Auteur : Il fiore del male

Titre : Charmeur

Disclamairs : Ces personnages ne sont pas de moi ! Ils viennent de fabuleux Tite Kubo !

Note : Hellooo. Merci pour vos remarques qui m'ont la plupart du temps, bien fait rire ! ça me fait vraiment plaisir. J'espère que vous avez passé un bon Noël. Et que vous passerez un bon 31 et je suis désolée du retard. Ce chapitre devait être hyper long mais j'ai préféré le scinder en deux donc vous n'aurez pas à attendre 6 mois pour le chapitre 8. Et je confirme que l'histoire sera en 10 chapitres vu que j'ai déjà écrit la fin (je sais que j'écris dans tous les sens). Bonne lecture !

Chapitre 7 : Déblocage, trahison, fureur et destruction

Dans la chambre d'Aizen, on entendait rien…Niet. Nada….Pourtant, j'avais la sensation que mon cœur qui se brisait bruyamment contre les parois de ma cage thoracique était parfaitement audible. Oui. Brisait. Car c'est le son qui retentissait en boucle dans ma tête depuis qu'Aizen avait déposé cette mine et que j'y avais marché dessus comme l'imbécile que j'étais.

Avec précipitation. Tête baissée, droit dans le tas.

Quand à la cause de ce mal-être…C'était un grand mystère. Je ne savais pas. Parfaitement. Je ne savais pas. Voici un autre mystère de ma vie que je n'étais pas pressé de découvrir. Je ne savais pas non plus pourquoi j'étais aussi tourmenté. Ni pourquoi j'étais persuadé que ce qu'il avait à me dire était vital. J'avais l'impression de le savoir, ou du moins, d'avoir les cartes qu'il me fallait en main, sauf qu'il me manquait la vue pour les déchiffrer. J'étais dans un noir total. Et foutez-vous de moi si ça vous chante. Mais le noir et moi…On n'a jamais pu s'entendre.

Vous allez me dire de l'écouter dans ce cas, d'être logique sauf que…haha…Je ne suis pas logique.

_...Ichigo ?

La voix d'Aizen me fit tressaillir et brusquement, traverser par l'énergie d'un amalgame de sentiment bordélique, je le repoussais de ma main valide et me relevais en panique du lit pour prendre appuie sur le doux tapis. Je retirai le bas de pyjama que je lui avais pris et le roulais en boule. Non pas, pour m'essuyer, je préférais faire abstraction à cette chose qui me collait maintenant à la peau, mais parce que ce bas flottant n'était d'aucune utilité. La gêne de ma nudité à son égard n'avait plus lieu d'être. La rapidité avec laquelle il me l'avait ôté pour me prendre en bouche était une preuve immanquable qu'à poil ou pas, ce qu'Aizen voulait, Aizen l'aurait.

Lui aussi était à poil d'ailleurs. Et il ne semblait pas vouloir y remédier. Bien qu'il eut l'air surpris de ma réaction, il fit glisser rapidement ses yeux sur mon corps, avec une grande attention.

Ma respiration se bloqua. J'avais profité d'un relâchement de sa part pour échapper à son étreinte, mais s'il m'attrapait à nouveau, je ne garantissais pas de pouvoir accomplir un second exploit.

Il ne te fera pas de mal.

C'est ça. Et mon cul c'est du coton.

Ah, ça…

Je fermai rapidement et plusieurs fois mes paupières, pour chasser de ma tête ses mots qui retentissaient, encore et encore et encore et qui commençait à rendre ma respiration erratique.

…Merde, quoi.

Me souvenir de lui ? Merde encore. Qu'est ce qu'il voulait dire par là ? Que je l'avais oublié ? Comment c'était possible d'oublier l'existence d'une personne ? Comment avais-je fait ? Pourquoi ? A quel moment ? Dans quelles circonstances ? Étais-ce volontaire ? Dû à un choc traumatique ? Bordel quoi.

J'avais envie de m'arracher les cheveux. Je n'arrivais pas à parler, je voulais des réponses mais je n'avais aux pieds que des questions. Des tonnes de putain de question. Une autre me vint à l'esprit.

Voulais-je vraiment les réponses ? Puis une autre s'enfila : Étais-je capable de supporter ces réponses ?

Ma déglutition me fit mal. J'avais la gorge terriblement sèche. Je venais de m'en rendre compte. En si peu de temps, toute ma salive avait disparu. Et j'avais chaud. Affreusement chaud. Mon corps se fit moite. Je me sentais étouffé. Mon rythme cardiaque continua de s'emballer alors que je pensais qu'il ne pouvait pas faire pire. Mon souffle était court, haché même, et je pressentais que j'étais à deux doigts de suffoquer. Je me sentais compresser.

Une crise de panique. Putain, non.

_Ichigo, tenta Aizen l'air de voir que je n'étais à rien de fondre un câble. Écoutes-moi, reste calme, respire…

Pas besoin de me le dire ! Je le sais déjà ça ! Les crises de panique, ça me connaît, quasiment aussi collant qu'un chewing-gum sur moi, à l'époque de mon adolescence. Mais c'était fini maintenant. Je n'avais plus raison d'angoisser…N'est-ce pas ?

_Ichi…

Re-merde. Un diminutif. Pourquoi un diminutif ? Qui lui avait donné l'autorisation ?

Il n'a pas besoin de ton autorisation.

C'est ce que je vois…

Bon sang, pourquoi il avait cet air sur le visage ? Il n'avait pas le droit. Je ne savais pas réagir face à un Aizen chamboulé. Merde ! Y'avait que moi qui devait être chamboulé !

Je ne m'étais même pas rendu compte que j'avais secoué négativement la tête pour le sommer de se taire.

_Il est temps d'en discuter, mais avant, laisses-moi t'aider.

Un Aizen doux non plus, je n'y étais pas habitué. Ni aimable, ni attentif, ni serviable, ni rien de ce qu'il m'avait montré aujourd'hui.

Il s'approcha de moi avec lenteur, comme s'il voulait apprivoiser une bête sauvage et craintive. Ce que j'aurai aimé ne pas être en ce moment. Je risquai un regard bien dans ses prunelles et je frémis.

_Ichi…S'il te plaît…

A la lueur que je lus dans ses yeux, toute pensée déserta de ma caboche.

Deux « s'il te plaît » en une journée venant d'Aizen, c'en était trop pour moi.

Ni une, ni deux, je pris mes jambes à mon coup.

Ouaip. Comme une mauviette. J'avais balancé le pantalon sur la face d'Aizen pour gagner du temps. Non je n'ai pas honte. J'me suis barré avec toute la fierté d'un homme paumé qui ne sait pas quel gant de boxe enfilé pour le prochain combat.

Tu n'as pas besoin de gant pour ce combat là.

Je frissonnais aussi sec. Ma voix… Depuis quand parlait-elle sans railleries ? Que voulait-elle dire ? Elle admettait implicitement que c'était un combat, mais si je n'avais pas besoin de gant, c'était pourquoi ? Et pourquoi il n'y avait aucune insinuation ? Même elle, elle déraillait ?

N'y avait-il donc personne de stable dans cette putain de monde ?!

Dès que le claquement de la porte avait retenti à mes oreilles, j'avais cessé de réfléchir et je me hâtai vers l'escalier hélicoïdal qui se trouvait à ma gauche.

_Ichigo ! Arrêtes-toi !

Compte là-dessus et bois d' l'eau fraîche mon pote.

Par contre, je trouvais sa voix bien trop proche à mon goût derrière moi et ses pas bien trop rapides. Pas soucieux pour trois sous de me péter les genoux, je pris appui sur ma main valide et je sautai par la rambarde de l'escalier pour atterrir non sans mal, dû à mon mauvais équilibre et piètre condition physique, sur mes jambes, quasiment à quatre pattes. Au moins, elles n'avaient pas cédé.

Tournant la tête comme un dingue, pour chercher une sortie, une fenêtre, bref une issue, le salon couleur chocolat crème, peu meublé et contenant surtout des bouquins me dit clairement de passer mon chemin. Je continuai donc ma course en haletant et débouchai sur une cuisine américaine.

Pas le temps de m'extasier sur le spacieux de la cuisine ni les outils derniers cri qui l'ornaient et qui auraient fait Yuzu dévalisé Aizen, juste pour avoir le tout en double, je me mis à la recherche d'un endroit pour me cacher.

Ben quoi ? Il n'y avait pas d'âge pour jouer à cache-cache. J'étais excellent à ce jeu. Surtout avec mon oncle. Grand bien m'en pris.

Le bruit de pas signifiant une réception parfaite me parvins et je changeais de plan, j'avais Spider-man sur les talons. Il me fallait rapidement quelque chose pour tenir à l'écart Aizen. Non, pas un balais. Bordel, mais, pourquoi il rangeait ses torchons dans des tiroirs ? Ou étaient les couteaux, putain?

_Ichigo ! Tu vas te blesser, sors de là !

Un rire nerveux passa de travers dans ma gorge.

Je ne sais pas comment on active certains modes de pilotage extrêmes de son corps, mais là, mon mode « survie émotionnelle » était activé level dix et j'en avais rien à foutre d'une potentielle blessure physique tant que ma piètre stabilité morale restait…aussi…ben piètre qu'avant !

Il valait mieux ça que le foutoir qu'Aizen semblait vouloir instauré en moi. Je n'ai besoin de personne pour ma déco intérieur, j'étais un Picasso né, merci !

Une intuition sortie d'on ne sait où me fit baisser les yeux vers l'évier et j'ouvris à la volée le lave-vaisselle qui se trouvait juste à côté. J'en sorti si précipitamment, qu'ils manquèrent me tomber sur les pieds, une hachette et un couteau de cuisine que je serrai à m'en faire blanchir les jointures de la main valide.

Ma respiration saccadée par ma petite course poursuite et ma panique faisait mon torse gonfler comme un crapaud bœuf, ce qui, j'en conviens, n'avait absolument rien d'élégant. Aizen lui ne semblait pas plus ému que ça de notre petit jogging.

Il leva lentement ses bras et aussitôt, sur mes gardes, j'observais son action future mais, fermant les yeux, il passa juste ses deux mains dans ses cheveux pour les plaquer en arrière, alors que son éternelle mèche rebelle revenait farouchement camper devant son front.

Je n'avais pas loupé le roulement de ses muscles pendant cette courte pause et la contraction de ses abdominaux quand il s'étira. Ni celles de ces cuisses. Le voir ainsi était tout simplement….délicieux.

Une sorte de courant d'air se fit sentir et je me repris de justesse en esquivant son plaquage de peu. Je m'éloignais à temps pour voir ses bras se refermer sur le vide.

Maudit tueur à gage aux techniques de diversion foireuses !

La suite m'échappa totalement :

_Il faut toujours que tu tentes la ruse Sosuke ! Maintenant je comprends mieux comment tu faisais pour…

Et ma voix se cassa… Nous nous étions tous deux figés et bien que les yeux d'Aizen se fussent légèrement agrandis, il s'était assez vite repris. Et il était à présent hyper attentif. Moi par contre, je n'en menais pas large. Qu'est ce que je venais de dire ? Cette phrase venait d'où ? Depuis quand je l'appelais Sosuke ?

Sors-toi la tête du cul.

Et si j'aimais où étais ma tête, hein ?

Aucune réponse de ma voix. J'avalai à nouveau ma salive, le besoin d'eau se faisant plus urgent, et je ne quittai pas des yeux Aizen au cas où il voudrait me refaire un coup de pute.

Combien lui en as-tu fait, toi ?

Je te demande pardon ?

Nouveau silence. Ah ! Elle voulait se la jouer « père Fouras » ? Très bien. Elle allait y jouer seule. Les conneries d'énigmes et moi, sans façon.

_Comment je faisais pour… ? Tenta-t-il de relancer.

Mais je ne lui répondis pas. Sa diversion avait au moins eu le bénéfice de me calmer un tant soit peu. Ma respiration était moins chaotique mais je serrai toujours comme un malade mes armes de cuisine.

_On va faire un deal, Aizen. Tu me rends mes vêtements d'hier…

_Ils sont pleins de sang, m'interrompit-il.

_...je me casse, continuais-je sans y faire attention, tu ne me suis pas et on s'arrête là. Plus de contrat, plus rien. Je ne te colle pas un procès au cul, tu disparais de ma vie et j'en fais de même.

« Encore ? » firent simultanément ma voix et Aizen.

Cette fois, mon trouble se vit aussi colossalement que la Tour de Pise. Une telle synchronisation… Un vertige me fit chanceler…

Aizen n'en rata pas une miette et en profita pour dangereusement m'approcher, mais dégainant ma hachette, je lui fis signe de s'arrêter s'il ne voulait pas que je la lui plante là où je pensais, avec en prime un coup d'œil sordide vers son sexe. Le couteau quand à lui, se trouvait dans ma main gauche, celle à l'épaule blessée et avec douleur, je resserrai ma prise et je fis mine que ça ne me coûtait rien.

Ouais. J'avais des couilles.

_Tu vas rouvrir ta plaie.

Je soufflais doucement. A qui la faute ?

_Laisses-moi m'en aller.

_Non.

Un cri de désespoir manqua de franchir mes lèvres mais il traversa sans aucun doute mes yeux et se réfléchis sur mon visage.

_Il faut que nous parlions, Ichi. Je vois que ça commence à ressurgir.

_Parler ? Il n'y a rien à dire, m'étranglais-je en un rire nerveux. Pourquoi en parler d'ailleurs ? Si je t'ai vraiment oublié c'est que tu ne comptais pas, non ?

Un éclair de pur douleur franchi ses yeux et totalement décontenancé, tant je ne m'y attendais pas, je relâchai ma garde. Il fonça sur moi à la vitesse d'un guépard et mettant sans attendre le couteau entre mes dents, je tentais de le bloquer de mon épaule blessée.

Mauvais plan.

Il me ceintura et me fit lâcher ma hachette, quand au couteau, sous la surprise de sentir ses lèvres dans mon cou, et son cinquième membre contre mon bassin, j'ouvris bêtement la bouche et ma main par la même occasion.

Démuni et perdant, sans qu'il ait eu à me faire le moindre mal, je me sentis si nul que je tentai, une fois mes esprits partiellement repris, de lui asséner un violent coup de tête. L'évitant avec aisance et rigolant même, Aizen me lécha la clavicule et je tentai vainement de m'y soustraire.

_S'il te plaît…Ne dis rien ! Je t'en prie ! Laisse-moi m'en aller !

Un doux chuchotement me parvint en réponse, et mêlé aux nombreux efforts infructueux, mon rythme commençait à ralentir.

Doucement, mais sûrement.

_Pas cette fois…

Toujours en me prodiguant mille attentions, Aizen se mit à me murmurer des mots d'apaisement...

_Ichi, je suis là, tout va bien…calme toi.

Des mots doux…

_C'est ça. Voilà, chéri…Oui…accroche-toi.

…comme avant…

Huit ans plus tôt

_Ichi-ni ! Cria Karin. Si tu manges ma part je te jure que je te fous un coup d'tête !

Ma sœur de onze ans et moi nous regardions en chien de faïence. Un duel à mort se préparait entre nous.

_Tu ne peux pas être généreuse le jour de mon propre anniversaire ?

_On parle de gâteau là !

_C'est mon gâteau d'anniversaire ! Et je suis ton grand frère !

_Et tu crois que les liens de fraternité surpassent un moka à la vanille de Yuzu ?

Elle éclata d'un rire sombre.

_Manges-le et je te ferai voir l'enfer.

_Tu n'as donc pas d'âme ?

_Manges-le, répéta-t-elle, une lueur assassine dans les yeux.

J'étais tenté de manger sa part. Vraiment. Après avoir englouti celle de mon père qui pleurait face au poster de ma mère, je n'étais toujours pas rassasié. Ce crémeux, ce fondant. Merde, on ne pouvait pas me blâmer ! C'était fait par Yuzu en plus !

Karin s'était déjà mis en position coup de boule et nous nous défiâmes un long moment du regard avant que, distrait par du bruit et des voix à l'entrée, je ne me fasse chiper la part de gâteau par ma sœur qui détala telle un lièvre loin de moi.

Soupirant de ce trésor perdu, je tentais de me servir à la source mais le sourire de Yuzu tandis qu'elle découpait les autres parts m'en dissuada. Elle avait beau être la plus douce de la famille, une Kurosaki restait une Kurosaki.

Alors que j'amorçai un pas vers l'origine du bruit qui se changeait en rire divers et bruits de pas, mon mouvement resta en suspend quand je croisai un regard chocolat.

Le jeune homme à l'air sympathique mais aux yeux déstabilisant s'accrocha à mon regard tant et si bien que, perdu, je n'entendis pas totalement mon père nous présenter.

_...Ke. D'accord Ichigo ?

_Quoi ? Balbutiai-je piteusement.

Mon père piqua un fard.

_Bon sang, cet enfant n'écoute jamais rien.

Malgré tout, mon regard resta rivé sur le nouveau venu. Et c'est bien après que je me rendis compte qu'il me tendait la main.

_Je suis Aizen Sosuke, enchanté.

_Oh ! Pardon...oui, enchanté, Ichigo Kurosaki !

Je grimaçai en entendant ma voix. Elle était partie dans le aigus et bien que le sourire poli d'Aizen ne se fit pas moqueur, ses yeux me fixèrent plus intensément pendant qu'il me serrait la main. J'eus la sensation d'être brûlé et je l'ôtai aussi vite que possible, retenant bien mal un affreux bruit de déglutition qui était aussi criard que si j'avais écris en grosses lettres capitales rouges sur mon front « JE SUIS PUTAIN DE MAL A L'AISE ».

C'était normal d'avoir un tel regard ? Malgré ses verres, leur intensité n'était nullement diminuée.

La voix de mon père me parvint et cette fois, pour être sûr de l'écouter, je tournai ma tête vers lui, lui montrant qu'il avait toute mon attention. Du moins, essayais-je de m'en convaincre. Je perçu de justesse un drôle de sourire sur le visage d'Aizen mais peut-être avais-je halluciné ?

_Aizen-kun est un jeune entrepreneur que j'ai pris sous mon aile jusqu'à ce que je sois persuadé que son projet perdure. Il est donc parfait pour t'apprendre quelques trucs concernant la gestion et ce sera pour toi le moyen de poser des questions sans la pression de l'âge, n'est-ce pas Aizen-kun ?

_Tout à fait, Kurosaki-san.

Mon père hocha la tête, satisfait.

_Tu vas bientôt hériter de tout ce que je possède fils, alors prends en de la graine. Sur ce, je vous laisse discuter, je dois empêcher Yoruichi de finir le saké !

…Quoi ? Quoi ? QUOI ? Il me laissait seul avec lui ? NON.

Avant que je ne puisse formuler quoi que ce soit et sans un regard en arrière, mon père se dirigea comme un bulldozer vers la jeune femme aux cheveux violets et à la peau mate qui éclata de rire en le voyant et fila avec plusieurs bouteilles dans les bras.

Je poussais un soupir à m'en fendre l'âme. Ces deux là…incorrigibles.

En sentant le regard d'Aizen-san sur moi, je relevais la tête pour la rebaisser aussi sec. C'est dingue ce que mes chaussures étaient jolies !

Une sorte de rire de basse me parvint mais je ne me risquai pas de nouveau.

_Puis-je t'appeler Ichigo-chan ?

_Appelez moi comme vous voulez, Aizen-san, répondis-je avec une voix qui me fit me figer tant elle était étrange.

Il parut satisfait et nullement embêté par mon horrible voix. J'avais déjà mué alors je ne savais pas ce qu'elle foutait en ce moment mais il fallait qu'elle se ressaisisse, nom d'une pipe !

_Bien. Appelles-moi Sosuke, Ichigo-chan. Et ce n'est pas la peine de me vouvoyez.

Kami-sama ! L'appeler par son prénom ? Oh non, c'était bien trop frontal, même pour moi ! Du moins, envers lui.

_Quel est le problème avec moi ? Demanda-t-il en penchant la tête sur le côté.

Ses cheveux châtain ondulés suivirent le mouvement et je me surpris à vouloir les toucher. Ce n'est qu'en le voyant avancer vers moi, tout en m'appelant, que je me rappelais de sa précédente phrase.

J'avais parlé tout haut !

Je virai immédiatement pivoine et balbutiais diverses paroles que moi-même je ne compris pas.

Se contentant de me regarder, calmement, il finit par me sourire, clairement amusé.

_Y a-t-il un endroit où nous pourrions parler au calme ?

_Ma chambre !

Cette fois, je grimaçai pour de bon. Qu'est ce qui se passait là, sérieusement ? En général j'aurai dit le jardin mais Yoruichi y étant…Ainsi que mon père…C'était sûrement la zone la plus bruyante de la maison. Voir du quartier, à l'heure actuelle, et divers invités se trouvait un peu partout. Ma chambre m'était venue naturellement mais j'avais oublié à qui j'avais affaire.

Ma rougeur s'accentua et je me confondais en excuse.

_Non, je veux dire…Il y a des invités partout alors…et puis comme elle est spacieuse…Mais non, non Aizen-san…

_Sosuke, me reprit-il. Ta chambre, c'est très bien.

Je changeais un instant de jambe, me demandant si c'était vraiment bon.

_Euhm…Tu…Vous voulez boire quelque chose ?

Rien n'y fait. Je n'arrivais pas à le tutoyer. Il était si…imposant…Jeune mais imposant. Ses yeux donnaient envie de lui obéir et de lui faire plaisir. Et sa bonhomie constante m'avait tout l'air d'être une façade qui cachait sa nature plutôt autoritaire et dominante. Les yeux ne mentaient pas. Et les siens n'étaient pas ceux d'un gentil mec inoffensif. Il y avait une noirceur à l'intérieur, tapie et maîtrisée. Mais là quand-même.

Conscient de l'attention que je lui portais, il les étrécit et ne releva pas le vouvoiement mais sembla le reporter pour plus tard.

_Non merci.

_Un morceau de gâteau alors ? Ma sœur est une championne en pâtisserie. Oh, vous n'aimez peut-être pas les choses sucrées ?

Bizarrement, au lieu de me répondre, il se mit à me détailler des pieds à la tête.

_Non, j'aime beaucoup les douceurs.

Je papillonnai des yeux en me disant qu'il n'y avait aucun sous-entendu et me tournai vers le gâteau de ma sœur pour en récupérer une part, ainsi qu'une autre pour moi. Puisqu'elle n'était pas dans les parages, c'était le moment où jamais !

_Ah non Ichi-ni ! C'est la sixième part là !

Eeek ! La dragonne n'était pas loin de son trésor. Je sursautai et trouvai d'où provenait la voix de ma sœur qui essayait de se faire un chemin vers moi tant bien que mal.

_Tu vas devenir aussi gros qu'un panda ! Déjà que tu es paresseux, où stockes-tu toute cette nourriture ? Asséna Karin, sans pitié, qui sirotait une limonade près de sa jumelle.

Rouge de honte que ma goinfrerie soit ainsi exposée à Aizen, je pris mon butin et m'échappait loin de leurs ondes négatives, direction ma chambre. J'entendis très bien le rire amusé d'Aizen derrière moi qui m'avait suivi sans encombre.

Arrivés devant ma chambre, je remerciai intérieurement Yuzu de m'avoir forcé à la nettoyer et fit entrer Aizen. En refermant derrière moi, je pris soin de tourner à clé, ce qui fit hausser un sourcil à mon invité.

_Je... ! Ce n'est pas ce que vous croyez ! Elles ne lâchent jamais le morceau.

_Et qu'est ce que je crois ? Demanda-t-il, un malin plaisir régnant dans les yeux.

Oh mon Dieu ! Que dire ? J'avais l'impression qu'il…flirtait avec moi mais c'était genre….Impossible. C'était un homme. Un homme apparemment gentil. Un gentil bel homme. Très sexy soit dit en passant…Mais là n'était pas la question !

J'émis un drôle de gargouillement et déposai les parts de gâteau sur la table plutôt que de répondre. J'avais soudain soif et y voyant l'opportunité de m'enfuir pour reprendre contenance, je me dirigeai vers la porte mais Aizen campait devant.

Surpris, je me demandais pourquoi il était toujours debout, puis je me souvins que je ne l'avais pas invité à s'asseoir…Moi et la politesse !

_Vous devriez vous asseoir, Aizen-san…

_Ne t'ai-je pas demander de supprimer les formalités entre nous, Ichigo-chan ?

Sa voix parut plus basse mais je n'en démordrai pas, respirant un bon coup, je redressai la tête. J'étais un Kurosaki, merde !

_Vous utilisez bien le suffixe « chan ». Et pourtant, j'ai quinze ans, dis-je en bombant le torse.

Son sourire se fit malicieux.

_Je trouve ça mignon.

_Je suis un garçon, dis-je bêtement.

_De toute évidence.

_Les hommes ne sont pas « mignons ».

_Que sont-ils alors ?

Hein, Ichigo ? Que sont-ils ? Moi et ma grande bouche…Je ne m'étais jamais vraiment attardé sur les hommes et sa question me prit au dépourvu. Je réfléchissais un instant sérieusement et me raccordai aux hommes de mon entourage.

_Bruyants, crachais-je en pensant à mon père.

Son sourire s'agrandit.

_Quoi d'autre ?

_Chiants aussi, dis-je dans une grimace en pensant à Urahara qui avait le chic de m'agacer.

_Pas très flatteurs, tout ça, continua-t-il amusé.

_Virils, poursuivis-je, pensif en référence mon oncle Kenpachi. Et…

Aizen rit en s'approchant de moi jusqu'à ce que je sente sa chaleur.

_Et… ?

Cette fois, en le regardant, ma pensée traversa mes lèvres.

_Beau, soufflais-je.

_Vraiment ?

Je me rendis compte de ma bourde. Non seulement il pourrait croire que j'avais des penchants pour les hommes, mais qu'en plus je m'adressai à lui. Et franchement, pour le premier point, je n'en savais moi-même rien. J'avais connu des filles. Déjà trouvé des hommes pas mal mais je m'étais toujours dit que c'était objectif…

Lui donnant maladroitement sa part de moka entre ses mains, je pris la mienne pour m'asseoir sur mon lit et en fourrait un gros morceau pour m'occuper la bouche. Je trouvais qu'elle avait assez fait de désastre. Tans pis pour la boisson, ma proximité avec lui détruisait mon cerveau, vaut mieux ne pas tenter le diable.

Aizen prit appui contre mon bureau et mangea un bout de gâteau, l'air concentré.

_Je comprends pourquoi tu en es à ta sixième part.

Mes joues s'échauffèrent et je manquai m'étrangler.

Il me fi une œillade et me murant dans un silence de honte, je ne relevais plus la tête par la suite.

_Pourquoi ne peux-tu pas me tutoyer ?

Je me mordis les lèvres. Il n'avait donc pas oublié. Je pris la peine de terminer de mâcher. M'occuper la bouche ne semblait pas être un obstacle à faire la conversation, visiblement.

_Vous êtes trop intimidant, finis-je par avouer en chuchotant.

Il parut surpris.

_Pourquoi ?

Je bondis de surprise. Il était sérieux ou il se foutait de moi ?

_Comment ça pourquoi ? M'insurgeai-je. Vous avez vu vos yeux ? Ils sont perçants et ils brillent ! Et votre voix est…très…trop... ! Raah ! Vous êtes bizarre ! Grave bizarre !

Un silence se fit dans la chambre et mes yeux s'agrandirent de stupeur. Je n'arrivais pas à croire que j'avais osé dire ça à un adulte !

_Je…Je vous prie de m'excuser. Je ne sais pas ce qui m'a pris. D'habitude je sais garder ma grosse bouche fermée.

_Ta bouche est très bien, je t'assure.

Quoi ? Alors lui, il était l'être le type le plus déconcertant que j'ai jamais connu. Je m'excusais et il me parlait de ma bouche ?

Je l'ouvris à deux reprises et la refermais.

Il n'avait pas cessé de la fixer.

_Quel âge avez-vous ? Finis-je par demander, tant ça me paraissais irréel.

_Bientôt vingt-quatre ans. Pourquoi ?

Huit ans d'écart ! C'était mort ! Mais…Comment ça c'était mort ?! Qu'est ce que je m'imaginais ? Que je lui plaisais ? Haha…

M'empêchant de répondre, le tambourinement à la porte me fit sursauter.

_Ichi-ni ! Rends nous les gâteaux !

Je n'arrivais pas à y croire. Même Aizen semblait se dire ça et j'en aurai ri si je n'avais pas entendu la voix de Karin mêlée à celle de Yuzu.

_Je les ai déjà mangé ! M'écriais-je pour leur faire lâcher prise.

_Eh bien j'vais te les faire vomir sale goinfre ! Cria Karin en tambourinant encore plus fort.

Voilà pourquoi l'heure n'était pas à la rigolade. Je ne savais pas où ma sœur avait pris son caractère de bourrin…en fait si je savais mais passons, mais la connaissant, si elle rentrait, elle me ferait vraiment en voir de toutes les couleurs.

M'élançant en panique pour soutenir ma porte, même si je doutais qu'elle arrive à elle seule à la défoncer, qui sait ce qu'elle avait pris avec elle pour l'y aider, je me pris bêtement les pieds dans le tapis

_Attention ! M'écriais-je.

Trop tard ! Je tombais sans douceur sur Aizen qui, emporté dans ma chute, enroula ses bras autour de moi pour me protéger.

_Ichi-nii ? Tout va bien ? Je vais chercher papa ! Entendis-je au loin dire Yuzu.

_Je…Moi aussi ! Enjoignis Karin.

Elle avait beau être sauvage, me savoir en difficulté lui étais très dérangeant.

_Oh mon Dieu, vous allez bien ? Je...je suis tellement désolé, Aizen-san, m'excusais-je en me redressant.

Je pesais dans les soixante-et-un kilo pour mon âge, il avait dû le sentir passer. Il desserra légèrement ses bras sans pour autant me donner l'impression de m'autoriser à me relever.

_Je vous écrase en plus, laissez…

Le reste de ma phrase mourut dans ma gorge à cause de l'embarras. Ne s'en rendant peut-être pas compte, Aizen se frotta les yeux du pouce et de l'index avant de me regarder et de me faire un sourire apaisant.

_...Pas de problème. Tu es bien plus léger que je ne le pensais.

Ah ouais ? Soixante-et-un kilos c'était léger ? Bon…

_Ichigo-chan ?

Je restais bouche bée. Il n'avait plus ses lunettes. Et si j'avais pensé que les verres n'étaient pas un obstacle au perçant de ses yeux, je m'étais fortement gouré. Sans ses lunettes…Ses yeux étaient….

Il se redressa sur un coude, me tenant toujours la taille de l'autre bras avant de me relâcher pour passer sa main dans ses cheveux. Son visage était maintenant dégagé et ses yeux chocolat liquide me mettaient en effusion.

C'est bon. Je pouvais mourir en paix. Je venais de voir la huitième merveille du monde.

_Ichigo-chan ? Tu as mal quelque part ? Demanda-t-il visiblement inquiet face à mon silence en tâtant avec douceur mes côtes, me faisant brusquement prendre en considération notre situation.

J'étais à califourchon sur lui. Mes mains sur son torse musclé et j'avais avec ça le début d'une vue délicieuse sur ses abdos.

Il ne m'en fallait pas plus.

Un champignon atomique de rougeur naquit au dessus de ma tête et incapable de dire un mot, je m'évanouis.

Quel homme je fais ! Je sais….

A mon réveil, plusieurs paires d'yeux m'entouraient et pris de panique, j'en collais une au visage trop proche de moi à mon goût.

_Bordel fils ! C'est comme ça que tu remercies ton paternel de s'inquiéter pour toi ?!

Mon père se massa le visage en rouspétant mais il fallait me comprendre aussi, les syncopes, ça arrive vite hein...

_Mais t'étais trop proche mon vieux ! Se réveiller avec un zoom de ta tête, tu crois quoi ?

Une main pâle tamponna mon visage et voyant qu'il s'agissait de Yuzu, je me décrispai un peu.

_Tu vas mieux Ichi-nii ? Demandèrent Karin et Yuzu en cœur.

J'interrompis le bras de ma sœur et m'assis à mon aise sur mon lit, prenant note de la présence d'Aizen pour très rapidement faire mine que je n'en avais pas conscience.

On est con ou on ne l'est pas !

_Oui. Merci.

_Je te pensais plus résistant que ça fils. T'évanouir à cause de la chaleur, franchement.

La chaleur, hein…Ah…Si tu savais.

_ Je m'étais pas assez hydrater je crois.

_T'as trop mangé aussi, contra Karin.

Elle n'abandonnerait donc jamais.

_Bon, les enfants, laissons-le se reposer. La fête n'est pas terminée et pour qu'il puisse saluer les autres invités, il faut que cette couleur paillote disparaisse de son visage. Je ne peux pas laisser mon héritier apparaître faible face aux autres.

Merci papa. Ça fait plaisir d'être traité de faible face à un homme tel qu'Aizen.

Mes sœurs acquiescèrent et sortirent en suivant mon père, tandis qu'Aizen se rapprocha de mon lit. Je me tendis instantanément et le notant, il s'arrêta.

Au bout de deux minutes de silence où j'me disais que je n'étais pas loin de m'évanouir à nouveau, il se racla la gorge.

_Ma présence t'indispose-t-elle ?

Et comment qu'elle m'indispose ! Je ne m'étais jamais évanoui et hop, il débarque, me fait rougir bien plus en dix minutes que dans ma vie entière et il me demande si sa présence m'indispose ?! Quel culot !

Je ne pouvais décemment pas crier ça. Mais puisqu'il n'avait toujours pas remis ses lunettes, je n'avais pas la force de le regarder.

_Pouvez-vous remettre vos lunettes ? Finis-je par demander, le visage baissé.

_Elles sont cassées, me fit-il en sortant de sa poche ladite paire.

Me doutant que c'était ma chute la cause, je m'excusais de nouveau.

_Je vous en rachèterai une paire.

L'argent n'était pas un problème de mon côté, peu importe la valeur de ses lunettes. L'argent que j'économisais car je n'étais pas du genre dépenser suffirait sûrement.

Il ri et je me crispai d'avantage.

_Je peux me les racheter, ce n'est pas…

Il marqua une courte pause, semblant réfléchir puis :

_Quoique…Oui, j'accepte. Es-tu libre demain ?

La surprise me fit bêtement le regarder.

_Quoi ? Euh...Oui…Je veux dire, non. Pourquoi ?

Sois plus convaincant, voyons.

_Pour que je puisse venir avec toi.

_Pas la peine de vous déranger, je trouverai tout seul.

_Je suis assez difficile sur les modèles que je porte.

Je haussais les sourcils. Ses lunettes étaient noires et carrées. J'étais persuadé que la monture était en plastique sec. Il n'y avait pas plus simple !

_Alors ? Quand es-tu libre ? Je passerai te prendre et après…je ne sais pas, on ira manger.

Je sursautai. Il y avait clairement un sens caché à sa phrase, hein ? C'était un rendez-vous, pas juste une histoire de lunettes. Pourquoi me proposer de manger ? Oui j'aimais la nourriture mais…C'était à moi de le dédommager.

J'avais quinze ans. OK. Mais je n'étais pas con.

_Vous m'invitez à sortir ?

Je mordis fortement ma lèvre inférieure. Où étais les ciseaux que je coupe ma langue ? Bien sur que non il ne t'invitait pas abruti ! C'était son droit de vouloir voir quelle paire de lunettes tu allais lui acheter. En plus il faudrait qu'il les essaye et qu'il informe les opticiens de la correction qu'il lui fallait. Et c'était sûrement par politesse qu'après, il te proposait de manger ! Un boute sandwich c'était à manger et…

_Et si c'était le cas ?

Mon cœur eut un raté. J'avais bien entendu ?

_Je…

Mais rien d'autre ne sorti de ma bouche. Que dire ? Y –avait-il une réponse à pareille phrase ? Un gars aussi inexpérimenté que moi face à ce type d'homme ne faisait pas le poids ! Personne ne m'avait troublé avant. C'est moi qui m'amusais aux dépens des autres. Pas l'inverse. Voici un charmant retour du Karma.

Il poussa un faible soupir et s'approcha encore.

_Tu es un garçon intéressant et puisque je vais devoir bientôt partir je me disais que l'on pourrait reporter la discussion que nous devions avoir à demain. Ou un autre jour que tu voudras bien m'accorder.

Il eut un petit silence puis il poursuivit presque hésitant:

_J'avoue que j'apprécie t'embêter. Mais tu n'as rien à craindre, tu es bien trop jeune pour moi.

Je hochai de la tête, lentement, oui…bien sûr, c'était évident. Pour je ne sais qu'elle raison, ses paroles m'arrachèrent une grimace et avec ça, la sensation d'avoir avalé un truc pas frais, vu l'état dans lequel se trouvait mon estomac. Il avait donc des penchants de ce bord. Mais je n'avais pas mes chances. C'était clair comme de l'eau de roche. Et le pincement au cœur que j'eus me fit serrer mes draps entre mes poings. J'étais bien tenté de lui dire que mon planning était trop chargé pour le voir mais ça ne passerait pas. Qu'avait de si chargé à faire un gamin de quinze ans en pleine vacances scolaires ?

_Oui. Demain, ça irait.

Autant en finir au plus vite et ne plus le revoir.

Il prit une feuille et un stylo qui traînait sur mon bureau pour y écrire ses coordonnées avant de me tendre le morceau de papier. Je retins un soupir en voyant son écriture soigné. Cet homme n'avait-il donc pas une once de défaut ?

En regardant le papier, je pensais, amer, que je devrai faire en sorte d'appeler sur la ligne familiale et pas mon propre numéro, pour éviter que dans sa gentillesse et solidarité, il ne se mette à me parler fréquemment. Mais à peine pensais-je cela qu'il me tendit un autre morceau de papier, celui-ci vierge, avec un stylo.

_Je ne réponds qu'aux numéros que j'ai enregistré. Marque moi le tiens.

C'était compréhensible. J'acquiesçai et m'en tenant à mon idée principale, je marquai celui du domicile familial.

_Non, dit-il d'une voix amusée. Le tiens. Pas celui de ta maison.

Impossible de le cacher, je tressaillis et il ne loupa pas une miette du raidissement de mes muscles.

_Comment... ?

_Je suis un collègue de ton père, dirons-nous…Je connais donc ce numéro et quelques autres.

Je m'apprêtai à rétorquer que connaître le mien n'était pas nécessaire mais son regard me coiffa au poteau et les mots ne franchirent jamais ma bouche. Il savait donc que j'étais réticent. Mais il insistait quand même….Sans avoir besoin de parler…

A quoi cela le mènerait-il ?

Je me mordillai la lèvre et me disais que noter celui de Renji était la solution mais soudain, l'idée qu'il appelle immédiatement pour vérifier si c'était le bon me crispa. Résigné, je lui griffonnais mon numéro.

Il prit le morceau de papier, le regarda comme pour le mémoriser et me sourit avant de le glisser dans sa poche.

_Merci, Ichigo-chan. Je vais te laisser te reposer, mais avant ça, raccompagnes-moi.

Alors que je m'apprêtai à quitter mon lit, nos dernières discussions me revinrent en tête subitement. Il ordonnait. Il ne demandait pas. Ce constat me fit déglutir et je le regardais de côté, voyant subitement à ce moment et clairement le genre d'homme qu'étais Aizen Sosuke. Je sentais que j'allais très rapidement regretter de lui avoir permis une telle familiarité envers moi.

Retour au présent

Toujours dans les bras d'Aizen, mais assis au sol, dos contre sa poitrine, je soufflais en décadence. Des souvenirs dont je ne savais que faire venaient de me revenir avec la force d'un trois tonnes. Je n'étais pas certain qu'ils me faisaient plaisir. J'étais dans le tourbillon total de l'incompréhension.

_Notre première rencontre…

Je l'avais plutôt soufflé pour moi. Mais je sentis qu'Aizen s'était fait attentif. Très attentif.

_Oui ?

J'avalais lentement ma salive. Il me fallait à boire. Pas de l'eau. Un truc costaud pour m'assommer et me réveiller le lendemain. Voir dans trois jours pour pouvoir me dire que c'était un putain de rêve tout ça.

_J'ai soif.

J'émis ma demande en regardant les alentours, cherchant une bouteille. Aizen ne dit rien un moment puis, il se releva avec moi en prenant des précautions dû à mon épaule. Il me prit la main et y entrelaça ses doigts. Je le laissai faire. Je n'avais plus la force de résister de toute façon.

C'est pas trop tôt.

Je gardai le silence et ouvrant le frigidaire, Aizen en sortit de l'eau glacée et me tendis carrément la bouteille.

_Je sais que tu préféreras du gin tonic. Voir du martini Blanco. Mais je ne peux pas te laisser fuir la réalité. Alors hydrates toi bien.

Une sorte de plainte que je ne me connaissais pas franchi mes lèvres. Il connaissait mes goûts en alcool...Seigneur.

Voyant que je ne portai toujours pas le goulot de la bouteille à ma bouche, il initia le mouvement pour m'éveiller et je bus, en le regardant droit dans les yeux. Fébrile.

Je connaissais Aizen depuis longtemps….

_J'avais quinze ans, lâchais-je aussitôt que le goulot quittai mes lèvres.

_Oui.

Rien de plus qu'une simple affirmation mais mon torse se gonfla brusquement. Il me regarda, attendant que mon trouble passe et toujours avec nos doigts entrelacés, il nous mena vers le canapé Chesterfield que j'avais raté tout à l'heure.

_Je me disais que parler dans la chambre favoriserait la remontée de tes souvenirs mais au final….

Il marqua une pause, me regardant bien dans les yeux avant de lâcher :

_...Tous les endroits de cette maison peuvent le faire.

Oui….Apparemment. Si ce souvenir me revenait dans une cuisine…Je me doute bien que les autres endroits peuvent tout aussi y être propices.

_Je ne pensais pas que c'est ce souvenir qui remonterait…Je m'attendais plutôt à un de nos ébats dans la cuisine.

Bordel de bordel.

Il n'avait pas dit ce qu'il venait de dire par vrai ? Ça y est. Je me sentais mal à nouveau. « Un de nos ébats » ? « Dans la cuisine » ? Car il y en avait eu plusieurs ? Et ce, également dans d'autres endroits ?

Je regardais soudainement d'un œil suspicieux le canapé sur lequel il s'était assis, me tenant toujours la main et m'enjoignant à le rejoindre. Voyant que je ne cédais pas, il sembla comprendre la raison.

_Oui. Ici aussi.

Ah…C'est donc ça. C'est ça la sensation de largage total et impuissant que les gens amnésiques ressentent quand ils recouvrent la mémoire. Ou tout simplement le ressenti de ceux qui sont juste totalement désorientés et qui ne savent pas quoi faire….C'était…Horrible.

_Peux-tu me dire ce que tu as vu ?

Je ne desserrai pas les lèvres.

Il commença à faire des petits cercles sur mon dos de la main en me regardant patiemment, comme avant...

Je fermais les yeux de force, de peur qu'un autre souvenir ressurgisse et tentais de me soustraire à sa poigne en vain.

_Ce souvenir s'arrête où ? A mon arrivée dans ton anniversaire ? Notre premier rendez-vous ? Notre premier baiser ?

Ne sachant quoi dire, je pris une longue gorgée d'eau. J'avais envie de verser le contenu au dessus de ma tête pour me rafraîchir. Le début de migraine en sourdine qui avait débuté commençait doucement à se faire entendre. Il faisait trop chaud.

_Je vais m'évanouir.

Je m'attendais à tout sauf à un rire doux.

_Oui. Tu fais presque la même tête que cette fois là. Le souvenir s'arrête avant ou après ton réveil ?

Incroyable, il était sur la même longueur d'onde que moi….Et sa perspicacité était effroyable.

_Après.

Il hocha la tête, satisfait, toujours en continuant son massage du pouce.

_Viens.

Autoritaire. Sa douceur et sa sympathie enroulait bien le tout pour passer comme une lettre à la poste mais il ne changerait pas. Il était autoritaire. Il aimait être obéit.

_Tu aimes toujours autant me donner des ordres.

Il haussa un bref moment ses sourcils puis sourit :

_Et toi de t'opposer à moi.

Je finis, toujours un brin réticent, par m'asseoir sur ses genoux, me disposant lui-même à sa guise, il me serra contre lui et huma l'odeur de mes cheveux.

_Ton odeur n'a jamais changé.

Les yeux dans le vague, je répondis sans y faire trop attention.

_Ton côté charmeur non plus, n'a pas changé.

Il rit un moment, d'un rire qui semblait lourd et qui ne demandait qu'à être alléger.

_Ichigo…Quand je t'ai vu dans mon bureau….J'ai crus que je n'arriverai pas à te laisser prendre place avant de te serrer dans mes bras. Quand tu m'as parlé en me regardant dans les yeux…J'ai senti que je perdais peu à peu pieds...

Il s'arrêta, posa son front contre mon dos, y déposant de très léger baisers. Si légers qu'ils auraient pu être le fruit de mon imagination.

_...J'ai agi comme un véritable enfoiré. Non…Une ordure. Les mots sont faibles. Je n'aurai jamais dû faire…ce que j'ai fait.

Il raclait sans cesse sa gorge et butait sur certaines paroles. Les mots semblaient coincés, comme des aiguilles dans son larynx. Je ne connaissais ça que trop bien. C'était actuellement mon cas. Je n'osais rien dire. Je ne pouvais rien dire. Et je n'étais pas sur de le vouloir. Qu'y avait-il à ajouter ? « Ah, ce n'est pas grave ? » Au contraire, c'était grave. « Oui, j'imagine comment ça a dû être dur », c'était faux, je n'y arrivais pas. « Je te comprends, j'aurai sûrement fait pareil » un mensonge, je n'avais pas de tels sentiments à son égard.

D'ailleurs…M'aimait-il ou bien voulait-il juste me posséder ?

_A la base, quand j'ai reçu ton CV, je m'étais dit que je devrai y prendre le temps. Faire en sorte de tisser des liens avec toi…De te séduire à nouveau, d'essayer de te faire te souvenir.

Il prit son souffle, emplissant ses poumons de mon odeur.

_J'allais t'accorder tout le temps qu'il aurait fallu. Même si ta mémoire ne revenait pas, ça ne signifiait pas que je t'avais perdu pour de bon... Mais…Quand je t'ai vu….Si proche de moi et en même temps si loin. Que tu recommençais à me vouvoyez. Que je devais me forcer à prononcer ton nom en intégralité. Je ne sais pas…J'ai fais n'importe quoi.

Il m'embrassa la nuque, remonta vers le dessous de mon oreille et y resta, parlant à voix basse.

_C'est moi qui ai creusé le fossé qui nous sépare à cause de mes conneries. Te dire que je suis désolé n'est pas suffisant, je le sais. Mais…Ichigo, pardonne-moi.

Même ça, c'était autoritaire. Ma mère m'avait appris une différence. Quand on demande de se faire pardonner on dit « je vous prie de bien vouloir me pardonner ». Car la personne peut refuser cette demande. Et dire « pardonnez-moi », vient de l'impératif. C'est un ordre. Et nul ne peut ordonner cela à quelqu'un.

Mais même s'il s'était correctement exprimé, mon esprit était blanc. Des excuses ? Lui pardonner ? Je ne bougeais pas entre ses mains. Je ne lui rendais aucune caresse. Il retourna finalement mon visage vers lui et je savais les yeux que je renvoyais. C'était les mêmes qu'au décès de ma mère. Je le savais car mon corps était aussi mou qu'en ce temps là. Comme une poupée de chiffon usée et dont le rembourrage avait été saccagé.

_J'ai failli mourir….

Ses traits se peinèrent. Bien. Car moi aussi je souffrais.

_Par ta faute.

Voilà ce qui franchit mes lèvres. Tout le corps d'Aizen s'était raidi. Il eut le mérite de ne pas fuir mon regard vide. Peut-être l'avait-il déjà rencontré. J'avais quinze ans à notre première rencontre. J'étais apparemment venu ici plusieurs fois. J'avais couché avec lui plusieurs fois. A plusieurs endroits. Il me tenait maintenant dans ses bras. Nus. Peau contre peau. Ça n'avait pas juste pu durer deux mois. Ni même six mois. Revenir après neuf ans n'aurait aucun sens.

_C'est vrai. Tu as sauté par ma faute.

Il déglutit et je voyais la tension l'animer.

_Je ne sais pas quoi faire pour m'excuser. Je ne veux pas sortir de ta vie, ajouta-t-il précipitamment, comme effrayé par l'idée que je lui impose cette condition pour lui faire grâce.

Il avait rapproché son visage du mien, il me parlait presque lèvre contre lèvre.

_Tout ce que j'ai fait durant ces trois jours étaient maladroits mais c'était pour t'aider à retrouver la mémoire au plus vite. Je me disais que le contact de nos chairs t'y aiderait. Et puis tu t'es pris une balle. J'ai crus te perdre encore…Bon sang, te faire te souvenir devenait encore plus urgent, sinon tu ne m'aurais pas laissé t'aider. Je t'ai montré les facettes que je ne montre qu'à toi. Je n'avais pas prévu que ça dérape encore.

Il ne s'était pas trompé. Le déclic avait eu lieu à cause de son jet de sperme sur mon torse. Bien que cela n'était pas associé à quelque chose d'agréable.

La douleur de mon crâne se renforça. De sourdine, elle passa à audible.

_Jouissais-tu…souvent sur moi ?

Il parut intrigué par ma question.

_Pas de cette manière.

Je n'avais pas les tripes de demander de quelle façon.

_Pourquoi l'avoir fait maintenant ?

Il eut un air coupable et inspira pour se recomposer son visage habituel.

_J'ai agi sur un coup de tête.

Sur un…coup de tête ? Cet Aizen là me paraissait bien impulsif et peu maître de ses émotions. C'était facile de justifier de tels actes par la passion débordante d'un « amour retrouvé ».

M'aimait-il seulement ou voulait-il me posséder ?

C'était la deuxième fois que cette question revenait et je ne savais pas pourquoi la réponse commençait à m'obséder.

_Beaucoup d'erreur en trois jours…Notre relation n'a pas dû durer longtemps.

Il accusa le coup mais cette fois, clignant brièvement les paupières, il me rendit l'ascendeur :

_Elle ne s'est jamais terminée. Ton amnésie n'y a pas mis un terme. Cela fait maintenant neuf ans.

J'eus la sensation de me prendre un coup de courant. Je me redressai comme une tire bouchon

_Tu mens !

_Pourquoi le ferais-je ?

_Qu'est ce que j'en sais moi ?! Tu es fou ! C'est tout !

L'incrédulité fit place à la colère. C'était la première fois que je la voyais sur ces traits. Enfin…Avec mes souvenirs en moins, je veux dire.

_Veux-tu voir des photos de nous ? A tes différents anniversaires ? Ici ? Au lit ? Lors de nos sorties ? Demande et je te montrai. C'est toi qui les prenais !

_Gloire à photoshop !

Il se redressa, me surplombant

_Demande à ta famille.

Ma boite noire avec toutes les questions de cette thématique vibra furieusement en moi, se déchaînant pour s'ouvrir. Oui. Et ma famille dans tout ça ? Et mes amis ? Cinq ans ? Non… Neuf ans paraissait-il ? Même si j'avais mené cette relation dans le plus total des secrets, le souvenir qui m'était revenu disait clairement que ma famille connaissait Aizen. Mon père, Yuzu, Karin….Mon père à lui seul était de trop.

_Ils ne te connaissent pas.

Le mensonge fusa avant que je ne puisse le réprimer.

Pourquoi faire ?

_Ah oui ? Miserais-tu ta main dessus ?

_Mon père n'a rien dit quand j'ai évoqué notre rencontre. Mes sœurs n'ont pas mentionné ton nom quand tu as frappé à la porte. Ils ne te connaissent pas.

Pourquoi insister dans cette voie, Ichigo ?

Je fis mine de ne pas entendre ma voix. C'était la première fois qu'elle m'appelait par mon prénom.

C'était donc bien la fin du monde…

_Miserais-tu ta main dessus ? répéta-t-il simplement.

Je me pris la tête entre les mains. Le tambourinement dans ma tête fit un grand coup. D'audible, c'était devenu bruyant. Bien que je fusse à poil, je trouvais la chaleur toujours aussi étouffante. La sueur perlait sur mes yeux et leurs sels me les brûlaient. Oui, pas de doute, j'allais…

_Ne t'évanouis pas.

L'ordre claqua, donnant une décharge fulgurante à mon corps

Des souvenirs de moi sous Aizen me prenant durement ressurgir, alors que le souffle court, il m'ordonnait de ne pas m'évanouir.

_Oh mon Dieu, hoquetais-je.

Oh mon Dieu. Oh mon Dieu. OH MON DIEU ! Je m'évanouissais de plaisir avec Aizen ! OH PUTAIN DE BORDEL DE SATANE MERDE !

Je sentis le monde tourner autour de moi avant que mon visage soit fermement pris en coupe et que le visage d'Aizen se place face à moi.

_Reste avec moi Ichigo. Reste. Avec. Moi.

Mes yeux papillonnaient. Je me sentais vraiment mal. De bruyant, c'était passé à douloureux. Un étau me comprimait le cerveau. Je ne criais pas ma douleur. Je la gardai enfermée en moi, comme à chaque fois.

_Ichigo ? Demanda Aizen en tapotant mon visage. Ichigo, reste au moins jusqu'à ce que j'appelle ta famille pour qu'elle te le dise.

Ça ne servait à rien. Je le croyais.

Putain.

Je le croyais.

Ma famille m'avait menti. Pourquoi je le croyais ? Pourquoi lui faisais-je confiance ?

Ma famille m'avait menti…Pourquoi toute cette mascarade ?

D'une voix lourde je balbutiais :

_Quand…ais-je perdu la mémoire ?

_Il y a deux ans.

De douloureux, c'était maintenant insupportable. J'entendis juste la bouteille en verre se briser à mes pieds et mon corps tomber en avant quand je sombrais dans l'inconscience.

Du gris morne en guise de ciel. Des gratte-ciel de partout. Un monde à l'envers. Un non-sens total. Aucune route tracée. Plein de chemins de travers. Séparé par des espaces blancs. Vide. Donnant à nouveau sur des buildings. Juste des buildings énormes. Immenses. A perte de vue. Infinie. Et puis moi. Au milieu de tout ça. Assis. Perdu. Face à un mec bicolore au sourire dérangeant.

_Je vais t'aider.

Je me réveillais en sursaut. Ce mec ressemblait à…moi ?

Non. Ce n'était pas possible. Et m'aider à quoi ? Pourquoi ?

Je pris quelques secondes pour respirer à fond et quand ce fut l'odeur d'Aizen qui me parvint, inconsciemment, mes muscles se relâchèrent et je me détendis. Avant de me tendre à nouveau subitement.

_Rendors toi.

La voix grave fit vibrer le torse contre lequel j'étais collé et notant rapidement que cette fois, nous avions tous deux un bas de pyjama et que le mien ne flottait plus exagérément, je me décrispai légèrement.

_C'est le mien ? Demandais-je en touchant le tissu.

_Oui.

Ça faisait deux ans. Il n'avait pas jeté mes affaires. Il me tenait entre ses bras et j'étais scotché à lui comme un koala. A peine tentais-je de retirer ma jambe de sa hanche qu'il la retint.

_Rendors toi. Le soleil ne se lèvera pas avant sept heures.

Je ne pouvais que le croire. Il faisait nuit et vu que sa chambre était dépourvue d'horloge, je ne pouvais pas vérifier ses dires. Ce qui ne signifiait donc qu'une chose.

_Pourquoi tu ne dors pas ?

Il raffermit sa prise sur moi et me rapprocha de lui. Sa chaleur fut comme un baume apaisant. Je me sentais vraiment fatigué. Et vraiment bien. Un peu dans le vague en fait. J'aurai dormi comme une masse jusqu'au lendemain sans ce rêve bizarre.

_Je veille sur toi.

Je fermais brièvement les yeux et les rouvrais en remontant légèrement la tête. Je ne pouvais pas voir son visage. Juste sa nuque. Ses cheveux. Sa mâchoire. Sans même y prendre garde, j'y frôlai mes lèvres. Je perçu son frissonnement mais il n'initia aucun mouvement. Rapprochant de moi-même encore plus nos torses, je ne ressenti rien de collant sur le mien. J'étais propre. En bougeant mon bras, je ne ressenti pas la douleur. Je comprenais mieux mon état. Il avait dû me donner de la morphine. Ou un autre analgésique. Je n'allais pas lui demander comment il s'en était procuré.

_Tu m'as lavé. Et soigné.

_Oui.

Ça n'avait pas été une question et il le savait. Mais il y avait répondu quand-même. Et je ne sais pas pourquoi mais il y eut comme un écho en moi.

Il embrassa le dessus de ma tête et y resta, inspirant avec lenteur.

_Rendors toi.

Je l'écoutais et me rendormis.

Cette fois-ci, je n'avais pas rêvé. C'est ce que je me suis dit dès que mes yeux s'ouvrirent. Et bien que j'aurai dû en être satisfait, c'était un sentiment contraire qui planait en moi.

Un soupir s'éleva près de moi et faisant de même, je restais dans le cocon de chaleur où je n'avais pas bougé. Je me sentais plus serein. Mais ça ne voulait pas dire qu'il n'y avait plus de gris dans mon ciel. Cette comparaison réveilla mes sens. Ce rêve me collerait sûrement un moment.

_Pas de petit déjeuner au lit, aujourd'hui ?

_Pour qu'à mon retour je découvre une vitre brisée et mon Ichigo évadé ?

« Mon Ichigo » hein… Je ne relevais pas. Peut-être aurais-je tenté de m'évader, oui. Peut-être pas. La peur d'hier n'était plus. L'angoisse était moins forte. Je m'étais ressaisi. J'étais un Kurosaki.

_Pourquoi revenir maintenant ?

_Je n'avais pas pu avant.

_Ce qui te retenait était-il plus important que moi ?

_Non.

Aucune hésitation. La sincérité dépouillée de tout artifice. Un poids se délogea de mon cœur et glissa dans le fond de mes abysses.

_Alors, pourquoi m'avoir laissé ?

_Je n'avais pas le choix.

_Au point de devoir te séparer de moi ?

_C'était pour ton bien.

_En ais-je l'air ?

Ma voix s'était faite plus forte. La vie que je menais, femme en femme, boite par boite, nuit par nuit, constamment, en boucle, sans fin. Avais-je l'air d'aller bien ? J'avais été avec un homme. J'avais aimé un homme. Je l'avais perdu. Et, sans même le savoir, sans connaître ma perte et ce qui me rendait creux, j'essayais de me combler. C'était comme dire que je tentais d'insérer, aveugle, quelque chose de trop petit dans un endroit trop grand. Si jusqu'à présent je n'étais pas comblé, depuis deux ans, cela ne signifiait-il pas que ce trou n'avait pas de fin ?

Il n'avait pas répondu à ma question. Il devait y répondre. Je voulais entendre de sa bouche si, là comme ça, il trouvait que son choix m'avait fait du bien. M'avait fait aller bien.

Il me devança :

_Mieux que si…j'étais resté près de toi.

Cette réponse me piqua à vif.

_Ah ouais ? T'en sais quoi ? Voyais-tu les différents futurs qu'il y aurait pu avoir ? En plus d'être magnifique, tu es omniscient ? Demandais-je, amer.

_Ichigo…

Sa voix prit un ton réprobateur. Il n'était pas au bout de ses peines.

_Si c'était pour mon bien, pourquoi revenir maintenant ? Si c'était pour mon bien, ton retour ne signifie-t-il pas que j'irai mal ?

Je me redressai et il me laissa faire, je voulais le voir. Voir son regard. La phrase que j'allais sortir resta dans ma gorge quand je vis ses yeux sombres. Ombragés.

_Car maintenant, je peux me faire pardonner.

_De quoi ?

_De t'avoir blessé.

_Mais encore ?

Il ne répondit pas. Je pestai et me levai du lit, marchant dans la chambre en rond comme un lion en cage.

_Pourquoi t'ai-je oublié ?

_Je ne comprends pas moi-même.

Un soupir déçu franchit mes lèvres.

_Pourquoi me mens-tu, Sosuke ?

Je l'avais spontanément appelé par son prénom et ça sembla le ravir même s'il n'y eu que ses yeux qui se firent moins ombrageux.

_Pour te protéger.

Il y eut un deuxième écho. Plus fort. Un fourmillement s'éveilla dans mon bas ventre. Il avait toujours été ainsi. Et je ne lui demandais jamais rien de plus quand il me disait ça. Je fondais et le laissais faire.

Quel foutu passif je faisais !

_Où étais-tu quand j'étais en maison d'arrêt ?

_Pas loin.

_Pourquoi t'ai-je oublié ?

La question m'avait échappé. Avant peut-être que je n'insistai pas. Mais à l'heure actuelle, inconsciemment, mon cerveau menait la danse car j'avais besoin de réponse. Je voulais me souvenir. Comprendre. Et trancher. La terreur d'avoir une partie de neuf ans d'existence perdue était toujours présente. Sauf qu'elle était sous contrôle.

Il sembla hésiter et finis par lâcher :

_Pour te protéger.

La même réponse pour une autre question.

_Me faisais-tu si souvent du mal ?

_Je ne t'en ai fait qu'une fois.

_Et pour une faute commise, tu m'as laissé tomber…Étais-je si peu clément ?

_Je ne t'ai pas abandonné.

Je balayais sa phrase d'un revers de la main. Qu'est ce qu'étais ces deux ans d'absence si ce n'est de l'abandon ?

_N'aurais-je pas pu t'excuser ?

_Ce n'est pas le genre de chose auquel on peut facilement fermer les yeux.

_Une infidélité ?

Aizen me regarda en contractant violemment les sourcils. Non. Ce n'était pas ça. Il ne prit même pas la peine de me répondre.

_M'as-tu…remplacé durant ces deux ans ?

Son regard se durcit encore.

_Non.

Je n'arrivais pas à y croire. Ou plutôt si, mais je ne voulais pas. Il n'y aurait donc eu que moi de volage ? J'avais certes perdu la mémoire, c'était indépendant de ma volonté mais je me sentis mal à l'aise quand-même.

_Tu…n'avais jamais envie de…

_Je pensais à toi. Et je me masturbais.

Un verre d'eau m'aurais fait du bien là. Son regard était brûlant. Chaque endroit où il le posait sur moi me démangeait, s'enflammait, et je me sentais mis à nu. Il me désirait toujours autant…

Il se redressa du lit et vint se poster face à moi. Il n'avait aucune preuve de ce qu'il avançait. J'étais libre de ne pas le croire. Et vu que c'était moi qui l'avais oublié, il aurait été libre de sauter qui bon lui semblait. Enfin…je disais ça mais qu'il ne l'ait pas fait me…soulageais. Étrangement.

Une autre enclume fut ôtée.

_Je ne voulais que toi.

Sa voix grave s'enroula entour de moi comme une caresse. Douce et douloureuse.

Je hochai de la tête lentement. Il m'avait toujours été fidèle. Et moi je n'avais cessé de le trahir.

_Je ne...Moi je…

Je n'arrivais pas à le dire. Pourtant je le lui devais…si ? Étais-je en tort ? Je me sentais en tort. Même si c'était stupide. Je n'arrivais pas à me défaire de cette sensation.

_Je sais. Je ne t'en veux pas.

Mais moi…Je m'en voulais. Passer pour le volage ne me plaisait pas. J'étais un vagabond. Un mec de peu de vertu. Un fêtard. Un fuck boy comme le disais Renji. Oui. D'accord, tout ce que vous voulez. Mais je n'étais pas un infidèle. Je mettais toujours un terme à une relation avant d'en entamer une autre. Dans le pire des cas, quand ce n'était qu'un coup d'un soir, la question ne se posait même pas. Mais ça, je ne l'étais pas. Infidèle. Du moins, avais-je crus toujours ne pas l'être. Ce mot me laissait un sale goût sur la langue. Pour lui, notre relation était toujours d'actualité. Nous n'y avions pas mis un terme. Pourquoi, si ce qu'il m'avait fait été si innommable ? Je l'ai oublié il y a deux ans …Que s'était-il passé, bon sang ? Pourquoi après sept ans de relation ?

_Pourquoi ne pas avoir rompu ?

Le regard d'Aizen se fit lointain…lointain et hanté.

_Tu as essayé de passer outre. Tu n'as pas réussi.

_Pourquoi ne pas me dire clairement ce qu'il s'est passé ?! M'impatientais-je. Je ne comprends rien !

_Tu es encore trop fragile. Regarde hier ce qu'il s'est passé.

_Je vais mieux maintenant !

_Pour combien de temps ? Si je commence à tout te raconter, la dissonance d'hier pourrait être encore plus affreuse.

_Quelle dissonance ?

Putain, c'était quoi ce fichu truc encore ?

_Tes maux de tête.

Tout puissant. Il était même au courant de mes maux de tête.

_Comment le sais-tu ?

_Car j'avais essayé dès ta perte de mémoire de te faire te souvenir de moi.

Comme épuisé, Aizen s'assit sur le lit et entrelaça ses doigts entre eux, dans une concentration intense de réflexion.

_Tu devrais reprendre contacte avec ton psy, finit-il par dire. Il serait plus qualifié pour t'aider à débloquer ta mémoire progressivement. Tu t'es souvenu de moi. L'un des meilleurs souvenirs que j'aurai pu espérer t'es revenu. Alors je patienterai.

Il n'allait pas s'en tirer comme ça.

_Pourquoi ces maux de tête ?

_Tu n'abandonnes jamais, hein.

_On est un Kurosaki, ou on ne l'est pas.

Fixant ma main, il soupira brièvement, ravalant ce qu'il s'apprêtait à dire et fermant les yeux pour se les masser. Moi, je cherchais ce qui aurait pu justifier un tel comportement. Ma blessure ? Non, il aurait regardé plus haut. Les bijoux que m'avaient offerts Rukia et Rangiku ? Je n'en avais que deux. Je n'étais pas friands des ornements. Mais elles avaient insisté pour m'offrir un bracelet et une bague. Je ne portais pas souvent le bracelet. Une montre aurait pu avoir plus d'intérêt. Mais la bague ne quittait jamais mon doigt. C'était moins tape-à-l'œil, je ne sais pas. Il n'y avait pas de raison particulière. J'aimais juste ce cercle d'or accompagné d'or blanc. C'était simple. C'était beau.

_C'est un mécanisme de défense. L'oubli est une protection qu'à trouvé ton cerveau pour éviter….Différentes choses. Et pour éviter que tu t'en rappelles, des maux de têtes, voir des évanouissements quand tu forces trop, sont là comme garde fous.

Génial.

_Et la voix dans ma tête ?

Cette fois, il ne sembla pas comprendre. Sa sainteté connaissait donc l'ignorance !

_Quelle voix ?

_Une voix masculine. Nasillarde je dirai. Très chiante et invivable. Toujours là pour tout commenter et critiquer.

Il pencha la tête sur le côté, intrigué. Il ne me prenait pas pour un fou. Il y avait juste de l'intérêt sincère et un besoin de compréhension.

_Elle s'est manifestée hier ?

_Non. Après t'avoir rencontré. Quand j'ai quitté ton entreprise.

_Que te dit-elle ?

Je fis une grimace.

_Que je suis gay. Et d'autres joyeusetés y faisant référence.

Aizen prit un temps à réfléchir avant de me répondre.

_Ta bisexualité t'as souvent causé des problèmes, c'est vrai. Mais c'était réglé depuis longtemps.

Ah…Donc comme Byakuya me l'avait suggéré, j'étais bisexuel. Devoir gérer deux sexualités…Excellent ! J'aimais donc bien me noyer dans la gadoue !

_Peut-être que, rajouta Aizen, ma rencontre a soulevé de nouveau ce problème et que cette voix fait office d'aide mémoire.

On se croirait dans un jeu vidéo. Des déblocages. Comme pour atteindre d'autres niveaux ou personnages. J'aimais ces saloperies. J'y passais la majeure partie de mon temps, autrefois. Et, cela ne m'étonnerait pas que mon côté voyeur qui s'était révélé dans le bureau du Grimmjow soit aussi un facteur à ce bordel. Le fait que Byakuya puisse connaître Aizen se souleva dans ma tête

_Connais-tu Bya ?

Les yeux d'Aizen devinrent froids et s'étrécirent. Jalousie quand tu nous tiens.

_Oui, je connais Kuchiki.

_Et mes amis ?

_Renji Abarai un grand roux stupide, Rangiku Matsmoto une rouquine aguicheuse, Yumichika Ayasegawa un brun homosexuel s'affirmant bien plus que ce qui ne devrait être permis, Ikkaku Madarame un chauve taciturne et Rukia Kuchiki une petite brune éprise de toi.

Wow…Allait-il me donner leur âge, poids, date de naissance et numéro de sécurité sociale? Ce serait flippant.

_Et à part mes sœurs et mon père ?

_Ton grand-père, Kenpachi, Kisuke et Yoruichi.

Il avait l'air de ne pas tout me dire mais je chassais cette impression. Qu'ils connaissent toute ma famille ou non n'était pas le problème. Que tous ait gardé le silence l'était.

_Comment t'ai-je présenté à ma famille? Et mes amis ?

Cette fois, il chercha clairement ses mots.

_A l'ensemble ? Comme étant ton amant.

_Kenpachi le savait-il ?

_Non.

Ah. Je me disais bien. Il aurait attenté à sa vie sinon.

Le soupir qui franchit mes lèvres aurait pu me fêlé les côtes tant il était profond. Apprendre que tout le monde me mentait me donnait envie de me recoucher et d'attendre que ça passe. Une stratégie de fuyard, je sais. Comme ces évanouissements. Mais je me sentis si las que je ne voyais pas d'autres options. Il n'y avait pas une once de colère en moi. J'avais beau chercher, je ne trouvais rien. Que de l'épuisement. Et de la déception. Une profonde et immense déception sans limite. Deux ans que cette comédie durait. A ne rien me dire. A faire comme si l'homme avec lequel j'avais passé concrètement sept ans de ma vie comptait pour un fond de Nutella que personne ne se décidai à terminer. De mon père, ne rien me dire, à la rigueur. Si je me trouvais une femme, j'aurai des héritiers. Il avait donc tout à y gagner que j'oublie Aizen. Mes sœurs n'ont pas dû avoir d'autres choix que de se taire. Les autres membres de ma famille aussi. Il n'y avait qu'à voir leur harcèlement pour cette fête de succession. Mais bon sang. Mes amis ? Qu'est ce qui leur retenait ? Renji, au moins, vu que Rukia avait à y perdre. Yumichika qui criait à qui mieux-mieux l'importance d'être heureux, quelque soit ses préférences. Pourquoi ?

_Pourquoi personne ne m'a rien dit ?

Et en prononçant cette question, j'y trouvais moi-même la réponse en même temps que la voix d'Aizen me répondait.

_Pour ton bien.

C'est dingue les trucs impensables que peuvent faire certains pour « le bien » d'une personne. Leur avais-je demandé quoi que ce soit ? Étais-je un enfant pour qui l'ont prenait les décisions sans lui demander son avis ? Avais-je l'air fragile ? Facilement cassable ? Ils voulaient d'une poupée à la tête de tant de richesse ? D'un pauvre paumé persuadé de n'aimer que les femmes et seulement les femmes ? D'un indécis qui ne savait pas s'il devait rire ou hurler actuellement ?

_Tant d'hypocrisie.

Ma voix froide claqua et un silence de tension s'emplit dans la chambre. Je serrai et desserrai les poings. Le choix serait donc la colère. Une glaciale et amère.

_Toutes ses fausses réactions. Ces simulacres de présentations. Ces faux étonnements. Ces silences volontaires.

_Ichi…

_Tant de mensonges, interrompis-je Aizen.

Je marquais une pause et eu un rire sombre annonciateur de changement de tempérament.

_Que dois-je faire ? Demandais-je dans une vaine tentative de garder ma colère sous contrôle.

_Comment ça ?

Mauvaise réponse.

_Comment je dois digérer tout ce putain de faux semblant ?! Je ferme ma gueule ?! J'leur en veux pas et je souri ?! Je fais comme eux en me drapant dans le mensonge ?! Ou je fais le con en leur annonçant que je suis au courant qu'ils me mentent depuis deux putains d'ans ?!

Seul le silence me répondit, un silence au visage impassible et neutre.

_Je fais quoi ?!

Ma voix explosa. Je savais que mes veines saillaient ma gorge. Que j'étais rouge et que le blanc de mes yeux l'était aussi. Qu'il ose rester aussi calme me sidérait. M'enrageait. Putain de tueur à gage au sang froid. Étais-je au courant qu'il l'était avant ? Savais-je que l'homme avec qui je couchais pouvait me mettre sereinement une balle entre les deux yeux ?

Il n'aurait jamais fait ça.

Ferme ta sale gueule, toi.

_Ichigo, calme-toi

_Va t'faire foutre, Aizen. Bien profond.

Je pris la direction de la porte et voyant qu'il réagi également, je le foudroyais du regard.

_Je jure que si tu me touches, je te tue.

Il s'arrêta aussi sec. Il devait donc voir que j'étais sérieux. Ami, amant ou que sais-je, dans l'état actuel des choses, si mon vase débordait, j'allais commettre un carnage.

_Tu ne peux pas sortir comme ça. Tu n'as même pas de portable pour appeler quelqu'un afin de venir te chercher.

Je fis demi-tour, pris mon porte-monnaie que j'avais repéré du coin de l'œil sur la table et retournai aussi sec vers la porte. Aizen s'était mis en travers de mon chemin.

_Bouge. De. Là.

Mes lèvres étaient fermement serrées et mon ton ne souffrirait d'aucun refus.

_Laisse moi te raccompagner chez toi. Enfin, regarde-toi. Tu as juste un bas de pyjamas et tu es pied nus. On va te prendre pour un malade.

_Ne me fais pas répéter.

Il soutint mon regard et j'y mis toute la colère que je ressentais en cet instant. Envers lui. Envers les autres. Envers moi et le monde. Finalement, il se décala très légèrement et je passai le pas de la porte, descendis les escaliers, lui toujours sur mes talons, je me dirigeais vers la sortie comme si cette maison était mienne, tant je n'avais eu aucun temps de doute pour savoir où aller, me faisant soudain comprendre d'où me venait cette prétendue intuition quand je cherchais les couteaux. J'ouvris la porte à la volée et disparus à pas rapide dans le soleil bien trop éblouissant pour mon monde à moi.

_Ichigo !

Déjà, je ne l'entendais pas.

Merci d'avoir lu. N'hésitez pas à me faire part de vos remarques, bonnes ou mauvaises (mais justifiées, pas de méchanceté gratuite hein) !