Salut! Bon je poste ce chapitre qui est déjà en retard, sans l'avoir fait béta-lire. Lorsque Asuka aura fini ses corrections, je ferai une mise à jour. Je vous prie de m'excuser pour mes horribles et ignobles fautes, je suis très fatiguée en ce moment, donc même en me relisant je pense que j'en ai oublié.

Merci de votre indulgence.

Bisoux.

°oO°O°o Tsubaki no Tsuki o°O°Oo°

7- Rendez-vous, enquête et dissection .

Je descendis du métro avec soulagement. Dans le compartiment bondé fleurissaient bon nombre de pervers. Des hommes qui, l'air de ne pas y toucher, pelotaient allègrement les fesses des jeunes filles. Malheureusement pour eux, je n'étais pas de celle qui se laissait faire facilement. Je n'étais pas non plus pour les esclandres. Donc, quelques orteils avaient été joyeusement écrasés sous les talons de mes bottes. Pour le coup, j'avais très vite eu la paix.

Je remontais les escaliers à pas lent. Je n'étais pas pressée, j'avais tout mon temps pour arriver au rendez-vous. Kiba m'attendait pour quatorze heure, or il était à peine treize heure trente. En vérité, j'avais fui ma chambre. J'avais très vite avoué à Ino la véritable raison de mon absence de l'après-midi. Nous avions passé une soirée entière à débattre de la pertinence de mon choix. D'un côté la lecture de la lettre l'avait attendri, comme à chaque fois. Mais elle ne pouvait cesser de penser au risque qu'il y ait un piège sous cette façade. J'avais tenté maintes fois de lui expliquer que c'était ce que je cherchais à savoir. J'aurai bien voulu ignorer Kiba, mais j'en étais incapable. Quelque chose en moi me poussait vers lui, une sorte de certitude intransigeante, qui me soufflait à l'oreille que je n'avais qu'à me laisser guider. En fait, je ne pouvais résister à l'attraction qu'il exerçait sur moi. Je devais savoir ce qui me poussait tant à le connaître. Mes mots avaient émues Ino. Elle me parla de coup de foudre et autres idées romantiques du même ordre. Pourtant je n'étais pas aussi sûre qu'elle. Je n'étais pas amoureuse de Kiba, j'étais juste incapable de combattre mon irrépressible envie de me rapprocher de lui.

Ce matin-là, Ino avait passé le plus clair de son temps à observer Kiba. J'en étais moi-même gênée. Elle le détaillai sans vergogne, éveillant même des soupçons chez Temari et Sakura. Elle éluda leurs questions avec beaucoup d'aisance. Puis la matinée s'était fini au grand damne de mon amie. Lorsque nous avions regagné notre chambre, l'excitation primait chez elle sur tout autre sentiment. Elle me donnait sa bénédiction. Il fallait à tout prix que je passe l'après-midi avec Kiba et surtout interdiction de rentrer tôt! Elle avait pris plus de temps que d'habitude pour l'examiner et elle le trouvait charmant, attirant. Elle trouvait qu'il avait un côté animal qui était vraiment... craquant. Elle m'avait beaucoup fait rire en le décrivant, elle s'était enflammée, subjuguée par le Kiba qu'elle venait de découvrir. Pendant que je me préparais, elle n'avait pas cessé de me harceler: « Pas ce pull, on dirait une bigotte! Non pas çà! Ooooooh c'est mignon! Peut-être un peu trop décolleté pour un premier rendez-vous! J'adore ce haut! Pourquoi a-t-il fallu qu'il fasse si froid aujourd'hui! Tu ne pourras pas le mettre sans avoir l'air cloche! » Ainsi, elle avait vidé au sol la quasi totalité de mon armoire et avait réussi à me rendre anxieuse. Je ne m'étais jamais demander quelle image transmettait mes vêtements. Mais, il fallait avouer que je n'étais jamais sorti qu'avec Neji et qu'il me connaissait assez bien pour ne pas me juger sur ce que je portais. Je me mis moi aussi à fouiller comme une dingue, lançant des habilles au travers de la chambre. Pendant toutes nos fouilles digne d'une expédition archéologique, Ino s'était inquiétée à haute voix de ce qui m'obsédait depuis la veille. Qu'allions-nous faire? Aurions-nous des choses à nous dire? J'étais la reine des timides et, même si Kiba était très loquace avec ses camarades, serait-il capable de me faire la conversation? « Vous aurez l'air bête à vous regarder dans le blanc des yeux sans échanger un mot! » déclara-t-elle en brandissant un chandail qui nous convenait à toutes les deux. Elle avait parfaitement raison, je le savais mais qu'aurais-je pu y faire? Mon sentiment d'impuissance et l'anxiété grandissante d'Ino me chassèrent très vite de la chambre. Si je restais une seconde de plus avec elle, je m'écroulerai sous le stresse.

Je soupirai et relevai les yeux pour jeter un coup d'œil à la rue qui s'étendait devant moi. Elle était vraiment petite par rapport aux avenues qui quadrillaient Shibuya et peu de gens venait dans ce coin. On pouvait y trouver bon nombre de boutique un peu rétro, le paradis des collectionneurs ou des chineurs. Ino m'y avait déjà emmené. Elle avait tenu à me faire découvrir un adorable petit magasin. Il vendait des vêtements un peu rare, pas vraiment mode, mais tout à fait à mon goût. Il n'était pas très loin du disquaire où m'attendait Kiba, je pourrai toujours y faire un tour pour passer le temps. Mon regard croisa celui d'une jeune femme. Elle marchait main dans la main avec son petit ami. Je regardai sa tenue... La mienne à côté était vraiment très sage, ce qui me rassurai. Je profitai de la vitrine à côté de moi pour étudier une fois encore mon habillement. Pour aller avec le chandail lilas qu'avait déniché Ino, nous avions opté pour un jean noir et une veste de la même couleur. Me souvenant de la haute taille de mon soupirant, j'avais insisté pour mettre mes bottes noires et gagner ainsi quelques centimètres. Je lissais une fois encore mes cheveux ramassées en couette, puis réajusté le col roulé de mon pull. Dans un geste plus nerveux que coquet, je redressais le bas de mon chandail qui tombait sur mes hanches. J'étais gênée car ce vêtement était vraiment moulant... et si Kiba y voyait une provocation? Avant de repartir en courant vers le dortoir, je me mis une claque mentale et reprenait la route vers a boutique de fripe. J'avais sûrement eu l'air idiote en me mirant ainsi dans une devanture de magasin, néanmoins j'étais certaine de paraître moins bête que ce grand gaillard qui s'extasiait plié en deux devant une animalerie. Je le dépassai la tête pleine de mes soucis quand sa voix grave et erraillée me parvint. Je m'immobilisai et fis une violente volte-face. Je pris mieux le temps de le regarder et me pétrifiai sur place.

- Kiba? m'exclamai-je.

Il releva brusquement la tête vers moi et, lorsqu'il me reconnut, se redressa d'un bond, rougissant. Je n'arrivais pas à le croire. Kiba, l'un des garçons les les plus imposant de la classe rougissait comme un gamin face à moi. Je sentis mes joues s'enflammer, troublée par sa réaction. Il se gratta les cheveux, tout penaud et je pris le temps de l'observer. Il portait des vêtements qui lui ressemblaient. Un jean assez lâche, un pull rouge et une veste trois quart doublé de fourrure. Décontracté, il n'avait pas non plus l'air négligé ou indifférent au fait que ce soit notre premier rendez-vous. Au bout d'un moment à se faire face sans parler, il fourra ses mains dans les poches de sa veste et dit d'un ton d'excuse.

- Je pensais pas qu'il était si tard...

- Pardon? m'enquis-je étonnée par son entrée en matière.

- Si tu es là c'est qu'il est presque quatorze heure... Je m'étais dit que j'arriverai en avance et au lieu de çà je regarde des chiens... mais c'est que j'ai pas vu passer le temps.

Je le regardai, les yeux écarquillés, puis baissai mon regard vers les trois chiots qui, derrière la vitre, nous faisait les yeux doux en remuant la queue. Je fondais littéralement. J'adorais les animaux et je rêvais d'en avoir, mais mon père avait été catégorique. Il était hors de question que je m'embarrasse d'une bestiole! Pleine de souvenir, je me rapprochais de la vitre pour mieux les voir. Combien de fois étais-je resté des heures durant à jouer avec des chiens errants ou papouiller des chatons chez l'animalier du coin. Sans le savoir, sans même le vouloir, Kiba venait de gagner des points et se rapprocher de mon cœur. Je finis par sourire et sans le regarder déclarai:

- Ce n'est pas encore l'heure, il reste une bonne trentaine de minute. Je suis juste en avance.

- Tu es venu en avance... répéta-t-il en venant lui aussi s'appuyait au verre sale qui nous séparer des chiot.

Je me rendit compte de ma bêtise. Si j'étais en avance, il pouvait en déduire que j'étais impatiente de le voir. Or ce n'était pas vraiment çà. Bien sûr je n'étais pas mécontente de l'avoir rencontrer là, mais tout de même. Paniquée, je me mis à bafouiller d'une voix un peu trop forte pour être naturelle:

- Je... il y a une boutique... je voulais la voir... avant le... enfin... c'est pas grave tu sais... j'irai une autre fois!

Je tentai un coup d'œil discret vers lui. Je sursautai et me mordis les lèvres, mortifiée. Il avait surpris mon regard et le soutenait en souriant. Je ne savais plus où me mettre et me retenais pour ne pas prendre mes jambes à mon coup. Soudain, il posa une main sur mon dos et lança d'une voix claironnante:

- Ben allons-y ensemble alors.

- Oh... çà ne va pas t'intéresser, c'est un magasin de vêtements...

- Si, si, çà m'intéresse, allons-y!

Il attrapa mon bras et me tira vers l'arrière. Je le vis faire un signe aux petits chiens, puis il me força à le suivre dans la rue étroite.

- C'est bien vers là que tu allais?

- Euh... oui c'est çà!

Voyant que je le suivais enfin, il me relâcha et marcha à mes côtés, les mains dans les poches. Il m'emboîtai le pas vers la destination de mon choix, sans poser plus de question ou s'inquiéter du type de boutique où je l'emmenais. J'observais sa haute stature et l'image de ce lycéen entrain de saluer des chiens comme un petit garçon me revint en mémoire. Je souris bien malgré moi et demander avec une spontanéité que je ne me connaissais pas:

- Tu aimes les chiens?

- Ouais, j'adore! J'en ai toujours eu des quantités chez moi! En plus ma sœur est véto, elle tient sa clinique juste en bas de la maison... Mais c'est surtout mon chien Akamaru qui me manque, je l'ai depuis quelques années déjà! Je l'ai vu passer du stade microbe à sa taille actuel...

Il m'indiqua de la main la grandeur de son chien. Il la plaça à peu près à mi-cuisse. Bouche bée, j'essayais d'imaginer un chien aussi énorme. Il s'esclaffa en apercevant mon air ahuri, d'un rire qui, justement, ressemblait un peu à un jappement de chien. Je me mordis les lèvres et relevai la tête pour le dévisager, la mine fâchée. Il pinça la bouche pour s'obliger à ne plus se moquer et nous continuons notre route. Il me raconta que sa sœur rêvait de le voir vétérinaire lui aussi, pour qu'ils travaillent ensemble, mais ce n'étais pas vraiment dans ses projets. Bien sûr, il adorait les animaux mais le métier de vétérinaire, ce n'était pas fait pour lui.

Sur ces paroles, nous entrions dans le magasin de fripe. Nous fûmes accueillis par le sourire de la vendeuse. Après nous avoir assurer qu'elle serait là pour nous aider si nous en avions besoin, elle se retira derrière son comptoir et feuilleta un magazine. Il n'y avait personne d'autre que nous dans l'espace confiné de la boutique, c'était ce qu'il y avait de plus agréable dans les magasins éloignait du cœur palpitant de Shibuya. Je me mis à fouiner dans les vêtements exposés. Au début, Kiba resta derrière moi, observant attentivement chacun de mes gestes, mais au bout de quelques minutes, il avisa une pile de pull qui semblait tout à fait à son goût et se perdit dans cette montagne de chiffon. J'étais à la fois étonnée et contente qu'il se sente à l'aise dans cet univers. Je ne m'étais jamais imaginée faire du shopping avec un garçon. J'étais agréablement surprise et, pour le coup, moins inquiète pour le reste du rendez-vous. Kiba se comportait de manière tout à fait naturel, il me suffisait d'en faire de même. Au fond, c'était bien plus intéressant que de me fondre dans un moule qui un jour où l'autre aurait éclaté. Si nous étions là s'était pour nous connaître, je n'avais pas à l'impressionner. Il devait m'accepter telle que j'étais...

- Hinata!

Je sursautai et me retournai vivement. Kiba m'avait appelé depuis l'entrée de la cabine d'essayage. C'était la première fois qu'il m'appelai par mon prénom et j'étais embarrassée. Les joues un peu rose, je le regardai. Il arborait un pull blanc collant où s'étendait une large ligne bleu marine, au niveau des pectoraux. Je crus rêver. Kiba était vraiment bien fait. Je vis la jeune vendeuse le mater un sourire au coin des lèvres. Je clignai les yeux et réajustai mon pull pour oublier mon mal aise.

- Tu en pense quoi? continua-t-il ne relevant pas mon petit manège.

- Je... c'est bien... enfin... balbutiai-je.

- Ça ne me va pas?

- Si! m'écriai-je, Si au contraire!

- Je crois que je vais le prendre...

Il se précipita de nouveau dans la cabine, alors que je m'en rapprochais, les bras plein de mes acquisitions. Je m'arrêtai face au rideau qui cachait plus ou moins bien Kiba. Je le devinai, comme une ombre chinoise. Il retirait son pull, passait une main dans ses cheveux. Brusquement, je sentis plus que je ne vis vendeuse se planter derrière moi avant de murmurer.

- Il paie pas de mine comme çà, mais il est bien foutu ton petit-copain!

Je me sentis devenir plus rouge qu'une pivoine. Mon petit-copain... qu'est-ce qui pouvait la faire penser que Kiba et moi étions un couple. Nous ne faisions que quelques courses ensemble. D'un autre côté Kiba m'avait clairement fait comprendre qu'il était intéressait par moi, je ne devais pas l'oublier. Si l'on exceptait le fait qu'il était dans ma classe et donc susceptible de vouloir me faire un mauvais coups, ses intentions envers moi étaient claires et moi, je venais là sans trop savoir pourquoi... Mon visage devait refléter mon désarroi car la vendeuse me tapota l'épaule comme pour me rassurer. Puis, elle me fit un clin d'œil complice et s'approcha du rideau qu'elle tira sans vergogne.

Kiba, à moitié nu, apparut sous nos yeux. On aurait dit qu'il s'apprêtait à remettre son pull rouge quand, saisi par la brusque intervention de la vendeuse, il s'était pétrifié. Il regardait vers nous les yeux à la fois plein de surprise et les sourcils froncés comme en colère. La bouche grande ouverte, mes joues qui n'en finissaient plus de rougir, je restai face à lui sans pouvoir esquisser le moindre geste. La situation aurait pu devenir très gênante si la jeune femme ne s'était pas précipité sur lui en s'exclamant:

- Tu devrais en essayer d'autre avant de te décider! Il était bien mais je suis sûre que tu trouveras bien mieux encore.

Elle le tira par un bras et l'emmena vers le tas de linge le plus proche. Je les suivais des yeux, totalement ahurie... quand je raconterai çà à Ino, elle ne me croirait sûrement pas. Torse nu, Kiba regarder la vendeuse étendre devant lui différent modèle de pull. Il semblait excédé mais ne disait rien, comme s'il savait que s'il laissait libre court à sa colère, cette pauvre fille ne s'en remettrai pas. Alors qu'elle plantait un énième sweat sous son menton, Kiba sembla interpellai par quelque chose. Il se détourna vivement et se mit à fouiller activement dans les vêtements. J'avais sous mon nez son dos et il me faut bien l'avouer, mon cerveau était devenu incroyablement vide. J'étais hypnotisée par ce que je voyais. Plus rien n'existait en dehors des roulements de ses muscles sous sa peau mate. Chacun de ses mouvements était accompagné par une réaction de sa musculature et de sa peau souple. Un mot de ce qu'avait dit Ino me revient en mémoire: animal. Il ressemblait à un guépard en pleine course, une anatomie souple et puissante au service de son charme. J'aurais voulu flatter d'une caresse ce dos magnifique... y poser mes lèvres...

Quand il se retourna vers moi, je me mis une gifle mentale. A quoi étais-je entrain de penser? Il me souriait comme un petit enfant et je me sentis mal à l'aise. Je n'étais pas amoureuse de Kiba. Il était certes très attirant, mais je devais garder mon contrôle. Ino me l'avait cent fois répéter, lorsque je me posais des questions sur Neji et moi: on peut coucher avec un homme n'importe quand, il suffit d'un peu d'attirance, mais on en tombe pas toujours amoureuse. Sans que je m'en rende compte, il me dépassa et retourna dans la cabine. Au même moment, la vendeuse posa une main sur les habits que je serrai contre moi et demanda:

- Ce sont ceux que tu as choisi? Viens, il faut que tu les essaies!

Et sans me laisser le temps de lui répondre, elle m'entraîna dans une petite loge derrière son comptoir. Lorsqu'elle m'eut enfermée, je regardais la pièce où je me retrouvais. Elle n'était pas bien grande et encombrée de carton. J'avais tout juste de la place pour me changer. La seule lumière parvenait du plafonnier et s'étendait orangée sur chaque surface de la pièce. Je ne comprenais pas vraiment ce qui m'arrivait. Entre un Kiba qui se baladait presque nu sous mon nez et une vendeuse qui se montrait entreprenante, familière et autoritaire, j'avais un peu perdu mes repères. Doucement, je posais la quantité de vêtements sur le carton le plus proche et me déshabillai sans me presser. Mon cerveau avait un peu de mal à se reconnecter et je me sentais étrange. Habituellement, j'avais toujours la tête pleine de pensée. C'était bien la première fois que je la sentais si vide. Soupirant à m'en fendre l'âme, j'enfilai l'une des jupes que j'avais choisi. Elle était en jean et arrivait, évasée, à mi-mollet. J'enfilai par dessus une tunique blanche et ressortais pour trouver un miroir où me juger.

De l'autre côté du comptoir, Kiba plaisantait gaiement avec la vendeuse. Il s'était totalement changé. Il portait un jeans denim si usé et délavé qu'il était jauni par endroit. Contrairement à ceux qu'il portait habituellement, ce pantalon était serré, soulignant la ligne de ses jambes. Il avait passé un simple pull noir à col en V. Je restai à le fixer, se faire draguer par une vendeuse. J'eus comme un pincement au cœur. Au même moment, Kiba jeta un coup d'œil vers moi. En m'apercevant, il sourit, des fossettes creusant ses joues. Je pinçai les lèvres. La vendeuse se précipita sur moi et me tira vers l'avant du magasin.

- C'est mignon, mais çà manque d'un petit quelque chose... Ah oui! Je sais!

Elle me laissa en tête à tête avec Kiba. Je remarquai enfin qu'il tenait entre ses doigts un chapeau de cow-boy noir, qui posait contre sa cuisse.

- Tu es mignonne, dit-il.

- Merci... je te retourne le compliment... enfin, je veux dire... ces vêtements sont vraiment supers! Ils te vont très bien et je les adore...

Il me fixa surpris puis détourna la tête et bougonna:

- Merci

Je compris que c'était sa façon d'exprimer sa gêne. Une main sur les lèvres, je me mis à rire, incapable de me contrôler. Il était vraiment touchant. Il dut prendre mon fou-rire pour une moquerie, car il s'apprêtait à protester quand la vendeuse revint vers nous. Elle m'entoura la taille d'une large ceinture en cuire marron et déclara:

- Avec çà c'est bien mieux, n'est ce pas?

- Il manque encore un petit détail.

En disant ces mots, Kiba posa sur ma tête le chapeau qu'il tenait dans ses mains et s'écroula, hilare. Inquiète, je cherchais un miroir pour connaître la raison de sa soudaine gaieté. Quand je me vis, je bondis. Si la tenue que j'avais choisi était des plus coquette, le chapeau était une véritable horreur. Il avait des bordures dorés clinquantes et des grelots sur le côté. Scandalisée, je me retournai vivement pour le frapper.

Au fond, je m'amusai bien et c'était uniquement parce qu'il était là.

Nous étions restés plus longtemps que prévu au magasin de fripes. La sympathique vendeuse nous avait fait essayer tout son stock et, d'ensemble ringard en habit fashion, nous avions passé trois heure à nous amuser sans nous en rendre compte. Ce fut finalement l'estomac de Kiba qui nous rappela à l'ordre. Je dus avouer que moi aussi je mourrai de faim. Je n'avais pas manger ce midi et un après-midi à papillonner de vêtement en vêtement m'avait ouvert l'appétit. Nous quittions donc le magasin, les mains chargées de quelques achats, pour trouver un petit restaurant ou un bar qui ferait notre bonheur. Au bout de quelques minutes de recherches intensives, Kiba m'entraîna dans un café qui pourrait nous convenir à tous les deux. J'avais envie de sucre alors qu'il aspirait à un repas bien nourrissant. La carte de ce café proposait tout ce qui nous intéressait à n'importe quelle heure de la journée. Le Farfalla indiquai le panneau vert sur la façade. Farfalla, un nom qui résonne encore en mon cœur comme une mélopée céleste.

Nous nous assîmes à une table prêt de la vitre. C'était un lieu charmant. Tout était en bois sombre depuis le parquet jusqu'au lambris qui couvrait la moitié inférieure du mur. L'autre moitié était peinte en blanc. Les tables, du même bois, étaient isolées les une des autres par de confortables banquettes rembourrées de velours blanc. Des fougères décorait l'endroit. Derrière le bar, un homme simplement vêtu d'un jean et d'un tee-shirt, préparait un café. Deux serveuses allaient et venaient parmi les clients. La température était si agréable à l'intérieur que nous eûmes vite fait de nous débarrasser de nos vestes. Une fois nos commandes passaient, Kiba se laissa aller contre le dossier derrière lui, appuya son bras sur le haut de la banquette et soupira:

- Je suis épuisé, je ne pensais pas que j'allai passer une après-midi entière dans un magasin.

- Je suis désolée, murmurai-je les mains sur les cuisses en jouant avec ma manche.

- Mais pourquoi? s'étonna-t-il.

- Tu avais sûrement prévu autre chose et moi je t'ai fait rester là-bas tout ce temps!

C'était en avisant l'heure que je m'étais rendu compte de mon égoïsme. Il était dix-sept heure et nous n'avions fait que ce qui me plaisait à moi. Comment n'y avais-je pas pensé plus tôt? Mon compagnon n'avait sûrement pas imaginé son premier rendez-vous avec moi se transformer en virée shopping. Je continuai à fixer la manche que je triturais sans arrêt. Il se montrait trop indulgent avec moi et ne voulait rien me dire, néanmoins j'étais certaine qu'il m'en voulait. Finalement au bout de quelques secondes, il affirma d'une voix sans ombrage:

- Tu t'es amusée n'est-ce pas? Et bien moi aussi! Tu ne crois pas que c'est le plus important! Qu'importe pour ce que j'avais prévu de faire, si tu le veux bien ce sera pour une prochaine fois...

Je relevai les yeux, impressionnée. Je ne m'attendais pas à ce genre de discours. Pourtant, plus désarmant encore était cette sincérité qui perçait dans le sourire qu'il m'adressait. Quelque part, il m'agaçait. Il trouvait si aisément les mots qui m'allaient droit au cœur. Étais-je si facile à cerner? Ou alors était-il plus perspicace que les autres? En tout cas, je me sentais chaque fois un peu plus en sécurité avec lui, et je sentais de doux sentiments enserrer mon cœur, comme un piège. Il était vraiment le paysan de la lettre... j'en était ravie. Quand je tentai une œillade discrète vers lui, il me dévisageai, attendant une réponse à son invitation indirecte. Je n'avais pas le cœur à refuser. J'avais passé une si bonne journée avec lui. Je posai mes mains sur la table, serrant toujours la manche du chandail entre mon pouce et mon index, et lui répondit sourire aux lèvres:

- Et bien nous ferons ce que tu voulais faire la prochaine fois.

Je le vis se détendre d'un seul coup. Je lui laissai une chance, une fois encore. Il avait gagner une bataille. La conquête n'était pas encore totale, mais il venait de faire son premier pas dans mon cœur. Nous restions muet un moment... pourtant je n'étais pas aussi gênée par ce silence que je l'aurai cru. Toutes mes craintes du début s'étaient envolées. Kiba et moi avions trouvé des sujet de conversation et il m'avait mise si à l'aise que je m'étais surprise à devenir bien loquace. Du coup, cet instant de pause ne me paraissait ni désagréable ni lourde. J'y trouvais même quelque chose de plaisant et naturel, comme un déroulement logique à tous ces évènements qui, de fil en aiguille, nous avaient rapproché. Enfin, l'une des serveuses nous apporta nos commandes respectives. Kiba se trouva devant une belle assiette de Yakitori(1), une de gyoza(2) et un café. Moi, je regardais la grosse part de fraisier qui me faisait face et humait le parfum délicat du thé vert aux fleurs de cerisier. Nous formions tout de même un drôle de duo. Nous entamions nos plats, trop affamés pour faire des manières, ce qui allait à l'encontre de ma bonne éducation. Cependant, il n'y prêtait pas attention. Je me mordis les lèvres en pensant ce que m'aurait dit Neji. Mon père ne m'avait-il pas éduqué? Tokyo avait-il effacé son éducation? Lui même était si distingué, comment pouvais-je me comporter comme ces sauvages qui ne font pas parti de notre rang. Nous avions reçu la même éducation et je savais qu'il avait raison. Mais à cet instant qu'importe mes manières d'aristocrate, Kiba ne m'appréciait pas pour ma façon de démarrer un repas... Je dégustais avec tout de même une certaine distinction mon gâteau... je ne pouvais me défaire si facilement des filets de mon savoir-vivre.

Au bout d'un certain temps, il lança une conversation:

- Tu ne veux pas me parler de ce qui vous a mis dans cet état Sakura et toi, toute la semaine? demanda-t-il de but-en-blanc.

Je le regardais surprise, non-préparée à ce sujet. Soit Kiba était vraiment curieux, soit il s'inquiétait sérieusement pour moi, comme le disait sa lettre. En tout cas, l'aura de confiance dans lequel il me baignait m'incita à lui parler. Il ne s'agissait pas non plus d'un secret d'état, alors je lui décris la situation. Il m'écouta attentivement, sans me poser de question, me laissant vider mon sac et me plaindre tout mon saoul. Je ne me gênais pas pour lui livrer le fond de ma pensée sur l'idiot qui s'amusait avec l'honneur des gens. Je lui révélai aussi combien, la veille, j'avais été touchée par mes amies. Je conclus simplement en lui disant combien j'étais heureuse qu'elles me soutiennent car la solitude, au bout d'un moment, on s'en lasse.

- C'est pour çà que vous pleuriez comme des madeleines? pouffa-t-il.

- Il n'y a rien de drôle! m'exclamai-je vexée.

- Oh que si! Tu aurais parlé avec Chôji hier après-midi, tu comprendrais pourquoi je ris. Il s'était imaginé un scénario catastrophe... mais avoue que là... c'était pas si catastrophique! Je t'explique même pas le paranoïa! Il arrêtait pas de parler d'Ino, tout le temps, tout le temps...

- Tu ne prends pas au sérieux nos sentiments? demandai-je d'une voix tremblante.

Kiba se calma instantanément. Il comprit tout de suite qu'il m'avait blessé car son visage changea d'expression. Il passa une main dans ses cheveux en soupirant et s'expliqua d'un ton bougon:

- C'est pas ce que j'ai voulu dire Hinata. Je comprends bien ce que tu m'as avoué et je sais ce que tu ressens. Avant de me retrouver avec cette bande de dingue, je n'avais pas d'amis. Alors je sais ce qu'on peut ressentir quand on se rend compte qu'on a des amis qui sont là envers et contre tout. Avoue que c'est plutôt un sentiment heureux. Ok, vous vous êtes un peu chamaillées mais au final çà c'est bien fini... on est loin de la catastrophe pas vrai!

Je devais avouer qu'il avait raison. Je m'étais un peu trop vite emportée, habituée à ce qu'on me reproche à peu près tout mes faits et gestes. En guise de réponse je lui souris. Il se rasséréna, je ne lui en voulais pas. J'étais moi-même fascinée par la facilité avec laquelle il m'avait calmée. Je repris une bouchée de mon gâteau et changea de conversation:

- Je ne pensais pas que Chôji s'inquiétait autant pour Ino.

- C'est normal, ils sont amis d'enfance.

- Ah bon! m'exclamai-je en reposant brusquement ma fourchette à dessert.

- Ouaip! Ino te l'a pas dit? Shikamaru, Chôji et elle sont amis d'enfance, ils ont grandi ensemble. Tu sais, Chôji il a bon cœur, du coup malgré ses histoires de guerre filles-garçons, il s'inquiète toujours pour Ino.

J'étais un peu déçue qu'Ino ne m'ait pas parlé d Chôji. À moins qu'elle n'ait pas jugé nécessaire de le faire. Au fond celui qu'elle aimait été Shikamaru. Chôji n'était jamais qu'un ami. Je trouvais cette situation un peu triste car le garçon semblait très attaché à elle. D'autant qu'à mes yeux, Chôji était une personne extrêmement attachante. Il était non seulement plus calme que les autres garçons, mais aussi plus gentil et généreux. Il ne se mêlait pas vraiment de la guerre, sans pour autant que ses amis ne le rejettent. Il aidait volontiers n'importe qui, même une fille. Pourtant jamais personne ne félicitait ou remerciait son comportement chevaleresque. Pour couronner le tout, la fille qu'il chérissait le traité comme une quantité négligeable, oubliant de me parler de lui...

Je n'eus jamais le courage de livrer ces pensées à Ino, et je n'eus de toute façon pas à le faire, car un jour ce fut elle qui en vînt à m'en parler, dans des conditions, un peu particulière... Kiba me tira de mes pensées en reprenant la parole.

- Mais revenons à notre sujet... lança-t-il, Si j'ai bien compris, Sakura et toi avez joué aux détectives pour savoir qui s'amusait à afficher des photos de cette fille-là... Mayumi Katsura... et maintenant Ino, Temari et une fille de deuxième années s'en mêlent.

- Oui.

- Je te sens vraiment affecté par cette histoire, pourquoi?

- Peut-être parce que je sais ce que çà fait d'être humiliée!

Je lui avais répondu du tac au tac, mais m'en mordait déjà les doigts. Comment avais-je pu me montrer si franche? Honteuse, je me levai précipitamment, prête à partir, mais Kiba m'attrapa le poignet et m'obligea à l'écouter:

- Je ne te poserai plus de question et on parlera d'autre chose... mais je t'en prie, reste!

Je ne pus pas lui résister. Il avait parlé avec tant de douceur que sa voix suppliante m'avait conquise. Je me rassis. Je me savais livide et je tremblais. Autour de nous, les gens jaser en nous jetant des regards intéressés. Je me sentais de plus en plus bête. Non seulement je m'était ridiculisée, mais en plus j'avais entraînée dans ma honte un Kiba trop bienveillant. Pourtant, celui-ci n'avait pas l'air de se démonter. Puisant un peu dans son impassibilité, je pris courageusement ma tasse de thé et la porta à mes lèvres. Mes gestes étaient hésitants et mal assurés. J'étais dans tous mes états... et uniquement parce que j'avais pensé à Neji, aux horribles fois où il m'avait prise... Face au sourire assuré de Kiba, je me sentais sale... oui, vraiment, je savais ce que signifiait l'humiliation.

Plus tard, nous quittions le café. Il était déjà dix-neuf heure et il nous faudrait renter. La nuit était en train de tomber sur la ville, entraînant avec elle une atmosphère glaciale. La température avait drôlement chutée en peu de temps donc, malgré ma veste, je frissonnai. Kiba et moi marchions côte à côte vers le métro. Il était convenu que je prendrais le train la première. Il monterait dans le suivant. Ainsi, nous n'arriverions pas ensemble à l'internat et nous éviterions nombre de questions embarrassantes.

Je me sentais beaucoup mieux. Kiba m'avait remonté le moral. Il m'avait raconté une foule d'anecdotes sur sa vie de collégien, notamment l'arrivée de Kakashi. L'homme avait fait une entrée fracassante dans le monde de l'enseignement. Dès sa première année, l'épouvantail, comme le surnommé le conteur, avait fait preuve de cette incroyable non-chalance qui le caractérisé. Sarutobi, le prédécesseur de la directrice Tsunade, lui avait confié le rôle professeur principale. Sa classe l'avait attendu deux bonnes heures! Il s'était illustré part son absence à la réunion de présentation et était arrivé en moto dans l'enceinte de l'école. Sa machine vrombissante avait troublé l'ordre de toutes les classes et Kakashi avait en fait passé sa première journée d'enseignement à se faire remonter les bretelles par le proviseur. J'avais beaucoup ri à ses histoires, car Kiba ne se privait pas pour m'abreuver de détail savoureux sur chacune des situation qu'il me décrivait. Je retournais donc de bien belle humeur auprès de mes amies.

Une brise plus violente que les autres me fit frissonner. Je soufflai dans mes mains pour réchauffer mes bouts de doigts gelés. Soudain, je sentis une étoffe douce caresser ma joue puis se poser sur mon épaule. Je levais les yeux vers Kiba, il venait de me couvrir de son manteau. Il ne lui restait qu'un simple pull pour le couvrir dans ce froid sibérien:

- Mais Kiba...

- Interdiction de protester, grogna-t-il avec fermeté, couvre-toi correctement, Moi çà va!

- Voyons, tu vas être malade...

- Mais non! Je suis robuste! Puis si j'ai vraiment trop froid, j'enfile tous les pulls que j'ai acheté tout à l'heure!

- Dans ce cas... Merci!

Je passai correctement la veste. Imaginez un peu à quoi je ressemblais dans ce vêtement deux fois trop grand pour moi. Les manches couvraient mes mains. Le bas tombaient sur mes genoux. On aurait pu y loger deux comme moi. Mais qu'est-ce que je m'y sentais bien. La chaleur de Kiba n'avait pas encore quitté les poils de la fausse fourrure et j'étais envahie par son parfum. Sans vergogne, je resserrai sur moi les pans de la veste et caressai de ma joue les bord en fourrure. Kiba éclata de rire:

- On dirait qu'elle te plaît!

- Je l'adore! En plus maintenant j'ai bien chaud... je suis tout de même un peu gênée...

- Arrête çà, je t'ai dis que c'est bon!

Je n'en dis pas plus. Je n'avais de toute façon pas envie de protester. Ce vêtement était bien trop agréable pour que je m'en sépare. Nous marchâmes sans échanger un mot jusqu'à notre destination, chacun perdu dans ses pensées. Sur le quai, mon train s'apprêtait à partir. Un peu déçue, je me retournais vers Kiba. Bizarrement, j'aurais voulu que çà dure un peu plus longtemps. Je n'étais pas pressée de le quitter. Pourtant je n'avais pas vraiment le choix.

- Je te remercie de tout cœur Kiba, dis-je, j'ai vraiment passé une très bonne après-midi.

- Je t'avoue que moi aussi! Je ne pensais pas aimer autant le shopping!

Il éclata de rire. Je le contemplai, enchantée de son allégresse. Soudain, il se tût et changea d'expression. Il me fixa avec une intensité nouvelle. Il y avait quelque chose dans son regard qui me coupait le souffle et me pétrifiait sur place. Il commença à se pencher vers moi et je compris ses intentions. Il allait m'embrasser. Je n'en avais pas envie. Même si je l'appréciais et que j'étais bien avec lui, je n'avais aucune envie qu'il m'embrasse. Alors pourquoi je ne parvenais pas à l'arrêter? Il le fallait pourtant! Je ne le voyait que comme un ami... Un ami follement attirant, certes. Mais un ami tout de même... Kiba était trop prêt beaucoup trop prêt. Le visage de Neji me sourit et une sorte d'onde électrique parcouru tout mon corps, permettant enfin de réagir.

- Arrête, s'il te plaît Kiba! Je ne veux pas!

Il s'immobilisa instantanément, se redressa pour me dévisager sans surprise.

- Je suis désolée, continuai-je, il y a tout juste une semaine que j'ai quitté mon petit-ami et pour le moment je ne suis pas convaincue... Enfin si... je t'apprécie... balbutiai-je bien malgré moi, beaucoup... c'était bien... vraiment bien... mais pas maintenant... pas comme çà... je...

Il sourit ce qui me tétanisa. Sans crier gare, il se pencha à nouveau et posa ses lèvres sur mes tempes. Un frisson brûlant parti de son baiser jusqu'au creux de mes reins. Je sentis mes joues virer au rouges quand il murmura au creux de mon oreilles:

- Je ne m'attendais pas à ce que tu craques pour moi si facilement! Tu es la princesse dans ta tour de cristal, et je suis loin d'être un bourreau des cœurs... mais je ne perds pas espoir... Et puis, si tu as besoin d'aide pour ton histoire avec Katsura, dis-le moi. Le paysan viendra aider la princesse.

Ino soupira, Temari passa une main dans ses cheveux, Sakura grogna et moi... Et bien moi je me trouvais sur le point d'éclater d'un grand rire nerveux. Il était huit heure. Un dimanche matin radieux comme Avril capricieux ne nous en avait plus offert depuis longtemps. Le ciel était bleu myosotis, il n'y avait pas un souffle de vent. Le froid de la veille c'était envolé, comme par enchantement. Il faisait presque chaud, si bien que nous arborions toute fièrement des tenues légères et décolletées. Aucun doute que cette matinée aurait été idéale pour se prélasser au soleil dans les jardins de l'internat, ou encore disputer un match de balle au prisonnier avec les plus courageuses... Alors pourquoi étions-nous face au lycée? Angoissées par nos futurs actes, nous restions devant le grand portail ouvert.

La veille, lorsque j'étais revenue de mon rendez-vous avec Kiba, j'avais trouvé les filles réunies dans ma chambre. Elles étaient déjà intenables. Sakura leur avait expliqué en détail nos recherches de la semaines. Puis en m'attendant elles avaient échafaudées un plan... en fait de plan c'était une répartition des tâches... J'avais tenté de protester, nous ne savions même pas ce que nous cherchions exactement! Et puis c'était dangereux! Que dirions nous si nous nous faisions surprendre? Trop légèrement à mon goût, elles m'avaient répondu que nous trouverions toujours une solution. « Place à l'improvisation! » avait crié Tenten, aussi emportée qu'à son habitude. Je m'étais laissée gagner par leur soif d'aventure. Mais quand enfin je me retrouvais face au lycée, je me rappelai pour quelle raison, j'avais toujours établie des plans précis et sûre avant d'agir. Moins le risque était grand, moins nous aurions de soucis à nous faire. Au final, nous agissions efficacement pour un résultat probant. Cependant, à cette instant, notre courage était sur le point de faillir.

Malgré tout, il nous fallait y aller. Nous avions pris une décision, nous devions aller jusqu'au bout. Après avoir échangé un regard entendu, nous entrions dans l'enceinte de l'établissement. Pour ne pas nous faire remarquer, nous adoptions une allure de promenade mais au fond de moi, je rêvais de pouvoir courir pour m'échapper au plus vite à cette tâche contraignante. Nous ne croisions personne dans la cour, pas plus que derrière le lycée, et nous arrivâmes sans encombre au gymnase. A cette heure-ci, le concierge s'était déjà chargé d'ouvrir toutes les portes, comme nous l'avait expliqué Sakura la veille et nous savions que notre but était tout à fait accessible.

Après nous avoir lancé un derniers regard pleins de question, Sakura poussa la porte en expirant avec force. Vide, comme nous l'espérions. Cette fois-ci sans plus de retenue, nous courions jusqu'aux vestiaires où nous entrions en trombe. Tout était calme autour de nous. Personne en vue et il nous restait bien une heure avant que n'arrive le club qui occuperait en premier le gymnase: le club de basket. Je pus lire le soulagement dans le yeux de toutes. Ino se laissa même tomber allongée sur le premier banc venu. J'étais moi-même bien plus à l'aise. Une fois en ce lieu, il ne nous resté qu'à être discrète et bien surveiller l'heure. Temari fut la première à se ressaisir. Elle se redressa et demanda énergiquement:

- On commence par quoi?

- Les photos, répondis-je.

Je sortis de mon sac bandouillère les fameux clichés rescapés qui nous suivaient depuis le début de l'affaire. Ino se leva d'un bond pour me céder la place et j'étendais les images prises dans ces lieux-même afin que nous puissions toutes les étudier. Alors qu'Ino se penchait intéressée, Temari se mordit les lèvres en levant les yeux au plafond:

- Voilà nos indices, déclarai-je.

- Peu nombreux, mais efficaces, rétorqua Temari sur un ton narquois.

Sakura et moi la fusillons du regard. Elle ne prenait pas au sérieux les enquêtes théoriques et logiques. Pour elle, il fallait de l'action et, si possible, de la baston. Elle avait déjà promis mille morts à l'imbécile qui avait pris ces photos, sans possibilité de rédemption. Mais nous savions ce que nous faisions. Ce fut donc avec aisance que Sakura mis en évidence l'utilité de nos indices.

- Regardez! Hinata et moi avons plus ou moins défini deux zones possibles de prises de vues. Ses trois clichés-ci ont été pris dans le même angle et face au même casier. Que ce soit Hinata, ce groupe de fille ou celui-ci, les photos semblent en contre-plongées. Ensuite, pour ces deux-ci, elles ont l'air prises d'en haut. Regardez, on a une vue plongeante dans le soutif de cette fille... Enfin, ce cliché isolé, est aussi une vue plongeante, mais beaucoup moins. L'appareil est sûrement placé en hauteur, mais beaucoup moins que les précédents. Disons que si le premier est placé comme çà, celui-ci est plutôt comme ceci...

Elle illustra sa dernière phrase de geste. De son bras, elle dessina deux angles approximatifs que sa déduction et son brio avaient calculés. Le premiers angle était proche de la verticale alors que le second était à peine incliné, proche de l'horizontale. Je ne pus m'empêcher de ricaner en voyant Temari. Elle semblait estomaquée par la démonstration de Sakura. Il était clair qu'elle n'avait jamais vraiment réfléchit à tous ces détails et qu'elle était impressionnée par notre raisonnement. Ino siffla pour exprimer son étonnement. Elle se massai le menton, comme en pleine réflexion, et fixait les images, cherchant sûrement à y détecter tous les éléments qui nous avaient mis la puce à l'oreille. Au bout de quelques secondes, Temari s'exclama:

- Je comprends pourquoi vous êtes les deux têtes de la classe!

- Mais non voyons, bougonna Sakura légèrement plus rose, c'est juste qu'on a regardé ces photos plus longtemps que vous!

- Mais tout de même, dit Ino, tu es plus logique que nous!

- C'est Hinata qui a tout vu, se défendit Sakura, elle a une bonne visions des images, c'est elle qui a tout capté!

Je rougis violemment. Peu habituée aux compliments, je ne me sentais pas très à mon aise. Alors que Temari et Ino se tournaient vers moi pour ajouter encore une couche de crème aux éloges, je me levai d'un bond et bégayai avec le peu de fermeté dont j'étais encore capable:

- Ce ...ce... c'est pas imp... important! Pas de temps à perdre!

- Tu as raison! s'écria Temari aussi vive qu'à l'ordinaire, on dit donc: une en bas et deux en haut... Pour regarder là-haut va falloir grimper sur les casiers! Sakura et moi, on est meilleure que vous en sport, on va s'y coller. Ino et Hinata, vous restez en bas. Çà marche?

Nous acquiesçâmes en chœur. Temari et Sakura montèrent avec une aisance incroyable, aidée d'un banc. Puis Ino me mis un coup de coude dans les côtes. Elle me sourit et m'indiqua le chemin de mon casier habituel. D'un pas accordé, nous dépassions les trois premières rangées de loge et tournions à la quatrièmes. Face à la petite porte en fer qui fermait mon casier, elle posa les mains sur les hanches et grogna le souffle rauque. Sans avoir à parler, nous savions ce qui nous attendait. Ce n'était ni confortable, ni valorisant, mais nous nous mettions à quatre patte pour entreprendre notre examen de l'espace. Le carrelage était glacé et sale, j'étais répugnée en voyant sur les jointure une sorte de mousse verdâtre et odorante qui rappeler sans conteste le moisi.

Tentant d'en faire abstraction, je me concentré sur les possibles cachettes de mini-caméra tout en réfléchissant à une autre solution plausible. Quoiqu'en dise Sakura, il me paraissait impossible que des garçons de notre école puissent acheter et installer un tel matériel sans se faire remarquer. Nous avions encore une fois évoquer l'idée du téléphone portable, mais quand et comment? Le cri strident de Sakura me sortit de ma rêverie: « AAAAAAAAAAAAAAAAAAH! JE SAIS!!!! » avait-elle hurlé sans pouvoir contrôler l'excitation de sa voix. Immédiatement après un bruit sourd nous indiqua que Sakura avait sauté de son perchoir pour se réceptionner, un peu lourdement, au pied des casiers. Puis ce fut la voix de Temari qui brisa le silence. Elle pestait contre cette « putain de gamine incapable de tenir en place plus de trente secondes », mais un instant plus tard elle atterrissait avec la grâce d'un chat au même endroit que Sakura. Cette dernière courait déjà vers le centre de la pièce. Nous la vîmes passer tel un coup de vent, agitant ses bras dans tous les sens, ses cheveux roses volant derrière elle. Juste derrière elle, Temari courait aussi, furibonde. Ino et moi échangions un regard déconcerté avant d'éclater de rire. Je me roulais au sol alors qu'Ino tapait du poing. Notre fou-rire ce transforma en larmes de joie quand,Temari se mit à hurler le souffle court, du haut de son nouveau perchoir: « Je vais vous tuer! Hinata! Ino! Je vais vous faire la peau, je vais...». Mais elle n'eut pas le temps de nous décrire les tortures qu'elle nous réservait. Sakura la rappela à l'ordre, elle avait besoin de son aide. Je riais toujours, les mains crispées sur mon ventre qui me faisait souffrir. Au bout d'un moment, Sakura et Temari hurlèrent de nouveau, mais cette fois dans un parfait accord et une fois de plus, elles bondirent pour descendre. Ino et moi nous étions calmées instantanément et redressées, en alerte. Elles arrivèrent à côté de nous, le visage rayonnant. Sakura brandit un petit appareil de couleur sombre, presque noir. D'un seul mouvement, Ino et moi nous levions pour les rejoindre:

- Regarde Hina-chan on avait raison! souffla Sakura, ce sont des appareils photos comme sur internet!

- Ils sont minuscules, s'extasia Ino

- Sakura, ils font à peine cinq centimètres de large, c'est l'un des modèles les plus chers... Comment il pourrait y en avoir plus qu'un...

- Ils ont dû cotiser... assura Temari.

- Même en cotisant ils ne pourraient en acheter qu'un seul comme çà.

- C'est Hinata qui a raison, soutint Sakura alors que Temari s'apprêtait à répliquer encore, tu sais Hina-chan, on a trouvé un câble intranet qui remontait le conduit. En plus si on regarde bien cet appareil, il est équipé d'un système satellite...

- Ohlà! Ohlà!Ohlà! S'exclama Ino, vous traduisez s'il vous plaît.

- C'est simple, répondis-je sans vraiment m'adresser à Ino, un système intranet est très proche de l'internet. Çà permet la communication, les messageries, les échanges d'information... bref, tout le tintouin du net... mais ces données sont accessibles qu'au sein d'une entreprise... voire d'une association. En fait, on a découvert comment les photos sont sorties d'ici. Si je ne m'abuse, les différents appareils, si plusieurs appareils il y a, sont reliés entre par un système satellitaire, en gros c'est comme le téléphone portable, çà marche par onde et...

Je vis le visage d'Ino se déformer alors que Temari entrouvrait la bouche, les sourcils froncés et le regard fixe sur moi. Je compris que j'allais trop loin dans mes explications, Sakura et moi nous comprenions, pas besoin d'un exposé de trois heures sur les ondes... il nous fallait aller droit à l'essentiel:

- C'est comme si tu envoie un MMS. Lorsque l'appareil prend une photo, il l'envoie à celui qui est là-haut qui, grâce à Intranet, l'envoie à son tour à la base de donnés du chieur qui prend les photos...

- Là, je comprends, conclut Temari... Ce mec, en plus d'être pété de thune et d'être chiant, est un craque en informatique et électronique...

- Pas nécessairement, ajoutai-je.

- Sur le site où nous avons pompé des infos, le webmaster expliquait comment utiliser le système satellite de ses appareils photo où même comment le lié directement à Internet ou Intranet sans passer par un ordinateur... expliqua Sakura, en fait, c'est à la portée de n'importe quel zigoto qui sait lire. D'autant plus qu'une grande partie de la communication de l'école se fait par Intranet...

- Vraiment? demandai-je curieuse.

- Évidemment, continua Sakura, entre l'école primaire, le collège et le lycée par exemple, entre l'administration et le bâtiment des clubs, entre Konoha et Kunoichi...

- Donc il est accessible à tous?

- Tout à fait...

Je soupirai... Encore une fois, nous n'étions pas plus avancer. Malgré le cumule d'indice, il manquait la pièce qui nous permettrait de recomposer le puzzle. Temari et Ino nous regardait. Hors de nos réflexions, elles ne cherchaient même plus à nous suivre. Je sentais ma tête entrer en ébullition. Tout me paraissait plus compliqué encore qu'au début. À présent notre rat était agile, petit, sportif, intelligent et riche...Un portrait qui, même s'il réduisait nos axes de recherches, ne nous aidait pas à délimiter la cible... Je frottais ma paume contre mon front, à la recherche de... de quoi au fait? Une solution? Une déduction? L'illumination? Il me fallait procéder par méthode. D'abord penser à ce que nous avions: des photos de qualité médiocre, d'autre encore digne de photographe publicitaire, des appareils photos de luxe, un vestiaire, une bonne centaine de filles en colère, un concierge acariâtre qui pouvait nous tomber sur le dos à tout moment... Alors que je cédais à la panique, mon cœur rata un battement. Une question importante venait de me traverser l'esprit: à quel moment?

Le gymnase était un lieu d'incessants allée et venue. Tous les matins, un club s'y entraîner, toutes la journée les classes défilées, et le soir, jusqu'à la fermeture, les clubs venaient de nouveau. Installer non seulement les appareils photos mais en plus l'intranet, dans les conduits d'aérations, demandait du temps et une connaissance des lieux. Les garçons se seraient fait remarquer à entrer dans le vestiaire des filles alors que si... Je sursautais. Se pouvait-il que l'une d'entre nous nous ait trahie? Je levai les yeux inquiets vers mes amies. Je ne pouvais leur faire par de mes conclusions. Elles, qui avaient toujours étaient scolarisées à Kunoichi, puis envoyées à Konoha, ne connaissaient que cette guerre. Pour elles la fidélité entre filles était primordiale. Mais en était-il de même des autres? Je n'en étais pas aussi sûre.

Ino croisa mon regard. Elle sentis très vite mon agitation et, pour me calmer, autant que pour apaiser Sakura, elle interrompit nos réflexions:

- Ce n'est ni le moment, ni l'endroit pour réfléchir à çà, je vous rappelle que les clubs vont arriver et qu'on devra dégager! Alors autant chercher d'autres indices et réfléchir la tête froide à l'internat.

- Tu as raison! approuva Temari, on reprend les recherches! Ino et Hinata vous continuer par terre, Sakura et moi on remonte, chercher celui qui est ni trop haut, ni trop bas.

Voyant que nous ne nous montrions pas particulièrement enthousiaste, Temari opta pour la solution radicale. Elle se dressa si brusquement qu'elle eut l'air d'un diable bondissant de sa boîte, me mit une claque sur les fesses m'arrachant au passage un cri de surprise, et se mit à chanter en mimant chaque paroles.

- Allez, allez, allez, allez, un peu de motivation, on met la graisse dans le dos et on marche comme Océane. (3)

Et elle termina en sautillant pour imiter une démarche grotesque. Nous éclations toute d'un grand rire et retrouvions notre « motivation » comme le voulait le texte de la chansonnette. Ino et moi nous mettions de nouveau à quatre patte. Nous étions si inspirées par la réussite de Sakura, que nous ne trouvions plus à nous plaindre de notre position inconfortable. D'un autre côté, la chanson de Temari, loin de nous inciter au travail rigoureux, nous avait prédisposé à l'amusement. Ainsi, il suffit de quelques minutes pour que nos investigations se terminent en jeu et chamaillerie. Dans un élan d'espièglerie, Ino me lança sa sandale sur les fesses et s'écria d'une voix sévère de mère poule:

- T'as pas honte de ta jupe! Je vois ta culotte!

Pour toute réponse, je lui renvoyais son bien en lui rappelant que sa jupe n'était pas plus longue que la mienne et que par conséquent, elle n'avait rien à dire. Temari entra dans la dispute en se vantant de son short, particulièrement court, qu'elle avait taillé elle-même dans un jean taille basse. Sakura se mit à claironner qu'elle était la plus sage de nous toutes avec son panta-court mais Ino la remit à sa place en lui faisant remarquer que ce n'était pas un haut qu'elle portait, mais un soutien gorge! Je le reconnais, nous avions une manière étrange de nous montrer notre affection. Ce qui se passait là était les prémisses de nos futurs relations. Une sorte de rivalité douce et amicale, qui se jouerait toujours plus sur le ton de la plaisanterie que de la réelle compétition. Cependant, nous ne perdions pas le nord et poursuivions nos recherches.

Ino, une main sous les casiers face au mien, tâtonnait à l'aveuglette pour découvrir un éventuel appareil caché là. Juste à côté d'elle, j'examinais sous les bancs en ricanant de la dernière remarque qu'avait fait Sakura sur le haut outrageusement décolleté de Temari. Soudain Ino m'interpella, croyant qu'elle avait trouvé quelque chose, je me retournais si vite que je fus prise de vertige. Je m'appuyais sur une main, afin de ne pas perdre l'équilibre et la dévisageai en attente d'une explication. La blonde eut un sourire taquin et me présenta sa main sous le nez. Elle était noire de saleté. Mon amie voulut se l'essuyer sur ma joue. Je la repoussai d'un geste leste mais elle n'abandonna pas. Pour lui échapper, je me précipitai sous le banc. J'en étais presque sorti quand je me cognai l'épaule contre un renfort qui soutenait les planches en bois. Je me paralysais. Malgré la force du coup, je n'avais pas eu bien mal, sans compter que le bruit m'avait interpellé. Je me dégageai rapidement et m'assit face au banc. Ino se rendit compte de mon brusque changement d'attitude. Elle se calma et vînt s'asseoir à mes côtés. Nous étions juste sous mon casier, face au banc, sur le sol, devant ce renfort...

- Il est là depuis quand? demandai-je de but en blanc dans un murmure, en lui montrant l'objet de mon intérêt.

- J'en sais rien, répondit Ino sur le même ton, Le concierge doit arranger les bancs régulièrement... pourquoi Hinata, qu'est ce qui se passe?

Je cognai d'une phalange sur le bois qui sonna creux. Je souris à Ino et déclarai d'un air entendu:

- Je me demande à quoi sert un renfort aussi léger...

Je passai mon auriculaire dans une l'interstice beaucoup trop grande pour être utile et effleurai du doigt une minuscule surface froide comme du verre. Sans trop d'espoir, je forçais un peu sur la facette juste devant moi. A notre grande surprise, elle se déboîta sans effort. Je l'observais, curieuse, fascinée, mais surtout intriguée par cet incroyable coup de chance qui ne semblait pas en être un. Ce système avait été pensé. La pièce que je tenais dans la main avait été construite pour s'emboîter à la perfection dans le rectangle en face. Enfin, dans la caverne sombre que formaient les minces cloisons, se trouvait ce que nous avions tant cherché, un appareil photo.

Ino et moi nous apprêtions à hurler de joie quand un rire gras nous coupa la voix. La bouche grande ouverte nous nous dévisagions, figées par la crainte. Maintenant que j'y prêtais l'oreille, un nombre impressionnant de bruit me parvenait. La voix grave et autoritaire d'un homme qui tenait un long discours, des semelles crissantes sur le parquet, les rires et les exclamations de garçons, les roues stridentes d'un chariot que l'on tirait... Je jetai un coup d'œil à ma montre et mon estomac se noua. Ils étaient en avance. Sans le moindre doute il s'agissait du club de basket et il était venu avec un quart d'heure d'avance à son entraînement. Je lançais un regard affolée à Ino. Un nouveau bruit de bond nous fit comprendre que Temari et Sakura avaient-elles aussi repéré les bruits. Elles arrivèrent haletantes vers nous, en proie à une grande agitation à peine contrôlable. N'osant même plus prononcer un mot, elles se mirent à tenter de communiquer à grand renforts de geste désordonnée à peu près aussi compréhensible pour des néophytes que des hiéroglyphes extraterrestres sur une terre boueuse. Ino fut excédée bien avant moi, elle me tira jusqu'au filles, leur donna un grand coup à chacune pour les calmer et dit à vois tout juste audible:

- On se calme, on respire et on réfléchit!

Je me mordis les lèvres pour ne pas sourire. Je pus immédiatement sentir l'impact qu'avait eu ses paroles sur nos vis-à-vis. La respiration de Temari reprenait un rythme normal alors que Sakura cessait de triturer le bout de ses doigts. Au bout de quelques secondes, Temari se pencha vers l'avant, nous incitant à en faire de même pour parler à voix basse. Bras dessus, bras dessous, nous ressemblions à un cercle de rugby préparant une attaque.

- Le club de basket va rester là toute la matinée, affirma Temari sans le moindre doute, on ne peut tout de même pas attendre là qu'ils aient fini! Tenten va s'inquiéter.

- Je sais bien, répondis-je, mais que proposes-tu? Si le coach nous voit il va nous poser des questions...

- Je pense qu'on devrais tout de même tenter une sortie, suggéra Sakura d'une voix tout de même un peu hésitante. Si jamais le coach nous voit je lui raconterai un bobard... et surtout vous me soutenez, quoique je dise, compris?

- Je crois qu'on a pas le choix, soupirai-je.

- Quand il faut y aller... marmonna Temari, laissant sa phrase en suspens.

- De toute façon aucune de nous n'a mieux à offrir, conclut Ino sur ton sans réplique, donc on relève la tête, on prend notre air le plus innocent et on y va en priant pour que la chance soit avec nous.

Avions-nous le choix? Il était hors de question que nous restions dans ses vestiaires jusqu'à midi alors que Tenten nous attendait pour nous expliquer sa part de découverte. Pourtant, l'idée de sortir sous les regards de dizaine de garçons et d'un professeur qui nous interrogerait sûrement, ne m'enchantait guère. Malgré moi, je tremblais de tout mon corps. Soudain une pression sur mes doigts me calma. Je me retournais Ino me sourit. Ses doigts fins s'enlaçaient aux miens, me transmettant une chaleur rassurante. Je fermais les yeux pour me calmer. De quoi avais-je peur au fond? Je n'étais pas seule. Même si le professeur nous surprenait, il ne pouvait pas nous renvoyer pour nous avoir surprise dans les vestiaires. Au pires, nous serions punies... collées quelques heures... rien de bien dramatique. La voix de Kiba résonna dans mon esprit: « On est loin de la catastrophe pas vrai! »

Pourquoi n'étais-je pas capable de prendre la vie aussi paisiblement que lui? Pourquoi la moindre anicroche devenait un drame sous lequel je m'effondrais. Il me fallait changer et cet exercice commençait à l'instant même. Je rouvris les yeux, déterminée. Nous étions prêtes à tous les affronter, tous ces ahuris du club de basket et le professeur qui servait de chef à leur brigade de corniaud. Nous rangions nos photos et nos découvertes dans mon sac et quittions les lieux d'une démarche résolue.

Dans le gymnase, les garçons couraient par groupe de deux en se faisant des passes. Nous marchions à allure modérés pour ne pas attirer l'attention sur nous. Je ne pus m'empêcher de les observer. Soudain, mon cœur fit un bond. A quelques mètres, Kiba courait arborant fièrement un maillot de basket noir assorti à son short à fines bordures rouges. Il faisait des passes à... Sasuke! Je fus prise de panique. Il y aurait pu avoir n'importe qui d'autre, même mon père ne m'aurait pas autant angoissé que cet impossible Sasuka Ushiwa. Nous étions en guerre, il m'en voulais presque autant que je pouvais le haïr. Je sentais qu'il nous apporterait des problèmes, il ferait tout pour me nuire tant qu'au finale il tiendrait sa vengeance. Je me forçais à détourner mon regard d'eux, persuadée qu'en les ignorant, ils ne remarqueraient pas notre présence. Malheureusement, ce qui devait arriver, arriva:

- Wow! Les mecs mataient les jolies petits culs là-bas!

D'un mouvement instinctif, j'agrippai le poignet le plus proche, en l'occurrence celui de Temari. Ce qui avait été un cri isolé se généralisa en une rumeur sourdes. Puis des sifflements et des commentaires salaces jaillirent des quatre coins du grand espace. Nous ne nous retournions pas, espérant toujours pouvoir échapper au coach. Un espoir totalement fou! Déjà sa voix mélodieuse de ténor résonnait, couvrant les exclamations de la masse masculine. Une voix que nous ne connaissions que trop bien:

- Je vous prie de vous calmer messieurs, où je me verrai dans l'obligation de sévir. Taisez-vous, à moins que vingt tours de supplémentaires ne vous tente?

Et il obtint le calme. Dans ce silence immobile, nos noms sonnèrent comme une sentence à nos oreilles:

- Mesdemoiselles Haruno, Yamanaka, Subaku et Hyûga, si vous vouliez bien me faire l'honneur de vous retourner.

Sans discussion, nous obtempérions. Derrière nous, Iruka-sensei arrivait à grand pas. En tenu de sport, un sifflet autour du cou, il me paraissait bien différent de l'homme qui nous faisait cours de physique. Sans sa veste blanche de scientifique et ses chemises stricte, il avait l'air bien plus jeune. Pourtant au fond de ses yeux se lisait exactement la même sévérité... Nous allions nous faire chauffer les oreilles. Il se planta face à nous, les poings sur les hanches. En ligne, nous lui lancions des regards d'incompréhension innocente. Je me rends compte que nous étions d'excellentes actrices, car dès que ses yeux croisèrent les nôtres, Iruka-sensei perdit de sa rudesse. Il finit par nous demander d'une voix adoucis:

- Puis-je savoir ce que vous faisiez ici?

Je lançai un coup d'œil au professeur, puis à la bande de garçon qui se massait derrière lui. Au premier rang Kiba, Sasuke et même Gaara, nous observaient les bras croisés sur la poitrine. Je compris un peu mieux pourquoi Temari connaissait si bien les habitudes du club de basket... mais là n'était pas ma priorité. J'attendais anxieuse d'entendre l'excuse que Sakura avait concocté pour nous sortir de ce pétrin... et elle ne se fit pas attendre:

- C'est de ma faute, monsieur. J'ai perdu un pendentif et j'ai demandé à Ino, Hinata et Temari de m'aider à le retrouver!

- Quatre personnes pour un bijoux, s'étonna Iruka-sensei un sourcil haussé

- C'est qu'il est minuscule... expliqua Temari d'un ton plus que convaincant.

- ... et j'y tiens beaucoup! insista Sakura, je l'ai hérité de ma grand-mère, c'est tout ce qui me reste d'elle.

Elle était absolument fabuleuse. Les trémolos dans sa voix me firent presque croire qu'elle allait fondre en larme. Iruka-sensei parut gêné. Il se racla la gorge et gratta sa joue en détournant les yeux de Sakura. Lorsqu'il reprit la parole, c'était comme s'il s'adressait à Ino et moi qu'il ne lâchait plus du regard.

- L'avez-vous retrouvé au moins?

Nous secouions la tête en adoptant la mine la plus désolée de notre répertoire. Il lança un regard chagrin à Sakura et resta sans voix quelques instants. Même les garçons semblaient affligés, sauf Sasuke qui défiguré son amie d'enfance d'un air méfiant. Mon poing se serra. Il se doutais de quelque chose, j'ignorais comment, mais il savait que nous mentions. Il allait nous causer des problèmes, il allait alerter le professeur. A cause de lui nous n'échapperions pas à la punition...

- Et bien je suis navré, déclara Iruka-sensei qui avait enfin reprit ses esprits, mais maintenant il vous faut quitter le gymnase, nous nous entraînons. D'autant que vos vêtements ont tendances à déconcentrer mes joueurs! D'ailleurs, vous vous êtes vus avec vos jupettes! Allez-vous rhabiller! Vous vous croyez à a plage?

Les garçons éclatèrent d'un grand rire général alors que je rougissais comme une pivoine. Quelle honte! Se faire ridiculiser ainsi par un professeur... Cependant, Iruka-sensei était un homme intègre qui ne se mêlait pas de la guerre. Il apparut que l'attitude de ses joueurs ne lui plaisait pas.

- Çà vous fait rire? Vous l'aurez chercher! Vingt tours de terrain et sans se plaindre où ce sera trente! Quand à vous mesdemoiselles, vous pouvez disposer!

Nous ne nous fîmes pas prier. Sans demander notre reste, nous tournions les talons et, tels des automates, sortions du gymnase. Je ne pus m'empêcher de jeter un ultime regard vers Kiba. Il était superbe! Même en pleine effort, son visage était impassible, tout juste un peu plus rouge. Ses muscles roulaient sous sa peau et son maillot ne cachait pas grand chose de ses pectoraux magnifiques. Je sentis mes joues rosirent alors que mes entrailles se lançaient dans une salsa endiablée. Il me troublait bien trop ce garçon, je préférai me détourner de ce spectacle pour rejoindre mes amis qui avaient presque atteint le bas du court escalier.

Cette fois-ci, la cours étaient bien plus animée et par crainte de se faire prendre une seconde fois, nous marchions avec naturel mais sans piper mot. Nous croisâmes bon nombre d'élèves et quelques professeurs. En passant près du lycée, je vus Kakashi-sensei assit à l'ombre d'un grand arbre. C'était-là que nous avions discuté le jour de mon arrivée. Il n'y avait pas encore de guerre, de rivalité ou autre dans la tête, et je m'étais prise de sympathie pour lui. Il m'avait paru être une personne, un peu loufoque certes, un peu pervers aussi, mais plutôt bien dans l'ensemble. Mon opinion avait beaucoup changé sur lui et le voir m'agaçait au plus haut point.

Évidemment, un coup du sort voulu qu'il baissât les yeux vers nous. Il nous épia alors que nous passions et je devinai aisément ce qui se passait sous tignasse argentée. En tant que professeur principal, il savait qu'Ino et moi ne faisions partie d'aucun club et que le club de hand-ball, dont faisait parti Temari, ainsi que le club d'athlétisme, que fréquentait Sakura, ne s'entraînaient pas le dimanche. Je pense qu'elles se rendirent comptent elles aussi du potentiel embêtant que possédait Kakashi car, dans un même mouvement, notre groupe de se resserra, comme si nous nous exposions à moins de risque ainsi. Il nous fixa intensément jusqu'à ce que nous passions le grand portail de Konoha.

A aucun moment il fit mine de nous arrêter. La barrière invisible séparant l'école de la vie normale passée, nous fîmes encore quelques pas calmement avant de détaler comme des lapins. Nous courions de toutes nos force, enfin protégées, loin du danger. Les gens nous regardaient de travers, une vieille femme marmonna, mais ses plaintes nasillardes se perdirent dans le vent qui sifflait à mes oreilles. Un sourire béat aux lèvres, je galopais avec aisance. C'était comme si j'avais des ailes dans mon dos, mon corps me semblait léger et mes jambes plus véloces qu'à l'ordinaire. Bondissante, je franchis le portail de Kunoichi. Mes amies m'imitèrent et nous retrouvions comme des enfants de maternelle à courir, sauter et se poursuivre dans la grande cours bétonnée. Les autres élèves nous regardaient intrigués et amusés. Quelques éclats de rire accompagnés notre course folle.

Soudain, alors que je fuyais Temari qui voulait tester la solidité du nœud qui retenait mon dos nu, je me cognais contre un garçon. Je m'inclinai et m'excusai avec le peu de sérieux dont j'étais encore capable. La voix épineuse qui me répondit m'interpella. Quand je me redressai, je reconnu le garçon que j'avais bousculé dans le couloir, deux jours plutôt, quand je m'étais précipitée vers le toit. Je pris le temps de l'observer. Il n'était pas très grand mais plutôt massif. Avec ses cheveux bien coiffés, ses lunettes carrées, et sa chemise amidonnée, il avait l'air d'un premier de la classe. Il me fixait de son air austère, pourtant une lueur lubrique brillait quelque part dans ses iris noires. Après m'être excusée une fois encore, je pris la fuite. Je me réfugiais dans notre dortoir, suivie de près pas mes trois amies. Nous remontions vers nos chambres, en escaladant les escaliers sous les cris furieux de la concierge. Puis foncions vers la chambre dont j'ouvrais la porte avec brutalité. Je me laissai finalement choir sur le lit. Haletante, les joues en feu, je tentais de reprendre mon souffle. Ino se laissa tomber à mes côtés alors que Temari et Sakura embrassèrent le sol. Tenten apparut immédiatement après à l'embrasure de la porte et, après avoir jeté un coup d'œil incrédule sur la scène, claqua la porte derrière elle et s'écria:

- MAIS QU'EST-CE QUI VOUS ARRIVE?

- Kakashi...

- ...Quel con!

- et puis Iruka

- chaud

- soif

- maaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaal!

Bouche bée, Tenten fut incapable de la moindre réaction. Un grand éclat de rire répondit à sa stupeur. Nous venions d'avoir une belle poussée d'adrénaline et, la pression retombée, nous ne contrôlions plus rien. Il nous fallu dix bonnes minutes pour nous calmer et reprendre notre souffle. J'avais les larmes aux yeux mais je me sentais bien. De toute ma vie, je ne m'étais jamais autant amusée, et j'étais ravie. Tenten, désespérée par notre comportement sans queue ni tête, vint s'asseoir au bord du lit. Elle me bouscula d'un coup de hanche et s'installa confortablement avant de réclamer d'une voix inquisitrice un récit cohérent et détaillé que Sakura se chargea de faire. Les faits relatés, Tenten se leva d'un bond, tendit une main vers moi et lança d'un ton avide:

- Ton sac Hinata! Allez bouge!

Aussi gracieusement que des larves bien grasses, Ino et moi nous extirpions du lit où je renversais le contenu de mon cabas. Elle examina avec attention les appareils, nos quatre visages rouges et réjouis l'entourèrent. Pendant qu'elle tripotait, pensive, nos trouvailles, un détail me revint en mémoire:

- Le garçon que j'ai bousculé tout à l'heure, qui est-ce? demandai-je

- Kikuchi, terminal C, répondit Sakura, pourquoi?

- C'est quel genre?

- Major de sa promotion, il est scolarisé à Konoha depuis la maternelle, expliqua Ino, C'est le fils d'un PDG de multinational, son seul héritier.

- Pourquoi? répéta Temari.

- Donc riche comme Crésus, n'est-ce pas? murmurai-je pensive.

- Hinata! s'énerva Temari, tu veux en venir où?

- Où je veux en venir? dis-je pensive, Si je vous dit qu'il était proche des escalier qui mène au toit Vendredi, juste après le lâché de photos...

- Attend!Attend!Attend!... tu veux dire... bafouilla Sakura.

- C'est vrai qu'il n'était pas loin quand je suis passée moi aussi, confirma Temari, En plus il regardait dans ta direction d'un air... qui me plaisait pas.

Nous nous taisions, redevenues enfin sérieuses, voire même grave. Tenten avait relevé les yeux vers nous, désintéressée du matériels. Tout semblait concorder, pourtant quelque chose me gênait sans que je ne sache précisément dire quoi. Ce fut finalement Sakura qui mit le doigt sur problème.

- Je veux bien qu'il soit assez riche pour s'acheter ses joujoux pour pervers, déclara-t-elle, sans compter qu'il est plus que suspect qu'il se trouve dans le couloir près des escaliers du toit, il peut très bien être en cause pour les photos des vestiaires... mais quels seraient ses rapports avec Mayumi Katsura?

- En parlant de Katsura, s'exclama Ino du tac au tac, comment çà c'est passé Tenten?

Avant même que mon cerveau n'est le temps d'enregistrer et analyser l'information que venait de donner Sakura, mon attention était reportée sur notre aînée. La veille, nous avions décidé de l'envoyer questionner Mayumi Katsura. Elle s'était plainte, voulant elle aussi participer à l'investigation dans les vestiaires, mais elle était la mieux placée pour la mission que nous lui avions confié. Elle connaissait Mayumi depuis le collège et elles s'étaient toujours bien entendues. Pour lui parler d'un sujet aussi délicat que ces photos, mieux valait une vieille amie. Pourtant Tenten tourna vers nous sa moue contrariée et secoua la tête, faisant danser ses macarons desserrés par l'agitation:

- Une vraie cata! soupira-t-elle enfin, je n'ai jamais vu Mayu-chan dans cet état... pourtant je la connais depuis longtemps.

- Qu'est-ce que tu veux dire? m'inquiétai-je.

- Pour ne pas paraître suspecte, je lui ai parlé de tout et de rien... et çà allait plutôt bien. Puis j'ai amené ce sujet et çà a dérapé. Elle m'a balancée un oreiller à la figure et s'est mise à hurler de sortir, elle ne voulait plus me voir. Elle était rouge et complètement hystérique. J'étais trop surprise pour réagir. Mayu-chan est quelqu'un de doux et posé. Elle ne s'est jamais énervée, mais là...

- Il y a vraiment quelque chose qui la tracasse, conclus-je dans un murmure.

Le silence qui suivit était pesant. Nous venions de perdre une chose importante: la confiance de Mayumi. Tant qu'elle ne se méfiait pas de nous, nous avions une précieuse source d'indice. Si vraiment s'était elle sur les photos, elle aurait peut-être fini, à force de patience, par nous dénoncer le coupable. Dans le meilleur des cas, ou alors le pire, elle n'avait pas posé pour ces photos mais pouvait nous donner une liste de ce qui aurait une raison de lui en vouloir. Cependant, ce qui m'inquiétait le plus était Mayumi elle même. Si une de ses amies de longue date venait "l'agresser" avec des questions qu'elle ne voulait pas entendre, que lui restait-il? Le néant, l'insupportable vide de la solitude... Je ne pouvais que partiellement imaginer. A Izumo, j'avais Neji et, parfois, ma sœur pour me soutenir. A Konoha, Ino m'aidait et, indirectement, Temari, Tenten et Sakura m'empêcher de tout lâcher. Mais Mayumi? Je mis une main sur mes lèvres, comme pour retenir un cri de rage. Mon cœur battait douloureusement dans ma poitrine. A quoi pouvait-elle bien penser? Quel genre de serpent vicieux tenaillait son esprit, exacerbant ses pires sentiments?

Soudain Tenten se précipita sur l'un des appareil photo, elle s'en empara sans ménagement et le brandit sous nos nez:

- Vous avez une idée de comment il a pu installer çà dans les vestiaire?

- Aucune, avoua Sakura, dépitée.

- Et si... commença Tenten.

Elle ramena le petit appareil vers elle et le considéra, le surélevant légèrement au dessus de ses yeux.

- Si? insista Temari toujours aussi impétueuse.

- L'année dernière je faisais partie du comité exécutif, expliqua Tenten, j'avais accès à bon nombre de documents concernant l'école... Notamment les plans des différents bâtiments. Il existe sur le toit du gymnase une espèce de conduit d'aération assez large qui mène droit au dessus de ses yeux...

- Voyons Tenten! s'emporta Temari, c'est complètement loufoque!

- Toute cette affaire est loufoque, rétorquai-je, trop intéressée par ce qu'avait à dire notre amie, Combien de gens le savent?

- Je pense que tous les membres du comité d'élève sont susceptibles de le connaître, répondit-elle, nous pouvons consulter ses documents à notre guise. Sachant que ce genre d'info, on évite généralement de l'ébruiter... à part pour impressionner les copains...

- C'est une piste tout à fait exploitable, termina Sakura.

- Eh! Oh! Les filles! Revenez sur terre! protesta Temari, On est dans la vrai vie, pas un roman policier! Qui serait assez fous pour monter sur le toit du gymnase , rampez dans un conduit d'aération, juste pour deux ou trois photos?

- Temari, intervint Ino, on a rien... rejeter des pistes serait faire preuve de négligence. Çà ne nous coûte rien de nous renseigner!

- Bon... bon très bien... céda la blonde au regard de feu, Qu'est-ce que vous proposez?

De bref regards me permirent de savoir qu'aucune d'entre elles n'avaient la moindre idée. Je soupirai. Puisque nous ne parvenions pas à découvrir des preuves tangibles, il était temps, à mon sens, d'élargir nos recherches. Même si au final, il nous fallait passer par un moyen que je n'appréciais guère.

- Il nous reste toujours les ouïes-dire, déclarai-je à contre cœur, peut-être en écoutant les ragots qui circulent nous auront une idée plus précise d'où diriger nos recherches. Ino et Sakura, vous avez un bon contact avec les autres filles, vous pouvez toujours vous renseigner sur Mayumi Katsura. Tenten et Temari, vous êtes dans des clubs où vous êtes en contacts avec des garçons, vous vous renseignerez sur le conduit. Je vais essayer de voir avec mon cousin s'il peut questionner ses potes sur le conduit.

Le lendemain, nous nous appliquions chacune à notre tâche de notre manière. Dès l'instant où j'avais cité Neji, je savais que j'avais eu tort. Dans un réflexe instinctif, je m'étais réfugiée auprès de celui qui avait toujours était à mes côtés, mais comment aurais-je eu le courage de lui parler? Après tout ce qui c'était passé, je ne savais plus comment l'affronter. Lorsque nous nous étions retrouvées seules, Ino m'avait judicieusement fait remarquer que mon cousin n'était peut-être pas non plus disposé à m'aider. Je l'avais quitté de la pire des manières une semaine auparavant, que pouvais-je espérer de lui? Je savais qu'elle avait raison et cette idée me blesser au plus au point. Au fond, je tenais à lui plus que je ne le croyais. Il avait toujours fait parti de ma vie, nous étions si proche que s'en était douloureux. Pour me rassurer autant que pour la convaincre, je lui avais déclaré que j'avais un ami parmi les garçons. Elle m'avait sourit, complice, avant de me taquiner des heures durant. Un ami ou bien plus?

En ce lundi après-midi, j'observais une fois encore Kiba. Nous étions en cours de biologie et Orochimaru-sensei n'était pas arrivé. Les garçons s'amusaient donc de ses jeux brutaux qu'ils affectionnaient tant. Kiba se battait contre Naruto à grands coups de règles. Leurs amis les soutenaient à grand renfort de cri. Je me serais cru dans une arène antique si Naruto ne cessait de hurler à tous vent qu'il était le nouveau samourai du Japon moderne. Malgré moi, je souriais à leur bêtises et admirais la dextérité à la règle de Kiba. Une fois encore, il venait d'atteindre Naruto, rougissant d'un coup sec sa joue redondie. Il était magnifique mon "paysan", souriant de cet air délicieusement mutin qui était le sien. Une partie de moi était impatiente de pouvoir le prendre à part pour le questionner. Je pourrais de nouveau me plonger dans ce regard qui ne voyait que moi. Aussi égoïste que pouvais paraître cette envie, c'était incroyablement plaisant d'être tant appréciée...

Brusquement, la porte s'ouvrit avec fracas, interrompant le féroce combat qui se déroulait. Dans un désordre indescriptible, les garçons regagnèrent leurs places. Orochimaru-sensei posa un regard hautain sur son troupeau d'élève d'idiot. Je n'avais pas réellement d'atomes crochus avec ce professeur. Je le trouvais même effrayant. Livide comme la mort, il avait de vastes cernes mauves sous les yeux. Ses longs cheveux noirs intensifiaient la blancheur de son teint. Et que devrais-je dire de sa bouche trop grande et de ses petits yeux perçants! Il me rappelait atrocement les serpents que j'avais en horreur. Comme pour accentuer ses traits effrayants, il portait un col roulé et un pantalon en cuir noir, qui soulignaient sa silhouette longiligne. Enfin, il exhibait une veste de scientifique blanche. L'ensemble lui donnait en tout point l'air d'un savant fou, échappé d'un film d'horreur. Quand à son attitude, elle était odieuse. De sa voix doucereuse, il faisait claquer ces mots comme un fouet. Il était méprisant, assuré, comme il était, de notre imbécillité incurable. Les cours étaient de vrai torture pour nous tous... Cependant qui aurait pu imaginer que ce cours serait pire que tous les autres?

- Vous êtes prié d'être particulièrement attentifs aujourd'hui, déclara-t-il lorsqu'il eut rejoint son bureau, nous ferons une dissection.

Je crois que si nous n'avions pas eu si peur de cet homme, la classe aurait été plongée dans le chaos le plus total. J'avais retenu à la dernière minute mon cri d'horreur. J'allai tourner de l'œil... J'allais obligatoirement tourner de l'œil! Je détestais ce genre d'activité. Au collège, la dernière fois que j'avais participer à une dissection, j'avais terminé la séance à l'infirmerie, la tête au-dessus d'une cuvette. Ino serrait tant le bord de notre table de travail que ses phalanges avaient blanchies. Sakura avait blêmi et Temari se grattait la tête... Nous étions vraiment mal à l'aise face à cette leçon. En fait, je crois que l'idée que le sinistre Orochimaru-sensei dirigerait cette opération n'était pas faîte pour nous rassurer. Mais à la place de l'agitation à laquelle on aurait pu s'attendre, un mutisme lourd de sens pesait sur nous tous.

Ignorant superbement notre réaction, Orochimaru-sensei continua:

- Donc, pour la première heure de cours, vous écouterez attentivement mes directives. Les responsables du matériels scientifiques m'accompagneront ensuite chercher le nécessaire. Vous travaillerez par groupe de deux, que je composerez, dans le calme car c'est une opération délicate. Me suis-je bien fait comprendre?

Dans un murmure général, la classe acquiesça. Nous venions d'attendre le trente-sixième dessous. Non seulement, nous allions disséquer je ne sais quel animal sous la houlette du savant fou, mais en plus nous devions le faire avec un partenaire qu'il avait choisi. Connaissant le goût prononcer de notre professeur pour la perversion et le sadisme, je m'attendais au pire... comme j'avais raison!

Il débuta son cours. Nous allions disséquer une grenouille. Comme si cet animal répugnant ne suffisait pas, il avait ramassé des kilos d'œufs batraciens lors du dernier nettoyage de la piscine extérieur, que nous devrions aussi étudier. La première heure se passa dans un calme inquiet, puis Orochimaru-sensei nous dispersa en groupe. Quand j'entendis le nom de mon partenaire, je me mis à maudire cette malchance qui me poursuivait. Je tournais les yeux vers lui et croisai son regard noir et froid: Sasuke. Le professeur sortit en compagnie des responsable en nous ordonnant de nous placer. Aucune des filles ne se trouvaient ensemble. Il s'était amusée à nous disséminer parmi les garçons. La plus chanceuse fut finalement Ino qui se retrouvait en binôme avec son amour. Bien sûr ni elle, ni Shikamaru ne laissaient paraître le moindre sentiment, mais, indéniablement, elle était la moins accablée de nous toutes. De mon côté, je me mordis les lèvres quand, assise à côté de Sasuke, je perçus son regard malin. Les dieux et mes ancêtres m'avaient abandonnée! Si les cinquième premières minutes se passèrent bien, les choses se corsèrent assez vite.

Sasuke avait d'ores et déjà ouvert le ventre de la bête d'un coup de scalpel lent et précis. Incapable de le regarder faire, j'attachais mes yeux au grand bocal rempli de tube visqueux qui protégeaient des embryons. Une sueur froide perlait sur mon front. Je sentais mon déjeuner qui tentait de me jouer des tours dans mon estomac contracté. Ma respiration lente et soutenue me servait à ne pas me laisser couler dans la brume vaseuse de mon mal. Soudain une main se posa sur mon épaule, me faisant sursauter. Cette main longue et blanche sentait le formol et était légèrement salie de sang froid. Je calmai le spasme qui me prit et lançai mon pire regard à Sasuke:

- Tire ta sale patte de là!

- Çà n'a pas l'air d'aller pouffa-t-il.

- La ferme, crachai-je avec toute la rage dont j'étais encore capable.

- Il y a une question que je voulais te poser, déclara-t-il méprisant superbement mon ton menaçant, Qu'est-ce que vous faisiez aux vestiaires hier?

- Tu as bien entendu ce qu'on a dit à Iru... répondis-je sentant une panique m'envahir.

- Te fous pas de moi, ricana-t-il d'une voix dangereuse, je connais Sakura depuis longtemps. Elle n'a jamais hérité de sa grand-mère, puisque cette bonne vieille me tenait au téléphone pas plus tard qu'hier soir. Et oui Hinata, ajouta-t-il à la vue de mes yeux écarquillés, elle s'est beaucoup occupée de moi enfant, j'ai gardé un bon contact avec elle. Nous sommes voisins Naruto, elle et moi. Sakura ne te l'a jamais dit?... Et maintenant, je veux savoir la véritable raison de votre virée matinale...

Fin du chapitre 7, suite au chapitre 8

NOTES:

1-Yakitori: Brochette de viandes grillée le plus souvent

2- Les fameux ravioli Japonais!

3- La chanson de la motivation! XD Bon faut pas faire attention, une chanson qu'on se chantait entre copine pour se donner le courage d'affronter certains cours! Merci Pookie, Attention hein! Alls rights reserved! MDR!

Et bien voilà un septième chapitre... en retard! Je suis vraiment désolée, mais je me suis laissée débordée par mon emploi du temps, D'ailleurs je tiens à annoncer tout de suite la couleur: J'entre en période d'examen. Je ne pourrai donc pas écrire pendant un moment... Je pense donc que mon prochain chapitre ne sera pas poster avant le début du mois de juillet. MAIS, mais, mais,... à ce moment là je serais en VACANCES! (OUAAIIIIII!) donc je pourrai poster plus régulièrement? (Vive les vacances!) Je m'excuse d'avance pour le désagrément...

A propos de ce chapitre: comme vous l'avez remarqué, ce n'était pas réellement ce que je vous avez promis... En fait, c'est encore la faute d'Hinata (elle a l'air douce comme çà mais en fait c'est une vrai tête de mule! XD ) Elle était tellement bien avec Kiba qu'elle ne voulait plus le quitter! Et sans m'en rendre compte, j'avais écrit la moitié du chapitre rien qu'avec le rendez-vous! Et malgré çà elle se plaint encore... Pas assez de temps avec Kiba... Pffff que devrai-je dire! Je voudrais le séquestrer et le garder juste pour moi. Enfin, pour celles qui attendait impatiemment de voir Itashi et bien ce sera pour la prochaine fois! Désolée... Hinata excuse-toi auprès des lecteurs! Il vous plaît quand même mon chapitre? N'hésitez pas à me laisser des com' pour me donner votre opinion... même me lyncher!

A propos de vos com'. Je n'ai malheureusement pas le temps de répondre à tous personnellement. Mais je vous remercie: Sad Sweet Girl, Aya72, Nanamy, Seydrune, Yubikiri et Jiyaie. Je ne voulais pas faire de basses menaces (n'est-ce pas Seydrune? ) mais comme tu l'as toi-même dit écrire autant en une semaine surtout en même temps que mes études c'est pas toujours facile, donc évidemment quand on a pas de retour, on est en droit de se poser des questions! Mais bon, je vous promets de continuer à poster mon histoire! N'hésitez pas à me laisser des reviews!

Enfin voilà... me suis encore étendue!

°oO°O°oTsubaki no Tsuki o°O°Oo°