau de parchemin qui descendait doucement sur le sol. Le blond l'attrapa une fois à sa hauteur. Il y lut une adresse griffonnée à la va-vite.
- Mais nous sommes sur la bonne piste, soupira Jane.
- Oh oui, nous le sommes.
Jane fut perturbée par le sourire de son roi. Elle n'était pas habituée à cela.
- Allons-y.
OoO
- Hermione ? appela Harry en entrant dans la maison.
- Mmm.
- Ça va ?
Elle le fusilla du regard.
- Désolé. Question idiote, mais depuis le temps, tu me connais !
Au moins, elle esquissa un sourire, emmitouflée sous un gros plaid, un pot de glace dans les mains, Pattenrond lové contre elle.
- Cela fait une semaine que tu es revenue et trois jours que tu ne bouges pas du canapé. Qu'est-ce que tu as ?
Hermione ne répondant pas, Harry continua :
- Lorsque que tu es revenue, tu semblais bien. Pas totalement, mais tu avais cette étincelle dans les yeux que tu as perdue. Un peu comme…
Harry réfléchit quelques secondes avant de gronder son amie.
- Hermione…
- J'ai rien fait, dit-elle d'une petite voix en prenant une grosse cuillère de glace. C'est sa faute.
- Sa faute ? A qui ?
- Je suis sûr qu'il m'a fait quelque chose. Il doit avoir un pouvoir ou un truc comme ça…
- Il ? On progresse… Qui ?
- Un crétin condescendant, continua Hermione en prenant une autre bouchée.
- Mais encore ?
- Un abruti qui me prend pour une femme faible et sans défense. Idiot.
- Effectivement. Quoi d'autre ?
- Un abruti qui se prend pour le roi du monde, mais qui ne sait rien...
La jeune femme ne s'en rendait pas compte, mais Harry remarqua qu'elle se frottait la peau juste au-dessus du cœur, comme si elle avait mal à cet endroit. Le survivant comprit qu'elle avait rencontré un homme, mais ne comprenait pas grand-chose au reste. Enfin, il n'avait jamais vraiment compris les sentiments d'Hermione. C'était beaucoup trop compliqué pour lui. Néanmoins, il savait que cet homme n'était pas bien pour sa meilleure amie.
- Mais qu'est-ce qu'il est sexy, soupira celle-ci, la bouche pleine.
- Tu trouveras la bonne personne et pas un abruti. Après tout, tu as bien réussi à passer au-delà de ta relation avec Ron. Et ce n'était pas quelque chose de facile. Vous êtes amis avant tout.
- Je sais, mais lui, il est différent. Je me sens différente. Tu comprends ?
Harry plongea dans ses souvenirs. Il ne s'était jamais senti différent avec Ginny, leur relation avait toujours été naturelle. Il y avait bien une fois, lorsqu'il était adolescent, où il s'était senti différent avec Hermione. Il avait eu des sentiments pour elle, mais malheureusement, seul le rouquin était dans ses pensées à cette époque. C'était fini désormais et il restait son ami quoi qu'il arrive.
En tout cas, il serait là pour elle et ferait tout pour l'aider à se sentir mieux.
- Tu as quand même suivi ton programme ?
- Même pas…
- Et pourquoi ça ?
- Ce n'est pas toi qui m'as dit que je n'en avais pas besoin ? J'en ai besoin ?! Oh mon Dieu !
Hermione commença à se lever, mais Harry la rassoit, amusé.
- Tu es prête. Respire. Ne te stresse pas et repose-toi.
Il l'embrassa sur la joue et la laissa pour retourner travailler. Durant son travail, il eut beaucoup de mal à se concentrer et pensa à Hermione et comment il pourrait l'aider. Il la trouvait vraiment mal en point. Encore plus qu'avec Ron alors qu'elle en avait été mal durant plusieurs mois.
Ce fut le lendemain qu'il trouva la solution malgré lui, sous la forme d'un appel contre des vampires qui rôdaient autour de l'ancienne maison d'Hermione. Ils avaient un comportement suspect.
En temps normal, ils n'intervenaient pas, mais cela concernait Hermione alors ils décidèrent d'aller y jeter un oeil. Harry, qui était le plus jeune, était le moins en avant et le plus protégé, même s'il restait l'un des éléments les plus compétents. Il voyait à peine les deux vampires. Il savait juste qu'ils étaient blonds, ce qui détonnait avec le côté sombre de la ruelle.
Au fur et à mesure de la conversation, Harry comprit certaines choses et y vit sa chance d'aider son amie. Enfin il l'espérait, parce qu'il était en train de lui envoyer deux suceurs de sang. Cependant, son instinct, qui ne l'avait jamais trompé, lui indiquait que tout allait bien se passer… Enfin, s'ils trouvaient son morceau de parchemin.
OoO
- Êtes-vous sûr, Maître ? Ils m'ont semblé hostiles. C'est peut-être une embuscade.
Mais le roi ne l'écouta pas et sortit de la ruelle. La petite blonde soupira discrètement et le suivit. Après tout, on ne contredisait pas son roi, même si parfois, il fallait bien l'avouer, parfois cela lui démangeait de contredire ses décisions idiotes… Surtout lorsqu'il était à la recherche de sa compagne.
Caïus s'imaginait mille et un scénarii de leurs retrouvailles, parce qu'il allait la revoir, ça il en était certain. Son instinct le lui disait et cette fois, il allait tout faire pour ne pas la faire fuir et donc ne pas se comporter comme l'idiot qu'il avait été.
Durant ces quelques jours loin d'elle, il avait analysé chaque seconde, chaque minute et chaque heure passée en sa compagnie. Au début, il s'était concentré sur sa compagne afin de mémoriser tous les détails la concernant. Il était juste focalisé sur son physique, sa gestuelle, son léger rire, sa magie – même si au début, il n'était pas très rassuré par son don – pour ensuite penser à ce qu'il a fait et dit. Cela ne lui était pas arrivé depuis longtemps de se comporter aussi mal et stupidement envers qui que ce soit.
Il lui arrivait de se demander ce qui lui était passé par la tête pour avoir été aussi odieux avec elle mais il savait que c'était son comportement habituel envers tous les autres, il avait juste oublié qui il avait en face de lui et maintenant, il en payait le prix.
- Maître, ça va ? se risqua Jane. Vous semblez… abattu.
- Je vais bien, gronda-t-il.
- Tant mieux, soupire Jana, rassurée, parce que nous sommes devant la maison.
Elle n'en avait pas cru un mot, mais le faire remarquer ou même le montrer n'était pas une bonne idée.
Le roi secoua la tête pour se remettre les idées en place. Si son cœur battait encore, il voudrait sûrement sortir de sa poitrine, mais heureusement pour lui, il n'était pas un de ces pathétiques humains, régi par ses sentiments et les trahisons de son corps.
D'un pas décidé, il s'avança dans l'allée, Jane à sa suite. Il s'arrêta après quelques pas, ayant senti quelque chose de bizarre. La jeune femme s'arrêta le plus vite possible pour ne pas rentrer dans le dos du roi, ayant elle aussi senti quelque chose de bizarre.
- De la magie, conclut le roi quelques minutes plus tard.
- Je ne crois pas aimer cela, murmura la petite blonde.
Caïus avait envie de lui donner raison, mais ne voulant pas commettre de nouveaux impairs - il en avait assez commis pour le prochain siècle – il s'abstint de tout commentaire. Après tout, avec cette magie, elle pouvait sûrement les entendre d'où elle était. Si ça se trouvait, elle était même en train de les espionner. Il jeta un coup d'œil à toutes les fenêtres, mais malheureusement, malgré sa super vue, il n'arriva pas à voir au travers.
Décidément, il n'aimait pas la magie, il se sent démuni. Hermione avait raison, ils n'étaient pas les plus puissants du monde, ils n'étaient que des créatures surnaturelles parmi tant d'autres. Il allait lui falloir du temps pour s'en remettre, mais il se consola en se disant que c'était moins dur pour lui que pour Aro et son ego surdimensionné.
Après un soupir inutile, il franchit les quelques pas qui menaient à la porte d'entrée et y frappa sans y mettre toute sa force. La mettre en colère et casser sa maison n'était pas une bonne entrée en matière pour des retrouvailles. Pendant une fraction de seconde, il se demanda si sa maison était indestructible ou alors si elle pouvait la réparer avec sa magie. Après tout, elle avait réussi à le battre en quelques secondes. Si cela se trouvait, leur magie n'avait aucune limite. Encore une fois, en pensant à la magie, une vague de peur des sorciers et de leurs compétences monta en lui, même s'il ne l'avouerait jamais à personne. Pour le moment, la seule personne qui lui faisait peur était sa compagne et surtout ses réactions. Il ne savait pas comment il réagirait à un rejet de sa part. Sûrement très mal. Après tout il n'était pas connu pour être d'un tempérament conciliant… C'était pour cette raison qu'il avait retourné la moitié de Londres et qu'il était resté planté devant une porte blanche. Il fallait vraiment qu'il se sociabilise.
- Connerie, juste avec elle. Elle est la seule qui mérite ma gentillesse, marmonna-t-il tout haut.
OoO
Hermione était toujours sur son canapé, mais depuis la visite d'Harry, elle étudiait les livres dont elle avait besoin pour son futur travail. Bien sûr, elle savait tout ce dont elle avait besoin, mais elle ne pouvait pas s'en empêcher et ainsi, elle évitait de trop penser au vampire aux yeux rouges qui la tourmentait malgré les nombreux kilomètres qui les séparaient.
- Quand est-ce que cette douleur va disparaître ? demanda-t-elle à son chat.
Pattenrond leva la tête une seconde avant de retourner à son occupation favorite : dormir.
- Merci pour ta réponse, tu m'es d'une grande aide, bougonna Hermione.
La jeune femme retourna à son livre sur les lois barbantes qu'elle survolait toujours, peu concentrée. Son cerveau la ramenait en arrière, en Italie avec le blond qu'elle voudrait tant détester. Après tout, il avait été parfaitement odieux avec elle. Il n'avait pas été un gentleman, il n'avait pas été poli, il n'avait pas été serviable, il avait juste été un petit con prétentieux. Il avait été tout ce qu'elle détestait chez un homme, alors pourquoi, au nom de Merlin, n'arrivait-elle pas à se le sortir de la tête et voulait-elle absolument le revoir ?
- Nous sommes bien trop compliquées.
Elle s'allongea à côté de son chat et s'endormit quelques minutes plus tard, toujours son pincement au cœur bien présent et toujours épuisée.
La jeune femme sursauta en entendant l'alarme de sa maison indiquant que quelqu'un était entré dans son jardin.
Elle mit quelques minutes à reprendre ses esprits, se frottant les yeux et se levant pour aller voir qui vient d'entrer dans son jardin en traînant les pieds, les cheveux en bataille, son pyjama de travers. Le temps d'arriver à la porte d'entrée, son invité avait déjà frappé à la porte.
Toujours mal réveillée – elle n'avait jamais été très efficace au réveil de toute façon – elle ne prit pas la peine de regarder qui se trouvait derrière la porte – de toute façon, si la personne lui voulait du mal elle n'aurait pas pu entrer – et ouvrit en grand.
D'abord, elle vit des chaussures noires en cuir, un pantalon à pinces tout aussi noir porté par un homme de grande taille. Elle remonta lentement les yeux, avisant un gilet de la même couleur que le reste pour finir par tomber sur des cheveux blonds presque blancs, un mince sourire sur des lèvres parfaites et les mêmes yeux rouges qui hantaient ses rêves.
- Bonjour, dit Caïus d'une voix douce, ce qui étonna les deux femmes, même si Jane était restée à l'entrée.
Hermione ouvrit la bouche, finit de connecter son cerveau et, lorsqu'elle se rendit compte qu'IL était en face d'elle, eut grande envie de lui sauter dans les bras. A la place, elle lui claqua la porte au nez.
OoO
A suivre !
Prochain chapitre, les retrouvailles !
Bisous :)
