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Chapitre VII

Retour aux sources.

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Je me laissais tomber au sol, haletante et en sueur, alors qu'Allerdyce tenait encore – mais difficilement – sur ses jambes. Plié, les mains sur les genoux, ils brillaient de sueur autant que moi, si ce n'est plus. Pas habitué au sport, l'abruti.

Nous n'avons pas tous un ours comme coach sportif, miss Macbeth.

Mentalement, j'acquiesçais. Logan avait dû s'absenter plusieurs jours et m'avait informé – pour ne pas dire menacé – qu'il m'était nécessaire de continuer son « petit-programme-anti-dérapage-pour-gamine » et qu'il le saurait si je jetais mes entraînements à la poubelle. C'est alors qu'il m'avait gentiment informé que le « petit con » m'accompagnerait, conformément aux ordres d'Ororo. Autrement dit, ils m'avaient jeté dans les bras pleins de transpiration de l'autre attardé au bord de l'apoplexie à côté de moi. Il venait d'ailleurs de se jeter au sol à mon instar, soufflant toujours comme un bœuf.

- Alors, réussis-je à articuler. Tu penses toujours que je suis une fillette ?

Je crois qu'il tenta de grogner mais il ne parvint qu'à s'étouffer un peu plus, manquant d'air. Malgré-moi inquiète pour la santé du pyromane, je me relevais tant bien que mal sur mon coude pour l'observer. Il paraissait réellement mal. Je fronçais les sourcils et tendis la main dans sa direction pour le toucher légèrement il se contenta de repousser ma main sans ménagement. Quel égo.

Oh, un nouveau point commun.

Ha-ha-ha. Je suis morte de rire.

John ne reprit la parole que lorsque je m'étalais à nouveau sur le dos, le palpitant toujours en alerte rouge.

- C'est bon, je m'incline. Je sors avec Rambo.

On aurait pu croire qu'on sortait réellement ensemble, vu son air. Je fus incapable de retenir mon rire, ce qui le fit gronder un peu plus. Il aurait presque pu être mignon ainsi les joues rouges, une moue boudeuse sur les lèvres alors que ses yeux pétillaient toujours d'une douce malice. Presque.

- Marre-toi, Aqua. Marre-toi.

Je me pétrifiais légèrement à cette appellation, perdant soudain toute envie de rire. Pourquoi fallait-il toujours qu'il annihile immédiatement la moindre petite once de joie que j'arrivais à ressentir en sa présence ? Que j'arrivais à ressentir tout court, en fait.

Donc en fait…

Aucun commentaire.

Frustrée et légèrement énervée, je jetai – avec toute la force qu'il me restait – mon bras en travers de son estomac, tout en priant lui avoir fait assez mal pour qu'il se taise. Il étouffa une plainte avant de se tourner sur le flanc, en marmonnant il devait m'insulter, le bougre. Ce qui me donnait doublement envie de lui en recoller une. Dans son visage poupon et parfait, cette fois-ci.

Non. Je n'ai pas dit parfait.

Par miracle – ou due à l'adrénaline de l'énervement ? – je parvins à me remettre sur pieds et du bout de ma basket, poussais Allerdyce. Moi qui voulais profiter de ce temps loin du manoir pour achever tranquillement mon quota de question tant pis. Plus vite je pourrais m'enfermer sous la douche, mieux ce sera.

- Relève-toi, on y va.

- Déjà ? couina-t-il étrangement en jetant un rapide regard en direction de l'énorme bâtisse.

Je ne répondis pas et me contentais de lui tourner le dos, les bras croisés.

- Je ne voulais pas te vexer, sembla-t-il comprendre. Aller, rassis-toi.

Inspirant longuement, je fermais les yeux, refreinant doucement les larmes qui commençaient à s'accumuler aux coins de ses derniers. Mes muscles tendus au maximum sous l'effort que cela demandait, j'esquissais un rapide mouvement pour effacer une larme traitresse avant de souffler. La tentative de sourire ne se conclut que par une affreuse grimace alors je repris un visage que j'espérai neutre, malgré mes yeux rougis. Lorsque je me tournais vers lui, John ajouta.

- Te fais pas prier, Lia.

Un peu plus et j'aurai pu croire qu'il s'excuserait. Mais ce serait mal connaître Allerdyce. A moins que ce ne soit une manière de chauffe-plat pour présenter ses excuses. Allez savoir. Alors j'abdiquais et reposais doucement mon séant sur l'amas d'herbe.

Un léger silence s'installa avant que l'allumé ne le rompt à nouveau.

- Explique-moi pourquoi… commença-t-il avant que je ne le stoppe d'un regard noir. Quoi ? J'ai encore le droit à quelques questions.

Pour toute réponse, je soupirai, cherchant avec application mes mots. Les minutes défilèrent avant que je ne comprenne que tout ça ne servait à rien. Non. Pas de longs discours. Du concis, du bref, du clair.

- Parce que je ne veux pas … Que d'une manière ou d'une autre, ce que je suis ne se résume qu'à mon gène mutant. Je ne veux pas être ce que mes pouvoirs font de moi. Sinon je ne serai qu'…

Je ne veux pas être comme toi. Comme vous.

- Tu serais quoi ?

J'inspirais difficilement, mes poumons soudains récalcitrants. Il fallait le dire. Il fallait que j'arrive – enfin – à l'articuler. A le dire à voix haute. A l'analyser. Qu'on sache.

- Une meurtrière.

Voilà, le coup est parti. Il va me foudroyer du regard, me jugeant comme tous les autres. Je regretterai mon choix et cracherai qu'il est de dernier de la terre à pouvoir me faire de remontrance Je sais pour les policiers morts brulés. Je sais pour les mutants. Je sais tout. Non, Allerdyce, je n'ai pas toujours vécue recluse dans une chambre de douze mètres carrés au troisième étage d'un manoir empli de mutant. Ni dans une grotte, d'ailleurs.

Alors que je tissais une multitude de répliques acides pouvant lui être jetées au visage… Je dû patienter plus longtemps que prévu. En vérité, il restait silencieux. Longtemps. Ce qui m'effraya d'autant plus. Quoi qu'avec un peu de chance, il aurait profité de mon moment d'introspection pour filer en douce jusqu'à la ville voisine. J'aurai pu vérifier ma théorie. Mais il était derrière moi, me forçant donc, dans cette hypothèse à me tourner à trois quarts dans sa direction. Je me serai fait griller immédiatement. Et je ne voulais pas lui donner la moindre importance pour le moment.

Non. Pas dans l'optique où il pouvait encore me planter – et pas que littéralement – un couteau dans le dos. Mais il n'en fit rien rien de tout ça.

- A ton tour, finit-il par murmurer sans que je ne puisse déceler la moindre note de méchanceté dans sa voix. Je t'écoute.

Dans mon crâne, Woopi Goldberg le bénissait en chantant du gospel.

Lentement, avec précaution, je me rallongeais assez près du pyromane sans l'être trop pour autant. Distance minimale de sécurité oblige. Encore et toujours.

- Pourquoi tu ne peux pas partir sans l'accord de Tornade ?

Il devait la sentir venir parce que sa réponse vint immédiatement, aussi rapide que l'éclair.

- Parce que c'est ce qui a été convenu jusqu'à ce que je fasse mes preuves, éluda-t-il.

Il m'avait eut. Avec brio et sans mal. Monstrueuse petite torche. Cependant, je n'insiste pas il me le dira, tôt ou tard. J'arriverai à percer le mystère Allerdyce. Avec ou sans son aide. Après tout, je fais mes classes avec les experts chaque mardi soirs. Et je connais parfaitement la technique à la Caruso. Je suis experte, je vous dis.

- T'es amoureuse de l'autre con, avoue.

- Ce n'est pas une question, John.

- Bien, pesta-t-il. Es-tu ou n'as-tu jamais été amoureuse du bodybuildé ?

J'arrache un brin d'herbe et joue avec distraitement. Suis-je amoureuse de Ryan ? La question reste en suspend. J'ai toujours eu une admiration certaine pour lui. Bon, ok, je le regardais avec des cœurs flottants dans les rétines. C'est vrai. Après réflexion, c'était sans doute assez pathétique, même. Mais en étais-je pour autant amoureuse ? Ryan était beau – outrageusement d'ailleurs – avec son teint halé, sa blondeur et son corps tiré tout droit d'un magasine de mode. Le californien était drôle, attentionné et jusqu'ici, loyal en toute circonstance. Néanmoins les choses avaient changés.

Avant elle l'aimait. Mais ça, c'était avant. Avant Sacha.

Très drôle.

- Si je l'ai un jour été, je ne le suis plus.

- Il n'a pas l'air de le piger, ça.

Je roulais sur le ventre pour pouvoir observer le pyromane à ma guise. Les bras sous la nuque, il avait glissé les yeux sur moi également, son regard perçant me passant au rayon x. Il respirait normalement maintenant. Une bonne chose. Enfin, jusqu'à dans trois minutes où j'aurai à nouveau envie de le dépecer.

- Ryan n'entend que ce qu'il veut bien entendre il en a toujours été ainsi, me contentais-je de répondre avant de le questionner à mon tour. Pourquoi tu ne fais pas confiance à Bobbie et Marie ?

- En quoi ça peut t'intéresser ?

- Ce sont mes amis J'ai envie de savoir.

Il soupira avant de relever le buste en ramenant ses jambes contre ce dernier. Pas très communicatif, le petit. Je m'attendais presque à ce qu'il se secoue d'avant en arrière, en psalmodiant. Mais il n'en fit rien.

- Si tu plantais un couteau dans le dos de quelqu'un, tu lui ferais assez confiance pour lui offrir une arme à feu chargée pendant votre séjour dans une cahute isolée ?

Son explication me fit légèrement sourire, à défaut de rire. Il avait une vision des choses originale bien que pas fausse pour un sou. C'est vrai que sa réaction était logique après coup. Pourtant, je ne pouvais imaginer Bobbie et Marie agir de cette manière. Non, pas eux. Impossible.

Impossible n'est pas, miss Macbeth. Impossible n'est pas.

Voilà qu'elle se faisait avocate du diable, maintenant.

Aller, sois gentille avec ce pauvre bougre. Regarde-le.

J'obéis. L'Allerdyce fier et dur n'était plus, là tout de suite. Il ressemblait seulement à un gars paumé, aux cheveux hirsutes et à la mine triste un hérisson dépressif, en somme. Un bébé hérisson dépressif. Je voulais trouver quelque chose de gentil à dire, de réconfortant. J'essayais tant bien que mal de trouver quelque chose mais rien ne venait. Tout simplement parce que Bobbie aurait eu le droit de réagir ainsi et que… Qu'il méritait la – sans doute – culpabilité qui rongeait actuellement chaque nerfs de son corps. Il les avait trahis. Pour être le sbire de Magnéto. Pour le pouvoir.

Alors je me contentais de poser une main légère sur son épaule avant de me relever sans un mot. Lui, n'avait même pas levé la tête, se contentant de fixer le bout de ses baskets. Prenant sur moi, je tendis la main dans sa direction.

- Viens.

Ma voix s'était faite un peu plus sèche que je ne l'aurai voulu mais eut au moins le bénéfice de le faire relever le visage vers moi. Son regard émeraude passa de ma main toujours en face de lui à mon visage, l'air de dire « Qu'est-ce que tu fous, la tarée ? ». Bien sûr, « la tarée » avait été ajouté par mes soins.

- Te fais pas prier, John, ajoutais-je finalement avec un fin sourire.

Comprenant la reprise de sa précédente réplique, il me renvoya mon sourire avant d'attraper ma main. Ok. Il n'était peut-être pas aussi gringalet que ça, finalement. Même assez lourd, le pyromane. Le trajet du retour se fit au petit trot et dans un silence assez reposant, simplement entrecoupé par nos souffles. Pourtant je ne pouvais m'empêcher de penser qu'il avait toujours l'air triste. Un peu trop, même.

Alors lorsque nous nous retrouvâmes devant le manoir, je me stoppais d'un coup, le forçant à faire de même.

- C'est d'accord.

- Mh… Je n'ai pas le décodeur Macbeth avec moi. Tu me fais la traduction ?

Planté devant moi, il souriait, brillant de transpiration.

- Je suis d'accord pour ne pas en parler à Bobbie et Marie. A condition que tu me laisses le leur annoncer.

Il ne me remercia pas ne fit rien de plus qu'hocher la tête en agrandissant son sourire. J'en fis de même.

- Je t'embrasserai bien pour te remercier mais … Ca me retournerait le cœur, se moqua-t-il.

- Tu peux parler, répliquais-je. Je n'ai jamais vu quelqu'un sentir aussi mauvais de toute ma vie.

Sans un mot, de son sourcil arqué, il m'incita presque à fuir. Le petit con était de nouveau de sortie. Il retrouva son sourire de requin avant d'ouvrir les bras, presque accusateur.

- Tu veux bien répéter, Macbeth ?

- Tu sens plus mauvais qu'un troupeau de buffle, Allerdyce, répliquais-je, le sourire aux lèvres.

- Ah ouais, vraiment ?

Sans crier gare, il avait enroulé ses bras autour de mon buste m'offrant une possibilité ô combien merveilleuse de profiter de son actuelle odeur d'eucalyptus. Notez l'ironie. Mon visage niché dans le creux de son cou, les bras plaqués contre mon corps et bloqués par les siens, j'étais juste… tétanisée. La panique post-accolade passée, je m'employais à m'extraire de l'étau de ses bras par tous les moyens. Peine perdue. Il avait de la force, le maigrichon qui – de par ce que je pouvais tâter par-dessus son t-shirt – n'était pas si maigrichon que cela.

- Lâche-moi, l'attaquais-je dans un rire. Espèce de boulet !

Il riait aussi et j'en étais la première surprise.

- Aller, lâche-moi, taré ! lui ordonnais-je un peu plus fort en lui donnant un léger coup dans les cotes.

Il se permit de pouffer doucement face à mon ton pour le moins peu autoritaire et au contraire, renforça sa prise sur mon corps. Il ouvrait la bouche pour me dire quelque chose lorsqu'il fut tiré en arrière brusquement, se retrouvant jeté au sol sans ménagement. Sa tête claqua contre les dalles qui menaient au manoir et les yeux exorbités, je me jetai au sol pour voir constater son état. Il gronda des insultes et je me détendis immédiatement. Il allait bien.

Comme on dit, un Allerdyce non-vulgaire n'est pas un Allerdyce en bonne santé. Comme pour les chiens et leurs truffes.

Belle comparaison. Je note.

Je passais une main sur le visage du pyromane en me préoccupant – enfin – de la raison de sa chute mais cette dernière se contenta de me tomber dessus, littéralement parlant. De grosses mains m'empoignèrent avec force et m'ôtèrent sans mal de ma place. L'odeur suave de notre agresseur m'apprit son identité avant même qu'il n'ait prononcé le moindre mot. Ryan-le-sufeur-McCarty. Foutu californien. Sans ménager ma force, je repliais mon bras et enfonçais mon coude dans son estomac. Effet immédiat : Je pus à nouveau me mouvoir sans entrave.

Défonce-le, Lia ! Montre la Rambo qui est en toi.

- T'es malade ? m'attaqua-t-il.

- Qu'est-ce qui ne va pas chez toi, Ryan ? crachais-je.

- Non, mais tu l'as vu ? répliqua ce dernier tout aussi acide en le pointant du doigt. T'as vu comme il se comporte avec toi ? Il ne te respecte même pas ! T'es qu'un jouet pour lui. T'es qu'un foutu jouet.

Hébétée, je restais là, à simplement le regarder alors qu'il reprenait, un peu moins méchamment.

- Pourquoi tu restes avec ?

- Comment tu peux oser me poser ce genre de question, au juste ? Parce que tu viens de te rendre compte que ma vie ne tourne plus autour de la tienne, tu te permets de t'octroyer le droit de régenter la mienne ? Pour qui tu te prends, exactement, McCarty ?

- Pour ton ami.

L'insulte était là, sur le bout de ma langue. Ma tête bourdonnait déjà sous le stress et cette vague intense de douleur qui se répandait dans mes veines. J'étais à deux doigts de craquer. Mais alors que la douleur tambourinait contre ma tempe, un bruit sourd me ramena à la réalité. Détournant le regard du californien, je croisais le corps somnolant toujours à demi sous le choc de Pyro se relever. Je courus dans sa direction et le soutenais de mon mieux.

- Ca va ? Tu as mal quelque part, John ?

Il se contenta de secouer doucement la tête de droite à gauche avant de me pousser doucement de manière à se tenir debout sans aide. Quel égo. Encore.

Une goutte carmin glissa doucement du cuir chevelu du pyromane, me narguant presque en continuant sa route sur la peau claire et brillante d'Allerdyce. Bon sang.

C'est le cas de le dire.

- A croire qu'une allumette ne brule qu'une fois, se moqua Ryan à quelques mètres de nous.

J'allais répliquer. Je le jure devant tous les dieux existants que j'allais le faire. Mais j'étais tout simplement obnubilée par Allerdyce. Sa réaction n'avait pas tardé et je n'avais eu que quelques secondes pour réagir. Ses sourcils s'étaient froncés. Sa lèvre s'était retroussée en un sourire malsain alors que son visage virait au livide. Un clic s'était malheureusement fait entendre. Et je remerciais l'humidité ambiante de cet automne pluvieux.

Un tunnel de feu parti du creux de la main du pyromane et fusa droit en direction de Ryan. La chaleur répandue en était suffocante. J'haletais difficilement alors que John lâchait furieux : « Tu m'en diras des nouvelles, de l'allumette, du con ! ». Luttant contre ma migraine, j'emmagasinais l'eau ambiante et matérialisais un mur d'eau servant de bouclier à Ryan. Pourtant, Pyro – furieux – n'en démordait pas. Il usait encore et encore de son pouvoir en direction de son adversaire. Il m'insulta, aussi. Me maudissant d'aider le bodybuildé. Je me maudissais aussi, à vrai dire. Et encore plus pour ce que j'allais faire.

- Je suis désolée, murmurais-je avant de me concentrer sur John.

Rapidement, sa tête se mit à tourner alors que j'ôtais précautionneusement l'eau de son organisme. Déshydraté, il fini par s'effondrer au sol, inconscient alors que je relâchais enfin la pression. La migraine étant toujours là, je tanguais à mon tour avant d'être rattrapée par Ryan. Il ne le vit pas venir. Mon poing cogna sa mâchoire, s'éclatant contre sa pommette.

Putain.

Putain.

Putain de merde.

Ca n'a pas l'air de faire si mal dans les films.

Les joies du cinéma.

Ryan hoqueta et fit deux pas en arrière, comme si je venais de lui parler en grecque ancien. Pire que je venais de lui avouer avoir tué son petit-frère pendant la nuit. Il crierait bientôt à l'outrage, à la trahison. Tenant son visage, il fit demi-tour le regard fou et reparti par où il était arrivé. Vers le manoir.

Claudiquant, ma main blessée serrée contre le buste, j'allais m'étaler contre Allerdyce en lui restituant ce que je lui avais volé. Peu à peu, les couleurs ranimèrent son visage et je luttais encore et encore contre ma migraine. La fatigue de la course, de l'utilisation de mon pouvoir et de la pression que je m'infligeais pour refreiner la partie la moins contrôlable de mon organisme, vinrent rapidement à bout de mes résistances. Tout tournait et rapidement, je plongeais avec un ravissement presque immoral dans un néant réparateur alors qu'un fait m'apparaissait désormais comme une évidence.

A son réveil, Allerdyce me ferait la peau.

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J'espère que la lecture n'aura pas été laborieuse. Et que vous avez apprécié. J'ai trois chapitres d'avance, manifestez-vous et je posterai le suivant pendant notre long week-end. Bonnes pâques à toutes et à tous ! Et ne mangez pas trop de chocolats.