Bonjour à tous! Merci pour vos commentaires, c'est très apprécié!
C'est un vrai bonheur de se mettre dans la peau de ces personnages.
Bonne lecture!
...On se met tous à rire. Sauf Edward qui fait fait un pâle sourire. Je le regarde avec des yeux qui se veulent délectables. «On peut peut-être en parler autour d'une galette de soya, grillé à point sur le BBQ, dans the Satay's Bella Sauce…?» Je flirte...?
Il fait son (séduisant, ultra séduisant) sourire en coin. Juste pour moi. «Ça me semble vraiment délicieux»...
Elle me regarde en s'efforçant de ne pas rire. Ses yeux brillent, elle fronce légèrement le nez, elle tient ses lèvres serrées afin qu'aucun son ne puisse s'y échapper. En plus d'être magnifique, belle… bella, elle a ce petit air taquin dont sont dotées seulement les femmes brillantes et concernées. Elle refocusse maintenant sur ce qu'elle tient dans ses mains. La découverte de la dernière décennie, un burger écologique qui n'a émis aucun gaz à effet de serre lors de sa production, n'a fait subir aucune efflusion de sang, aucune souffrance chez nos amis les animaux, un burger plein de fibres et de protéines végétales bénéfiques pour le coeur, contenant des oestrogènes naturelles parfaits pour la femme ménoposée (je ne sais pas pourquoi, mais c'est ce qui a le plus retenu mon attention…!). Entendre parler Bella, c'est comme si je tenais la 8e merveille du monde entre mes mains. Une 8e merveille du monde qui devrait faire partie intégrante de mon corps. Pour se faire, 3 étapes à suivre. Simple. Première étape, porter le dit burger vers ma bouche et humer son parfum (qui, de par mon évaluation personnelle, sous des couches d'épices et de condiments, n'a rien de comestible). Ensuite le pousser à l'intérieur de ma cavité bucale pour sentir, sous ma dent, la texture savamment étudiée de la transformation de la bean de soya pour faire croire à la chair du poulet. Pour finir avec la dernière étape, soit celle d'avaler la bouchée (croquée lors de la 2e étape) et en détecter toutes les saveurs et profiter des bienfaits de ses composantes. Je suis précotionneusement les 3 étapes pour chaque bouchée et j'en suis à la moitié de mon burger. Ces arguments sont impressionnants, je fais tout ce que je peux pour lui laisser croire que c'est… délicieux? La texture est plutôt caoutchouteuse mais l'aissaisonnement, bien dosé, masque quelque peu le goût «synthétique de poulet». Avec une tonne de sauce tomate, quelques cornichons et des oignons frits, on peut dire que c'est mangeable. J'affiche un sourire heureux, aucune grimace de dégoût et à intervalles réguliers je démontre, par quelques onomatopés et phrases qui se veulent bien senties, combien j'apprécie sa découverte culinaire. «Humm! C'est différent!» «Woua! C'est spécial cette texture, très intéressant!» «Je n'aurais jamais penser que manger un burger pouvait atténuer les bouffées de chaleur et les sautes d'humeur des femmes de plus de 50 ans!». Bella se rit de moi depuis le début, me laissant m'embourber dans mes prouesses de politesse.
«C'est bon Edward! Get it down! Je crois que les galettes de soya ne feront pas partie de ton régime alimentaire. Je ne serai pas vexée si tu jettes le reste de ton burger, tu sais?»
«Non, non, c'est… c'est différent. Hé! Si je ne m'y habitue pas tout de suite, qui sait ce que je manquerai lors de ma ménaupose!»
Elle rit franchement. Ce son est doux à mon oreille, comme une multitude de clochettes, harmonisées, rappelant un peu l'idée que je me fais du rire des anges. Ses lèvres roses et pleines s'étirent pour découvrir des dents parfaitement droites et blanches. Bella est adorable à regarder, surtout quand elle rit. Mes yeux se posent sur cette bouche et anticipe la sensation de ses lèvres sur les miennes. Ma façon de fixer cette partie de son anatomie est totalement innapropriée. Avec une serviette de table, elle s'essuie promptement, laissant apparaître une teinte rosée sur ses joues. Elle est embarrassée.
«… je suis ok comme ça?»
Oups! Petit détour dans la réalité.
«Heu?»
«Je crois que j'avais laissé quelques parcelles de mon DÉ-LI-CIEUX burger végétal sur le bas de mon visage!»
Mince! Elle croit que je regardais une supposé traînée de nourriture sur son faciès angélique. Pense à un distraction Edward… et ressaisis-toi! Je ne peux quand même pas lui dire que j'avais juste envie de poser mes lèvres sur les siennes… J'ignore sa question et toussotte quelque peu (j'ai l'impression d'avoir quinze ans!) «Alors, tu es totalement végétarienne? Parce que Charlie est, disons, très loin de l'homme granola. Bon! C'est vrai qu'il fait beaucoup dans le poisson mais je ne le vois vraiment pas attablé devant du tofu.» C'est moi qui rit maintenant. Imaginer Charlie manger du tofu est plutôt hilarant! Rien de mieux qu'un peu d'humour pour alléger l'atmosphère.
«En fait, ça fait tout juste un an que je vis avec Charlie. J'avais une vie avant de venir ici, tu sais.» Elle me regarde avec un regarde amusé avant de continuer, encouragée par mon regard curieux. «Renée, ma mère, est plutôt zen. Elle fait de la méditation, a essayé le yoga et toutes sortes de trucs en rapport avec l'énergie… en fait je n'ai pas très bien suivi son cheminement» Autres rires. «Elle est téméraire et aime la nouveauté. Elle rit, chante et danse, souvent en même temps. S'extasie sur un galet trouvé sur la plage ou sur la forme d'un nuage dans le ciel. Déteste la monotonie et la routine. Elle est tout le contraire de Charlie! Elle a suivi toutes les nouvelles diètes et aliments miracles promettant une vie éternelle. Alors la fève soya et tout le tra la la, j'y ai goûté! Personnellement, dès mon jeune âge, j'ai pris conscience de bien des choses. J'étais très, même trop sérieuse pour mon âge. Bien vite j'ai compris que le poulet et le boeuf n'apparaissaient pas comme par ma magie dans mon assiette mais que c'était des animaux morts auxquelles j'aurais pu donner un nom. Ça m'a totalement dégoûtée. Je commençais à nommer mon steak «Rantanplan* ou Fido». Awkward! Depuis que j'ai 10 ans, je n'ai jamais mangé de viande.»
Elle est fascinante. Elle a des opinions et saisis l'occasion pour les laisser s'étaler. Elle adore sa mère. C'est évident. Mais malgré cette passion qui s'entend dans chacun de ses mots et la dévotion pour une mère qui semble instable et extravertie, Bella est d'une nature timide et réservée. Aussitôt son discours «Renée» terminée, elle fuit mon regard, laissant croire qu'elle a pris trop de place dans la conversation. Étrange comme son besoin de s'affirmer et de ne pas s'afficher se contredisent.
«Pourquoi être venu ici? C'est plutôt loin de la chaleur du Texas!»
«En fait, ma mère venait de se marier avec Phil, un joueur de Baseball. De par son travail, il doit voyager beaucoup. Lorsque j'étais à la maison, Renée restait avec moi pour ne pas me laisser seule. Je la voyais se morfondre. Elle s'ennuyait tellement… J'imagine que c'est ce qu'on ressent quand on est avec la bonne personne.» Elle lève les yeux. Son regard profond me transperce et questionne mon âme. Presque dans un murmure, comme si elle se parlait à elle-même plus qu'elle ne me questionnait, elle poursuit. «Je veux dire, quand on aime vraiment. Le grand amour?»
Peut-être mon âge lui fait croire que j'ai trouvé déjà. Le temps et ses événements nous approchent de la sagesse mais ne calcule pas les émois et la tendresse. J'ai pourtant aimé, beaucoup aimé. Était-ce le grand amour? Ai-je aimé à ne plus être capable de rester éloigné, à me triturer le coeur à attendre un appel, un mot, une lettre, une virgule…à mettre les accents aux mauvais endroits, à mettre des points d'exclamation à chaque phrase qui se termine par son nom, des points de suspension après avoir dit «pour la vie»? Ai-je déjà eu envie que le futur remplace le conditionnel et que le présent enterre l'imparfait? Que mon passé décomposé ne me hante plus car enfin j'ai connu la plénitude du passé simple, des souvenirs heureux qui me suivrons tout au long de ma vie? Pas besoin de phrase complète, trois petites lettres suffisent. Non.
Elle baisse les yeux et se concentre sur ses mains. «Je ne pouvais pas rester.»
«Et tu as décidé de venir voir un peu de pays.»
«Et apprendre à connaître Charlie.»
Elle a tout quitté pour le bonheur de sa mère. Secoué par les révélations qu'ont suscitées sa question sur le grand amour, je sens le besoin de me rapprocher physiquement de Bella. Comme si une intimité s'était créée. J'ai envie de sentir, de ressentir. Aucune barrière de sécurité, plonger dans le vide. Elle me fait face. Mes avants-bras glissent au travers la table, je me penche du haut de mon mètre quatre-ving-cinq pour rencontrer son petit mètre soixante. Nous avons cessé de manger et presque de respirer mais j'ai soif d'un peu plus de Bella Swann.
«Tu aimes vivre au Québec?»
Elle s'anime. Je crois que je vais encore avoir droit à une envolée lyrique enflammée. C'est parfait.
«J'aime. J'adore la langue française. Papa me parlait toujours dans cette langue. Je ne le voyais pas très souvent mais nous avons toujours gardé contact par lettre ou par téléphone. Toujours en français. Charlie adore la littérature, tout comme moi. Nous avions de longues discussions, parlées ou écrites, sur les dernières nouveautés, sur les auteurs d'ici et d'ailleurs. J'ai lu beaucoup d'auteurs français. Bien avant mes cours de littérature française à l'université.»
Je ne connaissais pas cette facette de Charlie.
«Et autre que le français, qu'est-ce que tu aimes de ta nouvelle vie?»
Je la regarde peut-être trop intensément. Elle a de la difficulté à soutenir mon regard. Elle hausse les épaules.
«Les 4 saisons, l'hiver…»
«L'hiver!.. Bella, l'hiver c'est froid, éreintant, noir, moche…»
Elle me coupe. «Vous, québécois, ne parlez que du bad side. Que faites-vous de la beauté de la neige! Lorsque les branches de sapin sont chargées de flocons collants. Et tu sais, le bruit que font nos bottes sur une couche de neige glacée. Marcher le soir après une tempête, apprécier le silence dans les rues et le spectacle des maisons toute illuminées dans le temps de Noël. Chez moi, à Phoenix, les gens décorent leur maison tout juste avant le jour J. Ici, les gens festoient des semaines à l'avance. L'hiver c'est aussi la noirceur qui nous confine tôt à la maison, sans se sentir coupable de veiller sous les couvertures en lisant quelques bons romans à la chaleur du foyer. C'est… c'est émouvant je trouve. Les gens sont plus chaleureux aussi, probablement pour compenser avec la température externe. J'ai hâte à l'hiver prochain! Des amis à moi m'ont promis qu'ils m'apprendraient à patiner!» Son sourire s'étire. «Je leur ai dit que je n'aurais besoin que d'un patin parce que de toutes façons, j'ai les deux pieds dans la même bottine!»
C'est à mon tour de rire. Jasper m'a dit qu'elle était maladroite. Maladroite avec ses pieds peut-être mais pas avec ses mains qui se meuvent de part et d'autre pour appuyer ses paroles. Elle est entière. Ses yeux, ses bras, ses mains parlent avec sa voix. À travers elle, je vois la neige et la glace sous une autre perspective. Avoir quelque chose sous le nez depuis toujours nous fait moins l'apprécier. Du patin… ça doit faire une éternité que j'ai joué au hockey avec les copains à la patinoire du parc. À une certaine époque, le hash, l'alcool et bien d'autres substances illicites m'ont détourné des bonheurs simples de la vie. Ensuite l'université, le travail communautaire, l'hôpital et maintenant le local empiètent sur mes moments de liberté. J'ai perdu la notion du temps… de saisir le moment présent. Je m'imagine un soir d'hiver, sous les couvertures, devant un feu de foyer avec Bella...
«Tu es tout un numéro Bella Swann.»
«Heu?»
«You're one of a kind!»
Elle sourit, gênée «Ouais. On me l'a déjà dit…»
Je dois saisir l'occasion. Le momentum! Je dois la convaincre de travailler avec moi (Oups! Avec nous je devrais dire…) ou sinon de la revoir dans un autre contexte que Paul-Charlie-et-compagnie. Cette conversation ne peut se terminer ce soir.
«Bella, j'aimerais qu'on reparle du projet théâtre.»
De nouveau des rougeurs à ces pommettes. «Edward, je ne me sens pas compétente du tout pour ce rôle. Je peux faire des personnages mais pas être le metteur en scène d'une gang d'ados bourrés d'hormones. Non! Désolée! Je vais vous faire perdre votre temps et…»
Sans aucun doute, j'affirme que cette jolie et douce demoiselle est aussi entêtée. N'est-ce pas l'adage des passionnés?
«J'ai déjà participé à quelque chose de semblable lorsque j'étais étudiant et c'est une de mes plus belles réalisations. Ce projet est fantastique Bella, nous avons l'argent nécessaire, le local, la scène et des jeunes déjà super motivés… je serais malhonnête d'omettre de dire qu'il y en a d'autres beaucoup moins mais… Écoute, je sais qu'avec l'université et le travail, tu seras peut-être serrée dans tes horaires mais tu ne serais pas seule avec tout ça.»
«Ce n'est pas une question de temps, je ne me suis même pas rendue là dans mes réflexions Edward. Comprends, je ne suis pas une leader née. Je suis une exécutante. Je ne pourrez pas gérer.» Elle semble désolée.
Elle est douce, jolie, drôle, entêtée (et passionnée!) et manque de confiance en ses capacités. Je la saisis peu à peu. Tout ceux qui me connaissent me trouvent comme un 6e sens. Une capacité à comprendre ce qui trotte dans la tête des autres. Il n'y a rien de sorcier là-dedans. Pas de paranormal, pas de 6e sens. C'est juste que j'ai de la facilité à me mettre à la place des autres, à penser à leur place. Pour la première fois, je suis dérouté car avec Bella, c'est différent. Je ne peux lire à travers elle. J'anticipe ses réponses et me trompe. Mais je sens une connection, que je n'ai jamais expérimenté avec quelqu'un d'autre. J'ai envie de la découvrir comme dans une quête où à chaque résolution d'énigme, on se sent plus près du trésor caché.
«J'aimerais… enfin… est-ce que tu aurais un peu de temps libre lundi soir?»
Elle me regarde cette fois-ci, étonnée par mon changement de sujet, ne sachant quoi penser. Elle attend que je précise ma pensée avant de répondre.
«J'aimerais te présenter quelques personnes pour qui j'ai beaucoup d'affection et pour qui je travaille sans relâche pour leur offrir un peu d'espoir d'une vie qui se peut belle et intense... et me reprendre pour le café manqué!»
Le soleil est bas à l'horizon, le ciel déploit un portait magnifique avec des teintes de rose et de violet. Il ne fait pas encore nuit mais le reflet des lanternes colorés habillant le jardin se jouent sur nos visages créant une ambiance feutrée et enveloppante. Les enfants, épuisés par leur après-midi, jouent tranquillement dans la maison, les plus grands supervisant les plus petits. Les hommes sont sur la terrasse, certains grillant une cigarette ou un cigare, parlant calmemant en sirotant un porto 35 ans, cadeau d'anniversaire pour les vieux mariés. On entend des rires et des discussions animées provenant de la cuisine. Les femmes rangent et s'échangent les derniers potins. Je le sais parce qu'on entend des «C'est pas vrai!» «Je te le dis!» «Je le savais!» fuser à traver la fenêtre qui se trouve au-dessus de la table où Edward et moi parlons encore, le repas depuis belle lurette terminé. L'ambiance extérieure est paisible mais je sens en moi un feu ardant qui me ronge. Nous parlons depuis presque deux heures maintenant et nous sommes passés des bienfaits de la galette de soya et du contenu en vitamine C de la patate sucrée, à combien Renée, ma mère, me manque et à quoi peut bien ressembler le grand amour. Awkward! Je n'aime pas étaler mes sentiments et encore moins avec le regard intense d'un dieu grecque posé sur moi. Plus les minutes passent et plus les centimètres qui nous séparent s'évadent. Edward est trop près, ses mains me frôlent presque, je sens son haleine sur mes joues, ses yeux sont trop… verts. Je m'y perds. Il veut me faire rencontrer des ados avec qui il travaille. Il est convaincu que je vais me trouver à travers eux. Et si c'était vrai. Mais s'il se trompait…
«Le café est invitant…» Je lui lance un regard quelque peu charmeur (Isabelle Swann flirte! Le torchon essayant de séduire le dieu grecque, Wouah! Ah! Ah!)
Il rit (A-t-il fait le même lien que moi…). Peu importe ses raisons, entendre rire Edward Cullen, c'est comme mordre à pleine dents dans une tablette de chocolat après une demi-journée de jeûne. Sweet and delicious!
«Edward! Regarde-moi et regarde-toi! Sérieusement, il n'y a plus mal agencé comme paire. Si ta bande de jeunes s'associent à toi, aucune chance que ça colle avec moi!»
Il semble heurté. Ai-je dit une parole blessante? Je ressasse ce que je viens de dire et je ne comprends pas sa réaction. C'était plutôt flatteur à son endroit. Est-ce que les hommes sont tous aussi compliqués! Il faut dire que je n'ai pas un grand échantillon côté testostérone. Taylor (Ah! Non! Je ne dois pas y penser, humiliant…) et Charlie. Rien dans la catégorie Cullen pour comparer. Il doit bien y avoir des bouquins qui traitent de psychologie des hommes. Ça m'aiderait peut-être aussi à convaincre Charlie de manger un peu plus de soya et moins de viande. Ah! Ah! Ah! Comme si je pouvais faire changer les vieilles habitudes de mon père. Ça serait comparable à lui arracher son fusil lorsqu'il est en service!
Edward s'emporte. «Ce sont des humains Bella. Juste UN PEU plus jeunes que toi et passant par une mauvaise passe. Pas besoin d'avoir des boucles d'oreille dans le nez et des tatous sur l'épaule pour leur parler.» Son ton se veut plus hésitant. « Et je trouve qu'au contraire, on formerait une super équipe tous les deux».
Il rougit?
«…»
«Bella?...»
«Je réfléchis.»
Il fait maintenant des yeux de chiots perdus. Grrrrr! Je le sais, je le savais. Je vais me couvrir encore une fois de ridicule. Je ne peux pas lui dire non. Pas avec ses yeux là. Trop verts et piteux. La petite brise qui vient de se lever me fait frissonner légèrement, transportant dans son parcours son odeur fleurant bon le miel et… le jasmin. Hummm!
«Hummm! C'est assez alléchant…»
«Alléchant?»
Ai-je vraiment dit ça à voix haute. Oh! Non! Oh! Non!
«Hummm! Alléchant… le café bien sûr!» Le feu qui me rongeait de l'intérieur vient tout juste de migrer dans l'espace compris entre les épaules et les cheveux. Je me sens rouge tomate jusqu'au cuir chevelu.
«Alors on dit 19 heures, lundi soir au local?» Il a l'air d'avoir gagné à la loto. Ou plutôt gagné après avoir livré une grande bataille.
«Ok!» Après tout, je vais revoir Edward et ça, ça compte! Mes intentions sont probablement moins nobles que les siennes, mais c'est un leitmotiv.
«Parfait! Je suis certain que tu vas les adorer Bella!»
«Je peux te poser une question un peu personnelle?»
«Vous pouvez poser toutes les questions qui vous passent par la tête jolie demoiselle...» Je lève les sourcils. «…mais il n'est pas dit que je vais y répondre!»
«Je ne vois de toute évidence que tu n'as pas de boucles d'oreille dans le nez mais, pas moyen de voir si tu as un tatou…?»
«Il y a des choses qu'on découvre en son temps!» Il me fait un clin d'oeil. WOW! Je reste coite.
«Qu'est-ce que tu dirais d'un verre de porto?»
Il n'attend pas ma réponse. Il se lève, me prend par la main et m'entraîne avec lui vers la terrasse.
J'oublie la raison pour laquelle je suis à ses côtés, pourquoi je suis ici, en ce moment. Ce que je vois ce sont les étoiles qui brillent maintenant dans un ciel complètement dénué de nuages. La lune qui est pleine. (C'est Paul qui va être heureux. N'est-ce pas la nuit parfaite pour les loup-garous…). Ce que j'entends c'est le son de ses pas dans la pelouse humide, des pas qui m'entraînent dans son même sillage. C'est mon coeur qui bat la chamade, qui ne se peut plus d'être obéissant et régulier. Ce que je sens… je sens comme la première fois que je lui ai serré la main, un courant électrique, une sensation intense entre nos doigts enlacés. Je sens que je suis en équilibre sur un fil de fer, à 30 pieds d'altitude. I'm afraid but… mais j'aime la sensation…
