Bonsoir! Je tiens à m'excuser pour le retard, grosse panne d'inspi pour ce chapitre... Et j'avais mes partiels aussi! Enfin~ Voilà les vacances, délicieuses vacances *.*
Bref! Il s'agit de l'avant-dernier chapitre (le dernier est déjà écrit, je le posterais probablement dimanche, comme avant). J'espère qu'il vous plaira, bonne lecture! ^^
Chap 7 : Always Remember Me (Ry Cuming & Sara Bareilles)
Craig Tucker avait 24ans, son père était péruvien, sa mère américaine, et sa petite sœur avait 20ans. Maintenant qu'il y pensait, il n'avait pas vu sa famille de sang depuis au moins 1an. Il ne pouvait plus les voir, leur regard compatissant l'écœurant et lui rappelant le drame de son enfance. Mais il avait su se faire une nouvelle famille, les liens étant encore plus forts bien que parfois malsains. Kenny faisait partie de cette famille, et lorsque Kyle l'avait appelé pour lui annoncer que le blond avait été renversé par un chauffard qui avait pris la fuite, le brun avait eu la sensation que le monde s'était arrêté de tourner, un peu comme son cœur qui avait cessé de battre un instant. Puis la voix de Kyle avait résonné à son oreille et tout avait repris son cours. Il avait accouru à l'hôpital mais on ne le laissa pas entrer voir son ami. Kenny était depuis plusieurs jours en soin intensif où il subissait une opération visant à remplacer un rein qui avait été perforé. Kyle était recroquevillé contre un Stan à la barbe naissante. Cartman discutait avec un médecin alors qu'une infirmière vint apporter des cafés pour tous ces jeunes hommes totalement anéantis et offrit même une vue imprenable sur le décolleté de sa blouse en se baissant pour tendre son café au péruvien. Le sourire qu'elle lui fit lança le début des hostilités et à peine quelques minutes après qu'elle ne soit partie, le brun la suivit jusqu'à une salle vide où visiblement elle l'attendait. Elle se tourna vers lui dans un mouvement de cheveux qu'elle avait du vouloir sexy mais qui désespéra Craig plus qu'autre chose. Elle lui offrit ses longues jambes en ceinture et ses bras en collier. Sa bouche maquillée vint dévorer celle asséchée par le stress du jeune homme. Il la plaqua contre une armoire à pharmacie et glissa ses mains contre ses cuisses pour la surélever le mieux qu'il put. Il fit glisser son sous-vêtement rouge et la dévora, oubliant son inquiétude pour le blond quelques minutes. Son appétit calmé, Craig retourna auprès des autres dans la salle d'attente. Cartman avait eu le droit à une visite, ce qui avait rassuré un peu les trois autres.
-Il est endormi, ils savent pas quand il se réveillera. On pourra tous aller le voir demain, mais pas longtemps.
De son côté, Kenny tentait de hurler à la mort alors que son corps n'était plus qu'un amas de douleur et de chair sanguinolente qu'on perfusait.
Les nuages se déplaçaient à grande vitesse, se laissant naviguer dans le bleu du ciel, tanguant au rythme des bourrasques de vent qui soufflait sans discontinuité. Craig avait préféré rester assis sur un petit muret en brique qui séparait la plage de la ville. Au loin, il voyait l'écharpe jaune de Tweek tenter de s'échapper alors que le blond marchait au bord de l'eau, ses chaussures à la main. Des mouettes faisaient du sur-place, arrachant un sourire moqueur au brun.
-Craiiiig ! Viens voir, y a une méduse !
Le péruvien soupira mais retira malgré tout ses baskets déchirés et ses chaussettes et arriva au niveau du blond qui était agenouillé face à une masse gélatineuse étalée dans le sable.
-C'est crade. Y a des mouches de partout...
-Je trouve qu'elles sont vraiment gracieuses... Ce sont comme des petites montgolfières aquatiques, et elles nagent avec tellement de délicatesse... Je suis sûr que l'eau ne bouge même pas quand elles avancent !
-Tweety, tu trouves ça gracieux ce vieux cadavre dégueulasse ?
-Dans l'eau, espèce de crétin !
Craig s'empara d'un bout de bois et le planta dans l'animal mort.
-Mais arrêtes !
-M'enfin, elle est crevée...
-Et alors ?! Un peu de respect, enfin ! Viens, on va l'enterrer.
-Pas question que je joue dans le sable, j'vais m'en foutre partout dans les vêtements.
Tweek fronça les sourcils puis alla un peu plus loin avant de creuser à l'aide de ses chaussures. Craig regardait ses cheveux battus par le vent et se demanda un instant si le goût de ses lèvres était devenu salé à cause de l'air marin. Il finit par le rejoindre et l'aida, voyant le petit sourire du blond qui était ravi. Finalement, ils trouvèrent un sac plastique qui flottait à la surface de l'eau et mirent la méduse dedans avant de la mettre dans le trou et de la recouvrir de sable.
-Faut qu'on rentre, j'dois aller voir Kenny avec les autres connards.
-Tu penses que je pourrais passer dans la semaine ?
-Bah ouais, c'est aussi ton pote.
Il déposa Tweek chez lui et se rendit directement à l'hôpital où il retrouva Stan, Kyle et Cartman dans la chambre de leur blond.
-Tu vas t'mettre un crochet à la place ?
-Craig !
-Avoues que ça serait badass.
-Ta gueule, Tucker. T'es pas drôle.
-On peut pas tous avoir l'humour de ta tronche, Marsch.
-J'vais t'buter !
-Stan ! Craig ! Vous vous calmez ou j'vous sort !
Cartman était resté silencieux, son regard trop sérieux qui n'avait pas lâché Kenny. Il devait contenir sa colère contre les trois cons qui n'avaient pas su retenir son précieux ami. Puis il s'en voulait de ne pas avoir su le protéger totalement. C'était des sentiments de gonzesse, mais ça remettait en cause sa virilité en même temps.
-J'me casse, j'en peux plus d'ta sale tronche, Marsch. Kenny, j'repasse dès qu'je peux.
Craig lui fit un pauvre sourire et s'en alla. Puis se fut les deux meilleurs amis qui durent partir, Kenny allant recevoir ses soins dans peu de temps. Cartman avait été autorisé à rester plus longtemps. Les menaces qu'il avait lancé aux infirmières avaient porté leurs fruits apparemment.
-J'espère que t'es fier de toi. Tu vois où toutes tes conneries te mène. Sérieux, être tellement raide au point de foncer dans une bagnole...
Kenny ferma les yeux et aurait sûrement soupirer bruyamment si il avait pu ouvrir la bouche. A la place, il dut endurer silencieusement les remontrances du gros, même si dans un sens, il savourait ses cris. Cartman s'était inquiété, et Kenny aurait été capable de se prendre encore de nombreuses voitures rien que pour voir ce visage habituellement tiré par le dégoût ou la moquerie l'être par la tristesse et la fatigue. Il se dit être un putain d'égoïste alors que Cartman lui envoya une tape sur le crâne.
-Tu m'écoutes, connard ?
Et dire qu'il aurait pu être sur une chaude plage à cette heure-ci avec de sublimes blondes à gros seins...
Stan s'alluma une cigarette alors que la pluie aplatissait ses mèches brunes le long de ses tempes. La journée avait été épuisante et voir tous ces bureaucrates courir sur les pavés et sauter par-dessus les flaques le faisaient s'interroger sur le sens de la vie. Tous ces gens se pressaient pour prendre le bus, le taxi, la vie... Alors que lui se tenait devant le hall de la banque dans laquelle il travaillait comme coursier, prenant le temps d'observer l'univers se hâter d'arriver à sa perte. Quand il avait 17ans, il s'était dit qu'il voulait que tout s'arrête. Il voulait rester jeune, aller chez Kyle pour jouer aux jeux vidéos et le regarder dormir, l'une de ses joues rondes s'écrasant sur l'oreiller. Il voulait tenter de faire cuire des pâtes avec Kenny sans se rappeler ce que sa mère lui avait appris. Il voulait se battre avec Cartman pour savoir lequel était le plus viril. Mais il ne pouvait pas. A présent, il devait travailler pour économiser et s'acheter une baraque. Sa baraque, où il se voyait vivre avec Kyle. Un lit pour deux, une unique salle de bain, un salon/salle à manger, une petite cuisine avec sa machine à expresso et sa petite corbeille de fruits pour les pommes de Kyle. Ses rêves se trouvaient ancrés dans le passé ou fuyant vers le futur. Son présent était horriblement réel, loin de l'onirisme utopique, atrocement morose. Il s'ennuyait et il lui était impossible de fuir ces sentiments d'ennui. Fuir au Mexique pour découvrir ce qu'était l'Ailleurs ne le comblerait que quelques temps. Le nouveau, l'inconnu deviendrait le quotidien au bout de quelques mois. En attendant, il était coincé dans ce microcosme bien trop gris. Avec des vêtements qui ne lui correspondaient pas, mais qu'il revêtait comme un costume pour entrer dans le monde adulte. Chemise trop blanche, pantalon trop droit, cravate de soie bleue offerte par Kyle pour célébrer son premier vrai job. Accompagné d'un baiser tendre au coin des lèvres. Stan voulait plus à présent. Plus que ce job qu'il avait depuis deux ans. Plus que cette relation frustrante avec Kyle. Mais avant, il devait finir sa journée. En espérant qu'il n'y finirait pas sa vie.
Des mois dans le silence. Des mois sans voir son propre visage. Kenny aurait pu devenir fou. Perdre tout ce qui lui restait : son identité. A quoi ressemblait-il maintenant, son visage figé par une étrange minerve ? Est-ce que sa voix serait différente quand il parlerait à nouveau ? Il sentait son visage creusé à cause du manque, les médecins en ayant profité pour tenter de le désintoxiquer. Ils pouvaient toujours crever. Parfois, il ressentait une lance retourner ses entrailles. Voulait-elle lui voler son second rein ? Les cauchemars n'avaient cessé, le blond était au plus mal. Sauf quand il venait. Eric n'avait jamais été aussi beau. Peut-être parce que Kenny était au fond du trou le plus sombre possible. Il venait le voir le plus souvent possible, fréquemment accompagné de l'un de leur ami. Kenny ne pouvait pas sourire pour l'instant, mais l'éclat de ses yeux bleus prouvait toute l'affection qu'il avait pour sa petite bande. De vrais petits soleils. Eric passait sa grosse main dans ses cheveux, avec précautions. Kenny aurait aimé pouvoir lui dire que sa mâchoire ne se décrocherait pas vu qu'elle était maintenue, et il espérait avoir tout le temps de plaisanter sur cet épisode merdique de sa vie une fois qu'il serait fini. Plus que quelques mois...
