Dans cette fanfiction j'ai fait Arya un peu plus sensible, je pense pouvoir me le permettre grâce à Emerys et son soutient
Bonne lecture !
Corrigé.
Chapitre 7
«Clegane !» Hurla Emerys en bondissant de sous sa cachette, les yeux élargis par l'horreur.
Des gardes avaient commencé à inspecter la charrette sans que le Chien ne s'en aperçoive. Mais le pire ce n'était pas cela, ce qui incita Emerys à hurler fut la disparition d'Arya dans la foule.
Sandor remarqua immédiatement que la femme était toute seule à l'arrière, les gardes qui avaient fouillé été encore surpris que quelqu'un se trouve là-dessous. Avant qu'ils ne reprirent leurs esprits, le Limier bondit de son siège, dégota sa longue épée cachée sous sa cape et les massacrèrent les uns après les autres.
Emerys ne perdit pas une seule seconde à bondir de la charrette et à courir en direction des cris dans la cour du château. Tous les soldats de la maison Stark se faisaient décimer sans la moindre pitié ! Elle évita de justesse une hache qui passa près de sa tête en se penchant en avant puis se plaqua contre plusieurs tonneaux de vin.
Des hommes étaient en feu tandis que d'autres se faisaient pendre. Les épées claquaient entre elles et le sang d'innocents se déversa sur les terres des Jumeaux.
Où était Arya ?! Emerys cherchait partout du regard des traces de la jeune fille qui avait décidé de prendre la fuite. Le sang volait dans tous les sens et les bruits d'étouffements ainsi que les cris de traîtrise résonnaient dans ses oreilles.
Des larmes de terreur montèrent aux yeux d'Emerys, de vieux souvenirs remontant à la surface. Elle ouvrit la bouche dans un cri silencieux puis posa ses mains contre ses oreilles pour faire taire les bruits, les yeux fermés.
Une main ferme attrapa son bras et la balança en avant contre un autre soldat couvert de sang. L'homme qui l'avait attrapé portait le sceau de la maison Frey tandis que l'autre venait des Lannister … Que faisait un garde des Lannister ici ?!
La terreur que ressentait Emerys se transforma en de la rage en voyant les deux hommes se moquer d'elle. Elle venait de comprendre ce qui se passait ici … Ne pouvant plus se retenir, Emerys hurla puis frappa le plastron du soldat Lannister avec ses poings.
«Mutinerie ! Mutinerie !» Cria-t-elle encore et encore en frappant le garde amusé par sa réaction. Il jeta le dos de sa main dans la figure d'Emerys lorsqu'il s'arrêta de rire, ne voulant plus s'amuser avec elle.
«Tais-toi petite salope ! Regarde tes précieux Maîtres mourir !» Dit-il d'une voix grave en tentant de calmer les cris de rage d'Emerys.
Elle ne se laissa pas faire lorsqu'il voulut l'attraper par les épaules. Elle balança tout son poids dans son ventre pour lui couper le souffle puis attrapa l'épée qu'il gardait à la taille et avec un dernier cri de colère, elle descendit l'épée dans son crâne qui s'ouvrit en deux.
L'autre soldat arrêta immédiatement de rire puis sortit sa propre épée après ce qu'il venait de voir avec la femme enragée. Il se jeta sur elle mais une autre épée lui transperça le dos et ressortit en travers sa poitrine, le laissant là, complètement surpris avec un filet de sang coulant hors de ses lèvres.
Emerys lâcha son épée sanglante sur le sol puis prit immédiatement ses jambes à son cou en évitant les corps et les coups d'épées volant dans les airs. Elle cherchait Arya, elle devait trouver la pauvre enfant avant qu'elle ne se fasse tuer !
Elle arriva à passer entre les gardes qui étaient occupés à repousser des soldats des Stark puis s'accroupit à côté d'un mur, la respiration erratique et le regard sur tous les mouvements autour d'elle. Son cœur battait la chamade et ses vêtements trempés de sang qui ne lui appartenait pas …
Mais alors elle vit ce qu'elle cherchait désespérément là, tapis dans l'ombre de la porte. Arya restait cachée derrière d'autres tonneaux de vin en fixant avec peur le loup appartenant à son frère enfermé dans une cage en bois.
Elle ne bougea pas d'un poil lorsque des gardes s'approchèrent en courant avec des arbalètes puis tirèrent des flèches sur l'animal en furie. Arya hésita, des larmes coulant sur ses joues alors qu'elle voulait aller de l'avant et libérer l'animal qui était le symbole de sa maison.
«Arya …» Emerys sentit ses propres larmes couler lorsqu'elle vit la tête du loup sur le sol, gémissant alors qu'il poussait son dernier souffle. Il cligna des yeux puis ce fut fini, il était mort.
Arya se leva doucement de sa cachette en marchant prudemment vers l'avant, une envie meurtrière inégalée en elle. Une grande ombre plana derrière elle et la prit dans ses grands bras, la forçant à détourner les yeux de la terrible scène qui restera à jamais gravée dans sa mémoire.
«Il faut partir !» Pressa Sandor en tirant la fille vers lui. Arya se débattit puis réussi à glisser de sa prise alors le Limier lui frappa l'arrière de la tête avec son poing ganté.
«Nous ne devons pas rester là…» Chuchota Sandor en glissant la fille Stark inconsciente sur son épaule. Il ne voulait pas la frapper aussi violemment mais il n'avait pas le choix s'ils voulaient sortir d'ici vivant.
Sandor se détourna du loup en train de se faire décapiter par les soldats puis chercha désespérément un cheval avant que quelqu'un ne les aperçoive. Il s'arrêta à la sortie de la cour sur le petit ponton, en grand conflit avec lui-même. Où était Emerys ?
La femme en question s'était laissée glisser le long du mur humide et sur le sol, un visage choqué et la bouche légèrement entre ouverte. Des larmes silencieuses coulaient avec son choc initial mais aussi à cause de la mort qui était imminente pour elle.
Arya était sauvée, elle sera en sécurité avec Sandor Clegane. Elle les avaient vu partir par la porte principale et elle était persuadée qu'ils arriveraient à fuir ce cauchemar. Au moins cette simple pensée lui donna chaud au cœur et la rassura un peu.
Tout devenait flou autour d'elle. Le feu, les cris, les corps qui jonchaient le sol … Les soldats Frey venaient de prendre la tête du loup et la coudre à la place de la tête de Robb Stark, du moins, elle imaginait que c'était lui …
Une petite larme coula tranquillement sur sa joue blessée, là où le soldat Lannister l'avait frappé. Elle se souvint d'un jour où Varys lui avait dit quelque chose qui l'avait pris à la gorge.
«Ne vous laissez pas faire Emerys car le monde, lui, ne se laissera jamais apprivoiser. Les hommes ne savent pas de quoi vous êtes capable et la force intérieure que vous possédez ne demande qu'à être libérée. Ne vous cachez plus. Un jour viendra Emerys, un jour vous n'aurez plus peur, faites-moi confiance mon enfant.»
Elle cligna des yeux, libérant plus de larmes silencieuses sur ses joues pales. Elle déglutit lentement, le monde tournant au ralenti autour d'elle. Il n'était que question de minutes avant que l'un des soldats ne la découvre et la tue.
Les hommes dans la cour soulevèrent le corps de Robb avec la tête de loup sur une espèce de Trône en bois qu'ils avaient rapidement construit pour plus de honte. Le Roi du Nord est tombé ! Criaient-ils tous en chœur.
Emerys ferma les yeux et attendit contre le mur car elle ne savait vraiment pas où aller ... Elle entendit en échos les cris de joies des salopards qui avaient tué des centaines d'hommes et de femmes de la maison Stark.
«Hey, hey ! Faut pas rester là !»
Quelqu'un posa une main sur son épaule et la secoua vigoureusement. Emerys ouvrit lentement les yeux pour voir qu'il s'agissait de Sandor Clegane, la fille Stark en bandoulière sur son épaule.
«Que faites-vous encore là …» Murmura Emerys en posant la tête en arrière contre le mur de pierre. Elle vit de l'énervement mélangé à quelque chose d'autre passer sur le visage de Clegane, il avait l'air de vouloir l'étrangler.
«C'est pas le moment femme !» Dit-il d'une voix bourrue en la tirant rapidement en avant contre lui. Il la mit ensuite sur ses pieds en gardant une prise sur son épaule, cherchant un endroit pour s'éclipser en douce des Noces Pourpres.
«Par-là !» Cria pas trop fort Sandor en tirant avec lui Emerys dans un petit passage sur le côté droit des grandes portes. Il recula par réflexe le haut de son corps lorsqu'une épée fut balancée dans sa direction, le tranchant en deux s'il n'avait pas fait cela.
Il lâcha Emerys quelques secondes en la poussant derrière lui, agrippa son épée puis tailla l'homme en deux entre la clavicule et le cou le laissant baigner dans son sang à ses pieds. Il reprit rapidement la main d'Emerys dans la sienne et la tira avec lui vers un cheval noir qui n'appartenait à plus personne, son cavalier sans doute décédé au combat.
Il se hissa vite sur le dos de l'animal en mettant Arya devant lui comme à son habitude tout en gardant un bras autour d'elle car elle était toujours assommée mais consciente. Il prit ensuite la main d'Emerys et l'aida à grimper derrière lui.
Il fallait qu'ils sortent d'ici ! Chose très délicate à faire car tous les soldats s'agglutinaient pour voir le Roi du Nord portant la tête de son propre loup sur les épaules. Le spectacle était affreux, même pour quelqu'un comme Sandor Clegane. Il vit qu'Arya regardait la scène, des larmes coulant de ses yeux gris et sur ses joues.
Une petite grimace traversa ses traits, les hommes pouvaient être des barbares et traîtres même à un mariage … Sandor attrapa une bannière Frey plantée dans le corps d'un homme mort pour tenter de passer inaperçu.
Emerys glissa instinctivement ses bras autour de la taille du Limier pour ne pas tomber alors qu'il lançait l'animal au galop le plus loin de cet enfer.
A l'extérieur du château, Sandor récupéra son cheval Stranger qu'il avait caché par précaution. Il donna la jument noire à Emerys pour qu'elle puisse s'enfuir avec lui sur son propre cheval.
Ils galopèrent un long moment loin des Jumeaux, loin de la traîtrise, la nuit sombre laissant peu à peu place à la lueur du jour. Emerys faisait de son mieux pour ne pas tomber de sommeil, gardant une prise ferme sur la crinière de sa jument. L'animal était blessé à la cuisse droite et boitait de plus en plus.
Sandor voulait s'éloigner le plus vite possible de l'endroit maudit par crainte que les soldats, au petit jour, patrouilleraient dans les forêts voisines à la recherche des déserteurs de la maison Stark. Il était lui-même épuisé après cette nuit mouvementée et Arya lui pesait sur les bras mais il ne pouvait pas céder, pas maintenant.
oOoOoOoOoOoOoOoOoOoOo
La douleur à l'arrière de sa tête la réveilla de son sommeil profond. Arya gémit en posant sa main là où ça faisait mal, les souvenirs de la veille se précipitant dans son cerveau encore plongé dans les ténèbres.
Elle ne pouvait plus bouger, son corps refusait de le faire. Elle resta là à regarder les arbres et le vent qui soufflait dans les feuilles, son visage vide de toutes émotions. A l'intérieur en revanche, c'était le chaos.
Sa mère, son frère Robb … Ils étaient partis, tuer sauvagement presque sous ses yeux. Tout comme son père à Port-Réal. Pourquoi … Pourquoi faisaient-ils cela ?
Elle voulait pleurer sa perte mais elle n'avait même plus la force de le faire. Tout son corps et ses membres semblaient tellement lourds, sa tête nageait dans le néant et elle avait l'impression d'avoir le poids d'un cheval sur sa poitrine.
Un petit bruit s'échappa de ses lèvres, elle cligna des yeux en sentant l'humidité venir. Non, elle ne pleurera pas, elle devait être forte et garder la tête haute ! Ce n'était qu'une question de temps avant qu'elle ne puisse se venger.
Arya ignorait si elle était seule ou si le Limier l'avait encore une fois prit en otage, elle ne se souvenait de plus rien après avoir vu Vent Gris se faire tuer. Et Emerys, était-elle encore là-bas, son corps mutilé parmi celui des autres ?
Les souvenirs après que Sandor ne la frappe à la tête lui revinrent peu à peu et cette fois-ci, les larmes débordèrent de ses yeux. Elle pleura son père, sa mère, son frère et les nombreux autres portés disparus. Elle était toute seule dans ce monde cruel.
«Arya …»
Une douce voix l'arrêta dans sa détresse émotive.
Arya tourna lentement sa tête vers le son de la voix et vit qu'Emerys était là, assise emmitouflée d'une cape avec capuche. Elle avait des égratignures ainsi que de la saleté sur son visage et ses yeux semblaient fatigués mis à part cela, elle avait l'air bien.
Elle ne pouvait pas s'en empêcher même si elle le voulait pour son amour propre mais ses larmes cessèrent de couler sur ses joues. Arya se leva en tremblant puis s'effondra contre Emerys. Elle avait besoin de cela, elle en avait besoin car elle n'était pas une adulte, elle n'était encore qu'une gamine. Sans famille.
«Ils sont tous morts …» Marmonna-t-elle entre deux sanglots, le visage pressé dans la cape d'Emerys. La jeune femme sentit ses propres larmes lui venir alors elle posa sa main à l'arrière de la tête d'Arya, le menton tremblant.
«Non tu te trompes. Tu as encore ta sœur et deux jeunes frères, tu n'es pas seule mon enfant.» Elle n'était pas très sûre mais elle espérait de tout cœur que c'était le cas.
Arya agrippa plus fermement la cape dans ses mains jusqu'à ce que ses jointures deviennent blanches de fureur. Elle voulait les voir morts … Tous ces monstres ! Mais Emerys avait raison, il lui restait encore ses frères et sa sœur ainsi que Jon Snow.
Emerys et Arya restèrent dans cette position un bon moment jusqu'à ce que les pleurs se calment et finissent en reniflements. Le Limier patrouillait autour de leur campement car il craignait que les soldats de la maison Frey n'approchent.
Il revint au bout d'une demi-heure et fut quelque peu surpris d'y trouver les deux filles dans cette position. Il ne commenta pas, il ne saurait pas quoi dire de toute manière.
«Nous devons partir, ce n'est pas très sûr par ici.» Dit-il en essayant de garder sa voix calme.
Emerys hocha lentement la tête puis se leva avec Arya encore serrée contre elle. Elle ne voulait pas laisser l'enfant dans un désordre pareil mais ils devaient partir.
Elle remonta sur sa jument noire puis attendit que Sandor réinstalle Arya sur son cheval. Emerys remarqua que cette fois-ci il n'avait pas été brutal avec elle, il compatissait et elle lui en était reconnaissante.
Ils partirent en silence dans la forêt brumeuse en espérant ne pas faire de mauvaises rencontres durant le chemin jusqu'à un endroit plus sûr. Sandor prit sa gourde d'eau autour de sa ceinture, déboucha le capuchon avec ses dents et la tendit à Arya mais elle détourna la tête.
Emerys se demandait ce qui allait advenir d'elle et d'Arya. Elle commençait réellement à se préoccuper de cette petite fille qui se retrouvera bientôt sans aucune famille. Son cœur se serra douloureusement rien qu'à la pensée.
Elle leva les yeux vers Sandor, le visage impassible. Même lui, l'homme qui jurait et qui était d'une grande brutalité prenait une place dans son cœur. Il l'avait sauvé de cet enfer alors qu'il aurait très bien pu ne pas le faire. Juste sauver sa peau et celle de la jeune Arya.
Qu'est-ce qu'elle était pour lui à part une monnaie d'échange ? Maintenant elle n'avait plus aucune valeur ... Emerys renifla, la tête pendant mollement avec les mouvements de son cheval, encore choquée de ce qu'elle avait vu l'autre nuit.
La brume s'épaississait autour d'eux en les empêchant de voir correctement devant eux. Il faisait froid mais il n'y avait pas de vent ni de bruit, juste la brume blanchâtre et une atmosphère particulière. Les Dieux pleuraient, Emerys en était certaine.
Des voix d'hommes résonnaient dans la forêt dense mais ils n'étaient pas encore capable de voir où ils étaient exactement. Ils avaient l'air d'être environ trois d'après les voix mais Emerys n'était pas certaine. Elle vit Sandor se tendre sur son cheval avec Arya toujours serrée contre lui dans le silence alors qu'un petit feu avec trois hommes apparaissaient dans leurs champs de vision.
«Ils sont tombés en plein de le piège, pas si intelligent que ça les hommes du Nord ! Vous auriez dû voir comment ils criaient tous !» Critiqua l'un des hommes.
«On en parlera encore longtemps de ses Noces Pourpres, le Roi et sa tête de loup ! Aouuuuuu !» Se moqua un autre en riant aux éclats et en frappant dans ses mains. Les deux autres s'arrêtèrent de rires lorsqu'ils virent les cavaliers tentant de passer inaperçus.
«Hey vous ! Vous allez où comme ça ?» Le plus grand demanda en se retournant vers le cheval de Sandor, fronçant les sourcils à la fille dans ses bras. Arya le regardait avec une haine à peine dissimulée et cela, il le remarqua rapidement.
Le Limier ne répondit pas tandis qu'il passait calmement le campement des hommes de la maison Frey, jetant un petit regard en coin à celui qui avait parlé. Emerys suivit derrière sans dévier les yeux du cheval de Sandor.
Arya quant à elle ne supporta pas ce qu'ils venaient de dire et la soif de vengeance la poussa à descendre sans prévenir du cheval de Sandor sous les murmures agacés de l'homme alors qu'il changeait de direction pour récupérer la fille.
Arya s'approcha de l'un des hommes, un sourire sombre aux lèvres et des yeux gris glacés. Emerys ne pouvait pas bien entendre ce qu'elle lui disait à voix basse mais quand elle vit une pièce d'argent particulière dans ses doigts, elle sentit un vent froid passer dans sa poitrine.
«Valar Morghulis.»
Arya laissa tomber sa petite pièce au sol en faisant mine de ne pas avoir fait exprès et lorsque l'homme l'insulta et se pencha pour la récupérer, la fille Stark lui planta un poignard derrière la nuque en le frappant à plusieurs reprises.
Les autres hommes crièrent d'indignation mais ils n'eurent pas le temps d'approcher Arya car Sandor s'occupa de chacun d'eux, les mettant facilement hors d'état de nuire. L'homme se redressa puis essuya le sang de ses victimes sur l'une des manches d'un cadavre au sol, fixant Arya.
Il s'approcha derrière la fille qui regardait pensivement l'homme qu'elle venait de tuer, sa petite pièce tenue fermement entre deux doigts dans sa main droite. Sandor ne pouvait décoller ses yeux de la jeune fille qui venait de tuer sans la moindre peur et il se sentait assez fier d'elle.
«C'est la première fois que tu tues ?» Questionna d'une voix grave Sandor, regardant entre Arya et le mort.
«La première fois un homme.» Répondit calmement Arya, ses yeux gris ne bougeant pas du corps sans vie à ses pieds. Cela donna un frisson involontaire dans la colonne vertébrale d'Emerys en voyant ce regard si froid sur le visage d'une petite fille.
Sandor attrapa soudainement les épaules d'Arya et la tourna face à son visage en colère, la regardant droit dans les yeux d'un air menaçant. Il leva deux doigts et les posa avec insistance sur sa poitrine.
«La prochaine fois que tu fais un truc comme ça, préviens-moi !» Il lâcha un autre regard agacé puis vit le poignard sanglant dans les mains de la gamine.
«Et où as-tu trouvé ça ?!» S'écria-t-il dans la colère.
Arya ne répondit pas mais tendit le poignard derrière elle à son propriétaire, gagnant un autre de ses grognements fâchés. Elle faisait comme Emerys en lui piquant ses affaires ! Il arracha le poignard de ses mains puis marcha vers Stranger en maudissant dans sa barbe.
Il leva les yeux vers Emerys qui restait immobile sur son cheval, spectatrice de la scène qui venait de se dérouler. Il sentait qu'elle le regardait lourdement avec ses yeux pleins de tristesses et de pitiés et cela l'énervait.
Il n'aimait pas trop ce regard dans ses yeux, comme si tout cela était entièrement de sa faute ! Bien qu'il n'appréciait pas particulièrement la femme qui les accompagnait, il la désirait physiquement. C'était peut-être pour cette raison qu'il lui avait encore une fois sauvé la mise, du moins c'était ce qu'il se disait.
Sandor Clegane avait appris à se débrouiller seul depuis son enfance, depuis sa défiguration. Il n'aimait et ne faisait confiance à personne sauf à lui-même, c'était mieux comme ça.
Ne pas s'attacher pour ne pas être déçu et malheureux c'était sa devise personnel après celle de tuer pour se défouler. De plus, avec sa tête hideuse il n'avait pas vraiment l'opportunité d'avoir une vie normale et il avait appris de ce fait.
Le Limier claqua sa langue puis alla s'asseoir autour du petit feu où les trois soldats rôtissaient des brochettes de viande. Il en attrapa une puis commença à la manger rapidement car c'était peut-être la dernière nourriture qu'ils mangeraient avant un bon moment.
Emerys descendit de son cheval puis emmena sa monture près d'un arbre en attendant qu'ils mangent leur repas. Elle rejoignit Arya qui n'avait toujours pas bougé de sa position et lui prit les épaules dans ses mains pour lui faire face.
«Est-ce que ça va ?» Demanda-t-elle en plissant le front, les yeux dans ceux de la fillette Stark.
Arya déglutit puis hocha rapidement la tête en laissant un léger sourire glisser sur ses lèvres. Elle aimait Emerys car elle s'inquiétait pour elle, un peu comme son père autrefois.
«Tu devrais manger un peu avant de repartir pour une longue route qui nous mènera je ne sais où !» Dit-elle d'une voix plus vive pour tenter de refaire sourire Arya, ne serait-ce qu'un peu …
«Très bien, mais vous aussi alors !» Répondit précipitamment Arya qui s'approchait du feu. Elle tourna la tête vers Emerys pour voir si effectivement la femme la suivait.
«Oui ne t'inquiète pas, je meurs de faim moi aussi !» Emerys hocha la tête puis donna un autre sourire authentique. Au moins elle avait réussi à remonter un peu l'ambiance morose entre eux et c'était déjà un bien grand pas.
Les deux filles s'assirent l'une à côté de l'autre puis empoignèrent leur propre nourriture. Arya mâchait en silence tandis que ses yeux continuaient de fixer pensivement l'homme qu'elle avait tué, son second meurtre. Elle avait senti une telle satisfaction en elle ! Une libération de toute sa colère et sa haine.
Emerys vit cela mais décida que ce n'était peut-être pas le bon moment pour en parler, surtout pas après tout ce qui c'était passé. Elle n'avait plus très faim alors elle proposa le reste de sa viande à Sandor qui accepta après l'avoir regardé de travers.
«Pas assez bonne pour toi ?» Dit-il sarcastiquement en croquant dans la brochette. Il leva les yeux vers Emerys lorsque celle-ci ne lui répondit pas tout de suite, arrêtant de mâcher tandis qu'il la regardait du coin de l'œil.
«Jamais je ne me plaindrais pour de la si bonne nourriture, je n'ai juste plus faim.» Expliqua Emerys en fronçant son nez puis en secouant la tête. Son estomac était encore tout retourné …
Sandor se pencha vers elle puis d'une main il la saisit par le bras, un visage contrarié. Il attendit qu'elle lève les yeux vers lui pour exprimer son mécontentement face à son comportement.
«Tu vas arrêter tes putains conneries ! Des morts et des guerres il y en a tous les jours, alors arrête de t'apitoyer sur chaque pauvre type que tu croises et prends des forces ! La prochaine fois que nous mangerons ce sera peut-être de la merde comparé à ça.» Sandor la fixa puis cracha sur le côté lorsqu'il croqua dans un morceau d'os.
Emerys cligna des yeux quand le Limier retira sa main chaude de son bras, ses paroles encore en échos dans sa tête. Il avait raison, même si ses mots étaient crus et froids, il disait la vérité. Quand sera la prochaine fois qu'ils pourront manger ?
Arya resta silencieuse aux côtés d'Emerys en grignotant les derniers morceaux sur son bâtonnet. Elle regarda de côté la femme lorsqu'elle hésita un instant avant de prendre une autre brochette de gibier sur le feu. Elle se forçait à le faire c'était évident mais au moins elle ne mourra pas de faim.
Leurs regards se croisèrent et Arya lui donna un petit sourire en coin pour l'inciter à aller de l'avant et manger. Emerys le lui rendit timidement puis dégusta d'autres bouchées de sa brochette, appréciant finalement le goût de la nourriture.
A suivre …
