Et voilà le 7ème OS fait à partir d'une des propositions de « Dan ».
« Dan » : Je suis contente que tous mes OS te plaisent et en particulier le 4ème qui existe grâce à ta proposition j'espère que cet OS te plaira aussi. De plus, je tiens à te préciser que je ne privilégie pas une proposition en fonction de qui me la donne : je fais en fonction de la manière dont elle m'inspire et si je trouve quelque chose à écrire dessus, c'est tout. :) Je peux comprendre que tu t'es sentie mise en avant, surtout maintenant qu'un deuxième OS a été fait selon tes idées et que je ne peux te répondre que par une petite note en début de chapitre, note à la vue de tous puisque je ne peux pas te faire par MP mais saches que je prends aussi en compte toutes mes autres reviews. :)
Quant à vous revieweurs, de faire tout le boulot, il va de soi que je ne vous demande pas de me faire des propositions à chaque review, surtout si on commente tous mes chapitres. Proposez une idée si vous en avez et surtout si vous avez envie, je n'oblige personne et surtout je ne me force absolument pas à écrire.
« Elyos », Haha, c'est toujours un plaisir de lire tes retours ! Ravie de voir que j'ai réussi à te troller ! ;) Et pour répondre à ta question, non, je ne pense pas que quiconque découvrira le secret de l'ami imaginaire. Sherlock est quelqu'un de relativement impassible et il devient un vrai coffre fort lorsqu'il s'agit de cacher ses faiblesses et son besoin de compagnie donc je pense garder la création de John secrète et ne pas en faire un OS. :)
Et pour finir : n'oubliez pas que vous pouvez participer à la création de ce recueil en me proposant des idées de situations du quotidien de l'enfance dans lequel vous aimeriez voir Sherlock en compagnie de son ami imaginaire.
Sur ce, bonne lecture ! :D
En cette veille du Nouvel An, Sherlock était pelotonné dans la chaleur douillette de ses couvertures en laine, protégé du froid mordant de l'hiver. Mais il ne dormait pas. Il leva les yeux vers les chiffres rouges lumineux de son réveil qui affichaient dans la pénombre nocturne : 23h35. Le feu d'artifice allait bientôt commencer...
Toute sa famille avait prévu d'aller le voir, à l'exception de Mycroft qui prétendait avoir des affaires urgentes à régler et qu'ainsi, il lui serait impossible de se libérer. Sherlock, quant à lui, songeait plutôt que c'était la première excuse que son aîné avait trouvé pour s'épargner les soirées familiales qu'il exécrait tant...
Il n'y avait pas grand chose dans ce bas monde susceptible d'intéresser Sherlock. Pourtant, du haut de ses 11 ans, il se faisait une joie d'aller voir le feu d'artifice. Ce serait l'occasion emmagasiner de nouveaux souvenirs, de plus il était curieux de voir ce que ça aller donner.
Ça faisait maintenant deux jours qu'il trépignait intérieurement, houspillant sans vergogne John sur l'écoulement inexplicablement long du temps qui s'étirait à n'en plus finir.
Mais si le Palais Mental était en effervescence, le visage de Sherlock demeurait, quant à lui, parfaitement impassible : masque de neutralité qu'il portait constamment comme un bouclier et qu'il ne quittait que lorsqu'il était perdu dans les limbes de son esprit avec la présence rassurante de John qui ne lui ferrait jamais de mal.
Cependant cette joie enfantine mêlée d'impatience fût vite réduite à néant, laissant sa place à une déception amère : sa mère avait la migraine et son père refusait de quitter son chevet comme chaque fois que sa chère épouse était en proie à ses maux de tête foudroyants qui la laissaient les traits tendus, les yeux plissés de douleur, allongée sur son lit dans l'obscurité et le silence...
Sherlock soupira tandis que l'heure avançait, passant de 23h35 à 23h36. Il aurait tellement voulu aller voir ce feu d'artifice même s'il n'en expliquait pas rationnellement la raison...
Il s'imaginait sans mal la foule compacte de gens emmitouflés dans de gros lainages, attendant impatiemment les premières gerbes de lumière, les yeux rivés vers le ciel... au lieu de quoi, il était cloîtré chez lui, tout seul, comme toujours...
Non, Sherlock, tu n'es pas tout seul.
La voix de John troubla doucement le silence de l'esprit du jeune garçon dont les lèvres s'ourlèrent d'un petit sourire.
Je sais, John, je sais.
Tu es déçu mais, tu sais, ce n'est pas la faute de ta mère.
Je le sais très bien.
Il y aura un autre feu d'artifice, ce n'est pas le dernier de l'humanité !
La faible tentative d'humour de John tomba à plat et Sherlock se recroquevilla dans son lit.
J'avais tellement hâte, John. Je sais que c'est parfaitement irrationnel mais... je ne sais pas... je voulait juste faire comme tout le monde et aller le voir. Tu savais que je n'avais jamais vu de feu d'artifice, ça aurait été l'occasion.
John ne répondit pas mais Sherlock sentit venir de son ami imaginaire une vague de chaleur réconfortante qui l'apaisa. Il ferma les yeux, cherchant le sommeil sous la présence vigilante de son frère d'âme...
Quelques minutes s'écoulèrent dans une douce quiétude lorsque Sherlock fut invectivé par la voix impatiente de John :
Aller Sherlock, debout !
Le jeune garçon grogna, irrité :
Bon sang, John, qu'est-ce qui te prends ?!
Pas de question, enfile tes bottes et ton manteau !
Mais pourquoi faire ?!
Pour aller voir le feu d'artifice ! Il va commencer dans cinq minutes !
John, je te signale que je ne sais pas conduire, en conséquence, je ne peux pas m'y rendre.
Qui te parle de conduire jusqu'à la ville ? susurra malicieusement John. Aller fais ce que je te dis, tu verras que ça en vaut la peine.
Sherlock soupira en repoussant ses couvertures chaudes, grimaça au contact du parquet froid sous ses voûtes plantaires nues et se dirigea vers la patère où pendaient son manteau et son écharpe...
oOo oOo oOo
Sherlock grelottait, au milieu de l'herbe gelée du jardin familial. La nuit était sombre et profonde, les étoiles lointaines brillaient faiblement, leur clarté diffuse presque submergée par les lumières artificielles de la ville qui formaient un halo orangé au dessus des toits des immeubles.
Le jeune logicien éternua, son souffle se condensant en un petit nuage vaporeux. Frigorifié, il se dandina gauchement, cherchant à se réchauffer, se sentant complètement ridicule d'être debout comme un épouvantail dans son jardin au beau milieu de la nuit.
Bon sang, John, qu'est-ce qu'on attend ?! Je suis complètement gelé !
Arrête de grogner et continue de regarder vers la ville ! ordonna John d'une voix inhabituellement impérieuse.
Pour toute réponse Sherlock exhala un long soupir qui n'était pas le premier d'une longue série.
Et arrête de soupirer comme ça, tu ne te rends pas à l'échafaud !
John était moins accommodant que jamais : peut-être était-ce sa revanche pour toutes les remarques acerbes que Sherlock lui avait lancé dans son impatience fébrile de voir ce fameux feu d'artifice ?...
Soudain, une étrange lueur fusa vers le ciel et se déploya comme une fleur de feu rouge sur le fond noir de la nuit suivie par les premiers vivats de la foule réunie pour assister à la venue de la nouvelle année.
Ça commence ! s'exclama John.
Mais Sherlock ne l'écoutait plus, il en avait même oublier ses frissons dus au froid, obnubilé qu'il était par le spectacle qui se déroulait sous ses yeux. Le feu d'artifice était parfaitement visible depuis son jardin et l'enfant n'en perdait pas une seule miette, voyant ses espérances secrètes se réaliser.
La fusée rouge fut la première d'une longue série : le ciel s'embrasa de lumières flamboyantes de toutes les couleurs :
Fleurs aux pétales de flammes écarlates.
Échardes de jade qui fumaient sous quelques nuages.
Étoiles cyans au reflets miroitants se teintant de lueurs cobalts.
Flash de flamboyance vert électrique.
Zigzags mauves fusant vers les étoiles.
Pluies de lueurs iridescentes qui disparaissaient dans des fumerolles brillantes.
Spirales en déliquescence rosées bordées de paillettes orangées.
Explosions rythmiques disparaissant en flèches mordorées.
Arabesques foudroyantes rependant dans l'air enfumé des lueurs immaculées.
Rubans de lumière vives s'enroulant en vrilles scintillantes avant de disparaître dans des étiolements gracieux et fulgurants.
Comètes de flammes ocres dont les queues se paraient de plumes de lumière argentée.
Étincelles chatoyantes duveteuses dans des écrins de luminescence pâle et magique.
Sherlock se délectait de ce spectacle, son esprit le mémorisant dans ses moindres détails. Il esquissa un sourire en écoutant le son des fusées qui explosaient dans une cadence infernale dans le ciel.
On dirait presque les détonations lors d'une bataille, murmura le jeune logicien.
Nous vivrions dans un monde de tendresse si toutes les guerres se faisaient à grand coup de feu d'artifice du Nouvel An ! se moqua gentiment John.
Le garçon étouffa un petit éclat de rire et reporta son attention vers le ciel illuminé par le grand final qui ne fut plus qu'un spectaculaire kaléidoscope de feux radieux. La noirceur de la nuit disparut au profit d'une apothéose incendiaire de couleurs et de lumières qui brûlaient le ciel : ode à la nouvelle année et toutes les possibilités qu'elle pouvait offrir aux cœurs et aux esprits optimistes...
Enfin, le feu d'artifice s'éteignit, laissant dans son sillages des fumées qui montaient en volutes paresseuses telles ces nuages de gaz colorés colonisant le vide entre les étoiles et les cris de la foule réunie dans le centre ville.
Alors, dit John goguenard, tu vois que j'avais une bonne raison de te faire sortir de ton lit. Tu as pu exaucer ton rêve, ajouta-t-il avec un sourire que le jeune garçon imagina teinté de complicité.
Sherlock eut un grand sourire et un pincement au cœur. Mon Dieu, oui, c'était bien grâce à John qu'il avait pu voir cette merveille au lieu de se morfondre sous ses draps.
Mais que deviendrait-il sans son ami ?!
Le garçon chassa d'un mouvements brusque ces pensées moroses : ce n'était ni le lieu ni le moment.
Restant encore quelques instants, seul dans le froid de la nuit il ferma brièvement les yeux avant de murmurer :
Bonne année, John.
Ce à quoi son ami lui répondit d'une voix joyeuse :
Bonne année à toi aussi, Sherlock !
Le jeune génie hocha la tête même si personne n'était là pour le voir et regagna silencieusement la chaleur douillette de la maison, ses oreilles bourdonnant encore du bruit du feu d'artifice, ses yeux vif-argent gardant le souvenir de leur éblouissement par les flammes de lumière arc-en-ciel.
Et voilà, j'espère que ça vous aura plu !
Le thème qui l'a été donné était que Sherlock voit un feu d'artifice, j'espère que ce petit OS vous à fait retomber dans vos souvenirs de votre tout premier feu d'artifice ! ;)
