Note de l'auteur : Je me sens mal à l'aise d'avoir mis un peu cette fiction en pause, sans avertir. L'impression m'avait quitté, j'arrivais plus à écrire quoi que ce soit, alors que pourtant, cette fiction était ma favorite, parmi toutes celles que j'écrivais. Alors me revoilà. Parce que c'est une promesse que je me suis fait. De ne jamais abandonner une fiction que je commençais. Alors voilà.
Résumé du dernier chapitre : Dean a peint Drago et Ginny, par colère contre elle, par jalousie un peu, mais aussi pour illustrer l'espèce de relation, qu'il y avait entre les deux. Par la suite, Dean regrette sa querelle avec Seamus, au point où il songe à l'embrasser, pour s'excuser de ne pas l'aimer comme il le voudrait. Puis il rencontre une jeune fille qui semble souffrante, dont il récupère le journal intime qui était tombé sur le sol, avec ses autres effets. En le feuilletant, Dean comprend qu'elle vit quelque chose de terrible par rapport à son père, au point de s'en faire souffrir.
- Je suis désolé, fit Seamus.
- Tu n'as pas à l'être. C'est moi qui ait été méchant.
Les deux garçons se regardèrent droit dans les yeux, et s'adressèrent un sourire gêné, comme s'il s'agissait là de leur premier depuis longtemps.
- Dean ... reprit Seamus. J'ai mal réagi. C'est très noble, ce que tu fais, avec cette murale. Noble et surtout ... très courageux. Je voulais juste que tu saches que je ne t'en voulais plus. T'es digne d'un vrai Gryffondor, tu devrais en être fier.
- Merci ...
Les paroles de Seamus lui firent chaud au coeur. Elles lui étaient rassurantes, bienveillantes. Mais surtout, il était heureux de savoir qu'il ne le perdait pas, lui qui avait toujours été son meilleur ami.
À ce moment-là, il l'aurait pris dans ses bras, il aurait fait n'importe quoi pour lui montrer combien il était reconnaissant. Reconnaissant de le soutenir,de lui faire parvenir ces quelques mots dont il avait tant besoin pour lui permettre de continuer. Une émotion l'agrippa par les tripes, lui faisant monter une larme à l'oeil, trop heureux d'enfin se sortir d'un si mauvais pas avec Seamus.
- Hé ... Ne pleure pas...
D'un geste maladroit, Seamus prit Dean dans ses bras, se permettant de lui caresser les cheveux, de sentir l'odeur de sa peau, qui était si près maintenant. Dean le voyait faire, sachant ce qu'il pensait. Quant à lui, il repensait aux paroles de Marietta, qui l'avait conseillé d'être franc avec lui, de ne pas jouer avec ses émotions. Ces paroles résonnaient dans sa tête, alors qu'il sentait le besoin de ressentir Seamus encore plus près, non pas par amour, mais par besoin. Était-ce se jouer de lui ? Non, non car il ne l'embrasserait pas, il ne lui dirait pas qu'il l'aime, car ça, c'était faux. Mais Dean appréciait la douceur de Seamus, et ça, il ne le nierait pas. Après quelques instants, toutefois, il se défit de son étreinte.
- Seamus en fait ... j'ai besoin de conseils. Mais promets-moi de ne pas le révéler à personne, encore moins à Ernie.
Aussitôt que Seamus lui avait promis, il sortit le journal de la petite fille, et lui expliqua son contenu. Que selon lui, le père de Ernie faisait souffrir sa fille, mais il ne savait pas exactement comment. Puis, il lui montra la photo avec les ecchymoses, et les dessins de lignes rouges, juste à côté de la photo.
- Tu crois que c'est son père qui la bat, ou tu crois qu'elle se fait ça elle-même ?
Seamus sembla réfléchir un instant, croyant les deux hypothèses probables.
- Il est clair qu'il s'agit un peu des deux. Pourquoi des lignes rouges ? Parce que le rouge, c'est le sang. Et que les lignes rouges, c'est souvent lié à des coupures... Et si elle parle tant en mal de son père, je crois que même si ce n'est pas lui qui lui fait physiquement ces blessures, ça les amène tout de même ...
- Oui, c'est ce que je croyais Seamus, merci !
Il lui adressa un demi-sourire avant de replacer le journal dans son sac à bandoulière, qui lui servait à transporter tous ses livres de cours. Puis, une fois qu'il l'avait remis avec les autres, il se leva.
- Tu vas la peindre, n'est-ce pas ?
Dean lui adressa un sourire.
- Je n'ai pas le choix !
Puis, il tourna les talons.
- Dean ?
- Oui ? fit ce dernier, en se retournant.
- Si jamais tu as besoin d'un moyen plus sécuritaire ... J'ai peut-être ce qu'il te faut.
- Plus tard, Seamus, il faut que je la retrouve et que je les lui redonne !
Sur ces mots, Dean sortit de son dortoir, de meilleure humeur que lorsqu'il y était entré. Il parcourait les couloirs à grandes enjambées, regardant à gauche et à droite, au cas où il la reverrait. Il marchait si rapidement qu'il ne remarqua même pas Ginny, qui s'était mise à le regarder, d'un air coupable. Il pénétra dans la Grande Salle, il la vit, avec une fille de sa maison, qui devait probablement être une amie à elle. Dean marcha jusqu'à ce qu'il atteigne leur hauteur.
- Sophia ! Enfin je te retrouve. Tiens, ça t'appartient, je crois.
Il sortit de son sac la pile de livre qui lui appartenaient, et la lui rendit.
- Écoute ... Je ne sais pas ce que tu vis présentement. Mais saches que tu es une battante, une résistante. Ne baisse pas les bras.
Intimidée, Sophia lui adressa un demi-sourire confus, se leva, et sortit de la pièce. Dean la suivit du regard, jusqu'à ce qu'il la perde de vue. Puis, il regarda son amie, qui affichait un air désolée.
- Désolée pour toi, elle n'est pas une très grande parleuse.
- Oui, j'avais remarqué, dit-il, sur le ton de la plaisanterie.
- Je m'appelle Laura. Et toi, c'est Dean, c'est bien ça ? C'est toi qui avait son journal ? Elle n'a pas arrêté de paniquer, en voyant qu'elle l'avait perdu. C'est si triste ce qui lui arrive, il n'aurait pas fallu que ça tombe entre de mauvaises mains.
- Qu'est-ce qu'elle a ?
Ne sachant tenir sa langue, Laura le lui révéla. Au fil de son récit, Dean écarquilla les yeux plusieurs fois, posant une ou deux questions par-ci par là, tout en continuant de l'observer. Elle avait quelque chose, cette Laura, quelque chose de captivant. Dean n'aurait pu dire s'il s'agissait de l'ébène de ses cheveux, de cette manière qu'elle avait de sourire, ou de ses yeux d'un vert qui rappelait les premiers brins d'herbe au printemps. Elle aurait pu parler de n'importe quoi, Laura, et Dean aurait tout autant été captivé.
Le père de Sophia la battait. Il le savait maintenant. Et il était prêt. Prêt à prendre les pinceaux, et à aller les peindre. Toutes les deux. Conforme à ce qu'elles étaient. Dans la beauté de leur couleur.
Dean avait apporté une échelle, ce soir-là. Il voulait la faire dans le coin droit du haut du mur. Là où elle se démarquerait. Elle serait le sourire de cette murale. La force et la bonté, le courage et la bienveillance. L'amie sur qui on pouvait compter, celle qui vous redonnait le sourire. C'était ce qu'avait vu Dean. Car elle n'avait pas trahi la confiance de Sophia, pas vraiment. Elle était là pour l'aider, et la défendrait coute que coute. Elle savait choisir ses personnes, Laura. Elle choisissait en qui elle avait confiance à merveille. Jamais elle ne s'était trompée. Jamais.
Dean ne voulait aucune extravagance, pour la peindre. Il ne voulait rien qui gâche son joli minois. Laura, elle resterait naturelle. Avec ses cernes rougeâtres, son teint rosé, son regard posé. Il peignit ses cheveux noirs qui descendraient jusque dans le haut de son dos, tombant sur ses épaules dénudées. Il rigola, en remarquant à quel point pratiquement toutes les filles avaient été dénudées sur ses portraits, sans que quoi que ce soit n'ait été explicite. Jamais encore il n'avait dévoilé un sein, mais l'idée lui trottait à la tête. Mais il attendrait la bonne.
Il ne s'agissait pas d'un fantasme, il s'agissait encore moins de mettre la honte à quelqu'un. Il ne s'agissait pas de répandre une idée de sexualisation d'une des filles qu'il avait fréquenté. Il s'agissait de les représenter artistiquement. Car son art fonctionnait ainsi, qu'il s'en rende compte ou non. Celles qu'il saisissait mieux, qui évoquaient une douceur naturelle, étaient généralement dénudées. C'était une façon pour Dean de représenter le caractère de ces femmes, qu'il prenait tant plaisir à peindre.
Dean s'attarda sur les lèvres de Laura, sur cette façon qu'avaient ses lèvres de se plisser, lorsqu'elle se retenait de rigoler. Sur les commissures de ses lèvres, qui se démarquaient largement du reste de tous les sourires qu'il avait pu voir jusqu'à maintenant. Un sourire rubescent, aux lèvres closes, avec un air qui ne peut que vous inspirer confiance. Laura, elle était comme ça. Puis, il s'attaqua minutieusement à ses yeux, mélangeant alors l'émeraude au lime, le noisette et l'orangé. Pas grand chose chez Laura n'était imparfait, si encore elle avait quelque chose qui l'était.
Une fois Laura terminée, Dean descendit de son échelle, afin de se rediriger vers la gauche du mur. Cette fois, il s'attaquera à Sophia. Si hier il s'était posé la question, il aurait probablement refusé de la peindre comme il le ferait. Mais en dessinant Drago et Ginny, il s'était fait une promesse : chaque particule de cette murale raconterait une histoire, leur histoire, celle des femmes de cette école. Celle des résistantes, de celles qui survivent contre le mal qu'elles vivent. Alors Sophia, il la peignerait de la même manière qu'il avait peint Drago et Ginny. Sans artifices, sans élément révélateur. Juste ce qu'il avait vu.
Alors Sophia était peinte de violet, principalement. De teintes violacées, et portait un t-shirt noir. Le t-shirt, qui représentait son état : peu ouverte, car trop malheureuse et trop renfermée. Son T-shirt qui renfermait son secret, une terrible douleur dont elle ne parvenait pas tout à fait à confronter.
Et puis, sur ses épaules, il y avait de grandes mains, qui la tenaient. De grandes mains masculines, qui n'avaient rien de rassurant. Ce ne fut que lorsqu'il fut satisfait qu'il se lança vers les détails de son visage.
Sur sa peinture, Sophia arborait un visage d'enfant. Un enfant inquiet, peut-être, un enfant appeuré, attristé. La bouche à semi-ouverte, un ourson en peluche dans les bras. Une chose était sûre : elle ne souriait pas. Et son regard était empli de larmes, que Dean peignit en jaune, afin de les faire ressortir du violet et du rosé qui constituait la couleur de son pauvre corps. Tout ça, Dean le faisait inconsciemment. Si toutes ses peaux étaient rosées, bleutées par endroit, la sienne étaient à peine bleutée, et parfaitement violacée. Violacée pour représenter les coups qu'elle recevait, sans que rien ne soit explicite.
Il soupira, heureux d'achever ce dangereux labeur, avant de pénétrer la salle sur Demande, où il comptait aller dormir. Lorsqu'il entra dans la pièce, tout le monde dormait. Il remarqua Ginny, qui était deux pas plus loin que lui. Il se faufila entre les matelas de sol, et parvint à se trouver une place, presque juste à côté d'elle.
Il s'approchait, et il sentait des papillons lui chatouiller l'estomac, comme s'il savait que c'était mal de se rapprocher autant d'elle, alors qu'elle n'était qu'une amie, et qu'elle était en grande peine. Mais c'était le seul endroit qu'il avait trouvé. Lorsqu'il s'étendit sur le lit, il passa quelques minutes à l'observer. Elle dormait paisiblement, mais légèrement, un peu comme si elle avait refoulé ses larmes avant de s'endormir. Sa camisole de nuit était quelque peu déplacée, rendant une grande partie de son sein visible. Il ressentit dans son bas-ventre une légère excitation devant cet interdit, mais il se contrôla. Il regarda autour de lui, et se demanda si d'autres personnes l'avaient remarqué, avant de s'endormir. Bien qu'il éprouva une certaine jalousie et un certain mépris envers les gens à l'idée qu'ils l'auraient vu ou regardé, il ne sut pas quoi en faire. Devait-il tenter de replacer son vêtement, où ferait-il mieux de ne pas y toucher, afin d'éviter les questions embarrassantes, si jamais elle s'en rendait compte ? Il était rongé de l'intérieur devant les choix qui s'offraient à lui. Le premier était peu moral : elle lui en voudrait probablement de ne pas l'avoir fait. Le deuxième, toutefois, paraîtrait peu moral si Ginny se réveillait.
Réfléchissant à ce dilemme, Dean se perdit à l'observer, plus longtemps qu'il ne l'aurait cru. Il avait envie de la toucher, de l'embrasser, de l'aimer jusqu'au petit matin. Il avait envie de la caresser, de la sentir tout contre lui, de lui faire l'amour jusqu'à ce qu'elle en oublie tous ses soucis. Mais il ne pouvait pas. Elle ne l'aimait plus, et désormais, elle appartenait à Harry. Et il savait qu'elle l'attendrait, qu'elle vive ou non une aventure avec Malefoy. Au creux de sa main, Ginny semblait tenir un bout de papier froissé. S'il savait que c'était probablement pas une bonne idée de s'immiscer dans son intimité, il ne put toutefois pas s'empêcher de l'attraper pour le lire lorsqu'il tomba enfin de sa main.
L'écriture était très féminine. Si la lettre n'avait pas débuté par «Chère Ginny», il aurait pu croire que ça venait d'elle. Il lut un paragraphe, puis un deuxième, et un troisième, jusqu'à ce que s'achève la lecture de cette lettre. Il avait déjà deviné qu'elle venait de Malefoy, qu'en lisant certains mots. Mais jamais il ne se serait attendu à ce qu'il s'agisse là d'une déclaration d'amour. Et il avait l'air sincère, en plus, c'est ce qui l'écoeurait. Drago et Ginny ? S'il y avait pensé plutôt, il ne s'attendait toutefois pas à ce que ce soit vrai. Et elle qui dormait avec cette boule de papier entre les mains... Il y avait surement quelque chose qu'il n'avait pas vu venir, quelque chose qu'il avait du rater. Malefoy avait eu l'air sincère. Sincère ! Lui-même n'arrivait pas à trouver quoi que ce soit qui ait l'air hypocrite, dans cette lettre. Rien. Il était écrit qu'il savait qu'il prenait le risque que son oiseau soit intercepté par le ministère, que son père ne serait en rien fier de lui... Qu'il était désolé, pour Harry, et qu'il savait qu'il ne pourrait pas le remplacer.
«Ça suffit Dean, tu t'inventes des histoires, à force de trop penser. Ginny garde la lettre avec elle seulement parce que ça lui fait chaud au coeur, de recevoir un tel mot. Elle n'est pas idiote, elle sait que Malefoy joue avec elle.»
Il ne parvint pas à se convaincre. Après avoir lu et relu la lettre, il la remit en boule, et la déposa non loin d'elle, tremblotant. Dean sentait la fatigue envahir son corps, alors qu'il s'approchait toujours un peu plus, afin de replacer son t-shirt comme il se devait. Il fit cela avec le plus de précautions possibles, mais il échoua.
Ginny ouvrit les yeux et le regarda, d'un air dégouté.
Et bah voilà ! Encore une fois, désolée d'avoir attendu si longtemps avant de republier un chapitre de cette fiction... J'ai recommencé maintes et maintes fois la première partie, entre les deux garçons... Mais je n'y arrivais pas, j'avais perdu l'inspiration. Et comme ce soir, j'avais relu cette fic, je me suis dit que c'était probablement la meilleure que j'avais écrite à ce jour, et que je ne pouvais pas la laisser tomber. Alors je me suis réessayée, et ça a marché (enfin, je suppose).
C'est décidé, je continue bel et bien cette fiction :)
Ps : Pour ceux et celles qui se demandent qui est Laura, il s'agit en fait de Laura Madley, élève de Poufsouffle répartie en 1994 :') On ne sait rien de plus d'elle, mais je me suis dit qu'elle correspondait à l'année de Sophia (qui je rappelle, est un OC de ma conception :P) , et qu'elle pourrait donc être une de ses copines. Voilà.
Des avis ? :3
