BOnjour tout le monde ! Désolée pour le temps que ce chapitre a mis a arrivé... mais un certain passage m'a posé difficultés. Vous allez voir, c'est celui de la discussion entre Haymitch, Peeta et Katniss. C'était vraiment difficile et j'espère avoir réussi à rester assez fidèles aux personnages pendant ce passage. C'est un chapitre dans lequel il se passe beaucoup beaucoup de choses... j'espère que vous allez aimer !

On se retrouve en bas !

CHAPITRE 6

La tempête dura deux jours. Deux jours longs et interminables que je passai à tourner en rond chez moi. Si bien que ma mère me mit presque à la porte dès le retour du beau temps.

Puis la vie reprit son cours normal... ou presque.

Je passais presque tout mon temps libre avec Peeta, comme me l'avait demandé Haymitch. Je mettais beaucoup d'efforts par contre pour ne jamais me retrouver seule avec lui. Comme notre mentor nous l'avait aussi suggéré, nous avions essayé de trouver des activités communes. Peeta avait tenté de m'initier au dessin et à la peinture, ce qui s'était révélé un cuisant échec. Je n'avais aucun talent artistique. J'avais montré à Peeta comment construire des pièges et nous étions allés les poser dans les bois, mais nous n'avions pas pu aller bien loin. Le froid rendait la jambe artificielle de Peeta plus raide et il s'était rapidement retrouvé avec de la difficulté à marcher. Il n'avait rien dit, bien sûr, mais j'avais bien vu toutes ces grimaces qu'il tentait de cacher. J'avais donc dit qu'il faisait trop froid pour moi et je l'avais ramené à la maison. Je n'avais plus tenté l'expérience de le traîner dans les bois depuis.

Nous nous contentions donc d'activité tout ce qu'il y a de plus banal. Le lundi, nous contunions à distribuer du pain, mais j'amenais toujours ma mère avec moi lorsque je me rendais chez Peeta. Je lui avais, par un hasard total, parler du projet de Peeta. Et peut-être que j'avais laissé échapper que faire autant de pain demandait beaucoup de temps et que nous manquions de main d'oeuvre. Alors maman s'était proposée, me donnant ainsi l'excuse parfaite pour ne plus me retrouver seule chez Peeta.

Le vendredi, nous passions une grande partie de la journée et toute la soirée chez Haymitch. Ce n'était pas une "leçon" en tant que tel. Haymitch nous faisait la conversation et il nous observait. Avant de retourner chez moi, il me faisait des commentaires sur la façon dont je me comportais avec mon fiancé.

Lea autres jours de la semaine, nous allions marcher en ville. Souvent, nous y restions jusqu'à ce que Prim termine ses cours et nous revenions chez moi tous les trois. Peeta mangeait avec nous presque tous les soirs, s'attardant jusqu'à ce qu'il soit l'heure de dormir.

Parfois, trop souvent, je regrettais qu'il ne reste pas pour la nuit. Je savais que sa présence auprès de moi aurait repoussé mes cauchemars qui devenaient de plus en plus fréquents. Je rêvais nuit après nuit que je m'enfonçais dans les bois pour fuir le Capitole, seule et paniquée. Je criais le nom des gens que j'aimais, mais personne ne me répondait. Personne n'était venu avec moi.

C'est un rêve stupide, qui montrait seulement mon angoisse devant notre fuite qui approchait en même temps que la température s'adoucissait. Et dire que je n'étais pas prête était un euphémisme ! J'avais bien fait quelques préparatifs; j'avais par exemple acheté trois sac à dos et je mettais de côté quelques réserves, assez peu à la fois pour ne pas éveiller les soupçons de ma famille. Exactement comme la renarde l'avait fait.

J'avais aussi glissé quelques mots sur mon plan à ma mère, faisant croire que c'était une idée que j'avais eu juste comme ça, et sa réaction m'avait mitigé. Jamais je n'avais vu ma mère aussi en colère. Pour elle, il était hors de question que nous partions. C'était bien trop dangereux. Elle ne comprenait même pas pourquoi j'avais envie de partir. Elle disait que tout était pour le mieux, mais ce n'était pas elle qu'on allait obliger à se marier !

Je n'ai donc pas réussi à la convaincre et je n'ai pas essayé de lui reparler depuis. J'ai l'impression que je devrai la mettre devant le fait accompli pour qu'elle me suive. Je n'ai pas non plus trouver le bon moment pour demander à Peeta de m'accompagner. Je crois que je crains trop qu'il trouve les bons arguments pour me convaincre de rester ici et de l'épouser, comme il est convenu. Peeta a un tel don avec les mots...

Je repousse donc chaque jour cette tâche, me disant que j'ai encore le temps. Je ne réalise à quel point le printemps est proche que lorsque j'arrive chez moi pour y trouver une boîte emplie de robes de mariée toutes plus belles les unes que les autres; normal puisqu'elles sont de la main de Cynna.

-Katniss, regarde ce qui est arrivé pour toi du Capitole ! lance ma mère lorsque je franchis la porte.

Je regarde les robes qu'elle sort une à une en poussant des cris de ravissement.

-Haymitch a dit que ton équipe de préparateur viendrait dans deux jours pour une séance photo, mais... tu voudrais les essayer tout de suite ?

-NON !

Je recule d'un pas. Le visage de ma mère se décompose.

-Katniss...

-J'ai besoin de prendre l'air.

Et je ressors aussi sec même si je viens juste d'arriver. Je dévale les quelques marches et je me précipite chez Gale. Je ne l'ai pas vu depuis plusieurs semaines, mais j'ai un soudain besoin de lui parler. Je dois être certaine qu'il veut toujours m'accompagner dans ma fuite. Je dois m'assurer qu'il prépare lui aussi notre départ.

Lorsque j'arrive, Gale n'est toujours pas revenu de la mine alors je prends un thé avec Hazelle et nous discutons tranquillement toutes les deux. Je ne cesse de me demander si Gale lui a parlé de notre projet, mais rien dans son attitude me laisse supposer que oui. Puis mon meilleur ami arrive enfin. Je souris, soulagée, lorsqu'il entre dans la maison. Il semble faitgué, épuisé même, mais il me sourit quand même en retour lorsqu'il m'apperçoit.

-Catnip, que fais-tu ici ?

Je hausse les épaules.

-J'avais envie de te voir.

-Tu restes avec nous pour le repas ? Ou tu veux que je te reconduise chez toi ?

Je pense à Peeta, qui va sûrement arriver bientôt chez moi pour le dîner. Je n'ai aucune envie de le voir pour l'instant, mais je ne peux pas le laisser entre les mains de ma mère et ma soeur. J'imagine déjâ toutes les choses embarassantes qu'elles pourraient lui dire !

-J'aimerais bien marcher un peu.

Je salue Hazelle, puis Gale m'accompagne à l'extérieur. Nous parlons de choses sans conséquence, son travail, mes occupations, jusqu'à ce que nous atteignons la limite du village des vainqueurs.

-Alors ? Pourquoi es-tu vraiment venu ? me demande Gale. Je croyais qu'on devait éviter de se voir.

-Nos dimanches de chasse me manque, avoué-je à voix basse.

Gale me fait un sourire ravi.

-Tu me manques et... le printemps approche. J'ai reçu mes robes de mariée aujourd'hui. Je vais avoir une séance photo et après, quelqu'un décidera de ce que je porterai à mon mariage, comme on a décidé qui je dois épouser...

Ma voix se brise et je baisse les yeux au sol pour empêcher l'émotion de me submerger. La main de Gale emprissone la mienne pendant quelques instants, m'insufflant un peu de courage.

-Je ne laisserai pas ça arriver, dit-il d'une voix basse et sombre. Peu importe ce qu'il faudra faire pour l'empêcher, je ne laisserai pas ça arriver.

Il met tant de conviction dans ses paroles que je ne peux que le croire. Je connais Gale. Je sais qu'il serait prêt à tout pour m'aider. Peut-être même à se dresser tout seul contre le Capitole. Ce qui n'arrivera pas bien sûr. Nous serons partis avant qu'il ait besoin de le faire.

-Tu as parlé à ta mère ?

-Oui. Et toi ?

-Elle croit que je suis folle. Elle dit que c'est trop dangereux.

-La mienne dit la même chose...

Je pousse un grognement exaspéré, pas vraiment surprise.

-Elles ne comprennent donc pas ?

-Elles ont raison Catnip: c'est très dangereux. Nous serons sûrement tous morts avant un an.

-Mais avons-nous d'autres choix ?

-Pas d'autres choix acceptables, non.

Nous avançons, en silence. Je vois ma maison apparaître et je ralentis le pas. Je n'ai aucune envie de me séparer de Gale maintenant. J'aurai encore tant de choses à lui dire ! Il nous reste tant de choses à préparer et il est le seul avec qui je peux discuter de tout ça.

-J'ai commencé à faire des provisions. Et je pense aller dans le bois bientôt pour fabriquer quelques arcs supplémentaires. Au cas où...

Ma voix n'a été qu'un murmure, parce que même si nous sommes seuls, je crains d'être entendu. Gale hoche la tête discrètement.

-J'ai mis tous les vêtements d'hiver des petits de côté. Et j'ai fait quelques provisions aussi...

Je me sens soulagée de savoir qu'il a commencé lui aussi des préparatifs. Tout devient ainsi beaucoup plus réel et je me sens moins seule. Comme lorsque nous avons commencé à chasser ensemble, je réalise que toute tâche est beaucoup moins lourde lorsqu'on la partage avec un ami.

-Il reste encore tant de choses à faire et si peu de temps...

-On va y arriver, mais il vaudrait peut-être mieux se revoir bientôt pour tout mettre au point.

-Il nous faut un alibi ! Et si vous veniez tous manger à la maison dimanche prochain ? Après tout, vous êtes de la famille !

Je lui fais un sourire complice auquel il répond.

-D'accord. On trouvera bien quelques minutes pour se parler seul à seule.

-Oh ! Il y a plein de coins sombres dans la maison...

Gale me jette un regard interrogateur, une lueur malicieuse dans ses yeux, je rougis, comprenant ce que je viens de dire.

-Je veux dire qu'il y a plein d'endroits pour se cacher lorsqu'on veut être seul...

Bon, ce n'est pas vraiment mieux, mais Gale ne fait aucun commentaire. Heureusement pour moi, si c'était Peeta, il n'aurait eu aucune gêne à me rendre encore plus mal à l'aise en passant des commentaires dont il a le secret.

-Alors ce sera parfait.

Il s'arrête devant la maison et me regarde monter les escaliers jusqu'à la porte qui s'ouvre alors sur ma mère, Prim et Peeta, bien sûr.

-Katniss, tu es là !

C'est ma mère qui a crié, mais c'est Peeta qui le premier m'attire dans ses bras. Je me laisse aller un instant dans son étreinte, profitant de sa chaleur, de son odeur. Puis je me rappele de la présence de Gale et je le repousse. Lorsque je reporte mon attention vers mon meilleur ami, il a déjà tourné le dos, s'éloignant de nous d'un pas un peu trop énergique.

Je pousse un soupir etje rentre dans la maison.

-Où étais-tu ? me demande ma mère en me suivant dans la cuisine.

-Chez les Hawtorne.

-Tu aurais pu nous prévenir ! L'heure du dîner est passée !

Je jette un coup d'oeil vers l'horloge. Je ne suis pas si en retard quand même ! Qu'est-ce qui lui prend ?

J'observe alors le visage de ma famille devant moi et je comprends que quelque chose ne va pas. Ils ont réellement l'air inquiet pour moi, comme s'il y avait une raison pour qu'il me soit arrivé quelque chose.

-Qu'est-ce qui se passe ?

Je m'attarde sur leurs visages l'un après l'autre, attendant une réponse. C'est finalement Peeta qui me la donne.

-Il y a un nouveau chef des Pacificateurs.

-Quoi ?

-Cray a été renvoyé. Le Capitole a engagé un nouveau chef. Il est arrivé par train ce matin.

Je n'arrive pas à croire ce que j'entends. Cray était en poste depuis... aussi longtemps que je m'en souvienne. Ce n'est sûrement pas un hasard si on l'a renvoyé maintenant.

-Il est passé il y a quelques temps, dit Prim en frissonnant. C'était vraiment étrange Katniss. Il voulait te voir. Il a dit que tu ne devrais pas sortir toute seule et qu'il... qu'il veillerait à ce que les lois soient vraiment respectés maintenant.

Ma petite soeur croise les bras sur sa poitrine, comme si elle essayant de se réchauffer.

-J'avais l'impression qu'il te menaçait.

Bien sûr qu'il me menaçait. C'est sûrement Snow qui l'a envoyé ici pour garder un oeil sur moi. Pour être certain que je joue mon rôle à la perfection, même s'il n'y a plus personne pour me surveiller. Ou encore, pour s'assurer que je ne prends pas la fuite.

Non. Il ne peut pas savoir. C'est impossible. À moins qu'il ait deviné, tout simplement...

Je vais devoir mettre encore plus d'ardeur à jouer mon rôle maintenant. J'ai l'oeil de Snow braqué sur moi et je dois continuer de le convaincre. Plus question de protéger mes sentiments ou ceux de Peeta. Tout ce qui importe, c'est notre sécurité. Il faut tenir ce chef des Pacificateurs à distance pour les quelques semaines qui restent avant notre fuite.

Mais pour l'instant, je dois rassurer ma mère et ma soeur. Je m'approche donc de Prim pour la prendre dans mes bras.

-Ça va aller petit canard. Je ne leur donnerai aucune raison de s'en prendre à nous. Personne ne nous fera de mal, d'accord ?

Ma soeur hoche la tête. Je me sépare d'elle et dépose un baiser sur son front.

-Et si on mangeait maintenant ?

Nous passons à table et malgré ce qui vient de se passer, le repas se passe dans une ambiance relativement détendue, grâce à Peeta surtout qui nous raconte quelques anecdotes sur ses journées passées à la boulangerie. Il fait quelques imitations presque parfaites de quelques clients, ce qui fait bien rire ma mère et ma soeur.

Moi, je prends mon mal en patience. J'attends que nous ayons terminé le dessert avant de me lever.

-Haymitch m'a demandé de passer le voir ce soir... pour discuter de... hum...

Je patine un peu, à la recherche d'un mensonge un tant soit peu crédible.

-... des arrangements à propos du mariage ? propose Peeta, volant à mon aide.

-Oui ! C'est ça ! Des arrangements du mariage ! Ça arrive si rapidement !

Nous prenons congé de ma famille et nous traversons quelques maisons pour nous rendre chez Haymitch. Peeta ne me demande même pas pourquoi je veux voir notre mentor. Je crois qu'il a compris sans que j'ai besoin d'expliquer.

J'entre chez Haymitch sans attendre qu'il m'y autorise et je le trouve, assis à la table, une bouteille d'alcool devant lui.

-Et bien ! Voilà nos amoureux !

Il nous fait un sourire tordu.

-Alors, vous avez entendu la nouvelle ? Ou mieux: vous aussi vous avez reçu une petite visite?

-Snow nous surveille, lâché-je sans y avoir pensé.

-Bien sûr que Snow nous surveille chérie. Que croyais-tu ? Qu'il allait te laisser libre de tes mouvements alors qu'il est persuadé que tu pourrais mener notre petit peuple à la révolution ? Nooooon...

Il prend une gorgée d'alcool sans prendre la peine de se verser un verre, à même le goulon.

-Il nous envoie un petit émissaire, comme un bon coup de pied aux fesses, pour nous faire comprendre qu'il n'est pas satisfait de notre performance. Et sûrement pour nous rappeler qu'il peut nous faire pendre sur la place publique quand bon lui semble !

Je fais un pas vers lui, plus déterminée que jamais.

-J'ai besoin d'apprendre à être amoureuse. Et j'ai besoin de l'apprendre maintenant.

-Ahhhhhh ! Chérie, n'est-ce pas ce que j'essaie de faire depuis des semaines ?

Je secoue la tête. Sincérement, ses talents de professeur laisse à désirer. Il est seul depuis si longtemps, peut-être n'a-t-il aucune idée de comment jouer à être amoureux. Mais je n'ai personne d'autre vers qui me tourner. Je ne peux quand même pas demander cela à ma mère!

-Vous ne m'avez rien appris du tout durant tout ce temps ! protesté-je. La seule chose que vous m'avez demandé, c'est de passer tous mes moments libres avec Peeta et je peux vous jurer que je ne l'ai pas quitté sauf pour dormir et ce, depuis la première journée !

Je me tourne vers Peeta, comme pour le prendre à témoin. Il vient se placer à côté de moi pour me donner son appui.

-Elle a raison. Vous ne nous avez rien appris d'utile jusqu'à présent.

Haymitch pousse un soupir dramatique avant de boire de nouveau. Lorsqu'il repose la bouteille, il s'essuie la bouche sans grâce et dit:

-C'est parce que j'attends mon garçon.

-Vous attendez quoi ? explosé-je. Que les Pacificateurs débarquent chez moi ?

Notre mentor me lance un long regard contrarié, comme si en fait tout était de ma faute.

-Non chérie: j'attends que tu lâches enfin prise.

J'ouvre la bouche, cherchant une réplique, mais je la referme aussi vite. Que veut-il dire ? Lâcher prise sur quoi ?

-Lâcher prise ?

-Que tu te laisses aller... que tu fasses tomber tes défenses... dis-le comme tu préfères, explique-t-il comme s'il parlait à une enfant.

-Je ne comprends pas.

Ce n'est pas tout à fait vrai. Je préfère ne pas comprendre. C'est plus facile ainsi.

Haymitch se lève, vacille un instant, puis il pointe un doigt vers moi, puis sur Peeta.

-Embrasse-le, lâche-t-il simplement.

-Pardon ?

Je recule d'un pas pour m'éloigner de Peeta.

-Tu m'as bien entendu: embrasse-le.

-Non !

Je ne vais pas embrasser Peeta comme ça, juste parce qu'il me le demande ! Déjà que je dois le faire dès que nous sommes en public, mais j'ai veillé au cours du derniers mois à ce que nos lèvres ne restent jamais en contact bien longtemps. Ni trop souvent. Bref, j'ai fait en sorte de m'en tenir au strict minimum au vu des cirsconstances.

Haymitch pousse un grognement furieux et il avance vers moi d'un pas titubant.

-Tu m'as demandé de t'aider alors je le fais. Ce soir, le cours portera sur l'art du baiser. Alors embrasse-le !

Je l'affronte du regard un instant, puis capitulant, je me tourne vers Peeta.

-Tu n'es pas obligé de le faire, chuchote-t-il lorsque je passe mes bras autour de son cou.

-Ça va. Ce n'est pas la première fois.

Je me hisse sur la pointe des pieds et prends soin de déposer mes lèvres sur les siennes assez longtemps pour satisfaire Haymitch. Je n'ai pas envie de renouveller l'expérience. Embrasser Peeta est dangeureux pour moi. Les choses se passent plutôt bien depuis quelques temps, je réussis à contrôler mes émotions, mes réactions en sa présence et je n'ai pas envie que ça change. Une rechute n'est pas envisageable.

Je me recule lorsque j'estime que le baiser a été suffisamment long. Je jette une oeillade provocatrice à Haymitch qui ne se laisse pas impressionner.

-C'était nul.

Je m'offusque aussitôt.

-Pas du tout !

-C'était nul, répète Haymitch. Dis-lui toi !

Peeta lève les mains dans les airs, comme pour se protéger de ma colère.

-Ne me mêlez pas à ça !

-Elle ne me croira pas si tu ne lui dis pas.

-IL ne me croira pas si tu ne lui dis pas ! répliqué-je aussitôt.

Peeta passe une main dans ses cheveux et je sens tout à coup que je ne vais pas aimer ce qu'il va dire.

-C'était... pas nul, s'empresse-t-il d'ajouter devant mon regard meurtrier. Ce n'était pas nul, mais j'ai l'impression que tu n'es pas là quant tu m'embrasses. Comme si tu pensais toujours à autre chose en même temps.

Je croise les bras sur ma poitrine, m'enfermant dans un silence boudeur. Je n'ai rien à répondre à cela. Je pense à autre chose quand je suis obligée de l'embrasser parce que je ne veux plus me laisser emporter. Et c'est la seule solution que j'ai trouvé pour me garder les deux pieds sur Terre dans nos moments d'intimité forcée.

Je ne vais quand même pas lui dire ça, pas devant Haymitch du moins. Ce serait avoué à quel point son contact me perturbe. Alors je garde le silence.

-C'est exactement ça. Et c'est triste parce que j'avais l'impression d'avoir vu une amélioration, ce soir-là à la fête des récoltes. Tu paraissais moins coincée, plus naturelle. Tu n'avais plus l'air d'avoir un balai dans les fesses ! Et j'ai pensé qu'on pourrait faire quelque chose de toi ! Mais j'ignore d'ou tu sortais cette fille parce qu'elle a disparu presque tout de suite après.

Je sens le regard brûlant de Peeta fixé sur moi, mais j'évite de le regarder. A-t-il compris ? Sait-il que c'est ce qui s'est passé chez lui qui a tout changé ?

-Vous êtes jeunes et supposément amoureux ! Alors tous vos échanges devraient dégoulinés de guimauve et de toutes ces choses dégoûtantes comme l'amour et le désir...

La main d'Haymitch se pose sur mon épaule, pesanteet moite. Je ne retiens pas une grimace et je le repousse un peu.

-Hey ! Je ne blâme pas que toi chérie: Peeta est trop gentleman. Il se retient pour ne pas te froisser. Il va falloir qu'il prenne un peu plus le contrôle si on veut y arriver.

Cette fois, c'est sur l'épaule de Peeta que se pose la main d'Haymitch, mais lui ne le repousse pas. C'est plutôt notre mentor qui envoie Peeta vers moi. Il trébuche et s'écrase presque contre moi, mais réussit à reprendre pied à temps. Et il reste là, immobile, beaucoup trop près pour mon bien.

-Katniss, je crois qu'on devrait partir, me murmure-t-il. Il est complètement bourré: on en tirera rien ce soir.

J'hésite un instant. Je voudrais sauter sur cette excuse et partir d'ici. Je voudrais prendre la fuite encore une fois parce que je n'ai aucune envie d'être ici et de me laisser aller, comme Haymitch l'a si bien dit. Et j'ai encore moins envie de laisser le contrôle à Peeta. Ou peut-être que le problème est justement que j'en ai tellement envie que ça me terrorise.

D'un autre côté, si j'attends qu'Haymitch soit sobre pour lui demander conseil... et bien je vais attendre longtemps !

-Non. Ça me brûle la langue de le dire, mais Haymitch a raison. Nous avons d'avantage agi comme des amis que des fiancés. Mais tout vient de changer. On ne peut pas se permettre que ce chef des Pacificateurs doute de nous et qu'il fasse un rapport négatif au président. Snow m'a demandé de le convaincre. Je compte m'y appliquer. C'est la seule façon de survivre...

Haymitch pousse un sifflement moqueur.

-Et bien, il y a un peu de jugotte dans cette petite tête finalement !

Je sers les poings, me retenant de les envoyer sur le nez d'Haymitch. Je ne peux pas faire ça parce que j'ai encore besoin de lui... mais ce serait tellement satisfaisant.

-Et il n'y en a pas du tout dans la vôtre ! me défend Peeta, agacé. Pourquoi n'avoir rien dit avant ? Vous aviez promi de nous aider...

-Hey ! Ne me mets pas votre échec sur le dos ! Je ne suis ni Dieu ni le président... je suis que votre mentor !

-Justement ! On a autant besoin de vous maintenant que pendant les Hunger Games ! Il faut que vous supervisiez Katniss, que vous lui souffliez quoi faire ! Vous savez qu'elle n'est pas douée pour ça !

Je suis l'échange entre eux, passant de l'un à l'autre, la bouche entreouverte. Je n'ai jamais vu Peeta et Haymitch se disputer comme ça sauf peut-être le premier jour, lorsqu'Haymitch a envoyé son poing sur le nez de Peeta.

-Tu me demandes l'impossible ! Je ne peux pas rendre cette fille douée: la seule personne qui peut le faire, c'est elle-même !

-Arrêtez ça maintenant. C'est idiot de...

-Vous ne pouvez pas l'obliger à m'aimer ! s'écrie Peeta sans prendre en compte ma tentative de les calmer.

Je suis devenue invisible.

-Soit elle t'aime, soit on meurt tous, réplique Haymitch, impitoyable.

Le plus horrible, c'est qu'il a raison. Ou plutôt qu'il aurait raison. Mais comme j'ai l'intention de m'enfuir avant le mariage, ça n'ira pas jusque là. Je ne dois pas l'oublier. Nous allons partir et après, tout s'arrangera. Tout sera plus facile.

Oui, j'aimerais être asses naïve pour pouvoir y croire.

Comme plus personne ne s'occupe de moi et que je n'ai aucune envie de participer à cette conversation glissante, je me laisse tomber sur la chaise qu'occupait Haymitch. Je fixe la bouteille d'alcool blanc devant moi.

-Non ! Il y a forcément une autre solution ! Sinon on est tous condamné ! Il faut seulement qu'elle apprenne à jouer un peu mieux son...

-Et tu crois qu'elle va jouer aussi lorsque vous serez obligés de faire des petits Peeta miniatures ?

-J'ai besoin d'un verre, lâché-je en attrapant la bouteille et en la portant à mes lèvres.

L'alcool me brûle en descendant dans ma gorge et le goût est atroce, mais je m'en fiche. Je veux seulement ne plus entendre cette conversation.

-Ça n'ira pas jusque là ! On ne va pas... je ne laisserai pas ça arriver ! Jamais je ne l'obligerai à faire ça !

Haymitch a un rire moqueur.

-Alors tu préfères mourir que de t'envoyer en l'air ?

Je prends une autre gorgée.

- Ne soyez pas aussi vulgaire ! Vous savez que ça n'a rien à voir ! J'aimerais mieux mourir, oui, que de prendre de force quelque chose qui ne m'appartient pas !

-Toi, ne sois pas aussi dramatique ! Tu n'auras pas besoin de la force avec elle ! Tout ce qu'il faut, c'est qu'elle arrête de se cacher. Qu'elle décide si préserver ses sentiments est plus important que de préserver nos vies à tous !

Je bois encore, plusieurs gorgées sans m'arrêter. Ça ne goûte plus si mauvais à présent et mes idées commencent à s'embrouiller. Tant mieux. Je n'ai pas envie de penser, même si je sais qu'Haymitch a raison. Encore une fois.

Je ne réalise pas tout de suite que la conversation est terminée, que plus personne ne crie. Lorsque cet état de fait atteint ma conscience, je relève le regard pour le poser sur eux. Ils se fixent, en silence, partageant visiblement une conversation silencieuse que je ne comprends pas. Mais je suis certaine que ça me concerne.

Je repose la bouteille bruyamment sur la table et cela semble leur rappeler ma présence.

-Hey ! Ne bois pas tout ! s'écrie Haymitch en essayant de s'emparer de sa bouteille.

J'ai encore plus de réflexe que lui et je m'en empare avant qu'il me la vole.

-Vous avez suffisamment bu.

Je porte la bouteille à mes lèvres, juste pour le narguer.

-Je crois que toi aussi tu as trop bu, dit doucement Peeta, mais avec un ton clairement désaprobateur.

Je resserre mes doigts sur la bouteille pour être certaine qu'il ne va pas me la voler.

-Oh toi ! grogné-je en levant les yeux au ciel. Ne joue pas au petit saint: je sais de source sûre que tu ne l'es pas ! Tu trangresses des lois, tu t'ennivres, tu fais des paris, tu te baignes nu avec des filles...

Je vois les yeux de Peeta s'aggrandir et je pouffe de rire.

-Et oui ! Tes charmantes amies m'ont raconté touuus tes secrets !

Je ris encore lorsque je prends une autre lampée et je m'étouffe avec l'alcool. Je me plie en deux, sans pouvoir arrêter de tousser. Haymitch profite de mon innatention pour me piquer ma bouteille.

-Rendez-moi ça !

Je me lève, titube un peu, à peine, mais Peeta m'attrape par le bras. Je ne sais pas si c'est pour me soutenir ou me retenir.

Haymitch me sourit, puis ce traître boit tout ce qu'il reste du précieux alcool d'un seul coup. Puis il pousse un soupir satisfait et s'appuie dans le fond de sa chaise.

-Maintenant que cette discussion passionnante est terminée, au travail ! Peeta, montre-lui comment un fiancé éperdu d'amour se comporte ! Embrasse-la !

M'embrasser ?

Aussitôt, la bouteille d'alcool si convoitée est oublié. Je veux que Peeta m'embrasse.

-Je crois plutôt qu'on va retourner chacun chez soi et qu'on continuera cette conversation demain.

Je fronce les sourcils, mécontente. Quoi ? Il ne va pas m'embrasser ? Mais j'en ai envie ! Je décide donc de prendre les choses en main. Je passe mes bras autour du cou de Peeta et je tends mes lèvres vers lui.

-Allez, embrasse-la !

-Oui: embrasse-moi ! soufflé-je en tentant de ramener sa bouche vers la mienne.

-Katniss, tu n'as pas toute ta tête.

Je m'accroche à lui de toutes mes forces mais il défait mon étreinte sans difficulté.

-Je te ramène.

Il m'attrape par le bras et me traîne vers la sortie.

-Rabat-joie ! crie Haymitch juste avant que nous passions la porte.

Je glousse.

-Rabat-joie, répété-je, juste parce que je trouvais ce mot plutôt intéressant.

Peeta me pousse doucement dans le dos pour que je me mette en route, mais il s'éloigne de moi presque tout de suite.

Je fronce les sourcils.

Une idée fugace à traverser mon esprit, mais je n'arrive plus à mettre le doigt dessus. Ça avait un rapport avec Peeta, avec le fait qu'il ne me touche pas, avec le fait qu'il m'a repoussé lorsque j'ai voulu l'embrasser.

Je m'arrête brusquement, frappée par une illumination.

Il n'y a pas que moi qui n'aie pas bien joué mon rôle. Peeta a agi d'avantage comme un ami avec moi que comme un amant ou un amoureux. Même en public, il a évité toutes démonstrations trop poussées d'affection alors qu'il ne s'en était pas privé pendant la tournée de la victoire.

Que s'est-il passé depuis ? Ses sentiments auraient-ils changés ?

Le monde se met à tourner autour de moi. Mon coeur se serre et je suffoque.

-Katniss ? Katniss, ça va ?

La voix de Peeta me semble venir d'une autre dimension. Je ne prends conscience que je suis à genoux sur le sol que lorsqu'il me relève doucement.

-Crois-tu que tu peux te rendre jusque chez toi avant d'être malade ?

Je hoche la tête, des larmes roulant sur mon visage. Je suis malade. L'idée que Peeta ne m'aime plus me rend malade.

Il passe un bras autour de ma taille pour m'aider à marcher et je n'y tiens plus. J'éclate en sanglots, m'accrochant à sa veste pour le ramener contre moi. Et ne plus jamais le laisser partir.

-Peeta... Peeta...

-Chut. Katniss, ça va aller. Tout va bien aller, murmure-t-il en me serrant dans ses bras.

Je crochette mes bras sur sa nuque, enfouissant mon nez dans son cou pour m'ennivrer de son odeur. La main de Peeta fait des cercles sur mon dos, dans un geste qu'il veut sûrement apaisant, mais tout mon corps frissonne à ce contact. Je soupire:

-Peeta.

Son autre main caresse mes cheveux et je me laisse aller contre lui, toutes craintes envoler. Je me sens bien. Je dépose mes lèvres sur la peau douce de son cou.

-Tu sens bon. Comme les bons pains.

Je le sens rire contre moi.

-Katniss Everdeen, saoule. Je ne croyais pas voir ça un jour.

-Tu pourrais en profiter tu sais. Je ne te repousserais pas ce soir si tu m'embrassais.

Peeta rit encore en secouant la tête.

-Allez viens, avant de dire encore plus de bêtises !

Il m'entraîne vers chez moi. Ma mère et ma soeur sont déjà couchés alors Peeta me propose de me reconduire jusqu'à ma chambre. Grimper les escaliers est trèes difficile alors il me prend dans ses bras pour que je ne réveille pas tout le monde. Il me porte jusqu'à mon lit ou il me borde. Lorsqu'il veut partir, je le retiens par le bras et l'attire vers moi.

Je n'ai pas renoncé à l'idée de recevoir un baiser, mais Peeta se dérobe, évitant mes lèvres qui cherchent les siennes.

-Dors maintenant.

Il cherche encore à s'éloigner, mais je l'attire à moi avec plus de force et il tombe sur mon lit. Exactement ce que je voulais.

Je me dresse au-dessus de lui et je dépose des baisers partout sur son visage. Son front, ses joues, son menton, ses lèvres, son cou. Tout y passe. Il goûte tellement bon.

-Katniss, arrête.

Il dit cela, mais il n'y met aucune conviction.

Je tente alors quelque chose que je n'ai jamais fait: je passe ma langue sur ses lèvres. Cela semble lui faire de l'effet parce qu'il pousse un grognement et que ses mains viennent empoigner ses cheveux.

-Tu vas me rendre complètement fou, marmonne-t-il.

Je passe de nouveau ma langue sur sa bouche, en traçant le contour et cette fois, enfin, il ne me repousse pas. Il s'empare de mes lèvres avec la même passion que chez lui, m'embrassant à m'en faire perdre la tête.

Je passe une jambe de l'autre côté de lui, me retrouvant à califourchon sur ses cuisses, et mes mains passent sous son chandail, caressant la peau douce de son torse. Son torse que j'aimerais revoir...

Ni une, ni deux, je lui retire sa veste, puis son chandail, l'observant pendant un instant à la lumière de la lune. Il est magnifique. Et il est à moi.

Je vois dans son visage qu'il s'apprête à protester, à me repousser de nouveau alors je me jette encore sur sa bouche, laissant mes mains se promener partout sur son corps. La sensation de sa peau sous mes doigts, de son corps sous le mien est aussi grisante que l'alcool blanc.

Peeta se redresse pour approfondir notre baiser et je passe mes jambes autour de sa taille. Même si je voudrais être plus près de lui, je ne le pourrais pas. Mais je suis quand même insatisfaite. Tout ça me laisse un goût de trop peu. Je voudrais plus, sans savoir exactement quoi.

Je romps le baiser pour plonger mon regard dans celui de Peeta, tentant d'y trouver une réponse.

-Katniss...

La voix de Peeta est rauque et pleine de désir. Il ferme les yeux rompant le contact, puis dépose sa tête sur ma poitrine.

-Tu vas me détester demain matin, chuchote-t-il, presque désespéré.

-Non. Je t'assure que non. C'est impossible.

Peeta nous retourne, se retrouvant sur le dessus, et mon coeur s'emballe un peu plus si c'est possible. Il va prendre le contrôle. Il sait sûrement d'avantage que moi ce qu'il faut faire.

C'est ce que je croyais, mais il dépose plutôt un baiser sur mon front et sort de mon lit.

-Bonne nuit Katniss.

Je panique lorsque je le vois s'éloigner. Il m'a encore repoussé, il ne veut pas de moi.

-Peeta ! Attends !

Il s'arrête sur le seuil de ma chambre.

-Attends que je sois endormie. Je t'en prie !

Il revient vers moi et s'asseoit par-dessus les couvertures. Je vois à son visage qu'il se sent coupable de ce qui vient de se passer alors j'attrape une de ses mains et la dépose sur mon visage.

Il me sourit, avec tant d'amour et de tendresse que ça me rassure. Je ferme les yeux, me sentant peu à peu emporter dans le sommeil.

-Reste avec moi, soufflé-je juste avant de tomber dans les bras de morphée.

Et voilà ! Nouveau rapprochement physique entre Katniss et Peeta mais comme celle-ci n'était pas dans son état normal... je ne sais pas si ça compte ! lol

Bien sûr l'arrivée du nouveau chef des Pacificateurs n'est pas là pour rien. Vous allez bien voir !

Prochain chapitre: discussion sur la sexualité entre Madge et Katniss et petit cours sur les baisers pour nos amoureux ! À bientôt !