Merci à Artless Rose (une nouvelle fois xD) pour tes reviews *.* (Et il y a encore du Stephen dans ce chapitre ! x) peu certes, mais il y en a ^^)
Ce chapitre est basé sur les évènements du Raw du 20 décembre 2010, si jamais l'envie vous prend d'aller vous y référer =) J'espère qu'il vous plaira autant qu'il m'a plu de l'écrire! ^^
Bonne lecture à tous et n'hésitez pas à laisser des reviews (histoire de ne pas se répèter ... )
-Amy ! Arrête de bouger !
-Désolée …
Lâché-je confusément à Sonia, la si patiente maquilleuse qui s'afférait tant bien que mal à me noircir les cils à grands coups de mascara. Cela faisait maintenant vingt bonnes minutes qu'elle s'acharnait sur moi, à me recouvrir de fonds de teint, de fard à paupière, de noir, de rouge, de blanc, de vert, sans visible réussite, le tout sous le regard amusé de Mélina et Maryse qui me dévisageaient en ricanant.
-C'est ça, moquez vous de moi ! Lancé-je à leur attention du ton le plus désagréable dont j'étais capable, avant de rajouter dans un grommellement quasi-incompréhensible, De toutes façons j'adore ça !
-Amy !
-Je ne bouge plus !
Conclus-je, évitant lâchement les foudres de Sonia qui me jeta un regard sévère avant de laisser tomber le mascara pour se munir d'un énième petit pot de couleur.
-Pire qu'une gamine ! Même ma fille fait preuve de plus de calme !
Déclara-t-elle en levant les yeux au ciel avant de me coller le dos contre le dossier de ma chaise. Voici maintenant une bonne heure que nous étions arrivés à l'arène. Une demi heure que j'étais assise sur cette fichues chaise, en ayant eu le temps de voir défiler toutes les divas de Raw qui combattaient ce soir. Le show ne démarrait que dans deux heures. Et pourtant, déjà, je sentais mes genoux trembler. A vrai dire, lorsque je m'étais réveillée samedi midi après 14 longues heures de sommeil, je sentais déjà une boule de plomb bien ancrée dans mon ventre. La journée était passée si vite que je n'avais jamais vraiment eu le temps d'y penser sérieusement. John m'avait traîné de l'hôtel à l'arène et de l'arène à l'hôtel, m'avait montré leur salle d'entraînement, m'avais accessoirement appris à monter sur le ring en me glissant entre les cordes, Stephen nous avait rejoint en coup de vent en allant s'entraîner et m'avais glorieusement appris à tomber sans se disloquer une épaule, nous avions discuté, nous avions ris, j'avais fait la connaissance d'un certain nombre de personnes dont je n'étais pas tellement sûre de me rappeler du véritable nom… Le dimanche, Ed, qui avait lui aussi rejoint Austin, m'avait fait un long briefing sur ce à quoi je devais m'attendre. John avait eu raison sur un point. Je m'entendais indéniablement bien avec lui. J'avais réussi à assimiler tout ce qu'il avait tenté de m'enseigner en si peu de temps : l'art du théâtre, et m'avait même gratifier d'un « Tu te débrouilles Amy ! Je pense que tu survivras. Et surtout que tu y prendras goût… ». Puis, il m'avait expliqué en détail la story line qu'il avait monté de toutes pièces. D'abord sceptique, j'avais fini par être entièrement convaincue. En avait suivi un long topo, duquel j'étais sortit comme on sort victorieux d'un entretient d'embauche. Le reste du temps m'avait filé entre les doigts comme du sable.
Et me voilà assise là, à me faire repeindre le visage sous le regard amusé des deux divas, qui se moquent silencieusement du sadisme dont je fais preuve en donnant toutes les peines du monde à cette pauvre Sonia pour le maquillage.
-C'est bon ! J'ai fini !
Lâche-t-elle victorieusement en s'essuyant le front d'un revers de bras. Dans un sourire compatissant, je pivote ma chaise et fais face à mon propre reflet.
-Le jeu en valait la chandelle !
Lance Maryse avant de faire demi-tour dans un rictus amusé et un « Bon, je vous laisse, il n'y a plus rien de drôle à voir ici… ». Elle n'obtient comme toute réponse qu'une rapide sourire méprisant qu'elle ne prend même pas la peine d'observer, continuant sa route en nous tournant résolument le dos. Melina s'avance et se laisse à son tour tomber dans la chaise voisine de la mienne.
-Maryse a raison ! C'est très réussi !
Me lance-t-elle en adressant un clin d'œil complice à Sonia. Celle-ci hoche lentement la tête. Et alors que je m'apprête à mon tour à lâcher un commentaire sur mon propre aspect, une tête coiffée d'une casquette et arborant un tee noir faufile sa tête par l'entrebâillement de la porte.
-Amy Keenan ?
-Oui ?
Réponds-je dans un sursaut en pivotant ma chaise dans un élan qui manque de me faire tomber au sol, me rattrapant de justesse au rebord de la table. Le jeune homme esquisse un sourire avant de rajouter :
-Mondieur Koskley demande si vous pouvez le voir rapidement.
-Oui, eh bien … Tout de suite…
Lâché-je en sautant de ma chaise pour prendre la suite du membre du staff. Celui-ci m'entraîne dans un dédale de couloirs avant de s'arrêter devant une double porte blanchâtre. D'un revers de bras, il me l'ouvre et la laisser se refermer derrière moi, disparaissant dans le couloir.
-Whoua ! Amy est-ce vraiment toi ?
Me lance John en sautant de la table sur laquelle il était assis. Je le dévisage, surprise et flattée avant d'hocher la tête. Alors qu'un « Merci ! » s'apprête à dépasser ma bouche, il continue, cynique :
-Mais dit moi tu es magnifique ! Les maquilleuses font vraiment des miracles !
-Imbécile !
Conclus-je en lui envoyant un coup de pied dans les tibias qu'il évite dans un éclat de rire avant de finalement entourer mes épaules de son bras puissant en me secouant légèrement.
-Allez, je plaisante !
-Tu as intérêt !
Rétorqué-je en bombant le torse. Ma réaction semble amuser mon ami qui me secoue légèrement un mouvement d'épaules. La porte s'ouvre à nouveau sur Ed, qui se frotte l'arrière de la tête d'un air confus.
-Excusez moi, je vous fais venir rapidement et je ne suis même pas capable d'être à l'heure … Mike et Kevin ne sont pas encore là ?
John nie paisiblement. Je lève vers lui de grands yeux interrogateurs. Il me répond par un énigmatique sourire alors que la porte s'ouvre à nouveau dans un fracas et vient s'éclater contre le mur. Dans l'encadrement de celle-ci se dévoile un Kevin, une immense tasse de café passablement brûlante aux vues de la grimace qu'il arbore, suivit de Mike remettant consciencieusement ses manches dans un pli plat et lisse. Tous deux viennent s'adosser à la table sur laquelle John et moi nous sommes déjà assis. Ed nous fait face, un sourire satisfait collé aux lèvres.
-Autre chose que tu as préféré me taire pour que j'ai la surprise ?
Glissé-je ironiquement à John. Celui-ci m'adresse un signe entre l'approbation et la négation avant de désigner Ed d'un signe de la tête lorsque celui-ci se décide enfin à m'expliquer pourquoi il nous a fait venir ici.
Assise dans les vestiaires des femmes, je contemple nerveusement mur grisâtre en face de moi. L'étrange sensation de me retrouver une semaine plutôt me prend au ventre et s'ajoute à la devenue habituelle boule de plomb. A la seule différence qu'il n'y a pas le bras rassurant de John pour entourer mes épaules. Je lâche un juron silencieux à ma propre attention. « Tu l'as acceptée ce travail, maintenant assume ! Tu ne vas quand même pas aller pleurnicher pour avoir de la compagnie ? » Je lâche un soupire en laissant ma tête s'écraser contre le mur rêche derrière moi. Dans un instant de flemmardise aiguë, je lève mon bras à la hauteur de mes yeux et contemples les secondes passer, se succéder sans pouvoir sa rattraper. Trois quarts d'heure. C'est tout le temps qui me reste pour faire abstraction du stress. Et ne pas faire s'effondrer tout le travail des professionnels au milieu desquels je vais, ce soir, faire mes débuts. Dans un soupire, je laisser mon bras retomber mollement. Et alors que je retire ma montre pour ne pas être tentée de faire autre chose qu'observer les aiguilles effectuer des tours de cadrant, la porte s'ouvre et laisse entrer Maryse tous sourires. Melina avait raison. Ils lui ont crées un personnage à l'opposé de tout ce qu'elle est. Alors qu'elle se dirige vers ses affaires, la jolie blonde s'arrête nette et se tourne vers moi. Je lui adresse un sourire hésitant, et la seconde d'après, elle est
à mes cotés, une main fermement appuyée sur mon épaule.
-Le stress du premier live ?
-Ouais …Et puis j'ai peur de décevoir … et j'ai sérieusement l'impression de ne servir à rien …
-Ton personnage Amy, ton personnage ! Fait bien la part des choses, sinon tu va finir par être noyée entre la réalité et ce qui se passe une fois que tu entre sur le ring.
-Oui, mais reconnaît que mon personnage n'a aucune utilité !
-Bien sûr que si il en a une ! Sinon il n'existerait pas !
-Mais je ne fais rien que …
-Tatata ! Ton personnage a son utilité, un point c'est tout. Je pense m'y connaître un peu mieux que toi pour pouvoir t'affirmer ça ! Et regarde, tu n'es pas heel, c'est déjà ça ! Parce que faire sa première apparition en public et se huer par toute une foule, je t'assure que c'est sérieusement déprimant, et pourtant un paquet d'entre nous l'ont fait ! Et regarde où nous en sommes !
-… Tu dois avoir raison …
-Bien sûr que j'ai raison ! Allez ! C'est le stress qui te rend triste comme ça ! Dès que tu auras mis un pied dans l'arène en folie aux cotés du beau John Morrison, tout ira mieux ! Je suis même certaine que tu ressortira de là en sautant de joie !
Sur ces mots, elle se lève et va rejoindre ses affaires pour en extirper une paire de bottes. Et alors qu'elle les enfile patiemment, elle rajoute d'un ton amusé :
-Regarde moi, je rentre bien sur le ring aux cotés de Ted DiBiaise ! Et pourtant je garde la tête haute !
Sa remarque me fais éclater de rire, et elle me rejoint rapidement, rajoutant que je devais lui taire ce détail, qu'il était gentil et qu'il ne méritait pas qu'elle dise ça de lui …
Les mains croisées dans le dos, fermement appuyée contre le mur, je contemple les lumières qui dansent par le couloir d'accès à la salle. La porte, résolument ouverte pour éviter les pertes de temps pour les retardataires, ou les costumes embarrassants comme celui que portaient Kevin et Michael Cole, nous fait parvenir les hurlements de la foule qui couvrent les paroles de Mike. Un petit écran nous retransmet le moindre de ses actes sous les différents points de vue des caméraman.
-Ah, ça va être à moi !
Lance Kevin en suivant d'une oreille distraite les paroles de son ami. Dans un soupir résolu, et se moquant visiblement de lui-même, il se coiffe d'un étrange morceau de tissu plié et replié. Et alors qu'il s'apprête à s'avancer dans le couloir, je le retiens de justesse.
-Ah ! Attend !
Il se retourne, surpris, et a à peine le temps de m'apercevoir réajuster un pan de son étrange chapeau de tissu avant de se hâter jusqu'à la scène où son intrigante musique d'entrée fantomatique résonne déjà. Il me remercie d'un vague geste de la main avant d'entrer sous la lueur bleue des projecteurs.
-Bon …
Lâche Michael, résolu, en se coiffant à son tour d'un haut de forme noir. Il se tourne vers John que j'ai discrètement rejoint et lui lance un regard mi dépité mi amusé.
-J'ai 42 ans … Et je porte un habit de moine sinistre avec des chaînes ! Franchement …
Nous lâche-t-il, éberlué en soulevant les morceaux de métal qui reposent sur ses épaules. Sa phrase nous arrache à tous les deux un rictus moqueur et il se frappe la tête de la paume de main avant à son tour de jeter un bref coup d'œil à l'écran. Kevin a quitté son halo bleu, et Mike a reprit la parole, arborant fièrement sa ceinture de champion de la WWE.
-Allez …
La musique fantomatique résonne une nouvelle fois dans la salle, et des cris désapprobateurs montent de part et d'autre de la foule alors qu'après un regard désespérément amusé, Cole fait son entrée à son tour. Dès que le public l'aperçoit, les cris redoublent. Malgré tout, il brandit son micro et entame de déclamer le texte indiqué sur le script.
John et moi échangeons un regard amusé à la vue de cette entrée pour le moins surprenante.
-Je t'avouerais que je ne sais pas si j'aurais supporté de devoir porter un tel truc…
-Je suis sûre que ça t'aurait plu !
-Pas vraiment, non…
-C'est ça ! Tu veux que je te rappelle tous les costumes ridicules que tu as enfilé quand on était en fac ? Il y a quelques années, tu l'aurais porté et avec joie en plus !
-Oui, mais c'était avant que je devienne le Shaman of Sexy !
Me lance-t-il dans un effet de cheveux accompagné de son si rayonnant sourire. Je le dévisage, dubitative, un sourcil levé vers les hauteurs, avant de finalement pouffer de rire en me retournant vers l'écran. Le visage d'une fillette contrarié bidouillé au moyen d'un montage au rendu étrange s'est animé et s'adresse directement au Miz, qui fixe celle-ci, sceptique.
-Sérieusement, qui a eu l'idée de faire ça ?
M'interroge mon ami qui m'a rejoint dans la contemplation du petit écran. J'hausse nonchalamment les épaules avant d'ajouter « Hof … Certainement la même personne qui s'occupe du design de tes costumes … ». Ma réplique lui arrache une moue outrée avant qu'il ne lance dans un clin d'œil aguicheur :
-Je savais que mes manteaux te faisais de l'effet !
-Je n'avais jamais osé te le dire, mais maintenant que tu l'as découvert…
Rétorqué-je en éclatant de rire, rapidement rejointe par John, qui me frotte affectueusement l'épaule. Je lui adresse un sourire paisible, et constate avec joie que je suis d'une bonne humeur surprenante pour quelqu'un qui se fait écraser l'estomac par une boule de stress. A moins que ça ne soit la nervosité qui stimule ma bonne humeur. Dans tous les cas, je suis extirpée de mes pensées par un membre du staff qui nous fait de grands signes en rajoutant « C'est à vous ! ». Mon ami me lance un clin d'œil amusé avant de me faire signe de le suivre.
-Becaus I'm The Miz ! And IIIIIIII'm !
« Et c'est parti ! » Me lance joyeusement John en attrapant ma main et en me tirant à sa suite.
-AAAAAAWESOOOOOOOOME !
Un riff de guitare coupe Mike net dans sa phrase. Il se tourne d'un air faussement troublé vers l'entrée par laquelle John et moi débarquons dans la salle. Un immense sourire collé aux lèvres, mon ami adresse un signe de la main au Miz avant d'offrir à la foule un air satisfait. Celui-ci nous dévisage, ou tout du moins dévisage John d'un air d'abord dubitatif avant d'afficher une expression contrariée. Sa réaction ne fait que faire s'accroître l'éclatant sourire de John, qui continue sa glorieuse ascension vers le ring en saluant la foule qui l'acclame. Marchant à ses cotés, je m'efforce de rayonner autant que lui en suivant le rythme rapide de ses pas.
-Quel succès Amy !
Me lance-t-il sans quitter Mike des yeux, qui nous toise d'un air supérieur en caressant du bout des doigts son étincelante ceinture d'un geste protecteur.
-Alors, toujours aussi tendue ?
-Non, ça va étonnamment bien !
Réponds-je en me tournant vers lui pour lui adresser mon plus beau sourire. C'est vrai. Tout va bien, tout va très bien. Les cris des fans me portent et j'ai l'impression qu'à chacun de mes pas mes pieds vont quitter le sol. J'ai chaud, trop chaud, d'enthousiasme et de joie.
-En tous cas, tu es rayonnante.
-C'est parce que je suis à tes cotés.
Non. TU rayonnes, toi et ton sourire éclatant, lance silencieusement mes yeux. John m'adresse un clin d'œil complice avant d'attraper furtivement le micro que lui tend un homme arborant un tee shirt noir marqué d'un badge « STAFF ». D'un bond, mon ami saute se hisse sur le ring et écarte les cordes pour me laisser rentrer. Je le gratifie d'un « Merci ! » inaudible au milieu des hurlements de la foule, trop heureuse de voir quelqu'un interrompre leur abject champion. Qui nous fait maintenant face de l'autre coin du ring. A ses cotés, Kevin s'est débarrassé de son costume (passablement à sa plus grande joie) et semble aux aguets de la moindre réflexion. John me jette un regard amusé, puis se tourne vers la foule qui l'entoure et laisse leurs cris approbateurs parler pour lui. Finalement, au bout de quelques secondes, il se décide à porter son micro à ses lèvres.
-Quelle surprise ! Lance-t-il d'un ton amusé, avant de rajouter, Tout ça était vraiment … Ridicule !
Mike semble accueillir son piquant commentaire avec dédain mais jette malgré tout un regard protecteur à la ceinture perchée sur son épaule. La blanche colombe drapée dans sa fierté. Sa réaction semble amuser John qui affiche un grand sourire satisfait et se tourne vers moi. Je ris également. Mais contrairement au script, je ris de joie, de bonheur, de plaisir, je profite tout simplement du fait d'être là autant que j'en suis capable. D'un oreille distraite, j'entends John entamer son discours sur les faits passés à TLC en compagnie de Stephen, sur sa future victoire sur Mike… De l'autre, je capte les bruits des spectateurs qui réagissent à la moindre des paroles prononcées sur le ring. Plus les mots de mon ami s'enchaîne, et plus il se rapproche du centre du ring, jusqu'à venir faire face à Mike qui le dévisage avec amusement et dédain. A ses cotés, Kevin trépigne. Je dois reconnaître avoir du mal à tenir en place également. Mais conformément à ce qu'indique le script qu'on m'a remis la veille, je demeure parfaitement immobile, fixant John, buvant la moindre de ses paroles. Leur sens m'échappe. Un trop grand nombre de détails m'échappe. Je ne capte que de vagues mouvements auxquels je me réfère. Je ne raccroche réellement à leur paroles que lorsque Mike ne se lance dans une mémorable série de « Really ? ». Il observe d'abord la foule. John. Kevin. Et enfin, son regard se pose sur moi. Mon corps effectue une naturel mouvement de recul. Mon geste instinctif lui arrache un sourire moqueur. Alors qu'il entame une nouvelle phrase, Kevin s'interpose entre lui et John, s'étant dangereusement rapprochés. Ne réalisant que « trop tard » ce qui va se passer, je vois à peine l'impulsion que Kevin exerce sur le corps de mon ami et ne peux que le retenir dans mes bras tant bien que mal. John se redresse d'un bond et, après s'être assuré que tout va bien de mon coté, se jette sur le Miz et son acolyte, qui s'écartent tous deux d'un bond. Sans hésiter, John se rue sur Kevin alors que Mike, dans la peau de son lâche personnage, s'empresse de quitter le ring. Paniquée, je commence une longue série d'allers/retours Mike, John, Mike John, l'un penché sur un Kevin roué de coups, l'autre jetant un regard contrarié à la scène sans pour autant intervenir.
Et alors que je m'apprête à esquiscer un mouvement, je sens une présence arriver à toute vitesse à mes cotés et me dépasser. Stephen est monté d'un bond sur le ring et s'est déjà jeté sur John. Les cris désapprobateurs des fans montent de part et d'autre de la salle. Je m'en retrouve tétanisée. Alors que l'irlandais s'apprête à attraper mon ami, celui-ci esquive d'un habile saut de coté et tente à son tour de mettre le géant roux au sol. Il parvient à lui administrer quelques coups de poings bien placés avant que sa tentative n'échoue et qu'il se retrouve plié en deux au sol, replié sur son genou meurtri d'un violent coup de pied. Cependant, il voit Sheamus arriver droit sur lui et se relève d'un bond. Mais sa jambe l'handicape trop et en quelques secondes il se retrouve à nouveau au sol, son visage crispé dans une douloureuse expression. Stephen contemple la scène et entame une ronde silencieuse autour de mon ami, comme un rapace guettant sa proie. Lentement, il détache son regard de Morrison pour venir le poser sur moi. Je me glace sur place, mais la vision de mon ami souffrant au sol l'emporte sur la peur et je me précipite pour m'agenouiller à ses cotés, passant nerveusement ma main sur son épaule, défiant le guerrier celte du regard. Celui-ci fait un pas. Puis deux. Derrière lui, j'observe Alex Riley et le Miz fuir en courant, se retournant parfois pour jeter un regard désapprobateur et vers le ring.
Mon regard revient sur Stephen. L'expression de celui-ci est agressive et distante, et il contemple la scène de toute sa hauteur. Je suis sérieusement impressionnée par le détachement dont il est capable de faire preuve. L'homme qui se tient devant moi n'a strictement rien à voir avec celui-ci qui chantait des paillardes à mes cotés, celui qui débarquait en serviette dans sa chambre d'hôtel, la main fermement pressée sur une maladroite coupure de rasage. Il adresse un dernier regard dénué de la moindre expression à John toujours plié en deux au sol avant de se décider à quitter le ring. Son mouvement est stoppé par trois notes qui résonnent dans l'arène. Leur son stoppe net Mike et Kevin dans leur ascension vers les coulisses. Tout le monde se fige. Les spectateurs retiennent leur souffle. Je relève des yeux inquiets vers Micheal Cole, qui s'est lui aussi débarrassé de son encombrant costume. Lentement, il se dirige vers la tribune où se trouve l'ordinateur du général manager. Je profite de cet instant de suspend pour aider John qui se glisse jusqu'au cordes et vient s'y appuyer, trouvant là une position plus seyante que précédemment. Cole prend quelques secondes avant d'annoncer la sentence du General Manager, qui s'adresse directement à Mike. Je me tourne lentement vers celui-ci, et John suit mon regard.
Un match à six par équipe. The Miz, Alex Riley, Sheamus, contre John Morrison, Jerry Lawler et Randy Orton.
L'effervescence qui s'élève tout à coup dans la salle m'arrache un long et intense frisson. John affiche un éclatant sourire satisfait, tandis que Mike, passablement désarçonné, exhibe sa ceinture en hurlant des paroles inaudibles. Et alors qu'il s'apprête à quitter la salle, Randy Orton, dernier grand protagoniste du futur match débarque, assénant au Miz un coup d'avant bras qui l'envoie rouler au sol. Sa simple apparition déchaîne le public qui s'en donne à cœur joie en acclamations. Après un bref regard à sa pauvre victime toujours au sol, Orton échange un sourire satisfait avec John et Lawler, qui lui rendent à l'identique.
A peine ai-je à nouveau posé un pied dans le backstage que je me fais assaillir par deux bras puissants. Un nuage de parfum m'entoure. Mais, à ma plus grande surprise, ce n'est ni John ni aucun autre homme présent sur le ring avec moi quelques instants auparavant, mais un Melina passablement contente qui, une fois qu'elle a desserré sa puissante étreinte, m'assène une grande claque dans le dos qui me fais grincer des dents.
-Toutes mes félicitations, et bienvenue sur la voie du succès !
Me lance-t-elle d'un ton joyeux. Je lui répond d'un sourire éclatant. Une nouvelle fois, je ne peux que constater et affirmer ce dont je doutais quelques jours plus tôt. Le stress, les tensions, tout ça disparaît, est rapidement happé par les hurlements de la foule. Les flashs. Les lumières. Tout s'accumule et rend le moindre coté négatif de la situation dérisoirement ridicule. Mon sourire béat et mon air d'imbécile heureuse doivent en être les premiers symptômes. Et une nouvelle claque fraternelle m'arrache à cet état de rayonnement permanent. Je lâche une sonore « Melina! » en guise de réclamation de mon pauvre dos, mais seule une voix grave me répond.
-Merci, ma virilité apprécie énormément …
Je rougis instinctivement avant de grommeler un léger « Désolée, mais d'habitude, c'est Melina la spécialiste des grands bourrades dans le dos… », qui ne fait qu'arracher un rictus amusé à Randall. Je pivote lentement vers lui, et mon sourire hésitant semble l'emporter sur le reste d'indignation qui demeurait en lui. Il se contente de nier.
-Je te comprend… Il faut dire que niveau délicatesse, elle n'est pas encore au point…
Le cri désapprobateur qui nous parvient nous fait gentiment remarque que la concernée est toujours là, n'écoutant que d'une oreille la conversation qu'Alicia Fox dont j'ignore le véritable nom tente de lui tenir. Remarquant ce détail, je glisse discrètement à Radall, toujours à mes cotés :
-Ehmmm … Alicia Fox, c'est le nom de son personnage ou …
-Victoria. Elle s'appelle Victoria.
La concernée lève brièvement la tête en entendant son nom avant de retourner à sa grande discussion avec Melina. Toutes deux finissent pas jeter un bref coup d'œil à l'écran et constater que c'est à leur tour d'entrer en scène. Melina m'adresse un grand sourire et embrasse furtivement John avant de filer dans la salle où déjà les premières notes de son thème résonnent. Victoria ne met pas longtemps à la rejoindre. Et alors que je me tourne à nouveau vers Randall, nous apercevons une silhouette au costume étincelant nous dépasser en courant. Au commentaire ironique que lui lance Mike (« Encore en retard dit moi… »), en chemin pour les vestiaires, elle ne répond que par un bref :
-Oui, c'est ça, allez ...
Et disparaît, happée par la lumière de la salle.
-Eve ne sait pas être à l'heure. C'est terrible.
Me lance-t-il, moqueur. S'ajoute rapidement un « Oui, j'en connais une autre qui a du mal… » de John qui, comme toute réponse, n'obtient qu'un regard noir de jais qui semble le faire rire encore plus. Il daigne finalement cesser de se moquer ouvertement de moi au bout de quelques longues minutes et me lance :
-Besoin de quelque chose ?
-Non, rien du tout…
-Je te proposerais bien un café, mais le tournage m'appelle …
Rajoute-t-il en apercevant un homme armé d'une caméra s'impatientant en leur faisant de grands signes, à Randy et lui.
-Si tu te sens trop seule… Bah, je ne doute pas une seule seconde de ta capacité assez impressionnante à te trouver des amis… On se retrouve ici pour ta sécance ?
-Ca marche !
-Disons dans … une vingtaine de minutes ?
-Ok !
-Et soit à l'heure !
-Oui ! Allez, va-t-en, ne te fais pas prier !
Lui lâché-je, excédée en le poussant vers le couloir où l'attendent à présent le caméraman qui n'a pas cessé ses gesticulations ET Randall. John m'adresse un bref signe de la main avant de sa hâter à la suite de ces messieurs.
