Ne m'en voulez pas … j'avais besoin d'une victime :(

Bonne lecture tout de même !

ooo

Chapitre 7

Tout le monde formait un cercle au milieu de la pièce entourant une Hermione tremblante, et au bord des larmes.

Il s'approcha du groupe.

-Que se passe-t-il ici ?

Hermione d'un geste de la tête indiqua une boîte en carton au sol.

Il s'approcha et tenta de rester impassible devant le contenu de la boîte. Il regarda Hermione et lut toute la douleur qu'elle ressentait dans ses yeux. La tête de son demi-fléreur se trouvait dans la boîte en carton. Et c'est à ce moment qu'elle perdit connaissance. Il la rattrapa au vol et la déposa sur le canapé. Tout le monde le regardait dans l'attente d'une explication.

-C'est quoi ce bordel, hurla Ron.

-Ronald Bilius Weasley, ton langage dans cette maison, tempêta Molly.

-Professeur ? Savez-vous de quoi il s'agit, demanda timidement Ginny

-En effet. Miss Granger est victime d'harcèlement depuis le début de l'année.

-Quoi ! cria Harry. Pourquoi ne nous en a-t-elle pas parlé ? De qui s'agit-il ? Que s'est-il passé ?

-Mr Potter, vous pensez bien que si nous savions de qui il s'agissait, nous aurions déjà mis fin à ses agissements et ce paquet ne se retrouverait pas ici. Pour ce qui est du silence de Miss Granger, vous devez voir cela avec elle.

-Severus, il y avait une lettre avec le colis, dit Molly en tendant l'enveloppe au professeur.

Il ouvrit l'enveloppe délicatement, et en sortit une lettre.

Cher Hermione,

Je ne sais comment t'exprimer toute la peine que je ressens. Je t'avoue que j'ai souhaité te voir souffrir autant que je souffrais quand j'ai découvert ta trahison. Je voulais te faire mal et j'avais pensé à te blesser physiquement mais je ne suis pas bête, je ne veux pas t'abimer pour le jour où nous nous retrouverons. Alors je t'ai pris quelque chose de précieux, pour que tu te rendes compte que cela fait mal quand on arrache quelque chose qu'on aime à quelqu'un.

J'aurais pu encore te donner du temps, te laisser découvrir d'autres lettres, d'autres cadeaux mais tu m'as trahis en t'associant à ce batard crasseux ! Comment peux-tu partager son lit, toi ma si douce, si belle gryffondor. Ne te rappelles-tu pas tout ce qu'il t'a fait subir ? Comment peux-tu te laisser toucher par cet homme répugnant ?!

J'ai mis du temps à m'en remettre, j'ai songé à la meilleure façon de te faire comprendre les choses et puis, je voulais un moment spécial pour que tu t'en souviennes encore longtemps et que tu ne te permettes plus de me prendre pour un imbécile. Quel meilleur moment que Noël pour dire aux gens qu'on les aime, n'es-tu pas d'accord ?

Alors comprends-moi bien Hermione, tu vas quitter ses cachots et son lit, revenir dans tes appartements dès ton retour à Poudlard. Je ne veux plus te voir en sa compagnie. Tu vaux beaucoup mieux que ce ça, et on va reprendre tout depuis le début. Je te séduirai à nouveau et ce jusqu'à ce que ton valeureux prince charmant viennent t'enlever sur son beau balai blanc.

A toi,

Severus finit de lire la lettre, il déposa la missive sur la table et dut prendre quelques secondes pour bien assimiler ce qu'il venait de lire.

-Professeur, alors ? Ca dit quoi ? demanda Potter inquiet.

-Potter, vous verrez cela avec Miss Granger ! Veuillez m'excuser, je dois passer à Poudlard.

Minerva, qui n'avait rien dit jusqu'ici, décida de l'accompagner.

Arthur cacha la boîte en carton pour ne pas perturber Hermione à son réveil et Ron pris discrètement la lettre qu'il glissa dans sa poche. Ginny lui fit les gros yeux mais Harry montra la porte du jardin d'un signe de tête. Ils sortirent tous les trois discrètement et s'éloignèrent des oreilles indiscrètes.

Harry commença à lire la lettre à haute voix et une fois terminée, ils se regardèrent en chiens de faïence. Finalement, ce fut Ron qui rompit le silence.

-Elle couche avec Snape ?

Clac ! Ginny lui frappa l'arrière de la tête.

-Espèce d'imbécile ! Y a un malade mental après elle et toi, tu penses à quoi ? Au fait qu'elle aurait une relation plus qu'amicale avec le professeur Snape. Crétin !

-Ben quoi, elle a rompu avec moi, il ne s'est jamais rien passé et elle aurait fait … enfin, tu vois quoi … avec la veille chauvre-souris des cachots ?

-Ginny a raison Ron ! Y a plus grave, ce mec est fêlé ! Bon on fait quoi alors ?

-Il faut parler à Mione, répondit Ron

Vers la fin de la matinée, Hermione reprit connaissance. Elle eut besoin de quelques minutes pour se rappeler de tout et dès qu'elle eut l'image de Pattenrond devant les yeux, elle fondit en larmes. Molly arriva en courant pour la prendre dans ses bras tout en appelant Ginny, Ron et Harry.

-Hermione ? demanda tout doucement Ginny.

Hermione leva les yeux vers sa meilleure amie.

-Je sais, j'aurais dû vous en parler mais je ne voulais pas vous inquiéter inutilement. Au début, ce n'était vraiment rien et puis …

Elle raconta tout ce qui s'était passé depuis le début.

-Alors, toi et Snape, c'est du vent ?

Re-Clac ! Ginny avait encore frappé.

-Mais tu le fais exprès ma parole ! s'exclama Ginny.

-On est devenu plus proche, pas des amis mais des collègues qui s'entendent parfois assez bien.

Elle avait dit tout cela de manière hésitante comme si elle marchait sur des œufs, comme si elle ne savait pas très bien quoi dire. En fait, ils étaient quoi au juste l'un pour l'autre ? Enfin, pour elle, il était devenu un confident, un soutien, une lueur d'humour dans ses journées parfois difficiles, c'était clairement un ami. Une amitié certes pas conventionnelle mais une amitié tout de même. Mais parfois, elle s'imaginait être plus qu'une amie pour lui. Elle s'était aperçue petit à petit que ses sentiments évoluaient. Et parfois, elle avait l'espoir qu'il la voyait autrement que comme son ancienne élève, la miss-je-sais-tout qui l'agaçait prodigieusement mais en même temps, elle n'était jamais certaine de ce que cet homme pouvait bien penser.

Pendant ce temps-là à Poudlard, Minerva et Severus se rendaient vers les appartements d'Hermione. Ils voulaient s'assurer qu'aucune autre surprise ne l'y attende.

Arrivé devant le tableau, Minerva ne put retenir un petit cri d'effroi. Ce dernier avait été tailladé de long en large et de haut en bas. Au milieu était accrochée la queue du chat d'Hermione. Minerva eut un haut le cœur et du se retourner. Severus appela un elfe de maison pour qu'il apporte un sac poubelle. Une fois fait, il récupéra la queue du chat qu'il emballa dans le sac. Ses appartements étaient intacts, ils entreprirent donc de descendre dans ceux de Snape. Le tronc du chat était pendu au-dessus de la porte. Severus le décrocha aussi et le mit avec le reste du corps de l'animal. Ils rentrèrent avec précaution, baguettes tendues mais ne virent rien qui laisserait présager que quelqu'un avait pénétré chez lui. Severus et Minerva annoncèrent qu'ils resteraient à Poudlard et que Severus viendrait chercher Hermione pour la ramener à l'école dès qu'elle en ferait la demande.

Hermione resta encore deux jours avec sa famille de cœur avant de lancer un coup de cheminette à Snape pour qu'il vienne la chercher. Bien entendu Molly ne comptait pas les laisser transplaner sans un petit goûter. C'est comme ça que Severus se retrouva entre Molly et Hermione en train de se faire fusiller du regard par Ron.

Après avoir dégusté un gâteau au chocolat des plus succulents, ils prirent congé. Les gryffondors se firent de gros câlins pendant que Snape essayait de retenir tout sarcasme. Il salua poliment Molly Weasley et ils rentrèrent à Poudlard.

Avant de renter, Severus emmena Hermione chez Hagrid. Ce dernier la serra rudement dans ses bras.

-Hermione, si tu savais comme je suis triste pour toi. Regarde, nous lui avons trouvé une place près de cet arbre, j'ai déjà creusé le trou et il est dans sa petite boîte. Je voulais t'attendre pour le couvrir de terre.

Hermione n'en pouvait plus, et se remit à pleurer.

Hagrid recouvrit le petit cercueil de Pattenrond, Severus posa sa main sur l'épaule d'Hermione en signe de soutien. Et ils rentrèrent tranquillement au château.

Hermione voulut monter mais Snape l'en empêcha.

-Que faites-vous ?

-Eh bien, je vais me coucher, répondit-elle avec lassitude.

-Hors de question que vous retourniez dans vos appartements !

-Mais enfin, vous avez lu la lettre ! Inutile de le mettre plus en colère ! hurla-t-elle.

-Oui, j'ai lu la lettre mais il semblerait que votre cervelle de miss-je-sais-tout soit en vacances ! Il a clairement insinué qu'il viendrait vous chercher donc non, vous revenez avec moi dans les cachots.

La tension montait, le ton de chacun n'était plus du tout amical, ils étaient en mode duel.

-Vous vous rendez compte du risque que l'on court, que vous courrez ou que mes proches peuvent courir. S'il sait que je n'ai pas obéi, il va s'en prendre à quelqu'un d'autre pour m'atteindre.

-Depuis quand pliez-vous l'échine devant l'ennemi ? Où est le fameux courage gryffondor ?

Elle baissa la tête et histoire d'enfoncer encore un peu plus le clou, il asséna le coup fatal.

-C'est bien ce que je disais, un mythe que ce courage. Mais peut-être qu'après tout, rendre justice et honneur au sacrifice de votre fléreur n'a pas autant d'importance que je ne le pensais.

Et Clac ! Il l'avait cherché, elle venait de lui lancer une gifle magistrale.

-Comment osez-vous ?! Et elle partit en direction des cachots.

Severus était encore un peu choqué par la gifle, non pas qu'il ait eu mal mais par la surprise mais un petit sourire fleurissait sur ses lèvres car Hermione prenait la direction de ses cachots.