Chapitre 7

Sévèrus Snape est assis à son bureau. Malgré le malaise qu'il ressent toujours, ou peut être à cause de lui, il travaille, corrige des copies de troisième année.

"Mais comment ont-il fait pour parvenir jusqu'en troisième année , leur place est au jardin d'enfants."

On frappe à sa porte. A cette heure ci, ce ne peut être que Dumbledore.En effet, c'est le vieil homme qui entre.

"Severus, vous n'avez toujours pas résolu vos problèmes d'insomnies?"

"Vous non plus."

Dumbledore s'avance avec un léger sourire.

"Avec mon grand âge, il est normal que je ne dorme pas, mais vous...Vous êtes épuisé, Sévèrus. Quelque chose vous empêche-t-il de dormir?"

Severus fait une grimace. Le vieillard s'est parfaitement que s'il n'y en avait qu'une, tout irait pour le mieux.

"Ce n'est rien. Un petit mal de ventre".

"Et toutes vos potions ne vous ont servies à rien?"

Le silence qui suit est comme un aveu d'impuissance. Un aveu qui inquiète Dumbledore.

"Ne vous laissez pas aller, Sévèrus, en ce moment plus que jamais, vous ne pouvez vous permettre d'être faible."

"Je sais."

Oui, il le sait. Il est agacé d'entendre Dumbledore le réprimander comme un petit garcon prit en faute. Il connait mieux que quicqonque les risques qu'il prend, les dangers qu'il encoure.

"Ce n'est qu'un petit mal de ventre", dit-il comme pour se persuader lui-même.

"Bien sûr".

"Je vais aller me reposer et demain il n'en restera rien".

"Bien. Bonne nuit, Severus."

Dumbledore n'a pas abordé le sujet qui l'amenait, mais Severus semble si fatigué qu'il ne se sent pas le droit, ni même l'envie de poser un nouveau fardeau sur les épaules de son si secret protégé.Demain il lui parlera.

Dumbledore sorti, Severus pose sa plume.

Il éprouve un profond respect et une certaine affection pour cet homme qui lui a toujours tendu la main, mais, en cet instant précis, il ne désire qu'être seul. Pour tenter de comprendre ce qui lui arrive. Il n'arrive ni à l'expliquer, ni même à le décrire. Tout est diffus en lui. Sans doute lui faut-il attendre que le mal se développe pour l'identifier et l'affronter. Pour l'heure, il se sent à la merci de cet inconnu.

Epuisé malgré lui, il décide d'aller se coucher. Trois heures de sommeil, ne seront sans doute pas de trop.

Cependant il tarde à trouver le sommeil, il revoie sa journée, longue de tous ses cours donnés à des ados inintéréssés qui continuent à s'amuser sans conscience des dangers de ce monde. Leur inscouciance le fatigue, il ne la comprends pas.

Bien sur, ils savent que le danger existe, surtout depuis que Potter fait son petit héros, à sympathiser avec tout le monde. Même Thalia Mertani, qu'il pensait plus intelligente et plus mure, vu son age, s'est laissé berner par ce petit morveux.

Elle promettait beaucoup pourtant. L'ardeur avec laquelle elle s'est mise à travailler! La concentration dont elle fait preuve durant ses cours! La satisfaction qui se lit sur son visage lorsqu'elle réussit une potion, c'est à dire presque à chaque fois! La lassitude qui transparait lorsqu'elle marche dans le couloir ou qu'elle mange! En réalité il a parfaitement conscience que la jeune femme travaille beaucoup trop, mais après tout cela ne le concerne pas. Et puis, il ne peut pas s'empêcher de se dire qu'il y a autre chose, mais quoi? Quelque chose que Dumbledore doit certainement savoir.

Il est assis. Bizarrement, il ne peut se lever. Dumbledore entre dans la pièce, l'oeil malicieux et commence à lui tourner autour en lui disant qu'il peut toujours chercher, lui ne lui diras rien. Dumbledore tourne de plus en plus vite. Il finit par courir autour de Sévèrus en criant et en riant:

"Tu ne sauras rien. Je ne dirais rien. Tu ne sauras rien. Je ne dirais rien."

Sévèrus ouvre les yeux. Le soleil pointe au travers des sombres fenêtres.

"Quel rêve stupide", se dit-il en se levant.