L'Avant et l'Après

Note : Comme je rédige ces chapitres en avance je n'ai pas de commentaire à faire sur le moment présent. C'est pas drôle... Du coup j'espère que vous êtes toujours là, que vous allez bien, tout ça tout ça. Que la rentrée s'est bien passé aussi. Consolez-vous, voici un chapitre !

Bonne lecture !


Harry Potter

Hermione avait tort.

Bon, elle n'avait pas entièrement raison.

Harry essayait se concentrer sur son devoir de Métamorphose, mais c'était peine perdue. Il était à côté de ses pompes. Pourtant il fallait absolument qu'il le finisse avant d'aller dormir – la remplaçante de McGo, Priscilla Morgan, était une psychorigide sociopathe capable de les transformer en sac à main parlant à la moindre contrariété. La faute à ces deux abrutis qui se prétendaient être ses amis. Amis, tu parles ! Est-ce que les amis vous coincent dans la salle commune sous la menace pour vous faire subir un interrogatoire en règle ? Dont le sujet principale est « tu ne craquerais pas sur quelqu'un, en particulière sur un garçon très blond et très silencieux » ? Est-ce que les amis vous forcent à répondre à des questions que vous ne vous êtes pas encore posé à vous-mêmes ? Il détestait quand ces deux-là se liguaient contre lui. Surtout qu'Hermione, après sept années, semblait TOUJOURS avoir trois longueurs d'avance sur lui en ce qui concernait sa propre vie.

« Harry, tu sais quoi, on trouve que tu regardes beaucoup Malfoy ces derniers temps. »

Au moins elle n'y allait pas par quatre chemins. Harry se serrait étouffer avec son jus de citrouille s'il en avait eu dans la bouche.

« De quoi ? » avait été la seule réponse qu'il avait pu sortir.

Il avait été obligé de leur avouer un tas de trucs très embarrassant.

« Vous vous souvenez du soir d'Halloween, quand j'ai… enfin quand Godric a consolé Salazar… Et bah en fait, nous sommes revenus pendant que je le serrais dans mes bras. »

Harry détestait se sentir rougir.

« Quand il a compris dans quelle situation on était, il était mort de honte. Alors j'ai fait semblant d'être toujours Godric pour qu'on quitte la salle… »

Il se rappelait de la surprise qui avait failli le faire sursauter quand il s'était rendu compte qu'il tenait Draco dans ses bras devant toute l'école. Le blond s'était resserré contre lui, cachant son visage dans son cou, souhaitant visiblement mourir plutôt que l'on comprenne que Salazar l'avait déserté. Alors il avait joué la comédie, pour les sauver de cette situation embarrassante. Et quand il avait lâché un « merci, Godric » plein de reconnaissance c'est à lui, Harry, qu'il s'adressait. Et cela l'avait rendu bêtement heureux, comme ça arrivait rarement. Il avait eu envie de refaire la scène juste pour revoir ce minuscule sourire jouer sur ces lèvres qu'il se prenait si souvent à regarder depuis quelques temps.

Et, bien plus significatif encore, le baiser de la bibliothèque.

Godric et Salazar s'était à peine effleuré. Ils venaient de faire une découverte très utile – bien qu'Harry n'en ai absolument pas saisi la teneur – et dans leur euphorie partagée, ils s'étaient enlacés, et embrassé. Juste un petit bisou, à peine esquissé, mais il faut croire que le choc avait chassé l'esprit des deux fondateurs.

Le baiser qui avait suivi était entièrement de leur fait, à Draco et lui.

Parce qu'ils n'étaient pas toujours « libérés » au même moment, parce qu'ils étaient seuls, encore vibrant de la joie des deux anciens, et peut-être aussi parce qu'ils en rêvaient – Harry en rêvait en tout cas – ils s'étaient rapproché, encore et encore, et s'étaient embrassés, en gardant les yeux ouverts, un peu incrédule. Juste quelques secondes, avant de se séparer. Draco avait été à deux doigts de partir, Harry de se taper la tête contre la table, mais finalement, ils avaient ressoudés leurs lèvres, et avaient recommencé. Plus longtemps. Plus… profondément.

Et Harry avait senti une sorte de feu d'artifice exploser dans son crâne. Ils s'étaient laissé emporter. Main dans les cheveux, main sur les hanches, main sous une chemise. Les lèvres, puis la langue, les yeux qui se ferment, les corps qui se rapproche. Jusqu'à ce qu'une pile de livre renversée par la bibliothécaire avec un juron peu poli ne mette fin à l'instant. Ils s'étaient regardé dans les yeux quelques minuscules secondes, avant d'être pris de frénésie au même moment, rangeant les livres, reprenant leurs affaires avec des gestes précipités, fuyant la bibliothèque, se séparant sans un mot, et sans un regard.

Hermione avait défailli en entendant cela. Harry ne pensait même plus à avoir honte, c'était bien au-dessus de ça. Ron se contentait d'un sourire figé. Même si le roux l'acceptait – ce qui était déjà énorme et Harry l'en remerciait – il supposait que ça devait quand même être très bizarre à entendre pour lui. Sans doute un peu gênant aussi. Comme ça ils étaient deux.

« J'en étais sûr ! s'était exclamé la jeune fille. Tu vois, je te l'avais dit ! Ah, je suis sûr que ça couve depuis des années. Le truc entre la haine et l'amour, tu vois ? »

Elle était parti dans son délire fleur-bleue et les deux garçons l'avaient ignoré.

Sur ce point, elle avait tort.

Oui, il regardait le Slytherin. Très souvent. Beaucoup trop souvent pour que ça soit anodin. Mais c'était extrêmement récent. Même s'il avait découvert ses penchants plus tôt – et puis en étant honnête, au moins avec lui-même, ça faisait longtemps qu'il avait des doutes, notamment depuis qu'il s'était rendu compte du peu d'effet que Ginny, pourtant ravissante, lui faisait, au niveau sexuel s'entend, car il la trouvait tout de même attirante – il n'aurait jamais pu être attiré par Malfoy avant cette année. En parlant de Ginny, il avait craint un moment de devoir être réellement méchant avec elle pour qu'elle se réveille et comprenne enfin les choses, mais elle l'avait agréablement surprise en se raisonnant elle-même. Elle était redevenue la jeune fille sympathique et sensée qu'il avait connu avant qu'ils ne soient parasités par des sentiments douteux. Enfin, ce n'était pas le sujet de ses présentes interrogations. Ou en était-il ? Ah, Malfoy. Toujours.

Il avait toujours été aussi beau, objectivement. Mais il n'y a pas que l'extérieur. Bellatrix Lestrange était peut-être une belle femme, il n'en savait rien, mais il n'aurait jamais été capable de la trouver belle, même en étant aussi objectif que possible. Parce qu'on ne peut jamais l'être entièrement, objectif. Il la trouverait toujours laide parce qu'elle était laide en tant que personne, qu'importe la beauté de son visage. Et pour Draco, c'était pareil. Il l'avait sincèrement détesté et dans cette optique il n'aurait pas pu admettre qu'il était beau, jamais.

Enfin, c'était ce qu'il pensait avant. Avant la guerre, avant les choix douloureux, avant les morts. A la rentrée il avait retrouvé un Slytherin calme et dépourvu de haine et ça lui avait fait un choc. Il ne l'avait pas cru, au début, il devait l'admettre. Ça lui semblait totalement impossible, et trop déstabilisant pour qu'il puisse l'accepter. Et puis il s'était souvenu des articles de journaux sur le massacre du manoir Malfoy et de ses larmes, dans les toilettes de jour de sixième année, et de ce que Voldemort était capable d'infliger aux Death Eaters et à leur famille pour les faire obéir, de la peur qu'il avait pu lire dans ses yeux gris et au soulagement du blond dans les bras de ses parents, si semblable à celui que lui-même ressentait à chaque fois qu'il retrouvait un de ses amis en vie, le lendemain de la bataille. Il devait bien se rendre à l'évidence : Draco Malfoy avait changé, lui aussi, comme tous les autres.

Et il était devenu incroyablement beau.

Mais depuis l'épisode de la dispute, il avait une furieuse envie de s'énerver contre lui chaque fois qu'il le voyait et sans la moindre raison. Ils s'étaient re-disputé plusieurs fois avec les filles à propos des Sang-Mêlé. La discussion était stérile, les deux hommes restaient campés sur leur position et les filles hésitaient à prendre parti.

L'altercation avait été particulièrement violente, quelques jours plus tôt.

« Ce sont des sorciers également !

-Mais ils ne sont pas comme nous !

-Et alors, tu comptes les laisser tomber ? Même en étant fils et filles de Moldus, ils seront persécutés comme les autres, ça ne te gênes pas ? »

Harry n'avait jamais songé à tous les arguments qu'avançaient Salazar. Il n'avait jamais douté de la nécessité d'accueillir les enfants de Moldus à Hogwarts et même s'il n'en doutait toujours pas, il comprenait quand même la position du Slytherin, en partie.

« Ils ne méritent pas qu'on leur tende la main !

-Tu en fais une affaire personnelle Salazar ! »

Le blond avait explosé.

« Eh bien oui ! Oui j'en fais une affaire personnelle parce que j'avais quinze ans quand ils ont incendiés notre maison pour exorciser le diable qui y habitait ! Ce sont des barbares et leurs enfants ne vaudront pas mieux, magie ou non !

-Pourquoi devrions-nous les craindre alors si nous sommes tellement meilleurs qu'eux ? Si les Sang-Pur sont supérieurs comme tu dis, nous serons bien capables de nous défendre ! Ils oublieront s'il le faut !

-Et qu'est-ce que tu feras de ces enfants quand tu leur auras révélé leur nature et arraché à leur famille ? On ne peut pas mélanger les Moldus et les sorciers, et je n'en démordrais pas.

-Alors comment sommes-nous censé résoudre ça ? »

Et ils s'étaient fixés avec une lueur indescriptible dans les yeux, et Harry aurait juré qu'à cet instant ils savaient tous les deux parfaitement comme tout cela risquait de finir. Il avait ressenti la panique de Gryffindor devant la colère grandissante de son ami, sa peur de le perdre, que tout prenne fin.

Harry avait envie de les aider. C'était idiot, mais il avait partagé les sentiments du fondateur de sa maison et… il trouvait cela affreusement déprimant. Les quatre sorciers étaient extrêmement proche, probablement à cause de tous ce qu'ils avaient partagés pour bâtir l'école, plus que des amis, que des amants ou des frères, liés par quelque chose d'indescriptible mais très puissant, ils vivaient dans leur bulle de magie et de rêve, et Harry redoutait d'en vivre la fin. Il essaierait, comme l'avait dit Hermione, de changer cela, même si ça ne servait à rien. Parce qu'à chaque fois qu'il tentait de retenir le blond chaque mardi midi il avait l'horrible impression que c'est Draco qui partait.

Et ça, c'était insupportable.

En attendant son devoir n'allait pas se faire tout seul…

[...]

« Tu sais, le professeur Greedlins est vraiment bon. Je pense que si tu suis bien les cours tu seras surement capable de rattraper ton niveau et d'avoir une note suffisante pour le concours des Aurors.

-Hermione, tu me l'as déjà dit. Cinq fois. »

La jeune femme fit la moue, vexée, mais il n'était pas d'humeur conciliante ce matin.

Son plus grand secret actuellement n'était pas son attirance pour Draco puisqu'il semblait si peu discret. C'était qu'il n'avait plus aucune envie, ni intention, de devenir Auror.

Il se demandait même comment il avait pu le vouloir un seul instant. Il estimait en avoir assez fait. Quand il avait enfin rangé sa baguette au matin de la bataille, il avait décidé qu'il ne se battrait plus, plus jamais. D'autres prendraient la relève, chasseraient les mages noirs, protégeraient les honnêtes citoyens. Mais ce ne serait pas sa vie. Il ne le souhaitait plus.

« Je sais ce que je ne veux pas faire. C'est déjà ça… » marmonna-t-il pour lui-même sur le chemin des cachots.

Il est vrai que depuis que Snape avait passé l'arme à gauche, les cours de potions étaient devenus bien moins effrayants mais aussi, même si Harry avait du mal à se l'avouer, beaucoup moins intéressant. Etrange comme l'opinion que l'on se fait d'une personne tient à si peu de chose. Il avait haït Snape avec toute la hargne que lui inspirait leurs confrontations incessantes, mais il avait fallu d'une seule nuit, d'un seul détour dans la pensine et dans les souvenirs torturés de son ancien professeur pour que tout cela disparaissent, remplacés par un sorte de respect teinté d'amertume. Il n'avait jamais parlé ni à Ron ni à Hermione de l'amour que l'homme avait porté à sa mère, jusqu'à sa mort. C'est un secret qu'il ne se sentait pas le courage de partager.

« Bonjour à tous ! Aujourd'hui vous allez préparer une potion de Régénération. Mettez-vous en binôme, vous trouverez la recette page 84. Au travail. »

Le professeur Greedlins était talentueux et juste et Harry s'en voulait de ne pas être capable de l'apprécier mais il aurait aimé que Severus Snape soit encore vivant. Il aurait aimé qu'on lui parle de ses parents, d'un autre point de vue que de ceux qui les avait aimés et admirés de leur vivant.

Il se mit en binôme avec Neville, et comme d'habitude ils réussirent leur potion à peu près correctement, ce qui déprima fortement Harry pour une raison inconnue et sans doute stupide. C'était d'un ennui…

En sortant de cours il vit Luna marcher vers lui d'un pas vif et il sut en sentant la conscience de Godric Gryffindor prendre de plus en plus de place dans son esprit qu'il allait encore louper le déjeuner.

« Godric, il faudrait que je te parle… tu m'accompagnes ? »

Il la suivit vers le parc.

« C'est à propos de Salazar c'est ça ? Ecoute je n'y peux rien si cet idiot borné ne veut pas entendre raison. Il…

-Tais-toi Godric. »

Le ton était ferme mais empli de douceur, comme si elle le pardonnait pour sa bêtise. Harry fronça les sourcils.

« J'aimerais que tu m'écoutes maintenant. »

Il hocha la tête même si ça ne lui plaisait pas beaucoup – le fondateur avait un caractère très fort, à la limite du supportable parfois. Ils s'assirent sur les marches devant la Grande Porte.

« Godric Gryffindor, tu n'as vraiment aucune subtilité. »

Génial, superbe entrée en matière.

« Tu sais que je t'aime. Toi, Helga et Salazar vous comptez énormément pour moi, plus que je ne saurais le décrire.

-Je sais. C'est la même chose pour moi.

-Et tu l'acceptes. Parce que tu es… toi, tu vas naturellement vers les autres, tu es fait pour donner.

-Je prends ça pour un compliment.

-C'en est un. A condition de ne pas oublier que tout le monde n'est pas comme toi.

-Mais encore ? »

Rowena Ravenclaw parlait de façon aussi énigmatique que Luna Lovegood. Amusant. Agaçant.

« Salazar n'est pas comme toi. Il n'a pas été élevé dans l'amour de son prochain si tu vois ce que je veux dire. Il ne sait pas comment gérer tout ça.

-Qu'est-ce que tu veux me dire ? Que son seul problème est d'être sentimentalement incompétent ? »

Luna le foudroya du regard, excédé par son comportement.

« Le problème c'est qu'il a peur Godric.

-De quoi ?

-Mais quel idiot par Merlin ! »

Elle ferma un instant les yeux, respirant profondément, tentant visiblement de contrôler son emportement.

« Ca l'effraie, tout simplement. Notre lien, notre avenir, les sorciers, les Moldus, tous lui fait peur. Pour lui qui a vécu toute sa vie dans un luxe et une oisiveté tranquille puis qui a tout perdu une fois c'est inconcevable de se laisser aller, d'aimer, tu comprends ?

-Il n'est pas si peureux franchement…

-Bon sang Godric tout le monde n'est pas comme toi ! Salazar n'a aucun courage, c'est comme ça. Tu réfléchis en partant du principe que tout le monde te ressemble, c'est pour ça que vous n'arrivez pas à avancer un tant soit peu !

-Ca va être de ma faute c'est ça ?

-Exactement ! »

Ils s'étaient levés et se défiaient du regard. Harry sentait la colère remuer en lui, les doutes, l'indécision, et la douleur que ces conflits provoquaient. Luna se radoucit et posa une main chaleureuse sur son bras, l'incitant à la regarder dans les yeux.

« Ecoute-moi, je suis la sagesse non ? Si tu n'arrives pas à dépasser tout cela, à lui venir en l'aide…. Il nous quittera Godric, et on ne pourra rien faire pour empêcher cela. »

Ses yeux étaient emplis de tristesse et de supplication. Il acquiesça lentement, prenant la mesure de ce qu'elle était en train de lui dire.

« Penses-y. »

Et elle s'en fut, le laissant seul avec ses sombres pensées, jusqu'à ce qu'Harry retrouve ses esprits et ne prenne le même chemin en espérant pouvoir mettre la main sur quelques restes du déjeuner.

[...]

« Bon, tu vas la poser ta question ? »

Harry toussota furieusement, complètement pris de cours.

« Hein ? De quoi tu parles ? »

Pansy Parkinson leva si haut les yeux vers le plafond que ses iris disparurent un instant.

« Harry Potter, tu es assis à côté de moi dans cette salle d'étude depuis une demi-heure à te tordre les mains sans avoir sorti un seul devoir et j'ai arrêté de compter tes coup d'œil à la dérobée à partir du 37ième. Alors abrège, ou va-t'en, tu me stresses. Pose ta question. »

C'était stupide, ridicule, inconscient, inapproprié et il se demandait encore ce qu'il foutait là. Les questions que lui et ses congénères se posaient, les problèmes avec lesquels ils se débattaient étaient si triviaux par rapport aux conflits des fondateurs qu'Harry s'en voulait presque d'y accorder plus de crédit. C'est vrai, c'était n'importe quoi, il ferait mieux de laisser tomber et de penser plutôt au cas des fondateurs.

« Est-ce qu'il y aurait une chance, par un heureux hasard, que Malfoy soit homo ? »

Etre courageux, c'est nul.

Pansy posa sa plume avec un geste infiniment lent, et, tout aussi lentement, elle pivota sur sa chaise pour se retrouver face à lui. Il essaya d'avoir l'air aussi décontracté que possible. Echoua.

« La chance et le hasard n'ont rien à voir là-dedans, Potter. »

Les habitues ayant la vie dure, il était presque aussi difficile pour Pansy de l'appeler Harry que pour Harry de l'appeler Pansy. Seul Ron semblait s'accommoder à merveille de cette familiarité.

« Et ne le sous-estime pas. Draco est trop particulier pour qu'on puisse lui donner un qualificatif quelconque en matière d'orientation sexuelle.

-Je sens que je vais encore me taper un discours étrange auquel je ne vais rien comprendre… » marmonna Harry, la tête encore douloureuse de sa discussion avec Luna-Rowena, une semaine plus tôt.

« Quoi ?

-Non, rien. Continue, je t'en prie. »

Elle pinça les lèvres, et un pli de contrariété apparut sur son front.

« Je ne t'aime pas Potter. »

Il bloqua un moment.

« Euh… Merci ?

-Abruti. Tu es trop parfait pour être honnête, toujours gentil et altruiste et tout ça, et je ne t'aime pas, mais la question n'est pas là. »

Là au moins on est d'accord, se retint-il de répondre.

« Par-dessus tout, je ne t'aime pas parce que tu réussiras probablement là où j'ai échoué. »

De quoi ? se retint-il encore. Il avait la sensation que Pansy Parkinson n'était pas le genre à apprécier qu'on la coupe en pleine phrase.

« Draco n'est ni bi ni gay ni hétéro ni ce que tu veux et je ne pense pas qu'il se soit un jour poser la question. Si tu as une question à te poser ce n'est certainement pas celle-là. »

Harry sentait son mal de crâne reprendre de la vigueur. Que les filles étaient difficiles à suivre…

« Il prendra ce qu'il vient si tu arrives à l'approcher, mais, Potter… »

Elle s'était sensiblement rapprocher et le scrutait avec un air assez menaçant estima-t-il.

« C'était peut-être moins vrai avant mais maintenant c'est plus qu'une évidence. Si tu le veux, tu es obligé de l'aimer. »

Ça devenait un peu bizarre tout ça.

« Ecoute, je sais bien qu'il t'attire, et que tu l'attires aussi et… reste concentré au lieu de bloquer là-dessus idiot ! »

Elle failli lui décrocher un taquet qu'il esquiva avec adresse.

« Mais Draco est un handicapé social tourmenté et il a définitivement besoin de quelqu'un qui puisse l'aider à surmonter cela, et pas d'un plan cul c'est clair ?

-Tu parles de lui comme si c'était un petit garçon fragile… »

Il avait dit ça sur le ton de la plaisanterie mais le visage de la jeune fille se ferma, un voile de tristesse passant brièvement sur ses traits.

« C'est la cas. Fragile, et de mauvaise foi, peureux et lâche, il l'a toujours été, mais c'est encore plus vrai depuis… cet été. Si tu le veux, tu devras te battre. Et l'aimer.

-Pourquoi tu me dis tout ça ?

-Parce que j'ai été amoureuse de lui avant même que tu ne connaisses son prénom et que c'est une commune mesure de vouloir le bonheur de ceux qu'on aime. On a fini ? » conclut-elle en retournant à son parchemin.

« On a fini. Merci. »

Il quitta la salle d'étude en se faisant la réflexion assez surprenante que Draco et Salazar Slytherin était très semblable, et avec une question encore plus problématique que celle pour laquelle il y était entré : est-ce que c'était de l'amour, ou pas ?

A suivre.


C'est rare que je fasse des chapitres avec autant de dialogue moi... Je me demande parfois si mes longs délires narratifs ne sont pas trop chiant. Des avis ? Bon sinon, la semaine prochaine, Ginny Weasley. Bye !