Bonjour ! :)

Désolée pour le retard que j'ai pris, mais il se trouve que peu de temps après avoir posté mon dernier chapitre, on m'a proposé un mi-temps dans une école, ce qui a fait que j'ai été pas mal occupée et que bon, même si j'adore écrire et tout ça, je ne pouvais négliger mon boulot ^^ Mais ce sont les vacances et ça va me permettre d'être un peu plus active dans le domaine des fics :D

Mais avant, un tout grand merci à Gladoo89, maoren, Mikipeach, Melior, Idylle76, Aschen, Lunaelle, MissLizy, little-road, LuunaCrazy, Lollie Lovegood, coton, chupa14, Maman bouba, Roselia001, Yukina21, loveyaoi-15, So-darkCorleone, Lereniel et Kanli pour leurs reviews ! :DD Vous pouvez pas savoir combien ça me fait plaisir que vous laissiez des reviews ! :3 Merci, vraiment :D

Lunaelle : Coucou ! :D Et oui, Eden s'énerve (encore) contre Thorïn xD Contente que ça t'ait plu ! Et je suis de ton avis : Thorïn a un bon fond, mais vu le comportement d'Eden, il lui faudra un marteau-piqueur pour le trouver xD En tout cas, ça me fait vraiment plaisir que cette fic te plaise autant :D Oui, Eden en a bavé, mais des nains ont essayé de la retenir et ils protestaient quand on la fouettait ) Pour ce qui est de ton blog, malheureusement, il n'est pas apparu car FFnet empêche les adresses URL de s'afficher (c'est d'ailleurs la raison pour laquelle je mets des étoiles quand je donne le lien de mes vidéos et tout ça ^^) Donc voilà, si tu veux, tu peux me redonner l'adresse en mettant des étoiles ou quoi ) Merci pour ta review en tout cas :D

coton : Coucou :) Ah non, je ne pense pas que tu aies laissé de reviews, je suis donc contente que tu l'aies fait cette fois *-* C'est quoi l'autre histoire que tu suis ? :D Hihi, depuis que j'ai dit que j'hésitais sur l'éventuel couple que je ferai avec Eden, tout le monde trouve que l'idée de la mettre avec Thorïn n'est pas mauvaise. Je me demande la tête que vous feriez si je la mettais avec Kili ou Fili ou Dwalïn ! xD Mais c'est vrai qu'ils ont plus de "contacts" x) Et c'est bizarre que tu dises ça par rapport à Kili car on m'avait dit, lors d'un chapitre précédent, que Kili était déjà trop présent xD Eden et Gandalf ? Pourquoi pas, ma foi ! Le coup de bâton peut être vu comme déclaration d'amour ! *o* Merci pour ta review chère coton, j'espère que la suite te plaira ^^

Chupa14 : Coucou :D Encore une partisane du Thorïn/Eden, j'aime ça ! :D Mais c'est toujours hypothétique, hein :P Cela dépendra de mon humeur au fil de l'écriture x) Et pour ce qui est du plan à trois… Nan, je suis pas vraiment fan des triangles amoureux (sauf si l'un des protagonistes est un ex lointain ou mort xD). J'aime bien en lire, mais pas des masses, dont en écrire… x) Pour ce qui est de la suite, je compte ne pas attendre décembre ! xD Après tout j'ai le livre, on m'a donné quelques infos sur le film (que je compte utiliser) et j'ai quelques idées dans ma petite tête :D Merci pour ta review en tout cas, elle m'a fait bien plaisir :3

Je remercie aussi les personnes qui ajoutent cette histoire en alerte et/ou en favoris ! *-*

Ce chapitre est un peu plus court. J'ai essayé de le continuer, mais ça clochait, fallait que ça s'arrête à cet endroit-là. J'espère que vous ne m'en voudrez pas (a)

Je vous souhaite quand même une bonne lecture ! :D


Disclaimer : Les personnages appartiennent à J.R.R. Tolkien. Eden et son histoire m'appartiennent.


La Flèche et la Montagne

Chapitre 6 : La survie


Comment en était-elle arrivée là ? Eden ne saurait pas le dire. Toujours était-il qu'elle était dans un arbre et qu'en-dessous, des wargs n'attendaient qu'une chose : qu'elle, ou l'un des nains, tombent pour se jeter voracement dessus. Bien sûr, ils étaient tous en sécurité, bien que la jeune femme ne se souvienne pas vraiment comment elle s'y était prise pour grimper. Bref, ils étaient dans les arbres pour le moment. Eden se disait que ça aurait pu être pire… jusqu'à ce qu'elle se rende compte qu'elle avait grimpé dans le même arbre que Thorïn…

Mais elle réussit à faire abstraction de sa présence, trop occupée qu'elle était à s'accrocher au tronc d'une main, l'autre tenant son arc. Elle avait grimpé assez haut, mais pas encore assez à son goût : c'est que les wargs, ça fait de grands sauts !

En même temps, il avait fallu que la compagnie fuie dans la direction d'une falaise, bien sûr ! Après avoir affronté quelques wargs, les nains, le magicien, Bilbon et Eden s'étaient retrouvés piégés au bord d'un précipice. Ils avaient trois choix : affronter les nombreux wargs, sauter dans le vide ou grimper aux arbres. La troisième avait remporté l'unanimité.

Eden essayait de ne pas regarder dans le vide. Mais même en prenant cette précaution, elle faillit servir de repas aux wargs car la branche qu'elle tenait dans sa main craqua. Sans Thorïn et son réflexe de la rattraper par le manteau, elle n'aurait pas donné cher de sa peau.

- Faites donc attention, petite sotte ! grommela le nain.

Eden ravala ses paroles de remerciements qu'elle était sur le point de prononcer en entendant ces mots. Dire qu'elle avait failli le remercier ! Elle se tut donc et se raccrocha aux branches, regrettant de ne pas se trouver à côté de Balïn, qui était dans le même arbre. Lui au moins ne la traiterait pas de sotte !

Thorïn la lâcha quand il fut sûr qu'elle n'irait pas rejoindre les wargs et raffermit sa propre prise sur les branches. Il semblait se ficher totalement qu'elle le remercie ou pas. Quand elle disait qu'il n'avait aucune notion de politesse (ça aurait ennuyé Eden qu'on ne la remercie pas, elle…).

C'est alors que les orques apparurent. Dont un qui ne pouvait manquer d'attirer l'attention : il était blanc, tout comme le warg qu'il montait. La jeune femme se rappela des paroles du roi des Gobelins, concernant un orque pâle qui voulait la tête de Thorïn. Cela ne semblait pas de bon augure.

Comme elle était proche du prince nain, Eden put le voir se raidir tandis qu'il abattait une branche qui lui cachait la vue. Elle crut le voir pâlir légèrement, ce qu'elle interpréta comme un autre mauvais signe.

- Azog !

Eden n'aima pas le nom de la créature blanche. Et elle détesta sa façon d'humer l'air et sa façon de parler, dans une langue qu'elle jugea de désagréable. La langue de l'orque lui rappela le film "La Momie" qu'elle avait toujours aimé regarder. Elle trouvait qu'Imhotep, dans le film, parlait de la même façon qu'Azog… Décidant qu'elle choisissait toujours le mauvais moment pour faire des liens avec des films, Eden se secoua.

L'orque continua de parler et la jeune femme reconnut le nom de Thorïn dans les paroles du monstre.

- C'est impossible, dit Thorïn.

Comprenait-il les paroles de l'orque ? Eden aurait aimé le savoir mais jugea le moment plus que mal venu pour poser la question. Surtout quand Azog pointa son drôle de bâton vers eux en continuant de parler. Même si elle ne comprenait pas un traitre mot de ce que leur ennemi racontait, quand elle vit les wargs se précipiter sur eux, elle eut une vague idée de ce qu'il avait ordonné. Et ce n'était pas bon pour eux !

Les wargs se mirent à sauter sur les troncs pour essayer de les atteindre. Les arbres bougeaient à chacun de leurs assauts, ébranlant ceux qui y étaient réfugiés. Certains des loups s'accrochaient aux branches pour essayer de grimper plus haut et les attraper, mais heureusement, aucun n'y parvint. Par contre, ils parvinrent à déraciner l'un des arbres qui tomba sur le suivant. Ceux qui y étaient réfugiés durent sauter dans un autre arbre. Seulement, ce fut l'effet domino : les arbres tombèrent les uns sur les autres, les entraînant dans leur chute et obligeant leurs occupant à sauter d'arbres en arbres, comme des écureuils, jusqu'au dernier arbre de la falaise, dans lequel se tenait Gandalf. Eden eut le souffle coupé en se réceptionnant sur une branche au niveau du ventre. Tenant toujours son arc, elle réussit à se hisser et se tint à genoux sur une grosse branche. Elle remarqua soudain qu'ils étaient proches du bord de la falaise. Trop proches…

C'est alors qu'elle vit une boule de feu voler vers les wargs. Enfin, boule de feu…

- C'était une pomme de pin en feu ou j'ai rêvé ? demanda-t-elle.

- Fili !

Reconnaissant la voix de Gandalf, qui était au sommet du pin, Eden leva les yeux et le vit distribuer des pommes de pin enflammées. Les nains s'aidèrent pour en faire brûler d'autres avant de les jeter sur les wargs qui prirent peur. Étonnement, personne ne crut bon de fournir Eden en pommes de pin. Ce qu'elle ne prit pas mal, quand elle y repensait, car elle tenait toujours son arc d'une main et s'accrochait au tronc de l'autre. Et puis, les nains semblaient bien s'en sortir car les wargs s'éloignèrent tandis qu'un feu prenait autour de l'arbre, leur offrant un bouclier protecteur.

Tous se réjouirent de leur réussite à force de cris triomphaux, qui se turent rapidement quand l'arbre se mit à se déraciner… son tronc tombant du mauvais côté, c'est-à-dire du côté du vide…

En poussant un cri, Eden parvint à s'accrocher fermement à une branche et à conserver son arc, même si elle savait qu'à choisir entre tenir son arme ou s'accrocher à une branche, c'était la deuxième option qui l'emporterait. Les pieds pendant le vide, la jeune femme essaya de se hisser, même si elle fut distraite par un cri d'Ori. Tournant la tête, elle le vit accroché aux jambes de Dori qui avait lui-même du mal à tenir.

- Monsieur Gandalf, gémit le nain.

Eden comprit qu'il allait lâcher et ferma les yeux. Elle ne s'autorisa à les ouvrir que quand elle entendit un soupir de soulagement et découvrit les deux nains, accrochés au bâton du magicien.

Difficilement, Eden se hissa à moitié, tant bien que mal, sur le tronc penché. Le fait qu'elle n'ait pas de prises pour ses pieds ne facilitait pas la tâche. Mais elle y parvint. C'est le moment que choisit Thorïn pour se redresser sur le tronc. Eden étant un peu devant lui, elle le vit fixer Azog tout en commençant à se diriger vers lui. Il marcha quasiment sur la jeune femme qui s'en indigna en jurant effrontément. Mais le nain ne la remarqua pas et continua sa marche vers l'orque blanc.

Ce fut comme si le monde était en mode pause. Tout le monde resta figé et Eden se demanda s'ils pensaient tous comme elle : Thorïn était-il suicidaire ? Car franchement, faut pas être tout juste dans sa tête pour marcher vers un monstre qui veut votre mort, surtout quand ce monstre est entouré d'autres orques et de wargs… Puis, elle tenta de se rassurer : les nains étaient des combattants, les batailles, ils devaient en avoir l'habitude…

Mais l'assaut du nain prit fin quand le warg blanc et l'orque pâle bondirent vers Thorïn. Le nain tomba à la renverse. Mais il ne tarda pas à se relever, même si cela lui parut pénible. Était-il plus fatigué que ce qu'il avait bien voulu laisser voir ? Mais Azog l'attendait de pied ferme et lui donna un puissant coup de bâton qui envoya le prince nain valser. Balïn cria et Eden revint à la réalité. S'armant de volonté, elle se hissa totalement sur une épaisse branche qu'elle venait de remarquer et s'y plaça à califourchon.

Non loin d'elle, Dwalïn essaya de se hisser également, mais la branche qui le supportait craqua et il se rattrapa de justesse. Eden comprit son geste : il voulait rejoindre son chef qui venait d'être pris dans la gueule du warg blanc. Elle déglutit, se demandant quoi faire, quand Thorïn, avec un regain d'énergie, réussit à donner un coup d'épée au loup monstrueux. Celui-ci, surpris, le balança et le nain atterrit non loin du bord de la falaise.

Azog parla à l'un de ses acolytes qui se dirigea vers Thorïn, épée au poing.

"C'est pas bon, ça ! Pas bon du tout !" paniqua intérieurement Eden.

Elle avait beau détester Thorïn, elle ne voulait pas sa mort et se demandait ce qu'elle pourrait faire pour l'aider. Elle était en train de se demander si lancer des pommes de pin aurait un quelconque intérêt quand elle vit Bilbon passer devant elle à toute vitesse, sa petite épée hors du fourreau. Avec un cri de guerre, il se jeta sur l'orque qui était le plus près de Thorïn et le poignarda à plusieurs reprises, pour s'assurer qu'il ne serait plus une menace. Il se plaça ensuite devant le prince nain qui ne bougeait plus, afin de le protéger. Elle comprit alors que le mieux qu'elle avait à faire, c'était de peut-être le rejoindre, mais une énorme main s'abattit sur son épaule quand elle esquissa un geste pour se relever.

- Non, dit fermement Dwalïn. Toi, tu restes et tu tires !

Et il partit en courant rejoindre son chef et le hobbit. Elle vit également passer Fili et Kili. Puis, les paroles de Dwalïn prirent tout le sens : tirer ! Mais bien sûr, son arc ! Comment avait-elle pu l'oublier ?!

Elle encocha directement et, prenant bien soin de ne pas viser un nain ou le hobbit, tira sur les ennemis. Être à cheval sur une branche n'était pas la position la plus confortable qu'elle connaissait, mais elle parvint à toucher quelques wargs et un orque.

Le cri d'un aigle lui fit tourner la tête. Elle vit alors Ori et Dori tomber, ne sachant plus se tenir au bâton du magicien… pour atterrir sur le dos d'un aigle géant !

Eden resta éberluée par ce qu'elle vit : des aigles immenses approchèrent. Elle ne savait pas si c'était des amis ou des ennemis et avait un peu peur. Mais quand elle en vit quelques-uns prendre des wargs dans leurs serres acérées avant de les jeter dans le feu ou dans le vide, elle poussa un soupir de soulagement. Soupir qui mourut quand elle vit un des aigles prendre Thorïn. Allait-il être balancé dans le vide ou brûlé vif, lui aussi ? Car il était toujours vivant, n'est-ce pas ?

Mais elle ne put pousser sa réflexion plus loin car elle se sentit soudain soulevée dans les airs. Il lui fallut un moment pour comprendre que c'était un aigle qui l'enlevait de son arbre, mais elle ne se retint pas pour autant de pousser un cri.

Quand elle fut sûre qu'elle ne servirait pas de repas à l'aigle qui la transportait ou qu'elle ne serait pas lâchée dans le vide, Eden se calma et se détendit légèrement. Car, soyons honnête, qui pourrait se détendre totalement en étant transporté dans les airs, entre les serres d'un aigle géant ? Une seule de ses longues griffes aurait suffit à la transformer en brochette…

Pendant un long moment, le vol des aigles se fit dans le silence, les oiseaux eux-mêmes ne criant plus. Eden remarqua que le soleil était en train de se lever. Le temps passait trop vite à son goût ! Ou peut-être était-il proche de l'été et que les nuits étaient plus courtes ? Elle ne saurait le dire.

- Thorïn !

Le cri de Fili la tira de ses pensées sur le soleil et elle tourna la tête comme elle put. Sur un aigle non loin se trouvaient Fili et Kili. Ils étaient sur son dos –injustice ! Cette position devait être mille fois plus confortable que la sienne. Mais cela passa vite au second plan quand son regard se porta sur un autre aigle, à l'avant de la troupe en vol. Il transportait un Thorïn inanimé.

Au bout de ce qu'il sembla une éternité à Eden, l'aigle en tête descendit doucement vers un pic rocheux sur lequel il déposa délicatement le prince des nains. L'aigle reprit son envol et à peine le magicien fut-il posé qu'il se précipita vers Thorïn. Les aigles ne restèrent pas, sûrement pour laisser le peu de place qu'il y avait à la compagnie.

L'aigle qui la transportait fit preuve d'une extrême douceur pour déposer Eden. Elle se releva et se tourna vers l'aigle qui partait déjà.

- Merci ! lui cria-t-elle.

L'oiseau géant tourna la tête vers elle et Eden le crut voir acquiescer. Puis elle se retourna et rejoignit les autres. Tous étaient autour de Thorïn et Gandalf. Le magicien avait posé une main sur le visage du nain et la jeune femme se demanda vaguement s'il disait une incantation pour le soigner ou quelque chose du genre. Ce dut être le cas car la seconde suivante, Thorïn ouvrit les yeux, au soulagement de tous. Même d'Eden, bien qu'elle ne l'avouerait pas à l'intéressé.

- Le semi-homme…

Ce fut la première chose que dit Thorïn en reprenant conscience.

- Tout va bien, le rassura Gandalf. Bilbon est là, il est sain et sauf.

Et il semblait soulagé, comme tout le monde, remarqua Eden en le voyant pousser un soupir de soulagement.

Thorïn essaya de se relever et Kili et Dwalïn s'empressèrent de l'aider. Mais quand il se remit sur pieds, il repoussa son neveu et l'autre nain et se mit à fusiller le hobbit du regard. Eden se tendit, se demandant si finalement, c'était pas mieux quand le prince était encore dans les vapes…

- Vous ! s'écria Thorïn à Bilbon. Qu'est-ce qui vous a pris ?

Bilbon ouvrit la bouche mais ne savait apparemment pas quoi répondre. De toute façon, Thorïn semblait vouloir monopoliser la parole car sans laisser le temps au hobbit de se défendre, il poursuivit, acerbe :

- Vous avez failli être tué !

Le nain s'approcha de Bilbon et Eden se demanda s'il ne fallait pas l'arrêter avant que Thorïn ne frappe le semi-homme où ne le pousse dans le vide. Il semblait vraiment furieux alors qu'aux yeux d'Eden, il aurait dû être éperdu de reconnaissance ! Elle esquissa un geste pour voler au secours du hobbit mais Kili, qui se trouvait à côté d'elle, l'en empêcha en lui saisissant doucement le poignet. Elle se tourna vers lui et le vit faire un imperceptible signe de la tête. Perdue, la jeune femme se retourna vers le drame qui se déroulait sous ses yeux.

- N'avais-je pas dit que vous seriez un fardeau ? continua Thorïn. Que vous ne pourriez survivre dans les Terres Sauvages ? Que vous n'avez pas votre place parmi nous ?

Sans quitter Thorïn et Bilbon des yeux, Eden essaya de se dégager de la prise de Kili mais celui-ci resserra ses doigts autour de son poignet.

Bilbon baissa la tête. Eden se dit qu'elle, elle aurait sans doute déjà éclaté en pleurs suite à cette tirade.

- Je ne me suis jamais autant trompé… de ma vie !

Et Thorïn prit le hobbit dans ses bras, à la surprise de tout. Kili lâcha le bras d'Eden mais celle-ci ne s'en rendit pas compte tellement la scène à laquelle elle assistait la laissait pantoise. Après une étreinte qui ne dura pas bien longtemps, Thorïn se sépara du hobbit.

- Je suis navré d'avoir douté de vous.

Qui était ce nain et où était Thorïn ? se demanda Eden en ayant sans doute toujours les yeux ouverts comme des soucoupes.

- Non, j'aurais… j'aurais aussi douté de moi, dit humblement Bilbon. Je ne suis pas un héros…

Eden tut immédiatement la chanson française de Daniel Balavoine et se concentra sur les paroles du hobbit.

- Ou un guerrier. Pas même un cambrioleur.

Il avait ajouté cela en regardant le magicien. Il y eut quelques petits rires parmi les nains. Eden elle-même finit par se détendre et sourit. Il était évident que ce Bilbon n'avait rien d'un cambrioleur, malgré les dires des nains.

Les aigles choisirent ce moment pour se diriger vers la montagne, qui devait être leur demeure. Tous les regardèrent partir, sauf le chef de la compagnie, dont le regard se posait dans la direction du soleil levant.

- Est-ce... ce que je pense ? demanda Bilbon.

Eden se retourna et vit Thorïn se diriger vers le bord de la montagne, le regard perdu au loin. Tous le suivirent et Eden fit de même.

- Erebor, dit Gandalf quand ils furent tous réunis au bord. La Montagne Solitaire. Le dernier des grands royaumes de nains de la Terre du Milieu.

- Le dernier… ? souffla Eden, estomaquée.

Elle avait naïvement crut que les nains habitaient un peu partout, qu'ils avaient des villes, des châteaux, des pays, des royaumes. Mais elle n'aurait jamais cru que la petite montagne au loin soit leur dernier royaume.

- Notre royaume, dit Thorïn avec fierté.

- Où ça ? demanda Kili en portant une main à son front pour s'en faire une visière.

Cela arracha un petit rire à Eden tandis que Thorïn soupirait d'agacement.

- Un corbeau ! s'écria Oïn. Les oiseaux s'en retournent vers la montagne.

- C'est pas un corbeau, dit Eden qui avait l'habitude d'en voir en Angleterre.

Elle avait vécu au nord de l'Angleterre, où elle avait vu ces oiseaux y vivre. Elle était sûre qu'ils étaient beaucoup plus gros que ça.

- Mon cher Oïn, il s'agit une grive, dit Gandalf.

Eden sourit. Elle savait bien que ce n'était pas un corbeau !

- Considérons ça comme un signe, dit Thorïn. Un bon présage.

- Vous avez raison, dit Bilbon. Je crois bien que le pire est derrière nous.

Eden retint difficilement un hoquet de surprise, mais apparemment, seul Bofur le remarqua. Il se pencha vers elle.

- On dirait qu'ils semblent oublier qu'il y a un dragon là-bas, lui dit-il d'un ton léger.

Eden se tourna vers lui.

- Et ça vous amuse ?

Si, en effet, il s'amusait, il perdit son sourire en regardant Eden. Cela la fit froncer les sourcils.

- Quoi ? J'ai une tâche sur le nez ?

- Non, votre nez est étonnement propre, répondit le nain. C'est plutôt la moitié droite de votre visage qui m'inquiète.

Eden leva la main et toucha son visage. Le sang séché sous ses doigts lui rappela l'altercation avec le gobelin borgne. Avec sa manche, elle voulut frotter sa blessure à l'arcade, mais s'arrêta très vite, de peur de rouvrir la plaie. Au lieu de cela, elle se frotta la joue, en prenant garde d'éviter les parties endommagées de son visage.

- En effet, ce n'est pas joli à voir, commenta Gandalf en s'approchant d'Eden.

Celle-ci n'avait pas remarqué que le magicien les avait écoutés.

- Mon chez Oïn, avez-vous encore de quoi soigner cette demoiselle ?

Le nain sourd se mit à fouiller dans ses poches et à l'intérieur de sa veste à la recherche de quoi la soigner. C'est alors que tous se rendirent compte d'une chose :

- Nous avons perdus nos affaires !

C'était Ori qui s'était exprimé. Il semblait paniqué et se mit à tâter ses vêtements. Il fini par sortir de l'intérieur de son pull un carnet usé, une bouteille d'encre solidement fermée et une plume toute froissée.

- Ouf… Je les ai encore…

Les autres nains firent pareil et firent l'inventaire de ce qu'il leur restait, étant donné que leurs affaires étaient gentiment tombées en même temps qu'eux dans la montagne des gobelins, mais que personne n'avait pris la peine de les ramasser –on se demande bien pourquoi…

C'est le moment que choisit un aigle pour se poser sur le bord de la montagne. D'autres aigles suivirent, ce qui ne rassura que moyennement Eden. Les nains cessèrent aussitôt leurs recherches personnelles tandis qu'un des aigles prit la parole :

- Le Seigneur des Aigles nous a ordonné d'amener les prisonniers à la Grande Corniche.

Le fait d'entendre ces oiseaux parler surprit plus la jeune femme que d'être appelée "prisonnière". Mais comme personne ne semblait s'en formaliser, elle crut bon de leur faire remarquer la chose :

- Ces aigles parlent !

- Bien sûr qu'ils parlent, dit Gandalf. Pourquoi ne parleraient-ils pas ?

- Parce que ce sont des aigles, dit-elle en pointant son arc vers l'un d'eux. Et un aigle, tout aussi énorme soit-il, ça ne parle paAAAAAAHHHHHH !

Si son dernier mot se transforma en hurlement, ce fut pour la simple et bonne raison que l'un des aigles venait de l'attraper par le bras pour la soulever dans les aigles. Eden n'était tenue que par un bras et ses jambes pendaient dans le vide.

- Je vais mourir ! cria-t-elle.

- Si vous continuez de gigoter, cela ne fait aucun doute, répliqua l'aigle qui semblait agacé. Cessez de bouger !

La jeune femme obtempéra de mauvaise grâce. Quand l'aigle la trouva plus docile, il put enfin lui attraper le deuxième bras afin d'avoir une prise plus sûre. Heureusement pour Eden, le voyage ne dura pas bien longtemps car elle fut déposée sur une corniche au flanc de la montagne. Cette corniche était inaccessible pour quiconque ne saurait voler : aucun sentier ou chemin ne menait jusque là. Et Eden comprit que pour quitter cet endroit, il n'y avait que deux solutions : qu'un aigle la dépose au sol ou qu'elle saute dans le vide. La deuxième idée ne la séduisit pas du tout.

Heureusement, les autres nains furent déposés aux côtés de la jeune femme qui fut soulagée de ne pas être seule sur cette énorme corniche peuplée d'aigles.

Instinctivement, les nains et Bilbon restèrent groupés tandis que Gandalf ne semblait ressentir aucune gêne. Il redemanda à Oïn s'il avait de quoi soigner Eden et alla s'entretenir avec un aigle qui, à y regarder de plus près, était un peu plus grand que les autres. Sans doute était-ce "le Seigneur des Aigles".

Oïn s'approcha de la jeune femme avec une fiole qu'il avait miraculeusement conservée dans une de ses poches. Ils s'assirent près de la paroi de la montagne.

Tandis que le nain sortait de sa poche un mouchoir étonnamment propre, Eden regarda le magicien et l'aigle avec attention. Elle avait assez confiance en Oïn et en ses talents de médecin (pour les avoir déjà expérimentés) pour s'en remettre à lui les yeux fermés. Elle grimaça légèrement lorsqu'il frotta ses plaies mais préférait garder le regard sur Gandalf et son ami à plumes qui avaient l'air de bien s'entendre à en juger par leur conversation animée.

- Qu'est-ce que l'aigle voulait dire par "prisonniers" ? s'inquiéta Bilbon. Sommes-nous devenus les prisonniers des aigles ? Vont-ils nous dévorer ?

Eden allait rassurer le hobbit, lui dire qu'il s'inquiétait pour rien, mais un aigle, qui se trouvait à quelques pas d'eux, l'entendit et tourna son immense tête vers eux.

- Ne soyez pas stupide ! Si nous avions voulu vous manger, pourquoi vous aurions-nous sauvés des wargs ?

- … Bonne question, en effet, dit Bilbon.

Mais l'aigle s'était déjà détournée, sans porter plus d'attention au hobbit.

Eden ne put s'empêcher de sourire de la mine déconfite du semi-homme.

- Tient, dit Oïn en sortant Eden de ses pensées. Vous avez une cicatrice.

La jeune femme fronça les sourcils et se tourna vers le nain.

- Pardon ?

- Sur votre front, expliqua Oïn qui semblait l'avoir entendue parfaitement, malgré le fait qu'elle n'ait pas parlé fort.

Il referma sa fiole avec précaution afin de ne pas perdre son précieux contenu.

- Non, répondit fermement Eden. Je n'ai pas de cicatrices. Ni sur le front, ni ailleurs.

Bien qu'elle soit convaincue par ses propres paroles, elle leva quand même la main pour tâter son front, afin de contredire le nain. Elle n'y trouva rien, comme elle s'y attendait. Oïn soupira et prit son poignet.

- Forcément, si nous n'êtes pas au bon endroit !

Il guida sa main jusqu'à la base de son cuir cheveu et la lâcha. Sur le côté droit de sa tête, sous ses doigts, elle sentit effectivement la boursouflure caractéristique d'une cicatrice. Elle la suivit de tout son long et remarqua, les yeux écarquillés, qu'elle faisait plusieurs centimètres de longs.

- Vous voyez ! triompha le nain.

- Non, je ne vois pas, répliqua sèchement Eden. Et c'est impossible ! Je le saurais si j'avais une cicatrice sur la tête !

Un horrible doute irrationnel s'empara d'elle : et si elle était dans un autre corps ? Et si durant son voyage spatio-temporel, elle s'était retrouvée à occuper le corps d'une autre ?

"Non, raisonna-t-elle. C'est impossible vu que je portais mes propres vêtements. D'accord, je ne me souviens pas de les avoir enfilés, mais ce sont les miens quand même."

Mais comment expliquer l'apparition de cette mystérieuse cicatrice sur son front, dans ce cas ?

Eden oublia tout ce qui l'entourait pour essayer de se concentrer. Où et comment aurait-elle pu se blesser à la tête ? Dans quelles circonstances ? Pourquoi ne se souvenait-elle pas de cette cicatrice ? Elle aurait forcément dû la remarquer, c'est qu'elle est quand même longue ! Mais qu'aurait-elle pu faire pour récolter ce genre de blessure ? Elle qui avait toujours été prudente ? Qui n'avait jamais visité un hôpital ou eu un accident de voiture ?

Alors, tandis qu'Eden effleurait cette cicatrice du bout des doigts, tout lui revint en mémoire par flashs. L'appel de Johannie. Le livreur de plats chinois. La réunion. La neige. La voiture. Et le cerf blanc. La façon dont il se tenait, droit et fier, au milieu de la route. La façon dont elle avait braqué pour l'éviter. La collision avec l'arbre. Le fracas assourdissant de la tôle tordue et du verre brisé. La douleur à la nuque et à la tête. Et elle se souvenait du noir l'envahissant tandis que le cerf blanc avait penché la tête à travers la vitre cassée pour lui effleurer le visage de son souffle chaud. Puis il était parti. Eden aussi…

Oui. Tout lui revint.

- Ça va ?

La voix inquiète d'Oïn et sa main sur son épaule la sortirent de sa torpeur.

Elle regarda alors Gandalf et se souvint qu'à Fondcombe, il avait regardé son front d'un air bizarre. Elle ne sait pas comment un tel détail pouvait lui revenir en tête, mais ce fut le cas. Il devait forcément savoir.

Alors, oubliant qu'elle était sur une corniche peuplée d'aigles géants, qu'elle était entourée de nains, qu'elle avait affaire à un magicien qui pourrait la foudroyer sur place, Eden se releva et fonça sur Gandalf, bouillonnant de colère. Il savait et ne lui avait rien dit ! Comment osait-il ? Elle allait lui faire entrer dans le crâne à coups de pierres qu'on ne cachait pas ce genre de choses impunément ! Et quand elle pensait "à coups de pierres", ce n'était pas au sens figuré car elle ramassa un caillou et, quand elle fut assez près, le lança sur le vieil homme en criant :

- Vous le saviez !

La pierre atteignit le vieil sur le flanc mais ne lui fit pas mal, ce qu'Eden se prit à regretter : il l'avait quasiment assommée avec son maudit bâton !

Gandalf et l'aigle interrompirent leur conversation pour se tourner vers Eden. Tous se tournèrent vers elle, aigles, nains, hobbit. Tous les regards étaient surpris ou choqués.

Eden se baissa à nouveau pour ramasser de nouveaux cailloux qu'elle s'empressa de balancer sur le magicien en assénant, à chaque coup, un "Vous le saviez ! Vous le saviez !" Mais apparemment, au bout du septième caillou, Gandalf en eut assez et tonna, de sa grosse voix menaçante :

- Il suffit, jeune Eden ! Que suis-je censé savoir, par l'amour d'Eru !

La voix tonitruante figea le pauvre Bilbon et eut pour conséquence qu'Eden attendit quelques secondes avant de lancer le caillou qu'elle avait en main.

- Vous saviez que j'étais morte ! accusa-t-elle froidement. Vous deviez forcément le savoir !

Un silence lourd et une immobilité totale s'empara de la Grande Corniche.


Et voilà ^^ Le chapitre 6 est fini. Il fallait que ça s'arrête là et pas ailleurs, sinon ça clochait, de mon point de vue (croyez-moi, j'ai essayé). Puis voilà, ça entretient le suspens ! :O J'espère que vous avez aimé )

Sinon, j'ai des annonces :D

1- NON, je n'abandonne pas cette fic, ni aucune autre ) C'est juste que je n'ai pas eu le temps de continuer :)

2- Je continue cette fic même si je n'ai pas le film 2 sous la main (c'est pas faute d'en avoir envie xD). Pour la suite, je me base sur le livre, sur les infos de ma Mikipeach en or et sur les idées qui me traverseraient la tête au moment d'écrire. Pour celles (et ceux sait-on jamais) qui ne veulent pas se spoiler et qui attendent patiemment la suite dans le film, bah vous êtes prévenus ^^

3- À bientôt :3