Blabla de l'auteure:
Je vais écrire une autre Saint-Valentin AutreMondienne dans le style "dix ans plus tard", parce que le tome 12 est sortie, que c'est la fin du premier cycle et blablabla. Mais je ne poste pas pour vous dire ça mais parce que sur le forum Tara Duncan on m'a mise au défi de faire la Saint-Valentin de Betty et Sal. Alors voici leur Saint-Valentin et croyez moi tout ne va pas se passer comme sur des roulettes.
RAR:
sehlapple: il va y avoir une suite mais par contre évite de demander plusieurs fois une même chose. Comme tu n'es pas inscrite je ne peux pas te répondre avant de faire un nouveau chapitre mais sache que je lis et prend en compte toutes les review ;)
Le bal :
Où comment se tromper de référence et gâcher la fête :
Assit sur une chaise, le dos bien droit, Sal tourna une page de son livre avec précaution et la lu avant de refermer l'ouvrage en soupirant.
C'était un roman d'amour mièvre et mal écrit où une pauvre serveuse tombait amoureuse d'un riche et beau client. L'ancien dragon c'était arrêté au moment où elle découvrait que son amour cachait un terrible secret.
Il avait commencé à lire ce genre de d'histoire il y avait un mois. Au début il avait crû que ça l'aiderait à comprendre les sentiments humains et donc à séduire Betty. Mais il se rendait compte désormais qu'ils étaient inutiles. Jamais la jeune fille n'aurait gloussé en rougissant parce qu'il lui offrait des fleurs, jamais elle n'aurait prononcé des phrases du genre :
« Tu es celui que j'attends depuis toujours ! Quand je te vois j'ai l'impression de revivre »
En battant des cils.
Sal leva les yeux au ciel, un geste très humain qu'il avait appris à apprécier, et songea qu'il n'y arriverait jamais. Conquérir le cœur d'une humaine était encore plus dur que de défendre son trésor assailli par une armée de nains.
La porte de sa chambre s'entrebâilla, laissant entrevoir le visage rond de Betty :
« Je peux entrer ? »
Le jeune homme hocha la tête et laissa glisser son regard sur le corps de son amie.
Elle avait perdu du poids mais gardait toutefois des rondeurs qui la rendait encore plus attirante aux yeux de Sal. Ses cheveux, bruns et mi-longs, étaient humides, sûrement venait-elle de prendre une douche. Ce qui expliquait aussi sa tenue décontractée.
« C'est bientôt la Saint-Valentin Sal et mon lycée organise un bal. C'est la première fois qu'ils font ça, expliqua la jeune fille, un peu hésitante.
-Oh, répondit-il sans comprendre où elle voulait en venir.
-Et le thème c'est : au bal vénitien les filles invitent les hommes. Alors je me disais que, peut être, tu voudrais, si tu n'as rien d'autre de prévu, heu...venir avec moi ? Bafouilla t-elle en rougissant un peu. »
Le cœur du dragon rata un battement et il se félicita d'en avoir un deuxième. Sans quoi il serait sûrement mort d'une crise cardiaque. Il dévisagea Betty, ouvrit la bouche, la referma avant de bafouiller quelque chose qui ressemblait vaguement à un oui. Le visage de la jeune femme s'éclaira et elle tourna les talons en disant :
« La seule exigence c'est le masque. Il faut en porter un. Mais ne t'inquiète pas, je m'occupe de tout ! »
Sal poussa un soupir de soulagement quand la porte se referma. Il avait l'impression d'avoir passé un siècle en apnée. Il jeta un rapide coup d'œil au livre qu'il avait délaissé en ce demandant s'il existait des livres terriens parlant des bals.
Le jour J arriva bien trop vite au goût de Sal. Le jeune homme avait certes réussi à se procurer un costume noir et sobre, a acheté des fleurs pour Betty et même a lire un roman parlant du sujet mais un détail le perturbait. Dans le livre la fin du bal était marqué par un élément… spécial dont aucun autre livre sur les bals ne parlé. Mais en même temps sur la quatrième de couverture il était marqué : « une référence en la matière », c'était donc que l'ouvrage était sérieux, non ?
Le regard un peu dans le vide il essaya d'oublier cette question et se pencha sur une autre, encore plus épineuse. Comment devait-il nouer ce bout de tissu pour qu'il prenne la forme d'une cravate ?
Dix bonnes minutes plus tard Betty entra dans sa chambre et eut un regard déconcerté en le voyant à moitié étranglé par le morceau de tissu. Elle retint difficilement un petit rire avant de venir à son secours :
« Tu vois il faut passer ce bout ici, et mettre celui-là en dessous. Ensuite tu fais comme ça et...Voilà ! S'exclama-t-elle en terminant son ouvrage. »
Le dragon lui jeta un regard penaud auquel elle répondit par un sourire :
« Ne t'inquiète pas, ma mère dit toujours que seul les hommes portent des cravates mais que seule les femmes savent les nouer.
-D'accord...Heu...Tien, c'est pour toi, il faut la mettre au poignet, je crois. Et heu, tu es très, heu, belle, bafouilla-t-il en lui tendant un bracelet de fleur rouge parfaitement assortit à la robe bustier de la jeune femme. »
Celle-ci lui jeta un regard très doux avant de passer le bracelet à son poignet et d'embrasser son cavalier sur la joue.
Main dans la main ils descendirent dans l'entré où la mère de Betty les photographia avant qu'ils puissent monter dans la voiture familiale conduite par le père de la jeune fille *.
La soirée ce passa bien. Le décor du gymnase était romantique à souhait, tout en couleurs pastelles et symboles de l'amour. Le buffet était bon, bien meilleurs que les plats servit à la cantine et entièrement conçu sur le thème Saint-Valentin Italienne. Les musiques étaient changeantes, tantôt elles bougeaient, laissant place à des couples survoltés dansant du rock, tantôt elle était lentes, permettant aux couples d'amoureux de se retrouver collé ensemble et de s'embrasser à loisir.
Malgré ses quelques appréhensions tout se passa très bien pour Sal. Les amies de Betty le trouvait « trop canon » et « super galant » juste parce qu'il lui avait apporté de quoi se rafraîchir et lui avait proposé de sortir quand elle avait eut mal à la tête. Ils avaient dansé de tout, rock, salsa et même slaw en passant par toutes les danses non officielles où tout le monde bouge comme il le peut.
La soirée touchait à sa fin, il ne restait plus qu'une chose à faire : élire la reine et le roi du bal. Bien sûr Betty n'était pas parmi les finalistes, en fait elle n'avait même pas soumis sa candidature. Elle savait qu'elle n'était pas assez mince, assez artificielle et populaire pour remporter ce genre de titre. Mais ça lui allait très bien. Elle avait un cavalier qu'elle aimait, un groupe d'amies qui tenaient à elle et des rondeurs qu'elle assumait parfaitement.
C'est pourquoi elle passa l'election à papoter avec Sal plutôt qu'à regarder la brochette de poupée barbie sur la scène. Finalement la couronne se posa sur la tête de Jean Noira et de son cavalier Nicolas Girons. Betty retint un sourire, c'était tellement prévisible. Miss parfaite caché sous trois tonnes de maquillages et une robe miniature avec Messieurs play-boys Je-suis-trop-beau-toutes-les-filles-sont-folles-de-moi.
Elle se tourna vers Sal pour lui faire par de son amusement mais remarqua qu'il n'était plus là. Elle le chercha du regard et finit par le voir, près de la scène. Avec une corde entre les mains. Il tira d'un coup sec dessus et, comme au ralenti, une cascade rouge s'abatie sur le Roi et la Reines du bal. Des cris fusèrent dans toute la salle, des personnes partirent en courant et le demi-dragon qui, Dieu seul savait comment, était passé inaperçu rejoignit Betty avec un large sourire.
La jeune femme leva une main, prête à le frapper quand une conversation qu'ils avaient eut lui revint en tête :
«Sa...Sal, c'est quoi le titre du livre qui est une réfèrence en matière de bal ?
-Carrie, de Stephen King, ils disent aussi que c'est un maître, le meilleur dans son domaine, répondit Sal, satisfait de son travail mais un peu curieux du fait qu'il avait été le seul à penser au baquet de sang. »
Betty écarquilla les yeux avant d'éclater de rire. Dans le gymnase désormais vide elle se plia en deux et laissa ses larmes de joie couler le long de ses joues. Ce n'était pas parce qu'il était « trop canon » ou « super galant » qu'elle aimait autant Sal mais à cause de ses gaffes. Ces petits riens qui montraient qu'il faisait tous pour s'habituer à la Terre. Se levant sur la pointe des pieds elle déposa un baiser sur les lèvres du dragon.
Elle n'était peut-être pas Miss parfaite mais elle au moins n'était pas couverte de sang. Elle n'était peut-être pas Miss parfaite mais elle savait que la Terre n'était pas le seul monde dans l'Univers. Elle n'était peut-être pas Miss parfaite mais elle au moins elle avait trouvé l'amour.
Main dans la main ils quittèrent la salle en silence, enfin si on oubliait les gloussements de Betty en repensant à la scène.
Alors? Vous en pensez quoi?
