Bien le bonsoir chatons de tous horizons !
Aujourd'hui c'est un chapitre un peu spécial (et également un peu plus court qu'à l'accoutumée) qui vous attend... vous comprendrez rapidement pourquoi =)
mimi70 : Merci Mimi (L) ! Oui Azria et moi laissons toujours trainer quelques petites fautes, c'est pour tester votre assiduité hé-hé ;)
MMSSR : Mais ouiiii, où était donc Andreth dans le chapitre précédent... Je me le demande bien ! Comme toujours, merci pour tes avis détaillés !
Choupinette : Merci tu es trop Choupi toi ! Herm navrée pour l'humour on repassera ;)
Miluzine96 : Et oui, les petits passages sur les autres personnages de Tolkien sont destinés à aider à situer l'intrigue =)
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La semaine dernière, la gagnante était MMSSR !
question : Comment s'est passé le processus de création de tes trois persos principaux ? Qu'est-ce qui t'a décidée à leur donner tel physique (même si le peuple dicte le physique), tel genre (pourquoi deux filles/un gars), tel caractère (pourquoi c'est Elenna qui a un caractère plutôt comme ci et Ëari un caractère plutôt comme ça)...
réponse : Il faut savoir qu'à la base, je n'étais pas du tout lancée sur cette intrigue ! Je voulais écrire une fiction seulement basée sur le personnage d'Andreth qui aurait vécu à la fois les événements du Hobbit et ceux du Seigneur des Anneaux. Et puis, à force de réfléchir et de chercher des informations pour donner de la profondeur à ce personnage, j'ai trouvé un élément très intéressant dans la mythologie de Tolkien. Cette information nécessitait de créer trois personnages principaux et non plus un seul. Je suis donc demandé sur quel peuple je souhaitais écrire... Les Haradrims étaient l'une de mes premières envies et c'est comme cela qu'est né Ëari. Ensuite, j'ai revu la trilogie et les rapides passages où les Hommes Sauvages attaquent les villages des Rohirrim m'ont intriguée. Qui sont ces gens, quelles sont leurs motivations ? Ainsi est née Elenna !
Le physique est en effet dicté par le peuple d'appartenance :
- Ëari est un homme du Sud et il est donc brun à la peau hâlée. Ses yeux sont bleus puisqu'il appartient à la lignée des Rois du Gondor.
- Elenna appartient au peuples des Hommes Sauvages et j'imagine ces derniers comme des genres de guerriers vikings blonds, barbus, tatoués avec les cheveux rasés et tressés. Son caractère découle de celui de son peuple, fort et combattif.
- Quant à Andtreh, ce personnage est plus doux et apparait plus fragile, mais c'est le personnage qui a le plus lourd vécu. Concernant son physique, c'est le fruit d'une longue discussion avec Azria (bêta si tu passes par là... Big up!), qui a entre autre abouti à un personnage aux cheveux cuivrés.
Pourquoi deux femmes et un homme ? Tout simplement parce que la Terre du Milieu manque cruellement d'héroïnes (mais qu"il fallait tout de même respecter une certaine parité).
Cette semaine, la gagnante est ... Choupinette !
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Puisse cette lecture vous être divertissante =)
Chapitre 6 :
« Les étendards de la Forêt et du Lac flottaient au vent au-dessus des troupes. Depuis la cité, je distinguais les armures brillantes des Elfes et les tenues sombres des Hommes. Tous s'avançaient vers Erebor, menés par leurs Seigneurs. Je me demandai rapidement où se trouvait mon père parmi la foule, mais je fus distraite par un détachement d'une vingtaine de soldats qui s'avança soudain vers les portes du Royaume des Nains. Parmi eux, je vis Thranduil et Bard ainsi qu'un vieillard en manteau gris, tous trois sur des montures. Bien sûr depuis les hauteurs de Dale, je ne pus entendre les négociations. Plusieurs curieux s'étaient massés avec moi le long des remparts et observaient les armées dans le silence le plus complet.
Soudain, le son puissant d'un cor résonna dans toute la vallée. Je sentis les pierres du parapet frémir. Une troupe de Nains déboucha alors de l'éperon Est de la Montagne et se hâtait à présent en direction d'Erebor. Enfin j'apercevais des Nains de mes propres yeux ! Sous mon regard d'enfant, ils paraissaient forts et particulièrement menaçants. Leurs pieds frappaient le sol dans un rythme régulier, et de la chair de poule se forma sur mes bras nus. De plus en plus de Nains s'amoncelaient au sommet de la colline, si bien que la troupe se transforma bientôt en armée surplombant la vallée. Le pâle soleil se reflétait sur leurs hauberts d'acier qui leur descendaient jusqu'aux genoux, et sur leurs chausses qui étaient recouvertes de mailles en métal brillant.
- C'est Daïn pied d'acier ! Cria alors une femme âgée debout à mes côtés en désignant le Nain qui guidait son armée du haut de la colline.
Le fameux Daïn s'avança et il sembla parler un instant avec les Seigneurs Elfes et Hommes. Son cri puissant emplit la vallée quelques instant après, et je devinai que les négociations avaient échoué. Brusquement et sans aucun signal, les Nains s'élancèrent. La bataille était sur le point de s'engager. Les arcs vibrèrent et les flèches sifflèrent. Les cris furieux et puissants emplirent la vallée.
Mais encore plus soudainement, un vent menaçant se leva et poussa un immense nuage noir au-dessus de la Montagne Solitaire. Le soleil disparut, laissant la pénombre s'emparer de la vallée. Un bruit assourdissant retentit alors depuis l'Est. Je me penchai par-dessus la muraille et je vis alors d'énormes éclats de pierres voler à travers le ciel sombre et s'écraser dans d'immenses nuages de poussières. Les échos des bruits fracassants se répercutèrent sur toutes les parois rocheuses comme un tonnerre interminable.
Et puis ce fut le silence. La poussière mit quelques minutes à retomber, et j'aperçus alors d'immenses trous béants qui perçaient désormais les flans des collines rocheuses. D'un bref coup d'œil vers Erebor, je constatai que les Nains avaient cessé leurs assauts vers les Elfes et les Hommes. Tous les regards étaient à présent tournés vers l'autre côté de la vallée. Je n'osais à peine respirer, et j'attendais fébrilement.
Soudain, des silhouettes émergèrent des trous et se déversèrent par centaines comme une mer sombre dans la vallée. Des cris paniqués s'élevèrent alors autour de moi.
- Des orcs ! Des orcs !
- Fermez les portes de la cité !
La confusion gagna la foule. Tout le monde se mit à courir. J'étais bousculée de toutes parts, entrainée malgré moi vers les rues sinueuses de Dale.
La cité ne résista qu'une heure à peine avant que les Orcs ne parviennent à y pénétrer. Presque tous les Hommes étaient partis un peu plus tôt vers les portes d'Erebor, offrant Dale aux ennemis. Les défenseurs de la cité étaient trop peu nombreux et ne purent barrer longtemps les portes. Les Orcs entrèrent et dévastèrent tout sur leurs passages. Je me revois encore courir à travers les ruines de la ville en flammes. Partout régnait le chaos.
Je m'étais réfugiée avec d'autres enfants dans les ruines d'une échoppe où nous nous cachions parmi les éboulis. Mais bientôt nous entendîmes les ennemis qui affluaient vers cette partie de la ville. Leurs cris résonnaient contre les murs de la cité et me glaçaient le sang. Mais ce ne fut pas les Orcs qui nous trouvèrent. Des pas feutrés s'approchèrent de l'échoppe. Depuis ma cachette, je vis une ombre immense se dessiner sur les dalles usées. Je cessai de respirer alors qu'un silence tendu s'installait. Tout à coup, un grognement féroce résonna et un loup géant pénétra dans l'échoppe. Les hurlements des autres enfants... Je m'en souviendrai toujours... Ils hantent encore parfois mes nuits.
Alors que le loup massacrait les enfants, je parvins par miracle à ramper jusqu'aux restes d'une porte secondaire. Je me faufilai à travers l'entrebâillement et débouchai dans une ruelle. Autour de moi, les femmes et les enfants fuyaient vers les hauteurs de la ville dans un mouvement désordonné. Ils parlaient de se réfugier dans l'armurerie. Je les suivis, courant à travers le dédale de ruelles dont le sol était recouvert de cadavres pâles. Par-delà les restes des toits de Dale, j'apercevais la tour de l'armurerie et je ne la quittai pas des yeux. Derrière moi, j'entendais les Orcs arriver et nous poursuivre. Je courrais jusqu'à en perdre haleine, mais la tour me paraissait encore loin et inaccessible. Mes yeux quittèrent les sommets de l'armurerie avec résignation. A l'évidence, je n'y serais jamais parvenu.
J'empruntai alors la ruelle la plus proche dans l'espoir de m'y cacher, mais à peine y pénétrais-je que je glissai lourdement sur les pavés. Ceux-ci étaient couverts de sang encore chaud, et le liquide sombre imbiba rapidement mes vêtements. Je voulus m'enfuir mais les orcs arrivaient déjà. Alors je restai immobile, allongée dans la flaque rougeâtre, faignant d'être morte. Les pas se rapprochèrent et mon corps fut soudain bousculé et piétiné par les Orcs. Mais je ne bougeai pas et les créatures s'éloignèrent.
Lorsque je rouvris mes yeux, je fus attirée par une étrange lueur. Elle provenait d'une pierre lisse et ronde, à demie cachée sous un tonneau brisé à quelques mètres. Quelqu'un l'avait surement perdue dans le chaos de la bataille. Tout à coup, c'était comme si la guerre était loin, très loin d'ici. J'étais comme hypnotisée par l'étrange pierre. Sans perdre un instant, je m'approchai et la saisis sans réfléchir, mais aussitôt un grognement résonna derrière moi.
En me retournant, je découvris avec horreur qu'un Orc me barrait la route. Il brandit son épée rougie de sang alors qu'une lueur malfaisante lui traversait les yeux. Je voulus hurler mais aucun son ne sortit d'entre mes lèvres. Mes mains se resserrèrent autour de la pierre. Les événements s'enchainèrent soudain à une vitesse folle. L'Orc chargea. Une vive lumière se dégagea alors de la pierre. Aveuglée j'entendis seulement une flèche siffler. Lorsque la lumière diminua, je découvris la silhouette de l'Orc sur le sol. A l'embouchure de la ruelle se tenait un Elfe. Ses bras brandissaient encore son arc finement sculpté. Ses yeux se posèrent sur moi, puis sur l'étrange pierre.
Il passa son arc rapidement autour de ses épaules et se dirigea vers moi. La pierre était encore chaude entre mes mains mais sa lumière avait totalement disparu. Mes forces m'abandonnèrent peu à peu. Lorsque l'Elfe arriva à mon niveau, les larmes coulaient à flots sur mon visage, se mélangeant avec les traces de sang encore chaud.
Avant que je ne puisse répliquer, je me retrouvai dans ses bras. Il semblait me porter sans effort, il faut dire que j'étais une enfant chétive et je ne devais pas peser bien lourd, surtout pour un Elfe. L'épuisement me gagna et je n'eus pas la force de résister. Je me laissai porter à travers les ruelles de Dale. Une impression étrange de sécurité m'avait envahie La pierre reposait dans ma main, contre ma poitrine.
Ballottée dans les bras de l'Elfe, je vis alors l'horreur de la bataille. Les Hommes et les Elfes étaient parvenus à regagner la cité et luttaient à présent contre les Orcs, les loups et les Trolls. Ma vision se brouillait, mais je vis un éclat argentée du coin de l'œil. L'Elfe avait brandi une dague et tuait froidement les Orcs qui se présentaient sur son chemin. Au détour d'une nouvelle ruelle, j'aperçus un troll foncer vers nous. L'Elfe s'arrêta aussitôt. Mon corps l'empêchait d'attraper son arc. Un frisson d'effroi me traversa de la tête au pied, et alors que je fermai les yeux pour ne pas voir ma dernière heure arriver, une douce chaleur émana à nouveau de la pierre. J'entendis l'Elfe qui murmurait quelques paroles incompréhensibles et resserrer sa prise autour de moi. La chaleur devint intense et je vis, à travers mes paupières closes, une lumière intense s'échapper de la pierre tenue fermement entre mes doigts. A mesure que l'intensité lumineuse augmentait, la fatigue me gagnait, anesthésiant mes muscles les uns après les autres.
Je sentis bientôt l'Elfe reprendre sa course à travers les rues de Dale, mais je n'avais plus la force d'ouvrir les yeux. Sa voix résonna alors par-dessus les cris et les bruits des combats. Il interpellait quelqu'un en elfique. Je réunis mes dernières forces pour soulever mes paupières. Je découvris alors le Roi des Elfes de la Forêt Noire, qui se tenait en armure étincelante à plusieurs mètres. Les yeux de Thranduil balayèrent mon corps et se posèrent sur la pierre. Les deux Elfes échangèrent quelques paroles dans leur langue mélodieuse alors que les forces m'abandonnaient progressivement. Je sombrai doucement dans les affres de l'inconscience. La dernière chose dont je me souvienne, c'est la lueur d'étonnement qui parcourut les yeux du Roi-Elfe en me découvrant... »
La voix d'Andreth s'éteignit, laissant place à un long silence. Elle sentait les regards des quatre Nains et de Radagast qui l'étudiaient, tantôt étonnés, tantôt curieux. Gênée, la jeune femme baissa les yeux vers la table de l'auberge autour de laquelle ils étaient tous installés, et se plongea dans l'observation des planches de bois qui la composaient. Aussitôt que Radagast et les Nains étaient parvenus à Dale, ils avaient rejoint Andreth à l'auberge du Dragon d'Or où la jeune femme les attendait. Ils avaient payé l'aubergiste un bon prix afin de disposer d'une salle isolée où ils pourraient discuter tranquillement. L'aubergiste, un homme moustachu au ventre proéminent, les avait conduits au sous-sol. Ce dernier était composé de nombreuses caves voûtées. Un feu de cheminée fut allumé dans l'une des salles, réchauffant l'air frais et humide, et les portes s'étaient refermées, protégeant ainsi l'assemblée des oreilles indiscrètes.
Bien sûr Andreth ne leur avait pas tout raconté. Elle s'était abstenue de leur révéler l'identité de l'Elfe qui l'avait aidée. Cette information n'était qu'un détail et n'aurait surement pas apporté grand-chose à son récit. Les Nains se fichaient probablement de savoir que c'était Legolas, le fils héritier de Thranduil, qui l'avait sauvée. Ils se fichaient aussi de savoir que l'Elfe l'avait à nouveau tirée de nombreux mauvais pas durant les années suivantes...
Le silence se prolongea un instant encore, le temps pour les Nains et le Magicien de digérer toute l'histoire d'Andreth. Finalement, le plus vieux des Nains, un certain Gloïn, prit la parole :
- Voilà bien un étrange récit que vous nous contez là ! Radagast, vous ne nous aviez point menti en nous intimant de faire un détour par la cité de Dale. Permettez-moi cependant de vous demander chère demoiselle ce qu'il est advenu aujourd'hui l'Arkenstone ?
Andreth sentit le rouge lui monter aux joues. Ses mains quittèrent la surface irrégulière de la table et plongèrent dans les pans de sa tunique. Elles se refermèrent autour de la surface froide et parfaitement lisse de la pierre, avant de la sortir et de la déposer sur la table dans un bruit sourd.
- Le cœur de la Montagne... murmura alors Gloïn.
L'éclat de la pierre faisait miroiter ses yeux. Tous autour de la table contemplèrent l'Arkenstone avec fascination, hormis Radagast qui semblait détacher de toute emprise. Les yeux de Gloïn finirent par s'arracher de la pierre brillante avant que le Nain ne reprenne la parole :
- Il y a bien longtemps qu'une ombre d'inquiétude est tombée sur notre peuple. L'Arkenstone n'a apporté que folie et mort aux Rois de notre peuple. Voilà quelques années, je participai à la quête que Thorin Écu-de-Chêne mena pour reconquérir le Royaume d'Erebor. Ainsi lorsque nous eûmes repris la Montagne à Smaug le Terrible, je fus témoin du poison que cette pierre dissémina dans l'esprit de Thorin.
La voix de Gloïn s'estompa alors qu'il semblait plonger dans ses souvenirs amers et nostalgiques. Andreth détailla discrètement son interlocuteur. Il était richement vêtu et portait à son cou une chaine d'argent et de diamants. Ainsi, les Hommes n'avaient pas menti à propos de l'or et des richesses sous la Montagne... Sa barbe, très longue et fourchue, était presque aussi blanche que la neige, mais quelques reflets cuivrés faisaient penser qu'elle avait jadis été rousse. Les trois autres Nains étaient plus jeunes que lui. L'un d'eux ressemblait quelque peu à Gloïn. Il se nommait Gimli, et arborait une barbe flamboyante. Un lien familial devait certainement les unir.
- L'Arkenstone fut perdue pendant la Bataille des Cinq Armées, poursuivit Gloïn. Nous vainquîmes les Orcs et les Gobelins, au prix de nombreuses vies. J'appris rapidement que Thorin et ses héritiers avaient péri pendant la bataille. Le cœur empli de chagrin, je partis à la recherche de mon frère Oïn. J'avais perdu sa trace alors que nous défendions les portes de Dale. Je parcourus la Cité en ruines, et je finis par tomber sur un spectacle inattendu. Devant moi se tenaient Thranduil et les siens, ils s'apprêtaient à repartir en direction de la Forêt Noire. J'aperçus alors dans les bras d'un Elfe le corps d'une enfant couvert de sang. Je devine à présent qu'il devait s'agir de vous. A l'époque, je pensai que vous étiez morte, et je me demandai pourquoi donc les Elfes avaient pris pitié d'une simple humaine. C'est alors que je vis la pierre que vous teniez entre vos mains immobiles. Là, sous mes yeux, se trouvait l'Arkenstone !
Le cœur d'Andreth battait à tout rompre en écoutant le récit de Gloïn. Pendant des années, elle s'était demandé ce qu'il s'était passé durant ses heures d'inconscience, et elle touchait enfin du doigt la réponse. Après un bref regard à la pierre brillante qui se trouvait toujours sur la table, le Nain poursuivit son récit :
- Le Roi-Elfe remarqua ma présence et dut lire l'étonnement et l'accusation dans mes yeux. Voyez-vous, les relations entre mon peuple et celui de Thranduil étaient très mauvaises à l'époque, bien plus qu'aujourd'hui. Je ne comptais évidemment pas laisser l'Elfe disparaître dans son palais avec une telle richesse. Le Roi s'approcha de moi et il me parla d'une voix faible et lasse. Il désigna les cadavres des Elfes qui gisaient partout autour de nous dans les rues de la cité. Des centaines étaient morts en venant aider les Hommes et les Nains, et pour cela il réclamait l'Arkenstone comme paiement. Je repensai alors au mal que cette pierre avait déjà fait à mon Peuple, à Thorin, à son père et à son grand-père avant lui. Alors je finis par laisser partir Trandhuil et les siens...
Gloïn fit une pause, laissant à Andreth et aux autres le temps de digérer toutes ces informations. Seul le crépitement du feu dans la cheminée troublait le silence solennel. Tous autour de la table attendait la suite.
- Mais alors que les Elfes atteignaient les portes de Dale, une voix s'éleva parmi les Hommes qui avaient survécu. Intrigué, je rejoignis la foule et vit un homme courir en direction de Thranduil. « C'est ma fille ! » criait-il en désignant l'enfant que tenait toujours l'un des Elfes dans les bras. Ses cris ameutèrent bientôt d'autres Hommes et je dus me frayer un chemin à travers la foule pour parvenir au niveau du Roi-Elfe et de son interlocuteur. De là, j'entendis clairement leur discussion. « L'enfant est mourante » déclara Thranduil alors que l'homme se dirigeait vers le corps de sa fille. Il vit alors tout le sang qui la recouvrait et caressa ses cheveux en pleurant. « Si elle reste avec vous, elle mourra » reprit Thranduil d'un ton sévère. Les sanglots de l'homme redoublèrent mais l'Elfe continua « j'ai le pouvoir de la soigner, laissez-moi l'emmener et elle vivra ». Je restai alors aux côtés de l'homme anéanti, et nous regardâmes les Elfes s'éloigner vers la Forêt.
A présent, Andreth pleurait à chaudes larmes. Elle imaginait la détresse et le désespoir de son père en voyant son enfant pour la dernière fois. Sa tristesse fut bientôt remplacée par une colère froide. Ses poings se serrèrent jusqu'à en faire blanchir ses phalanges. Devant elle, l'Arkenstone se mit à luire légèrement. De pâles reflets arc-en-ciel apparurent au cœur de la pierre lisse. Thranduil avait trompé son père, Andreth n'avait jamais été blessée durant la bataille. Le sang qui la recouvrait n'était pas le sien, mais cela son père n'avait pas pu le savoir. A présent il était mort, et jamais elle ne pourrait le revoir. Gloïn se racla la gorge, attirant l'attention d'Andreth.
- Après la Bataille, mes compagnons et moi enterrâmes Thorin au cœur d'Erebor, et nous proclamèrent à tous que l'Arkenstone avait été enterrée avec lui, afin que nul ne soit tenté de la retrouver. Daïn fut nommé Roi sous la Montagne, et le royaume retrouva paix et prospérité.
- Cette pierre appartient à votre peuple, je vous la rends, dit alors Andreth en poussant l'Arkenstone en direction des Nains.
Contre toute attente, Gloïn se recula légèrement en secouant la tête. La jeune femme fut surprise par sa réaction. Il refusait de prendre cette pierre tant désirée par les Rois.
- Avant le solstice de cet été, un messager fut envoyé à Daïn, annonça-t-il très sérieusement. C'était un cavalier de la nuit venu du Mordor. Sauron souhaitait notre amitié. Il promit à Daïn les Trois Anneaux de nos ancêtres ainsi que le royaume de la Moria, en échange de renseignements sur un certain Hobbit et de l'Arkenstone. Daïn a renvoyé le cavalier, prétextant s'accorder du temps pour considérer ce message et sa signification sous ses beaux dehors. Mais l'Ombre continue de croître et s'approche. Nous découvrons aujourd'hui que des messagers sont également venus au Roi Brand de Dale, et qu'il en est effrayé. Si les Hommes ou les Nains apprennent que vous détenez l'Arkenstone, Sauron fera tout ce qui est en son pouvoir pour la récupérer. Voilà pourquoi vous ne pouvez rester à Dale.
- Mais où irais-je ? S'exclama alors Andtreh désespérée. Mon clan a été décimé, et je n'ai aujourd'hui plus de foyer.
- Et bien...
Tous les regards se tournèrent vers Radagast. C'était la première fois que l'étrange magicien s'exprimait depuis le début de cette conversation. Il avait patiemment écouté les histoires d'Andreth et de Gloïn, et avait fini par prendre cette décision :
- Vous m'accompagnerez dans le royaume de la Lorien.
- La Lorien ? S'exclama alors Gimli. On raconte qu'une ensorceleuse vit dans ces bois ! Une sorcière Elfe, aux terribles pouvoirs...
- Grands sont les pouvoirs de la Dame de la Lorien, répondit Radagast. Mais plus grands encore sont sa sagesse et son savoir. La route sera longue et périlleuse jeune Andreth, nous partirons dès l'aube.
Fin du chapitre.
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