S'il existait un award de la plus lente bêta… Hum. (je vous jure, j'ai plein de bonnes excuses.)

Petit rappel n°1 : Albane, l'auteure, possède maintenant un compte FF : BrownEyes FreeMind. Cette histoire continuera d'être postée ici pour des raisons de praticité, mais d'autre histoires exclusives sont disponibles sur son compte.

Petit rappel n°2 : résumé de l'action, demandé par Tonskinette *cemesemble* :

« Here's what you missed on GDSM..

Après leur rencontre inattendue, Blaine et Kurt apprennent à se connaître et surtout à se faire confiance, et tout aurait pu être parfait dans un beau monde de Bisounours... Mais c'était sans compter notre petit Sebastian, nouvel élève dans le lycée de Kurt et qui tombe totalement sous le charme de celui-ci (pas vraiment surprenant me direz-vous!)

Nous voilà donc en présence d'un triangle amoureux et Seb, jaloux de la relation de Kurt et de Blaine, décide de briser ce lien qu'ils ont mis un certain temps à construire. Il décide donc de faire passer Blaine pour un homophobe-méchant-pas-beau et son plan marche très bien. Trop bien même!

C'est donc après une dispute des plus violentes que nous avons laissé nos héros qui se débattent avec toutes sortes de sentiments vraiment trop compliqués... »

Disclaimer : RIB possèdent toujours nos héros favoris et continuent de faire un peu nawak avec. (non, Ryan, repose ce Blaine-Playmobil tout de suite ! Et lâche ce phare !)

Bonne lecture !

NB : Les flash-back sont en italiques.


Chapitre 7 : Souvenirs

Kurt ne savais pas du tout ce qu'il faisait dans ce restaurant. Il avait chaud, soif et se sentait mal à l'aise. Il détestait aller dans ce genre d'endroit « branché ». Surtout le jour de la saint Valentin. Tout était trop rose, trop mièvre, trop plein de petits cœurs. À vomir. De quoi vous dégouter de l'amour. Il regarda autour de lui et ne vit que des couples en train de dîner et de partager leur bonheur, alors que lui était tout seul… Enfin pas vraiment seul, mais pour l'heure son cher et tendre était loin de lui, se préparant dans les toilettes faute de coulisses. En effet, il allait bientôt se produire sur scène puisque le patron avait organisé une scène ouverte où chacun pouvait venir jouer en échange d'une mince compensation pécuniaire. Evidement le Glee club avait sauté sur l'occasion de s'entrainer face à un public et Kurt s'était retrouvé dans ce restaurant à vomir pour les soutenir. Enfin plutôt pour le soutenir. Parce qu'il lui devait bien ça. Mais il devait être sacrément amoureux pour en être venu à de telles extrémités. Ou sacrément masochiste.

Le spectacle n'avait pas encore commencé mais ce n'était qu'une question de minutes. Il s'installa à une table proche de la scène pour pouvoir regarder son petit ami dans les yeux. Et pour pouvoir le regarder tout court. Parce qu'il se fichait totalement des autres chanteurs qui l'accompagneraient en faisant des vocalises. Ce n'était pas la vérité vraie, il devait l'admettre. Même s'il avait parfois du mal à l'accepter, il s'entendait bien avec les membres du Glee club qui, contre toute attente, c'étaient avérés êtres attachants. Certes, la plupart étaient insupportables, décérébrés ou un peu trop envahissants mais ils étaient devenus ses amis. En quelque sorte. Ils se saluaient en se croisant dans les couloirs, et discutaient parfois un peu ensemble mais, la plupart du temps, Kurt préférait rester seul avec celui qui faisait battre son cœur. Il se réfugiait dans ses bras et en profitait alors pour l'embrasser.

Il aimait par-dessus tout être en sa présence. Il se sentait alors apaisé et l'autre le comprenait si bien, même s'ils ne se connaissaient pas depuis des années. Bien sûr, ça n'avait pas toujours été facile et les débuts avaient été particulièrement éprouvants. Ils avaient eu du mal à faire face aux regards des autres au lycée et même en dehors, et se tenir la main en public avait été une étape très difficile. Mais cette pudeur avait disparue et désormais, ils ne se cachaient plus, affichant leur amour sans se soucier des autres. Et d'une certaine façon, tous les homophobes qui les entouraient respectaient leur courage et les laissaient tranquilles tant que leurs démonstrations respectaient la pudeur la plus élémentaire. Kurt ne put retenir un sourire en se rappelant comment tout avait commencé, comment ils avaient échangé leur premier baiser.


Kurt était allongé sur son lit, les larmes roulant sur ses joues terriblement pâles, presque translucides. Il se sentait telle une coquille vide, comme si toute sa force avait disparue lors de leur dispute, aspirée par sa dernière tirade rageuse. Il ne parvenait plus à réfléchir et bouger lui était insupportable. Même fermer les paupières était au-dessus de ses forces. Seul un mot clignotait devant ses yeux éteins. Homophobe. Chaque fois plus douloureux, comme un pieu enfoncé dans son cœur qui continuait pourtant à battre. Pourquoi ? Pourquoi ne pouvait pas tout simplement se laisser emporter, tout oublier, et s'endormir sans douleur pour ne plus jamais se réveiller ? Il voulait juste qu'on le laisse tranquille, que le monde l'oubli. Il ne savait pas depuis combien de temps il était allongé là, dans l'immensité du vide. Une heure ? Un an ? Quelques secondes ? Il était incapable de la moindre pensée cohérente.

Il entendit vaguement son père rentrer et l'appeler. Mais il était trop las pour répondre. Comment aurait-il pu de toute façon ? Sa bouche était terriblement sèche et il se sentait incapable de produire le moindre son. La porte de sa chambre s'ouvrit mais il n'eut aucune réaction. Il continuait de fixer le plafond sans le voir, les yeux grands ouverts. Son père resta quelques secondes sur le pas de la porte, hésitant à entrer mais finit par renoncer, comprenant que son fils avait besoin de solitude. Il lui jeta un dernier regard inquiet avant de refermer la porte, le plongeant de nouveau dans le noir.

Il se retrouva seul, une fois de plus. Quelqu'un sonna à la porte d'entrée mais il ne s'en soucia pas. Qui aurait pu avoir envie de le voir de toute façon? Pourtant, ce fut bien la porte de sa chambre qui s'ouvrit et sur son lit que l'autre s'assit tout en veillant à ne pas le toucher. Il l'entendit murmurer mais ne comprit pas ce qu'il racontait. Alors il détacha son regard du plafond pourtant très intéressant. Leurs regards se croisèrent et Kurt comprit en y lisant tant d'inquiétude, qu'il n'était pas seul. Pas tant qu'il serait là pour le soutenir. Cette pensée n'amenuisa pas la douleur qui le déchirait mais il se sentait plus confiant. Ce serait dur mais il trouverait un moyen de s'en sortir. L'autre s'allongea près de lui et le plus petit se blottit contre lui, profitant de sa chaleur réconfortante. Il posa sa tête contre l'épaule qui se présentait à lui et se sentit mieux.

Progressivement les larmes cessèrent de couler et il osa enfin relever les yeux vers le visage de celui qui le serrait toujours contre lui, comme pour le protéger de toute cette douleur. Il lut une question dans les iris dont il ne pouvait se détourner et ses prunelles bleues répondirent. Ils se penchèrent l'un vers l'autre, sentant leurs souffles chauds contre leur peau. Kurt frissonna lorsque leurs lèvres entrèrent en contact. C'était tellement doux et rassurant. Comme la caresse rafraichissante d'une brise sur sa peau. Il sentit une main se poser sur sa hanche mais il ne se dégagea pas, au contraire. Il se sentait si bien… Pourtant, ils durent se séparer pour retrouver leur souffle. Kurt plongea alors son regard dans les yeux verts de celui qui venait de l'embrasser.


Sébastian finissait de se préparer dans les toilettes pour hommes du restaurant. Il allait bientôt chanter un solo devant une vraie salle, remplie de vraies personnes qui allaient l'écouter. S'il affichait un sourire confiant (qui était devenu presque naturel avec la pratique), il n'en menait pas large. Mais jamais il ne l'aurait montré. Il était Sébastian Smythe et rien ne lui faisait peur. Ne jamais révéler ses faiblesses. Il lança un clin d'œil à Finn qui jetait des regards apeuré tout autour de lui, et ajusta son tee-shirt pour lisser les plis. Il avait tout ce dont il avait toujours rêvé, la popularité, les amis et un petit ami. Certes, ce dernier point n'avait pas fait partie de ses plans initiaux mais il ne regrettait rien. Ledit petit ami devait se trouver en ce moment même dans la salle où il allait bientôt se produire. Il devait attendre qu'il apparaisse enfin. Et était surement en train de le maudire parce qu'il trouvait le temps long et qu'il n'aurait jamais dû venir. Il continua à imaginer les pensées de l'autre pendant quelques secondes, un grand sourire aux lèvres comme à chaque fois qu'il pensait à lui. Il n'aurait pas cru que leur relation durerait aussi longtemps. Son record personnel devait être deux semaines. Il se lassait tellement vite… Mais cette fois-ci c'était différent. Il ne voulait absolument pas rompre, tout simplement parce qu'il n'imaginait plus vivre sans lui et sa sensibilité. Il s'était vraiment attaché à cet adolescent à la peau pâle, bien plus qu'il ne l'avait prévu. Il ne savait même pas qu'il pouvait ressentir quelque chose d'aussi fort. Il aurait tout fait pour lui, pour ne plus jamais voir les larmes dans ses magnifiques yeux bleus.

Il jeta un dernier regard au miroir et se trouva changé. Son sourire n'avait plus rien de torve, il était sincère et plein de bonne humeur, tout comme ses yeux. Il n'était plus le même garçon que celui qui était arrivé à au lycée public de Lima quelques mois plus tôt, après s'être fait renvoyé de son établissement privé. Il ne percevait plus aucune lueur sadique dans ses iris, juste une flamme amusée qui les faisaient briller de mille feux. Chasser et poursuivre une proie pour ensuite la laisser tomber n'avaient plus aucun attrait pour lui. Seul Kurt comptait. Kurt. Son ange gardien, celui qui l'avait sauvé de lui-même. Il lui avait offert une nouvelle vie faite de longues conversations et de baisers amoureux. Il n'aurait changé tout cela pour rien au monde. Il avait l'impression d'avoir enfin trouvé sa place, de compter vraiment. D'être important. Il laissait ses démons derrière lui. Kurt l'avait exorcisé.

C'est avec un grand sourire qu'il monta sur scène avec les New Directions. Il repéra l'élu de son cœur tout proche de la scène et commença à chanter. « Glad You Came ». Juste pour lui. Parce que cette chanson exprimait tout ce qu'il ressentait. Il glissa de nombreux clins d'œil à son ange qui le regardait admirativement. Il était son univers. Il n'y avait rien dans cette pièce et même sur la planète qui ne comptât plus à ses yeux. Il se sentait près à déplacer des montagnes pour que ce bonheur qu'il ressentait ne disparaisse jamais. Pour pouvoir embrasser son ange encore et encore avec la même tendresse que la toute première fois. Il sentit son cœur bondir à l'évocation de cet instant magique et sourit, laissant son instinct guider sa voix pour se perdre dans ses souvenirs.


Sébastian était assis en cours, très inquiet. Il venait d'exécuter la dernière partie de son plan et tout s'était passé à merveille. Certes le châtain avait eu l'air malade tout à l'heure, mais c'était une étape obligatoire. Le problème maintenant restait qu'il n'était pas en cours. Il n'était pas revenu à la fin de leur pause déjeuner et il était désormais évident qu'il ne serait pas simplement en retard. Peut-être était-il allé trop loin… Et s'il avait brisé Kurt ? Il avait détruit de nombreuses personnes sans aucun sentiment mais là c'était différent. Il ne savait pas pourquoi. Peut-être parce que l'autre avait déjà tant souffert, ou alors parce qu'il tenait vraiment à lui. Ce qui était aussi surprenant qu'inhabituel.

Sans qu'il puisse s'en empêcher ou même réfléchir à ce qu'il faisait, il se précipita chez le jeune homme dès la fin des cours. Il ne savait pas vraiment depuis quand le châtain avait cessé d'être sa proie, et il s'en fichait. Il se surprit à trembler alors qu'il garait la voiture devant la maison dont il avait trouvé l'adresse sur l'ordinateur de son père. Il ne put s'empêcher de se demander pourquoi il réagissait ainsi. Il prit quelques secondes pour afficher une mine légèrement inquiète, pâle reflet de ce qu'il ressentait vraiment. Il sonna et attendit quelques secondes que la porte s'ouvre. Il eut un mouvement de recul en apercevant le père de Kurt. Il ne ressemblait pas à son fils ; il était chauve, et bien battit, très bien battit… Intimidant. Pourtant l'adolescent ne se découragea pas et dit :

« - Bonjour, je suis désolé de vous déranger… Mais j'aimerai voir Kurt.

- Je ne pense pas que ce soit une bonne idée. »

Alors là il était vraiment inquiet. Il était tellement mal qu'il ne pouvait pas le voir ? Mais il ne put s'empêcher d'insister :

« - S'il vous plait, c'est important. »

Sa voix s'était faite suppliante et exprimait toute son angoisse, une angoisse terriblement sincère. Ce fut sans doute cela qui décida Burt à s'écarter pour le laisser entrer. Il se précipita dans les escaliers et ouvrit la porte de la chambre de Kurt immédiatement reconnaissable. Il fut surpris par la pénombre qui régnait dans la pièce et il se retrouva dans le noir dès qu'il eut fermé la porte. Il lui fallut quelques secondes pour s'habituer à l'absence de lumière mais il finit par distinguer une armoire, un bureau, un lit… et sur ce lit était allongée une forme sombre totalement immobile. Il s'approcha et s'assit sur le matelas sans pour autant toucher Kurt. Ce qu'il vit lui déchira le cœur. Il avait le visage plus pâle que la mort, les yeux voilé par la tristesse et ses mains tremblaient. Mais le pire était sans doute les larmes qui coulaient le long de ses joues, intarissables. Il murmura une phrase sans aucun sens et leurs regards se croisèrent. « J'ai fait pleurer un ange, » pensa-t-il avec amertume. Il ne s'était jamais autant haït.

Il s'allongea doucement tout en évitant le contact pour ne pas contaminer l'autre adolescent, qui était la pureté incarnée. Mais à peine était-il installé que Kurt se serra contre lui, continuant à pleurer sur son épaule. Il l'étreignît de toutes ses forces, tentant de lui faire comprendre à quel point il était désolé et qu'il ferait tout pour s'amender. Il se promit silencieusement de tout faire pour que ces larmes disparaissent à jamais de ces yeux si bleus. Il sentit finalement les sanglots cesser et leurs yeux se rencontrèrent à nouveau pour ne plus se quitter. Ils semblaient en parfaite communion car ils se penchèrent l'un vers l'autre dans un même mouvement.

Sébastian mit toute son âme dans ce baiser et sentit son cœur cesser de battre. Ce contact était tellement magique. Il avait embrassé de nombreuses personnes auparavant mais il n'avait jamais ressenti ça. Un courant électrique le parcourut et une douce chaleur se répandit dans tout son corps. Cette sensation de plénitude et de perfection était incroyable. La chasse était finie et ne lui laissait qu'une certitude.

Le plus intéressant restait à venir.


Blaine entra dans le restaurant alors que Sébastian chantait les premières paroles. Il leva les yeux sur la scène et le reconnu immédiatement comme étant le mystérieux garçon qui l'avait embrassé quelques mois auparavant. Et il le découvrait sous un tout nouveau jour. Il ne semblait plus être la même personne, mais le brun n'aurait su dire pourquoi il avait cette impression. Cela venait peut-être de sa voix magnifique, ou alors de son sourire qui n'avait rien de sadique ou de cruel. C'était d'ailleurs un sourire tellement amoureux et tendre que Blaine se sentit mal. Non mais il perdait la tête ! Ce mec l'avait embrassé et il en faisait sa propriété ? Il fallait qu'il se fasse soigner. Et puis il n'était pas gay et ce baiser surprise n'avait même pas été agréable... Pourtant, il ne put s'empêcher de regarder à qui s'adressait ce sourire éblouissant et il se sentit soudain faible. Kurt. C'était à Kurt que le chanteur faisait des sourires et des clins d'œil ! Et le châtain lui répondait le plus naturellement du monde avec cette mimique séductrice qui faisait fondre le bouclé. Ok, il fallait vraiment qu'il se calme.

Il dut s'asseoir pour ne pas s'écrouler. Il lui avait fallu des semaines pour se remettre, pour accepter de ne plus revoir le châtain, pour arrêter de se détester… Il se souvenait avec quelles difficultés il était retourné au lycée, avec précision comme si le savoir si près le replongeait dans la tourmente. Il avait tellement souffert, quand Kurt ne semblait avoir eu aucun mal à l'oublier. Il avait un petit ami et paraissait être heureux. Blaine s'en voulait d'être jaloux de cette relation mais il ne pouvait pas lutter contre les sentiments qui l'accablaient. Il était en colère aussi. Parce qu'il était le seul à s'être effondré. Puis il se souvint que tout était sa faute, il avait perdu le droit de juger le châtain en lui parlant comme il l'avait fait. Il avait raison de le détester. Il se détestait lui-même. Mais ce n'était peut-être pas si mal qu'ils ne se parlent plus. Kurt semblait en effet plus heureux que jamais, et ce n'était pas grâce à lui. Il avait merdé, sérieusement merdé même mais c'était trop tard.

Il ne pouvait pas rester assis à rien faire, surtout qu'il allait devoir chanter. Il se leva et sentit ses vertiges revenir rien qu'à l'idée de devoir se produire devant le châtain. Il en était incapable. Il sentit alors une main se poser sur son épaule pour le soutenir. Il se retourna et eut un faible sourire en croisant le regard de Wesley. Heureusement qu'il avait été là, il ne se serait jamais relevé sans lui et serait probablement encore dans son lit. Retrouver son ami d'enfance était la chose la plus positive qui lui était arrivé depuis des mois. Ils avaient beaucoup parlé et en avait finalement conclu qu'ils avaient été aussi idiots l'un que l'autre.

Ils se dirigèrent tous les deux vers les toilettes pour se préparer avant de chanter. Ils évitèrent de se faire voir par Kurt qui était de toute façon trop absorbé par son petit ami pour remarquer quoi que ce soit d'autre. Blaine sentit sa nausée revenir en voyant le châtain tout sourire. Il aurait tellement voulu lui faire comprendre ce qu'il ressentait vraiment mais il aurait été incapable de trouver les mots justes. Il n'avait jamais été très doué pour parler de choses sérieuses. Seule la musique lui permettait de s'exprimer et d'être lui-même. Et il savait exactement quelle chanson conviendrait à cette situation… Mais ce n'était pas celle prévue au programme. Et les Warblers avaient du mal avec l'inattendu. En même temps, ils connaissaient parfaitement cette chanson et un peu de spontanéité ne ferait pas de mal. Ils devaient apprendre à s'adapter. Il prit Wesley à part parce qu'il savait que celui-ci l'aiderait comme il l'avait aidé à sortir du noir dans lequel il était plongé. Il sourit en se rappelant leur réconciliation, qui avait été le seul évènement heureux au milieu d'un océan de noirceur et de pensées sombres.


Cela faisait près d'une semaine que Blaine n'avait pas quitté son lit, mais ça aurait très bien pu faire un mois tant les jours se ressemblaient. Seule sa mère lui apportant de la soupe une fois par jour brisait la monotonie. Au début, il avait tout simplement refusé de boire mais il avait fini par craquer devant l'insistance de ses parents. Le liquide chaud lui brulait la gorge mais il se forçait à finir, pour être tranquille. Pour pouvoir retrouver le noir, l'oubli. Pour ne plus avoir à faire face.

C'était trop dur d'imaginer que Kurt puisse le détester. Mais ce n'était pas si surprenant, il se détestait lui-même. Il était incapable de comprendre pourquoi il avait dit de telles absurdités, pourquoi il n'avait pas réfléchi avant de parler. Il ne comprenait plus rien de toute façon. Son esprit était vide, incapable de formuler la moindre pensée cohérente. Tout avait disparu, envolé, même son prénom lui était inconnu désormais. Et il n'y avait personne pour l'aider à se souvenir.

Sans Kurt, il n'était rien, n'avait rien. Plus de famille, plus d'amis. Il avait tourné le dos à tout le monde et le châtain était devenu son univers. Sans qu'il s'en rende vraiment compte, il était entré dans sa vie et l'avait illuminée. Alors, maintenant que le soleil avait disparu et que la nuit était tombée, il se retrouvait dans le noir sans la moindre lueur pour le guider. Et c'était entièrement de sa faute si plus personne ne se souciait de lui.

Le brun était dans cet état de torpeur depuis tellement longtemps, qu'il en avait presque oublié le monde extérieur. Aussi ressentit-il une certaine peur lorsque la porte de sa chambre s'ouvrit puis se referma aussi vite. Il réalisa soudain que la Terre continuait de tourner, même si il s'était arrêté. Il aperçut une silhouette qui semblait hésiter à se rapprocher et reconnu immédiatement le nouveau venu :

« - Wesley... »

Sa voix était rauque et faible et il sentit les larmes couler le long de ses joues. C'étaient des larmes de honte. Honte qu'il ressentait pour avoir été tellement cruel et stupide. Wesley était son meilleur ami et qu'il soit gay ne changeait rien. Rien du tout. C'était toujours ce garçon qui le faisait tant rire et qui lui manquait terriblement.

« - Je n'aurais jamais dû dire de telles conneries, désolé.

- J'ai été un parfait crétin, excuse-moi. »

Ils sourirent en voyant qu'ils avaient parlé en même temps et il leur sembla que rien n'avait changé, qu'ils étaient redevenus les deux gosses inséparables qui se roulaient dans l'herbe. Le Warbler parcourut la distance qui les séparait et s'allongea près de son meilleur ami. Ils se serrèrent dans les bras l'un de l'autre, heureux de se retrouver. Bien sûr, tout n'était pas arrangé mais Blaine n'était plus seul dans sa douleur.

Il fallut des semaines pour que le bouclé accepte de quitter son lit puis trouve le courage de retourner au lycée, mais Wesley ne perdit jamais patience. Il était toujours là, l'aidant du mieux qu'il pouvait, l'écoutant lorsque Blaine avait besoin de parler de Kurt, ne faisant jamais preuve de curiosité. Le brun se livrait a son rythme. Il l'accompagnait pas à pas, devenant ainsi la lanterne guidant sa route. Certes, il ne voyait pas très loin devant lui, mais il avançait.


En guise de remerciement, l'auteure accepte les compliments, les critiques constructives, les favoris/suivis, les reviews et les lamas. Surtout les lamas.