Disclamer : rien à moi, comme toujours, Oda est le seul habilité à se faire des pépètes avec OP.

Synopsie : il voulait leur montrer à quel point il avait pu changer et quoi de mieux pour ça que de partir, seul, pour cette aventure ? Mais dans ce cas, pourquoi il était là… lui?

Paring : Usopp&Zoro, friendship

Rating : K / K+

Blabla de l'auteure : Selon ma trame, ce chapitre aurait dû être le plus court et il est finalement plus long que prévu ^^ comme quoi, il ne faut jurer de rien.


Chapitre 6

3éme épreuve : La force

« La porte… On partira par la porte. »

Sa voix peu assurée fut couverte par le rire qui secoua la vieille et un doute pernicieux envahit le snipeur. Avait-il signé leurs arrêts de mort ?

Un lourd silence, pesant, étouffant, tomba sur le jeune brun. La tension était telle qu'il se liquéfiait sur place, inondé par la sueur qui suintait de tous les pores de sa peau. Il sentait ses jambes se ramollirent et sa tête commencer à tourner.

Il avait dû se tromper. Ça ne pouvait pas être une réponse aussi facile. Il s'était trompé. Il s'était tué. Pire, il avait tué son ami. Il avait…

Il croisa le regard couleur pierre précieuse de son nakama. Son regard calme, profond. Et sur son visage d'ordinaire impassible, l'esquisse d'un sourire apparaissait. Et sans qu'il cherche à savoir pourquoi, ce tout petit bout de sourire réussit à chasser toutes les peurs et les angoisses qui étaient entrain de lui faire perdre la tête.

Soudain, le rire caverneux et creux de la vieille Cybèle qui résonnait dans la cavité sylvestre, rebondissant contre les parois de feuilles et de bois en des myriades d'échos, tendant ce rire vers l'infini, s'arrêta. Caressant la tête des deux fauves couchés à ses pieds, elle se pencha et elle s'adressa à eux comme s'ils pouvaient lui répondre.

« Atalante, Hippomène, ces deux jeunes gens ont fait preuve de bien plus de jugeote que les deux pourceaux que vous étiez en votre temps. Hahaha, hahaha… »

Les deux félins grognèrent de mécontentement, fixant leur maitresse d'un regard noir, avant de dégager leurs crinières de son étreinte. Eux, grands héros de leur temps, avaient échoués à l'énigme de la vieille Cybèle et maintenant ils payaient leur erreur sous la forme d'animaux sauvages maintenus en laisse. (*)

« Partez mes garçons, partez. Tu as donné la bonne réponse. »

Le soulagement immense qui envahit Usopp à l'annonce du verdict de la vieille déesse lui fit flagorner les jambes à tel point que Zoro du le trainer à moitié pour le faire sortir de cette rotonde étouffante.

Le contact de sa main sur son bras, de la chaleur de cette main qui rayonnait dans son bras, pourquoi cela le réconfortait tant ? Usopp s'interrogea un instant sur l'étrange sensation qui l'habitait avant de décider d'en faire abstraction. Certes, Zoro n'était pas d'un naturel démonstratif mais il était son nakama à lui aussi. Bien que le vert ait toujours semblé plus à l'aise avec Luffy qu'avec lui, ils avaient été à eux trois les tous premiers membres de l'équipage au chapeau de paille.

Zoro entrainait Usopp à sa suite, avançant droit devant lui, certain de ne pas pouvoir se tromper de chemin vu qu'il n'y en avait qu'un seul. Et heureusement car depuis qu'ils avaient mis le pied sur le Chemin de Lune, il se sentait… inutile. Dieu qu'il détestait ce mot ! Inutile, le grand Roronoa Zoro ne servait à rien et ça, ça commençait doucement à le gonfler. C'était quoi cette aventure où il fallait réfléchir au lieu de se battre ?! Avait-il eu comme seul rôle celui de guide pour les mener sur ce fameux chemin ? Dans ce cas, il aurait tout aussi pu laisser l'autre andouille au long pif se débrouiller tout seul.

Il soupira et sentant que son compagnon était plus solide sur ses jambes, le relâcha. Non, il n'aurait pas pu laisser Usopp se débrouiller tout seul car après tout, il était un de ces précieux nakama. Le premier que Luffy et lui avaient rencontré. Le premier qui les avait suivit. Lui, qui n'était qu'un simple orphelin, sans fruit de démon, sans force brute, et qui pourtant les avait suivit sans hésiter. Qui était resté malgré toutes les fois où ils avaient frôlés la mort. Usopp avait beau dire ce qu'il voulait, il était couard, menteur, poule-mouillée mais courageux à sa manière.

« Merci… »

La voix d'Usopp, basse, presque un chuchotement, perça le silence qui s'était installé entre eux depuis qu'ils marchaient dans ce tunnel tout juste assez large pour les laisser marcher cote à cote.

« Je t'ai juste trainé derrière moi car tu semblais incapable de faire un pas.

- Je ne parlais de ça… pas seulement… je suis juste content que tu sois là avec moi. »

Ils s'étaient arrêtés au milieu du chemin en parlant et Zoro, après un rapide sourire, tapota l'épaule du sniper avant de continuer à avancer. Il avait bien fait d'accompagner le brun finalement, sinon, il ne sera pas allé bien loin. Parfois, il suffisait juste d'être là pour aider quelqu'un. Pas besoin de tailler en pièce, pas besoin de se battre, juste… être là. Et bizarrement, ça le réconfortait.

Il poussa d'un coup d'épaule la porte qui se trouvait au bout de ce corridor et resta un instant abasourdi. À coté de lui Usopp laissa échapper un petit sifflement avant de faire quelques pas prudent dans l'immense salle dans laquelle ils venaient de déboucher. Zoro lui emboita le pas, déambulant entre les blocs de pierres parfaitement carrés qui parcouraient la salle. Après avoir fait le tour chacun de leur coté, ils se rejoignirent au centre de l'immense pièce, un air soucieux sur leurs visages.

« T'as vu une sortie ?

- Non…

- Ça va être quoi cette fois ? Encore une énigme ou un jeu de mot à la con, demandé par une vieille peau ?

- Tu ferais mieux de surveiller ton langage si tu veux que la 'vieille peau' ne nous fasse poireauter des heures ici.

- Tch ! »

Zoro se détourna, énervé. Énervé d'être ici, énervé de ne rien pouvoir faire, énervé d'être énervé pour ça. Il s'affala contre un bloc et croisa les mains derrière la tête, bien décidé à faire un de ses petits roupillons express qui remettent la tête à l'endroit. Usopp suivit son exemple et s'assit à même le sol lui aussi, calé contre un bloc près de celui contre lequel avait prit place l'épéiste.

Avec un soupir, il laissa sa tête reposer contre la pierre froide et son regard errer vers le plafond de la salle. Il fut un instant intrigué par l'étrange structure de la pièce avant de fermer doucement les yeux, bercé par la respiration lente et légèrement ronflante de son ami qui dormait déjà, avant de se redresser brutalement.

« Bordel de merde ! »

Zoro sursauta, tiré de la douce torpeur du sommeil par la voix d'Usopp qui proférait un… juron ? C'était tellement inhabituel venant du sniper. Il lui jeta un œil pour le voir debout, les yeux écarquillés et le nez en l'air, tournant lentement sur lui-même en murmurant dans sa barbe.

« Mais quel crétin ! Ça aurait du me sauter aux yeux tellement c'est évident ! »

Il le regarda, étonné, partir au trot entre les carrés de pierre, aller et venir, avant de disparaitre de sa vue, caché par l'étrange forêt minérale.

« Oy ! Usopp ! Tu joues à quoi, là ?

- Je fais un tennis, ça ne se voit pas ? »

Une veine se gonfla sur la tempe du sabreur qui prit sur lui pour ne pas aller en foutre une à un sniper qui était devenu bien insolent. Il laissa plutôt passer un instant de silence en soupirant pour évacuer la tension avant de répondre en élevant la voix, ne sachant pas où se trouvait exactement l'autre.

« Tu devrais vraiment arrêter de passer du temps avec le Baka-Cook et Francky.

- Pourquoi ?

- Pour rien, laisse tomber. Je croyais qu'on attendait un vieux, une vieille ou un esprit pour qu'il nous pose encore une énigme à la con ?

- Je pense que non… Ça y est ! Héhé, j'ai trouvé comment sortir ! »

Curieux, Zoro se leva et partit à la recherche d'Usopp pour finir perdu au milieu de ces carrés. Il s'arrêta, la main crispée sur son Wadô et se força à respirer calmement et lentement, exaspéré par sa boussole déboussolée qui arrivait à le faire se perdre même dans une salle close.

« Ah ! T'es là. Pourquoi t'as bougé, je te trouvais plus.

- Je te cherchais.

- Ah… Euh… Aller, viens, c'est par là. »

Usopp fit demi-tour et repartit par là d'où il était venu et Zoro remarqua amèrement que c'était bien évidemment dans la direction opposée à celle vers laquelle il se dirigeait avant que le brun ne vienne le chercher. Il soupira et emboita lui emboita le pas. Un peu plus loin, Usopp s'arrêta à coté d'un bloc calé contre un mur et lui montra du doigt une corniche qui se trouvait quelques mètres au-dessus et qui longeait apparemment toute la salle.

« Aide-moi à monter là-haut, s'il te plait.

- Tu ne peux pas utiliser une de tes plantes ?

- Ça ne pousse pas dans la pierre. Aller, fais-moi la courte échelle. »

Zoro leva le regard vers la corniche avant d'avoir un petit sourire en coin, le sourire qui ne dit jamais rien qui vaille et qu'Usopp interpréta de même. Blêmissant, il fit un pas en arrière en levant les mains devant lui, pauvre rempart contre une menace telle que l'épéiste.

« La courte-échelle ? J'ai un moyen bien plus rapide de te faire grimper là-haut.

- Non… non, Zoro… Arrête… Je ne le sens pas du tout ce coup là. »

Zoro avait attrapé le brun par le devant de son T-shirt et s'arrêta un instant sans se départir de son rictus.

« Quoi ? C'est ta maladie 'je-ne-n-veux-pas-y-aller' qui revient ?

- Tout à fait ! C'est exactement ça ! Maintenant si tu veux bien me lâcher, je me débrouillerais pour grimper là-haut tout…AAARGH ! »

Et un lancer de sniper, un ! Pour une fois le tireur fut le projectile et il atterrit sans douceur ni grâce sur la corniche qui s'avéra bien plus large que ce qu'elle semblait vue du sol. Heureusement pour lui, ceci dit. Avec une énorme bosse sur le coin de la tête, il se pencha par-dessus le bord de la corniche dans l'intention d'invectiver le sabreur mais les mots moururent sur ses lèvres avant même de les franchirent.

« Bordel de merde ! C'est un casse-tête…

- Quoi ?

- Je dis que c'est un casse-tête, une putain de saloperie de casse-tête géant ! »

Zoro en resta abasourdit, l'œil écarquillé et la bouche entrouverte. Ses bras n'en tombèrent pas pour la simple raison qu'ils étaient croisés sur sa poitrine mais l'impression était pourtant là. Il n'en croyait pas ses oreilles. Usopp qui jurait comme un charretier. Mais quand avait-il enrichit son vocabulaire de ces jurons ?

« Mais t'as foutu quoi pendant ces deux ans ?! »

La surprise dans le ton du vert fit baisser les yeux du sniper qui était jusqu'à présent occupé à détailler les pierres devant lui.

« Ben… j'ai couru.

- … l'abrutit au sourcil en vrille répond la même chose quand on lui demande ce qu'il a fait pendant ce temps là. À se demander si vous n'étiez pas au même endroit.

- On n'est pas tous comme toi simplement, on ne fonce pas dans le tas.

- Comment ça ?

- T'as couru pendant tes deux ans d'entrainement ?

- bien sur que non, j'ai combattu.

- Ben voilà, c'est ce que je disais ! N'empêche que ta force va nous servir à quelque chose, pour le coup. Il y a des marques sur le haut des pierres, je pense qu'il faut les remettre dans l'ordre pour trouver la sortie.

- Tu veux me faire bouger ces trucs ?

- Tu ne vas quand même pas me dire que c'est trop lourd pour toi ?

- Tu me prends pour qui ? Je trouve même ça presque insultant de pousser ces petits cailloux !

- Tant mieux alors, pousse donc celui à ta droite… droite…. Non, l'autre droite… »

Après un long moment ponctué de disputes, de noms d'oiseaux de toutes sortes et de promesses de mort de la part d'un épéiste envers un canonnier pour l'instant hors de portée, Zoro poussa le dernier bloc contre les autres qui formaient déjà un gros carré au centre de la pièce.

De son point d'observation en hauteur Usopp avait remarqué les courbes et les traits gravés sur le haut de chaque pierre et avait de suite deviné qu'ils devaient former un dessin à reconstituer. Néanmoins ce ne fut que quand Zoro rapprocha plusieurs blocs qu'il se rendit compte de l'image qu'ils avaient à reformer : une mappemonde, avec l'énorme séparation qui coupait leur terre en deux, RedLine, avec les iles les plus importantes comme l'archipel de Shabaondy, Longe Town, Marijoa ou encore Enies Lobbies.

Et quand le dernier bloc fut mit en place par un Zoro qui grognait, un déclic se fit entendre et la mappemonde se fendit en deux, ouvrant un passage pour les deux hommes qui échangèrent un regard complice. Oubliées les disputes et les piques échangées tantôt, car elles aussi faisaient parties du quotidien. Ils étaient des pirates après tout. Et devant eux, l'aventure continuait.


(*) : Bon, dans le mythe, Atalante et Hippomène sont deux héros grecs qui sont transformés en fauves après avoir fait des galipettes dans un temple dédié à Cybèle. Mais comme je veux que cette fic reste dans le registre 'friendship' je me suis permise une petite modification ^^