C'est parti pour une journée d'entraînement... Un chapitre par semaine quand je suis en cours, ça vous va ?

Merci aux revieweuses, vous êtes adorables, continuez comme ça ! Vous n'imaginez pas à quel point vos messages me motivent :D


Chapitre 7


Vers six heures du matin, quand le jour se lève, Cato et moi restons couchés là un moment, aucunement pressés de nous lever. L'entraînement débute aujourd'hui et j'ai encore son «Je t'aime» en travers de la gorge.
Cato Hadley s'améliore de jour en jour, on dirait.

Personne ne vient nous déranger.
En effet, Enobaria avait déclaré un lever à huit heures, et je suis finalement contente de me retrouver sur ce matelas, allongée en suivant la largeur du lit avec la tête sur les genoux de Cato, qui joue avec mes cheveux, prétendant s'exercer à faire quelques noeuds qu'il avait appris à l'école, ceux qui relient les différents poteaux d'un échafaudage.
A l'école, presque tout notre enseignement tourne autour de la maçonnerie, des diverses techniques de construction, pour que les bâtiments dont le District Deux doit assurer la construction tiennent de longues années avant de se fissurer. Trois heures plus tard, alors que le réveil sonne huit heures, nous sommes tirés du lit par Sephona qui éclate en sanglots en nous voyant blottis l'un contre l'autre.

- Pas un mot aux Vainqueurs, ordonne Cato de sa voix dure.

Sephona hoche la tête. Elle comprend qu'il ne veut pas que son aveu d'hier soir devienne une stratégie pour nous garder en vie.

- Je l'ai juste aidée à s'endormir, confesse Cato, elle faisait des cauchemars horribles.

- Calme-toi, Sephona, j'ajoute. Cato est juste mon meilleur ami.

Elle esquisse un petit sourire triste quand je lui tend un mouchoir tiré du distributeur coincé dans une des tables de nuits.

- Merci, dit-elle. Je raconterais que j'ai fait une allergie aux acariens.

- Bonne idée, approuve Cato avec un sourire.

Il se retire dans sa chambre pour s'habiller et Sephona rejoint les Vainqueurs et nos mentors.
Seule pendant quelques minutes, j'enfile la combinaison affreuse qui sert d'uniforme pour l'entraînement.
Le latex colle sur la peau et moule chaque courbe de mon corps. En majorité noire, les jambières de la combinaisons s'arrêtent juste en dessous des genoux. Les manches sont blanches et rouge, et sur mon dos, un grand 2 est imprimé.

Ca y est. Je suis devenue un simple numéro dans leur jeu. Un pion dont ils rêvent de se débarasser le plus vite possible...

Je soupire et je sors de ma chambre pour rejoindre les autres dans la pièce à vivre. Je n'ai pas pris la peine de déméler ma tignasse sombre car Cato s'est amusé à me faire des minuscules tresses un peu partout sur le dessus de ma tête.

Zophia me salue d'un signe de la main, et les autres marmonnent un bonjour vague.
Aucun d'entre eux n'a l'air réveillé, le petit-déjeuner se déroule donc dans un silence morne.
Dominic baille à s'en décrocher la mâchoire et s'étire de tout son long après s'être rassasié. On dirait un gros chat qui s'étale sur un canapé.

Quand je lève les yeux de mon assiette, Cato et Brutus sont déjà en pleine conversation.
Les mots «Corne d'Abondance» et «meute des Carrières» reviennent si souvent que je décide de les rejoindre en m'affalant sur un des poufs qui encadrent la télévision.

- Ah, poupée, tu te joins à nous ? minaude Brutus d'une voix insupportable.

- On dirait que oui, ripostè-je.

Je les regarde tour à tour, m'attardant un instant sur Cato.

- De quoi vous parliez ? je demande.

- J'allais donner des conseils de survie, mais comme tu as un train de retard, je vais tout recommencer depuis le début.

Je souris. Il a finit de se moquer de moi.

- Je t'en serais infiniment reconnaissante, dis-je.

Il me fixe intensément.

- Premièrement, faut vous faire des alliés, commence-t-il d'un ton blasé. C'est la base des Hunger Games pour des tributs de Carrière.

- Sans blague, je grommelle, mais assez bas pour que Brutus ne l'entende pas.

Je n'ai pas envie de me faire des alliés, encore moins d'apprendre à connaître les autres tributs parce que c'est peut-être moi qui sera obligée de les tuer. C'est ça l'inconvénient des alliances.

J'y réfléchis encore quand Brutus finit son discours sur les ateliers de survie, comme quoi la nature tue aussi bien que la lame d'une épée ou la flèche d'un arc.

Cependant il reste une erreur dans son raisonnement qui tient la route : les Juges des Hunger Games tuent aussi bien que les tributs. C'est les Juges qui disposent de votre vie ou de votre mort dans l'arène.

Pas les conditions climatiques, vu que les décors sont créés de toutes pièces par les Juges.
Dans une arène des Hunger Games, rien n'est naturel, du moindre brin d'herbe au gouttes de pluie, en passant par le gibier potentiel qui permettra aux tributs de se nourrir pour se garder en vie un peu plus longtemps.

Les salles d'entraînement sont situées dans l'un des sous-sols de l'immeuble, juste au-dessus des écuries par lesquelles nous sommes entrés juste après la parade.
Je le comprends quand Sephona appuie sur le bouton de l'ascenseur avec écrit «-1» en lettres rouges, lumineuses.
Ca doit être fait grâce à des diodes électroluminescentes, si mes souvenirs du cours sur le fonctionnement d'un ascenseur sont exacts.

Pour la descente du jour, nous sommes accompagnés des tributs du District Un.
Nos futurs alliés.
On passe les quelques minutes de descente à se toiser, s'étudier, à essayer de débusquer les talents de l'autre. Je ne m'étais pas trompée sur la fille du Un, c'est une pimbêche qui passe son temps à minauder.
Elle s'appelle Glimmer, et le garçon, Marvel. Je soupire. Leurs noms sont vraiment horribles, les pauvres.

Il est à peine neuf heures et demie, mais quand les portes de l'ascenseur s'ouvrent sur un gymnase identique à ceux du Centre des Carrières dont j'ai l'habitude, la moitié des tributs sont déjà là, en cercle au milieu du gymnase.

Tous se retournent d'un bloc à notre arrivée et les rares chuchotements que l'on entendait disparaissent instantanément.
Je souris, en montrant un peu mes dents.
Je me rend compte que j'aime cette sensation, celle de savoir qu'on met la pression sur d'autres gens qu'on a jamais connus, mais qui nous craignent quand même.
Cato me fait un clin d'oeil.
Les tributs du Douze arrivent les derniers et je toise la fille, qui détourne tout de suite les yeux.

On les impressionne tous. Ca se sent. Et j'adore ça.

Pendant qu'Atala, celle qui supervise l'entraînement, énumère les ateliers, je ne l'écoute même pas et me contente d'observer les vingt-deux candidats qui m'entourent. Aucun d'entre eux n'ont jamais mangé à leur faim, excepté Cato, Glimmer, Marvel et moi. Nous sommes les seuls tributs de Carrière, on le devine facilement.
Même le couple du Quatre n'ont pas les muscles d'un tribut de Carrière classique, pourtant il est fréquent que ce District fournisse lui aussi des Carrières.
Le célèbre Finnick Odair, par exemple, en était un. Il doit être leur mentor, c'est pourquoi je décide de les surveiller attentivement.

Quand Atala finit son discours, Cato me prend à part.

- Ca te dit qu'on partage les jours en deux ? propose-t-il.

- C'est-à-dire ?

- Pour les deux premiers, on s'entraîne un peu avec des armes. Après, on se débrouille pour réviser la survie quand les autres ne nous collent pas aux basques.

- Ok. Mais oublie pas les ateliers obligatoires, d'accord ?

- Ceux de survie en font partie, et on peut les faire quand on veut, tant qu'on y passe pendant les quatre jours. Par quoi on commence ?

- J'aimerais bien voir le couteaux qu'ils ont, lui dis-je en lançant un regard vers les Juges. Mais faudra qu'on se sépare au bout d'un moment, ça va paraître bizarre sinon. Marvel va croire que j'ai beson d'un baby-sitter.

- Marvel est un idiot, réplique Cato. On dirait qu'il veut s'allier avec le Trois, regarde.

Je tourne la tête vers Marvel, qui discute effectivement avec le garçon du Trois, qui me tourne le dos mais qui est facilement reconnaissable à cause du chiffre Trois sur son dossar.

- Qu'est-ce qu'il a derrière la tête ? je chuchote.

- J'ai pas forcément envie de le savoir. Bon, on y va ?

- Bien sûr, lui dis-je avec un sourire ironique.

Je me place dans la queue de l'espace d'escrime. Devant moi, la fille du Six se balance d'avant en arrière, essayant sans doute de jauger la distance entre elle et la cible.

- Hé, dis-je en lui tapotant l'épaule.

Elle sursaute violemment.

- Qu'est-ce que tu me veux ?

- C'est pas la peine de te balancer comme ça, tu as l'air idiote. La cible est à huit mètres.

- Merci, bredouille-t-elle, ébahie qu'un tribut de Carrière s'intéresse à elle.

- Me remercie pas, je lance. Accélère le mouvement, tu bloques tout le monde.

Elle tente d'atteindre le mille mais échoue à chacune de ses tentatives.
Avec un regard condescendant, je me place en face de la cible, comme d'habitude. Je suis dans mon élément et c'est pour cela que, parfaitement à l'aise, je soupèse l'un des couteaux de lancer du Centre. Ni trop lourd ni trop léger, il m'a l'air facilement maniable.

Avec les cinq que j'utilise, je plante mes lames au milieu de chaque cible sans en rater une seule sous les regards mi-effrayés, mi-impressionnés, de tous les autres tributs.

Je passe la matinée à tester un peu toutes les armes, vu que ce seront les mêmes qu'on aura dans l'arène. A midi, Cato et moi mangeons avec les tributs du Un. Aucun de nous quatre n'ose briser le silence, mais Glimmer essaye de se rapprocher de Cato. A chaque fois, je lui lance une de mes répliques acerbes et elle se recroqueville sur sa chaise.

Lorsque la pause se termine, Cato m'entraîne vers l'atelier des noeuds.

- Pourquoi est-tu si désagréable avec cette idiote de Glimmer ? demande-t-il au bout de quelques minutes.

- A ton avis ? T'as pas vu qu'elle essayait de te mettre le grappin dessus pendant tout le repas ?

- Non, j'ai pas vu, non.

L'instructeur s'éloigne vers les tributs du Sept qui sont aussi passés vers cet atelier.

- Et pourquoi ? lui dis-je.

- Parce que tu es la seule que je regarde, Kentwell.

Je rougis jusqu'aux racines de mes cheveux.

- La ferme, Hadley.

Il esquisse un de ses sourires séducteurs qu'il a piqués à Finnick Odair et me balance un coup de coude amical dans les côtes, avant d'aller vers l'atelier de javelots.

L'après-midi se déroule aussi vite qu'un jour d'entraînement habituel au District Deux, c'est limite si j'oublie à certains moments que je suis dans les Hunger Games.

Quand je passe par les ateliers qui nécessitent un coach, je suis étonnée de ne pas trouver Sioh en face de moi, je secoue la tête et je me rappelle juste à temps que je suis au Capitole, et pas chez moi, au District Deux, dans «mon» Centre d'Entraînement.

Quand je retrouve enfin ma chambre du deuxième étage, je suis aussi épuisée qu'un jour de semaines habituel dans mon District mais je m'endors avec un grand sourire aux lèvres.

Finalement, on dirait que les Hunger Games sont faits pour moi. Je me sens parfaitement à l'aise au Capitole.


C'est fini pour ce weekend... A la semaine prochaine, puisse le sort vous être favorable ! :)