Deux jours plus tard, William remarqua une foule d'élèves enthousiastes se former autour du panneau où était habituellement affiché leur emploi du temps. Se disant, le cœur léger, qu'un de ses professeurs était peut-être malade, il se fraya un chemin parmi ses camarades de Gryffondor pour atteindre l'affiche de ce matin :
Mercredi 15 septembre
Initiation à la Legilimancie
Présenté par Oswald Baggus, Oubliator,
Brigade de réparation des accidents de sorcellerie,
Ministère de la Magie,
10 h, Grande Salle
— Whaou ! J'aimerais bien qu'il fasse venir un Auror… Hey James ! Tu crois que ton père pourrait venir nous parler de son métier ? questionna Dirk.
— Tu ne comprendrais même pas la moitié de ce qu'il aurait à raconter, cingla James.
Il quitta la salle commune après un dernier regard noir au tableau d'affichage. William fronça les sourcils. James agissait vraiment de façon disproportionnée lorsqu'il s'agissait de son père. Dominique fut la dernière à descendre de son dortoir. Elle se traînait, encore groggy, les cheveux coiffés à l'aide d'un feu Fuseboum et jetant son sac sur une épaule avant de s'immobiliser à sa droite. Elle prit le temps de se frotter les yeux avant de déchiffrer la nouvelle.
— Un Oubliator ? Mon père a failli intégrer leur brigade, se vanta-elle.
Les Oubliators furent le principal sujet des Gryffondors durant leur trajet matinal qui descendait de la tour Nord jusqu'à la Grande Salle. Dirk monopolisa la parole en débitant tout un tas de baratin auquel William ne comprit pas grand-chose.
— T'aimerais bien être Oubliator ? l'interrogea brusquement Dirk.
— Oh… euh… je ne sais pas… j'attends de voir ce qu'il a à dire.
— C'est quand même beaucoup de responsabilités.
— Ah bon ? Je veux dire…
— Tu sais au moins ce que c'est un Oubliator ? provoqua Dirk.
— Bien sûr que oui ! se vexa-t-il.
William se retourna subitement pour attendre Dominique qui marchait à la traîne. Dirk prenait toujours un malin plaisir à lui rappeler qu'il était né-moldu. Certes, il lui restait des choses à apprendre sur le monde de la magie, mais cela ne faisait pas de lui un moins bon sorcier que Dirk. Une fois que Dirk et Gayle les eurent largement dépassés, William prit alors son courage à deux mains pour enfin poser la question qui lui brûlait les lèvres.
— C'est quoi un Oubliator ? murmura-t-il.
Dominique eut un sourire en coin. Elle ne fit cependant pas le moindre commentaire, ce que William apprécia.
— Ils font partie d'une brigade qui se charge d'effacer les souvenirs des Moldus lorsqu'ils ont vu de la magie. Certains disent aussi qu'ils travaillent pour les Langues-de-plomb mais rien n'a pu être prouvé. Le département des mystères tient bien trop à ses secrets…
— Les Langues-de-quoi ?
— Langues-de-plomb, c'est comme ça qu'on appelle les employés du département des mystères parce que leurs recherches sont top secrètes. Ils n'ont pas le droit d'en parler.
William s'imagina un instant travailler tous les jours sur un projet dont il n'aurait même pas le droit de parler. Il haussa les épaules. Il était dans sa dernière année à Poudlard et s'il se dirigeait vaguement vers une carrière au ministère, entre le département de la justice et celui de la coopération magique internationale, aucun métier ne l'avait encore décidé.
— Ça peut être intéressant, non ? relança-t-il.
— Bof… on pourrait aussi aller jeter des Bombamousses sur les premières années, proposa-t-elle en se grattant la joue.
Ils retrouvèrent James en pleine discussion Quidditch avec les poursuiveurs de quatrième année Benny Bluefrog, un grand blond au visage de poupin et Fred Weasley, dont la peau mate et les cheveux crépus rappelaient ceux de sa sœur Roxane. Dominique critiqua leurs tactiques de jeu et ce fut dans l'habituel vocabulaire technique de vol que William enfourna ses œufs brouillés sur des toasts.
— Vous aller venir à la réunion après le cours d'Enchantement ? demanda Everitt McTighe à l'ensemble de ses camarades.
Dominique hocha non de la tête alors que William, James, Dirk et Gayle venaient d'acquiescer. Elle roula des yeux avant de jeter un regard boudeur à son bacon.
— C'est bon Dom, ce n'est qu'une heure, relativisa William.
— Une heure toute seule, ça ne passe pas vite !
— Alors accompagne-nous, répliqua James.
Dominique poussa un soupir énervé.
— Ça ne t'intéresse pas d'être Oubliator ? s'enquit Everitt, surprit que quelqu'un puisse préférer jeter des Bombamousses plutôt que préparer son avenir.
— Non, grogna-t-elle. On ne devrait pas les laisser jouer avec les souvenirs des autres.
— C'est quand même utile. Sans eux, les Moldus auraient découvert notre existence depuis bien longtemps !
— Qu'est-ce que tu crois, Eve ? Ils ne s'entraînent pas que sur les Moldus ! s'emporta Dominique, ils trafiquent aussi les souvenirs des sorciers !
— Le ministère ne les autoriserait pas.
— Oui, bien sûr, le ministère possède toute une brigade de sorciers capables de lire dans les pensées et modifier des souvenirs mais pourquoi s'en priverait-il ? Ce sont des espions ! Et on les envoie sûrement pour chercher de nouvelles recrues !
— Moi j'ai sacrément hâte de voir ça ! s'exclama Dirk. Tu crois qu'il va nous faire une démonstration ?
— Sur qui ? Sur nous ? s'inquiéta William.
— Il ne peut pas faire ça sur des élèves, contra Everitt.
— Ça serait drôle ! Et s'il pouvait en profiter pour détraquer le cerveau de Wigge ou Pandlebee, ça nous rendrait grand service !
Les Oubliators et leur possible liaison avec le département des mystères firent beaucoup parler à toutes les tables, réveillant une certaine tension dans l'air. Après que les hiboux fussent passés, ils se dirigèrent vers leur salle d'Enchantements, plus impatients que jamais. Veda Vanety transforma plusieurs bouches en fermeture éclair tant ils étaient agités. Rapidement, les élèves se turent de peur de ne plus pouvoir parler pendant l'initiation à la Legilimancie qui avait lieu juste après.
Une fois concentrés sur l'exercice, l'heure passa plus rapidement que prévue. Everitt réussit à faire bouger sa grenouille de terre cuite. Une vague d'excitation parcourut la salle et les élèves se bousculèrent pour la voir se mouvoir. Malheureusement celle-ci fit des tours sur elle-même tellement rapidement qu'elle tourbillonna jusqu'au bout de la table et tomba au sol en se brisant dans un grand bruit. Vanety ne lui accorda pas le moindre point, recommandant à Everitt de plus se concentrer la prochaine fois.
A la sonnerie, tous leurs camarades se dépêchèrent vers la Grande Salle, laissant la classe dans un grand fouillis de poteries cassées. Ils étaient les derniers à sortir lorsque leur professeur les interpella.
— Mr. Potter, Allen et Miss Weasley ? Pouvez-vous m'aider à récupérer ce qu'il reste ?
— C'est que…, commença William.
— On comptait se rendre à l'initiation à la Legilimancie, poursuivit James.
— Ah. Bien. Allez-y ! Les Oubliators ne sont pas très patients à ce qu'on raconte…
— Merci professeur, répondirent-ils en cœur.
— Vous êtes vraiment obligés d'y aller ? les supplia Dominique dès qu'ils eurent quitté la classe.
Ils acquiescèrent de la tête et elle poussa un nouveau soupir avant de leur emboîter le pas. Les quatre tables en bois de la Grand Salle avaient été remplacées par une estrade contre laquelle se tassaient des élèves, toutes maisons et toutes années confondues. Neville Londubat eut un large sourire en apercevant James et il les invita à prendre place devant lui, juste avant que l'intervention commence.
— Votre attention s'il vous plaît ! s'exclama un homme chauve à moustache proéminente.
Les chuchotements des élèves s'élevèrent aussitôt lorsque l'Oubliator prit place sur l'estrade. Il était habillé d'une des robes bleu paon qu'utilisait le ministère et portait un petit badge en or au niveau de la poitrine. Le regard sévère qu'il adressa à la foule, les intimant au silence, conforta William dans l'idée qu'il voulait faire forte impression.
— Bien ! Je vais d'abord me présenter, annonça-t-il en mettant fin aux derniers murmures. Je suis Oswald Baggus et je travaille comme Oubliator depuis maintenant douze ans. Vous savez tous, j'imagine, que nous effaçons, remplaçons ou créons des souvenirs dans le cas malheureux où des Moldus remarqueraient l'existence de la magie. Je ne donnerais pas cher du Code International du Secret Magique sans nous, ajouta-t-il en un sourire arrogant. Dans ma famille, on est Oubliators de père en fils. Et même si c'est parfois difficile, je n'ai jamais été déçu ! Notre travail ne se limite pas seulement à des incidents entre sorcier et Moldus, nous sommes sur les lieux lors de tout rassemblement magique de grande ampleur. J'ai eu l'occasion d'assister à plusieurs chorales de sirènes en Suède, j'ai suivi des éleveurs de dragon en Roumanie, j'étais de service lors de la dernière Coupe de Quidditch dans le Désert de Gobi et on me propose cet été de donner un coup de main au Tournoi International d'Échecs version sorcier dans le sud de la France. Et dire qu'on me paye pour ça ! Je ne vous cacherai pas que c'est un métier qui, en contrepartie, demande beaucoup d'investissement… je suis tout le temps en déplacement, mes horaires changent toutes les semaines. C'est difficile à concilier avec une vie de famille… mais on n'est pas là pour parler de cela, se reprit-il. Est-ce-que quelqu'un a déjà entendu parler de Legilimancie ?
Il fit le tour de la salle d'un seul regard. Quelques élèves murmurèrent, se retournant les uns vers les autres mais personne ne fut en mesure de répondre.
— C'est aussi bien, conclu-t-il. La Legilimancie a été très à la mode durant les années noires. Lord Voldemort était un puissant Legilimens et il utilisait ses dons à des fins toutes particulières.
Il baissa les yeux, le temps de marquer une pause grave avant de reprendre. Puis il repartit dans un long monologue, expliquant de quelle façon celui que leurs livres d'histoire appelaient « le Seigneur des Ténèbres » utilisait la Legilimancie pour posséder ses victimes et leur implanter des inepties dans la tête afin de mieux les torturer.
— La Legilimancie est une puissance mystique qu'on considère comme occulte et sa pratique est sévèrement contrôlée, bien que je considère qu'elle n'est pas plus dangereuse qu'une baguette magique dont les utilisations notamment en termes de magie noire ne sont absolument pas surveillées, commenta-t-il avec un haussement sec de l'épaule, soulignant l'absurdité de la réglementation.
Il aborda ensuite l'Occlumancie, qui à l'inverse, permettait de protéger son esprit des intrusions. Encore une fois, il souligna le manque d'intérêt pour cette étude, n'ayant qu'une visée défensive.
-Il me paraît cependant évident qu'un bon Legilimens se doit d'être un bon Occlumens.
William perdit le fil tant il parlait vite.
— Les puissances mystiques désignent des aptitudes magiques qui peuvent être innées, comme la voyance ou le Fourchelang. Vous pouvez naître avec, comme certaines lignées de voyantes se transmettent leurs dons ou comme dans ma famille avec la Legilimancie. Mais sachez tout de même que rien n'est totalement inné, la meilleure façon d'apprendre reste évidemment la pratique.
Il haussa les épaules d'un air impuissant, signifiant clairement que seul le travail payait ou autre discours moralisateur que les élèves de Poudlard se lassaient d'entendre.
— Le ministère a besoin de plus de Legilimens dans nos effectifs. Pour cela, nous pouvons vous proposer une formation poussée de trois ans en Legilimancie et Occlumancie à la suite de quoi vous intégrerez directement la brigade des Oubliators. Notre métier requiert l'obtention d'au moins un Effort Exceptionnel en Défense contre les Forces du Mal, un Optimal en Enchantements et un ASPIC en étude des Moldus est apprécié mais pas exigé. Voilà donc pour les détails.
Il fit amener une chaise sur l'estrade à l'aide d'un sortilège d'attraction.
— Maintenant passons à la pratique.
Des murmures fébriles s'élevèrent jusqu'à bientôt créer un fond sonore étourdissant. William sentit son estomac se retourner. Il parcourut la foule des yeux, croisant des visages inquiets et d'autres plus impatients. Il plaignait déjà celui qui allait être désigné.
— Vous là ! clama l'Oubliator d'une voix tranchante par-dessus le bruit. Venez ici.
William mit un certain temps avant de comprendre qu'il était visé. Dominique eut un sourire satisfait qui s'apparentait à une vengeance pour l'avoir amenée ici. James lui envoya une bourrade qui lui fit faire un pas en avant. Les élèves s'écartèrent devant lui jusqu'à l'estrade, le visage blême comme si l'on venait de le condamner à mort. Il sentit son cœur s'emballer mais il se força à grimper calmement l'estrade pour ne pas trahir sa peur.
— Asseyez-vous, ordonna l'Oubliator, je n'aimerais pas vous voir vous écrouler par terre.
Le peu de sang-froid qu'il avait rassemblé s'envola aussitôt. Il s'assit délicatement sur la chaise, craignant se ridiculiser à tout moment. Des centaines d'yeux le dévisageaient. Il détourna la tête pour essayer d'échapper aux regards mais sa nuque se mit à picoter, comme pour lui rappeler que tous ses camarades le fixaient. Il avait l'impression de vivre à nouveau sa répartition.
Il avait été le premier à être appelé. Il n'y avait eu personne avant lui pour lui montrer ce qu'il devait faire. Il s'était hissé sur l'estrade, avec le même sentiment d'être jeté en pâture qu'aujourd'hui, bien que nettement moins tremblant qu'à ses onze ans. Le Choixpeau l'avait terrorisé en lisant dans ses pensées, hésitant pendant plusieurs minutes entre Serdaigle et Serpentard avant de l'envoyer à Gryffondor. Aujourd'hui, c'était presque pareil. Il était à la vue de tous, ouvrant ses pensées à un inconnu, sans savoir à quoi s'attendre.
— Quel est votre nom ?
— Wil… euh… Allen, monsieur.
— Mr. Allen, je vais entrer dans votre esprit et vous essayerez de me repousser, déclara-t-il en croisant ses mains dans le dos.
William n'écoutait pas vraiment. Il se demandait si l'Oubliator n'avait pas sorti sa baguette dans son dos. Ses mains se firent moites sur les accoudoirs de la chaise en bois. Il n'avait jamais entendu parler ni de Legilimancie ni d'Occlumancie jusqu'à aujourd'hui et il n'avait pas la moindre idée de comment s'y prendre.
— Et comment je…
Une puissante migraine l'assaillit. Il ferma les yeux, balança sa tête en arrière et se crispa aux accoudoirs dans un réflexe pour essayer de se calmer. Il entendait le sang battre si fort dans ses tempes qu'il sentait son crâne s'écraser, comprimé par une force invisible. Puis son corps fut parcouru d'un grand frisson lorsqu'il sentit quelque chose le transpercer.
Des flashs resurgirent et il comprit que l'Oubliator les voyait aussi. Les souvenirs d'hier puis ceux du début d'année, au fur et à mesure, de plus en plus profond, suivant le remous du liquide glacé qui s'insinuait partout entres ses pensées.
Les rires d'Eraleen raisonnèrent en lui, il la vit aussi clairement que si elle s'était trouvée devant lui, il sentit ses mains se glisser derrière sa nuque alors qu'ils s'embrassaient dans le parc de Poudlard. Tous ses souvenirs l'écœurèrent en même temps de le révolter. Il se sentait tellement offensé par cette intrusion dans ses pensées les plus personnelles qu'il essaya de repousser l'Oubliator par tous les moyens.
« Tais-toi, Tais-toi, Tais-toi » s'ordonna-t-il en repoussant le défilé d'images, d'odeurs et de bruits que l'Oubliator était en train d'extraire. Sa ruse parut fonctionner car les images d'Era s'évanouirent. Mais presque aussitôt, d'autres souvenirs remontèrent. Des souvenirs encore plus lointains, datant de son enfance. Il se souvint de Samuel Jenkins et de sa carrure en V, de Toby Schepper qui dévalait une pente en skate, d'Oliver Thomson qui avait reçu un ballon en pleine figure alors qu'ils jouaient dans les terrains vagues et du visage de sa mère lorsqu'elle lui souhaita ses neuf ans.
Des voix susurrèrent des mots incompréhensibles qui firent siffler ses oreilles. Son crâne se démolissait et il avait les larmes aux yeux. Il voulait que tout s'arrête, qu'on le laisse tranquille, il s'était suffisamment donné en spectacle, supplia-t-il en espérant que l'Oubliator l'entendait. Ses oreilles claquèrent trois fois puis il se laissa envahir par ces voix étranges, sans avoir la force d'opposer la moindre résistance.
Lorsqu'elles furent assez proches, il comprit soudainement qu'il ne s'agissait pas de voix. Mais d'une seule. Celle de Baggus. Il l'écouta un moment marmonner, reconnaissant quelques mots comme « parents » et « plus loin ». William se demanda furtivement ce que ses parents pouvaient bien avoir d'intéressant pour un employé du ministère. En se concentrant, la voix de Baggus devint de plus en plus claire et il comprit entièrement sa dernière pensée. « Est-ce que tu vas arrêter de m'écouter ? » s'enquit l'Oubliator d'un ton indigné, ce à quoi William répondit :
— NON !
Il rouvrit subitement les yeux sur la Grande Salle, la foule d'élèves et l'estrade où il remarqua qu'Oswald Baggus était à terre. Lui-même serait tombé bien avant s'il n'avait pas été assis. Il ne sentait plus ni ses bras, ni ses jambes. Tout son corps s'était ramolli comme un vieux chewing-gum. Ses cheveux ainsi que son T-Shirt étaient trempés de sueur. Des chuchotements agitèrent la salle. William balaya la foule des yeux, sans comprendre d'où venait cette brève excitation. Il ne saisissait pas ce qu'il venait de se passer. L'Oubliator se releva, prit le temps de brosser sa robe et réajuster le badge doré sur sa robe avant de lui adresser un regard.
— Je croyais vous avoir dit de me repousser, fit Baggus d'un ton dur. Pas de lire dans mes pensées.
William s'indigna de sa réflexion. Il ne lui avait même pas expliqué comment se défendre. Il n'avait même pas comprit ce qu'il venait de faire. Comment pouvait-on lui reprocher une chose pareille ?
— Qu'est-ce que vous vouliez savoir sur mes parents ? s'enquit William.
— Vous avez des Legilimens dans votre famille ?
— Je…, commença-t-il légèrement gêné. Ce sont des moldus.
— Ah, fit l'Oubliator sans cacher sa déception. Eh bien… ça a dû sauter deux ou trois générations. Tenez prenez un morceau.
Il lui tendit une plaquette de chocolat et William voulut se pencher pour l'attraper mais ses jambes ne lui répondaient plus et il glissa de sa chaise. Baggus le rattrapa de justesse et le fit rasseoir avant de lui fourrer la plaquette de chocolat dans la main. William garda les yeux rivés sur celle-ci, de peur de croiser le regard de ses camarades qui devaient sûrement se moquer de lui. Il croqua dans le morceau de chocolat. Ses bras et ses jambes furent ensuite traversés de tremblements, comme des signaux d'alerte en retard.
Il s'épongea le front avec le coin de sa manche alors que Baggus expliquait le fonctionnement des couches de l'esprit, les souvenirs plus ou moins proches et les différentes pressions qu'on pouvait envoyer jusqu'à la possession complète de l'autre. Bien que l'Oubliator redevint le centre d'attention, William sentait encore des regards glisser sur lui.
Il remarqua, par-delà la foule, Cerberus Hawksight qui l'observait aussi fixement que s'il voulait le transpercer du regard. Le concierge lui adressa un sourire carnassier puis il l'entendit murmurer « Intéressant. Vraiment très intéressant. », comme s'il était juste derrière lui. Il sentit à nouveau une pression autour de son crâne. Des voix étranges lui susurrèrent des mots incompréhensibles. Le bruit s'intensifia, lui faisant à nouveau siffler les oreilles. Il pressa ses mains contre ses tempes pour calmer le claquement de ses tympans.
— TAISEZ-VOUS ! tonna-t-il à la surprise de tous.
Baggus lui retourna une mine perplexe. Les visages de ses camarades pivotèrent vers lui les uns après les autres, affichant un air tantôt moqueur, tantôt inquiet. Il regarda une nouvelle fois en direction de Cerberus qui le dévisagea en haussant un sourcil.
— Tout va bien, Mr. Allen ?
— Hem… Oui. Je… je vais aller à l'infirmerie, improvisa-t-il.
L'Oubliator hocha de la tête. William se releva de son siège encore tout tremblant. Une fois debout, il eut un puissant tournis qui le fit retomber dans sa chaise.
— Vous êtes sûr que tout va bien ? insista Baggus.
— Je vais accompagner Mr. Allen, se proposa soudainement Cerberus Hawksight.
Il descendit précautionneusement les trois marches de l'estrade et le concierge l'empoigna inutilement par le bras, comme s'il allait essayer de s'enfuir. Les élèves se retournèrent sur leur passage sans les lâcher des yeux. Neville leur ouvrit la porte, proposant son aide au concierge qui la refusa poliment. Hawksight le traîna en silence jusqu'au quatrième étage. A ses côtés, William se concentrait pour aligner un pied devant l'autre, chose qu'il n'avait jamais trouvée aussi difficile, pendant qu'un conflit épineux le faisait bouillir de l'intérieur.
Il était certain de l'avoir entendu. C'était presque comme si Hawksight s'était trouvé juste derrière lui. Il avait peut-être lu dans les pensées du concierge ? Comme il l'avait inexplicablement fait pour l'Oubliator ? Le sourire meurtrier qu'Hawksight lui avait adressé le laissait penser qu'il s'en était rendu compte. William sentit sa jambe gauche le lâcher et le concierge l'empoigna d'autant plus fort pour le maintenir debout. Tout s'était passé tellement vite. Peut-être qu'Hawksight était Legilimens ? Et peut-être qu'il avait implanté ces souvenirs dans sa tête ? Mais dans quel but ? s'acharna-t-il. Que cherchait-il à faire ? Ils grimpèrent encore deux escaliers le temps que William se décide à prendre la parole.
— C'était vous ?
Le concierge retourna lentement la tête vers lui. Il racla sa mâchoire, sur le point de lui répondre lorsqu'un groupe de troisièmes années passa bruyamment. Hawksight le tira en avant pour le forcer à continuer. Ils dépassèrent la classe d'étude de Runes et le couloir fut replongé dans le silence.
— Tout à l'heure, sur l'estrade, relança William. C'était vous ?
— Je crois que cette initiation à la Legilimancie vous a bien plus affectée que vous ne le prétendez.
— Je vous ai entendu ! insista-t-il.
— Ce n'est jamais bon signe d'entendre des voix, Mr. Allen.
Ils arrivèrent bientôt devant l'infirmerie. Celle-ci était tenue par Cadoc Crackmoth, un sorcier aux airs excentriques qui avait le don de soigner ses patients en provoquant de multiples effets secondaires. Un jour William y était entré avec une grippe et en était ressorti avec des pieds palmés.
Lorsqu'Hawksight poussa la porte, l'infirmier était en pleine partie de bataille explosive avec un première année minuscule que William reconnut ensuite comme Archibald Squidmish. Celui-ci avait le pied dans le plâtre, témoignant que son premier cours de balai volant n'avait pas dû être d'un grand succès.
— Cerberus, qu'est-ce qui vous amène ? Vous venez jouer avec nous ? demanda l'infirmier avec légèreté.
Le concierge serra les dents, ce qui fit ressortir d'autant plus sa mâchoire de prédateur.
— Pas du tout, non, répondit-il sèchement. Je vous amène Mr. Allen. On dirait qu'il marche sur la tête.
— Ça ne doit pas être très pratique, répondit Crackmoth.
Hawksight le dévisagea d'un air atterré.
— Bien. Je vous laisse, éluda le concierge, le visage sombre, avant de faire volte-face.
Crackmoth l'installa dans le lit juste à côté de Squidmish. Celui-ci lui proposa gentiment des Dragées de Bertie Crochus que William refusa d'un ton sec. Il était passé pour un fou. Il aurait dû réfléchir à deux fois avant d'en parler à Hawksight. Il repensa à tous les visages qui s'étaient retournés vers lui et une soudaine bouffée de chaleur l'envahit. Peut-être que Baggus avait détraqué quelque chose chez lui. Il s'immobilisa un moment afin d'écouter s'il entendait toujours des voix mais il n'entendit qu'Archibald mastiquer ses dragées.
— Alors, Mr. Allen, tout va bien ? l'interrogea Crackmoth en revenant avec tout un assortiment de potions.
— Euh… Je crois.
— Pourquoi vous marchez sur la tête ?
— Je ne…
— Vous entendez des voix ? Vous voyez des… choses ? s'enquit l'infirmier sans précautions.
William ouvrit la bouche avant de renoncer. Il fronça les sourcils, s'attendant à ce que Crackmoth se moque de lui mais l'infirmier resta de marbre.
— Je vais bien, assura William avec force. Je suis juste fatigué.
— Oui. Oui, bien sûr. Je vais vous donner une potion calmante. Essayez de dormir un peu.
William avala le verre qu'il lui tendit sans faire d'histoire puis Crackmoth tira des paravents tout autour de son lit pour mieux le cacher de la lumière du jour. Il se retourna sur le flanc, ce qui fit grincer tous les ressorts du lit. Il allait rater la toute première sortie à Pré-au-Lard, pensa-t-il. Puis le sommeil le gagna sans même qu'il s'en aperçoive.
Il rêva que Cerberus Hawksight canonnait un bateau dans lequel il naviguait. Il s'évertuait à vider l'eau à l'aide d'un seau lorsque quelqu'un le secoua vigoureusement, le sortant brutalement d'un sommeil profond. William ouvrit les yeux sur les voûtes au plafond de l'infirmerie. Sa bouche était pâteuse et il se sentait encore tout groggy de sa sieste. Il lui semblait se réveiller après une longue nuit.
James se tenait à son chevet, croquant dans les Dragées qu'Archibald Squidmish avait dû lui proposer. Il eut soudainement une grimace avant de recracher le bonbon dans une bassine près de son lit.
— Quelle heure il est ? marmonna William d'une voix encore endormie.
— Dix heures du matin. Ça fait cinq jours que tu dors.
— Quoi ?!
— Je plaisante. Il est six heures du soir. T'as loupé la sortie à Pré-au-Lard. Comment tu te sens ?
William prit le temps de se redresser dans son lit. Tous les ressorts grincèrent, secouant sa couche si fortement qu'il en eut la nausée. Les paravents autour de lui avaient été retirés et Archibald Squidmish était toujours à sa droite, le pied dans le plâtre.
— Où es Dom ? s'enquit-il.
— Avec Dirk. Ils essayent de faire passer des tonneaux de Bièraubeurre dans le dos d'Hawksight.
William se souvint du regard étrange que le concierge lui avait adressé lorsqu'il lui avait confié avoir entendu sa voix. Hawksight avait même dit qu'il marchait sur la tête. Cette pensée lui donna envie de se rendormir.
— Génial, bougonna-t-il en se retournant de l'autre côté du lit.
— Attends, attends ! Il faut que je te parle.
James avait baissé le ton. William se retourna une nouvelle fois, faisant encore grincer tous les ressorts des lits trop mous de l'infirmerie.
— Tu es Legilimens ! s'exclama son camarade à mi-voix. Pourquoi tu ne nous l'as pas dit ?
William détourna les yeux et fixa ses draps blancs pendant un moment sans répondre. Il avait peur que James ne soit venu que pour essayer d'en savoir plus. Il aurait préféré ne plus aborder le sujet et faire comme s'il ne s'était rien passé.
— Parce que je ne le savais pas.
— Qu'est-ce qu'il s'est passé exactement ?
— Je ne sais pas, mentit William qui ne voulait pas faire la même erreur qu'avec Hawksight. Qu'est-ce que toi, tu as vu ?
— Quand l'Oubliator est entré dans ta tête, tu t'es mis à t'agiter tout seul, comme si tu avais eu une attaque ou ce genre de chose. On a tous cru que Baggus allait te posséder et faire ce qu'il voulait de toi. Puis tu as baragouiné quelques mots… j'étais trop loin, je n'ai rien entendu… et soudainement t'as crié « NON » et Baggus est tombé par terre. Personne n'a rien compris.
— Moi non plus j'ai rien compris.
— T'as quand même lu dans ses pensées ? Quel effet ça fait ?
— C'est… étrange, commença-t-il sans satisfaire la curiosité de James. Au début, j'entendais que des murmures puis au fur et à mesure j'ai compris que c'était sa voix… comme s'il était juste derrière moi…
— Et après ? Pourquoi t'as demandé à tout le monde de se taire ? Tu as entendu q…
— Je ne suis pas fou, se vexa-t-il.
— Je n'ai pas dit ça. C'est peut-être… peut-être que tu lisais dans la tête de quelqu'un d'autre sans t'en rendre compte.
William plissa des lèvres. Il n'avait pas vu cela sous cet angle. James avait peut-être raison. Mais il n'eut pas le temps d'y réfléchir car au même moment, Crackmoth remarqua qu'il était réveillé. L'infirmier s'avança devant son lit, un bocal de sangsues à la main. William se figea en pensant qu'il allait s'en servir sur lui. Crackmoth poursuivit cependant sa route et rangea le bocal dans une armoire vitrée un peu plus loin.
— Bien dormi, Mr. Allen ? demanda-t-il distraitement, tandis qu'il plongeait une main dans un autre bocal.
— Oui, très bien. En fait, je me sens beaucoup mieux.
— Génial ! Tu vas pouvoir m'accompagner voir Hagrid alors ! s'enthousiasma James.
William ne le contredit pas. Il espérait que l'enthousiasme de son camarade pousserait l'infirmier à le laisser sortir. C'est ce qu'il fit après lui avoir conseillé de revenir s'il marchait à nouveau sur la tête. William se renfrogna à cette remarque. Fort heureusement, James s'abstint de tout commentaire.
— Je suis allé à Pré-au-Lard pour voir ce que je trouverais sur les… Animagi, chuchota-t-il pendant qu'ils traversaient le quatrième étage. Je pensais qu'il y en aurait des tas sur le sujet mais je n'ai trouvé que ça…
William fut soulagé de changer de sujet. Il laissa James lui tendre un magazine qu'il avait enroulé pour le faire rentrer dans sa poche de derrière. C'était un exemplaire de Sorcière Hebdo qui titrait « Quel est votre Animagus intérieur ? Un test pour en apprendre plus sur l'animal qui se cache en vous ».
— Tu l'as volé ? questionna-t-il.
— Tu voulais quand même pas qu'on me voit acheter ça !
— Super, commenta William en feuilletant la revue. Je suis sûr que ça va nous être d'une grande aide…
Alors qu'il faisait défiler les pages, il remarqua que les cases du test avaient déjà été cochées. James lui arracha aussitôt le magazine des mains. William tira un moment dessus mais il n'avait pas autant de force que lui.
— J'en reviens pas… Tu l'as fait ! ricana-t-il.
— Je suis sûr que t'aurais fait pareil, se vexa James en repliant le magazine.
— Qu'est-ce qu'il a dit ? En quoi tu vas te transformer ?
— Je ne te le dirais pas.
— Pourquoi ça ? Ils ont dit que tu te changerais en Troll ?
— Non, c'est personnel.
— Ouais, bien sûr…
Ils traversèrent la cour de l'horloge où ils croisèrent plusieurs élèves revenant de Pré-au-Lard avec des paquets pleins les mains. Un groupe de sorcières de sixième année, qui comptait Emrose Balcony parmi elles, vint à leur rencontre.
— Impressionnant ta performance de ce matin, félicita l'une d'entre elles. Il t'était déjà arrivé de lire dans les pensées de quelqu'un ?
— Euh… Non… Jamais, bafouilla-t-il.
William ne trouva rien à ajouter. Puis, se sentant soudainement mal à l'aise, il les dépassa pour prendre la direction du pont suspendu au bout duquel s'étendait le parc de Poudlard et la Forêt interdite. C'était bien la première fois que quelqu'un s'arrêtait pour lui parler sans s'intéresser à James.
— Il va falloir t'y habituer, lança son camarade en lui administrant une bourrade. Tout le monde s'imagine que tu vas finir Oubliator. Ce n'est pas plus mal. Ça attire les filles…
Une fois arrivé au Cromlech, les derniers rayons du soleil leur chatouillèrent le visage. William observa l'impressionnant panorama qu'il avait sous les yeux tandis qu'il descendait une bute plutôt raide menant à la cabane d'Hagrid. Le soleil se couchait paresseusement, éclaboussant le ciel d'un reflet orangé. Au loin, les arbres de la Forêt interdite bruissèrent sous une légère brise de fin de soirée. Un filet de fumée s'échappait depuis la cheminée du Garde-chasse, vacillant comme la lueur d'une bougie sous le vent.
— Pourquoi tu avais besoin de moi pour aller voir Hagrid ?
— Parce que je n'aime pas y aller tout seul.
— On est vraiment obligés d'y aller ?
— C'est un ami de ma famille. Et puis ça fait déjà trois semaines que j'aurais dû passer le voir.
Le demi-géant était en train de désherber son potager où poussaient des citrouilles à peine plus grosses qu'un Souafle. Derrière, il y avait un poulailler construit de travers, autour duquel se baladait un coq bien gras accompagné de quatre poules rousses ainsi qu'une entièrement blanche, beaucoup plus grosse que les autres, qui s'était couchée sur le toit du poulailler. Les autres picoraient çà et là dans l'herbe, caquetant entre elles comme pour commenter la situation.
Hagrid les salua chaleureusement de ses mains encore pleines de terre. Et alors que le jour déclinait, il les fit rentrer dans sa cabane. L'intérieur empestait le chou. William se cacha discrètement le nez avec le revers de sa cape. Le garde-chasse leur expliqua qu'il préparait une mixture spéciale censée revigorer les Musards de Glyn Gruffaw, leur professeur de soin aux créatures magiques. Puis il leur servit une tasse de thé bouillant avec laquelle William se brûla la langue.
— Je dois te dire James, que je commençais à croire que tu m'avais oublié ! fit le géant de sa voix rocailleuse. Ton frère est déjà venu me rendre visite trois fois depuis le début de l'année.
— Évidemment ! cracha son camarade. Il n'a plus personne à qui parler depuis qu'il s'est disputé avec Rose et Scorpius.
— Il n'a que quinze ans. Tu n'étais pas différent de lui à son âge : un gamin braillard et empoté.
William ricana à la remarque du géant, ce qui lui valut un regard noir de James.
— Ça vaut aussi pour toi, William, ajouta Hagrid en le menaçant d'une tasse aussi grosse qu'un bol. Bah ! Ça lui passera avec le temps…
Pour accompagner le thé, il leur proposa des gâteaux aussi épais que leur manuel de potion. James refusa presque aussitôt mais William hésita un moment. Il avait dormi pendant sept heures et son estomac commençait de à se réveiller. Hagrid lui déposa la boîte de gâteaux dans les mains avant qu'il n'eut le temps de dire quoique ce soit.
— Et Dominique ? Comment va-t-elle ? Pourquoi elle n'est pas avec vous ?
— Elle est partie faire passer des… euh… elle avait des devoirs en retard, se rattrapa James.
— J'aurais bien aimé qu'elle m'aide à nourrir les Musards. Cette petite a un don avec les animaux, j'espère qu'elle en fera son métier.
La discussion dériva sur leurs premiers cours et James se vanta longuement d'avoir été le seul à faire apparaître une aile de coccinelle en métamorphose. William se serait volontiers moqué de lui s'il n'avait pas les dents collées par la pâte des gâteaux d'Hagrid. Puis James enchaîna sur les sélections de Quidditch et son cousin Hugo qui avait repris le poste d'attrapeur à la suite de Kemp Findlay. Enfin, il vanta les talents de Legilimens de William qui, mal à l'aise, fixa le fond de sa tasse.
— Ce n'était qu'une question de temps, confia soudainement Hagrid.
— Comment ça ?
— Eh bien… entre Quencholedge et Hawksight...
William et James s'échangèrent un regard incompris.
— On ne vous l'a pas dit ? Ils sont tous les deux d'anciens Langues-de-Plomb. Enfin… anciens, c'est ce qu'ils disent. A mon avis, ce sont des infiltrés. Ils sont à Poudlard pour trouver de nouvelles recrues.
— Alors vous aussi, vous croyez que les Oubliators travaillent avec les Langues-de-Plombs ? s'enquit William malgré la pâte qui lui cimentait les mâchoires.
— Tout le monde sait que le département des mystères utilise les Oubliators pour effacer les souvenirs qui les dérangent un peu trop, déclara-t-il en haussant ses épaules massives.
— Je me demande bien sur quoi ils travaillent, pensa James à voix haute.
— Je serais toi, je ne chercherais pas à savoir. Hawksight a perdu une de ses collègues lors d'une expérience. C'est pour ça qu'il a démissionné et est devenu concierge. Drôle de reconversion, n'est-ce pas ?
Cerberus Hawksight : toujours plus de secrets !
Pressé de savoir si William a perdu la tête ? Combien de tonneaux de Bièraubeurre Dom et Dirk ont réussis à faire passer derrière le dos du concierge ? Quel est l'Animagus intérieur de James Potter ? Tout cela et bien plus encore dimanche prochain ;)
En attendant, rendez-vous sur : meetkiliwatch [D O T] wixsite [D O T] c o m [SLASH] pensine-de-kiliwatch
