Titre : Loneliness, chapitre 7 : Deep Water.

Genre : Romance, humour, drama.

Résumé : Rumeur & Honte.

Warning : Yaoi, OOC, cucu, marques commerciales, vulgarité.

Rating : K+

Disclaimer : Je ne possède pas -Man et les personnages appartiennent donc non pas à Kappauf mais bel et bien à Katsura Hoshino.

A/N : Après un lemon horriblement nul et un chapitre « subconscient » assez merdique, revenons un petit peu sur les bases, c'est-à-dire humour débile et amour cucu. Un petit peu de Drama aussi quand même parce que vu ce que j'ai fais avec le personnage de Kanda & Lulu… Enfin bon, c'est parti pour un nouveau chapitre destiné au peu de lecteurs qui me restent. Bises.

Loneliness, Chapitre 7 :

« Deep Water ».

Je sortis de la rame et mis la carte dans ma poche. Je m'étonnais de qui avait pu bien écrire ça. J'espérai que le rêve que j'avais eu la veille n'était pas une réalité. J'inspectais la station. Il n'y avait pas de cadavres dans les toilettes, ni de choses bizarres dans la salle de surveillance et il n'y avait pas de bureau qui s'étendaient en nombre jusqu'à l'infini. « Huh, qu'est-ce que je peux être con. » Je vérifiai les grilles. Elles étaient ouvertes. Je descendis jusqu'à la rame qui remontait chez moi, sans apercevoir l'œil gris, caché sous une masse capillaire insalubre, qui était en train de m'observer.

J'irai directement au Starbucks ce matin, inutile que je me fasse engueuler par Cross parce que je ne lui avais pas fait le dîner. J'attendais dans la rame le temps que j'arrive à ma station. Le train s'y arrêta. Il n'y avait toujours personne dans ces fichues stations. Je restai dans le train. 15 minutes d'ennui plus tard, j'arrivais au Starbucks, où je commandai mon petit déjeuner habituel. Je montai à l'étage et eu la surprise d'y trouver Lavi et Lulu qui avait une tête d'enterrement. « Salut ! ». J'étais apparemment le seul à avoir un tempérament rayonnant. Ils me lancèrent tous deux un « Salut. » d'une voix grave et monotone. Lulu monta les yeux vers moi et me dis avec empathie « Désolé, on est en réunion de crise. Kanda m'a quitté, et il menace de tout dire à propos de votre relation. En gros, vous êtes dans la merde et je suis en pleine dépression. » Je ne m'en souciais plus guère. J'avais admis que je n'étais pas la personne la plus malheureuse du monde, suite à la chance que j'avais eu de survivre dans (mon rêve ?) la chose que j'ai vu la nuit dernière. « Pas une once de joie ? Moi hier j'ai parlé avec une serial killeuse et elle m'a épargné. » Lulu ricana « Quel joli rêve. Moi j'ai rêvé que j'avais une vie merveilleuse avec Kanda. Après j'ai rêvé que j'avais hurlé dans la rue et que je me prenais pour Dieu et après j'ai rêvé que je le torturais. » Et Lavi, enfoui dans son café, me lança « J'ai rêvé qu'un fou voulait me tuer, et que j'ai pris un bain de lames de rasoir avec toi. ». J'étais vraiment le seul à ne pas être au bord du suicide « Ah, c'est… merveilleux… Prenons un café et sourions béatement ! » Nous sourîmes béatement en effet mais nous ne pûmes rester ainsi que quelques secondes à cause de l'ambiance d'une lourdeur exagérée. Lavi garda son sérieux « Qu'est-ce qu'on va faire avec cet enfoiré ! Il a sûrement dis ce qu'il a vu à tous les types dans son répertoire. Tout le monde est déjà au courant. On est fichu. Aide-moi, et plantes moi cette paille dans l'aorte. » Lulu fit mine de lui prendre la paille qu'il brandissait. « Non, c'est moi qui en ai besoin. Après la ruprture d'hier soir, Kanda voudra se venger. Je parie que cet enculé veut vous détruire pour mieux me détruire ensuite. Vous n'êtes que le début. » Et là, tout à coup, un élan de fraîcheur, de spontanéité et d'optimisme régna à la table. « Bon, au moins on est pas les plus dans la merde ! » Puis je tapais l'épaule de Lulu pour lui apporter courage au cours des épreuves à venir. Lulu sourit légèrement « Oui, mais là n'est pas la question, là, c'est vous deux. J'ai pas envie d'avoir deux loques au bord du suicide quand il s'en prendra à moi. » Je ne m'en faisais plus tellement à propos de ça « Et ben on ne dit rien aux enfoirés qui nous demandent si la rumeur est fondée, on en parle qu'aux amis et on évite que la rumeur se propage à Cross et aux parents de Lavi. De toute façon, le lycée trouvera bien un jour une rumeur plus croustillante ! Yen a au moins une par jour… Espérons qu'un trafic de drogue ait lieu, on sera plus vite oubliés. Lulu, pourquoi tu ne vendrais pas de la beuh ? » Lulu se retourna, écarquilla les yeux et me fit un O d'indignation « Je ne vends pas. Et puis, au bout d'une semaine c'est sûr c'est oublié. Mais pour éviter que vos parents l'apprennent, comment on fait ? » Et là, une idée, un miracle apparut dans mon esprit « On les nie, et on fait semblant de sortir avec une fille, qui sera, en l'occurrence, toi. » Lulu et Lavi étaient surpris de ma réponse « Pas au collège, mais ce soir, j'arrive avec Lulu à mon bras et je la présente en tant que ma nouvelle copine à Cross. Et le lendemain, ce sera au tour de Lavi. » Lavi hocha la tête « Pas coooon… Je suis pour. » Je levai vite la main « Je suis pour aussi. » Et Lulu baissa la tête avec dépit « Je me soumets. » Lavi commença à secouer les bras et à paniquer « IL EST 8H27 » Vu que les portes du collège ferment à 8h30, nous nous hâtâmes légèrement.

Une fois arrivés, les portes fermèrent dans notre dos. La foule se tût et ne regardait que nous. Nous n'étions plus d'aucun camp. Nous n'étions plus branchés, ni ringards, ni normaux, ni incroyablement inintéressants. Nous étions intéressants. Nous étions des bêtes de foire. Le silence se rompît et laissa place aux chuchotements. Le chuchotement des ragots. Nous nous tûmes. Et Lavi continua à marcher en regardant le sol, et il sourit. Je suivis le mouvement. Lulu aussi. Nous n'étions plus des bêtes de foires. Nous étions des imbéciles heureux. Nous levâmes le regard et nous regardâmes les gens dans les yeux, ils détournaient le regard, ils avaient honte. Et c'est là, que d'un élan d'héroïsme incroyable, je montai dans la vie scolaire et pris le microphone. Les surveillants ne disaient rien. Ils voyaient ce qui se passait dans la cour, ils n'opposèrent donc aucune résistance à mon intrusion sonore. « Sincèrement, vous n'avez rien d'autre à foutre ?! Oui, j'avoue, je suis gay. Et Lavi est gay. Mais c'est rien ! On aime qui on aime ! Des gens peuvent aimer des gens du même sexe. Et ça ne fait pas d'eux des monstres. Alors, juste, fermez vos gueules, laissez-nous vivre. C'est pas ce que vous faisiez quand vous croyiez qu'on faisait partie de votre norme ? Lâchez-nous. »

Je reposais le micro. Je me retournais. Je pris Lavi et Lulu par le bras et je sortis de la vie scolaire. Et là, comme une provocation profanatrice, je me levai sur un banc, j'entraînai Lavi dessus et je l'embrassai devant toute le foule, qui ne trouvait rien à dire. Ils se retournèrent, honteux, et firent comme si de rien n'était. Ils étaient puérils, ennuyeux. Banals et d'une normalité affligeante. Je redescendis, et le temps fut de mon côté. La sonnerie sonna. J'entrai donc dans ma salle d'histoire, délaissant Lavi, m'installant vite au fond au côté de Lulu et m'éloignai des conversations qui voulaient débuter.

Le cours était comme d'habitude, ennuyeux et inintéressant. Sauf que là, il y règnait une atmosphère de triomphe : mon triomphe, j'ai fais mon « coming-out », et je l'ai fais en beauté. Je me foutais de l'avis des autres. Lavi aussi. C'est tout ce qui comptait. J'étais heureux. Une fois que nous eûmes entendu le pourquoi du comment de la décolonisation de l'Inde, nous partîmes à notre cours d'Anglais.

Toujours aussi chiant. Nous avons eu une rédaction à faire sur un thème qui m'a semblé très adéquat à la journée d'aujourd'hui « Racontez une histoire d'amour ». J'ai décidé de faire dans le banal, dans ce qu'il plaît à tout le monde, dans ce qui est d'une normalité affligeante : Une fille nunuche et chochotte et ultra-timide tombe amoureuse d'un garçon blond aux yeux bleus et elle n'ose pas le lui dire et après ils tombent amoureux, elle se fait engrosser et c'est la fin. J'aime écrire de la merde. Après avoir étalé ce sujet débile sur une double page, la cloche sonna et je dus à nouveau faire face à la foule qui n'avait de toute évidence toujours pas évolué.

Ils ne disaient rien, ce qui était une bonne chose. Moi et Lulu rejoignîmes Lavi et Leenalee afin d'avoir une conversation intelligente et constructive. Leenalee me vit arriver, me fit un gros (énorme) câlin, la bise, puis me dit « Allen ! » Son visage se ternit légèrement « Je suis désolé pour toi et Lavi d'être entourés de gens étroits d'esprit. Mais tu as eu raison de dire ce que tu pensais. C'était très bien. » Je rougissais légèrement. Je hais les compliments « Merci ! C'est gentil. Et comment la populace a appris le fait qu'on… ? » Et à ma non surprise, Leenalee me répondit ceci « Oh, c'est Kanda qui a envoyé un mail à une partie du collège et après ça a circulé au bouche à oreille. ». Je tapais du pied puis je regardais Lulu « Je le savais ! Ca pouvait être que ce connard. Pourquoi es-tu sortie avec un tel con ». Lulu restera toujours Lulu « Il était beau. Et niveau sexe c'était parfait. Il me suffisait amplement. ». Je cherchais quelque chose de sarcastique à lui lancer à la gueule… « Note pour plus tard : offrir un joli vibromasseur pour Lulu à son anniversaire. ». Elle m'écrasa le pied avec fougue et véhémence, causant la sortie d'un « AAAH ! ». Elle était contente et fière d'elle et me narguait amplement. Cependant, mon attention se fixa sur Lavi « Ca va ? Les autres ne sont pas trop chiants ? ». Il haussa les épaules « Non, mais j'ai peur que mes parents l'apprennent. ». J'avais oublié ce détail. Et Cross ? Comment je vais faire avec lui ? Lui qui est le symbole de l'hétérosexualité et de l'aventure d'un soir ? Je suis bon pour le bûcher… « Mais on a déjà un plan avec Lulu ! ». Il ne restait pas convaincu « Oui, mais imagine que ça foire ! ». Et c'est là que je commençais à me faire du souci. Je ne savais pas quoi répliquer. « Et bien… ». Je fus interrompu, ou plutôt sauvé par la sonnerie. Et c'était parti pour les deux heures de sport du Mardi. J'étais le seul garçon à détester ça. Ca pue la sueur, ça fait mal, c'est chiant. En plus, les garçons étaient dans un autre groupe que les filles. Et les garçons de ma classe étaient d'une puérilité et d'une étroitesse d'esprit déconcertante. Je détestais vraiment ça.

15 minutes plus tard. Nous avions pris le bus. Nous arrivâmes à la salle de sport. Nous avançâmes vers les vestiaires. Je détestais ça. Le fait de ne pas avoir d'intimité pour se changer. En plus, avec mon bras difforme, la tâche était encore plus honteuse. Une fois arrivés dans les vestiaires, les garçons me passaient devant et ne me laissaient pas entrer. J'ai entendu quelques paroles venant de leur bouche : « Ne le laisse pas rentrer ! J'ai pas envie qu'il me viole ! Les filles c'est l'autre groupe ! ». Venant d'une bande de crétins boutonneux accros aux jeux de foot et à la masturbation, ces remarques ne me blessaient pas. J'entrai tout de même. Je me changeai. Je faisais mine de ne plus entendre leurs idioties méchantes. Même si ces personnes valaient bien moins que moi, le moment restait dur à passer. Je finis de me changer sans dire mot et je sortis de la pièce en laissant la porte grande ouverte. J'arrivais sur le terrain extérieur. Aujourd'hui, à ce que je voyais, nous allions avoir foot. Génial, en plus c'est vraiment le sport que je déteste le plus. Vie de merde. Une fois arrivé au milieu, le prof de sport commençait déjà à gueuler. « ALLEZ ! EN ÉQUIPE DE DEUX !!! BANDE DE FÉNIASSES !!! ». Génial. Est-ce que le destin avait envie de s'acharner sur moi aujourd'hui ? Encore une fois, une merde m'arriva : Je me retrouvais avec le type que je détestais le plus dans la classe. Pas besoin de description physique, il se résumait en un mot : LAID. Laid dans les deux sens : Physique (cheveux gras, visage imitation pizza, morve au nez, yeux vert caca d'oie et dents pourries) et Psychique (gros connard d'enculé de merde). « Alors, ça va la tapette ? ». Je décidais de ne pas m'abaisser à son niveau. J'avais un niveau de langage élevé et un vocabulaire large. Je n'avais pas besoin de me lancer dans un marathon d'insultes. Le prof continuait les instructions. Nous avions un terrain pour deux et chacun devait mettre son ballon dans le but de l'autre. Rien de plus chiant.

Après ces 1 heures et demi de blagues pourries, d'insulte et d'ennui sportif, nous retournâmes nous changer. J'enfilai vite mes affaires afin de partir de l'antre de la promiscuité qui puait la sueur et qui contenait un nombre incalculable de cons. Nous montâmes dans le bus, je mis en marche mon iPod et nous partîmes pour 15 minutes de route qui allait me faire rejoindre le soutien de mes amis, et de la personne qui était la plus chère à mon cœur.

Une fois arrivé, j'eus l'impression que la mentalité de la foule avait évolué, car son intérêt envers nous n'était plus que minime. Ou alors ils venaient de trouver une rumeur plus fraîche. Je rejoignis mon trio d'amis déprimés. « Ca va ? ». Leenalee était la seule personne rayonnante. Je me demande comment elle fait. Elle est toujours rayonnante. Je sais, elle prend du LSD. « Oui oui oui ! Et toi le sport ? Ah, sûrement pas j'imagine avec les garçons… ». En plus elle pouvait savoir ce que ressentent les autres ! Mais que prend-elle en plus du LSD ? De l'arnica ? « T'as tout deviné. Je me suis retrouvé avec la bande de crétins boutonneux accros aux jeux de foot et à la masturbation. ». Lulu et Leenalee acquiescèrent et dirent en même temps « Le pire c'est que c'est exactement ça. » Leenalee continua « La majorité des garçons et comme ça et le plus triste c'est que… » Et Lulu, avec son optimisme incroyable, termina la phrase « … c'est que ça se détériore de plus en plus avec le temps. Je sais pas si c'est à cause de la sexualité parce que tous les mecs hétéros que je connais sont des cons. ». Je trouvais son discours un petit peu discriminatoire mais j'acquiesçais bêtement, car contredire Lulu termine toujours par un débat cinglant de plusieurs heures. Lavi, qui n'avait pas fait signe de sa présence jusqu'ici, demanda en continuant à regarder le sol « On va bouffer ? ».

Nous fîmes la queue jusqu'à l'intérieur du self mais je me tracassais pour Lavi. Cette attitude ne lui ressemblait pas. Je lui demandais au creux de l'oreille « Dis moi ce qu'il s'est passé. » Et Lavi haussa les épaules. « Rien. ». Il mentait très mal. Comment moi, qui aime savoir faire exemple d'hypocrisie quand j'en ai besoin, peut aimer un type si honnête ? Il est trop parfait. Je décidais de garder sa fausse affirmation pour le moment. Je le prendrai à part après le repas. Nous arrivâmes au niveau des plats. Je pris une salade composée, un beignet au nutella et le seul plat disponible : des courgettes fluorescentes avec de la crêpe au lait caillé. Oui, car à ce stade ce n'était pas du fromage mais du lait pourri. Nous nous installâmes après avoir désespérément cherché une table dans le tumulte et l'ambiance bruyante du réfectoire. Personne ne disait rien. Trop occupés à manger. Trop fatigués. Trop déprimés. Ils étaient tous occupés à manger leur nourriture au goût et à l'aspect douteux. Après une salade mangeable, je mangeai mes courgettes fluorescentes au goût passable en camouflant ma crêpe au rien sous une couche épaisse de serviettes et de pain. Je finissais en me régalant de la suprématie de la « grasseur » : Le beignet au nutella. Le gras coulait quand on le touchait. Ca sentait le gras. Ca goûtait le gras. C'était du gras. Nous quittâmes le self sans dire mot.

Après avoir pris 932 kg en un seul repas, nous retournâmes dans la cour, trouvâmes un banc libre et s'assîmes dessus. Il faisait chaud et bon. Le ciel s'était dégagé. C'était rare pour la saison. Leenalee s'étirait et baillait « J'aurais dû prendre un T-Shirt à manches courtes ! ». J'aimais ce temps, quand il ne faisait pas trop chaud et qu'on pouvait sentir les doux rayons du soleil sur sa peau. Mais c'est toujours au moment où on en a le moins besoin qu'une merde arrive. Juste alors que nous finîmes moi, Lavi, Lulu et Leenalee de retirer nos vestes, le ciel s'assombrit à une vitesse folle. Lavi regarda et commença à râler « Je crois que j'ai senti une goutte ». Il croyait. En un instant, cette légère rosée se transforma en putain de pluie diluvienne. En Angleterre, la pluie est fréquente, mais elle n'est pas souvent aussi forte. Nous essayâmes de remettre nos vestes le plus vite possible. Lavi avait le zip de sa veste qui ne voulait pas se fermer « Putain de Merde ! ». Une fois que nous fûmes couverts, j'essayai de me lever histoire de me mettre à l'abri. Lulu me fit un non de la tête. Elle sortit son parapluie. Heureusement, il nous couvrait tous les 4. C'est ce qu'on pouvait appeler un « King Size Umbrella ». Je me demandais quand même où est-ce qu'elle a bien pu se l'acheter. « Où est-ce que t'as trouvé un parapluie aussi grand ? ». Je levai la tête pour voir les motifs. « Ne me dis pas que… ! » Mais Lulu affirma « Et siiii… ». Leenalee ne comprenait pas ce que nous comprenions. « Je ne comprends pas de quoi vous… » elle leva la tête pour voir ce qui m'avait choqué « Oh putain ne me dit pas que … ». Et Lulu continua avec son air fier « Et oui. ». Et Lavi termina d'affirmer notre désarroi « MAIS C'EST UN BURBERRY ??? ». Et c'était un Burberry. Cela me troublait quand même légèrement. Comment une fille si jeune pouvait avoir un parapluie aussi cher. C'est alors que je me souvins que sa mère était multimillionnaire. Je trouvais ça quand même con de mettre autant d'argent dans un parapluie « C'est d'un ringardisme… Tous les riches ont des parapluies de riches ! Ce serait plus original d'en voir se trimballer avec un parapluie éco + ! ». Leenalee continuai ma thèse, très sérieuse « Oui. Ce serait un chamboulement majeur dans le monde de la mode. ». Et Lavi conclut avec brio « Oui, ce serait comme… un bon bounty : une symphonie de couleurs et de sensations. ». Lulu paraissait vexée du fait que l'on arrête de la flatter. « Mais, tu sais, on fait ça parce qu'on te jalouse ! ». Lulu me regardait avec les yeux pleins de joie « Oh, c'est vrai ???! ». Et elle m'enlaça longuement. Finalement, on ne dirait pas, mais elle est assez sensible.

La sonnerie sonne. Pendant notre temps libre nous n'avions rien trouvé de mieux que de continuer à parler du parapluie de Lulu. Maintenant moi et elle devions nous rendre en salle d'Espagnol. J'avoue n'avoir jamais accroché avec cette matière. Certes, la prof était dynamique, enthousiaste, géniale, merveilleuse (on pouvait même la qualifier de « Bon Bounty ») mais je n'aimais pas cette langue. Les conjugaisons étaient trop latines, l'accent était trop bizarre, les mots étaient compliqués, enfin bref, ce n'était pas mon truc. Je restais là à la regarder parler. Elle faisait son cours. Je m'efforçai de suivre. Quand on a un prof sympa, il faut quand même le soutenir moralement pour ne pas qu'il tombe dans la dépression face à une bande d'ados à moitié endormis. Le cours se passa bien, je ne fus pas interrogé, à mon grand bonheur et on me rendit une très bonne note. La cloche sonna. Je rangeai mes affaires en hâte et j'allais maintenant vers la salle de maths.

J'ai toujours aimé aller à cette salle à cause du couloir. En fait, la salle était dans la partie rénovée. Quand on était à l'étage, le couloir qui allait vers la salle de maths donne une vue sur le hall, d'où on pouvait voir tout le monde. Lulu appelait ça le « Suicidariat » à cause du manque de sécurité que procurait la barrière, minuscule. Je passais deux ou trois minutes à observer la masse grouillante et stupide des élèves plaintifs. C'était plus distrayant qu'un documentaire animalier. J'en ferais un DVD. J'appellerais ça « Analyse du micro cosmos de la stupidité. ». Nous rentrâmes, à mon plus grand désespoir, en cours de maths. Bien sûr, mes pensées se tournaient vers autre chose que la méthode de substitution. Je repensai à Lavi. C'est là que je me rappelai que je ne lui avais pas demandé ce qui n'allait pas. Il fallait que je le sache. Je mourrais d'impatience. Chaque minute semblait une journée. Une heure semblerait un an. Je m'énervais sur ma chaise. Je mordillais mon stylo. J'étais impatient. Lulu commença à le remarquer « Mais Allen, Calme-toi ! ». Je la regardais avec étonnement. Ca se voyait tellement ? « Ah, désolé. ». Le reste du cours de maths continua à se dérouler dans ce climat d'ennui et de complexité qui lui était propre. Et là, quand on commençait à ne plus l'attendre, la cloche sonna, telle le messie. Telle Dieu qui sauve les martyrs ! C'était un moment de joie et d'exaltation intense. Je me hâtais de ranger mes affaires, mis ma veste en vitesse et courut dans le couloir, délaissant la pauvre Lulu dans mon sillage.

C'était la deuxième récré. Celle que je préférais. C'était toujours la meilleure parce qu'on était tous fatigués, et c'est quand on est fatigué qu'on a les meilleurs délires. Je vis arriver Lavi. Il n'était toujours pas dans son assiette. Il n'avait pas l'air de nager dans le désespoir le plus profond, mais il ne rayonnait pas de bonheur, ce qui était mauvais signe face à son attitude normale. « Lavi, qu'est-ce que tu as ? ». Il n'y avait ni Lulu, ni Leenalee. Elles étaient restées devant la salle de Maths, nous laissant un peu de temps pour bavarder. « Rien… ». Il regardait le sol. Je m'étonnais à quel point il mentait mal. « Je sais que quelque chose cloche, qu'est-ce qu'il y a ? T'as ton arrêt de mort pour ce soir ? ». Il me regardait. Il n'avait pas trouvé ça drôle. Ce n'était pas censé l'être vraiment. « Non. C'est juste que… J'ai vu Kanda toute à l'heure. Il a vu que ça ne nous a pas beaucoup affectés que tout le collège le sache… ». Je n'aime pas les phrases à trous « Et… ». Il prit son souffle et il m'expliqua « Il menace de le dire à nos parents. ». J'ai eu un choc. Pas un petit choc. Le choc qu'on sent dans la gorge et qui fait mal. Je ne me sentais pas bien. Je courais aux toilettes. Je vomissais. La nourriture que j'avais ingurgitée était devenue méconnaissable. Elle était déformée. C'était fascinant. Et je restais là. Seul, face à mon excrément gastrique. Je le contemplais. Et je pleurais. Et là, la cloche sonna. Je ne voulais pas qu'on me trouve ici. Je suis donc, à mon non-envie, retourné en classe pour subir le cours d'Anglais.

Le cours d'Anglais était toujours, anglais. Mais il passait vite. Trop vite. J'aurais aimé qu'il dure le plus longtemps possible. Je visionnai déjà Cross, prenant mes valises et les balançant par la fenêtre. Je voyais Lavi subir la même chose. Et je nous voyais tous deux, obligés de vivre dans le métro désaffecté avec aucune nourriture, et être obligés de pratiquer le cannibalisme pour survivre. Et c'est moi qui l'aurais tué. Et puis j'aurais fini par sauter sur les rails pour qu'un des métros vides m'écrase. Il fallait que je me calme. Ce soir, j'irais dormir chez Lulu. Il faut que je lui en parle, à elle et à Lavi. La cloche sonna.

Nous sortîmes de la classe en trombe, essayant de rejoindre Lavi le plus vite possible. Je savais quoi faire. Réunion de crise au Starbucks. Après l'avoir rejoint à la sortie, nous nous installâmes dans mon lieu préféré afin de converser, calmement, sur le problème plus qu'épineux du ''foutage à la porte''. Personne ne parlait. Je commençais à parler de mon plan. « J'ai un plan. ». Ils se tournèrent tous deux vers moi en attendant la suite. « Nous n'avons qu'à leur envoyer un message pour dire qu'on dort chez Lulu pour la nuit. Oh, un détail, on peut dormir chez toi ? ». Lulu sourit et affirma « Meuuuuh Oui ! ». Au moins une bonne nouvelle. « Donc, plus tard, vers la nuit, on ira tous les trois espionner ma maison. On entrera par la porte de derrière et on verra ce que fait Cross. S'il est au bord du suicide et qu'il parle de moi en disant 'Mais pourquoi donc ??!', je suis condamné à vivre chez Lulu pour un mois. Sinon, je peux retourner le voir le lendemain. Et puis après, on fait pareil pour la famille à Lavi ». Les deux n'avaient pas l'air convaincus. Lulu prit la parole. « Bon, écoutez, ce plan ne m'enchante pas trop, et il a l'air un peu craignos, mais franchement je vois pas ce qu'on peut faire à part ça. ». Lavi affirma « Bon, il nous reste plus que ça à faire. ».

Nous terminâmes notre café délicieusement merveilleux puis nous nous mîmes en route vers la rame de métro. Maintenant, je savais qu'elle était moins empruntée parce qu'une nouvelle était construite mais là quand même, pour qu'elle soit complètement vide… Nous montâmes dans la rame. Encore 15 minutes de métro. Nous ne parlâmes pas beaucoup. Nous étions dans un état semi-végétatif à cause de trois choses : le mauvais temps, la fatigue et la peur que nos parents sachent à propos de notre relation. 10 minutes s'étaient écoulées. Rien ne s'était passé, mais ce n'était pas ennuyeux, c'était… reposant. On ne parlait pas, on ne bougeait pas. C'était presque si on ne respirait pas. J'étais à moitié endormi. Les lumières du métro commençaient à clignoter. Je voyais quelqu'un derrière la porte, qui me regardait avec un couteau. Lavi et Lulu l'avaient vu mais ne paniquaient pas. Nous restions assis à l'observer nous observer. C'était agréable. A la limite, j'aurais préféré me faire tuer qu'affronter Cross. Nous arrivâmes à la station. Le train s'arrêta. Je me rendis compte que l'homme au couteau n'était en fait qu'une hallucination due à la fatigue. Dommage.

Nous sortîmes de la rame. Nous remontâmes jusqu'à la rue et nous rentrâmes chez Lulu. Nous allâmes dans sa cuisine et nous sautions sur le pot de Nutella. C'est fou comment on se tourne vers les choses mauvaises pour la santé quand on ne va pas bien. Serait-ce du masochisme ? On s'en fout, tant qu'on aime ça. Nous étions tous sur le canapé, à regarder la télé. Le pot était au milieu, nous avions tous nos cuillères. Nous terminâmes le pot en 15 minutes. Nous continuâmes notre soirée stupide à regarder les facétieuses péripéties de « Ally McBeal », toujours désespérément et désespérément avocate. Après une cinquantaine d'épisodes, nous décidâmes qu'il était temps (19h15) de prendre une douche et de faire nos devoirs. Lulu y vint en premier et je commençais mes devoirs. Je n'avais pas grand-chose à faire mais ça me faisait chier quand même. Lavi termina la feuille de maths qu'il avait à remplir en 30 secondes. Je le regardais et l'enviais énormément « Lavi ?! ». Il me regarda après avoir fermé son sac « Quoi ? ». Et là, je lui lançais le plus adorable des regards dont j'étais capable. Personne ne pouvait y résister. PERSONNE. « Tu veux bien faire mes exos de maths ? ». Je lui tendis la feuille et il me dit, presque en me remerciant « Oh, oui, bien sûr. Merci ». Le 'merci' était de trop. Légèrement sarcastique à mon goût. Mais une fois qu'il eut fini, il me dit « Mais il y a une condition. ». J'écoutais, ennuyé d'avoir quelque chose à lui devoir « Laquelle est-ce ? ». Il me regarda et il me fit, avec des yeux de chien battu « Fais moi un bisou. ». Je le regardais et soupirai « Tu sais, t'avais pas besoin de me faire tes yeux de chien battu. ». Je rangeai la feuille dans mon sac, me mit sur ses genoux et l'embrassa. J'adorais ça. Même si je trouvais ça vulgaire en public (oui, car tous les gens désespérément célibataire rêvent de tuer les couples qui se bécotent), mais cela avait un effet merveilleux. Je me sentais léger. J'oubliais presque l'histoire de Cross et de ses parents. Nous entendîmes Lulu sortir de la salle de bain. « J'ai fini !!! ».

Nous montâmes tous les deux à l'étage. Lulu nous regarda avec un regard interrogateur « Vous allez pas quand même le faire dans MA salle de bain ??! ». Je la rassurais et lui tapant sur l'épaule « Mais non ma guenon ! Rappelles-toi, tu as DEUX salles de bain à l'étage. ». Elle semblait triste « Oui, mais moi je vais me retrouver toute seule comme une conne. ». Je lui filais ma feuille de maths et lui fit un bisou « Je me dépêche. Pendant ce temps, recopie mes maths. ». Elle me souriait « Oh, c'est trop gentil !!! ». Après un gros câlin, je réussis à me débarrasser de l'emprise de la pieuvre câline, puis je me dirigeai vers la salle de bain de la chambre de ses parents. Je vis Lavi derrière moi « Tu sais, je t'aime, mais je n'ai pas envie de CA maintenant. ». Je lui fis un bisou sur les lèvres et lui claqua la porte au nez. Je la fermai à clef, je me déshabillai, entrait dans la douche et me laissai aspirer quelques minutes dans une torpeur agréable, écoutant le bruit de l'eau chaude qui coulait et la regardant tomber sur ma peau. Après ce spectacle d'une inutilité déconcertante, je me savonnai, me rinçai et me rhabillai. Lavi n'était plus derrière la porte, j'entendais que le jet d'eau de l'autre salle de bain était en marche. Je descendis voir Lulu qui venait juste de terminer de recopier. « J'ai été si rapide ? ». Elle me regarda en niant de la tête « Non, c'est juste que je m'y suis mis ya 2 secondes. ». Je la regardais et me posai une question essentielle, vitale, importante « Qu'est-ce qu'on fait à manger ??! ». J'avais la flemme de cuisiner, et à la voir, elle aussi. « On va commander du chinois, franchement, j'ai pas envie de cuisiner. Demande à Lavi si ça le gène pas. ». Je montai et gueulai à travers la porte « CA TE DERANGE PAS SI ON COMMANDE DU CHINOIS POUR CE SOIR ??? ». Je l'entendis gueuler très fort pour se faire entendre. Le jet d'eau faisait énormément de bruit « NON NON !!! ». Je redescendis voir Lulu. « On commande maintenant ? ». Elle attrapa le téléphone, me le tendit avec l'annuaire et me lança d'un air solennel « Oui, j'ai faim. ». Elle m'avait refilé une des tâches les plus ingrates : la commande. Oui, en effet, le type qui répondait au téléphone faisait peur. Il ne faisait pas peur, il terrorisait. « Qu'est-ce que tu veux Lulu ? ». Elle me regarda d'un air impatient et me répondit « Tu nous prends tous les 3 des nouilles sautées et du porc au caramel. Maintenant, COMMANDES ! ». Je déglutis et composais le numéro. La voix à glacer le sang répondu « QU'EST-CE QUE VOUS VOULEZ ?!! ». Je perdais le courage, j'étais prêt à raccrocher. Lulu me regardait avec compassion « Allez, tu vas y arriver. ». Je repris courage et je combattis la voix horrible de mon interlocuteur « Je veux… ». La voix me coupa brutalement « ON DIT PAS 'JE VEUX' ! ON DIT 'JE VOUDRAIS' ». J'étais au bord des larmes « Je voudrais 3 portions de riz cantonné et 3 portions de poulet frit. ». J'étais soulagé d'avoir fait ma commande mais Lulu me regarda avec stupeur « C'est pas ça. ». Il fallait que je corrige ma commande « NON, excusez-moi… ». La voix me hurla dessus « NON, JE NE VOUS EXCUSE PAS !!! ». Je commençais à m'énerver. Je lui répondis « Je veux 3 portions de nouilles sautées et 3 portions de nouilles au caramel. Et je m'en contrefous de tes excuses de merde sale enfoiré ! On commande ici quasiment toutes les semaines, c'est pas en traitant les clients comme des merdeux que tu vas pouvoir vivre. Si tu continues comme ça ducon, tu vas te retrouver seul dans la rue et tu vas être obligé de manger ton bras pour survivre. Alors je t'ordonne de me demander pardon. ». Lulu me regardait, surprise, béatement, attendant la réponse de celui que je venais d'engueuler. « Pardon. VOTRE COMMANDE DE MERDE ARRIVERA DANS 15 PUTAINS DE MINUTES !!! ». J'étais heureux de voir qu'il n'avait pas changé. Je raccrochais. Lulu me félicita « Bravo, tu as surmonté cette épreuve avec brio. ». Mais là, une question me trottina dans l'esprit « Mais, qui est-ce qui va lui ouvrir ??! Pas moi, j'ai surmonté un long dialogue. ». Lulu secoua les mains « Non, pas moi, ne me regarde pas… ». Et c'est là que Lavi arriva, tel le messie. Nous le regardâmes longuement avec un sourire tordu. Il nous regarda tous deux « Quoi, qu'est-ce qu'il y a ? ».

Je devais le préparer pour ce qui serait une des épreuves les plus éprouvantes de sa vie. Je lui donnais £20 en vitesse pour qu'il n'ait pas à rester trop longtemps avec lui. Je lui expliquais les gestes de survie simples qui lui permettraient à s'en sortir. « Il sonne. Tu entrouvres légèrement la porte, juste assez pour que les boîtes passent. Tu prends les boîtes, tu donnes le billet et tu fermes en vitesse. Et après, tu cours te cacher dans la cuisine, tu guettes son départ par la fenêtre et après peut-être pourras-tu continuer à avoir une vie sans séquelles. ». Lavi semblait étrangement paniqué. Lulu l'encourageait « Ne t'inquiète pas, tu vas t'en sortir. ». En attendant, nous regardâmes la télé 10 minutes. Puis nous entendîmes sonner. Nous encourageâmes Lavi à l'unisson « Tu peux y arriver ! ». Il se leva, incertain, prit le billet et entrouvrit la porte. J'entendis la merveilleuse voix du livreur. « TES PUTAINS DE COMMANDES DUCON !!! ». Lavi attrapa les boîtes et lui tendit le billet de £20. Le livreur se calma « ALLEZ CONNARD, BONNE PUTAIN DE SOIREE !!! ». Lavi ferma la porte aussitôt, courut dans la cuisine, attendit en regardant par la fenêtre que le diable parte puis réussit à se calmer 5 minutes plus tard.

Le cœur de Lavi battait encore vite. Nous nous lassâmes d'attendre son retour sur terre et nous rejoignîmes la table. Le repas était délicieux encore une fois. Certes, le type du téléphone était exécrable, le livreur était exécrable et le cuisinier devait aussi être exécrable mais la nourriture y était divine. Lavi se remit de ses émotions et nous rejoignit. Nous savourâmes ce repas comme si c'était un BON BOUNTY. Lavi goûta avec appréhension puis lança « MAIS C'EST TROP BON CE PUTAIN DE TRUC !!! ». Chose à noter : la bouffe chinoise fait dire putain. Après nous être délectés de nos merveilleuses nouilles et de notre gratifiant porc au caramel, nous pleurâmes d'extase puis nous clôturâmes ce festin avec un magnifique taillefine aux pruneaux dont Lulu clamait les bienfaits gustatifs « Tu vois, un taillefine aux pruneaux, c'est la petite touche qui rend un repas inoubliable. ». Je n'avais pas peur de l'affirmer « Oui, tu as raison. Nous sommes fiers d'aimer… LE TAILLEFINE AUX PRUNEAUX !!! ». Lavi nous regardait d'un air horrifié, comme si nous étions des Smarties cannibales « Mais, qu'est-ce que cette folie taillefinesque ? Le diable serait-il en vous. DEMON, SORS DE CE CORPS !!! ». Je le regardais avec exaspération « Non, tu ne peux pas comprendre. Tu as pris des fraises. Tu es exclus du cercle très 'hype' des mangeurs de taillefine aux pruneaux. ». Lulu hocha la tête « Oui, tu ne mérites pas de nous côtoyer. Sors de nos vies. Lavi se levait de table. Je lui rattrapais le bras « Non, ne pars pas, nous te pardonnons. Tu n'es peut-être pas à notre hauteur spirituelle, mais je te permets de me servir. ». Lavi me regarda dans les yeux et me lança avec joie « Merci, vous êtes trop bons !!! ». Et je lui répondis « Oui oui, je sais. ». Je m'approchais de lui et rajoutais à son oreille « Et ce soir, tu vas être mon esclave. ». Lavi ne dit rien mais me rougit beaucoup et me fit pleins de gros sourires.

La télé indiquait 10h15. Je déclarais qu'il était l'heure de lancer l'opération commando. Lulu alla éteindre les appareils et les lumières de la maison, nous attrapâmes des vieux collants, nous fermâmes la porte à clef puis nous partîmes à notre expédition musclée. Nous stressions beaucoup. Mais ce qui est bizarre, c'est que quelquefois, quand on stresse, on est asocial et on ne parle pas, et quelques fois on se tape des fous rires incroyables pour un rien. C'était merveilleux. Nous entrâmes dans la station de métro. Je crus entendre un cri. Surement le fruit de mon imagination mais de toute façon ce n'était pas le moment de jouer les 'ghostbusters'. Nous rentrâmes dans le train qui venait d'arriver et allâmes vers ma station. Nous eûmes cinq minutes à patienter à l'intérieur. Cinq minutes extrêmement longues où nous rîmes pour un rien. Lavi bougeait les mains comme un aliéné. « Mais qu'est-ce que t'as Lavi !!! C'est le chinois, il t'a empoisonné !!! ». Lulu continua « TU AURAIS DU MANGER UN TAILLEFINE AUX PRUNEAUX !!!. ». Je la regardais en hochant la tête « Je suis la voix de la sagesse. Elle, la voix de la raison. Il faut nous écouter, sinon tu pourriras en enfer avec des hémorroïdes et un ordinateur pourri. Il ne te restera plus que tes yeux pour pleurer ! ». Lavi sanglota « Malheur, pourquoi ai-je pris des fraises ???! ».

Nous entendîmes le train s'arrêter. Nous étions arrivés à ma station. Nous qui étions en train de rire une minute plus tôt, nous affichâmes une tête d'enterrement des plus déprimantes. Nous sortîmes de la station, nous traversâmes les deux trois rues qui séparaient ma maison de mon moyen de transport préféré et nous arrivâmes devant le pas de porte. Je vérifiai que personne n'était dans la rue, et j'escaladai la clôture qui séparait mon jardin de la rue où s'étendait au moins un milliard de maisons identiques. Nous grimpâmes tous les trois. J'arrivais devant la porte de derrière. Je voyais que la cuisine était éteinte et que le salon était traversé uniquement par la lumière de la télévision. Je finissais d'établir mon plan « J'ouvre discrètement la porte, j'inspecte dans la maison si il n'y a pas eu de problèmes apparents et je pars en fermant la porte. Vous attendrez dans la cuisine et surveillerez Cross. Si il y a mouvement, Lavi me bipera avec son portable et on sort le plus vite possible. Normalement, il n'y aura pas de problème. ». Lavi ne semblait pas très rassuré « Et, si il nous voit et qu'on a pas le temps de partir ? ». Je lui tapais sur l'épaule « Et bien il appellera la police mais vu qu'il n'y aura pas eu entrée par effraction on aura très peu d'ennuis légaux. Par contre, moi, je me ferais démonter. ». Je glissais la clé dans la serrure très lentement. Je tournais la clé avec un silence magistral et je réussissais pour une fois à ouvrir cette porte sans la faire grincer. Nous laissâmes nos chaussures à l'entrée et marchâmes en chaussettes dans la maison sans aucun bruit. Lavi et Lulu se placèrent dos au mur qui séparait la cuisine et le salon pour observer les mouvements de Cross. A la télé il y avait un match de foot et on pouvait voir les mouvements de bras de mon maître qui semblaient décrire un trajet 'bière-bouche'. Lavi me fit un clin d'oeuil pour m'indiquer que je pouvais y aller. Je commençais mon tour d'inspection.

J'avais ma mini lampe torche. J'éclairais la cuisine. On pouvait voir quelques débris d'assiettes cassées sur le sol et un désordre incroyable. C'était assez habituel à vrai dire. Je continuais dans le couloir. Le cadre qui contenait la photo où j'étais avec Mana avait disparu du buffet de l'entrée. Je commençais à légèrement m'inquiéter. Je montais les escaliers recouverts de moquette rouge que j'avais toujours trouvés d'un goût horrible. Le buffet du palier ne contenait plus une seule photo. Plus de photo de moi et Lulu, plus de photo de moi et Mana au parc d'attractions. Je remarquais que dans les albums qui étaient rangés dans le meuble, les photos où je figurais avaient été enlevées, ce qui laissait de nombreuses pages blanches dans ces albums où je figurais sur quasiment toutes les images. Dans la salle de bain, je remarquais grâce à un doux fumet que la chasse n'eût pas été tirée. Par contre, sur le lavabo, ma brosse à dents et mon dentifrice ne figurait plus, dans la baignoire, mes gels douches et autres shampoings avaient disparu, mes parfums avaient disparu de l'étagère et ma brosse à cheveux s'était volatilisée. J'allais dans la chambre de Cross. Le seul endroit où rien ne manquait, sûrement parce que c'est le seul endroit où aucun objet n'a de rapport avec moi. Puis je m'attendais au pire. Je rentrais dans ma chambre.

La première chose que je remarquais était que la porte antérieurement blanche portait désormais des marques noires. Du brulé. Je poussais la porte. Le spectacle auquel j'assistais me mettait les larmes aux yeux. Mon lit était nu et désossé. La commode était vide et détruite. Mon ordinateur s'était fait exploser. Et la cerise sur le gâteau. Dans la petite cheminée qu'il y avait à l'autre bout de la pièce, tous mes effets personnels brulaient. Mes photos. Mes vêtements. Mes effets personnels. Tout brulait. Je remarquais tout de même qu'il avait oublié quelque chose : tous les objets que je mettais dans ma pochette à bandoulière étaient restés intacts, car je les avais pris samedi pour le shopping et je l'avais laissé chez Lulu. Il me restait donc un porte monnaie vide, mon iPod, mon appareil photo, mes lunettes de soleil. Je remarquais aussi qu'il n'avait pas remarqué le téléphone portable que j'avais tombé de l'autre côté du lit. Il aurait pu bien me servir la nuit dernière. Je le pris, puis descendis silencieusement. Lavi et Lulu me firent signe que tout allait bien. Il devait dormir. Nous sortîmes par la porte de la cuisine, fermâmes la porte à clef, enjambâmes la clôture et courûmes jusqu'à la station de métro. Tandis que nous attendions la prochaine rame, Lulu semblait être inquiète « Tout s'est bien passé ? ». Je regardais le sol « Non. ». Elle me lançait un regard étonné « Qu'est-ce que tu as vu ? ». Je me mis à sangloter « Tous mes objets… Il les a détruits… sauf le portable, il l'a pas vu. J'ai plus de vêtements, mon ordi est mort… Il me reste plus que les objets que j'ai laissés chez toi. ». Lavi et Lulu se passèrent de commentaire et montèrent dans la rame avec moi en me tenant par les épaules.

Nous prenions la rame qui revenait chez Lulu. La station où nous devions nous arrêter était celle qui était juste après la station de la rue commerciale. Nous avions donc au moins 20 bonnes minutes de métro. Nous ne disions rien. Le seul bruit que nous pouvions entendre était celui de mes sanglots qui commençaient à prendre fin. Ils ne disaient rien pour trois raisons. La première : j'étais d'une humeur massacrante. La deuxième : ils stressaient beaucoup pour notre deuxième visite nocturne. La troisième : ils commençaient à être fatigués. Le train s'arrêta en nous sortant de notre torpeur. C'était la station de Lulu. Je regardais ma montre. Cela ne faisait que 5 minutes que nous étions montés. Nous patientâmes 10 minutes. Arrêt. C'était celle de la rue commerciale. Et enfin, le train s'arrêta 10 minutes plus tard. Nous arrivâmes à la station de la maison de Lavi. Je prenais quelque chose au distributeur histoire de nous réveiller un peu. Un Red Bull. Je n'en avais jamais pris j'en goûtais. Le goût était horrible. Ca sentait le malabar. Ca avait la couleur de l'urine. Ca moussait comme de la bière. Et le goût était le mix de ces 3 choses. J'en passais à Lavi, qui avala avec difficulté puis vint le tour de Lulu qui se sacrifia et finit la canette en essayant de ne pas garder le goût en bouche trop longtemps.

Après la dégustation de cette boisson infecte, nous rejoignîmes la maison de Lavi. Elle n'était pas très loin. Elle n'était pas comme la mienne : ce n'était pas une rue où toutes les maisons étaient identiques, et la sienne était assez jolie et paraissait très grande.

Ce quartier était assez paisible. Il avait vraiment l'allure de ces jolis quartiers dans les films, où tout le monde se connaît, fait la fête et partage les ragots croustillants. Un de mes endroits de rêve, juste après un appart gigantesque avec vue sur Time Square. Quartier classieux, quartier majestueux, quartier bourge. Lavi devait avoir une vie sociale très étendue, ce qui n'était pas mon cas. Mes voisins sont des cons, Cross n'a QUE des ennemis. C'était désespérant. Je préférais oublier la nullité de ma vie avant que des larmes soient visibles

FIN DU CHAPITRE 16.

A/N : Désolé pour le manque d'originalité et l'absence de cohérence de l'histoire. Vous pouvez remarquer aussi ce chapitre est légèrement plus court que les autres, dû au fait que je préférais raconter la visite chez Lavi dans le prochain chapitre. Hum, sinon, je me demande quoi dire d'autre... Ah, oui, j'écris comme une merde, mais ça vous l'avez plus ou moins déjà compris. Et cependant, je vais le redire pour la 123456853216615 fois, je vous aime, vous qui êtes capable de supporter la lecture d'un récit aussi mal écrit. Je vous fais de grosses bises, et prochain chapitre pour le… Samedi 6 Juin 2009 en début de soirée ^^ Restons précis. Bon, je vous laisse, au revoir. Et n'oubliez pas, j'aime les reviews, même négatives.