La liaison appartient à johnnyboy7

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Les deux semaines qui suivirent ne furent que … en un mot : bonheur.

Je ne peux pas avoir assez d'Edward, et apparemment lui non plus ne peut pas avoir assez de moi. Dans la semaine nous nous voyons pour le déjeuner mais il ne peut pas rester en ville tout le temps parce qu'il s'occupe des garçons pendant qu'Irina n'est pas là. Mais quand le week-end arrive il est tout à moi.

Nous avons eu des relations dans toutes les pièces de ma maison et dans toutes les positions. Je suis toute endolorie mais j'aime cette sensation. Quelques fois nous faisons vite, d'autres fois sensuellement. Cela dépend de notre besoin du moment.

Il me fait toujours me sentir comme si nous n'avions pas à avoir honte de ce que nous faisons. J'aime le regarder dans les yeux lorsqu'il jouit. C'est si intense et puissant.

Mais ce n'est pas que du sexe. Edward m'aide encore à défaire mes cartons et pendant ces moments j'en apprends un peu plus sur lui. Je me plains que je n'en finirai jamais mais en secret cela ne me dérange pas. Lui non plus. Il dit qu'il aime ça. Je l'informe de mon obsession pour les films étrangers et nous buvons du vin pendant que je lui explique certains points de l'intrigue.

Lorsqu'il apprend que je parle français couramment, il me demande de lui parler même s'il ne peut pas comprendre. Il trouve ça sexy.

Le vendredi soir nous nous couchons, nous cajolons et nous caressons, nous imprégnant de l'autre. Nous savons que lorsque le matin arrivera il faudra qu'il reparte chez lui pour être là pour ses enfants.

"Quelle est ta couleur préféré?" me demande Edward.

"Bleu," je lui réponds. "Et toi?"

"Rouge."

"Quelle audace!"

"J'aime vivre la vie du côté sauvage." Il tire sur les pointes de ma poitrine dénudée.

"Evidemment," je pouffe de rire.

Nous sommes nus et en sueur, trop heureux de ne pas avoir à nous occuper du monde extérieur.

Je lui demande : "Quel est ton film préféré?"

"Je ne sais pas. Je n'ai pas regardé de films pour adulte depuis dix ans." Il rit. "Ma vie est une porte ouverte sur Disney et Pixar. Mais j'ai un faible pour Aladin."

"Je devrais me mettre à jour dans les dessins animés si je continue à trainer avec toi."

Bien trop tôt, il doit partir. Georges l'appelle en disant qu'il est presque à la maison, alors Edward doit rentrer avant eux. J'ai horreur de le voir partir mais je sais qu'il reviendra. Il revient toujours.

J'appelle ma mère et je parle avec elle pendant au moins une heure. Elle veut savoir comment se passe l'emménagement et si je me suis fait des amis. Elle me dit que je suis toujours trop seule et trop secrète. Elle aimerait que je sois plus sociable. Je n'ose pas parler d'Edward. Espérons qu'elle n'en sache jamais rien.

Une fois que j'ai fini de parler avec Renée, le téléphone se remet à sonner. Je regarde le numéro et je vois le nom d'Alice Whitlock qui s'affiche sur l'écran.

"Bizarre." Je décroche. "Allô?"

"Salut Bella. Je ne sais pas si tu te souviens de moi mais je suis Alice Whitlock. Nous nous sommes rencontrées au musée."

"Bien sûr. La femme de Jasper. Comment ça va?"

"Bien. Je t'appelle pour t'inviter au match des Red Sox. Jasper aime le base-ball et nous avons un billet supplémentaire. Nous avons pensé que tu aimerais venir."

"Oh c'est très gentil de votre part mais je ne voudrais pas m'imposer."

"Tu es sûre? On ne peut pas vivre à Boston et ne jamais être allé voir les Red Sox. C'est obligatoire en quelque sorte."

Je pense à la conversation que je viens d'avoir avec Renée quelques minutes auparavant. Je peux entendre sa voix m'inciter à accepter cette invitation.

"Tu sais quoi, d'accord. J'aimerai venir," lui dis-je.

"Vraiment? C'est génial. Je penserai à prendre ta place. On se retrouve à Fenway demain."

Je m'assure de la remercier de nouveau et nous parlons quelques minutes. Elle est très chaleureuse et prévenante. C'est agréable de parler avec elle et avant de raccrocher elle me rappelle l'heure et le lieu du rendez-vous.

La journée passe sans que je parle à Edward. J'essaie de ne pas monopoliser tout son temps.

Le match est à treize heures alors je commence à me préparer un peu avant midi. D'habitude je ne m'habille pas comme ça mais je suppose que pour un événement sportif je peux m'habiller plus décontracté.

Je met un short blanc en jeans et un T-shirt des Red Sox que Phil m'a donné quand il a su que j'allais m'installer à Boston. J'ai aussi une casquette que je vais prendre, bien que je déteste me couvrir la tête. J'ai mis des tennis en toile rouge vif et je me félicite d'avoir coordonné ma tenue avec l'équipe de base-ball.

Je cherche le chemin pour aller au stade sur mon ordinateur et j'en arrive à la conclusion qu'il sera plus facile de prendre le train. Ce sera plus facile pour moi que te trouver un endroit où me garer et je n'ai pas à me soucier de marcher trop longtemps car il y a un arrêt près de chez moi et un autre tout près de l'entrée du stade.

C'est très facile à trouver puisque tout le monde se dirige vers le même endroit et porte la tenue du parfait supporter. Je suis la foule et arrive là-bas en très peu de temps. J'appelle Alice pour voir où elle est.

"Bella!" Je l'entends crier mon nom mais j'ai des difficultés à la voir dans cette foule. Les cheveux blonds de Jasper sont visibles alors je me dirige vers lui. Je présume qu'elle est avec lui.

"Je suis ravie que tu te sois décidée à venir." Elle arrive de je ne sais où. Elle m'étreint et moi aussi. "J'ai enfin quelqu'un à qui parler. Tout ce que souhaite Jasper c'est regarder le match. Pas que ça me gêne, c'est intéressant au début mais ça devient ennuyeux à la longue." (N d T : un match de base-ball dure au minimum trois heures.)

Elle est capable de parler à toute vitesse et il faut vraiment que je fasse attention à chaque mot.

"Merci de m'avoir invitée," leur dis-je à tous les deux.

"Pas de problème," dit Jasper. "Nous voulons que tu te sentes la bienvenue et tu es la première personne qu'Alice a suggéré quand nous avons réalisé que nous avions une place supplémentaire."

Les Whitlock sont très bavards et j'ai vraiment l'impression qu'ils veulent vraiment apprendre à me connaître. J'apprécie leur compagnie. Ils sont vêtus comme moi et Alice tient une grande main en mousse de supporter. Elle dit qu'elle porte chance.

Nous passons à travers la foule dans le stade et puis faisons notre chemin vers nos sièges. Nous sommes juste derrière la première base dont Jasper m'explique que c'est un endroit merveilleux. Je suis choquée par la grandeur du stade, j'ai beau regarder vers le haut je ne peux pas voir à quelle hauteur les gradins s'arrêtent.

"Ils sont là!" crie Alice et elle commence à me pousser dans l'escalier vers nos sièges.

Je m'arrête dans mon élan quand j'aperçois des cheveux auburn tout aussi indisciplinés que quand je les ai laissés hier matin.

Comme nous nous rapprochons, je vois qu'Edward n'est pas seul. Il est avec sa famille, les quatre garçons et Irina. Il ne m'a pas dit qu'elle était revenue.

"Oh euh…" j'essaie d'arrêter Alice qui me pousse mais elle très forte pour une si petite personne.

"Viens Bella. Tu peux t'asseoir à côté de moi."

"Alice on devrait peut-être prendre quelques boissons et quelque chose à manger d'abord?" suggère Jasper.

"Oui!" je me sers de cette excuse pour rester éloignée le plus longtemps possible.

"Non, nous pourrons faire ça après que la première balle ait été lancée".

"Diable," j'entends Jasper marmonner. Il râle qu'il veut une bière.

Nous arrivons à nos sièges et Alice s'assure que tout le monde puisse me voir. Nous sommes assis dans la rangée de devant. "Hey les gars vous vous souvenez de Bella, pas vrai? Je l'ai invitée au match aujourd'hui."

Je suis debout devant la famille Cullen tout entière.

Edward s'étouffe avec l'eau qu'il est en train de boire mais il se remet rapidement. C'est évident qu'il ne savait pas que j'allais venir.

"Bella, ravie de te revoir," dit Irina en se levant et en remontant ses lunettes sur le haut de sa tête avant de m'étreindre.

"Moi aussi, ça fait longtemps."

"Je sais mais je suis contente que tu sois venue. Nous pourrons nous rattraper pendant le match."

Je jette un œil à Edward, il est l'image parfaite du calme, appuyé contre son siège. Il met une casquette sur sa tête et cache son visage quelque peu.

"Laisse-moi te présenter les garçons," dit-elle en me faisant descendre. "Mon aîné, Georges."

Il doit ressembler à Edward lorsqu'il avait vingt ans de moins. Des yeux verts brillants, visage vif et mêmes cheveux. Tous les traits d'Edward sont présents chez ses fils. Je trouve difficilement des traits d'Irina.

"Ravie de te rencontrer." Je serre la main de George. Il a une poignée de main forte, comme son père et je peux dire qu'il est grand même s'il reste assis.

"Moi aussi." Il hoche la tête avec un sourire tendu. Bien qu'il soit poli je ne l'intéresse pas vraiment. Il est plus attentif aux joueurs en train de s'échauffer sur la pelouse.

"Et voici Théo," Irina passe au suivant.

Encore les mêmes traits qu'Edward plus jeune. Son visage est parsemé de taches de rousseur et ses cheveux partent dans tous les sens, ce qu'Irina tente d'arranger mais sans succès.

"Hey," il me fait signe de la main avant qu'on me fasse avancer.

"Voici Seb."

Il sourit et me demande si j'aime le baseball. Je mens et hoche la tête. Tout le reste de la famille est habillée aux couleurs des Red Sox sauf lui qui porte un tee-shirt d'Atlanta Braves, l'équipe adverse.

Je lui demande pourquoi et il me répond : "Je porte toujours les couleurs de l'adversaire. Ça rend papa fou."

Je peux dire que c'est lui l'espiègle du groupe et il faut que je fasse attention à le surveiller.

"Bella!" Jonathan Francis se lève de son siège et essaie de se précipiter vers moi. "Je suis contente que tu sois ici , mon gars!"

"Salut, je me demandais quand nous nous reverrions." Je suis sincèrement heureuse de le revoir.

"Il faut que je te parle de mon nouveau jouet c'est une voiture. Papa me l'a achetée et on peut la conduire."

"Il me tarde de voir ça," lui dis-je.

"Et bien sûr tu connais Edward," dit-elle en me désignant son mari.

Je pense à contrôler ma respiration et j'essaie de ne pas le regarder directement dans les yeux. Je sais que je vais me laisser aller si je le fais.

"Bonjour." Je garde mes mains pour moi.

"Salut, je ne savais pas que tu serais là aujourd'hui."

"Alice m'a invitée à la dernière minute."

Il prend une autre gorgée d'eau et hoche la tête sans rien dire d'autre.

Alice m'entraine loin de lui, vers nos sièges au bout de la rangée.

La partie commence mais je ne pense même pas à y prêter attention. Je crie lorsque je dois le faire, j'applaudis comme tout le monde mais je ne peux que penser à Edward. Il est si près et pourtant si lointain. Aussi cliché que ça puisse paraître, maintenant je comprends cette phrase.

J'occupe mon temps avec Alice. Elle est une machine à paroles.

"Alors tu es contente d'avoir déménagé?" demande-t-elle.

"J'aime la ville et tout le monde parait vraiment amical."

"Bien, j'espère que tu ne seras pas seule ici. Je ne sais pas comment font les gens qui déménagent dans un endroit où ils ne connaissent personne. J'en mourrais." Elle parle beaucoup avec ses mains. Je dois me méfier de ça ou elle pourrait me donner un coup au visage.

"Ce n'est pas si mauvais."

"Et le travail? As-tu quelque chose de prévu?"

"Non, pas encore mais on m'a offert du travail au Musée des Beaux Arts. Je pense que je pourrais faire ça. Je m'occuperais des visites et de petites choses dans ce genre, il me semble que ça me plairait."

"Oh j'en suis sûre. Il semblerait que tu aimes l'art."

Je me tourne une fois, prétendant me détendre la nuque. Edward tient JF sur ses genoux et ils rient. Aussitôt que j'ai la tête tournée il doit sentir mon regard. Il me regarde de ses yeux pénétrants.

Je reviens au jeu avant d'avoir une chance d'avoir des ennuis.

Une demi-heure plus tard, je demande à Alice si elle a soif.

"Non, ça va."

"Bon, je vais me chercher quelque chose." Je me lève.

"Tu peux passer commande si tu veux," dit-elle en désignant les gens qui passent pour vendre des boissons et des choses à manger.

"Il faut que je me lève et me dégourdisse les jambes un peu. Je vais faire un tour," lui dis-je et je commence à monter les escaliers vers l'endroit où on trouve de la nourriture.

Il y a beaucoup de monde et l'attente va être longue. Ça m'est égal. C'est une chance que je puisse m'éloigner de mon siège, ça me donne l'occasion de m'éclaircir les idées.

Je n'arrive pas à croire que je ne savais pas qu'il pourrait être là. Ai-je demandé à Alice? La seule fois où nous avons été en public ensemble nous avons agi comme des adolescents amoureux. Comment suis-je censée me contrôler à ce point?

Je peux sentir son odeur de mon siège et elle me rappelle les fois où nous avons fait l'amour dans mon lit ou ma douche ou ma cuisine. C'est insupportable.

"Qu'est-ce que tu fais là?" demande la voix d'Edward dans mon oreille.

Je sursaute tellement j'ai eu peur.

"J'attends pour m'acheter une bière." Je lui réponds calmement.

"Tu sais de quoi je parle." Il se met face à moi. Il a toujours sa caquette bien baissée devant ses yeux.

"Je ne savais pas que tu serais là." La file avance et moi aussi. Edward me suit.

"Tu aurais dû me le dire."

"Je n'ai pas à te donner les horaires détaillés de mes journées, Edward. Je peux aller où je veux. Si je veux venir à un match de base-ball alors je le fais."

"Bella, je ne plaisante pas," répète-t-il en enlevant sa casquette pour passer sa main dans ses cheveux indomptables.

"Comme je te le dis, je ne savais pas que tu étais de sortie avec ta famille, ici, aujourd'hui."

Sans avertissement il me fait sortir de la file d'attente. J'étais presque arrivée au bout mais il me pousse dans un couloir et dans une partie reculée du stade. Il vérifie les portes mais elles sont toutes verrouillées.

Enfin il en trouve une ouverte. C'est un placard à balais, il me pousse à l'intérieur et referme la porte. Il me pousse de nouveau et presse son corps contre le mien.

J'ai le souffle coupé aux sensations soudaines qui traversent mon corps.

"Je ne suis pas furieux que tu sois ici. Je suis en colère contre moi de ne pas pouvoir contrôler ma bite." Il prend ma main et la pose sur son érection imposante. "Je suis furieux parce que je peux te voir et être près de toi mais je ne peux pas te toucher. Ça me rend dingue."

Avec des mouvements rapides il déboutonne mon short et le laisse glisser le long de mes jambes. Ma culotte est partie aussi et il me soulève.

"On ne peut pas faire ça," je halète alors que ses lèvres attaquent ma gorge.

"Nous n'en sommes qu'à la quatrième manche (NdT : i manches en tout). Je ne pourrais pas regarder le match si on ne le fait pas maintenant." Il grogne et je le sens à mon entrée. "Tu es si mouillée."

Je me plains : "Je suis comme ça depuis le début du match." J'ai besoin de lui à l'intérieur de moi.

"Tu es tellement sexy dans ton petit short. Je t'ai presque sauté dessus lorsque je t'ai vue arriver." Il me pénètre en un seul mouvement.

"Oh Dieu," je crie en le sentant me travailler contre la porte. Il est très dominant. Mes mains s'accrochent à ses biceps qui s'étirent.

Il me chuchote de vilaines choses à l'oreille, combien je suis séduisante et combien il a été excité pendant le match. Je me sens mal juste à l'idée de penser à ce que nous faisons dans ce placard des Red Sox.

"Tu es si étroite, Bella." Il respire difficilement et je sens la transpiration sur les parties découvertes de mon corps.

Je lui dis de pousser plus fort. J'ai besoin de lui, de tout lui.

"Je ne peux pas continuer plus longtemps." Je tire ses cheveux.

"Laisse-toi aller. Laisse-toi aller complètement."

Je fais ce qu'il me dit et mon corps s'effondre contre le sien. Je tremble et mon orgasme se poursuit pendant qu'il continue à aller et venir dans mon corps. Ça ne ressemble à rien de ce que nous avons déjà fait. C'est bestial, sauvage et brutal. J'aime ça.

Il grogne quelquefois encore avant que je le sente commencer à ralentir. Quelques secondes plus tard il est parfaitement immobile.

Ma tête est posée sur son épaule. Je suis toujours contre la porte, mes doigts dans ses cheveux.

"Je déteste qu'on ne puisse pas être comme ça tout le temps." Sa voix est rauque et pleine de désir. "Tu es rapidement devenue l'une des meilleures parties de ma vie."

"J'aime entendre ça," lui dis-je honnêtement.

"Est-ce que je t'ai fait mal?" Il me soulève et me regarde avec des yeux bienveillants.

"Non. Je vais bien. Plus que bien."

Edward se retire et me pose au sol. Je peux sentir son sperme couler le long de mes jambes. Il trouve des serviettes en papier et ouvre le paquet. Il m'essuie les cuisses en les embrassant tendrement. Ensuite il me remet ma culotte et mon short.

"Tu es tellement bonne pour moi que ça aurait été dommage que je ne te prenne pas contre cette porte," glousse-t-il en se relevant et en boutonnant mon short.

"Nous n'aurions pas dû faire ça."

Il hausse les épaules. "Nous allons déjà aller en enfer. Je me dis que nous pourrions tout aussi bien y aller avec style."

"Tu es sûr que tu ne traverses pas une sorte de crise de la quarantaine?" J'arrange ses cheveux.

"Peut-être, mais putain qu'est-ce que j'en profite." Il tape sur mes fesses brutalement.

Nous quittons le placard et partons dans des directions opposés. Moi vers les toilettes et lui retourne s'asseoir. Je passe un bon moment à arranger mes cheveux et à faire disparaitre les signes de ma faute.

Lorsque je reviens à mon siège Edward est complètement pris par le match, en train de boire une bière. Il a de nouveau Jonathan Francis sur les genoux et il lui montre certains joueurs sur la pelouse.

"Enfin! Tu n'étais pas partie pour toujours," soupire Alice.

"Désolée," dis-je en haussant les épaules.

"Où sont les toilettes. Je dois vraiment y aller," dit-elle en se levant.

Je lui explique et elle part en sautillant dans les escaliers.

Pas deux minutes ne se passent avant qu'Irina vienne prendre la place d'Alice. Je me hérisse un peu mais je reste calme.

"Hey Bella." Elle sourit. Elle est très jolie et m'intimide un peu mais je ne le lui laisse pas percevoir à travers ma voix.

"Salut Irina," je lui souris en retour.

"Je voulais te remercier encore d'avoir gardé Jonathan lorsque je l'ai laissé au cabinet d'Edward."

"Pas de problème. Il a été génial."

Elle s'installe dans son siège. "Je ne voulais pas le faire. Edward déteste ça. Il semble détester tout ce que je fais ces temps-ci."

On dirait qu'il faut qu'elle parle, alors je l'y incite. "Vraiment? Depuis combien de temps êtes-vous mariés?"

"Bientôt seize ans mais ça devient de plus en plus difficile. Je ne sais pas ce qui s'est passé entre nous."

"Quelquefois, les gens grandissent chacun de leur côté." Je hausse les épaules.

"Il ne comprend juste plus ma vie à présent." Irina se rapproche de moi. "Lorsque nous étions jeunes nous avons tellement vécu. Nous voulions dominer le monde tous les deux mais maintenant tout ce qu'il veut faire c'est ralentir."

"Eh bien, vous avez des enfants. C'est compréhensible."

"Non, ça ne l'est pas. Je voyage trois cent jours par an mais je trouve toujours du temps pour ma famille. Il peut, aussi. Il pourrait être heureux pour moi au lieu de ça, il ne fait que se plaindre."

Je voudrais la gifler. Elle est très ennuyeuse et superficielle. Est-ce qu'elle entend ce qu'elle est en train de me dire? Comment peut-elle avoir ce point de vue à sens unique ? Tout n'est pas pour elle. La relation d'Irina avec son mari et ses enfants a été détruite par son égoïsme.

C'est le problème principal.

"Je suis désolée de m'épancher ainsi." Irina pose sa main sur la mienne. Il m'a fallu toute la force que je possède pour ne pas la rejeter. "Je sens que nous sommes connectés quelque part."

J'ai presque ri. "Ce n'est pas grave," dis-je.

"La vérité c'est que j'aime Edward mais il a changé. On travaille là-dessus. Nous avons commencé une thérapie de couple. Bon, nous l'avons fait environ pendant un an et ça a aidé, je voudrais obtenir des résultats plus rapides."

Je lui demande : "Vous voyez un thérapeute?"

"Ouais, deux fois par semaine … quand je suis là. Rien ne semble marcher."

"Je suis sûre que ça donnera des résultats." Je lui tapote le genou.

"Je te laisse retourner au match." Elle se lève et retourne s'asseoir derrière moi et à côté d'Edward.

Il ne fait aucune attention à elle préférant se concentrer sur Seb qui a pris la place de JF sur ses genoux.

Lorsqu'Edward et moi avons commencé notre petite liaison, j'étais inquiète de la façon dont ça allait affecter sa femme si elle le découvrait. Maintenant plus beaucoup. Elle a un homme merveilleux juste devant elle et elle le prend pour acquis. Notre conversation a mis plusieurs choses en évidence pour moi. Toutes les réticences que j'avais jusqu'à aujourd'hui se sont évaporées.

Je m'installe contre le dossier de mon siège et je souris, en repensant à la manière sauvage dont Edward m'a prise dans le placard à balais.