~ Je vous offre la suite pour le premier jour de l'année ;) Bonnes fêtes à tous ceux qui me lisent, j'espère que vous avez passé d'excellents moments !

Moi je réfléchis à mes bonnes résolutions... Bonne lecture ^^


S'il était honnête avec lui-même et de surcroît seul, il se serait rué sur la sortie. Tezuka balaya l'assemblée de dos provenant de la file d'attente puis sonda le reste de la salle, circonspect. Les banquettes rouges au cuir élimé assaillis par plusieurs groupes hétéroclites amena une grimace invisible sur ses traits impassibles.

Écœurant. Comment cette bande d'adolescents pouvait-elle s'asseoir dessus alors que des frites écrasées leur tenaient compagnie, se demanda t-il, un brin dégoûté. Et que dire de leur façon de dévorer leur hamburger qui lui retourna tout bonnement l'estomac.

Si manger la bouche ouverte n'avait jamais été à l'origine une vue très alléchante, lorsque l'on ajoutait des morceaux de viande mâchouillés, la vision devenait purement cauchemardesque. Nauséeux, le capitaine de Seigaku fit de son mieux pour garder le contenu de son estomac et riva les yeux sur le sol carrelé pour plus de sureté.

"Tu ne devrais pas autant froncer les sourcils Tezuka ! Et enlève donc cet air de condamné !" plaisanta d'une voix légère Fuji en retraçant les ridules près de l'arête de son nez.

La caresse de la pulpe glacée suffit à le distraire et à lui faire provisoirement oublier la lourde odeur de friture si insupportable à son odorat. "Tu pourrais montrer un peu plus d'enthousiasme, c'est vexant pour ceux qui sont avec toi !", surenchérit le génie avant de se hisser jusqu'à son oreille, lui donnant juste le temps d'apercevoir son regard malicieux.

Son souffle lui chatouilla agréablement le lobe. "Dommage que l'on soit en public, quand tu as cette expression-là, je ne sais pas ce qui me retient de te sauter dessus !", lui confia le châtain, insistant délibérément sur la fin.

Et il s'esclaffa joyeusement tandis que ces confidences arrachèrent un rougissement fulgurant à Tezuka qui pivota précipitamment la tête lorsque Fuji se mit à se lécher sensuellement les lèvres et à l'envelopper d'un regard brûlant. Le cœur battant à un rythme endiablé, son tee-shirt commençait à lui coller à la peau; l'effet Fuji ni plus ni moins.

"Arrête d'embêter buchou, Fuji-senpai !", s'exclama Echizen, conscient du manège même s'il avait feint d'être plus intéressé par les menus placardés devant lui.

Fuji pouffa de rire et dévisagea le première année qui le défia alors du regard. "Oh ? Ryoma-kun défend l'honneur de son capitaine ?" rétorqua t-il d'une voix enfantine. "C'est trop mignon, t'as vu ça Tezuka ?", dit-il en s'adressant à nouveau à l'adolescent à lunettes qui avait revêtu de nouveau son masque stoïque.

"On a tellement de chance d'avoir un kohai pareil mais Ryo-chan devrait plutôt s'inquiéter de sa vertu, non ?" minauda Fuji, l'ironie transperçant de tous ses pores.

"Ne m'appelle pas Ryo-chan !" cingla le prince en observant prudemment son ainé. L'éclat carnassier qu'il dénicha dans les yeux céruléens le rassura peu mais il ne dévia pas pour autant le regard. Un frisson familier l'étreignit lorsqu'il se perdit dans les prunelles magnétiques tandis qu'il fourrait ses mains dans ses poches afin d'afficher une posture nonchalante qui était bien loin de correspondre au degré d'assurance qu'il possédait réellement.

A chaque fois, c'était la même rengaine. Il ne pouvait s'empêcher de se sentir nu, presque vulnérable sous ces yeux océan qui décortiquait son âme, ses émotions. Fuji-senpai lui donnait toujours la dérangeante impression de n'être qu'une souris, un jouet entre les griffes d'un fauve.

Lorsqu'il se déroba pour échapper à la main fine en train d'ébouriffer sa tignasse, le génie esquissa un demi-sourire, les yeux remplis d'amusement. "Difficile d'apprivoiser un chaton hein !", se murmura t-il, pensif. "Sei-chan pense que c'est plus drôle de cette façon ! Ma foi, je ne le contredis pas !"

Proche de l'invectiver, la mâchoire du plus jeune claqua et il se mordit férocement la langue. Comme si un sadique à ses trousses ne suffisait pas, il en avait un deuxième à gérer. Galère.

A un mètre de lui, l'étudiant rangeait son portefeuille. C'était à leur tour.

Le visage de la serveuse se fendit d'un énorme sourire commercial à son approche. Il lui répondit par un regard appuyé, les orbes débordant de pitié. Pauvre femme. N'allait-elle pas avoir des crampes en sollicitant autant ses zygomatiques ?

"Un cheeseburger avec une large portion de frites", commanda Echizen. "Un grand coca aussi..." Et puisque le génie réglait l'addition, il allait prendre un dessert. Même deux tiens, ça lui apprendrait ! Jetant un œil aux affiches remplis de douceurs, son appétit augmenta et son ventre vide le rappela à l'ordre grâce à de discrets grognements.

Pas assez discrets néanmoins car Fuji ricana doucement et Tezuka se détendit, le visage moins pâle.

"Notre petit Ryo-chan a faim on dirait !" chantonna le génie tandis qu'Echizen le fusilla du regard en remarquant ses lèvres frémissantes. Les yeux flamboyants dorés ne réussirent pas à tarir le flot de ses moqueries et à la place de se sentir menacé, Fuji se fit violence pour ne pas enlacer son Ryo-chan dont la fureur embellissait son joli minois.

En voyant que son senpai ne le prenait pas au sérieux, Echizen se retint de se frapper le front jusqu'à l'évanouissement, monstrueusement irrité et déjà harassé par la présence du sadique. Sa priorité était de manger et plus vite, ils seraient servis, plus vite les jeux de Fuji-senpai se termineraient ! Il arqua un sourcil quand ses deux senpais s'échangèrent furtivement un regard.

Révulsé à l'idée de manger un de ces produits peu ragoutants, Tezuka laissa le soin à Fuji de trouver une solution puisque c'était lui qui l'avait entraîné dans ce maudit endroit. Leur but ? Inviter Echizen pour entrer dans ses bonnes grâces et lui montrer qu'ils étaient capables de concessions.

Il aurait dû imposer des limites cependant, même dans le cadre de la phase séduction. Atobe aurait déjà succombé à un arrêt cardiaque. Engloutir ces plats nommés à tort de nourriture sans être à genoux dans les toilettes à la fin du repas tenait du miracle. Il oubliait souvent qu'Echizen avait grandi aux USA, voilà pourquoi les goûts alimentaires du plus jeune était un sujet de discorde entre lui et Sanada, japonais pur souche.

"Et si on prenait un peu de tout et qu'on partageait comme dans un pique-nique ?" s'écria Fuji qui eut un sourire éblouissant lorsque sa proposition fut acceptée, causant un étourdissement à la serveuse, victime de son charme.

Déchargeant leurs fardeaux, ils s'installèrent à une table ronde et Ryoma piocha dans le grand pot, attrapant un nugget pour le porter à ses lèvres. Il suspendit pourtant son geste, fronçant délicatement les sourcils. "Buchou, tout va bien ?"

En réponse, Tezuka tressaillit et se raidit. De la bile remonta dans sa trachée. "Que- tout va bien !" mentit-il, le ton neutre bien que son faciès présentait une pâleur inquiétante. "L'entraînement a été dur, ne t'occupe pas de nous, mange !" Pour dissiper sa suspicion, il esquissa un micro-sourire.

Les yeux en vadrouille sur son capitaine, Ryoma finit par s'en désintéresser d'un haussement d'épaules. Puis il croqua son morceau frit et déballa lentement son burger de ses doigts souples.

Fin observateur, Fuji comprit aussitôt l'état de Tezuka et la cause de sa gêne. "Supporte-le un moment Kuni, le plus intéressant est à venir !", lui promit-il. En signe de soutien, il caressa tendrement la cuisse tendue puisque la proximité le permettait.

Le teint verdâtre, Tezuka inspira profondément. "Qu'est-ce-que tu sous-entends par là ?" l'interrogea t-il en bougeant à peine les lèvres. Il ne se reçut qu'un regard éloquent et le châtain se contenta de désigna d'un mouvement de tête leur jeune compagnon. " Ça commence", articula t-il silencieusement.

Les yeux marron revirent sur le première année et Tezuka en resta bouche bée. Ses joues lui chauffèrent et sa température monta en flèche. Fuji, qui n'avait rien raté de sa réaction excessive, étouffa son rire d'une toux forcée. Après l'avoir foudroyé du regard, il accorda malgré lui une pleine attention à Echizen.

Récolté par la langue rose, le fromage fondu se faisait laper comme si c'était une substance précieuse. Leur prince s'affairait à nettoyer ses doigts par de vigoureux coups de langue, finissant par les happer jusqu'aux phalanges. Un son guttural lui échappa avant que Tezuka ne l'étouffe honteusement, cramoisi.

Des bruits de succions leur parvinrent et deux paires de yeux s'arrêtèrent sur la pomme d'Adam chevrotante de plaisir. L'encolure du tee-shirt dévoilait de délicates clavicules qui ne demandaient qu'à être mordillées et une chair satinée dont ils voulaient désespéramment effleurer.

"Vous ne mangez pas senpais ?" finit par se manifester Ryoma, une frite à demie-barbouillée de sauce à la main. "Votre repas va être froid !"

Fuji fut le premier à se ressaisir et gloussa bruyamment. Dans le bleu intense, Ryoma lut de l'amusement combiné à une autre émotion qu'il n'identifia pas. "Ne t'en fais pas, nous sommes rassasiés", répondit ce dernier avec un sourire énigmatique.

Alors que Tezuka sentait de nouveau les relents d'huile usée, une forte vague de chaleur supplanta son malaise et déferla dans son corps.

Echizen s'était remis à manger et suçait la sauce rougeâtre d'une telle manière que ses reins s'embrasèrent, son bas-ventre également. Il aurait pu mourir d'embarras. Excité au point de ne pas pouvoir se lever sans cacher son renflement de pantalon, il était piégé sur son siège.

Lui, Tezuka Kunimistu, capitaine de l'équipe de tennis était devenu tout émoustillé par ce petit démon aux allures suggestives alors que le contexte n'était pas favorable pour qu'il se fasse chauffer.

Pendant qu'il luttait contre le désir, se morigénant contre lui-même, le rictus du sadique s'élargit. Echizen avait maintenant les lèvres fermement serrées autour de la paille et aspirait son cola avec une mine extatique.

Avec une joie presque malsaine, ses yeux suivirent alternativement Tezuka dont le sang-froid s'effritait et le première année qui les aguichait inconsciemment. On pouvait reprocher à Echizen beaucoup de choses mais ses manières à table entraient dans une catégorie à part.

Maniant délicatement sa nourriture, son Ryo-chan grignotait de minces bouchées, et buvant régulièrement sa boisson pétillante, ses lèvres se courbaient en une moue boudeuse absolument délectable. Sans mentionner la couche de sucre nacrant les lèvres pleines où l'envie de se pencher et de les lui ravir le rendait fou.

Tezuka crispa ses mains sur son uniforme, réprimant difficilement un gémissement. L'agile langue récupérait une noisette de crème tandis que le visage poupin s'éclaira d'une expression repue, paupières légèrement abaissées.

Fuji avait raison. Echizen était foutrement baisable lorsqu'il mangeait. Et pour rien au monde, il aurait quitter ce fast-food !


Later...