Un très court chapitre et à la fin une petite surprise. Bonne lecture
Chapitre 6 : Réveil
Draco se réveilla tard dans l'après-midi avec l'impression de sortir d'un mauvais rêve. Des images éparses se bousculaient dans sa tête : son réveil dans une chambre stérile, les lanières qui l'attachaient au lit, Severus Snape le vidant de son sang, une vision cauchemardesque d'Harry, les lèvres maculées de rouge écarlate.
Des rêves vraisemblablement dus à la fièvre, se dit-il en regardant autour de lui. En revanche, ce qu'il voyait à présent n'était pas un rêve. Il était dans un lit qu'il ne connaissait pas, dans une chambre qu'il ne connaissait pas, vêtu d'une chemise de nuit d'hôpital.
Draco se redressa en réalisant que, drogué comme il l'était, il avait confondu ses rêves et la réalité. Mais cela ne lui disait toujours pas où il se trouvait.
Il se leva, et trouva un tee-shirt et un pantalon posé sur une chaise au pied du lit et les enfila. Ils étaient un peu large mais feraient l'affaire. Il sortit de la chambre à pas de loup et s'engagea dans le couloir. L'appartement était vide et silencieux. Il jeta un coup d'œil dans le salon en admirant le plancher de chêne et les murs crème. Il y avait peu de meubles : un divan incurvé à haut dossier et un unique fauteuil, recouvert d'un tissu vert foncé. Une immense bibliothèque occupait tout un pan de mur. Du côté opposé trônaient divers appareils, parmi lesquels un home-cinema et une chaîne hifi.
Il y avait encore une petite chambre, meublée seulement d'un lit, une salle de bain avec une baignoire à l'ancienne et une grande cuisine. Une cafetière électrique était posée sur le comptoir, ainsi qu'un paquet de café ouvert, une boîte de filtres et une petite boîte de sucre.
Son estomac gargouilla lorsqu'il brancha la cafetière et rempli le pot d'eau. Le réfrigérateur, le plus vieux qu'il eut jamais vu, était vide, à l'exception d'un carton de lait, de bacon, d'une douzaine d'œufs, d'un pot de confiture à la mûre et d'une motte de beurre. Il y avait une miche de pain complet sur le comptoir. Ne sachant pas très bien où il était, Draco hésitait à se faire à manger. Au même moment, il aperçut un mot contre un vase qui contenait un magnifique lys blanc.
Draco, je sais que tu te poses des tas de questions, et je regrette de ne pas être là pour y répondre. Je dois cependant m'absenter. Je ne reviendrais qu'en fin d'après-midi. Il ne faut à aucun prix que tu rentres chez toi, ni que tu fasses savoir à quiconque où tu es. Je t'en prie, fais comme chez toi, et je t'expliquerai tout à mon retour.
Harry
Draco relut le mot deux fois de suite, de plus en plus troublé. Pourquoi ne fallait-il à aucun prix qu'il rentre chez lui ? Millicent devait se faire un sang d'encre. Il regarda autour de lui mais n'aperçut aucun téléphone. Mais il pouvait marcher et au pire prendre le métro si il était à l'autre bout de la ville.
Bon, chaque chose en son temps, se dit-il. Il mourrait de faim. En voyant ce que Harry lui avait laissé, il sourit. Il y avait une poêle sur la cuisinière, aussi se prépara-t-il en vitesse des œufs sur le plat au bacon et toasts, qu'il avala avec un verre de lait écrémé.
Il fit la vaisselle, bien qu'il n'y eut pas de produit. Il ouvrit un à un tous les placards, qu'il s'étonna de trouver complètement vides. Il n'y avait aucune vaisselle en dehors de celle posée sur la table. Pas de riz ni de céréales. Pas même de légumes ou de fruits en conserve. Et pas de condiments en dehors du sel et du poivre posés sur la table. Strictement rien.
Draco regarda la paillasse sur laquelle il venait de mettre la vaisselle à égoutter. Une assiette, un couteau, une fourchette, une cuillère, une spatule, une poêle, une tasse et un verre. Le peu qu'il trouva dans le réfrigérateur n'était pas entamé. Ni le lait, ni le beurre, rien. Comme si toute la nourriture dans cette maison n'avait été acheté que pour lui. Harry ne mangeait donc jamais chez lui ?
Intrigué il passa dans le bureau et comprit aussitôt que c'était là que le brun passait la majeur partie de son temps. Il lui avait dit de faire comme chez lui, aussi fit-il le tour de la pièce, admirant tour à tour une sculpture à la silhouette délicate, une urne grecque manifestement très ancienne, le motif complexe d'une poterie indienne, la symétrie parfaite d'un morceau de jade et les couleurs sourdes d'une tapisserie superbe qui lui sembla également très vieille.
Ensuite Draco passa les livres en revue. Il y avait de nombreux ouvrages d'histoire, ancienne et moderne, plusieurs dictionnaires, dont un des synonymes, et divers essais sur les phénomènes paranormaux, tout ce qu'il fallait savoir depuis le voyage dans le temps et la réincarnation jusqu'aux loup-garous et aux vampires.
Abandonnant la bibliothèque, il s'arrêta brièvement sur le portrait du couple d'une cinquantaine d'année posé sur le bureau mais s'arrêta beaucoup plus longuement sur l'immense tableau de la pièce. Une des plus belles choses qu'il eût jamais vues. Un homme, vêtu d'une cape et tournant le dos, se tenait, l'air triste et minuscule, au sommet d'une montagne solitaire. C'était une toile remarquable, le lever de soleil vibrait de couleurs si intenses qu'on avait l'impression de sentir la chaleur des rayons de l'astre. Voir l'homme bouger ne l'eût d'ailleurs nullement surpris.
- Fascinant, murmura-t-il
Le bureau d'Harry occupait le centre de la pièce. Draco hésita un instant, partagé entre sa bonne conscience et la curiosité. Il s'assit finalement dans le fauteuil.
Il se pencha en avant et alluma l'ordinateur. Il était en veille et l'écran s'alluma sur un document texte. Draco le parcourut des yeux et s'aperçut bien vite qu'il s'agissait du début d'une histoire : il remonta avidement au début du récit et commença sa lecture...
C'est cette lecture de Draco que je veux vous faire partager ensuite... Alors pour connaitre cette histoire, rendez-vous de suite au prochain chapitre !
