Bonsoir à tous !
Voici ce chapitre, réécrit. N'hésitez pas à reviewer.
Disclaimer : Naruto appartient à Masashi Kishimoto
Je suis fatiguée de ce lit qui m'emprisonne depuis plusieurs jours. Essayez donc de rester couché plusieurs jours dans la même pièce, sans pouvoir rien faire de plus que de regarder les mêmes murs blancs.
Ce lit n'est qu'une prison de plus, une prison qui retient mon corps aussi bien que les chaînes qui entravent mon âme. Je ne serais donc jamais libre ? Cette pensée m'indiffère totalement, puisque je n'ai absolument rien qui me retient. Mais abandonner serait prouver que je suis faible et je ne veux plus jamais qu'on dise ça de moi. Je vais prouver à tous que je peux arriver à me délier de toutes ces chaînes qui m'entravent. Je me lève lentement, mettant un pied au sol et me retenant pour ne pas chuter. Même si mes jambes n'ont pas totalement cicatrisées, je suis enfin capable de me tenir debout toute seule. J'ai encore un peu de mal à ne pas tituber, mais j'en avais assez de croupir sur ce lit et de me morfondre sans cesse. Malheureusement, la seule pièce ou j'ai le droit d'aller pour le moment est la grande chambre avec salle de bain ou l'on m'a consignée jusqu'à je ne sais quel rite. Je m'y ennuie à mourir lorsque l'on frappe enfin à la porte.
- Entrez, répondis-je avec hâte.
La porte s'ouvre lentement pour laisser place à l'un des membres de l'organisation que j'ai accepté de rejoindre. C'est une très belle femme, à la silhouette élancée et aux cheveux d'un bleu électrique. Son élégant chignon est retenu par une rose de papier, un origami savamment travaillé qui a du demander des heures de travail. Ses yeux d'azur me rappellent ceux de Naruto, des orbes pétillants de douceur et pleins de vie. Elle porte de légères touches de maquillage bien appliquées, mettant en valeur ses traits fins. Un clou d'argent sous sa lèvre inférieure lui donne une légère impression de dureté, amplifiée par son expression neutre.
- Sakura-san, dit-elle d'une voix féminine, tout est prêt pour le rite d'initiation. Suivez-moi.
Sa voie est douce et chaleureuse, une mélodie enchanteresse ajoutant encore à son charme. Elle lui donne une impression de douceur, de gentillesse et d'empathie. Je me sens tout de suite en confiance avec cette personne. C'est peut-être un piège pour gagner ma confiance, mais elle à quelque chose de spécial, d'apaisant.
L'ange qui est venue me sauver de ma solitude me conduit dans une série de couloirs, dont les murs métalliques sont tous aussi nus les uns que les autres, jusqu'à arriver devant une grande porte de fer. Je sens une grande quantité de chakra derrière, émanant de quelque chose de grand.
Mon intuition est rapidement justifiée. Je vois sept silhouettes masquées par la pénombre, toutes arborant le sinistre manteau noir aux nuages rouges. Le manteau que je devrais bientôt arborer, dès que ce rituel sera terminé. Je déglutis difficilement à cette idée.
J'avance au centre de la pièce, face au leader de l'organisation. Il est vraiment impressionnant avec ses multiples piercings sur tout le visage. Il a les cheveux d'un orange semblable à celui des tenues de Naruto, d'ailleurs ils ont tous les deux la même coupe en pétard. Il faut vraiment que j'arrête de penser à Naruto ou à tous ceux de ce village, de mon village, le village que j'ai trahie. Non, me dis-je pour me justifier, ce sont eux les traîtres. Ils m'ont abandonnée à la mort.
- Haruno Sakura, appelle Pain. Jures-tu allégeance à Akatsuki ?
- Je le jure.
Les mots fatidiques sortent de ma bouche avec une aisance qui m'effraye moi même. Je me rends compte que si mon esprit est encore lié à mon village, mon cœur a déjà trahi. Par ces mots qui brisent mon serment, je suis devenue tout ce que j'avais juré de combattre. Je me dégoûte encore plus qu'avant.
La suite du rituel est encore pire, puisque je dois rayer mon bandeau frontal, symbole d'appartenance à mon Konoha. Le kunai glisse presque trop facilement, entaillant le symbole et le métal froid, scellant mes mots et marquant ma trahison.
Une fois mon hitai-ate rayé, le chef de l'organisation me remet mon nouveau manteau. On murmure que les membres ne retirent ce manteau qu'à leur mort. C'est encore un symbole fort pour effacer mon ancienne vie. J'enfile avec hésitation ma cape qui me va parfaitement, comme si elle avait été taillée sur mesure.
Pour finir, il me donne un anneau blanc décoré du kanji « Gyoku ». Je le passe machinalement à mon pouce gauche, éveillant quelques souvenirs. C'est celui que portait le défunt Akasuna no Sasori ! Je ne suis donc qu'une remplaçante, je ne suis pas plus surprise que ça. Les ninjas sont des armes dont on se débarrasse une fois inutiles, pourquoi les membres d'Akatsuki seraient ils des exceptions ?
Les volets clos de cette pièce s'ouvrent alors, faisant augmenter la luminosité et éclairant entièrement la pièce située au sommet de l'une des tours d'Ame. J'ignore pourquoi il avait maintenu la lumière tamisée pendant la cérémonie, surement un trip mystique dont je ne connais pas encore la signification. La salle était jusque là si sombre que j'avais des difficultés à voir les membres. A les voir, je comprends alors que ces ninjas sont vraiment spéciaux, faute de terme plus appropriés. Pein part alors rejoindre son bureau tandis que Konan entreprend de me présenter les membres de l'organisation, mes nouveaux collègues. Les seules personnes désormais qui m'accepteront.
Je ne sais pas si j'arriverais à retenir tous ses conseils, mais j'ai intérêt à ne pas trop les prendre à rebrousse poil car ici, l'assassinat semble le meilleur moyen de régler ses problèmes. Même sans ça, ils sont bien plus puissants que je ne le suis et pourraient facilement faire de ma vie un enfer. J'étouffe un ricanement chargé de mépris. Ma vie est déjà un enfer.
Je sens mon ventre grogner, ce qui n'échappe pas à ma nouvelle coéquipière. Elle m'invite à la suivre, m'amenant dans la cuisine jouxtant la salle commune ou le repas allait bientôt être servi. La plupart des membres attendaient déjà avec impatience l'arrivée de la nourriture.
-Sakura-san, pourriez-vous m'aider à préparer le repas ?
-Bien-sûr Konan-san.
Elle me sourit, me demandantsi elle pouvait m'appeler en utilisant le suffixe « chan ». Je pense qu'elle à visiblement envie de se rapprocher de moi et je la comprends. Elle n'est plus la seule femme de l'organisation, ça doit la délester d'un poids. Je parie que les hommes d'ici n'y connaissent pas grand chose dans la manière de se comporter décemment avec une femme. Je sens que nous pourrions nous rapprocher toutes les deux.
La préparation du repas a été un moment plutôt agréable. Mes premières impressions sur Konan sont désormais faites, j'ai passé un moment plutôt agréable en sa compagnie. Ca fait depuis longtemps que je n'ai pas pu me confesser et peut être que je pourrais lui exposer mes problèmes. J'espère juste que je pourrais m'ouvrir à quelqu'un sans le déranger avec ma vie minable et insipide.
- Sakura-chan, tu veux bien aller prévenir Deidara que le repas est prêt ? Sa chambre est dans ce couloir, première porte à ta droite. Je m'occupe des autres.
- Oui, Konan-san.
Je me dirige vers la pièce indiquée, avec une légère appréhension. J'espère que ce repas ensemble se passera bien, car il est impossible de prévoir les réactions de mes nouveaux camarades. Alors que je suis face à la porte de bois, j'entends un grommellement provenant du bout du couloir. Intriguée, je me cache dans l'ombre pour tendre l'oreille, mais je ne distingue que quelques mots.
-Kakuzu … œil … projet.
-Hai … pense … effets … parler plus tard.
Les bribes de la conversation entre le chef et le comptable m'intriguent, mais faute d'informations, je laisse tomber l'affaire et je me concentre sur ce que j'étais venue faire. Je toque à la porte lorsqu'une voix grave m'invite à entrer.
Je referme aussitôt la lourde porte et regarde Deidara. Il est assis à son bureau, travaillant minutieusement sur une sculpture d'argile représentant un oiseau. Il a du passer des heures pour créer une œuvre avec une telle profusion de détails. Chaque plume est stylisée, les ombres s'étendent en épousant parfaitement le relief de la figurine de glaise. Elle est sublime et je m'approche pour la regarder de plus près lorsque le blond émet un son de dégoût. Soudain, il écrase l'oiseau d'un violent coup de poing en jurant, réduisant tout son travail à néant.
- Je réessayerais plus tard. Que veux-tu, hm ? dit-il avec une légère défiance envers moi.
Je me retourne vers lui, abandonnant l'observation des multiples figurines d'argile posées sur les étagères.
- Deidara-san, saluais-je, le repas est prêt.
- Merci. Tu aimes mes œuvres d'art, hm ?
Ses œuvres d'art sont assez étranges mais oui, elles sont charmantes. Une seconde, ce n'est pas lui qui déblatérais sans cesse sur le fait que l'éphémère est la seule manifestation du beau ?
- Pourquoi les garder ? Vous affirmez que l'art est éphémère alors pourquoi sont elles toujours là ?
Il semble réfléchir à la question mais j'ai ma petite idée. Son partenaire clamait que l'art est éternel alors peut être qu'il les garde en souvenir de son coéquipier. En souvenir de l'homme que j'ai tué. Une vague de culpabilité monte en moi et j'essaye de la masquer. Sasori était peut-être un monstre, mais il l'a dit lui même. « Je ne suis qu'un homme qui n'a pas pu devenir entièrement une marionnette. » Derrière l'ennemi, il était quelqu'un qui importait pour Deidara. Le blond est d'ailleurs resté silencieux jusqu'à la salle commune.
Le repas en commun s'est passé dans une ambiance froide et calme. Ce sont des criminels qui ont du tous avoir une histoire trouble et je n'ai pas envie de me les mettre à dos en les titillant. Ils sont si silencieux, gardant leurs impressions et leurs vies cachées. Je me rappelle d'un des repas de groupe chez Ichiraku. L'ambiance était festive, excepté la froideur que dégageait Neji.
Je comprends ce qu'ils doivent ressentir, d'autant plus que je suis désormais comme eux. Nous avons tous nos secrets, des choses qui nous font souffrir et que nous masquons, tellement nous nous sentons vulnérables à la simple évocation de ces souvenirs.
Le silence est pesant, je n'ai absolument aucune envie de parler de ma journée et de toutes ces futilités comme le temps qu'il fait. Ma vie insignifiante ne doit pas intéresser mes nouveaux collègues et je respecte leur désir de se murer dans le silence leur permettant de réfléchir.
C'est Hidan qui brise le silence en déblatérant sur sa religion. Il engloutit un morceau de viande rouge en comparant ce goût de sang avec celui qu'il a absorbé l'autre jour lors de son duel. Il m'intrigue, je suis curieuse de savoir comment il se bat alors je le laisse parler.
- C'était un putain de beau combat, dit-il avec de grands gestes faisant grimacer ses camarades, avec des enfoirés pleins de vitalité !
Kakuzu grogne. Il semble irrité autant par les extravagances de son partenaire, que les jurons qui ornent chaque phrase. Je vois même Kisame souffler quelque chose à l'oreille d'Itachi qui hausse très légèrement les sourcils avant de retourner à son assiette.
- Je les ai trouvés faibles, dire qu'ils valaient aussi cher au marché noir. La réputation des ninjas de Konoha est surfaite.
Le nom prononcé me fait l'effet d'un électrochoc. Ils ont peut être affronté une personne que je connais, un de mes amis. Un de mes anciens amis, me siffle perfidement Inner Sakura. Ca faisait longtemps qu'elle ne s'était pas manifestée, d'ailleurs. Ironiquement, j'ai comme un soulagement à son retour. Même si c'est dangereux, ma schizophrénie latente me rassure, j'ai toujours quelqu'un avec moi. Je garde un visage neutre, mais j'interroge Hidan avec une certaine curiosité teintée d'un soupçon d'inquiétude.
-Ou cela s'est il passé ? Se dirigeaient ils vers le village du Son ?
Kakuzu semble réfléchir et répond après un rapide calcul.
-C'était au nord-ouest de Konoha, à quelques dizaines de kilomètres de la frontière avec le pays de la Cascade. C'est pas vraiment le plus cours chemin vers Oto.
Mon cœur se serre d'angoisse à cette idée. Konoha devait bien se douter que j'étais en charmante compagnie chez Orochimaru et personne n'est venu. Aucun ne s'est soucié de moi, ils n'ont rien fait pour moi. C'est peut être égoiste, mais j'ai besoin que l'on m'entoure. Je vois bien que je ne suis donc pas d'une grande utilité à ce maudit village. Je retiens mes larmes, je ne veux plus jamais être faible, ni même paraître faible. Quelqu'en soit le prix.
Même si tu dois sacrifier ton humanité sur l'autel du pouvoir ?"
Mon alter-égo semble particulièrement cynique ce soir. Mais je sais qu'elle à raison. Je sais que si je n'ai plus rien pour vivre, que si la seule chose qui me maintient en vie c'est l'instinct de survie, je le ferais. Mais c'est seulement en dernier recours. Je me reconcentre sur la conversation.
- Qui avez vous rencontré ? dis-je avec un soupçon d'indifférence.
Deidara fronce les sourcils.
-Il y avait le Kyûbi, qui a encore réussi à s'échapper, hm.
- Au moins, il ne t'as pas arraché les bras cette fois ci, rétorqua Kakuzu, acide. Sinon, il y avait l'équipe de ce ridicule jônin aux gros sourcils en combinaison verte. J'ai d'ailleurs réussi à éliminer le Hyûga. Dommage, c'était quelqu'un de prometteur.
Merde. Neji est mort. A cette nouvelle, j'imagine sans peine l'air anéanti sur le visage des autres membres de son équipe. Je sens comme un poids dans mon cœur, mais je ne culpabilise pas énormément, pas autant que je ne l'aurais pensé. Ce n'est pas comme si ils étaient venus me chercher.
Hidan l'interrompt sèchement et aborde sa partie du combat.
- Moi j'ai affronté le célèbre Ninja copieur, Hatake Kakashi ainsi qu'une saleté de brun blafard. D'ailleurs il était aussi loquace que toi Itachi.
Le concerné répond d'un vague « Hn » que je peut traduire poliment par « Va te faire voir » puisque à fréquenter Sasuke, j'ai une bonne maîtrise du langage Uchiha. L'argenté reprend ensuite son discours avec de grands gestes.
- Ces connards se sont jetés sur moi, sans réfléchir. J'ai été déçu, j'en attendais plus d'eux, ce combat a été trop rapide. Un putain de coup dans le cœur à chacun, ils ont attaqués comme des crétins et sont morts comme des crétins.
Je sens comme un coup de poignard frapper mon âme déjà en lambeaux. Mon sensei et Saï, ils sont morts. Ils étaient partis en mission comme d'habitude, sans moi. A croire que ma présence était superflue, qu'ils estimaient que j'étais inutile. C'est peut être vrai, je ne pourrais pas tenir face à des membres d'Akatsuki.
Qu'est ce que je raconte ? J'en ai tué un avec une vieille dame. J'aurais pu faire la différence, mais ils m'ont effacée.
Naruto était avec eux, pourtant il dit toujours vouloir aider ses amis. Si je comptais vraiment comme tel, il aurait filé seul vers Oto, au mépris des règles. A cette idée, je ne ressens rien d'autre que de l'aversion pour mes anciens coéquipiers qui me considèrent comme un objet jetable. Puisque c'est ainsi, puisque je ne suis rien pour eux, je les ferais mentir. Je leur montrerai à tous, ce que sera la puissance de Haruno Sakura, même si je dois être la pire des traîtresses !
