Chapitre n°7 : Une vidéo sans vie.
P.O.V. (narrateur) :
Dans la pénombre du bureau, il était assis, regardant les dossiers qui se trouvaient dessus. Dans un coin, une lampe brillait, éclairant de sa lumière tamisée la pièce. Il feuilletait encore et toujours ses dossiers, cherchant le moindre petit indice qui lui permettrait de découvrir l'identité de sa victime.
Rien. Il n'y avait rien dans cette immense pile de feuilles remplit de données. Il avait beau cherché, scruter, assemblé, il n'arrivait pas à découvrir une simple indication. Alors, accablé par cette cohue infernale d'informations diverses, de la taille de sa victime, à la sonorité de sa voie, il leva sa main à hauteur de visage, et d'un geste vif et précis, envoya valsé les dossiers.
Il hurla, gagner de fureur, et se leva, frappant de toutes ses forces dans la chaise qui le soutenait depuis le début de ses fouilles. Et avant même qu'elle ne touche le sol, il projeta sur la lampe le cendrier en argile qui trônait sur son bureau. Se rendant soudain compte de l'objet qu'il venait de jeter, il se raviva, et courut vers les restes de lampe et d'argile.
Il se pencha, et récupéra un morceau d'argile entre ses doigts. Le débris peints en vert pomme avec de petites fleurs tordus et maladroites roses bonbons s'effritait. Il soupira. Pourquoi était-il si irritable depuis qu'il l'avait tué ? Pourquoi avait-il fallut que cet énergumène insaisissable entre dans sa vie ? Et pourquoi avait-il été cantonné à son exécution ? Il détestait tout ça…
Il ramassa les fragments qui trainaient au sol, et les posa sur la petite table en chêne où se dressait auparavant l'halogène. Voilà qu'à cause de lui, il brisait son cadeau d'anniversaire. Il sourit en pensant à sa fille, véritable rayon de soleil, qu'il aurait de garde pour ce week-end, mais s'assombrit en regardant le cendrier en miette qu'elle lui avait offert. Il détestait vraiment ce foutu voleur.
Las, il entreprit de ramasser les dossiers tombés au sol, quand il remarqua sur l'un d'entre eux, la photo d'un jeune garçon. Intrigué, il prit le livret. La photographie avait été rajoutée après, avec le numéro d'une page : 14. Il tourna les feuilles, et tomba sur la fiche d'identité d'un certains Kaito Kuroba. Il écarquilla les yeux. Kuroba, le fils de Toichi Kuroba, le célèbre magicien ?
Fasciné, il parcourra la copie de ses deux orbes grise. Voilà enfin quelque chose d'intéressant dans son grand bordel de dossier. Sans une pensée de plus, il déchiffra la centaine de mot calligraphié sur la page, et esquissa un sourire de victoire. Finalement, il avait plutôt bien fait de participer à cette exécution.
« Atcha ! »
Se frottant énergiquement le nez, Kaito ne cessa cependant pas de scruter la porte. Quand est-ce-que ce moustachu allait venir le chercher. Il n'avait pas tout compris, il ne savait pas qui était l'inspecteur qui lui avait parlé, même s'il semblait connaitre Aoko. Et ce « Kid », qui était-il pour lui valoir une douleur pareille ?
Il maugréait intérieurement, se souvenant qu'il était tombé dans les pommes, avant de se réveiller dans cette pièce il y avait quelques minutes, l'inspecteur à ses côtés. Et voilà qu'il attendait depuis, dans cette salle aux fauteuils vert délavés. En y repensant, il n'arrivait pas à comprendre ce que sa vision voulait dire. Il avait vus Shin-san devenir un gamin, et lui dire qu'il l'avait oublié. Avait-il rencontré le Sherlock lycéen auparavant ? Si oui, pourquoi ne lui avait-il pas dit ?
Rien ne semblait normal, et tous s'emmêlait si… simplement, comme si les événements et sa mémoire était lié par des fils qu'il n'arrivait pas à voir. C'était décevant. Il aurait aimé au moins se souvenir de ce gamin à lunettes. Il aurait aimé mettre un nom sur cette chose qui l'obligeait à oublier. Il aurait aimé savoir qui était cet inspecteur pour lui. Il aurait aimé savoir pourquoi il était venu ici. Il aurait aimé tout simplement, être Kaito Kuroba, mémoire et corps réunis.
Soudainement, la porte s'ouvrit, dévoilant l'homme au costume marron et à la moustache, accompagné de l'homme aux cheveux poivre-et-sel, qu'on lui avait présenté comme le conservateur. Enfin, il allait avoir des réponses. Certes, pas aux questions qu'il désirait le plus éclaircir, mais déjà certaines. Pourtant, au comble de son étonnement, Son sauveur entrait dans la pièce à la suite des deux hommes d'âge mûrs.
Il resta là, incapable de sortir le moindre son, tandis que le détective se rendait compte de sa présence, et sourcils froncés, lui demandait :
« Qu'est-ce que tu fais là, Kaito ? »
« Kudo, tu connais Kaito ? » S'exclamait l'inspecteur en écarquillant les yeux d'étonnement.
« Oui… » Il résuma en quelques paroles sa rencontre avec le magicien et les récents évènements, puis redemanda, toujours aussi étonné : « Mais qu'est-ce que tu fais là ? »
Kaito bafouilla, chercha ses mots pour expliquer sa présence, cette force étrange qui l'avait tirée jusqu'ici, cette douleur à l'entente de Kid, mais il garda pour lui cette vision, ce souvenir de lavande, d'enfant, de lunettes, de sourires et de Shin-san. Il se refusa à l'offrir, à montrer à tous ses faiblesses, ses douleurs. Il en parlerait sans doute au brun, quand lui-même se souviendrais qui était le gamin.
Quand il eut finis, il entendit les trois hommes présent hocher la tête en symbiose, comme s'ils avaient fait cela toute leur vie. Le détective lui sourit, lui faisant comprendre qu'il savait de quoi il parlait. Kaito sourit à son tour. Il aimait bien les sourires du Sherlock Holmes des années 2000, à la différence des autres sourires, celui-ci le réconfortait, le rendait heureux, et lui montrait qu'il existait toujours, même sans sa mémoire.
Une main se tendit devant lui, l'invitant à l'attraper pour rejoindre son propriétaire. Sans hésiter, il l'attrapa, et fut légèrement tirés vers Kudo. Il lui sauta dans les bras, sous les regards stupéfaits des autres. Il sentit des bras l'enlacer, le serrant plus contre le torse fin du brun.
Il sentait la lavande. Il aimait bien aussi cette odeur, il l'avait découvert en arrivant chez lui. L'odeur était vraiment étouffante dans son jardin, même en plein hiver, tandis que celle du lycéen était discrète, mais si aphrodisiaque et envoutante. Il aurait pu rester des jours, enfouis dans ce paradis, se régalant de la senteur que dégageait ce corps, protéger par des bras qu'il savait sur, à écouter les battements affoler du cœur de son ami.
Malheureusement il sentit les bras qui le tenaient s'en aller, puis doucement, l'écarter. Il se dégagea à contre cœur de cet espace si réconfortant, pour retrouver le froid de la pièce aux fauteuils vert.
« Hum Hum ! » fit l'inspecteur pour signaler que ce moment n'étais guère approprié à ce genre de choses. « Bien, si vous voulez bien me suivre. Kudo, je vais te montrer ce qui s'est passé dans cette salle de mussée, il y a presque un mois. »
Ils suivirent donc l'inspecteur dans le dédale de salle. Kaito s'accrocha au bras du brun, refusant de le lâcher un instant. Enfin, il remarqua le bâton de barbe-à-papa qu'il tenait dans sa main. (NdlR : Goinfre ! Tu avais promis de la ramener pour Kaito !) Il le questionna sur sa provenance, ce à quoi Kudo lui répondit par un « Je t'y emmènerais ! » énigmatique. Refusant de se pencher davantage sur ça, ils continuèrent le chemin en silence, jusqu'à arriver devant une salle où deux officiers étaient à nouveau postés.
Ils ouvrirent la porte en voyant l'inspecteur, et laissèrent entrer tout le groupe. Une nué d'écran occupait toute un pan de mur, tandis que les autre était remplis de feuilles, d'avis de recherches, de notes, de photos. Quatre personnes, habillées en vigiles, scrutaient sans interruption les écrans, un cinquième quant à lui, téléphonait en prenant des notes plus ou moins lisible.
L'inspecteur se dirigea sans retenus vers l'un des écrans, et s'assit sur la chaise libre. Il discuta un instant avec l'un des vigiles, qui lui régla l'écran sur un certain « death moment's ». Il appela Kaito, Shinichi ainsi que le conservateur, qu'il nomma Mr Morozumi. Ils se dépêchèrent autours de l'écran, et sous leurs yeux, se tenait la pièce en parfait état, alors qu'elle se trouvait saccagée il y avait quelques minutes.
« Il s'agit des images de la nuit où Kid est apparus, n'est-ce pas, inspecteur Nakamori ? » Dit Kudo, plus comme une déclaration qu'une question.
« Oui, vous voyez, ici, c'est l' « emerald of youth », l' « émeraude de jeunesse », la pierre que Kaito Kid voulait dérober. » Il pointa sur l'écran une immense pierre d'un vert pomme acidulé, qui trônait en suprématie, au centre de la pièce. « J'avais placé des rayons lasers tout autours, ainsi qu'un détecteur de mouvements… »
« Comment est-il passé alors ? » Demanda, innocemment le magicien amnésique.
« Il a coupé le courant… Toutes les caméras, les éléments de sécurités, les lumières, tout s'est retrouvé plongé dans le noir. Cette caméra, équipée d'infrarouges, que j'avais préparée seul, dans le plus grand secret, est la seule à ne pas avoir été touché, elle était reliée à une batterie de secours qui l'a maintenu allumé. » Murmura Nakamori, abattu.
« Vous vouliez obtenir des informations sur l'identité de Kid en premier lieux. C'est bien ça, inspecteur ? » Dit le détective de l'Est.
« Oui, je pensais qu'on pourrais en obtenir plus s'il se pensait en sécurité. Naturellement, je n'avais aucun garde dans la pièce, pour éviter qu'ils ne rentrent en contact avec les lasers, ou qu'ils déclenchent les détecteurs de mouvements. Il en a profité, et a crus qu'il était seul. Malheureusement… »
Il se pencha vers un gros bouton vert, et appuya dessus. La vidéo se mit en marche. Ils attendirent une quinzaine de secondes, avant que les couleurs ne disparaissent, signe que le courant venait d'être coupé. Ils entendirent un léger « Bam. », et soudain, ils le virent. Avec sa cape blanche, son costume blanc, son haut de forme blanc, son monocle, mais par-dessus tout, son sourire arrogant de satisfaction.
Il se pencha, attrapa le joyau qui se trouvait au centre de la pièce. On pouvait entendre Nakamori et ses hommes tenter d'enfoncer la porte, hurler à l'Arsène Lupin moderne d'ouvrir. Mais il n'en avait que faire. Il examina la pierre à travers la vitre, laissant la lumière de la pleine lune passer dans la gemme. Il sembla déçu, et se retourna.
Il se figea, tandis que de l'autre côté de l'écran on retenait son souffle. On pouvait lire durant un instant, tellement évasif qu'on aurait pu croire qu'il c'était s'agit d'un rêve, de la peur dans les yeux bleus azures du voleur. Il se ressaisit, et afficha à nouveau son sourire de gamin arrogant.
« Tiens, je pensais pas vous voir ici ? » Souffla le magicien voleur à ses mystérieux interlocuteurs, les cris et les coups de Nakamori résonnant encore.
« Donnes-nous la pierre. » Répondit sèchement une voie grave et raillarde.
« A quoi bon, il ne s'agit pas de la bonne, vous avez fait le déplacement pour rien. D'ailleurs, où est ce bon vieux Snake ? Je croyais qu'il avait jurée de m'avoir. » Ria le Kid, semblant totalement détaché de la situation présente.
« Tu parles de ce vieux débris ? Le chef l'a envoyé quelque part où il sera bien plus utiles. Il prépare déjà notre arrivée en enfer. »
Le voleur en blanc se crispa, visiblement décontenancé par la nouvelle. Qui était donc ce Snake ? L'Arsène Lupin des années 2000 grinça des dents. Il n'appréciait vraiment pas l'information.
« Vous l'avez… tué ? » Redemanda-t-il, l'espoir de ne pas avoir compris se lisant sur ses traits, tandis que son corps était parcouru de spasme.
Il pleurait ?
« Oui. » On entendit la sécurité d'un pistolet se retirer. « Comme je vais le faire avec toi. »
Un grand « Pan ! » hurla aux oreilles des personnes présentent dans la salle. On vit le corps du Kid partir en arrière pour éviter la balle. Deux autres détonations crièrent pour finir leurs courses dans les vitrines de joyaux. Le voleur en blanc se leva, sautant habillement pour éviter les balles. On voyait désormais des dizaines de traits lumineux qui passaient dans la salle, éclatant, brisant les vitres, les bijoux, les pierres précieuses. Visiblement, le tireur n'était pas seul.
Soudain, un de ces projectiles toucha le Kid, l'atteignant dans le bas-ventre. Shinichi écarquilla les yeux, pour se tourner vers Kaito. L'amnésique venait de porter sa main à l'endroit où il avait eu sa blessure par balle, et où le voleur venait d'être blessé. Ce pourrait-il que… ? Non, impossible, c'était tout bonnement impossible, il y avait déjà réfléchis, et il savait que Kaito n'était pas ce genre de personne.
Pourtant… Il secoua sa tête, et reporta son attention sur l'écran, résolu à oublier ces inepties.
Il voyait le Kid, acculé contre la vitre de la pièce, les rideaux, les meubles, les pierres, tout était brisés, déchirés. Désormais, on pouvait voir la main de son interlocuteur, ainsi que celles des personnes qui l'accompagnaient. Les cris de l'autre côté de la porte c'était tu, comme aspiré dans ce moment d'éternité entre la vie et la mort.
Puis une ultime détonation partis, se figeant au-dessus de Kid. La vitre se brisa, et lui, suivit la chute des débris de verres. Il tomba. On entendit rien, pas même un souffle de vent. Aucuns cris dehors, aucun hurlement de terreurs. Juste un son sourd, signalant que le magicien voleur venait de rencontré le sol. Il venait de quitter ce piédestal de dieu que les Hommes lui avaient attribué, pour rejoindre le goudron dur et froid, lui rappelant qu'avant tout, il était Humains… Mortel…
« Le chef faisait vraiment toute une histoire de lui, il ne valait guère mieux qu'un vulgaire illusionniste... » La voie grave de l'homme résonna dans la pièce, avant d'être suivit par un rire glaciale.
On entendit des pas sur du métal, les ordres de l'inspecteur Nakamori, puis tout s'embrouilla. On voyait la porte s'ouvrir à la volée, les policiers entrés en trombe dans la pièce. Ginzo hurlait à ses hommes de fouiller les conduits d'aération. Les bruits de pas métalliques revinrent bien vite. Puis, l'inspecteur se dépêcha prêt de la fenêtre, lâchant un harmonieux « Merde ! ».
Finalement, la vidéo grésilla, et ce fut fini. Les personnes réunis dans la salle n'échangèrent mot, sous le choc de cette vidéo qui relatait la mort du Kid en direct. Triste spectacle dans le ciel étoilé de cette nuit-là, où il avait jurée de voler l'« emerald of youth ».
« Alors, comme ça, il est mort ? » Murmura Kaito, brisant ainsi le silence insoutenable qui demeurait depuis plusieurs minutes désormais.
« Je pense… » Dit en soupirant l'inspecteur, visiblement à la limite de la crise de nerf.
C'était normal, compréhensible. Lui qui se battait depuis tant d'années pour l'attraper, sans jamais utiliser d'armes contre lui, on venait de lui voler son rival de toujours. Pire, on lui avait arraché, l'envoyant dans un endroit où il ne pourrait jamais l'arrêter, le juger. On avait brisé son rêve, son but. On lui avait pris une part non négligeable de sa vie, quelque chose qu'on ne pourrait pas lui rendre de sitôt… ni si facilement…
Pourtant, il demeurait cet espoir, cette petite flamme oscillante dans le creux de leurs cœurs. Oui, ils espéraient toujours, que le Kid ne soit pas mort, qu'il vive dans un endroit reculé, se remettant de sa blessure. Alors, d'une petite voie, Shinichi posa la question qui le taraudait, qui pourrait, comme un souffle de vent, éteindre cette flamme, ou au contraire, la raviver.
« Avez-vous trouvé le corps ? »
La flamme vacilla, sembla sur le point de s'éteindre en voyant le visage déconfit de l'inspecteur en charge du Kid…
« Non. »
… mais s'enflamma soudain à l'entente de ce mot si catégorique, laissant un espoir immense. Une véritable source de vie.
On pouvait désormais lire le soulagement sur le visage de chacun, car au fond, même s'il était un de ses grand criminel, il faisait partit de leur vie. Il était devenu un compagnon de route, un de ses confidents que l'on aime malgré leur mauvaise réputation. Alors oui, il avait tous envie, au plus profond de leurs cœurs, envie de recevoir un jour dans leur boite-au-lettre, un de ses anodins messages de défis qui leurs permettait de savoir qu'il vivait.
Tous ? Non, Kaito lui, ne savait pas qui était l'homme qu'il venait de voir mourir sur cet écran. Et cependant il avait mal, sa cicatrice le démangeait et il avait eu l'impression de vivre ce moment à la place de la silhouette blanche sur l'écran. Il avait mal au crane, comme si toute cette scène lui rappelait des choses. Il ne voyait désormais que cette immense silhouette grise, qui l'avait torturée auparavant, et qui crachais encore et toujours son nom : « Kaito… »
Il voulait hurler, pleurer, mais il n'en montra rien. Il ne voulait pas inquiéter le détective. Il s'appuya contre le bureau qui soutenait les écrans, et posa sa main libre contre son front perlant de sueurs. La voie se fit plus proche, crachant son prénom. Elle continuait de le torturer. Et lui, il résistait, tentant par tous les moyens qu'elle quitte sa tête. Rien à faire, elle semblait toujours plus proche, toujours plus forte.
La silhouette grise s'avançait, prenant une forme bien plus nette que toute les autres fois. On distinguait désormais son visage, même si les traits restaient grossiers. On pouvait voir ses lèvres s'écarter à mesure qu'il crachait cet unique mot. On pouvait voir ses yeux noirs qui le transperçaient. Puis soudain, il oublia un instant le nom qu'il répétait depuis toujours comme un disque rayé, pour former une phrase complète :
« Souviens-toi, gamin ! »
Kaito hurla, ne tenant plus, un nombre incalculable d'image entrèrent en lui. Il ne voyait rien d'autre qu'un homme, parer de gris, avec un de ces chapeaux. Il le distinguait, arrogant, sadique, et enfin… en pleures… Pourquoi ? Pourquoi pleurait-il ? Qu'est-ce qui pouvait bien le tourmenté à ce point ? Les larmes qui coulaient le long de ses joues tombaient dans un tapis de feuilles mortes, où un revolver attendait. Perles salées dans un océan d'orange, de rouge et de brun, elles finissaient leurs courses sur l'armes.
« Pardon… »
L'homme demandait pardon. Pardon de quoi ? Pourquoi ? Qu'avait-il fait qui mérite qu'il pleure et qu'il s'excuse ? Pourquoi semblait-il au bord du gouffre ? Kaito avait mal, mais il voulait lui demander, lui hurler de lui expliquer pourquoi il devait lui pardonner, lui expliquer qui il était, lui dire, pourquoi il était là, dans sa tête, souvenir éphémère qui disparaitrait bientôt.
« Si j'avais su… »
S'il avait su quoi ? Qu'aurait-il donc du savoir ? Il sentait les mains de Shinichi, si réconfortante, se poser sur ses épaules. Il entendait au loin les appels de détresse de son ami. Mais tout était si lointains, si incertains, tandis que cet homme était si proche. Il lui suffirait de tendre la main pour le toucher, essuyer ses larmes, lui pardonner. Et en même temps, il n'arrivait pas à l'atteindre, et il était contraint de le regarder pleurer toutes les larmes de son corps devant lui.
« Je te le jure… »
Lui jurer quoi ? Il fallait donc qu'il jure pour être pardonné de son ignorance ? Il fallait qu'il soit puni pour ne pas avoir su ? Non, Kaito ne voulait plus. Il détestait les larmes, les pleurs, la douleur. Il voulait dégager des épaules de cet homme ce fardeau. Il n'avait qu'à avouer pour être pardonné, le magicien en était sûr.
« Je ne l'aurais pas tué… »
Tué… Il avait tué quelqu'un ? Qui ? Et pourquoi demandait-il pardon à Kaito ? Ce mort et lui avait donc un rapport ? Mais, pourquoi avoir tué quelqu'un ? Même lui n'arriverait pas facilement à pardonner un tel acte immorale. Il fallait qu'il lui dise, qu'il lui avoue ! Il fallait qu'il sache qui était mort, pour savoir si finalement, il pourrait réellement pardonner la mort d'un Être.
« Je n'aurais jamais tué ton père… »
