Chers(ères) amis(ies) lecteurs(trices),
Après un combat acharné de plus d'une heure contre ma connexion satellite, j'arrive enfin à poster ce nouveau chapitre.
Un grand merci à vous de me suivre dans cette aventure qui nous mènera, je sais pas trop où encore... mais une chose est sûre, c'est qu'on est sur la bonne voie. Et toute ma gratitude à ceux qui prennent 20 secondes pour une petite review et m'offrent par ce biais une bonne dose de motivation.
J'ai rien de plus à dire, hormis que je tuerai pour un Big Mac.
Enjoy the reading!
Chapitre 7 – Mardi et les indices.
Emma, toujours devant la boutique d'antiquités de M. Gold – 07:42 AM.
« Et merde ! »
Nan mais j'hallucine, cette femme est tout bonnement infernale. « Allez-y, Emma, téléportez-vous chez moi, c'est la porte à côté. » Elle peut pas être sérieuse… Je viens à peine de foirer un sort de foutue projection astrale ! Comment suis-je censée déménager mon esprit ET mon corps à l'autre bout de la ville? Mon corps, pfff… C'est même pas le mien d'abord !
« Magie à la con ! », juré-je encore, l'arrière de ma godasse de luxe inlassablement grignotée par la vilaine bouche de cloaque. Je me penche en avant et tire par à-coups sur le ravissant mollet dans une burlesque ébauche de sauvetage de talon aiguille.
« Hum, puis-je vous venir en aide, Regina ? »
Je lève la tête, mèches ébènes éparpillées sur une figure rougie, bec ouvert haletant, fessier en surexposition publique. Bon, j'imagine que c'est à cette position légèrement embarrassante et affriolante, ne correspondant pas exactement à l'image digne et classe de la mairesse, que je dois la face ahurie d'un rouquin d'une quarantaine d'année, une laisse enroulée autour de son poignet ganté.
« Arch… Dr. Hooper. », me repris-je promptement tout en me redressant, l'obtus escarpin toujours coincé. « Bonjour, hum, non ça va aller, ne vous dérangez pas. Rien qu'un petit problème technique, je devrai m'en sortir toute seule. »
Mon nouveau sourire Colgate l'encourage à insister, puisqu'il ose un pas supplémentaire vers moi, l'œil bienveillant rivé sur ma cheville. Pongo ne perd pas de temps pour venir me renifler à un endroit improbable, la queue fouettant l'air aussi efficacement que notre Reine gastronome battant des œufs. Mmh, les gâteaux de Regina... Je meurs de faim d'un coup.
« Ne soyez pas ridicule, laissez-moi vous assister. », offre-t-il en s'agenouillant à mes côtés et approchant une main à présent découverte.
« Non, vraiment, c'est inutile… », tenté-je mollement.
Comment fait-elle pour être aussi pète-sec d'habitude ? Allez, déguerpis Archie. Je suis nulle en Evil Mayor.
Trop tard. Ses doigts s'emparent du talon et entreprennent de le torsader dans tous les sens. Soudainement déséquilibrée, j'ai pas d'autre choix que de prendre appui sur son épaule pendant qu'il s'acharne à la tâche. Un clac. Ouf, ça y est. Je baisse un regard reconnaissant pour m'apercevoir qu'il a affranchi le malheureux accessoire de son piège métallique… en le cassant net. Le psychanalyste arrête son geste, la moitié cadavérique de la chaussure extra coûteuse de sa Majesté dans sa paume subitement grelottante. D'une lenteur extrême, je pose le pied au sol alors qu'il lève des yeux apeurés et navrés dans ma direction.
« Regina, je… je suis désolé, j'ai… je n'ai pas senti ma force. », bredouille-t-il tout penaud pour s'excuser.
Bon, soit je l'incendie, soit je lui accorde ma clémente miséricorde. Le dalmatien lèche mon poing raidi et me fixe bêtement, totalement amouraché. Il a toujours eu le béguin pour la jolie brune, ce clebs. Allez vas, t'as gagné.
« Ce n'est rien Dr. Hooper, vous savez, mon dressing est carrément rempli d'autres de ce genre. », le rassuré-je en dévoilant mes dents blanches et plissant les paupières pour avoir l'air obligeante.
Il se relève aussi confus qu'apaisé et me dévisage comme empreint d'un doute. Courage, fuyons.
« Merci beaucoup Archie, passez une bonne journée. »
Après avoir gentiment flatté son biceps, je m'éloigne en boitillant, tâchant d'être la plus magistrale possible. Au détour d'une artère murale, je stoppe mon parcours et lâche un soupir de soulagement. Cette situation est vraiment stressante, si je croise encore un Storybrookien, je pourrai dire adieu à ma couverture.
De fines phalanges passées nerveusement dans ces cheveux plus courts me rappellent que j'ai un adolescent à rattraper. Allez Swan, un peu de concentration, tu peux le faire. L'auto suggestion marche pas terrible sur moi ces derniers jours. Tant pis, je visualise le salon épuré de la mairesse, je cartographie autant de détails que possible et invoque toute la volonté dont je suis capable pour ordonner à mon régal séant d'atterrir sur le sofa en cuir.
Un fumigène lumineusement laiteux enveloppe le corps de mon hôte, vidant la ruelle adjacente au Pawn Shop.
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Regina, maison des Charmings – 08:08 AM.
Snow et son mari ont déménagé peu de temps après la naissance de leur fils, l'appartement cosy que j'avais alloué à mademoiselle Blanchard ne présentant indubitablement pas les aptitudes extensibles de la famille Charming. Leur nid d'amour édénique, situé un peu en retrait de la ville non loin du pont à péage, est désormais assez spacieux pour accueillir ses cinq occupants, Henry y disposant aussi d'une chambre lorsque le besoin hebdomadaire d'une dose pizza/coca se manifeste. Quant à Emma, j'avoue ne pas toujours comprendre pourquoi elle tient à partager son lieu de vie avec ses parents. Comment fait-elle pour les supporter H24 ? Ça me dépasse…
L'immondice jaune parquée devant la palissade fraîchement vernie, je piétine sous le perron, vaguement anxieuse à l'idée de devoir me faire passer pour la Sheriff. Voyons voir… Cheveux en désordre ? Parés. Position arcboutée ? Nikel. Mains dans les poches ? Impossible avec ce jean trop serré. Devrais-je mâcher un chewing-gum pour paraître plus… cool ? Hors de question. Roh, j'ignore pourquoi je me tracasse autant, je n'ai qu'à jeter une excuse quelconque justifiant l'absence d'Emma et Snow gobera tout. Elle laissera éternellement TOUT passer à sa fi-fille chérie.
Flashback.
Seigneur, je ne supporte plus ce climat tropical, c'est une abomination pour mon brushing. Heureusement, Emma n'a pas empiré cette après-midi en souhaitant en vain m'empêcher de phagocyter et assujettir le cœur rebelle de ce garçon perdu. Assez d'énergie gaspillée, Henry est captif dans cette jungle effrayante depuis trop longtemps. Il doit savoir que ses deux mères sont à sa recherche. Et sa grand-mère, par la même occasion.
Snow était pourtant radicalement opposée à ce plan. Sa bonne âme lui dictait d'agir avec onctuosité et mièvrerie, mais la technique des bisous baveux ne prend pas avec ces adolescents à la botte de Peter Pan. Et maintenant, elle boude. Tout Snow, quoi.
Miss Swan vient de l'emmener quelques mètres à l'écart. Discrètement, je m'approche des deux femmes en pleine discussion tout en achevant d'ensorceler mon petit miroir de poche. Il nous permettra de communiquer avec Henry et encore mieux, d'interagir avec lui. Comme Skype, quoi. Je suis un véritable génie, en tout objectivité.
L'attention portée sur mon sort, je tends néanmoins une oreille vers la conversation mitoyenne. Je brûle d'entendre qu'on me taxe une fois de plus de méchante sorcière. Typique.
« Mary-Margaret, je suis désolée. »
Eh bien miss Swan, on n'assume pas ses décisions? Une telle velléité venant de vous, cela me déçoit énormément. Je ricane aigrement en mon fort intérieur.
« Tu n'as pas à me présenter tes excuses. C'est Henry qui m'inquiète. »
« Je sais. C'est pour ça que je laisse Regina faire ce qu'il faut, quoiqu'il en coûte. »
Tiens, on dirait que notre Sheriff plaide ma cause, pour une fois ? Autant pour moi, je retire mon sarcasme.
Du coin de l'œil, je l'examine. Son débardeur blanc lui colle à la peau et sa bouille dépeint une apparente moue attristée. Comment peut-elle dégager un charisme si incroyablement prépondérant tout en exposant cette fragilité et ce manque de confiance contradictoires ? Son potentiel nous saute tous aux yeux, même si elle opère en aveugle, à l'instinct, tranchant sur l'instant du bien fondé de chaque action à entreprendre. Une pensée me surprend à désirer son succès en tant que leader de ce groupuscule d'infortunés. Mais comment l'aider plus que je ne le fais déjà ?
« Quand nous l'aurons récupéré, je veux juste m'assurer que la ligne est toujours là. »
Quelle ligne au juste ? Je sens le blâme orbiter au-dessus de ma tête à des kilomètres.
« Quelle ligne ? », demande la Sauveuse en écho à mon interrogation.
« Entre ce que Regina est prête à faire et ce que toi tu es prête à faire. »
J'en étais sûre… Eh bien, Princesse, aurais-tu peur que je pervertisse l'esprit pur et philanthropique de ton enfant ? Un peu de malignité lui serait bénéfique, tout n'est pas blanc ou noir, Snow White ! Pas quand la vie d'Henry est en jeu.
« Je suis prête à faire tout ce qu'il faudra pour le ramener à la maison. »
Mon étonnement va croissant avec la certitude qu'Emma détient son pouvoir de ce qui lui faisait le plus défaut à mon sens. Une réelle détermination, implacable et indifférente à la nature des obstacles qui nous empêcheront de sauver notre fils. Je suis absorbée par la féroce résolution de son regard. Malheur à qui se dresserait en travers de son chemin.
« Cependant, le prix ne peut pas être cette famille. »
Sur les mots de mon ancienne belle-fille, mes lèvres s'étirent par compassion. Finalement, il advient que nous œuvrions dans un but commun : la préservation de nos familles respectives. Malgré moi, mon cœur se serre à l'idée que je ne fasse pas partie de cette famille-là. Henry est le unique lien qui nous unira probablement jamais.
« Ça ne le sera pas. », la tranquillise Emma, une paume réconfortant l'avant-bras de sa mère.
Pfff, que croyez-vous, Swan ? Je n'autoriserai en aucun cas une telle chose, de toutes manières. Quoiqu'ils puissent en penser, mon attachement singulier à cette famille d'idiots reste irrépressiblement intact. Je ne nourris plus aucune ambition de la voir détruite. La noirceur demeurera ma passagère casuelle et je ne souhaite à personne de pâtir de sa désagréable et funeste compagnie.
Même à toi, Snow.
Fin de flashback.
Le clic audible des clefs qu'on introduit dans la serrure m'a vendue. J'entends le verrou sauter de l'intérieur et la massive porte en érable s'ouvre sur une épouse aux traits tirés, des épis indomptés autour du crâne, la bouche en lune mécontente et un gros bébé couineur fagoté contre elle. La nuit fut éprouvante, on dirait.
« Où étais-tu passée ?! »
Waouh, Emma était sérieuse. On dirait que môman est en pétard. Vais-je réellement être obligée de rendre des comptes pour blanchir la fugue avortée de ma stagiaire ? Je ne crois pas, non. Je vais plutôt rendre service à mon employée et faire comprendre à madame Charming que sa fille est plus qu'en âge de découcher sans permission. Et de vivre sa vie comme elle l'entend. Imitant le comportement coutumier de mon enveloppe usurpée, j'hausse les épaules et fuit le regard accusateur qui obstrue l'entrée.
« Dehors. », rétorqué-je évasivement. Ouais, pas mal.
« Dehors ? », répète Snow avec ses bonnes joues, les sourcils éberlués.
« C'est ça. Dehors. »
Je la défie comme une teenager en pleine crise d'identité, bras croisés et menton haut, alors qu'une ride bien connue des mères créé un sillon sur son front lisse. L'admonestation silencieuse prend fin quand bébé Neal nous rappelle sa présence en hurlant à pleins poumons.
« Tiens, prends ton frère deux minutes, le temps que je finisse de préparer son petit déjeuner. », exige-t-elle en me tendant le dodu poupon brailleur avant de disparaître vers la cuisine.
Qu'il est mignon, on dirait Henry. Lui aussi ne cesser de pleurer les premiers jours succédant son arrivée.
Les mains désormais chargées, je ferme à regret l'échappatoire de ma botte et suit la maîtresse de maison. Niché dans le creux de mon coude, l'allien miniature s'est un peu calmé. Quelle ironie du sort, moi qui maudissais Mary-Margaret d'être la seule capable d'apaiser les crises larmoyantes d'Henry, voilà les rôles inversés. Une frêle mimine vient tirer une longue mèche blonde qui chatouillait son nez. Je soupire. Ces souvenirs ont failli effacer l'insolite réalité de mon apparence physique. Y'en a une qui n'a pas oublié, par contre.
« Emma, j'aimerai que tu me préviennes quand tu dors chez Hook, tu sais que je me fais du souci. Un coup de fil, ce n'est pas trop demandé, si ? », râle Snow en agitant énergiquement le biberon.
Comment ça, Emma dort chez Hook ? La blonde n'a jamais mentionné ses nuits à bord du Jolly Roger. La petite hypocrite sournoise. Elle porte à merveille son titre d'amie auto-proclamée. Dire que je lui confie tous mes secrets, quelle bécasse je fais. Tant pis. Une vengeance s'impose.
« Pardon, maman… », commencé-je faussement désolée, me distrayant de l'étrangeté de nommer la brunette ainsi en pressant doucement le minuscule pied gigoteur. « C'est vrai, j'aurai du t'appeler. »
Mon interlocutrice hoche la tête d'approbation et fait mine de reprendre l'enfant.
« Je peux ? », m'enquis-je en fixant le breuvage tiède prêt à être avalé.
« Bien sûr. », acquiesce-t-elle en me l'offrant, tout sourire, visiblement ravie de cette initiative.
Le chérubin semble tout aussi réjoui, vue la vitesse à laquelle il assèche le contenu du biberon. Je ne peux empêcher une douce chaleur d'envahir mon cœur. Je craque pour ces rejetons potelés. Même si celui-ci est un Charming.
« Cela dit, je n'ai pas dormi chez Killian, cette nuit. », continué-je les yeux rivés au visage d'ange, harponnant sciemment la curiosité maladive de Snow.
« Ah non ? »
« Non. J'ai dormi chez Regina. Dans sa crypte, pour être exacte. »
« Oh… »
Elle hoquète comme si elle venait d'aspirer un moucheron. J'ai toutes les peines du monde à ne pas jubiler de ce qui va arriver. Je suis démoniaque.
« Elle me donne des leçons. »
« De magie ? »
« Entre autre. »
J'agrémente ce petit suspens par un rapide coup d'œil scandaleux vers elle. Oui, je suis une vilaine fille, môman.
Mes mots la font cogiter. La tête penchée sur son épaule, elle me dévisage, tiraillée par ce sous-entendu entre amusement et horripilation.
« Qu'est-ce… Que veux-tu dire par là ? »
Ouh, si tu me tends la perche, très chère… Je pose le réservoir de lait vidé et confie Neal aux bras maternels. Juste au cas où l'envie lui prenne de frapper la chaire de sa chaire, dans un excès de colère. Une grande inspiration et je me lance.
« Tu sais très bien ce que je veux dire. Depuis Neverland, je refoule mes sentiments mais aujourd'hui je n'en peux plus. J'ai… » Je cherche le bon phrasé. « …besoin d'être avec elle. Tu comprends ? »
Mon ton dramatiquement implorant devrait la faire fondre. Elle laissera éternellement TOUT passer à sa fi-fille chérie. N'est-ce pas ?
Bon, à priori je me suis un peu trop avancée, puisqu'un regard outré me défigure avec un dégoût à peine dissimulée. D'ailleurs, je la soupçonne d'étudier la possibilité d'une crise cardiaque fulgurante. Puis son visage tourne au cramoisi et bébé Neal se fait nerveusement secoué.
« Quoi ? Mais comm… Enfin Emma ! On parle de Regina, là. Et tu… tu es avec Hook, non ? »
« Je ne l'aime pas. », la contré-je, légèrement agacée d'être obligée de botter le capitaine en touche une fois de plus. « Je me suis servie de lui. J'en suis pas très fière… » Soupir tragiquement éhonté. « Tout ça est… compliqué, maman. Je crois que… que je ferai mieux de partir au manoir quelque temps, Regina m'hébergera et nous tâcherons de mettre au clair notre… relation. »
Jeu, set et match. Ce terme lui coupe le souffle, ses lèvres bougent sans qu'aucun son n'en sorte et le petit frère d'Emma estime le moment opportun pour régurgiter copieusement son repas sur le chandail de sa mère. Profitant de la diversion, je prends la poudre d'escampette, un sourire victorieux gonflant les pommettes hautes de ma nouvelle petite amie. La vie est faite de petits plaisirs, fondamentaux et jouissifs.
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Emma, Manoir Mills – 07:52 AM.
Ouch ! Je tombe toutes fesses dehors sur la très chic table basse en bois sculpté du salon mayoral, qui explose sous l'impact soutenu de mon royal postérieur. Canapé manqué. Quand l'aura magique se dissipe, Henry est devant moi, sac à l'épaule, sandwich en stand-by devant l'entrée de sa bouche qui manifestement n'est pas tout à fait prête à se fermer. Au bout d'un court lapse de temps, réalisant que cette apparition théâtrale est l'œuvre de sa mère brune, il se précipite vers moi et me tend un bras en parfait chevalier servant.
« Maman ? Tu t'es pas fait mal ? »
J'accepte volontiers son aide – ce n'est que la deuxième fois qu'un homme me porte assistance en l'espace de dix minutes – et extrait mon corps endolori des décombres.
« Aïe, non ça va gamin, j'ai mal calculé mon coup. Faut que j'améliore l'atterrissage. »
Il bloque sur ma phrase, la mine déconcertée et méfiante.
« Gamin ? Y'a qu'Emma qui m'appelle comme ça. »
Il est futé, je l'avais bien dit. Je lui laisse cinq secondes avant qu'il comprenne l'astuce.
« Et maman se loupe jamais quand elle se téléporte. »
Vas-y, tu y es presque, tu brûles ! Ses yeux intelligents me scannent des pieds à la tête alors que je lui adresse un petit sourire navré en haussant les épaules.
« 'Ma ! C'est toi là-dedans ? »
Bingo ! C'est qui ma fierté, hein, c'est qui ?
« Salut mon chéri… T'as pas mis longtemps avant de repérer le subterfuge… », le félicité-je, consternée de ma pitoyable prestation.
« Putain, je savais que quelque chose s'était passé cette nuit ! », hurle mon ado dont les hormones doivent être les insolentes responsables de cette soudaine excitation.
« Langage, Henry Mills ! »
La vache, c'est sorti tout seul. Il se met sur pause à l'intonation dictatoriale qui résonne distordue dans l'air. Ouah, cette voix me laisse… Beh, sans voix. Riant gentiment de la tronche stupéfaite que je dois tirer – enfin que Regina doit tirer – il saisit mon poignet et m'assit sur le sofa, que la maîtresse des lieux a décalé de quelques centimètres depuis ma dernière visite (sinon je vois pas pourquoi je l'aurai manqué, la banquette est aussi large que mon lit).
« Il faut que je te montre quelque chose. », commence-t-il en déballant de sa besace un gros volume familier. « Je prenais mon petit déj' en feuilletant le livre, au cas où un détail concernant l'identité de l'Auteur nous aurait échappé, et regarde sur quoi je suis tombé… »
« Tu lis en mangeant, c'est nouveau ça. », ne puis-je m'empêcher de rouspéter. Me dites pas que je vais devenir plus chiante que sa mère adoptive ?
« Allez, lis ça 'Ma, steuplait ! », s'obstine-t-il en pointant du doigt une page dont les illustrations me sont étrangères.
Pliant à sa requête, mes deux billes chocolat s'affolent sur le papier et s'écarquillent au fur et à mesure de la lecture.
Ma très chère Regina,
Depuis le début, tu es mon personnage préféré. Au fil des chapitres, tu as su ouvrir ton cœur et recoudre les vieilles blessures du passé. Je déclare aujourd'hui la rédemption de l'Evil Queen honorée.
Si tu savais comme je suis fier de toi, tu es ma plus belle réussite.
Je constate que tu as su t'entourer de gens compétents et bienveillants pour partir à ma recherche. A ce propos, je tire mon chapeau magique à Henry pour avoir percé à jour le secret de mon chef-d'œuvre. Quel jeune homme prometteur.
Mais l'intervention de miss Swan, comme tu aimes à l'appeler, a changé la donne. Votre petite expérience, certes amusante, aura des répercussions sur la fin de ton histoire. Eh oui, encore la faute à Snow et sa charmante fille.
Mais ne les maudis pas de suite…
Vois en cette mésaventure, l'occasion de te défaire de l'emprise du livre.
Car en tant qu'Emma Swan, ce dernier n'a plus aucun pouvoir sur toi. Pas plus qu'il n'en a sur notre Sauveuse, même si elle est prisonnière de ton enveloppe corporelle. Vous voilà maîtresses de votre destinée.
Attention, c'est un travail d'équipe qui vous attend si tu veux mettre le grappin sur ton Happy Ending. Ou plutôt, le construire de tes propres mains.
A toi de trouver comment en suivant ces simples conseils :
Accepte-toi telle que tu es, sans chercher à te changer.
Vois une alliée en ton double, pas une rivale.
Vis cette expérience à fond, tu m'en diras des nouvelles.
Courage ma Reine, à bientôt.
The A.
Henry observe en silence mes réactions, comptant sur un éclair de génie de ma part pour traduire ces lignes tarabiscotées. Mes prunelles circonspectes attrapent ses yeux vert-gris remplis d'espoir.
« Bordel de merde, qu'est-ce que ça veut dire ce truc ? »
TBC
Vos impressions, commentaires, avis plus ou moins objectifs ou simples salutations seront appréciés à leur juste valeur.
Ceux qui pensent "pauvre Snow", vous êtes que des hypocrites! lol
A bientôt ;)
