Cette fois, je sens que vous allez m'aimer en voyant la taille de ce chapitre^^ N'étant pas une sadique, je n'ai pas eu le coeur à l'interrompre en plein milieu d'une scène, donc voici pour vous...
Bonne lecture
ooOoo
Chapitre 7.
Rodney avait mal dormi malgré les calmants de Carson. Tellement mal dormi qu'il était épuisé ce matin. Non, en fait c'était même plus que ça. Il était comme… vidé, comme mort à l'intérieur. Pas étonnant qu'il n'ait pratiquement pas dormi à la vérité, il avait pensé à John toute la nuit. Et il avait fini par en arriver à la conclusion que son compagnon était encore en vie, parce que dans le cas contraire il l'aurait forcément senti. John et lui étaient bien trop liés pour ne pas se rendre compte de ce genre de chose, quelque soit la distance qui les séparait. Pourtant cette idée ne lui remontait que très sommairement le moral, parce que s'il ne parvenait à le retrouver cela ne servirait pas à grand-chose de le savoir en vie.
Ainsi perdu dans ses sinistres pensées, il sursauta lorsque Radek posa une main amicale sur son épaule. Et merde ! pensa-t-il. Même à cette heure-ci il n'y avait pas moyen d'être tranquille. Il avait pourtant fui l'infirmerie très tôt pout éviter de tomber sur Carson, dont la sollicitude à son égard frisait l'excès, et avait fait l'impasse sur le petit-déjeuner – ce qui n'était pas un véritable sacrifice dans la mesure où il se sentait bien incapable d'avaler quoi que ce soit – pour venir directement dans son laboratoire, où il espérait rester seul le plus longtemps possible. Mais évidement c'était trop demandé à Radek de lui foutre un peu la paix ! A croire que personne ne comprenait ce qu'il traversait. Se détournant de la fenêtre devant laquelle il était planté depuis un bon moment, n'ayant toujours pas trouvé le courage de se mettre au travail, il se tourna vers son collègue et se contenta de le regarder fixement, l'air hagard.
« - Ouh là ! souffla Radek, surpris.
- Quoi ?
- Ne vous vexez pas, mais… enfin vous avez vraiment une sale tronche. Vous êtes sûr de ne pas vouloir aller dans vos quartiers vous reposer ?
- Ben voyons ! La tarlouze de service qui n'arrive pas à surmonter la disparition de sa tapette de petit-ami, amusant hein ? s'écria Rodney d'un ton rogue. Mais je vous en prie, n'hésitez surtout pas à vous marrer et à le raconter autour de vous. »
Etonné par un tel comportement, Radek s'écarta de quelques pas.
« - Mais enfin, pourquoi cette réaction Rodney ? Que je sache je ne me suis jamais moqué ni de vous ni de John concernant votre histoire. Bien au contraire, j'ai toujours été l'un de vos plus fidèles soutiens. »
Rodney hocha la tête tandis que son visage se radoucissait.
« - Je vous demande pardon, je suis… J'ai passé une mauvaise nuit, alors je ne sais plus trop ce que je dis »
Effectivement, pour qu'il en arrive à s'excuser de cette façon c'est qu'il était vraiment au trente-sixième dessous. Pourtant, une fois n'est pas coutume, Radek n'eut pas le cœur à le taquiner.
« - Il ne faut pas que vous vous inquiétez, on le retrouvera très vite. Lizzie est sur le pied de guerre avec Lorne depuis quatre heures ce matin pour mettre sur pied les recherches. Alors je crois que le mieux que vous ayez à faire c'est de vous occuper de vous afin que John vous retrouve en bon état à son retour.
- Comment pouvez-vous être si sûr qu'il reviendra ? Comment pouvez-vous le savoir ? Tout ce que je sais c'est que personne ici n'a la moindre idée de l'endroit où il a été emmené.
- Vous devez essayer de garder espoir. Je sais combien ce que vous traversez est dur, mais vous…
- Non ! l'interrompit brutalement Rodney. Vous n'avez pas la moindre idée de ce que je traverse, d'accord ? Vous, quand vous aurez fini votre journée de travail vous pourrez retrouver Elizabeth, passer la nuit avec elle. Alors que moi… Moi je suis seul, et peut-être définitivement. »
Tandis qu'il parlait, il pouvait sentir les larmes monter. S'essuyant rageusement les yeux, il reprit d'un ton enragé.
« - Et puis j'en ai marre que tout le monde essaie de me remonter le moral. J'aimerais que vous me foutiez tous la paix, que vous me laissiez déprimer si c'est ce dont j'ai besoin !
- Rodney…
- La ferme ! Je ne veux plus rien entendre ! Je veux John, juste John. »
Et alors que sa voix se brisait, il s'approcha de la table la plus proche, se saisit de la première chose qui lui tombait sous la main, à savoir un microscope, et le jeta à travers la pièce. Il attrapa ensuite son portable et lui infligea le même sort. Radek se mit précautionneusement sur le côté pour éviter de rester sur la trajectoire de l'un de ces objets volants et brancha sa radio pour appeler Carson à la rescousse. Il s'approcha ensuite de Rodney, qui en était à frapper la fenêtre avec un tabouret, et tenta de le ceinturer, mais rien à faire, l'autre tenait bon.
« - Rodney, vous devez vous calmer. Carson va arriver, il va vous aider.
- M'en fous. Je veux qu'on me le rendre ! Je veux juste qu'on me le rende ! »
Cette fois il pleurait vraiment, mais semblait s'en moquer, ou plus probablement ne s'en était même pas rendu compte, tout en continuant à cogner sans fin son tabouret contre la fenêtre. Radek revint de nouveau à la charge, tenta de raisonner son ami, sans grands résultats. Rodney n'avait pas du tout l'intention de l'écouter et encore moins de se laisser faire. Avec toute l'énergie du désespoir il parvint à se débarrasser de Radek en l'envoyant voler à travers la pièce. Le Tchèque atterrit lourdement sur le sol dans un cri de douleur.
ooOoo
Carson, arrivant sur ces entrefaites avec son équipe, vit Radek tenter de se relever en tenant son bras endolori au moment où la vitre mise à mal par Rodney éclatait finalement en morceaux. Il avait décidément bien fait de se dépêcher, c'était plus grave encore que ce à quoi il s'était attendu.
« - Marie, occupez-vous de Radek, lança-t-il d'une voix assurée en se dirigeant pour sa part vers McKay. Henry, venez avec moi. Et pour l'amour du ciel faites attention aux morceaux de verre… »
Verre qui avait volé dans une bonne partie de la petite pièce, recouvrant le sol et tout le matériel à proximité. Rodney pour sa part semblait bien s'en moquer. Il s'était laissé tomber à genoux au milieu des morceaux coupants et pleurait comme un bébé. Craignant une nouvelle fois qu'il ne perde son calme, Carson fit signe à l'infirmier de se tenir prêt à intervenir. Lui-même sortit une seringue de la poche de sa blouse dont il injecta le contenu dans le bras de son ami d'un geste expert avant de s'accroupir près de lui.
« - Ça va aller dans un instant Rodney, lui dit-il d'une voix douce en le prenant dans ses bras. Tu vas très vite te sentir mieux.
- Je ne veux pas aller à l'infirmerie, marmonna le scientifique.
- Pour l'instant tu n'as pas vraiment le choix. Mais je te promets de bien m'occuper de toi. Henry, approchez la civière s'il vous plaît, nous allons l'allonger. »
Et tandis que Rodney chuchotait des paroles incohérentes, au milieu desquelles Carson entendit néanmoins plusieurs fois le prénom de John, les deux hommes l'installèrent sur la civière, où il sombra presque immédiatement dans l'inconscience.
« - Qu'est-ce que vous lui avez donné ? interrogea Radek, qui avait fini par se relever.
- Un simple calmant. Il devrait se réveiller assez vite. Radek, que s'est-il passé ?
- C'est de ma faute. Je lui ai sorti des banalités comme quoi nous allions vite retrouver John. C'était complètement absurde de lui dire ça. Il m'a fait comprendre que personne ne pouvait comprendre ce qu'il traversait, ce qui est vrai à mon avis, puis il est devenu comme fou.
- Oui, je craignais bien qu'il se passe quelque chose dans ce goût là, confirma tristement Carson. Je voulais m'assurer qu'il aille bien avant de le laisser quitter l'infirmerie, mais il s'est enfui, littéralement, avant même que je ne reprenne mon service. Je vais l'y ramener et cette fois il y restera aussi longtemps que je l'exigerais.
- Prenez bien soin de lui.
- Bien sûr. Et vous, ça va ? Il ne vous a pas fait trop mal ?
- Ce n'est pas grand-chose. Je m'en sortirai certainement avec un simple bleu.
- Tant mieux. Je préférerais néanmoins que vous passiez me voir dans la matinée. Je vais l'emmener à présent. Je vous laisse prévenir Elizabeth si vous voulez bien.
- Oui, je m'en occupe tout de suite. »
Carson le salua rapidement puis escorta son patient vers son antre. Radek les suivit du regard en soupirant. Pauvre Rodney. A la vérité, il comprenait totalement sa réaction parce que si lui-même perdait Lizzie il y avait fort à parier qu'il devienne fou furieux. Maintenant il ne lui restait plus qu'à prévenir sa compagne justement, ce qui l'embêtait beaucoup étant donné qu'Elizabeth était déjà suffisamment sur les nerfs depuis la veille.
ooOoo
John faisait les cent pas dans la petite pièce que l'une des familles avait mis à leur disposition à Kolya et lui-même. Le Génii pour sa part dormait encore comme un bienheureux, mais c'était trop demander à John. A chaque fois qu'il était parvenu à somnoler durant la nuit, c'était pour rêver de son compagnon. Immanquablement il finissait par se réveiller en sursaut, plus malheureux à chaque fois. Aussi, lorsque le soleil avait commencé à se lever avait-il décidé d'arrêter les frais et, ne voulant assister au spectacle du lever du jour – c'était quelque chose qu'il faisait généralement avec Rodney, seul cela n'avait aucun intérêt – il marchait sans fin en regardant tout ce qui l'entourait. C'était plutôt spartiate comme endroit. Une pièce beaucoup moins grande que ses quartiers sur Atlantis, meublée en tout et pour tout de deux petits lits, une commode et une chaise. Enfin, il n'y avait pas lieu de se plaindre, cela aurait pu être pire, bien pire. Ils auraient pu être obligés de dormir dehors, ou, pire encore, la pièce n'aurait pu comporter qu'un grand lit, ce qui l'aurait obligé à le partager avec Kolya. Oui, décidément, concernant leur logement il avait le cul bordé de nouilles. Pour le reste en revanche c'était une toute autre histoire. Il n'avait toujours pas la moindre idée de la façon dont il allait pouvoir se tirer de là. Et y avoir pensé des heures durant n'y avait pas changé grand-chose.
« - Dites, vous pourriez pas arrêter de remuer pendant cinq minutes, dit tout à coup Kolya en s'asseyant au milieu de son lit.
- Désolé. Je n'arrive pas à dormir.
- C'est ce que j'ai cru comprendre. Moi en revanche jusque-là je n'avais aucun mal à y parvenir.
- Comment faites-vous ?
- Quoi ? Pour dormir ? Personne ne vous a donc jamais appris ?
- Très amusant, railla John. Pour réussir à dormir dans ses conditions ?
- Les lits sont plutôt douillets et la pièce agréable, je ne vois pas vraiment où est le problème.
- Vous le faites exprès, c'est pas possible ! Je voulais parler de notre situation. Si je ne m'abuse, vous êtes coincé tout autant que moi sur cette foutue planète.
- Ah, ça. Eh bien j'essaie d'en prendre mon parti. C'est pas en me rendant malade que je vais pouvoir y changer quoi que ce soit.
- Facile à dire, grogna John.
- Probablement. Il est clair également que la présente situation est plus facile pour moi que pour vous. Moi je laisse une vie d'errance derrière moi. La plupart de mes rares amis ont été tués par Cowen et son régime corrompu. Je ne perds pas grand-chose. Vous en revanche… Atlantis, vos amis et McKay bien sûr.
- Ah non, vous n'allez pas recommencer avec vos allusions !
- Sheppard, je vous ai entendu prononcer son prénom à plusieurs reprises cette nuit, alors il est vraiment inutile pour vous de continuer à nier. De toute façon je me fiche bien de ce qu'il peut exister entre vous. En revanche vous soulageriez ma curiosité en m'expliquant comment un homme tel que vous peut être attiré par McKay. »
John serra les dents en entendant cette réflexion. C'était quelque chose qui lui avait été souvent demandé sur Atlantis tant Rodney semblait être insupportable aux yeux de tous. Il n'avait jamais de réponse toute faite à donner. Il aimait Rodney, point. Au-delà de cela il ne pouvait en expliquer la raison. Et il n'allait certainement pas s'y essayer auprès d'un homme qui avait été son ennemi – et celui de Rodney par la même occasion – jusqu'à la veille.
« - Franchement je n'ai aucune envie d'aborder ce sujet avec vous Kolya.
- Soit. Cela aussi viendra en temps voulu j'imagine.
- Dites, c'est pas parce qu'on a décidé de faire une trêve que vous allez subitement devenir mon meilleur ami.
- Bien sûr que si, s'amusa le Génii. Nous finirons pas devenir amis pour la bonne et simple raison que nous n'aurons pas le choix. »
Tandis que John lui lançait un regard noir, il se leva et enfila son pantalon, qui était resté au pied de son lit durant la nuit.
« - Allez venez, descendons à présent où nos hôtes vont être forcés de nous attendre pour aller aux champs. »
Puis il quitta la pièce sans attendre John, qui se décida finalement à lui emboîter le pas. Décidément Kolya semblait tout à fait prendre son parti de cette situation, ce qui était loin d'être son cas en revanche. Jamais il ne pourrait se résoudre à rester ici alors que Rodney l'attendait sur Atlantis. Non, il était hors de question qu'il reste ici à jouer les fermiers. S'il existait un seul moyen de quitter cette planète, alors il le trouverait, foi de Sheppard.
ooOoo
Elizabeth entra en trombe à l'infirmerie et se précipita au chevet de Rodney, où Carson se trouvait également. Un regard vers le Canadien, qui s'agitait en gémissant sur son lit, lui confirma ce que son compagnon lui avait appris. La situation semblait grave.
« - Carson, Radek vient de m'expliquer ce qui s'est passé au laboratoire. Comment va-t-il ?
- Pas très bien j'en ai peur. Comme vous pouvez le voir il est très agité malgré les sédatifs. Il était en état de choc et cela risque de prendre un moment pour s'améliorer.
- Que pouvons-nous faire pour lui ?
- Je vais le garder ici un moment et demander au docteur Heightmeyer de passer le voir régulièrement.
- Son état risque d'empirer ?
- Je le crains. A ce stade, sans John, il donne l'impression de ne plus vouloir vivre.
- Il déprime c'est normal, mais…
- C'est plus que de la dépression, l'interrompit le médecin d'une voix douce. Regardez-le, il n'est plus que l'ombre de lui-même et cela ne fait même pas vingt-quatre heures. »
Fixant à nouveau son ami, qui oscillait entre conscience et inconscience, Elizabeth réalisa que Carson avait raison. Pâle, les yeux cernés, le corps tremblant et le visage régulièrement défiguré par une grimace douloureuse, Rodney ne semblait pas être loin de la mort. Impressionnant les ravages dont était capable l'amour lorsqu'il ne se contentait plus d'être la plus belle chose monde.
« - Ça va aller Rodney, murmura Carson en serrant brièvement sa main avant de se tourner vers Elizabeth. Je ne suis pas sûr qu'il m'entende pour l'instant, mais dans le doute… »
La jeune femme lui adressa un sourire triste.
« - Je suis certaine que vous faites au mieux pour lui.
- Moi j'ai plutôt la sensation d'être totalement impuissant. Ecoutez Elizabeth, je n'ai pas voulu en parler plus tôt pour ne pas inquiéter qui que ce soit, mais il y a des précédents.
- De quoi parlez-vous ? »
Vérifiant une dernière fois les constantes de Rodney, Carson fit signe à la dirigeante de le suivre.
« -Venez, allons dans mon bureau. Nous pourrons bavarder plus tranquillement. »
Avisant une infirmière quelques mètres plus loin, il l'interpella.
« - Silvia, pouvez-vous rester au chevet du docteur McKay jusqu'à mon retour ?
- Bien sûr docteur.
- Et prévenez-moi en cas de changement, quel qu'il soit. »
La jeune infirmière acquiesça puis fit demi-tour pour se rendre auprès de Rodney.
Carson et Elizabeth reprirent leur route en silence jusqu'au bureau du médecin, où ils s'assirent l'un en face de l'autre.
« - Elizabeth, avez-vous déjà entendu parler du syndrome du cœur brisé ?
- Je ne crois pas.
- C'est une appellation imaginée selon moi pour parler de quelque chose qui demeure un mystère pour la médecine moderne. Lors de l'un de mes stages en hôpital durant mes études j'ai eu la chance, enfin si l'on peut dire, de m'occuper de l'un de ces cas, qui restent heureusement assez rares. Une jeune femme avait été admise au service psy pour dépression avant d'être transférée en médecine générale parce que ses organes étaient tout bonnement en train de cesser de fonctionner. Il s'agissait d'une jeune femme d'une petite trentaine d'années, au demeurant en parfaite santé jusque là mais dont l'organisme cessait peu à peu de fonctionner. Nous avons tout essayé pour la traiter, mais en vain. Trois jours après son arrivée dans le service elle a succombé à un arrêt cardiaque. Ebranlé par ce décès qui restait inexplicable pour moi, je me suis renseigné sur elle. C'est comme ça que j'ai appris que son mari était décédé quelques mois plus tôt et qu'elle ne s'en était jamais remise selon ses proches. C'est comme si… son cœur brisé s'était subitement vu incapable de fonctionner. »
Lorsqu'il s'interrompit, Elizabeth resta un moment silencieuse, méditant à tout ce qu'elle venait d'entendre.
« - Mais ce dont vous faites allusion est clairement psychosomatique. Je veux dire, c'est elle-même qui s'est laissée mourir. Elle l'a choisi, peut-être pas consciemment, mais il n'en demeure pas moins que c'est elle qui l'a voulu ainsi.
- Absolument.
- Et vous croyez sincèrement que Rodney serait capable de se laisser mourir comme cette femme ?
- Vous l'avez dit vous même Elizabeth, elle l'a fait inconsciemment. Je n'affirme pas que Rodney va faire la même chose, mais il est clair qu'à ce stade il est très fragile psychologiquement. Peut-être même trop fragile, alors si John ne revenait pas… Je ferai tout mon possible pour l'aider, mais encore faut-il qu'il veuille de mon aide parce que dans le cas contraire je ne pourrais rien faire.
- Il est fort, plaida Elizabeth d'une voix qui se voulait convaincue. Il s'en remettra.
- Je l'espère sincèrement. Disons seulement que je préfère être prêt à tout. Au cas où.
- Oui, au cas où. Ecoutez Carson, honnêtement je ne sais pas quoi penser. Pourtant je suis quelqu'un de romantique, Radek dirait même fleur bleue, mais apparemment je suis trop terre à terre pour comprendre. Même en me mettant à sa place, si je devais perdre Radek, Dieu m'en préserve, je souffrirais évidement mais tôt ou tard je sais que j'arriverais à faire face. Et lui aussi si les rôles étaient inversés. Se laisser mourir par amour c'est… Non, je ne peux pas le concevoir.
- Je ne me permettrais pas de dire que Rodney et John s'aiment plus que Radek et vous, mais dans l'esprit de Rodney en tout cas il est possible qu'il ne voit pas de solution, qu'il ne sache pas comment aborder la vie sans John. D'autant qu'ils ont traversé beaucoup d'épreuves depuis qu'ils sont ensemble. Ça rapproche.
- Bien sûr, mais tout de même… J'espère que vous n'allez pas me juger à cause de ça, souffla la jeune femme.
- Evidement que non. Nous sommes tous différents, avec des convictions différentes, c'est pour ça que Rodney peut voir l'amour différemment de vous.
- Je vois où vous voulez en venir. Ecoutez, c'est simple, si lui ne voit pas comment vivre sans John, cela va être notre rôle de le lui apprendre. Parce qu'il est hors de question de le perdre lui aussi en plus de John. D'ailleurs, concernant John je n'ai pas perdu espoir pour ma part.
- C'est sûr, le ramener serait ce qu'il y aurait de plus simple. Comment s'organisent les recherches ?
- Teyla et Lorne viennent de partir pour explorer l'une des planètes dont nous avons trouvé l'adresse sur le DHD de Valaria et Ronon se joindra à eux dès demain. Les visiter toutes risque de prendre du temps, mais ils sont tous les trois motivés et continueront le temps qu'il faudra.
- Bien sûr. Ça me semble être un bon plan, pour le peu que je m'y connaisse là-dedans, rajouta-t-il avec un sourire. Tenez-moi au courant de l'évolution si vous le voulez bien.
- Entendu.
- Et je pense qu'il serait bon pour Rodney qu'il sache lui aussi comment ça se passe. Qui sait, il aura peut-être quelques idées à vous soumettre. Je pense qu'il aimerait pouvoir participer, même un tout petit peu.
- C'est entendu, j'irai le voir dès qu'il ira mieux. Merci de pendre soin de lui de cette façon Carson.
- Eh bien, je ne fais que mon travail, rétorqua le médecin avec un haussement d'épaules.
- Oui, c'est ce que certain pourrait croire, sourit Elizabeth en se levant. »
Carson lui adressa un signe de tête tandis qu'elle quittait la pièce avant de se laisser aller au fond de son fauteuil. Ce qu'il avait dit à Elizabeth était en dessous de la vérité. En fait, il était mort de peur pour Rodney. Il n'avait pas de raison concrète pour s'inquiéter à ce point, mais son instinct lui disait qu'il fallait s'attendre au pire, que Rodney était vraiment en danger. Préférant ne prendre aucun risque, il se leva finalement pour se rendre auprès de son ami. Il était prêt à veiller sur lui vingt-quatre heures sur vingt-quatre s'il le fallait, mais il refusait que Rodney ne s'enfonce davantage.
TBC…
