Hey !!!

Anne Laure : Voilà justement le rapprochement que tu attendais tant...
Babwouux : Lui pardonner totu de suite je ne suis pas sure mais au moins elle va l'écouter...
Dailly Till : Eh oui, ils se sont enfin rapprochés. Pour les publications c'est comme d'habitude... Je ne change pas de jours...

Bonne lecture
A mercredi
E


7 - Ensemble

Nous sommes restés l'un face à l'autre pendant quelques minutes. Je ne savais pas ce que je devais faire. Devais je le croire ou continuer à me méfier ?

- 'Désolé' ? Tu as fait de ma vie un enfer ! Je n'ai plus ni famille, ni amis ! Et tu crois qu'un simple 'désolé' va tout changer ?!

- Je…

- Tais toi ! Je ne veux pas entendre ce que tu as à dire ! De toute façon, tu n'as aucune excuse pour le mal que tu m'as fait !

- Tu as gâché notre surprise !

- Je pensais vous sauver la vie !

J'avais placé mes mains sur mes hanches, dans un vague espoir de l'impressionner. Mais finalement j'espérais juste qu'il ne voyait pas à quel point j'étais mal, à quel point j'en avais assez de tout cela.

- Tu aurais du…

- J'aurais du quoi ?

- …

- En parler avec vous ? Et qu'aurais je dit ?

- Je ne sais pas.

- Je n'avais pas le choix ! Mais ça tu t'en moques… Je sais que Rémus a plusieurs fois essayé de t'en parler mais Le Grand James Potter n'écoute personne.

A chaque mot que j'ajoutais, je le voyais blanchir. Peut être prenait il réellement conscience de ce qu'il m'avait fait. Mais cela ne remplacerait pas les deux ans de ma vie… Ces deux ans où mon seul réconfort fut les cours… N'est ce pas triste ?

- Miss Lily, Zinka vous a préparé votre remède anti Potter.

L'elfe de maison avait rougi en disant cela et avait regardé du coin de l'œil si Potter réagissait mais rien. Il était statufié, fixant ce gâteau au chocolat, couvert de chantilly.

Je lui pris des mains après l'avoir remercié et m'installais à la table que je venais de quitter oubliant que je voulais boire quelque chose. Il n'avait pas bougé, il continuait à fixer le vide. J'aurais aimé qu'il parte mais je me refusais à lui adresser de nouveau la parole, ça aurait été lui accorder trop d'importance. Je portais une nouvelle cuillère à mes lèvres, que c'était bon… Le jour où Zinka m'avait fait ce gâteau pour la première fois, j'étais en pleur, Potter y était pour beaucoup, comme d'habitude. Depuis c'était devenu une habitude que je vienne ici me goinfrer de sucre quand la pression se faisait trop grande.

- Evans…

Je levais les yeux vers lui. Il s'était assis juste en face de moi et regardait avec curiosité ou gourmandise ce gâteau devant moi.

- Quoi, Potter ?

- On est enfermé pour un mois encore dans ce château… On pourrait peut être essayer de s'entendre, non ?

Je sentis ma mâchoire menacer de tomber dans mon assiette. Ils voulaient enterrer la hache de guerre ?! Je refermais ma bouche. Après tout l'idée était assez séduisante. Je ne serais plus seule et j'aurais quelqu'un avec qui discuter… Mais voilà il s'agissait tout de même de Potter ! De mon pire ennemi ! Mon plus grand cauchemar !

Je le vis saisir une cuillère et la diriger vers mon gâteau toujours hypnotisé par la chantilly qui commençait à s'effondrer. Je tapais avec la mienne sur la sienne pour le stopper dans sa tentative de vol.

- Ceci est un Anti Potter ! Alors pas touche !

Il me regarda pour la première fois dans les yeux avec un léger sourire. Je savais qu'une farce ou une blague n'allait pas tarder et inconsciemment je me tendis. Qu'allait il me faire ? Nous étions seuls dans la cuisine de Poudlard… Je savais très bien que les elfes de maison ne feraient rien pour m'aider. Ils avaient pour instruction de ne pas interférer dans les conflits entre sorciers… Le laisseront ils me faire du mal ?

- Si je te prouve que je ne suis pas qu'un abruti qui gâche la vie des autres, je pourrais y goûter ?

- Tu n'es pas un abruti qui gâche la vie des autres... Seulement la mienne.

Devais je céder ? Oh et puis zut, qui ne tente rien à rien.

- Pas de coups tordus, d'accord ?

- Promis !

Promis ?! Comme si j'allais le croire ! Je restais tout de même sur mes gardes. Connaissait il réellement le sens de ce mot ? Je serrais la main qu'il me tendait par-dessus la table. Après tout, un peu plus ou un peu moins d'ennuis de sa faute… je n'étais plus à ça près !

Et durant le mois qui suivit, il réussit à me prouver qu'il pouvait aussi être de bonne compagnie. J'avoue qu'au début j'étais très réticente et je me méfiais du moindre de ses mouvements de baguettes, du sous-entendu de ses phrases mais rien n'arriva.

Ce fut au bout de deux semaines que je passais outre ma peur. Il avait réussi à me convaincre d'aller sur le stade de Quidditch. Mme Pomfresh lui avait donné l'autorisation de refaire du sport et sa première réaction avait été de me rejoindre dans la Tour Griffondor. J'étais confortablement installée dans un canapé devant la fenêtre. Le portrait s'était ouvert, me faisant sursauter.

- Evans !!! C'est bon !!!

- Qu'est ce qui est bon ?

Il m'avait alors détaillé sa visite à l'infirmerie, les simagrées qu'il n'avait pas manqué de faire pour l'attendrir. De toute façon, j'étais sure que l'infirmière était sous le charme comme la majorité des filles de Poudlard. Il sauta partout dans la pièce me volant un sourire.

- Aller viens ! On va voler.

Je m'étais raidie. S'il y avait bien une chose dont j'avais peur, c'était de voler. J'avais le vertige ce qui était très handicapant pour voler…

- Non, vas y sans moi.

Il se laissa tomber dans le canapé à mes cotés. Me regardant avec un sourire qui n'augurait rien de bon… Il était décidé à m'emmener avec lui. Je soupirais en refermant mon livre. Je le posais sur mes genoux et le couvrais de mes mains.

- Potter, je ne peux pas.

- Pourquoi ?

Comme ça, il me faisait penser à un gamin qui essaie de convaincre un adulte de le conduire dans un parc d'attractions. Le problème est que nous n'étions que deux et que je ne me sentais pas capable de monter sur un balai.

- J'ai le vertige… Tu ne m'as jamais vu sur un balai !

- Mais la fois où tu étais accrochée à…

Il se stoppa net en se mordant doucement la lèvre inférieure. Je voyais très bien à quel 'événement' il faisait allusion… Encore une humiliation que j'avais subie de sa part… Je pouvais suivre sur son visage l'intense réflexion qui devait se faire dans son crâne.

- Tu n'as rien dit pourtant…

- Tu voulais que je dise quoi ? Demandais la voix sèche. De toute façon, quoique je dise, ça n'aurait rien changé ! Tu m'aurais laissé là haut et tu en aurais sans doute été que plus satisfait. Alors je pense que c'était mieux que je me taise !

- Aller viens, dit il en me saisissant la main. On va te guérir de ton vertige !

Je tentais de le freiner. Il me traînait littéralement derrière lui mais ça ne l'arrêtait pas. Ce ne fut qu'arrivés au stade que je desserrais les dents.

- Il est hors de question que je monte sur un balai !

- Oh ! Arrête de faire ta gamine ! Tu n'as pas hésité à tenir tête aux Maraudeurs mais un vulgaire balai…

- C'est pas de ma faute si j'ai plus peur d'un balai que de vous !

- Je sais !

Il souriait maintenant de toutes ses dents. C'est dingue comme je me sentais encore plus mal à l'aise… Je ne voulais pas savoir son idée… J'étais persuadée d'avance qu'elle n'allait pas me plaire. Je croisais les bras sur mon torse pour lui montrer à quel point je ne céderais pas.

- Tu vas monter avec moi. On va faire des petits tours pas très haut.

J'avais refusé, crié, tapé du pied mais rien n'y avait fait et finalement j'étais montée avec lui. Il avait tenu sa promesse, nous n'étions pas allés trop haut, il ne m'avait pas quitté et j'avais réussi à ouvrir les yeux. Bon d'accord, je les avais très vite refermés mais l'effort était là.

- Tu vois ! Tu as survécu ! S'écria t il une fois que nous eûmes posé le pied à terre.

- Oui, avouais je bon gré mal gré.

Tous les jours, nous retournâmes au stade pour m'entraîner. Il était heureux de m'apprendre quelque chose et durant l'heure qui suivait il se vantait des progrès que j'effectuais.

Un soir, couchée dans mon lit, je réalisais que ces deux semaines en sa compagnie étaient passées très rapidement. Nous avions beaucoup ri, et je n'avais pas pensé à la perte de mes parents un seul instant. Mon cœur se serra.

Mes parents. Ils étaient morts depuis quelques mois et je les oubliais déjà, je riais de nouveau, je souriais… J'étais heureuse. Par Merlin ! J'étais heureuse du temps que je passais avec Potter ! Voilà un retournement de situation qui me laissait bien perdue.

Le lendemain matin, en descendant au petit déjeuner, je l'ignorais dans le couloir. Involontairement.

- Evans !!! Qu'est ce qui t'arrive ? C'est la mauvaise période du mois ?!

- Ta gueule, Potter !

Le silence s'était fait, seulement brisé par le bruit de mes pas sur le sol. Les siens s'étaient tus, il devait s'être arrêté en plein milieu du couloir. Il est vrai que cela faisait longtemps que nous ne nous étions pas disputés… Je me retournais vers lui. Il était comme je l'avais dit, statufié. Il me regardait l'air énervé.

- Qu'est ce qui t'arrive ?

Je le regardais, ne sachant que faire.

- Hier soir, j'ai réalisé que grâce à toi, je passais un bon été et… Et…

J'étais incapable de continuer.

- Et tu t'en veux d'être heureuse alors qu'ils sont morts, c'est ça ?

- Oui, dis je d'une petite voix.

- Moi aussi. Mais je sais que c'est ce qu'ils auraient aimé pour moi.

Il avait raison, je l'en détestais pour cela.