Salazar et Godric, compagnons chevaliers !

Salazar Serpentard et Godric Gryffondor partent sur les routes défier tous les dangers pour la gloire et la fortune !… Enfin, s'ils ne s'étripent pas mutuellement avant d'y arriver…


Disclaimer : Sainte JK Rowling, mère exclusive de Salazar et de Godric, priez pour moi, Frudule, qui ne possède que Saucisson le charismatique, Gwendoline le serpent à la broche, Matthiole à la forte voix, Manuel Draps mouillés le lâche gobelin et Nono la gourde moineau, maintenant et pour toujours. Pour les siècles des siècles. Ainsi soit-il.


Remarque importante : Les pensées intimes (donc non prononcées…) de Salazar Serpentard sont en italiques
Réponse aux reviews : Pas de réponse, donc ! A plus le droit !

J'espère que vous avez tous reçus vos petits reply bien comme il faut, envoyés avec amour. Mais malheureusement la miss Dragonna n'a pas laissé de mail alors je prends deux lignes pour lui dire un gros merci pour m'avoir lu en entier, que Godric n'est effectivement pas aussi jeune que son état d'esprit le laisser supposer mais que je trouvais ça un peu bizarre que les quatre fondateurs ait le même âge exactement alors… Et quant au slash… Ahaha… Bonne chance avec le véritasérum parce que vous n'obtiendrez rien de moi sans lui !


Note de l'auteur, qui décidément ne peut pas s'en empêcher d'en mettre partout :

Oui, je sais, l'update a été longue ! Plus d'un mois ! Mais après les chapitres sur les gobelins, la barre était haute pour faire quelque chose qui me satisfasse autant… Bon, ce chapitre donc, n'est pas dévoué à l'action. Et il va falloir attendre encore, les prochains sûrement pas non plus. Mais ce n'est pas pour ça que vous allez vous ennuyer, chères lectrices ( j'espère ! Lol !), vous avez droit à un chapitre consacré à une décision importante et aussi quelques souvenirs de notre Sally préféré…


La vie est si vaine en ce bas monde…Des heures de lutte acharnée pour quoi en retour ? Tout ce que l'on peut obtenir finit par être irrémédiablement détruit…

Même dans la vie des futurs maîtres du monde il y a des moments de doutes. Ce jour nouveau en était un pour Salazar Serpentard. Le teint plus blême qu'à l'habitude, il suivait les pas de son compagnon en ruminant de sombres pensées.

Qu'en sera-t-il de mon propre sort ? Combien de temps faudra-t-il pour voir la déliquescence de mes œuvres ? La chute sans fin vers la médiocrité… Peut-être devrais-je m'étendre sur ce rebord de la route… Attendre que la mort, cette faucheuse dans son habit d'ombre vienne à moi… Qu'elle m'accueille de ses grands bras squelettiques ouverts…

« Ca va Salazar ? Tu dis rien ! »

- Je n'ai rien à te dire. »

Gryffondor soupira. Ce confrère qu'il s'était dégoté faisait vraiment tout le temps la tête. Et là, il la faisait encore plus qu'à l'usuel.

La mort…Quand ses os, ses grands et maigres os m'enserreront, le souffle de mon âme sera aspiré vers un autre univers… Une dimension différente… Un autre départ possible… Des horizons qui n'auront sûrement nulle ressemblance avec cette campagne anglaise affreusement laide, bariolée aux couleurs criardes de l'automne nouveau…

Le blond se frotta le menton. Il ne comprenait pas cette attitude. Qu'y avait-il à redire ? Il faisait beau et bon, même si le soleil commençait à se faire moins fort ces derniers temps. De plus, ils étaient presque devenus présentables dans leurs tenues raccommodées. Ils avaient même de l'argent de côté, donc aucun souci à se faire pour les temps à venir. Et surtout, ils étaient enfin sortis de la forêt. Après tant de jours passer dedans, ils commençaient à se désespérer qu'ils y aient autres choses en Angleterre que des arbres. A présent ils marchaient sur un agréable chemin de terre entourés de champs, leurs pas les menant à coups sûr vers la fameuse boutique d'armes où son épée pourrait être reforgé. Lui considérait comme parfaite leur situation actuelle alors forcément la mine blanche et renfermée de l'autre l'intriguait.

« T'es fatigué peut-être ?

- Non. »

Peut-être cet autre monde serait forgé à mon image…Il y aurait mon royaume… où vivraient mes fidèles sujets… Mes serpents…Beaucoup de serpents…Oui, vraiment beaucoup de serpents…

Godric ne renonça évidemment pas si facilement, hélas pour la tranquillité du mage.

« Tu veux manger un truc alors ?

-Non.

- Je te jure, t'es bizarre, tu parles pas ! Remarque c'est vrai que d'habitude tu parles pas non plus… Mais là, tu parles encore moins ! J'ai l'impression de faire la conversation tout seul ! Tu n'as rien dis quand je t'ai raconté la fois où j'avais fait un concours de boisson avec un demi-géant ! Et pourtant c'était drôle comme histoire ! »

Le garçon ne fit que se cacher un peu plus derrière sa frange à cette réflexion.

Merlin, cet univers, je le construirais sans le moindre son ! Pas de palabres inutiles et harassantes, non… Le silence… Juste troublé par instant par le doux bruit d'un chaudron en ébullition… Ces bulles qui éclateraient sèchement, tintement glorieux pour ce pouvoir en préparation… Toute cette puissance en attente, cristallisée dans une fiole de verre, réalisées par mes propres mains, pour mes propres mains…

Soudain le chevalier se tourna vers lui et pointant un index révélateur, s'écria :

« Je sais ! Tu es triste parce que l'on a perdu Nono ! »

Salazar lui lança un regard désobligé, contrarié de ce doigt sous son nez.

« Nono ?

- La gourde, quoi !

- Nono… »

Il secoua la tête de pur dépit.

Son camarade fut ému devant la peine qu'il croyait lire dans ce geste. Il proposa gentiment :

« Tu veux qu'on aille la rechercher ? C'est vrai que ça fait sacrément revenir en arrière, vu que ça fait quand même plein de jours qu'on marche mais si ça te rend comme ça…

- Je n'en ai rien à faire de cette…chose… » Répondit-il avec morgue « Tant mieux si elle est partie agoniser ailleurs. »

La bienheureuse… Elle doit déjà avoir fait le grand voyage maintenant ! Son esprit doit reposer dans la plénitude glacée d'une grotte sombre où la seule lumière de l'extérieur donne aux aspérités des murs le même reflet organique que le chaud intérieur d'un estomac…

Godric retira poliment son béret à cette annonce macabre.

« Ouais, tu dois avoir raison… Elle a du mourir. C'est triste quand même. »

Une caverne sombre et tranquille. Perdue au milieu de terribles marécages où n'osent s'aventurer les pleutres… J'y règnerais en ces lieux comme un maître absolu, je commanderais ces habitants, je serais le seul à connaître chaque détail de cette nature hostile et pourtant si riche…

Le blond décida que l'heure était à une oraison funèbre pour ce-qui-fut-un-moineau. Il prononça sentencieusement :

« C'est vrai qu'elle était bizarre cette gourde mais je l'aimais bien. C'était marrant quand elle faisait glou-glou en s'agitant ! »

Puis reprenant son optimisme habituel, il s'interrogea ensuite :

« Tu crois que le gobelin s'est pas trompé en disant qu'il avait vu s'envoler ? Peut-être qu'elle est retournée à la vie sauvage ! »

Maintenant brillait dans ses yeux clairs tout l'espoir d'une nouvelle vie pour cette peau mouvante et difforme. Un retour aux sources était-il possible pour l'œil unique et les serres atrophiées de cette nourrice contre-nature qu'il avait crée ?

Le fourchelangue, lui, n'écouta même pas et se le demanda d'autant moins.

Je serais le mage sombre imposant sa loi… J'aurais droit de vie et de mort sur ceux qui franchiront mes terres… J'imposerais le respect à tous, par mes talents… Ou l'arracherait par la force et la peur !

Godric remit son chapeau et annonça en guise de conclusion :

« De toutes façons, on est des chevaliers, on peut pas se détourner de notre devoir pour une bestiole… »

Il ne s'était pas rendu compte qu'il venait, par cette simple phrase, de sonner le glas des fantasmes mentaux du mage.

Et surtout, surtout je ne serais pas chevalier ! Non ! Je n'aurais pas de compagnon, je ne me baladerais pas à travers des stupides collines en pavanant l'image de sauveur du monde ! Argh ! Pourquoi moi ! Je veux retourner dans mes marais !

Ce futur dictateur à n'en pas douter, un vrai maître du monde en devenir, ce génie du mal aux ressources diaboliques sans fin, lui, le mage Serpentard, avait le mal du pays…

Il n'avait pas bougé de son repaire durant des années et désormais il se retrouvait soudainement face à l'étendu de la campagne et aux horizons dégagés des vastes landes. Ce n'était pas seulement le décor qui le troublait mais surtout le fait de croiser en quelques lieues plus de personnes qu'il n'en avait jamais vu de sa vie entière. Dont certaines qu'ils n'auraient jamais voulu rencontrer.

Le chevalier lui montra d'ailleurs une silhouette au loin :

« Il y a un type là-bas ! Tu crois qu'on lui demande si c'est la bonne direction pour la boutique? Ca fait plus de quatre heures qu'on marche, on aurait déjà y arriver… Remarque, vu d'ici je ne sais pas si c'est un magicien ou pas. Mais peut-être qu'il saura. »

Je veux mes marécages…Là où il n'y a pas ces horribles moldus poisseux et dégoûtants qui s'amusent à nous faire faire des détours de plusieurs jours, à nous perdre un peu plus à chaque indication pour que nous soyons sûrs de ne jamais trouver ce maudit commerce d'armes !

Malgré les grands signes chaleureux que fit Godric pour essayer d'attirer le paysan en question vers eux, le plan échoua.

« Oh, zut, il s'est tiré en nous voyant… Je comprends pas pourquoi !

- Parce que nous ressemblons à des mendiants, cela me semble une hypothèse juste...

- Mais on a plus de trous dans nos habits ! Ils sont difficiles aussi ! Pas besoin d'or et de soierie pour être chevalier quand même ! »

Retourner à ma vie d'avant… M'adonner aux joies les plus simples comme persécuter les visiteurs égarés… Lire un bon livre de magie noire… Faire manger des champignons toxiques à des rats pour voir ce que cela leur fait…

Le grand sorcier s'énerva un peu :

« Je le savais ! On aurait du transporter un des gobelins avec nous pour qu'il nous indique le chemin ! Zut ! Le seul qui était encore à peu prés présentable on aurait pas du le laisser pour qu'il puisse guérir les autres finalement… M'enfin… Fallait bien aussi le laisser guider la troupe jusqu'au manoir de ma famille…

- Vu les indications que tu lui as laissées, je doute qu'ils parviennent un jour à destination…

- Ben quoi ! C'était très clair ! »

- Limpide… Aussi limpide que le fait que nous sommes complètement perdus… Que cette journée constitue notre quinzième jour de marche pour parcourir une distance qui ne devait être que de cinq lieues… Que nous avons épuisé nos vivres… Que tout le monde nous méprise comme de véritables vagabonds… »

Et qu'à ce rythme nous n'atteindrons pas la capitale avant une vingtaine d'années… Que mon avenir est complètement brisé… Que je ferais vraiment mieux de m'allonger sur le sol et patienter jusqu'à ce qu'un dragon excentrique ayant décidé de migrer face une halte juste à l'emplacement de mon corps, m'écrasant de tout son poids, provoquant ma mort instantanée. Vu la chance que j'ai en ce moment, je suis sûr qu'il est déjà en route… Et à tous les coups il va me rater de peu, me briser seulement les jambes et me laisser agoniser dans un bain de sang… Snif…

« C'est pas grave ça ! Et on va finir par trouver ! De toutes façons, on a de l'or, on peut toujours aller dans une auberge faire des réserves!

- Hors de question. »

Quinze jours de déambulation et tout autant de temps passé pour Salazar à refuser de mettre le moindre pied dans une taverne. Pour préserver aussi bien son pauvre crâne que ses économies.

« Mais allez ! Pourquoi tu veux pas aller boire un petit verre ! On a plein d'or à dépenser !

- Non. On doit épargner.

- T'es une espèce de rabat-joie, toi ! »

Non pire, en fait je suis déjà mort et mon purgatoire consiste à être éternellement perdu sur un chemin accompagné de Gryffondor ! Si seulement j'étais encore chez moi !

Godric s'arrêta soudainement pour pousser un grand cri d'exclamation en le montrant à nouveau du doigt :

« Attends ne me dis pas que… »

Il se mit à rire en se tapant sur les cuisses. L'autre continua son chemin sans s'arrêter, mirant ses pieds.

« Rho ! J'y crois pas ! Tu fais encore la tête pour ça !

- Je ne fais pas la tête.

- Incroyable ! Tu tires la gueule tous ces jours-ci rien que pour ça ! Ahaha !

- Je ne fais pas la tête et tais-toi, tu m'ennuies.

- Oh quel gamin ! T'as l'air mature comme ça mais en fait… T'as bien la tête de ton âge ! »

Le chevalier le rattrapa et lui frotta le dessus du crâne en rigolant un peu plus.

« Ne me touche pas ! » Il vira brutalement le bras de l'autre « Et avant que tu me rappelles à ma jeunesse, je me permets de te signaler que je ne me sens pas obligé de chanter des chansons paillardes en marchant, moi !

- Quand même, se mettre dans des états pareils… »

Le garçon aux cheveux noirs répondit, la voix crispée :

« Je ne suis dans aucun état à la fin ! »

Son camarade ne fit cure de sa remarque et continua dans un soupir amusé :

« Tout ça parce que t'as perdu au squash-gobelin !

- JE N'AI PAS PERDU ! »

Je ne perds pas ! Jamais ! Ce n'est pas vrai !

« Si t'as perdu ! » Godric se mit à chantonner « Tas perdu, t'as perdu, t'as perdu ! Et pas mooooiii ! »

Salazar sentit se réveiller quelque chose en lui qui n'avait rien de dépressif. De la haine. De la rage. De l'envie de faire mal.

Il se contrôla la plus possible et dans une phrase un peu hachée, réfuta :

« Si tu avais compris les règles du jeu, tu saurais que j'ai gagné avec deux points d'avance. Mais pour cela il aurait fallu que tu saches faire une addition des points de scores et je doute que ton pauvre petit cerveau, cher compagnon troll, soit à la mesure d'un tel acte. »

Le visage du blond tourna instantanément au rouge vermillon.

« Tu es d'une telle mauvaise foi, Salazar, tu mériterais que je te remontre en vrai comment MON gobelin a détruit le TIEN d'un plaquage bien senti ! Peut-être que le nez dans la poussière, tu avouerais plus facilement combien ta défaite a été lamentable !

- Si tu imagines seulement pouvoir m'impressionner avec tes menaces, je ne saurais alors décrire la profondeur de ta méprise ! Un perdant reste un perdant et ce n'est pas le gouffre entre tes deux oreilles qui me donnera assez de pitié pour te faire croire que tu as vaincu à ce jeu ! Deux points, deux ! »

Le chevalier revissa son béret et d'un air féroce, répliqua :

« T'inquiète pas, moi j'ai assez de pitié pour te laisser gentiment gagner la prochaine fois, mon petit ! Histoire d'éviter de gâcher ta joie pour les quinze jours suivants ! »

Il vexa franchement son interlocuteur, lequel détestait qu'on puisse avoir une quelconque idée de ses humeurs.

« Comment pourrais-je seulement avoir quelques allégresses avec une telle… » Le fourchelangue fit une grimace de dégoût profond « Une telle compagnie que la tienne ! »

Godric fut blessé par la remarque et il s'irrita d'autant plus.

« Non mais dis-le si je t'énerve !

- TU M'ENERVES !

- AH T'ES ENERVE MAINTENANT ! BEN FAUDRAIT SAVOIR CE QUE TU VEUX ! AVANT T'ES DEPRIME ET LA, T'ES ENERVE ! ET C'EST QUOI LE MIEUX ? »

Salazar ne dit rien.

« REPONDS ! T'AURAIS PREFERE QUE JE TE LAISSE MOISIR COMME CA OU QUOI ! »

Je sais bien qu'il ne parle pas des marais mais… Je ne peux m'empêcher d'y penser… Etait-ce une bonne idée de le suivre pour devenir chevalier après tout ? Maintenant que j'ai un peu d'or en avance, ce serait sûrement mieux de partir sur-le-champ chacun de son côté.

La colère du chevalier désenfla devant le manque de réaction de l'autre.

« Salazar… Fais pas cette tête… Dis quelque chose…»

Le mage regarda son camarade qui avait l'air à présent peiné.

Il vaut mieux arrêter dés à présent je crois.

Il allait se décider à parler mais tout à coup une voix s'éleva derrière eux :

« Ca me rappelle notre jeunesse dis donc ! Moi aussi je pouvais pas rester en colère quand tu faisais la moue ! Tu te souviens, hein ?

- Grmmphh. »

Deux sorciers assez âgés, hissés sur une carriole remplie à ras bord et tirée par un âne bizarrement frisé, les regardaient. Celui qui avait parlé, le conducteur, était un homme entièrement chauve, si l'on exceptait une mèche de cheveux qui faisait le pourtour de son crâne en partant de la tempe. Cette absence capillaire le vieillissait prématurément mais il avait tout de même bonne allure par rapport à celui qui avait grogné sa réponse.

Ce dernier était marqué par deux plis d'amertume qui sillonnaient de chaque côté de sa bouche, lui creusant deux bajoues impressionnantes. Mais le plus remarquable était encore ses lobes d'oreille démesurément grands qui affirmaient franchement le côté canin de son visage.

« Bonjour les jeunes ! Alors qu'est-ce que vous faites à vous disputez en plein milieu du chemin ? Vous gênez ! »

Lord Serpentard aurait bien envoyé paître ces deux inquisiteurs de première mais ce fut Godric qui répondit :

« Ben on cherche la boutique d'arme de Flegmon le trublion. C'est un gobelin. Et on trouve pas du tout.

- Ah ben vous en êtes drôlement loin, là ! »

Avant de quitter définitivement cet horglup exaspérant qu'est Gryffondor, penser à le « remercier » pour son sens de l'orientation hors pair…

« Grmmpff »

Le vilain compère fit un signe de la tête pour leur dire de grimper avec eux sur la charrette.

« Ahhh, t'es vraiment trop gentil Polydore… Mais je suppose qu'un peu plus ou un peu moins de poids va pas beaucoup nous changer… Allez, venez, c'est notre direction. »

Le blond lâcha un petit cri de joie, se retourna vers le brun en disant « Je te l'avais bien dit qu'on y arriverait » et grimpa sans plus attendre. Il ne laissa pas le temps à Salazar de tergiverser, il l'attrapa brusquement et le souleva jusqu'à l'intérieur.

Mais !

Ce dernier lui donna un coup de coude de protestation mais ne chercha pas à descendre de l'attelage. De toutes façons, il avait déjà assez de mal à tenir en équilibre entre toutes les malles et les coffres pour se risquer à des acrobaties.

« Grmmm ? »

Ne parlant visiblement qu'en onomatopée, le dénommé Polydore scruta de l'œil le pommeau d'épée pendant à la ceinture de Godric. Ce dernier répondit avec verve :

« Ouais, j'aimerais faire réparer ma lame en fait et j'ai pu voir que ce gobelin-là faisait du bon boulot alors mon compagnon et moi, on voulait trouver son commerce ! Mais je crois qu'on s'est un peu perdu en route en fait ! »

Un peu ? Un peu ? Merlin, quinze jours de marche !

« Vous êtes chevaliers ? »

Leur chauffeur et son unique mèche sembla soudainement intéressé.

« Oui, monsieur ! Lui c'est Salazar Serpentard et moi c'est Godric Gryffondor ! »

Comme si je n'étais point capable de me présenter tout seul !

« Gryffondor ?

-Grrrmmph ? »

Le garçon vit le visage de son acolyte se décomposer à grande vitesse.

« Gryffondor ? Comme Le Gryffon, le haut commissaire de la Table Ronde ? »

Le blond tenta un sourire mais il ne réussit qu'à faire naître une vague contorsion amère sur sa bouche.

KsssKsss… L'évocation de ton brillant paternel te donne toujours mauvais teint, pauvre petit lion…

« Ouais, comme lui… Je suis son fils… »

Les deux vieux parurent soudainement beaucoup plus enthousiastes.

« Ah ben ça alors t'entends ça, Poly ? On est avec le fils du grand Gryffon !

- Grmmphh !

- On admire beaucoup votre père, jeune Godric !

- Grmmphh !

- C'est un véritable exemple pour tous les chevaliers !

- Grmmph ! »

Ksss… La tête qu'il fait… Un régal… Oh oui, il a vraiment l'air d'apprécier les compliments qui ne lui sont pas dédiés ! KsssKsss…

« Que je nous présente quand même ! Je suis Hildevert Ollivander et lui c'est Polydore Ollivander aussi. C'est mon cousin. Nous aussi on est, enfin plutôt on était, des chevaliers !

- Non, c'est vrai ?

- Et comment ! Les Baguettas qu'on nous appelait ! On a eu notre petit succès un temps, ah pas comme votre père, c'est sûr, mais on a bien lutté, hein, Poly ?

- Grrmmph… »

Le mage remarque à l'instant qu'il manquait trois doigts d'une main au grognard et déglutissant, il se demanda s'il avait vraiment eu toute sa tête lorsqu'il avait accepté d'entrer dans la chevalerie.

« Dites voir… » Godric tapota la bouche de son index « Vous seriez pas de la famille de ceux qui tiennent la boutique de baguettes à la capitale, là ?

- Grmpphh !

- Oui… On s'est reconverti… Pfff, on devient vieux. On est retourné au commerce de famille du coup…Là on part installer une nouvelle succursale Ollivander en fait. »

Salazar trouva le moment importun pour sortir sa baguette en arc de cercle et demander conseil. Les deux magiciens le regardèrent avec des yeux exorbités, choqués au plus haut point par la forme inhabituelle qu'elle avait adoptée et l'un des deux sortit même un « Grrmff ! » particulièrement hargneux.

« Mais qu'est-ce que vous y avez fait ?

- Léger incident, dira-t-on.

- La mienne, c'est pas mieux ! Vous sauriez réparer ça ? »

Le blond montra la moitié brisée de sa baguette et le garçon recula, pensant que le sorcier aux gros lobes allait se mettre à aboyer.

« Ben vous êtes une sacrée bande tous les deux ! Vous vous baladez sans baguette et sans armes et vous vous dites chevaliers ! Ha ! Vous feriez quoi en cas de danger ? La farandole pour distraire vos ennemis ? »

Les deux concernés froncèrent les sourcils au même moment. Le fourchelangue parla le premier, de son ton le plus antipathique :

« Sachez pour votre gouverne que notre manque de matériel n'a en rien handicapé notre dernière Quête Glorieuse…

- Ouais, c'est bien vrai ! Tous les gobelins des bois, hop ! Hors d'état de nuire !

- Alors je ne saurais trop vous conseiller que de ne plus nous sous-estimer à l'avenir...

- C'est clair ! » Conclut Godric en croisant dignement les bras.

Les deux Ollivander se regardèrent, un peu ahuris et se mirent à rire au même moment.

« Et ben mes aïeuls ! Vous êtes vraiment pareils que nous dans notre jeunesse ! Fiers comme des coqs ! »

Polydore renifla un coup et indiqua à son cousin la cargaison du menton.

« D'accord, prends les rênes, je vais voir ce que je peux faire pour eux ! Vous avez de quoi payer au moins ?

- Ouais, largement. »

Quel imbécile ! Ce n'est pas comme cela que nous obtiendrons de bon prix !

Hildevert, satisfait du commentaire qui laissait présager une bonne affaire pour lui, passa le commandement de l'âne et grimpa à l'arrière.

« Montrez-moi votre baguette, chevalier Godric ! Ah… Non, je peux plus rien faire pour elle ! Il va vous en falloir une nouvelle ! Voyons voir… Bois de Houx… Bien pour la force, ça…. Et apparemment… Un ventricule de dragon ! Noir des Hébrides même ! Féroces ces bêtes là… »

En soupirant, il tapota son pied qui résonna étrangement. Il était fait de bois.

Je ne veux pas être chevalier, je ne veux pas être chevalier, je ne veux pas être chevalier

« Ouah ! Vous êtes trop fort, vous avez bien deviné ! C'est tout à fait ça !

- C'était la vôtre ou celle de votre aîné ?

- La mienne. »

Le magicien remit en place le peu de cheveux qu'il lui restait, un peu déçu de ne pas avoir pu manipuler l'arme du Gryffon en personne.

« Je dois avoir la même chose dans ces malles… »

Il se mit à ouvrir et fouiller profondément dans un des coffres, rempli à ras bord de baguettes jetées en tas.

« Essayez celle-là. »

Le blond fit deux trois arabesques mais rien ne se produisit d'autres que quelques faibles lueurs.

« Alors… Là ! La voilà ! Celle-ci est la bonne, j'en suis sûr ! »

Godric se saisit d'une nouvelle baguette assez longue et un flot d'étincelles rouges s'échappa aussitôt de la pointe. Un sourire se vissa à ses lèvres et, ne cessant d'admirer les éclats de lumière vives, il commenta :

« Impeccable ! Même mieux que l'ancienne, je crois ! J'en ai des fourmis dans les doigts !

- Evidemment ! On ne tient pas une boutique depuis 382 avant J.C en étant incapable !

- Grmmphh ! »

La fierté des Ollivander ne s'est pas vraiment estompée avec le temps il semblerait…

« Bon passons à vous, jeune… Salazar, c'est ça ?

- Oui.

- Alors votre baguette… A changer aussi. Impossible de la remettre droite sans abîmer l'élément magique ! Vous l'aviez aussi acheté en magasin ? »

Le lord se concentra pour rester parfaitement de marbre.

« Non. Elle n'était point à moi au départ. »

Mais j'en ai pris possession…Je l'ai fait mienne… Quel vieux souvenir…

« Voilà qui ne va pas faciliter la tâche… C'était une baguette classique, bois de hêtre et crin de licorne… Bon, on va commencer par la même alors ! Tenez. »

Il la prit dans ses mains et ne sentit pas le moindre flux magique se répandre en lui.

« Non.

- C'est étrange… Vous vous en serviez au moins ?

- Evidemment.

- Si c'était une baguette de famille, il aurait du se passer quelques chose avec un tel équivalent… Enfin… Je vais chercher autre chose… »

Pendant qu'Hildevert fouillait toutes ces affaires et récupérait diverses baguettes, que Polydore conduisait l'âne et que Godric s'extasiait devant les gerbes colorées qu'il arrivait à produire avec son nouvel achat, Salazar se pencha sur le morceau de bois courbe posé dans ses mains.

Je me souviens… Cela fait des années… Peut-être était-ce la première chose que j'ai faite en arrivant dans les marais… Je l'ai épié, longtemps… Des jours et des jours… Ce vieil ermite qui se prenait pour un mage noir… Je l'ai fait suivre par mes fidèles serpents partout où il allait sans qu'il ne se rende compte de rien… Maintenant, je me souviens bien, la première fois que j'ai aperçu sa grotte… Si confortable par rapport aux endroits où je me réfugiais pour dormir… Que j'ai vu tous les chaudrons qu'il avait en réserve et toutes ces fioles…Je voulais tout cela…Pour moi…Je savais qu'avec, je ferais bien mieux que lui ! Plus terrible, plus secret ! Je savais que je méritais plus cette place que lui ! Cet espèce d'ours empoté ! Et je l'ai prise, cette place, oh oui ! Ksss… Je me demande quel effet cela a du lui faire, se sentir agoniser par la morsure conjuguée d'une dizaine de serpents sous le regard d'un petit garçon… Combien il a du enrager de me voir prendre sa baguette de ses mains tremblantes de douleur… Et m'observer commencer à réorganiser son atelier avant même que la mort ne lui voile les yeux… KssKss… Les marécages étaient faits pour moi… Je les ai conquis ! Et je me suis battu tant d'années pour pouvoir être le seul à en profiter ! C'était ma propriété ! Pourquoi faut-il qu'ils aient disparus ? J'ai tout perdu…Et je n'ai plus nulle part où aller…

« Alors alors… » Ollivander avait amassé plusieurs sortes de baguettes et s'apprêtait à lui faire toutes essayer « Voici une en chêne et ventricule de dragon. »

Il s'en saisit avec conviction mais le test fut nul.

« Toujours pas

- Licorne et frêne ? »

La nouvelle baguette était bien blanche et assez courte mais tout aussi inefficace dans ses mains.

« Rien.

- Bouleau et plume de phœnix. »

Une étincelle faible daigna se manifester.

« On va rester sur le phœnix alors… Testez ces trois-la. »

Le brun s'exécuta, prenant chacune tour à tour avec concentration. Aucune ne convint. Il sentait un peu de découragement le prendre et il n'était pas le seul. Hildevert se gratta la tempe, au grand malheur de son unique atout capillaire devenu rebelle sous l'ongle.

« Grmmphh.

- Tu crois ?

- Ggrmmfff.»

Le magicien suivit les conseils marmonnés et se jeta en entier dans les bagages, disparaissant presque entièrement dans le tas. Il expulsa violemment tout ce qui se trouvait sur son passage pour aller chercher au fond une caisse minuscule.

Il revint à la surface s'asseoir de façon un peu précaire et ouvrit avec précaution la boîte. Il dévisagea son client.

« Polydore a l'air de penser qu'il vous faut une baguette un peu rare… M'étonne pas… Vous avez la tête de quelqu'un de pas facile… »

Godric se moqua en confirmant les dires. L'autre envisagea tous les petits sorts charmants à lui faire subir s'il jamais il se trouvait une arme efficace.

D'un ton pincé, on lui tendit une nouvelle baguette en précisant :

« Plume de phœnix et bois d'if. Par respect, je ne préciserais même pas pour quel genre de magie on utilise ces baguettes en général… »

Quelle discrétion…

Deux iris bleus le dévisagèrent avec un mélange évident de méfiance et de colère qui ne présageait rien de bon.

La baguette réagit bien plus que toutes les précédentes, au grand dam du mage. Heureusement pour lui, il fut sauvé par un miraculeux « Grrmphhh ».

« Oui, on peut mieux faire, je suis d'accord. »

Les yeux pâles se firent moins ardent mais l'ombre de la suspicion n'y passa pas tout à fait.

« Sureau et phœnix »

Salazar prit la baguette avec un peu d'appréhension et sentit une drôle de gêne à son contact.

« Là, c'est la plume qui ne va pas… Mais je n'en ai pas d'autres du même genre… Bon, il n'en reste qu'une ! Bois de lierre et plume de phœnix donc ! »

A l'instant même où le garçon s'en saisit, une vague de chaleur se propagea dans sa paume, dans son bras, dans tout son corps. Un frisson le parcoura de la tête au pied et il fut soudainement pris d'une folle envie de s'ébrouer. Comme si toute sa magie intérieure venait de se réveiller d'un coup, il avait l'impression d'être devenu beaucoup plus sensible à tout ce qui l'environnait par le simple fait de la tenir contre lui. Il était soufflé.

Alors c'est donc cela, la symbiose que l'on ressent avec une baguette à sa mesure ! Quelle sensation !

« Aha ! Gagné ! C'est bien la première fois que je vois quelqu'un à qui un mélange aussi spécial sied parfaitement ! Vous êtes vraiment pas un cas classique, vous ! »

Le garçon aux cheveux noirs resta de marbre face à la remarque mais intérieurement, il se réjouissait.

Bonjour ma baguette… Toi et moi, nous allons sûrement faire de grandes choses…Ksss…

Le magicien Hildevert rangea toute sa marchandise avec l'air satisfait de quelqu'un qui va saler une note de frais.

« Ggrrrrmph…

- Hein ? Non, ils seraient pas si stupides de faire ça quand même ! Où est-ce que vous rangez vos baguettes d'habitude les jeunes ?

- Dans ma ceinture, monsieur.

- Dans ma botte ou ma ceinture également.

- Rholala, j'ai rien dit, ils sont stupides ! Et inconscients ! Votre ceinture ? Non mais vous voulez finir avec le ventre grillé ? Des bons à rien, ouais !

- Grmmphh…

- Oui, oui, je sais, je leur sors des étuis à ces incapables ! »

Ollivander repartit à la recherche de quelque chose dans ces malles et dénicha deux brassards de cuir. Il les attacha lui-même sur les deux hommes.

« A mettre sur les avants-bras et nulle part ailleurs ! Idéal pour dégainer rapidement, rangement protecteur pour votre baguette. Ca vous sauvera pas de votre nullité mais bon… »

Le chauve se remit finalement à l'avant en enjambant maladroitement les deux passagers un peu déconfits par les insultes. Puis il tourna un visage souriant vers eux et conclut :

« J'ai très envie d'entendre votre histoire de gobelins, jeunes chevaliers, mais d'abord payez ! »

La note était plutôt élevée ce qui laissa Godric indifférent et Salazar dépité. Surtout quand les vendeurs se permirent d'ajouter :

« Ah ben quand on a besoin d'une baguette aussi spéciale aussi ! Ca coûte cher !

- Grrmmphh ! »

Je rectifie ce que j'ai dit : toi et moi, la baguette, on va faire de grandes choses, c'est certain ! Au prix auquel tu es !

Gryffondor se mit ensuite à narrer leurs précédentes aventures avec tout l'entrain qu'il mettait habituellement à raconter, c'est à dire avec force mouvement de bras et mimiques énergiques de l'action décrite. Les magiciens spectateurs apprécièrent. Son compère de bataille se permit quelques remarques ironiques au fil du récit et surtout, il se surprit à rire plusieurs fois en y repensant. La guerre civile qu'il avait provoquée chez les gobelins était encore plus ridicule et amusante avec le recul. Leurs peines sans pareilles quand il les avait finalement réduits en esclavage, cela lui procurait toujours un formidable sentiment de supériorité et ce alors qu'il n'avait plus à présent le spectacle de ses ennemis dominés sous les yeux. Même la façon pitoyable dont ils s'étaient d'abord fait capturés et les coups qu'il avait reçus lors de sa rosse ne l'assombrissait plus, il était désormais guéri et surtout, il avait fini par vaincre. La victoire. C'était là une sensation incomparable à ces yeux.

C'est vrai, c'était… bien…Cela m'a plu… Mais est-ce que cela veut vraiment dire que je dois poursuivre dans la voie de la chevalerie ? Je ne sais pas… Je suis tellement plus doué pour les potions que pour me battre, ce serait sûrement du temps perdu…

Quand vint le moment d'exposer en quoi avait consistée leur partie de squash-gobelin, le détail des règles et le déroulement de la partie, évidemment, les deux chevaliers finirent par se disputer.

« T'as pas gagné Salazar !

- Si ! De deux points !

- Nan !

- Si !

- Nan !

- Si !

- NON JE TE DIS !

- BIEN SUR QUE OUI ! »

Ils dégainèrent leurs armes au même moment mais ne purent les étrenner. Les vendeurs venaient de les pointer au visage de leurs propres baguettes dans un réflexe surprenant de rapidité.

« Non mais vous voulez faire tous nous exploser ou quoi ! On transporte des centaines d'éléments magiques là !

- Grrmphh ! Grrrmphhh !

- Va falloir apprendre à vous calmer un peu tous les deux ! Vous avez peut-être gagné une fois mais vous croyez que vous tiendrez longtemps face aux ennemis en vous disputant sans arrêt ! »

L'aîné s'époumona littéralement en agitant nerveusement sa baguette.

« Vous devez être soudés pour vaincre ! Tout seul vous n'arriverez à rien ! A rien du tout ! »

Sa voix dérailla et se fit subitement amère

« J'aurais aimé le comprendre plus tôt… »

Hildevert regarda son pied avec un dépit sans pareil. Son cousin lui tapota l'épaule des ses doigts restants et le consola d'un « Grrmphh » amical.

Mais moi je n'ai besoin de personne ! Je m'en suis toujours sorti tout seul ! J'avais à peine onze ans quand je me suis retrouvé dans les marais et pourtant, j'ai survécu ! Ce n'est pas maintenant que je vais me reposer sur quelqu'un ! J'arriverais à combler toutes mes ambitions, seul !

Malgré la haute considération qu'il avait de lui-même et la certitude sur ses capacités sans pareilles, quand l'éclopé marmonna entre ses dents « foutu orgueil », Salazar se sentit légèrement mal à l'aise. Il se renferma dans une attitude glacée et ne parla plus.

Le temps passa, long, dans un silence collectif dérangeant. Puis le voyage prit fin en ses termes :

« Ah ! On est arrivé ! Stop bourricot ! »

Une échoppe vide, de bois vermoulu, situé dans un petit village composé d'une dizaine de maisons les attendait.

Godric sauta hors de la carriole et s'étira longuement. Il proposa :

« On vous aide à sortir les malles ? »

Toujours à jouer les bons samaritains, n'est-ce pas ! Ce ne sont pas nos affaires !

« Grrmphh !

- C'est pas de refus !»

Les déménageurs improvisés se virent proposer en retour de leur assistance le gîte et le couvert pour la nuit. De quoi faire taire même la plus petite voix râleuse du Serpentard au sujet de la trop grande bonté de son camarade.

Lors du repas ce fut au tour des anciens chevaliers de narrer leurs aventures, enfin surtout pour l'un des deux, l'autre grognassant par moment pour rappeler un détail.

Une fois de plus le mage participa à l'échange avec intérêt.

Il est vrai qu'une vie à parcourir les routes et affronter les dangers semble passionnante mais mon but n'est pas de finir boutiquier ! Je veux le pouvoir ! L'obtiendrais-je plus en retournant à mes activités de potion que je maîtrise si bien, à l'écart de tous ou en combattant ceux qui auront choisi, eux, la voie de la magie noire ? Que faire…

Cette interrogation resta lourdement ancrée dans son esprit des heures durant et, absorbé, il se ferma aux autres pour le reste de la soirée. Il y pensait encore au moment de dormir. Il ne trouvait pas le sommeil, harassé de ne pouvoir prendre une décision ferme quant au chemin à prendre pour accomplir sa destinée.

Alors que tout était déjà sombre dans la pièce où les deux avaient été invités à se reposer, une lueur surgit soudainement dans le noir.

« Lumos ! Salazar, tu dors ?

- Non. »

Des ombres gigantesques s'étalèrent sur tout le pourtour de la chambre et le jeune homme sentit la nostalgie de sa grotte le reprendre.

« Tu sais pour tout à l'heure… Je me suis un peu énervé… Enfin… Je voulais pas t'embêter quoi… Tu fais plus la tête, hein ?

- Je ne faisais pas la tête, Godric. C'est juste que… » Il soupira, décidant de lâcher un demi-aveu « C'est juste que je n'aime pas quand je ne sais pas où je vais. »

Le blond émit un « oh » de compréhension et commença à se frotter le menton dans une réflexion intense. Il resta un moment sans rien dire, juste à s'amuser à remuer sa baguette pour faire s'agiter les silhouettes obscures sur les murs.

« Ben… Si tu veux, on peut se trouver une carte de la région ! On demandera au gobelin demain ! Comme ça, on ira plus vite pour trouver ce qu'on cherche, comme ça on fera plus de Quêtes Glorieuses et on fera plus de victoires du coup ! Ce serait chouette, non ? »

Le garçon se retourna sous son drap et ne dit rien, imitant le sommeil.

Avec le lendemain arriva le temps des adieux avec la famille Ollivander. Hildevert et Godric étaient déjà dehors à s'échanger les meilleurs vœux et au moment où Salazar allait les rejoindre, il fut attrapé par le bras par Polydore. Celui-ci le scruta au fond des yeux et, à sa grande surprise, se mit à lui à parler d'une voix grave et parfaitement intelligible.

« Quand j'étais jeune et que j'en ai eu marre d'aider mes parents dans leur commerce, je me suis mis à tester un peu de tout. J'ai fait de la recherche sur la métamorphose, j'ai écrit de la poésie, je suis entré au gouvernement et j'ai même touché à la magie noire… » Il sourit et ses deux bajoues recouvrirent le coin de ses lèvres « Je regrette aucune des choses que j'ai faites. Tout était intéressant, même si s'en avait pas l'air au premier abord. En tous cas il ne faut jamais abandonner avant d'avoir essayé… »

Les yeux noirs s'agrandirent.

« Et si tu veux l'avis d'un homme qui prend de l'âge, la chevalerie, c'est ce qui m'a le plus servi. J'ai rencontré tellement de gens, vu et vécu tellement de choses, je n'étais plus le même après. J'en suis ressorti… grandi. C'est le mot. »

Hildevert passa la tête à travers l'ouverture de la porte et un sourcil haut levé, dit :

« Encore en train de discuter, Poly ? Quel bavard celui-là ! » Il s'éloigna de nouveau vers le dehors en levant les bras au ciel « Non mais je vous jure, il abuse avec ses grandes sentences ! Jamais on a vu plus beau parleur sur cette terre ! Je ne sais pas comment il fait mais toutes les filles lui tombent dans les bras ! Je me demande pourquoi je reste avec lui, il me fait de l'ombre !

- Grmpphhhhphhh…

- Ah non, ne rigole pas maintenant ! Allez au revoir, les jeunes ! Puissiez-vous devenir des chevaliers célèbres et nous faire de la publicité par l'exploit de vos baguettes !»

Les deux jeunes chevaliers s'éloignèrent en direction du commerce d'armes qui se trouvait à l'autre bout du village. Godric continua à faire des signes de bras vers la boutique pendant un long moment en marchant. Puis il se retourna vers son compagnon et lui demanda :

« Alors, t'as parlé avec messire Poly ? Il t'a donné des conseils de drague ?

- Non, pas vraiment ! Tout de même, je ne l'aurais jamais imaginé comme un séducteur en le regardant !

- C'est clair ! Alors du coup, il t'a dit quoi ? »

Salazar s'arrêta. Son air devint grave. Le blond, interloqué, le regarda, soucieux.

« C'est important ? »

Le regard du garçon obliqua.

« C'est grave ? »

Seule une expiration lourde et peinée lui répondit.

« Mais parle à la fin ! Qu'est-ce qu'il a bien pu te dire ?

- Il m'a dit… Il a dit…»

Il secoua la tête, comme désemparé devant des mots trop difficiles à prononcer. Il releva finalement le visage et, d'un ton décidé, avoua :

« Grmmphh. »

Godric rit aux éclats à l'imitation. Il décida de se venger de cet abus de sa naïveté et se mit à poursuivre son camarade, un poing haut levé en guise de menace.

« Tu vas voir, toi ! »

Le brun leva les paumes en gage d'innocence et, dans sa course, dit en s'esclaffant :

« Mais c'est ce qu'il a dit ! A peu de choses prés !»

Il courut encore et encore, jouant et riant avec celui qu'il avait désormais fermement résolu de suivre : son compagnon de chevalerie, Godric Gryffondor.

Salazar savait bien qu'il conserverait sa vie entière une nostalgie sans pareille pour ses chers marais qui avait été son refuge durant tant d'années.

Mais il n'ignora pas non plus combien son cœur était soudainement devenu plus léger dans sa poitrine en prenant cette décision-là.


Le mot de la fin :

Aujourd'hui, le mot de la fin est d'abord consacré à deux évènements :

Tout d'abord, j'ai finalement réussi à finir mon fanart de Salazar ! Gloire à moi ! Vous pouvez le voir sur mon LJ ( elle se trouve dans mon profil normalement, je vais l'ajouter de ce pas), nom d'utilisateur Frudule

Laissez un petit commentaire, ça me fera plaisir…

Ensuite, si vous avez un peu de temps, allez donc faire un tour sur la merveilleuse communauté rouxattitude, sur Lj aussi, consacré à ce fameux Ronald…

Vous y trouverez plusieurs one-shots de mon crû ( deux sont déjà disponible sur ffnet et je vais peut-être poster les autres si vous le voulez) ainsi que deux fanarts d'ailleurs. Vous pourrez y lire d'autres auteurs talentueux sur ce site, que je ne nommerais pas, manquerait plus qu'elles me fassent de l'ombre !