Irrésistibles morsures. 7

Perséphus arriva en vue du château des Vents Hurlants et pénétra à l'intérieur en se faisant préalablement annoncé. Un vampire imposant l'escorta jusqu'au bureau de Melchiade Eldrik qui arriva peu après accompagné de Marquis Deversham.

-Perséphus ! Que vous arrive-t-il pour que vous quittiez votre boutique alors qu'elle vient à peine d'ouvrir ?

-Ma boutique peut bien attendre, Eldrik. Raspout vient de m'avertir que quelqu'un venait de lui acheter du poison, un très violent poison !

-Serait-ce notre homme ? demanda Melchiade.

-Je ne sais pas, mais en tout cas ce qui est certain c'est que vous n'avez pas à faire à un homme mais à une femme.

-Evidemment, siffla Marquis, le poison a toujours été une affaire de femme !

-La mauvaise nouvelle, continua la boutiquier, c'est que Raspout n'a pas pu la décrire quand je le lui ai demandé, un sort de confusion certainement a été mis en place sur la personne.

-Voilà qui est fâcheux, très fâcheux même. Et ce qui m'ennuie est que je ne connais toujours pas les motivations de cette femme, s'il s'agit bien d'elle, cela va s'en dire.

-Si le problème vient réellement d'elle alors vous n'avez plus qu'à chercher l'homme qu'il y a dessous, émit Perséphus. Seule une femme amoureuse, bafouée et rejetée peut en arriver là, avança sentencieusement l'ami des vampires pour qui la vie des hommes n'avait plus aucun secret.

-Jalousie ! s'écria Melchiade, cela viendrait d'une simple histoire de jalousie ? Vous croyez qu'il peut s'agir de ça ?

-Ouais ! Je ne vois pas autre chose, Eldrik.

-Et moi je dis qu'il a certainement raison, surenchérit Marquis, ça saute tellement aux yeux maintenant que je me demande comment on ne l'a pas compris plus vite ?

-Si je suis votre raisonnement, messieurs, cette femme cherche à éliminer un calice gênant pour récupérer un ancien amant ? Et si je creuse un peu plus loin je dirais que l'homme qu'elle veut voir en deuil n'est, ni plus ni moins, qu'un des trois vampires qui a failli perdre son calice ?

-Jared, Lloyd et Destin, énonça Marquis.

-Va me les chercher, ordonna le chef du clan au jeune vampire, dis-leur que c'est extrêmement important et qu'ils laissent tomber tout ce qu'ils font, dis-leur aussi qu'ils laissent leur calice chez Severus en passant et dis-lui de venir aussi, Harry Potter restera avec les jeunes hommes.

Dix minutes plus tard tout le monde était dans le bureau et attendait, impatient, de savoir ce que Melchiade avait à dire.

-Perséphus vient de me faire part d'une nouvelle étonnante, messieurs. Notre empoisonneur serait en fait….. une empoisonneuse.

Le chef du clan attendit que sa phrase fasse son petit effet et prévit des commentaires. Ce qui ne tarda pas.

-Et comment peut-il le savoir ?

-Une femme est allée acheter du poison dans la boutique de Raspout, Lloyd.

-Tout le monde va acheter du poison chez Raspout, que ce soit pour éliminer des rats ou des taupes…..

-Ainsi que des personnes gênantes, ricana Marquis.

-Cette femme a achetée du Curare….

-Oh, elle passe à la vitesse supérieure, siffla le maître des potions, il faut absolument l'empêcher de s'approcher des calices.

-Mais Raspout a dit qu'il lui avait donné autre chose de moins dangereux, elle n'y a vu que du feu d'après lui.

-Sait-on qui elle est ? Interrogea Jared, un des vampires dont le compagnon avait été sauvé de justesse quand il avait ingurgité la Ciguë.

-Justement, messieurs, je vous ai fait demander pour élucider ce mystère. Nous pensons à juste titre, que cette femme connaît l'un de vous trois, leur apprit Melchiade. Et là je nomme, Lloyd, Destin et Jared.

-Pourquoi nous spécialement ? Intervint Destin.

-Nous avons à faire à une femme jalouse et dangereuse qui a été repoussée. Nous pensons qu'elle s'en est prise aux calices au hasard pour les deux premiers car un seul était visé, nous ne savons pas encore lequel.

-D'où notre présence, accentua Lloyd Styx d'un air sec, limite sceptique quant à la légitimité du raisonnement invraisemblable qu'il venait d'entendre.

-Est-ce que l'un d'entre vous n'aurait pas rejeté une maîtresse un peu trop collante, dirons-nous ? Réfléchissez bien, messieurs, l'affaire est sérieuse, aucune piste n'est à négliger, exigea Melchiade Eldrik.

-Pas pour ma part, expliqua Destin, voilà trois ans que nous sommes ensembles, mon compagnon et moi. Si il devait y avoir vengeance contre moi je pense que la personne aurait agir bien avant ces jours-ci.

-Il en est de même pour moi, annonça Jared.

Tous se retournèrent vers Lloyd qui venait de pâlir et qui venait de frapper son front du plat de sa main.

-Lloyd ? Quelque chose te revient ?

-Prudence, murmura l'ambassadeur en serrant les dente de hargne. Prudence Graddy, une ex petite-amie un peu trop collante et exaspérante.

-Où habite-t-elle ?

-Je ne sais pas, aux dernières nouvelles elle avait disparue du petit village où elle résidait, je n'en sais pas plus aujourd'hui. A vrai dire je ne me suis plus intéressé à elle dès le moment où Alexandre est entré dans ma vie, avoua le vampire inquiétant qui voyait clair d'un seul coup et qui jura que la jeune femme allait répondre de ses actes criminels.

-Si elle est venue jusqu'à la boutique de Raspout peut-être est-elle encore sur le Chemin de Traverse ?

-Elle n'est pas bête au point de rester dans un endroit où elle sait qu'on risque de la retrouver, dit Marquis en défroissant sa chemise qui faisait un faux pli.

-Je la connais, elle va tout tenter pour atteindre Alexandre, elle n'aime pas l'échec, elle va trouver un stratagème, elle est rusée, la garce !

- Décris-la-nous, que nous puissions la reconnaître si on venait à la croiser dans le château, Lloyd.

-C'est une brune, très longs cheveux, les renseigna l'homme. Elle a les yeux bleus, pas très grande de taille, très fine, très belle, vingt ans.

-Aucun signe particulier ? s'enquit Severus en grimaçant.

-Elle est très forte en sortilège, notamment en camouflage mais ça s'arrête là, sinon non, je ne vois rien d'autre à ajouter. Oh ! Encore une chose, elle sait que je vis ici, donc elle sait que dorénavant pour accéder à Alexandre elle devra venir au château, et elle n'hésitera pas s'il s'agit bien d'elle.

-Charmant ! Soupira Marquis, et après on me dira que les femmes sont douces.

-Donc je pense qu'il n'y a plus aucun doute sur la personne que nous recherchons. Je vais avertir les gardes de redoubler de vigilance et d'arrêter…..

-Non, dit Snape, faisant retourner tout le monde dans sa direction.

-Pourquoi, non, Severus ?

-Vous allez l'arrêter et puis quoi ? Sans preuve qu'allez-vous faire ? La relâcher pour la reperdre de vue ?

-Raspout….

-Raspout n'est pas capable de produire une preuve, il avait en face de lui une femme avec un sort de confusion, il ne la reconnaîtra pas même si on la lui mettait sous le nez.

-C'est exact, souffla Perséphus.

-Il faut la laisser s'approcher d'Alexandre et la prendre la main dans le sac, suggéra Lloyd à contrecœur, se disant qu'il était complètement fou de proposer de mettre son calice en péril.

-Nous n'avons pas d'auror, pensa tout haut Jared, comment vont-ils croire que nous sommes de bonne foi au ministère quand nous leur amènerons la fille ? Je vous parie tout ce que vous voulez qu'ils la remettront en liberté et tout sera à recommencer.

-Nous en avons un, grogna Severus, mon calice est auror.

-Qui va croire un petit auror ? S'agaça Destin, vous savez bien qu'ils vont privilégier la sorcière !

-Pas si l'auror en question s'appelle Harry Potter, messieurs, leur apprit Melchiade.

-En effet, voilà qui change tout, s'excusa à demi le vampire en s'inclinant vers Snape.

-Donc c'est dit, nous laissons entrer cette femme dans le château, s'approcher du calice de Lloyd et nous interviendrons au moment ou elle insérera le poison dans son alimentation, ou autrement, cela va s'en dire, conclut le chef du clan.

-C'est le mieux que nous ayons à faire, il faudra prendre des précautions, je ne veux pas que mon calice subisse des blessures, s'irrita malgré tout Lloyd.

-Je vais en parler à Harry, peut-être aura-t-il des idées supplémentaires, acquiesça Snape.

-Severus…avant que tu t'en ailles, peux-tu me dire si monsieur Malfoy est encore au laboratoire ?

-Il y est, oui, j'allais le rejoindre de ce pas.

-Parfait !

-Veux-tu le voir ?

-Non, ajouta l'homme, pensif, je te remercie.

En fait Melchiade avait très envie de revoir Draco, à vrai dire il en crevait d'envie, depuis qu'il l'avait aperçu il ne pouvait l'oublier. Le jeune homme était comme une drogue dont il ne pouvait plus se passer. Et apparemment il n'était pas le seul puisqu'Alec Deversham se faisait de plus en plus présent dans le château pour tenter d'approcher le magnifique blond aux yeux gris et au corps qui ne les laissait pas indifférent, loin de là. Hors il n'était pas question qu'il se retire pour faire plaisir au frère de Marquis, pour une fois qu'un homme l'attirait il n'allait pas donner sa place facilement, il allait se battre, ô oui, il allait se battre pour gagner le cœur de son ange blond.

Le problème, car il y en avait un, est que les deux vampires s'étaient accrochés plusieurs fois pour le jeune homme, dangereusement, jalousement, pour savoir qui allait s'approprier Draco Malfoy. Inévitablement il ne voulait pas capituler et il ne voulait pas non plus en arriver à des extrémités….mortelles, Deversham non plus, ce qui était à prévoir. Aujourd'hui ils avaient décidé de se parler à cœur ouvert, Deversham et lui, dans le bureau, seul à seul, ce soir.

Pour l'instant il ne voulait pas être à la place de Lloyd qui devait expliquer à Alexandre pourquoi on en voulait à sa vie, ça risquait de faire mal là.

Melchiade n'avait pas tort, Lloyd se demandait comment faire pour annoncer ça à Alexandre, lui dire de but en blanc qu'une de ses anciennes maîtresses en voulait à sa vie par jalousie n'était certes pas une chose aisée à exprimer.

Les vampires regagnèrent leur appartement avec leur calice, et Severus quant à lui repartit directement au laboratoire rejoindre Draco, une potion et des essais urgents l'attendaient. Il laissa Harry rendre visite à Ron qui avait fini son service pour la journée.

Lloyd le savait ! Il savait que son calice allait lui faire une scène de jalousie et ça n'avait pas manqué.

-Est-ce que tu l'as revu après notre rencontre ? Est-ce que tu lui donnais rendez-vous derrière mon dos pour assouvir je ne sais quelle envie malsaine ? Quand je pense que tu refusais que je sorte d'ici, tu ne voulais pas que je tombe sur vous deux en train de vous bécoter ? Je suis sûr que c'est ça !

-Non, se scandalisa le vampire, en voilà une idée grotesque !

-Mais tu y as pensé, hein, allons n'essaye pas de nier, tu en crevais d'envie, Lloyd.

-Non je n'y ai pas pensé, ni même rêvé, je ne voyais que toi, tu étais tout ce qui m'importait, Alexandre.

-Ouais, tu dis ça et puis derrière mon dos tu courais vers elle, sinon pourquoi croit-elle que tu lui dois quelque chose ?

-Je ne l'ai pas revu, combien de fois vais-je devoir te le dire avant que tu ne comprennes ?

-Tu l'as aimé ? Tu peux me le dire tu sais, je comprendrais…..

-Non je ne l'ai pas aimé et non tu n'aurais pas compris.

-Je pourrais lui arracher les yeux, à cette garce ! Je pourrais même l'enterrer vivante sans aucune pitié, je pourrais en faire de la…...

-Tu vois que tu es en train de me faire une scène de jalousie !

-Je ne te fais pas un esclandre, Lloyd. Et je ne suis pas jaloux…

-Si….férocement jaloux, ajouta le vampire avec un rictus triomphant.

-Lloyd a raison, gamin, tu es jaloux, ricana Niels dans son tableau en se mêlant de la conversation des deux amants.

-Si vous vous mettez à deux contre moi je n'ai aucune chance de gagner la partie, bouda le calice qui se calma.

-Est-ce que tu veux que je me mette à nu devant toi ? Te raconter ma vie d'avant ? Ce que j'espérais ? Les enfants que je n'aurais jamais ? Les…

-Non…je ne veux pas savoir, s'écria le jeune calice en se jetant dans les bras de Lloyd. Je ne veux pas que tu aies des regrets d'être avec moi, mon amour. Je t'aime plus que tout, tu le sais.

-Alors plus de questions ? Murmura le vampire avec douceur.

-Plus de questions, promis, et après tout je m'en fiche ce cette fille, elle n'est rien pour nous, et surtout pas un sujet de discorde.

-Néanmoins elle reste un danger et malheureusement on va devoir la laisser s'approcher de toi pour lui mettre la main dessus. Ca ne me plaît pas beaucoup mais c'est la seule solution que nous avons trouvé.

-Non, vous avez bien fait si c'est le seul moyen pour qu'elle ne fasse pas d'autres victimes. Je m'en voudrais d'être la source d'une mort que…..

-C'est cette fille qui est responsable, pas toi, Alexandre.

-Quand vous l'aurez attrapé qu'allez-vous en faire ?

-C'est Melchiade qui décidera, moi je serais capable de la réduire en charpie.

-D'accord, dis…en attendant si on allait faire un tour….dehors, dans le parc, j'ai besoin d'air.

-Si tu veux, démon, pesta Lloyd pour la forme en embarquant son calice pour une promenade dans les jardins du château.

Quelques heures plus tard, alors que la promenade était finie et que Lloyd faisait voir à son calice à quel point il était amoureux de lui, alors que les deux hommes s'aimaient à en perdre leur souffle, alors que les coups de reins redoublaient d'intensité, Alec Deversham arriva dans le château pour sa confrontation avec Eldrik, son rival.

Melchiade regagna ses appartements suivit de Deversham qui venait d'arriver en vue d'une discussion très sérieuse, et courtoise. Marquis les avait laissé seuls en réprimant une remarque moqueuse sur les hommes amoureux et prêts à n'importe quoi pour satisfaire leurs envies, les deux chefs de clan avaient rétorqué en lui lançant un regard noir et en lui claquant la porte au nez.

-Inutile d'y aller par quatre chemins, Deversham, vous voulez Draco Malfoy et il se trouve que moi aussi, le sublime sorcier m'intéresse, débuta Melchiade Eldrik, sûr de lui et de son bon droit.

-Allons-nous agir comme des gens civilisés ou nous battre comme des bêtes ? Ricana Alec en toisant son adversaire dans le blanc des yeux. Je crois que c'est préférable de rester…..maître de nous si on ne veut pas que cette pièce ressemble à une arène après une mise à mort, car il est évident que je ne renoncerai pas à lui.

-Certainement, ce n'est pas en nous battant comme des chiffonniers que nous allons attirer son attention. D'ailleurs ce fait est réel puisqu'il ne nous a pas adressé la parole de la semaine à cause de nos pugilats. Il nous a même dédaigné, et cela est inconcevable.

-C'est pourquoi vous avez pensé que…. ?

-Que nous pourrions accorder nos violons et lui faire la cour tous les deux, à moins que vous n'ayez une meilleure idée et que vous ayez considéré mon départ de la concurrence comme une possibilité, chose inimaginable, bien évidemment.

-Evidemment, j'entends bien, vous vous accrochez, ce que je comprends parfaitement. Et vous croyez que cette solution va satisfaire le jeune entêté qui nous néglige encore ? Je suis certain qu'à cette annonce il va hurler et qu'on va l'entendre dans tout le château, Eldrik.

-Déjà commençons par nous entendre, ensuite appelons-nous par nos prénoms, je crois qu'il sera sensible au fait que nous soyons plus ou moins amis.

-Quand vas-tu lui faire part de ta grande décision ? Rigola Alec en tutoyant Melchiade de suite sans perdre de temps, un Melchiade qui n'y vit là rien d'offensant puisque de toute façon il fallait qu'ils deviennent amis. Il me tarde de voir la fureur de notre blondinet, j'adore quand il s'excite, ses yeux gris éclatent de mille feux, il est magnifique ainsi, il doit être…...sauvage, entre des draps.

-Ses qualités ne nous ont pas échappées….

-Ses qualités ! Mais c'est une bombe, assura Deversham, qui finalement vint s'assoir sur un fauteuil que Melchiade lui présenta.

-J'ai grande hâte de voir la bombe exploser, souffla le vampire aux cheveux mi-longs et noirs. Je vais le faire venir maintenant, je sais qu'il est encore là je m'en suis assuré. Avant de le faire venir jusqu'à nous, as-tu quelque chose à ajouter, Alec ?

-Oui, si l'un de nous à la chance de le posséder, l'autre devra être beau joueur et se retirer sans faire d'esclandre.

-Je l'entendais ainsi, Alec, je signale que les coups bas ne sont pas autorisés, restons fair-play, le duel n'en sera que plus…..plaisant et Draco sensible à nos efforts. Toutes les chances doivent être mises de notre côté.

-Appelle-le, ronronna de plaisir Alec Deversham en croisant ses longues jambes, tandis que Melchiade envoyait un parchemin préalablement écrit à Draco Malfoy, un Serpentard qui allait avoir une sacrée surprise.

-Comme si j'avais le temps ! Ronchonna le jeune potionniste en regardant la missive et Severus puis son chaudron et encore la missive qui lui fit un petit clin d'œil coquin.

-Vas-y, on a presque fini de toute façon.

-Mais qu'est-ce qu'il me veut à la fin !

-Parler potion peut-être, ironisa Snape en touillant sa mixture verdâtre qui crépitait légèrement.

-Ouais, c'est ça ! Tu rêves là !

-Tu aurais pu tomber sur pire, crois-moi. Tu ne peux nier qu'il est superbe et charismatique.

-Ca fait des jours qu'il ne me quitte pas du regard et qu'il me drague, c'est pas désagréable mais quand même !

-A croire que tu lui as tapé dans l'œil, cher filleul, et pas qu'à lui d'ailleurs.

-Oh ! Tu as remarqué ça aussi.

-Rien ne m'échappe, tu devrais le savoir.

Le vampire ricana tandis que Draco enlevait sa robe aux senteurs lourdes et la posait sur une chaise avant de quitter la pièce, maugréant entre ses dents qu'il avait autre chose à faire de sa soirée que d'aller voir un vampire à la libido super développée.

Draco frappa à la porte des appartements, comme indiqué sur le parchemin, et entra quand il vit la porte s'ouvrir toute seule. Si le Serpentard fut surpris en voyant les deux hommes ensembles et sans s'insulter, pour une fois, il n'en montra rien. Ceux-ci buvaient un verre tranquillement comme s'ils en avaient l'habitude alors que deux jours auparavant ils s'étaient presque battus à mort, d'après ce qu'il avait entendu dans les couloirs du château. D'ailleurs à cause de ça il leur avait battu froid, il n'aimait pas les bagarres, elles n'étaient pas dignes de leur rang.

-Monsieur Malfoy, prenez place je vous prie, susurra Melchiade d'une voix charmeuse.

-Non merci, je préfère rester debout, et si vous pouviez faire vite…..

-Pressé ? Petit Serpentard, sourit Alec qui déshabilla ledit Serpentard de ses yeux verts qui semblaient transpercer jusqu'à son âme.

-Les potions n'attendent pas, affirma-t-il sans forcément avouer qu'ils en avaient fini pour ce soir, Severus et lui. Dites ce que vous avez à dire que je puisse partir d'ici au plus vite.

-C'est pas gagné, rigola Alec en regardant Melchiade qui se passait une main lasse sur le visage.

-Monsieur Malfoy…..Draco, assieds-toi et laisse-moi parler, ordonna avec autorité le chef du clan du château des Vents Hurlants. Si tu m'interromps sans cesse demain nous y serons encore !

Le fils de Lucius obéit en poussant un soupir exaspéré. Vraiment ces deux-là commençaient à le prendre un peu de haut, il était un Malfoy, que Diable ! Et un Malfoy ne se laissait pas traiter de la sorte. Mais bon puisque c'était eux il allait les écouter et voir ce qu'ils avaient à lui dire.

-Permets-moi de mettre notre jeune ami au courant, Melchiade, je crois que l'affaire ira plus vite si…..

-Quelle affaire ? Ne put s'empêcher de demander le blond qui sentait les ennuis arriver plus vite qu'une bonne nouvelle ou qu'une tornade dangereuse.

-Melchiade et moi avons décidé de nous allier, dans un sens, pour te faire la cour, jeune Malfoy, annonça brutalement Alec Deversham à Draco. Puisque nous n'avons pu nous départir nous t'en laissons le choix, nous te donnons un an pour choisir l'un de nous comme compagnon, continua Alec alors que Draco serrait les dents de rage et fulminait littéralement sur place.

-Je crois bien que tu n'as pas su le lui dire avec tact, Alec, je crois bien que notre jeune ami va nous faire une grosse colère si tu veux mon avis, s'inquiéta Melchiade en faisant signe à l'autre vampire de se taire pour ne pas aggraver leur cas.

-Ai-je mon mot à dire ? demanda doucereusement le fils de Lucius en souriant faussement.

-Evidemment !

-Alors ma réponse est, non, messieurs. Non pour avoir deux hommes sur les talons…..

-Les talons, je ne vois pas ça comme ça, émit Melchiade en ricanant, ce qui étonna Alec qui pensait l'autre vampire beaucoup plus sage que lui. J'aurai pensé à un autre endroit de ton anatomie plus intéressant, sourit avec innocence le chef du clan.

-C'en est assez ! Je n'ai jamais demandé à avoir deux prétendants, et que vous ayez même imaginé un seul instant que j'allais accepter me stupéfie, messieurs. On se demande où vous êtes allés chercher une idée pareille !

-Tu n'as pas le choix, Draco.

-Si, j'ai le choix, Eldrik, je vais sortir de cette pièce est on fera comme si cette conversation n'avait jamais eue lieu, hein ? Je crois que ça sera beaucoup mieux comme ça.

-Tu ne peux pas ignorer notre requête, intervint Alec avec un brin de colère dans la voix. Nous nous sommes découverts à toi, nous t'avons dit nos intentions, nous t'avons dit aussi que nous t'accordions un an pour réfléchir et faire ton choix.

-Ce qu'il veut dire, ajouta Melchiade, c'est que c'est ainsi que nous, vampires, nous tranchons quand surgit un problème de cet ordre, c'est dans nos lois. Ce qui veut dire aussi que tu ne peux refuser parce que nous sommes des chefs de clan.

-Mais si je peux refuser !

-Non, impossible, tu te mettrais le courroux de notre peuple sur le dos ainsi que sur ta famille, jeune Malfoy, gronda Deversham.

-Mensonge !

-Ce n'est pas un mensonge à proprement parler, expliqua Melchiade, mais dans l'ensemble Alec a raison.

-Cette conversation est à sens unique, comme à chaque fois que je parle avec l'un d'entre vous d'ailleurs, je vais partir, messieurs, inutile de me retenir.

-Nous voulons une réponse de suite…

-Monsieur Deversham…..souffla le Serpentard, exaspéré.

-Ta réponse !

Draco poussa un autre soupir puis opina de la tête de bas vers en haut pour dire qu'il acceptait les termes du marché, de leur marché. De toute façon ils ne l'auraient jamais laissé sortir des appartements tant qu'il n'aurait pas dit oui. Dans un sens il n'était pas vraiment fâché, juste énervé qu'on décide pour lui, ces deux idiots se croyaient vraiment tout permis et comme il n'avait pas le temps de tergiverser il était bien obligé dire oui et de voir venir.

Deux jours plus tard, au crépuscule, profitant qu'une délégation se rendait au château des Vents Hurlants, une silhouette recouverte d'une longue cape noire et portant un panier d'osier entra à leur suite et se cacha dans un recoin sombre, attendant que l'endroit soit partiellement désert pour en sortir.

Une demi-heure plus tard se fut possible, beaucoup de monde passait et repassait mais elle pouvait repartir sans se faire remarquer. Prudence garda sa capuche bien en place et sortit de sa cachette, puis monta le grand escalier en pensant être tranquille. Arrivée à mi-chemin elle entendit des personnes descendre, un groupe de cinq à six individus, lui sembla-t-il.

Elle serra les doigts sur sa baguette cachée sous sa cape, baissa la tête, et continua de monter en essayant de cacher son trouble. Les créatures la dépassèrent sans même s'intéresser à elle. Prudence souffla de soulagement et essuya ses mains moites contre le revers de sa cape. La jeune femme ne vit pas des regards furieux se retourner derrière son dos avec une envie irrésistible de lui sauter à la gorge pour la vider de son sang.

Ils savaient qui elle était, ils le savaient tous dans le château, Melchiade les avait averti. Un des vampires disparut silencieusement pendant que la jeune sorcière arrivait en haut des marches. L'homme alla avertir Lloyd et les autres que la meurtrière de calices était dans la place et qu'elle se dirigeait vers les étages et qu'apparemment elle savait où elle allait.

Tous étaient prêts à l'empêcher de repartir, chacun était à sa place. Ils avaient laissé Alexandre seul, enfin supposé seul, Harry et Lloyd étaient dans l'appartement et attendaient pour passer à l'acte que Prudence Graddy donne, d'une manière ou d'une autre, le poison à Alexandre qui était fin prêt à la recevoir.

Quand on toqua à la porte, le jeune homme eut un sursaut involontaire. Sur un signe discret de son vampire il se reprit et alla ouvrir en se composant un visage serein malgré son inquiétude.

-Oui ? dit-il en voyant sur le palier une personne encapuchonnée et qui avait certainement mis un sort de confusion en place.

-Alexandre Wycliffe ?

-Oui.

-En bas on m'a dit que vous aimiez les fruits frais, monsieur Wycliffe, et j'ai là justement un panier rempli de délicieuses grappes de raisin bien fraîches…

-Je ne suis pas intéressé, mais je vous remercie d'être monté jusqu'ici, fit Alexandre avant de reculer.

Le jeune homme savait qu'elle allait insister, et ça l'amusa dans un sens même si Lloyd et Harry devaient rouspéter dans leur coin.

-Peut-être préférez-vous dans ce cas des figues bien juteuses ? Tenta-t-elle en faisant un pas en avant pour essayer de bloquer la porte.

-Des figues ! Ca se pourrait, oui, entrez donc que je voie ce que vous avez dans votre panier.

Prudence sourit et suivit le calice jusque dans la petite cuisine.

-C'est très joli chez vous, dit-elle en posant son cabas sur la table tout en regardant l'endroit fait de faïence rouge dans des tons différents.

Dans son cadre Niels fit un geste obscène, comme Alexandre le lui avait appris, à la femme qui l'ignora superbement.

-Oui, j'aime beaucoup, Lloyd adore le rouge, dit perfidement Alexandre alors que la fille, elle, fulminait de rage en gardant un sourire forcé sur les lèvres.

-Chacun ses goûts, en parlant de goût, prenez ce que vous voulez dans le panier, servez-vous, jeune calice, ajouta Prudence qui se garda bien de toucher à un seul fruit car tous étaient empoisonnés.

Alexandre fit une grimace, vraiment cette fille ne doutait de rien, comme si il allait toucher les fruits empoisonnés, parce qu'à coup sûr le poison était sur les fruits.

-Non, je préfère que vous choisissiez pour moi, après tout c'est vous la vendeuse et je m'en voudrais de faire des dégâts dans vos beaux fruits, rétorqua-t-il très sérieux.

Prudence vit rouge, le petit imbécile allait lui faire des difficultés. D'un mouvement rapide de la main elle sortit sa baguette et la pointa vers le calice qui ne bougea pas d'un poil.

-Vous pensez faire quoi là avec votre ridicule bout de bâton ? La railla-t-il.

-Mon bout de bâton va vous forcer à manger un fruit, Wycliffe, un de ceux qui va vous immortaliser dans la mort.

-Un Imperio ? Ce n'est pas interdit ?

-Qui le saura, ricana la jeune femme.

-Ben je sais pas moi, peut-être mon vampire et Harry Potter !

-Il n'y a personne ici, quand Lloyd reviendra il ne trouvera que ton cadavre, tu n'aurais pas dû me le voler, il était à moi, c'est moi qui devait devenir son calice, pas toi !

-Pourtant c'est moi qu'il a choisi, et c'est avec moi qu'il passe ses nuits, sale petit garce.

-Il a raison, grogna Lloyd en sortant de sa cachette, ainsi que Harry. Recule-toi, Alexandre, ne reste pas près d'elle, mon ange.

Le jeune homme rejoignit son amant qui entoura sa taille de son bras pour le coller contre lui, il n'était pas tranquille. Tant que cette….horrible fille serait là il devait se méfier.

Harry fit venir à lui la baguette magique de prudence dans sa main et la cassa d'un geste sec puis la jeta sur le sol de la petite cuisine avec un air de défi.

Se retournant subitement, prudence sortit une autre baguette qu'elle avait cachée dans sa manche, et tenta en dernier recours de lancer un Avada à Alexandre qui fort heureusement fut protégé par Lloyd et sa magie vampirique qui absorba le rayon mortel. L'auror arracha sa baguette à la fille, ligota ensuite sa victime après lui avoir jeté un Pétrificus-Totalis, ce qui permis à Alexandre de respirer de nouveau tellement il avait vu la mort de près.

-Lloyd ! Alexandre ! s'écria Niels, très inquiet pour eux. Comment allez-vous ? Comment a-t-elle fait ça, elle avait une deuxième baguette ? Mais où l'avait-elle cachée ?

-Je ne sais pas, avoua le calice, je ne sais pas, Niels, et pour l'instant je m'en fiche.

Se sentant près des larmes le calice tâtonna le corps de son vampire pour voir si celui-ci allait bien, il stressait comme c'était pas permis. L'homme n'avait rien, il fut cependant ému de la détresse de son calice et de ses larmes silencieuses qui coulaient le long de ses joues pâles.

-Je n'ai rien, tenta-t-il de le rassurer, je n'ai rien, mon amour, ce sortilège n'a pas de prise sur moi.

-Mais ça aurait pu, qu'est-ce que j'aurai fait dans toi, tu peux me le dire !

-Tu aurais trouvé un autre vampire…..

-Arrête de dire des conneries plus grosses que toi, espèce d'idiot ! Plus jamais je ne veux revivre ça, Lloyd, plus jamais je ne veux que tu te mettes en danger pour moi ! cria Alexandre en lui frappant l'épaule de désespoir.

-Portez-la à Melchiade, Lloyd, lui dit le survivant en voyant que l'homme n'avait nullement souffert du sortilège, et qu'ainsi il échappera à la fureur de son calice pour quelques minutes. Il sera content de savoir qu'elle ne nuira plus à personne.

-Merci, Harry, sans vous….

- Dites aussi à Melchiade que je n'ai rien vu et rien entendu, que je ne ferai aucun rapport, que je n'ai même jamais entendu parler de cette fille, fit le survivant qui n'avait pas de pitié pour une telle meurtrière qui, il le savait, serait relâchée dans une semaine par le ministère qui allait, comme l'avait si bien fait remarquer Jared, la favoriser.

Lloyd inclina la tête, montrant par là qu'il avait compris.

Dans un cachot, seul avec la prisonnière, Melchiade n'avait d'autres choix que de l'éliminer. Il le savait. Cette femme était folle et aussitôt en liberté elle recommencerait, cela se lisait sur son visage, sa détermination n'avait d'égale que sa folie.

Aussi le vampire s'approcha de Prudence, il défit le sort de Harry et fondit sur la gorge avant de la saigner à blanc et de la laisser tomber sur le sol comme une poupée désarticulée. Le chef du clan sortit de la cellule, ordonna qu'on le débarrasse de la dépouille en n'y mettant le feu et qu'on laisse ses cendres ici, dans la geôle.

Le gardien opina, le seigneur Eldrik avait accompli son devoir et n'avait pas failli.

Dans les appartements de Lloyd et d'Alexandre c'était le calme plat, Le calice avait repris son sang froid et était parti s'allonger sur son lit. Lloyd le rejoignit quelques minutes plus tard en disant à Harry qu'il pouvait dorénavant les laisser seuls. Harry soupira, surtout que Severus avait accouru et qu'il n'était pas franchement content de savoir que la folle avait deux baguettes et qu'il s'était laissé avoir comme un débutant.

-C'est fou ça, lui-dit-il en le ramenant chez eux, il a encore fallu que tu prennes des risques, Harry, l'accusa Snape.

-Hey ! C'est mon métier, Sev ! Et puis je ne risquais rien, c'est ce pauvre Alexandre qui était visé. Et puis je te signale que c'est toi qui a demandé mon aide, t'es pas culotté quand même de me faire porter le chapeau !

-Un vampire est toujours de mauvaise foi, riposta le maître des potions en ricanant.

-Surtout si le vampire s'appelle Snape, rigola Harry.

-Tu crois qu'ils font quoi là, maintenant ?

-Qui ? Alex et Lloyd ? A ton avis !

-Non, je demandais ça pour voir si ça te dirait de….

-Sev ! Mais tu ne penses qu'à ça ma parole !

-Quand on aime on ne compte pas, morveux.

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Relu et corrigé par TiteNana.